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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM

Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM
afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

mercredi 10 août 2011

Jour J + 95 : Amédée


Moi, aux soirées festives et arrosées, on ne m’invite pas toujours. Pourquoi ? Je ne suis pas sortable ? On ne me donne pas mon âge ? Pas grave du tout, j’apprécie une fois de plus la compagnie de mes compagnons … Enfin, je dirais, de ceux qui sont à ma taille, en plastique ou en terre, en métal ou en fourrure ! Et cela donne un rassemblement génial que vous ne pouvez pas comprendre, vous les grands ! Et au moins, on ne joue pas à des jeux idiots, nous ! Du coup, je profite de l’ambiance hyper sympa de la cour de l’hôtel, et cela ne m’empêche pas de bien rigoler mais en les respectant, ça c’est « sacré », en entendant l’apprentissage du français par certains, qui font des sacrés efforts et se débrouillent sacrément bien, dans une sacrée bonne ambiance grâce à leur sacrée bonne humeur à déplacer une sacrée montagne : parmi eux, bravo, et merci sacré Matthew

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Matthew  de  Veles

Matthew, c’est le sacré routard typique. Il a mis plein d’argent de côté, il a acheté deux maisons, maintenant (et pour combien de temps, il a tellement de projets), il passe son temps à faire le tour du monde, ce qui a commencé déjà depuis deux ans ! il a parcouru tous les continents, plein de pays, il a été barman dans une station de sports d’hiver de France (sans prononcer à l’époque un seul mot de français, vous imaginez ce que cela donne, me dit-il quand on lui demande un Kir-mûre … mais il y est toujours arrivé), et le voilà à Skopje et ses environs depuis deux semaines déjà … Bon, lui non plus ne voyage pas à pied, heureusement parce qu’avec les tonnes de bouquins qu’il ballade, c’est un vrai bibliothécaire ! … Mais ces bouquins, ils les exploite, ainsi, avec ses dictionnaires et manuels, le Français, il s’y est mis tout seul depuis cinq mois, et il se débrouille maintenant vachement bien, au point de me demander de le corriger sur des mots ou des conjugaisons compliquées et inusitées : un exemple à suivre, non ? D’autant plus qu’il est curieux de tout !c’est un peu comme Piotr le polonais d’hier soir ou Mikkel le danois de ce soir, danois qui lui ne voyage cette année que quelques semaines à la rencontre de potes dans les Balkans mais qui me raconte un précédent voyage dans le Transsibérien jusqu’à Pékin, entrecoupé d’un circuit de yourte en yourte en Mongolie à la rencontre des populations locales qui accueillent dans la plus grande simplicité … Simplement par souci d’hospitalité et qui ne demandent rien en échange (pourvu que cela ne change pas, nous disons-nous), ou Nejka, jeune slovène faisant des études de peinture à Venise et qui cherche à se cultiver çà et là. Tout un « monde de curieux du monde », pas encore abordé depuis le début de mon périple, une expérience de plus à la rencontre de l’autre pour un monde plus connu, plus abordable et … plus chaleureux ! Alors bien-sûr, cela a des revers : il arrive que l’on remette à demain ce que l’on peut faire le jour même, ou bien à la semaine prochaine ce que l’on peut faire cette semaine, il arrive que l’on vive comme on veut, il arrive que l’on ne fasse que les efforts nécessaires (vive le stop, le bus et le train, mais tout le monde n’est pas fada-marcheur-Béage, non ?). Il arrive que l’on cause beaucoup, il arrive que l’on s’alimente comme on le peut (ou comme on le veut), il arrive aussi que l’on boive – peut-être ?! – plus voire beaucoup plus que de raison … mais c’est ainsi … d’ailleurs d’autres présentent les mêmes caractéristiques sans lever leurs yeux du petit écran, non ? … Bon alors évidement, pour prendre un exemple au hasard comme dirait l’autre, pour Matthew, les lendemains peuvent être difficiles, et la photo-souvenir traditionnelle peut ne pas être à la hauteur de la personne, quand elle ne parvient pas à se réveiller ! mais c’est pas grave, parce que Matthew, il poursuit son tour du monde, on le verra probablement débarquer à Rouen, en Novembre, à la recherche d’un job (non rémunéré, précise-t-il !) et de peut-être d’autres rencontres et nourritures spirituelles, culturelles ou tout simplement … terrestres !

"Vous aurez la pensée de Matthew … quand il se sera bien réveillé; !!!!!!" (Matthew)

mardi 9 août 2011

Jour J + 94 : Han I Elezit (Kosovo) => Skopje (Macédoine) (27 kms - Total = 2980 kms)

 Information spéciale :


 Au revoir le Kosovo, Bonjour la Macédoine 

Pensée Spirituelle
"Le fruit du Silence est la Prière,
Le fruit de la Prière est la Foi,
Le fruit de la Foi est l’Amour,
Le fruit de l’Amour est le Service,
Le Fruit du Service est la Paix :
God bless you"
(Mère Thérésa)


Péricope Biblique
"Mieux vaut un morceau de pain sec, avec la paix, Qu'une maison pleine de viandes, avec des querelles"
(Pb 17, 1)




Me voilà donc alourdi de près d’un kilo de pâtisseries de Ramadan. Pas prévu, mais cela fera des heureux … La frontière est à moins d’un kilomètre, elle se passe sortie et entrée on ne peut plus rapidement, avec de larges sourires. Il n’y a plus qu’à … entrer en Macédoine ! Une route très tranquille pour quitter la montagne et gagner la plaine, jusqu’aux alentours de Skopje, paysage habituel de chantiers, d’usines et d‘entrepots, poussière et décibels, la routine malheureusement de toutes les banlieues … Mais ce sera une petite étape de marche aujourd’hui, car peut-être un peu de tourisme l’après-midi … L’entrée dans la ville, de plus en plus style bazar oriental, pas net mais aucune agressivité, peut-être même un peu moins d’attention au marcheur. Faut dire que Skopje est bien arpentée par les touristes de tous âges, et, on le verra, par les jeunes en quête de nouvelles sensations au milieu de nouveaux paysages !
Difficile de se repérer, je cherche la gare de trains, car ce soir ce sera une auberge de jeunesse cosmopolite au milieu des maisons typiques qui auraient bien besoin d’être retapées, à deux pas du centre-ville ! Je demande, difficile de se faire comprendre, je me fais accompagner, et ça y est, voilà le Shanti hôtel et son accueil chaleureux !
Bon la suite des rencontres vous la découvrirez sous peu. Une bonne sieste, et la visite de la ville au pas de charge, la ville d’Alexandre le Grand (récupéré à toutes les sauces ici), la ville de mère Térésa (elle est bien née ici, même si l’Albanie-pays se la revendique. Mais elle était de famille de souche albanaise, alors !!!), honorée par un musée-église curieusement conçu mais heureusement réussi (photo), le bazar, les nouveaux bâtiments qui poussent partout dans un style pharaonique baroque, mais aussi … les terrasses de café bien agréables. Ca fait du bien, un peu de détente pour les voyageurs, non ?

