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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Les Colombes de la Paix !!!

jeudi 23 juin 2011

Jour J + 47 : San Bonifacio => Vicenza (32 kms - Total = 1596 kms)

Pensée Spirituelle
"Dans la bataille technique pour construire la cité radieuse, le véritable enjeu était de ne pas perdre de vue les deux objectifs initiaux. Le premier : fournir dans le silence, la solitude et face au soleil, à l’espace, à la verdure, un logis qui soit le réceptacle parfait d’une famille. Le second : dresser face à la nature du Bon Dieu, sous le ciel et face au soleil, une œuvre architecturale magistrale, faite de rigueur, de grandeur, de noblesse, de sourire et d’élégance"
(Le Corbusier)

Péricope Biblique
"La Parole de YHWH fut adressée à Salomon : Cette maison que tu es en train de construire … si tu marches selon mes Lois, si tu accomplis mes ordonnances et si tu suis fidèlement mes commandements, alors J’accomplirais ma Parole sur toi, celle que J’ai dite à ton père David, et j’habiterai au milieu des enfants d’Israël, et Je n’abandonnerai pas Mon peuple Israël."
"Et Salomon construisit le Temple, et il l’acheva"
(1R 6, 11 - 14)


On a le droit d’avoir des lacunes en géographie, non ? et bien, pour le coup, un cours d’architecture, après ceux d’hydrologie et de cuisine. Vicenza est connue pour être le berceau d’Andrea PALLADIO, vous savez, ce, célèbre architecte de ses non-moins célèbres « villas palladiennes », lesquelles ont été inscrites en même temps que la dite-ville et avec juste raison Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. La raison (au moins, on ne mourra pas idiots) : « Vicenza représente une réalisation artistique exceptionnelle grâce à l’œuvre architecturale d’Andrea PALLADIO, qui, inséré dans le tissu historique, en a déterminé le caractère d’ensemble. De plus, la ville et l’œuvre de PALLADIO ont exercé une très grande influence sur les règles d’urbanisme et sur l’architecture dans la plupart des pays européens et dans le monde entier » … Bon, d’accord cela ne semble guère faire avancer le schmilblick (sauf que personnellement, comme certains le savent, l’architecture c’est mon dada)… mais allez, une fois n’est pas coutume (sic …). Une idée me vient : si on change le mot « architecture » par le mot « recherche de paix », le mot « architecte » par les mots « acteur de paix », et le mot « urbanisme » par les mots « règles de vivre ensemble pour un monde meilleur et de paix », qu’est-ce qu’elle donne, cette phrase, essayez-donc ! et sera qui, selon vous, cet artisan de paix, et quelle sera son œuvre …
J’attends vos avis !!!

Jour J + 47 : Amédée


La proposition de Ben , interdiction de répondre : « Ben », mais vous pouvez penser à moi ! en tout cas, dans le jardin public, Andrea PALLADIO, il est sympa, câlin, il ne bouge pas, on croirait peut-être qu’il est dur comme ses œuvres de pierre, mais vous ne trouvez pas qu’il fait vachement simple ? et puis, j’entends battre son cœur gros comme cela – non ce n’est pas l’effet du spritz … Il a cherché à faire des maisons comme à l’antique, mais où « tout le monde se sentirait bien » (mais il avait beau paraît-il être révolutionnaire, il n’a pas construit de HLM !). Bon, ce soir, après une journée où il ne manquait que Bison futé pour trouver un itinéraire bis, on va bien dormir bien à la résidence étudiante pseudo mais seulement pseudo-palladienne... Ben il a pas arrêté de parler avec des jeunes d’eux, de notre périple et de la paix, il faudrait quand-même qu’il oublie pas son âge, non ? Allez, dormez bien et bâtissez des palais de rêve !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Antonella  de  Vicenza

Le terme « hôtesse » est vraiment bien choisi pour ce soir, car il apparaît quasiment impossible de se loger pour un pèlerin … On se heurte à des moines d’un monastère comme à des murs, les paroisses n’ont pas de place (et pourtant par ici, les presbytères sont de taille … palladienne) … Alors la seule personne à vraiment remercier aujourd’hui, c’est bien Antonella, qui travaille comme hôtesse à l’Office du Tourisme. Devant le « refus poli » général, Eric l’a contactée, et elle se démène au téléphone devant moi quand j’arrive. A chaque fois, sa réflexion, suite aux dires de son interlocuteur, est « io capito / je comprends », car comme elle me dit, il y en a des excuses, toutes aussi valables les unes que les autres … Et finalement, Antonella me trouve une place dans une résidence étudiante peu luxueuse mais pas trop chère, avec cena et prima collatione : au moins, ce soir encore, il y aura un lit … Alors Antonella, qui semble apprécier les voyages (mais pas trop fatigants !) a la gentillesse de remplir mon livre de bord et d’accepter une photo avec sa collègue devant l’Office : Sympa !