Jour J + 94 : Amédée


Sympas, les nouveaux copains de Ben … Ils ont eux-aussi l’air d’être des Béages, dans leurs pérégrinations respectives … Je sens que la Macédoine, ça va me plaire, un petit pays à ma dimension, un pays riant à mon image ! Tiens, ça commence dès notre entrée dans le pays. Après le Kosovo et sa sévérité, tout est coloré ici, à commencer sur le bord de la route par … les panneaux indicateurs : rouges et jaunes, aux tons du drapeau du pays et de mes habits, quelle délicatesse ! Eh puis, il est bien indiqué de faire attention aux vélos, il est bien indiqué de faire attention aux voitures à cheval, alors, on va leur proposer aussi de mettre des panneaux pour faire attention à nous, piétons pérégrins, mais aussi – et ça, avec Ben, on a déjà une maquette à leur proposer, cherchez moi bien – pour faire attention aux nains, qu’ils soient de jardin, des champs ou des routes ! C’est ça, l’attention aux gens qui voyagent … Bon, c’est pas tout cela, on arrive en ville, à l’auberge, on sort nos gâteaux du ramadan qui ne resteront pas longtemps dans leur carton Shell, puis on repart en ville … prendre un pot avec nos nouveaux potes d’un soir, avant de se séparer pour de nouvelles aventures. Et on a drôlement pu échanger, une fois de plus en toutes les langues possibles, malgré nos écarts d’âge. Et notamment pour cela, merci Piotr

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Piotr  de  Skopje

Tout de suite, en arrivant à l’auberge de jeunesse de Skopje, le « Shanti Hôtel », on sent la gentillesse et la facilité de rentrer en contact entre tous, aubergistes comme hôtes ! Ce n’est pas l’aspect luxueux des environs, plutôt « couleur locale », ni des lieux eux-mêmes, mais plutôt un aspect campagne assez baba-cool qui n’est pas pour déplaire les itinérants que nous sommes … Je dis bien « nous », car c’est probablement la première fois, depuis Le Puy-en-Velay, que je retrouve des gens de passage, ici à la recherche de tourisme simple et non de marche pérégrinatrice ! Autour de la table, dans le patio, le contact est donc tout de suite noué, sans tenir compte des différences d’âge (je suis carrément le papy des lieux), des pays d’origine ou des motivations. Parmi eux, Piotr, jeune étudiant polonais, ayant fini son droit et se lançant dans les langues, principalement d’Amérique latine … Mais Piotr apprend aussi tout seul le français depuis 9 mois, et il est drôlement doué ! La gentillesse même, nous sympathisons immédiatement … Evidemment, nous dînerons ensemble dans une auberge locale, évidemment nous échangerons une bière avec d’autres, autochtones (tel Samir, cameraman de Skopje dans des films documentaires, ou son copain danseur moderne international), dans le vieux bazar rénové de Skopje) … Cela fait du bien de rencontrer des gens à la recherche d’autres horizons qui, même s’ils n’utilisent pas le même moyen de transport (Piotr repartira dès le lendemain matin en Serbie, en stop, pour un concert de musique locale), sont épris de découvrir le monde, sans rester les deux pieds dans le même sabot confortable à souhait. Et avec Piotr, tous les sujets sont passés, sur nos périples respectifs, leur but, le thème de l’Europe, celui de la paix, celui de la fraternité. Profond, même en vacances, tout cela. Finalement, j’ose, on est un peu comme mère Thérésa, on voit du pays !

"J’ai rencontré Benoît à Skopje, au milieu de son chemin vers Jérusalem. C’est amusant, cette façon pour les chemins des voyageurs de se croiser. Je ne fais pas un aussi gros projet que Benoît. Simplement un mois depuis la côte Ouest turque jusqu’en Pologne, et sans marcher – je n’ai pas une telle patience – simplement de l’auto-stop. Le fait de rencontrer les gens sur le chemin est beaucoup plus intéressant que de prendre le bus. C’est aussi plus un challenge ! c’est pourquoi je le recommande à tout le monde, c’est comme cela, je le pense, que l’expérience du voyage apporte le plus !" (Piotr)

lundi 8 août 2011

Jour J + 93 : Brezonica => Han I Elezit (39 kms - Total = 2953 kms)

Pensée Spirituelle
"L'apôtre d'Allah a dit : 'Allah ne sera pas miséricordieux envers ceux qui ne sont pas miséricordieux envers l'humanité'"
(Abdullah bin Jarir)
 
Péricope Coranique *
"Ô croyants ! Nous vous avons prescrit le jeûne" […]
 "Donc, quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne !"
(Sourate 2, Verset 183-1 + Sourate 2, Verset 182)


* nouveauté sur le blog, on est en recherche de dialogue interreligieux, non !!



Au matin, toujours pas de remonte-pente en vue. Drôle de station de sports d’hiver, sans promeneurs l’été … Pas grave, il est temps de partir, de poursuivre la traversée de ces montagnes si vertes et calmes. N’oublions pas de mentionner que le moteur de la machine humaine va parfaitement fonctionner aujourd’hui, puisque le petit-déjeuner de Ghergiu – qui ne semble pas musulman, en tout cas qui ne pratique pas le Ramadan – a été conséquent : une omelette de six œufs de la ferme voisine, un demi-litre de lait de la même provenance, et les éternels concombres, tomates et paprikas. Ah, comme disait Ronsard (qui n’était pas musulman) : Quand reverrais-je mon petit Liré et les petits déjeuners français ? … Bon, c’est pas tout ça, la route est sinueuse, la vallée s’élargit, revoilà les bottes de paille en forme de bouteilles d’Orangina, les mosquées brillant sous le soleil et surgissant de nul part tels des champignons après la rosée du matin, les voitures à cheval et toujours … les coucous des gens (dont les traits commencent à se tirer pour cause de Ramadan) qui me dépassent et s’étonnent de voir « ce fameux sac à dos bleu sur pattes » (expression entendue ce midi à la pause, à une terrasse de café !). Tout va bien, un petit bout de route nationale pour atteindre Kaçanik, où j’ai pu détecter des hôtels sur Internet … seulement voilà, l’étape qui devait être courte ne l’est pas, puisque tous les hôtels sont fermés à Kaçanic, ville sinistre au possible, pour cause de Ramadan … Alors, c’est pas compliqué, je me dois de me rapprocher de la frontière de la Macédoine, ce qui ne fait pas mon affaire, j’en ai plein les pattes … Allez, faut être un peu courageux (y’a qu’à voir en ce moment ces pauvres musulmans), non ? Et puis l’étape de demain n’en sera que plus courte ! me voilà donc Han I Elezit, petite ville (entre 2000 et 10000 habitants selon Internet, c’est précis, non ?) juste avant la frontière … Un village poussiéreux, sinistre, entouré de cimenteries, quelques mosquées, un ou deux bars ouverts mais aux terrasses vides, pour cause, vous l’avez deviné, de … Ramadan … Un hôtel avec une « chambre » à cinq euros, un verre dans un café mais fermeture à 18 heures pour se préparer – deux heures à l’avance – à la « rupture du jeûne » … Pas grand-chose à faire, surtout qu’il fait une chaleur « exceptionnelle » dit-on ici ; la question du soir sera donc : où pourrais-je manger quelque chose ? eh bien la réponse est facile : au restaurant de la station Shell : Evident, non ? c’est le seul endroit où règne une micro-animation ce soir, tous les gens sont rentrés chez eux pour … le repas du soir de Ramadan … et les serveurs semblent endormis, ça traine, ça lambine, ça s’éternise ! mais je mange très bien – Un vrai repas de soir de Ramadan – et rentre dans ma chambrée à peine digne de Conforama à neuf heures, pour m’endormir … sans entendre l’appel à la prière par le muezzin … Mais dites-donc, de quoi vous ai-je parlé aujourd’hui, l’avez-vous remarqué ? eh bien … d’une simple journée presque ordinaire de … Ramadan ; une semaine de passée, plus que trois, et cela se fait ici dans la plus grande gentillesse ! Allez, musulmans du monde entier, je vous souhaite … un bon Ramadan !

Jour J + 93 : Amédée


Moi le Ramadan, j’y comprends rien … Chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il peut, mais si bon, si on mange pas, on peut pas grandir, non ? D’ailleurs, c’est pas juste moi, j’ai pas fait le Ramadan, alors j’aurais dû grandir, non ? Que c’est compliqué la nature humaine, naine ou géante … Bon c’est pas tout cela, il paraît que dans l’hexagone, vous avez un été un peu pourri, bien fait pour vous, vous auriez dû nous accompagner, et vous auriez pu porter un pote à moi, ç’aurait été charitable, non … Parce que nous, il fait de plus en plus chaud, 40°C à 18h00 sur la terrasse déserte du bar local. Heureusement j’ai trouvé un ventilateur qui nous a bien rafraîchi. Un peu de confort, en cette période de Ramadan, ça fait pas de mal, non ?

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Lika  de  Han I Elezit

Eh bien aujourd’hui, ça a failli être le bide, du point de vue personne rencontrée … pas de contacts, j’aurais pu mettre une photo noire … ou bien mettre la station Shell, seul endroit où j’ai eu un peu de contact (l’hôtelier est bien sympa, mais il ne parle que le kosovien, alors, évidemment ça a limité nos échanges). Donc cette station Shell, verrue neuve dans ce village poussiéreux … Mais tout cela c’était sans compter sur le petit déjeuner de Mardi (donc demain), pris … à la station Shell, toujours pour cause de … Ramadan. Eh bien, là c’est Lika qui m’apporte un immense plaisir … D’abord une tasse de thé et un jus d’orange frais (qu’il m’offrira, quelle générosité !) … et voilà que la conversation démarre, sur fond d’anglais, de gestes et de carte de l’Europe, et tous les clients rappliquent, jeûnant ou non … en fonction de leur pratique du Ramadan ! Je dois vous livrer la cerise sur le gâteau : Lika appelle son fils sur son portable, lequel débarque avec des gâteaux-maison de Ramadan, au moins un kilo, pour moi, rien que pour moi ! Je dois en manger devant tout le monde pour remercier, mais … c’est plein de miel et de sucre … D’abord, vous l’avez deviné, c’est pas bon pour la santé, mais en plus, ça fait beaucoup … Alors Lika me confectionne dans une boîte Shell (qui contenait ?) un paquet, et cela servira pour là où j’atterrirai ce soir … et Lika ajoute qu’il est nul en informatique, mais que ses enfants sont passionnés d’Internet – et que lui ne les prive pas pour cause de … Ramadan –. Alors comme la famille aime bien la France (il a un frère à Paris et le rejoindrait bien mais ça coûte cher et puis, il faut un visa pour tout Kosovien (ce qui ne doit pas être évident). Il se contente donc de son job, chanceux qu’il sait être dans un pays bien sinistré sur ce plan-là aussi) et ils me suivront sur mon blog, …

Heureux de vous rencontrer, heureux de vous servir, votre voyage est inhabituel, mais s’il peut apporter un peu de Paix … La Paix, nous n’en avons pas toujours eu ici … elle semble venue maintenant, encore fragile, il faudrait que nous fassions de la publicité sur vous !" (Lika)

dimanche 7 août 2011

Jour J + 92 : Prizren => Brezovica (39 kms - Total = 2914 kms)

 Information spéciale :

Alors qu’est achevé – déjà – le troisième mois de marche, à peu près la moitié du périple, plein de souvenirs extraordinaires, de vie faite de petits évènements et de rencontres, mais aussi de distance par rapport à vous tous, je dois vous remercier, fidèles lecteurs du blog et plus encore fidèles rédacteurs de messages,  pour votre fidélité . C’est bien grâce à vous que la Cité sera atteinte !.
Les délais sont respectés, les muscles sont solides, la nourriture est supportée,
pourvu qu’ça dure !!!
Mais avant, je me dois de ne pas passer sous silence deux évènements fabuleux qui se sont passés durant mon retour éclair sur le sol français !
 