"S’il vous est aussi difficile de continuer votre pèlerinage vers Jérusalem que de trouver un logement ce soir, je vous souhaite beaucoup de courage ! Bon voyage, vous nous faites envie … s’il n’y avait pas à marcher autant ! pensez à nous là-bas, envoyez-nous une carte postale, j’ai vraiment aussi envie de connaître !" (Antonella)

mercredi 22 juin 2011

Jour J + 46 : Verona => San Bonifacio (29 kms - Total = 1564 kms)

Pensée Spirituelle
Prière dans ma cuisine :
"Seigneur, maître des brocs, des pots et des marmites
Qui sont dans ma cuisine et dont j’ai le souci,

je ne puis être hélas la sainte qui médite
Assise aux pieds du Maître ou qui brode pour Lui,
Avec des blanches mains, la chasuble bénite ;
Alors, que je sois sainte en besognant ici.
Donnez-moi de vous plaire en ranimant la flamme,
En surveillant la soupe, en récurant l’évier.
De Marthe j’ai les mains, que de Marie, j’aie l’âme.
Quand je lave le sol, à genoux sur la dure,
Je pense que vos mais ont touché nos souillures,
Et se sont endurcies exerçant un métier.
De prier longuement je n’ai pas le loisir.
Pourtant, je dis encore : « Réchauffez ma cuisine
Au feu de Votre Amour ». Que votre paix divine
Corrige les excès de mon humeur chagrine
Et fasse taire aussi mes envies de gémir.
Vous aimiez tant Seigneur à nourrir vos amis
Sur la montagne, aux abords du lac ou dans la chambre.
Quand je leur servirai le repas que voici,
Ce sera Vous, Seigneur, qui daignerez le prendre,
Car c’est vous que je sers en les servant ici.
Ne cherche en nulle autre demeure
Ce que tu peux trouver ici,
C’est encore sous son propre toit
Que l’existence est la meilleure"

(donné par sœur Marie-Thérèse, Le Béage)

Péricope Biblique
"Comme le jour commençait à baisser, les douze s'approchèrent, et lui dirent : Renvoie la foule, afin qu'elle aille dans les villages et dans les campagnes des environs, pour se loger et pour trouver des vivres. Car nous sommes ici dans un lieu désert. Jésus leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils répondirent : Nous n'avons que cinq pains et deux poissons, à moins que nous n'allions nous-mêmes acheter des vivres pour tout ce peuple. Or, il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : Faites-les asseoir par rangées de cinquante. Ils firent ainsi, ils les firent tous asseoir. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient"
(Luc 9, 12 - 17)



Aujourd’hui sera une petite étape. D’une part parce que l’étape jusqu’à la prochaine grande ville, Vicenzia est trop importante pour la faire en une seule fois (62 km, faut pas pousser Papi dans les orties !), et d’autre part parce qu’il faut le dire : je me trouve bien dans la maison–mère des missionnaires. En effet, il y règne une grande paix intérieure entre tous, même si le fait d’être ici n’a pas été nécessairement choisi et si les relations en communauté ne sont inévitablement pas évidentes (mais cela, ici, cela ne se voit pas !)… Pas grand-chose à dire sur le trajet, la grande route pas trop empruntée car elle longe l’autoroute, mais le brouhaha perpétuel, et … le soleil ! Elle a été facile à choisir, cette étape. Il y a une gare, et donc un train, pour retrouver ce soir ma chambrette ! mais avant le retour au bercail (au moins, le gîte a été facile à trouver, Don Romeo n’a pas hésité longtemps à ma requête de prolonger d’une nuit mon séjour ici), visite de la ville de Verona – enfin de quelques lieux car la planche à billets, elle marche bien ici dès qu’on veut entrer quelque part... Le dôme, les arènes, bien sûr le balcon de Guillietta, avec pleins de Romeos au pied et des graffitis sur les murs du passage qui mène de la rue à la célèbre cour ! Tout est permis ici, c’est à qui fera le meilleur tag … mais aussi, allez, on va vous dire la vérité, les visites, c’est bien, mais quand on marche, quand on est un peu SDF, on apprécie de s’asseoir à une table, de poser et de boire un bon p’tit coup – Ah, ce verre de Spritz [apéritif alcoolisé le plus souvent à base d'Aperol (Aperol Spritz) et largement consommé dans les grandes villes des régions italiennes de la Vénétie et du Frioul-Vénétie julienne, vous saurez tout !] au pied des arènes, à écouter un orchestre de Jazz. De même le midi, entre deux bouts d’étape … De même le soir : et là, on peut le dire, les missionnaires, ils sont choyés. Il y a abondance, comme dans l’évangile d’accord … et ça c’est important : merci à ceux qui nous préparent notre repas quotidien, merci pour la paix qu’ils apportent à l’intérieur de notre corps et à notre corps intérieur. Leur diaconie à l’image de Marthe-la servante dans la cuisine, nous aide, nous qui sommes souvent trop Marie-la représentative qui a pignon sur rue … Allez, vive la nourriture spirituelle, vive les nourritures terrestres, les deux sont indispensables pour les pauvres humanoïdes que nous sommes, et c’est la combinaison des deux qui nous permet d’être en paix, alors, comme l’ont compris les missionnaires qui m’ont ouvert leur porte et leur table, je vous souhaite bons appétits !

Jour J + 46 : Amédée


C’est vrai que cela fait du bien, les étapes. D’abord, je sors du sac pour m’aérer, et en plus je vois plein de gens … on discute, on étonne, on surprend … Si les voyages forment la jeunesse, les échanges forment les contacts, la convivialité et montrent que l’on est proches les uns des autres … Bon, c’est vrai, Ben, il me montre pas à tout le monde, mais quand la discussion se forme à la table d’une terrasse, d’un bar ou d’un boui-boui, là, les gens, ils se taisent, puis ils rigolent – peut-être qu’ils se moquent de moi ? –, et ça, c’est sympa de se souhaiter bonne continuation. Alors de temps en temps, je me lâche et je me montre en spectacle, comme ici devant les arènes de Verona (je vais décrocher le premier rôle pour Aïda! ). Bon, moi, Amédée, j’aime bien manger (je garde la ligne) et trinquer (je suis raisonnable, moaaah !), même que Ben il dit que c’est un bon moyen pour arriver à faire la paix et à être en paix. Allez, tchin !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Padre Gilberto  de  Guedi

Gilberto, je l’ai tout de suite repéré lors de la première messe à la maison-mère des Combonianisti , hier soir. Il faisait très jeune, ce n’est pas un critère, mais cela nous a vite rapprochés … Et pourtant si, Gilberto est là, alors qu’il est missionnaire en République Centre-Africaine, ce n’est pas vraiment pour se reposer, c’est pour parvenir à se soigner, car le Paludisme et la Diphtérie sont toujours présents là-bas, et malheureusement, il n’est pas passé au travers des mailles du filet. Il se trouve bien ici, mais n’a qu’une hâte, retourner là-bas et rouvrir le séminaire combonianistien qui a provisoirement fermé. Avec Gilbert, nous évoquons tout, la difficulté des prêtres ici et là-bas, la motivation des séminaristes africains, la sexualité des évêques et des prêtres africains, la France et Paris … Bien sûr, il y a aussi plein d’autres missionnaires avec qui je discute ici, de la politique, de la France, de l’Italie, de leur pays d’adoption, et tous semblent plus qu’intéressés par ma pérégrination, que d’aucuns comparent avec leur action sur le terrain ! Ah, j’invite Gilbert chez moi, et … je suis invité à Bangui !!!