Florian a eu vingt-cinq ans le 26 Juillet
 


et Honorine a eu deux ans le 31 Juillet


Bravo à tous deux, et longue vie, portez-vous bien !


Pensée Spirituelle
"La beauté ne réside pas dans ses « détails » infinis et ineffables, mais dans son aptitude à calmer l’esprit et à remplir le cœur d’une tranquille reconnaissance"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"Ton coeur s'est élevé pour ta beauté"
(Ez 28, 17a)


Je dois décevoir Stefan, je n’assisterai pas à l’office orthodoxe de 11 heures, un peu tard pour parcourir la distance du jour … Et je pars comme une petite souris aux aurores pour ne pas réveiller mes hôtes. Petit-déjeuner sans concombres et sans paprika à une terrasse de café sur la place piétonne (pas foule, que voulez-vous, les musulmans ont pris leur repas d’avant jeûne il y a moins de deux heures) … Et c’est le départ. Une petite route escarpée dans les gorges qui longe la frontière avec la Macédoine, à moins de cinq kilomètres de là … Du coup, les stigmates de la guerre et des forces de l’ONU sont omniprésentes. Fils barbelés, barrières, panneaux, interdiction de photographier … mais par rapport à la traversée par Edouard et Mathilde il y quelques années : plus de risques de mines et plus de maisons ravagées. La vallée s’élargit, le soleil tape, la route grimpe, plein de restaurants décorés de façon plus ou moins heureuse. Puis … la nature. Pas mal de voitures, je suis accosté une bonne vingtaine de fois pour me véhiculer, mais je tiens le coup, lol ! Arrêt à un bar pour une bonne discussion avec Ahmed, en plein jeûne, qui comprend que je doive manger et boire (quelle tolérance !). Pour lui, ce qui compte, c’est que le cœur soit en paix … Puis poursuite de la montée. Arrêt-déjeuner à un col à 1850 mètres (serait-ce une future station de sports d’hiver ? Malgré un plan d’occupation des sols assez anarchique …) et c’est la redescente dans une vallée riante. On se croirait en Forêt Verte, les reliefs en plus. Brezovica n’est vraiment pas loin, parmi les meules de paille. Surprise, pas une remontée mécanique, ou alors elles sont cachées drôlement bien, de même pour les magasins. Pas grave, moi qui avais prévu de faire des emplettes locales pour mes loulous, on attendra le pays d’après, et je me dore la pilule sur la terrasse couverte kitsch de Ghergiu, en entendant pour la cinquantième fois les mêmes chansons kosovardes en boucle … Finalement, quelle beauté à l’état pur en cette journée dominicale, en plein contact avec la nature, avec les témoignages sereins et reconnaissants des différentes personnes croisées, quelle que soit leur religion !!!

Jour J + 92 : Amédée


Moi je suis prêt à rendre service, vous le savez bien … Alors quand je vois ces vieux véhicules qui peinent à monter la côte escarpée vers le col, je me propose de les aider en me plaçant à la place des clignotants … comme cela, un coup je montre mes coups de soleil, un coup je les cache. Je suis le champion du signal de détresse … Et ben il n’a pas à me porter (vous croyez qu’il m’en dira merci ?). Ce qui est génial, dans cette traversée des montagnes, c’est que je vais pouvoir faire de la luge d’été à Brezonica … Enfin c’est ce que je crois … mais à l’hôtel de Ghergiu, on est bien accueillis, on passe une bonne soirée sur sa terrasse colorée et rigolote, alors, merci Ghergiu.

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ghergiu  de  Brezonica

En arrivant dans cette « station de sports d’hiver », je ne m’attends quand même pas à trouver de la neige … mais au moins des hôtels … "ouverts". Eh bien le seul, c’est chez Ghergiu. Les autres, mastodontes ou micro-taudis, sont fermés. Pas la saison (et la montagne en été ?) ou pas les fonds … En tout cas, chez lui, je suis … seul, d’où par sa gentillesse la possibilité de partager la table commune, et même de ne pas payer la chambre (mais il aura son billet sur ma table de nuit demain matin, normal, non ?). Bon on discute un peu comme on peut, en allemand mélangé à plein de geste, mais à renforts de photos et de cartes routières, il n’en revient pas. Moi qui voulais qu’il m’accompagne, c’est raté ! En tout cas, la vie de Ghergiu elle a pas été marrante : plusieurs fois expulsé, des enfants perdus pendant les guerres, sa famille bringuebalante, sa femme (ou fille ou ?) qui est là et qui ne cause pas, ce ne doit pas être rigolo tous les jours, dans ce village-station fantomatique :

"Nous sommes heureux de vous accueillir dans notre modeste hôtel. Vous êtes ici chez vous, partagez notre table ! Nous vous souhaitons la réussite de votre projet, et de belles rencontres en chemin" (Ghergiu)

samedi 6 août 2011

Jour J + 91 : Kukës (Albanie) => Prizren (Kosovo) (44 kms - Total = 2875 kms)

 Information spéciale :


 Au revoir l'Albanie, Bonjour le Kosovo 

Pensée Spirituelle
"La force que Dieu nous accorde est à la mesure exacte de notre conscience de sa Vie. Sa vision en pleine gloire"
(Guy FINLEY)


Péricope Biblique
"C'est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen!"
(Rm 11, 36)




Ce qu’il y a de bien quand on construit une autoroute par ici, on ne s’occupe pas de l’ancienne route, qui apparaît et disparaît ça et là. Les archéologues dans quelques millénaires se feront des cheveux blancs ! Alors seule solution piétonne pour gagner la frontière, prendre cette autoroute albanaise … qui n’en est pas une. Les ouvrages d’art ne sont pas finis, le revêtement est provisoire, il n’y a ni aménagement de sorties et d’entrées … mais pas d’accident ! L’avantage, même s’il y a du monde, c’est que cela ne roule vraiment pas vite … tout comme le franchissement de la frontière pour les véhicules. Mais je ne suis qu’un animal à deux pattes, alors, pied de nez !!! Et voilà donc ce tout nouveau pays, le Kosovo, pas encore complètement en paix avec ses voisins du Nord et anciens colons, les Serbes, ayant encore besoin des forces protectrices de l’ONU, pas encore sûrs de leur drapeau mais déjà eux-aussi à l’Euro (comme quoi …). Ca construit de partout, plutôt de qualité, ça veut aller de l’avant, ce n’est plus risqué, les touristes et les hommes d’affaire affluent. Du coup, les prix s’envolent. De la frontière à Prizren, seconde ville du pays, ce n’est qu’un immense boulevard industriel (enfin, plus artisanal), consacré aux voitures (signe extérieur de richesse) ici et l’on roule où l’on veut, les rond-points à l’anglaise tiennent plutôt de la piste de karting … Mais à Prizren, c’est bien l’ambiance d’une ville du Moyen-Orient avec ses mosquées, ses petites maisons, ses échoppes directement sur le trottoir, où l’on trouve de tout, depuis les bouches d’égout jusqu’aux robes de mariée … Car comme on me le dit à une terrasse de café, le kosovien n’est pas du genre à donner l’impression d’être un assisté (quoi que …), et veut montrer au monde qui il est. Quelques monuments en cours de restauration, mais pas d’étoiles au guide Michelin à mon avis … J’ai le temps, je parcours la ville avant de trouver mon lieu de gîte, et tombe sur l’église orthodoxe, toute fraichement repeinte … Je demande à la visiter, c’est compliqué, car les risques d’attentat ne sont pas minimes, surtout en cette période de ramadan … Mais la police-woman qui garde le monument contacte les forces de l’ONU, qui contactent un jeune homme qui veut bien m’ouvrir les lieux. C’est Stefan, le prêtre du lieu … Du coup, l’on discute. Du coup, il me propose de m’héberger dans sa modeste maison, il a peu de temps à me consacrer, mais le dîner et le coucher sont assurés. Lol ! Le reste de la soirée sera consacré à visiter deux mosquées (rafraîchies elles-aussi de près, par des dons privés) et l’enceinte catholique (l’église et le bâtiment des sœurs et du prêtre, mais là, pas grand-chose de chaleureux …). Finalement, cette ville de Prizren qui semblait peu reluisante et bruyante est bien sympathique. Et quel plaisir musical d’entendre les muezzins des diverses mosquées entonner presque en cœur l’appel à la prière … suivi par l’affluence sur la place piétonne de tous à l’heure de la rupture du jeûne … Sécurité retrouvée, mais sécurité encore légère, cohabitation plus qu’entraide des religions, le Kosovo de demain est en train de naître !

Jour J + 91 : Amédée


Depuis la fenêtre de la chambre au pied de la cathédrale orthodoxe de Prizren, j’ai des copains : plein de pigeons et de tourterelles … Ils chantent bien, presque au rythme des muezzins, mais Ben il veut pas que je les rejoigne dans leur cage. Il me dit qu’il a peur que j’attrape des tâches grisâtres sur mon costume, faudra que quelqu’un m’explique … Bon, ce soir ça a été sympa, on a bien discuté avec Stefan et sa jeune femme, elle au moins elle a bien ri de savoir que j’étais du voyage ! merci à vous les tourterelles et les pigeons, merci Stefan !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 La Cathédrale  de  Prizren

Voilà toute l’histoire : Stefan et sa jeune femme, ils ne sont là que depuis sept mois … Faut dire qu’avant, c’est comme si la cathédrale n’existait pas. Elle avait été saccagée et incendiée en 2004, lors de l’attaque serbe contre le Kosovo … Le temps de retrouver l’accalmie, le temps de trouver les fonds (vraisemblablement privés, et venant … de Serbie !), le bâtiment a été reconstruit en 2009 … L’iconostase a brûlé, la chute de la coupole a entrainé la disparition du Christ pantocrator, du coup les murs sont blancs, l’intérieur est vide, mais … la cathédrale est bien là. Donc voilà Stephan, jeune homme bien en chair, curé d’une cathédrale Saint-Georges (il s’étonne que je n’ai pas le réflexe en rentrant dans le bâtiment d’embrasser l’icône du saint terrassant le dragon …), pour une paroisse orthodoxe qui ne compte que … vingt-cinq membres, dont seulement dix pratiquants … Va falloir chercher des fonds pour acheter le mobilier.
Stefan reste prudent (il ne souhaite pas que je le prenne en photo, des craintes ?), mais il semble optimiste dans ses relations avec les autres religions, dont les musulmans, représentant la quasi-totalité de la population … La suite, il faudra voir quand les forces de l’ONU seront parties. Quelle paix pour un nouveau pays qui a voulu sans pouvoir épargner la coulée du sang se séparer de la domination serbe ? En tout cas, Stefan me charge, en m’offrant un bracelet orthodoxe, de le représenter en un lieu mythique de Jérusalem …

"Bienvenue dans la cathédrale orthodoxe de Prizren, dont je suis le prêtre. Vous êtes invités à la messe de demain, nous ne serons pas nombreux mais ce sera une démarche d’œcuménisme et de paix … comme votre beau voyage ! Priez pour nous et notre communauté au Saint-Sépulcre [à Jérusalem], et brûlez un cierge !" (Stefan)

vendredi 5 août 2011

Jour J + 90 : Fushë-Arrëz => Kukës (46 kms - Total = 2831 kms)

Pensée Spirituelle
"La beauté purement physique est aussi éphémère que les feux du crépuscule. Dirige tes efforts vers l’acquisition de la véritable et immuable beauté : la beauté intérieure"
(Amadou Hampâté BÂ)
 
Péricope Biblique
"Le charme est trompeur, la beauté vite passée, c’est la sagesse qu’on admire !"
(Pb 31, 30)
 
 
 
La beauté de la nature, des montagnes comme nulle part ailleurs, l’air pur, le silence et la chlorophylle le matin … La laideur de la ville, la grisaille et la vétusté des constructions comme malheureusement un peu partout ailleurs l’après-midi. Un vrai contraste en cette fin d’Albanie, coincée aux confins balkaniques … Mais en réalité, pas un chat dans les hauteurs, où est l’homme ? … et plein de monde et de vie animée mais sereine et sans incidents, mais pourquoi ces artères prévues pour une capitale ? Voilà la pensée – peut-être un tantinet manichéenne – du jour, comme quoi, si l’on cherche la contemplation, on y trouve son compte, et si l’on recherche le contact humain, on y trouve aussi son compte, en cette journée ensoleillée à tous points de vue.
Comme quoi, la vie a ses multiples facettes …

Jour J + 90 : Amédée


D’abord une montage magnifique, arpentée par une route qui a dû en voir des accidents tellement elle est escarpée et en état assez pitoyable par moments … Puis un lac typique des réalisations humaines sans charme, et enfin une ville où l’on se demande quelle place la chaleur humaine peut avoir. Et tout cela au bord d’une autoroute nouvelle construite mais qu’on ne peut emprunter qu’à 80 voire 60 km/h. C’est cela l’avancée technologique bureaucratique ? Alors, il reste bien par tronçons l’ancienne route et ses ouvrages d’art décrépis prêts à tomber dans le lac, empruntés par Mesdames les vaches et par … moi ! Même pas peur ! la preuve, je souris sur cette photo (non, ne soyez pas mauvaise langue, une fois encore : pas de trucage !). Bon allez, Kukës, grâce à notre jeune professeur, on la connaît par cœur, et on l’aime bien, lui qui semble nostalgique de la période précédente … qu’il n’a pas connue. Fin prêts, on va pouvoir écrire le guide Michelin de l’Albanie du Nord. Allez, pour ta verve, merci Eduard !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Eduard  de  Kukës

Il peut paraître bien rapide de « visiter » cette petite ville reconstruite rapidement par le régime communiste, en se disant que l’on va vite retourner à l’hôtel pour passer le temps … mais c’est bien sans compter sur Eduard, professeur fraîchement sorti de son université de Shkodër et enseignant depuis six mois l’anglais à l’école primaire du lieu. Comme par les autres enfants, je suis assailli par les questions « what’s your name ? do you come from ? » mais avec Eduard, cela va plus loin. Eduard veut parler anglais, ce dont il n’a pas souvent l’occasion, c’est le moins que l’on puisse dire ici … Alors il me faut faire le tour de cette ville reconstruite rapidement en 1975 quand la ville ancienne s’est retrouvée engloutie dans les eaux du lac suite à la construction d’un barrage hydro-électrique. La rue principale, large comme un boulevard industriel et arpentée uniquement par des piétons, la place des pouvoirs, aux aspects de terrain vague bétonné, l’hôtel gigantesque d’une autre époque communiste, navire fantôme abandonné (et qui ne sera certainement jamais restauré, vu les soucis économiques), mais aussi les bars, les boutiques … Et l’on échoue sur la terrasse kitsch de l’un des hôtels au bord d’un bassin digne d’un Euro-disney des années 1950. Autour d’une glace, Eduard me raconte sa famille, son père qui travaillait dans une usine de boulons mais sans emploi, sa mère qui serait « un peu » occupée dans une usine de tissus mais qui passe surtout son temps à s’occuper de son frère aîné doublement handicapé, sa sœur qui gagne des clopinettes dans un magasin de robes de mariées, le petit frère de treize ans qui passe son temps sur l’Internet familial, et lui, gagnant un salaire très faible mais travaillant quand même … Tout ce petit monde vivant dans un deux pièces où l’on s’entasse … mais où l’on s’aime en appréciant de vivre ensemble. Bien-sûr Eduard, il aimerait bien voyager plus loin que la Grèce ou le Kosovo, mais l’argent des salaires ou des rentes suffit à peine à couvrir les dépenses … Quel espoir ? mais pas de désespoir. Eduard, il aime sa ville et sa famille, des amis et l’Albanie ! il est musulman (mais pas adepte du Ramadan), mais apprécie qu’ici il n’y ait ni tensions ni ségrégations entre les religions.
Et pour lui, la paix, elle est bien là, sans soucis avec le Kosovo. Malgré les difficultés, il fait bon vivre à Kukës ! enfin, il viendrait bien marcher, mais ce doit être « dur », me dit-il …

"Quel plaisir pour un simple professeur d’anglais de cette petite ville de pouvoir parler anglais ! J’espère que vous avez apprécié la visite de notre ville, merci pour la glace et bonne poursuite de votre voyage. Moi j’espère bien un jour voyager et découvrir votre beau pays" (Eduard)

jeudi 4 août 2011

Jour J + 89 : Kçirë => Fushë-Arrëz (36 kms - Total = 2785 kms)

Pensée Spirituelle
"Nous essayons d'obtenir la paix ou le bonheur avec l'argent et le pouvoir, tout ce qui nous est extérieur. Mais la vraie paix, la sérénité, doivent venir de l'intérieur"
(Sa Sainteté le Dalaï-Lama)
 
Péricope Biblique
"On ne vous verra pas la parure extérieure, mais la personne intérieure, cette réalité secrète mais divine qu'est l'esprit de douceur et de paix"
(1Pi 3, 2-4)
 
 
C’était à prévoir en s’enfonçant à l’intérieur des terres de ce pays si renfermé sur lui-même durant un demi-siècle, au cœur des Balkans : la pauvreté apparaît au grand jour, criante dorénavant. Si la route a été agréable dès la sortie de Kçirë et aux environs de Pukë, au cœur des forêts escarpées de sapins qui ne sont pas sans rappeler nos Vosges nationales, dès que l’on approche des villages mentionnées sur la carte routière, on le constate inexorablement, c’est la désolation. Des édifices en ruines, inhabitables, qui n’attendent que l’outrage du temps pour disparaître de la vue humaine … et même sort pour les monuments hideux à la gloire du Communisme d’alors, béton de mauvaise qualité qui n’est là que pour rappeler cette époque sans gloire ! Pas d’habitants, ou très peu, heureusement, les paysages sont riants, entre cette montagne incomparable et les quelques exploitations agricoles parées de meules de paille tronconiques. Les gens sont sympas, certainement pas habitués à voir passer à petits pas un sac à dos bleu sur jambes, mais rien ne coûte de faire un petit salut de la main, salut qui est rendu systématiquement … Ca monte et ça descend sur cette petite route presque abandonnée depuis qu’une route soit-disant autoroutière relie maintenant directement Tirana au Kosovo. Donc pas de pollution, pas de bruit, la nature riante à l’état sauvage … Mais voici Fushë-Arrës, une rue principale, bordée d’un côté par des immeubles d’habitations particulièrement délabrés, de l’autre par des entrepôts ruiniformes eux-aussi témoins d’une époque que chacun tente d’oublier au plus vite. C’est triste au possible. Ce ne pourrait être pour moi qu’une étape d’une nuitée … sauf que, pour troubler l’ennui à la terrasse d’un des vingt-cinq cafés de cette bourgade qui ne compte pas plus de quatre mille âmes, je suis servi par Arlentini et Arber, deux jeunes en vacances qui occupent leur temps à travailler dans le café de leur oncle-cousin (on ne comprend pas trop …). Et l’accueil est inversement proportionnel à la pauvreté ambiante, l’écart d’âge ne compte pas, c’est une vraie amitié qui se met en place, étendue ensuite à toute la population consommatrice du bar, dont le « boss » Arjani. Et cela va même jusqu’à un hébergement dans la famille d’Arber à deux kilomètres de là, pas le Pérou, mais pas non plus la misère, un p’tit coin pour dormir, une salle de bains certes non photographiée tant on n’est pas habitué à cette ergonomie des ustensiles, mais même le repas (un peu allégé car la digestion n’est pas évidente ces temps-ci) est chaleureux … Et la soirée se poursuit au dit-café, tournées de bière locale (la « Tirana », vous l’auriez deviné) à en être ferme pour s’arrêter ! Ce pouvait être une étape sordide, cela l’a été en quelque sorte sur l’apparence, mais pas sur la richesse des échanges ! Et dans la rue, en cette soirée de Ramadan (peu marquée, car pas de mosquée ici, seulement une grande église nouvelle blanche … fermée), c’est le défilé des hommes et des femmes. On marche dans un sens, puis dans l’autre, et on recommence … A moins que l’on s’asseye à une terrasse de café, pour attendre … de repartir. C’est cela, la vie locale, sans richesses et sans fantaisies, dans une petite ville maintenant excentrée, sans travail et sans ressources …

Jour J + 89 : Amédée


On me qualifiera peut-être de « nain-bourgeois », mais c’est vrai que lorsqu’on contemple les façades délabrées de ces immeubles, ou ces usines poussiéreuses et désaffectées, on se demande ce que l’on fait là, et surtout … pourquoi Ben il n’a pas fait un effort pour marcher un peu plus longtemps … mais il paraît qu’après, c’est le désert … Alors, quand « on » cherche à me prendre en photo devant une chaudière rouillée trônant sur la pseudo-place principale, je retiens ma respiration … Pour la reprendre vite au café d’Arjani, avec Arber et Arlentini qui chaleureusement, s’assoient à notre table au détriment du service des clients … qui ne sont pas là d’ailleurs … Et tout suit, l’hébergement, le repas, les blagues – plus ou moins compréhensibles. Finalement, je me suis beaucoup amusé ce soir, même si j’ai – un peu – l’impression que l’on s’est bien moqué de moi, pauvre petit nain de jardin cassé de partout et atterrissant dans une ville fantomatique. Allez, je ne vous en veut pas, et même, en y associant vos amis et votre « boss », je vous dis : Merci Arber et Arlentini !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Arber et Arlentini  de  Fushë-Arrëz

C’est incroyable d’être aussi bien accueilli. Pour tuer le temps des vacances dans une ville où rien ne se passe, Arber, 17 ans, lycéen qui ne sait pas trop ce qu’il va pouvoir faire plus tard, et Arlentini, 22 ans, étudiant ayant fini ses études d’ingénieur en construction de bâtiments (comme « les immeubles d’en face » me précise-t-il, vaste programme !) et qui n’a pas plus de boulot que la quasi-totalité des gens d’ici, donc ces deux jeunes et quelques autres servent au café d’un de leur proche. Et tout de suite, après les questions d’usage (pays, trajet, prénom, …), c’est l’étonnement face à mon périple, et les questions fusent de partout, depuis les études et les occupations jusqu’à la politique – Ah, ce qu’ils connaissent bien le nom de « Sarkozy » ! – et la religion (pas de mosquée ici, les musulmans doivent faire plus de vingt kilomètres). Puis c’est un vrai accueil, d’abord à la table du café, puis à la table familiale, puis à la table du café, puis dans une chambre familiale. Et tout cela, malgré la jeunesse, dans une vraie complicité auxquels tous ceux qui le souhaitent sont associés. Comme quoi la laideur extérieure peut cacher une vraie beauté intérieure. Tiens, je vais ouvrir une Alliance française ici, cela va amener de la distraction et de l’animation !

"Le bon Benedetto est venu ici pour aller à Jérusalem. Il m’a rencontré et est resté avec moi durant toute la soirée. Et demain, il continue son périple ! Je pense que Benedetto est un homme bon. La suite du voyage est de Fushë-Arrëz à Kukës, je te souhaite un bon trajet" (Arber)

mercredi 3 août 2011

Jour J + 88 : Shkodër => Kçirë (39 kms - Total = 2749 kms)

Pensée Spirituelle
"Recherchez avec passion ce qui unit, et non ce qui divise"
(Andrea RICARDI)


Péricope Biblique
"Mettez-vous d’accord et mettez fin à vos divisions. Soyez unis, ayez un même esprit et la même façon de voir"
(1Co 1, 10)



Et voilà, c’est reparti. J’ai retrouvé Shkodër et sa banlieue dans une atmosphère à mi-chemin entre le Moyen-Âge et le XIXème siècle, la suite du périple le confirmera ! Non pas que la petite route qui mène vers le plein Est soit non carrossable, mais c’est quand-même une route principale ! Et toujours sur le bord de la route, des clichés de la vie rurale telle qu’on ne la voit plus chez nous : des vendeurs de fruits et légumes, des véhicules plutôt cabossés, des charrettes tirées par des chevaux décharnés et transportant tout ce que l’on peut imaginer, des passages à niveaux d’une sécurité peu probante … Et toujours cette gentillesse de la population, ce geste de salut systématiquement rendu. Je suis arrêté très régulièrement, toutes les langues y passent, certainement n’ont-ils pas l’habitude de voir un marcheur par ici ? Et évidemment, un, deux, dix véhicules de toute sorte s’arrêtent pour me prendre en charge ! Ca y est, il faut quitter la plaine côtière, luxuriante, pour grimper dans cette montagne aride. Car une des plus grandes beautés de l’Albanie, c’est bien sa montagne, rude, sévère, sauvage, inhabitée. Ca monte sérieusement pendant des kilomètres, ça descend en épingles à cheveux vers une rivière presque à sec qui a creusé son lit dans des gorges dans lesquelles on ne s’aventurerait pas ! Le midi, arrêt dans un petit restaurant au milieu de nulle part, rencontre d’un cycliste albanais qui se prend pour Eddy Mercx, le jeune patron prof d’histoire géo à ses heures désolé de la chute du chiffre d’affaires depuis qu’une autre route a été ouverte, l’après-midi discussion avec un chauffeur de camion qui amène du ciment pour la restauration d’une école, puis c’est l’arrivée dans la petite ville de Kçirë, je tente de me faire héberger chez l’habitant avec les phrases écrites en albanais par Florian, mais cela ne marche pas, alors la nuit se passera dans le seul hôtel local de la ville, du style stalinien dépassé et presque vide, alors que la nouvelle nuit du Ramadan commence, joyeuse et animée, parmi la population qui partage trois religions (catholique, orthodoxe et musulmane) semble-t-il en toute sérénité … A table je suis rejoint par Stefan, militaire de Tirana qui travaille ici, et nous échangeons librement sur l’Albanie et son devenir, sympa, mais beaucoup d’efforts à faire tant le manque de travail se fait ici sentir … et l’on s’endort au son du muezin …

Jour J + 88 : Amédée


Pour une journée de reprise, ce fut un périple de hauts et de bas. Quel parcours escarpé ! Alors, ça fait du bien de prendre une bonne douche en arrivant, dans la salle de bain de notre chambre stalinienne : luxueux, non ? Bon, on n’a pas pu trouver chez l’habitant, on n’est pas passés inaperçus, mais au moins, les gens sont sympas, et puis, Stefan, il nous a invités chez lui, si on passe par Tirana, et puis, il viendrait bien en France ! allez, merci les gens de Kçirë, merci Stefan

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Stefan  de  Kçirë

Stefan, il n’a eu aucun mal à venir me rejoindre à table … On a échangé sur tout, sur l’armée et sur la paix, sur la vie locale et sur le tourisme, sur le Ramadan et sur la mixité des religions … Et après, on a été prendre un pot sur une terrasse au milieu de la fête, quel pays attachant !.

"Bonne idée que de marcher pour la paix, vous dit le militaire. Ici, nous l’avons retrouvée, ailleurs, il faut la développer ! Bon chemin, priez pour nous à Jérusalem ! et revenez nous voir, vous verrez, vous aimerez l’Albanie !" (Stefan)

lundi 25 juillet 2011

Jour J + 79 (Lundi 25/07) => Jour J + 87 (Mardi 02/08) : Shkodër (Albanie) => Rouen => Shkodër (Albanie) (Total = 2710 kms)

Pensée Spirituelle
"Rien n'est permanent sauf le changement"
(Héraclite)

Péricope Biblique
"Il y a sous le soleil un moment pour tout, et un temps pour chaque entreprise"
(Ecclésiaste 3, 1)






Depuis Shkodër, seconde ville d'Albanie, me voilà donc contraint de suspendre mon périple.

 En effet,
 mon frère aîné Pascal
 est décédé subitement Dimanche 24 Juillet après-midi.

Du coup, un Lundi 25 Juillet passé en trajets à vélo sans freins et sans selle pour gagner le cyber-café, un billet d’avion obtenu, une visite d’une ville aux critères bien différents des nôtres, un musée fermé, un centre d’artisanat sans artisanat, des gens charmants mais avec lesquels on ne peut échanger qu’un sourire (et c’est déjà cela) …

Pour le Mardi 26 Juillet, ce sera le voyage en vélo, bus et taxi, puis avion depuis Tirana jusqu’à Budapest puis vers Paris, avec le RER, le bus et le RER, pour gagner Sainte-Geneviève des Bois et Brigitte, le Mercredi 27 Juillet pour gagner Rouen, les Jeudi 28 Juillet et Vendredi 29 Juillet à Tours, le Samedi 30 Juillet on ne sait plus où ou peut-être partout, le Dimanche 31 Juillet pour fêter les anniversaires de Samuel, de Florian et d’Honorine, le Lundi 01 Août pour dire au-revoir à Pascal, et le soir le début du retour depuis Paris jusqu’à Pise … et le Mardi 02 Juillet depuis Pise à Shkoëder et la guest-house via Tirana et son aéroport « Néné Térésa » (traduisez « Mère Thérésa »).

Car

  grâce au blog  et  grâce à vous ,
  par le blog  et  par vous ,
  à cause du blog  et  à cause de vous ,

 la vie continue ,  le périple continue ,

quoi qu’il arrive !

 je marchais notamment avec Papa, la décision est prise, je poursuis mon périple,
et je marcherai aussi pour Pascal, avec vous …

 et pour illustrer tout cela, rien de mieux que des photos de fruits et légumes du jardin de Florian et de sa famille,
 celle de la terre, celles de notre terre, celles de notre vie ...

 alors, merci d’avance pour vos informations,

 merci pour vos messages,

 par le blog ou par un email !!!

Ø osez ! ×

Jour J + 79 (Lundi 25/07) => Jour J + 87 (Mardi 02/08) : Amédée


Enfin, j’ai pu sortir du sac à dos. « On » m’avait consigné dedans pendant une semaine, j’ai bien compris pourquoi, mais je n’allais pas m’échapper, tout de même ! J’ai alors eu plaisir à retourner gambader dans le jardin potager et fruitier de Florian et de sa famille. Un nouveau copain, un épouvantail, qui ne fait peur à personne, pas même à un nain de jardin ! Et tout cela avec tous les hôtes de Florian. Un vrai lieu de paix et de joie, cette guest-house, qui ne demande qu’à marcher : merci Florian !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Florian  de  Shkodër

Ce soir au retour en Albanie, sur la table, toujours des mets préparés à partir du jardin familial, accompagnés de truites des Alpes albanaises. Un peu toujours pareil, mais vraiment succulent, le tout arrosé du vin de la propriété ! Et autour de la table, plein de monde : une famille Anglaise, Julie et Andy et leurs ados Joe et Rachel, venus de Cambridge pour parcourir en bus et en taxi toute cette région balkanique – ils adorent la montagne – et Meike, allemande et albanaise d’adoption qui a ouvert une guest-house dans le sud balnéaire du pays et qui rédige un guide touristique de l’Albanie pour les touristes indépendants. Avec Florian, vaste tablée, discussions en anglais très sympathiques, et la famille nous rejoint pour la photo souvenir : on est bien chez vous !.

"Benoît est l’un des meilleurs hôtes que j’ai jamais rencontré dans ma vie. Il est vraiment généreux et serviable. Je souhaite à Benoît tout le succès dans son périple autour du monde. Mercy, merci beaucoup et j’espère vous revoir à nouveau" (Florian)

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