"Cher Benoît, sois un homme qui écoute, prévoyant et construit sa maison sur le roc qui est le Christ ! Ciao" (Padre Gilberto)

mardi 21 juin 2011

Jour J + 45 : Peschiera del Garda => Verona (32 kms - Total = 1535 kms)

Pensée Spirituelle
"Un esprit qu’on néglige devient le terreau de toute auto-destruction"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde"
(Mt 28, 18 – 20)


Moi, aujourd’hui, je n’ai fait que 32 km … Pas mal déjà, me direz-vous, à raison d’un peu plus de 5 km / heure, bon cela ne fait que … 6 heures de marche … d’autant plus que ce matin, j’ai pris le temps, avant de partir, de marcher le long du lac de Garde, de me glisser dans l’eau voluptueusement tiède au soleil levant mais déjà ô combien bienfaisant … puis de ranger mes affaires, puis d’être appelé du bas de la place de l’église par Don ? car « io dico la messa ! » (ce qui laisse supposer que ma présence est plus qu’indispensable !). Alors j’y vais – au moins pour rendre les clés ! – Petit déjeuner face à l’onde, puis en route sur le bord de la route surchargée … Mais pas grave, ma pensée du jour est surtout : « mais qu’est-ce que je vais donc leur dire, s’ils me demandent à mon retour d’évoquer mon voyage ? quelle teneur de « causerie / conférence » ? et qu’est-ce que je ne leur dirai pas, et qu’est-ce que je ne saurai leur dire ? et qu’est-ce que ne voudrais pas leur dire (ça c’est facile, c’est « Joker ! ») ? Bon, après tout, vous verrez bien, si cela vous intéresse, vous n’avez qu’à la préparer, votre question (il vous reste cinq mois) … Donc pour reprendre mon idée, après cette route surchargée mais où tout va vite, arrivée à Verona, près du Teatro romano, à chercher la maison-mère de la Congrégation des Combisti (et c’est pas facile de le trouver, dans une ville de plus de deux mille ans). Je trouve enfin, à coup de forfait de téléphone, je suis accueilli avec une certaine expectative par la dame charmante de l’accueil car personne n’est au courant … puis après quelque attente, Romeo, le supérieur, mène son enquête à la manière du commissaire Moulin, en m’interrogeant de manière à la fois professionnelle et sympathique. Oui, ça y est, io sono pelegrinno, et je suis remarquablement accueilli … Là, je dois dire, merci à celui qui devrait être, dans mon monastère franciscain imaginaire, le frère hôtelier, de m’avoir trouvé cette adresse hors du commun …

Bon au bout de vingt lignes et plus, voilà ce que je voulais dire, on me dit pérégrin sur cette terre, mais que dire de tous ces missionnaires qui se retrouvent ici, à plus de 80, dans la maison-mère, soit parce qu’ils y travaillent (accompagnés de laïcs auprès de qui je me permets aussi de tirer mon chapeau bas), soit parce qu’ils s’y reposent, souvent en attente ou non de résultats et / ou de traitements médicaux (et Dieu sait si en Afrique, continent privilégié mais non unique pour ces missionnaires, les risques de maladie ou d’accidents se réalisent souvent), ou – plus poignant – ceux qui y finissent leurs jours, dans l’attente … Ainsi, exemple pas pris au hasard, la messe de 18h20 au second étage (celui qui regroupe ceux qui sont « assez diminués ») est très poignante (et le serait même pour toute personne croyante ou pas, au moins sensée). Pas de commentaire à en faire, plein de prêtres, souvent d’un certain âge. Je fais durant la messe comme ceux qui pourraient se lever : je ne me lève pas … puis on fait tous les étages. Les Vêpres dans la grande chapelle au premier étage, et le repas (pour ceux qui le peuvent) au rez-de-chaussée. Quelle abondance, mais comme dit l’économe, c’est important pour ceux qui sont là, un certain temps ou un temps certain … Allez, à chaque étage, je suis présenté, plein d’échanges, soit un sourire, soit un geste, soit une parole, soit une confidence (et à chaque fois pleine de sérénité, mais souvent avec l’expression d’une envie de « repartir sur le terrain, soit pour y travailler et y prier encore, soit pour être là-bas quand …). Ah, que la vie n’est pas facile, notamment pour ces hommes de Foi et de terrain qui ont TOUT donné pour être là-bas, et qui reviennent forcés, avec une impression de … soyons heureux, mes amis, nous qui avons tout, qui baignons dans tout, qui ne manquons de rien …

Jour J + 45 : Amédée


Quel accueil ! bon d’accord, on a un peu attendu, en arrivant à Verona, bon d’accord, un pelegrinno, c’est pas courant dans la maison mère des Combonisti (et pourtant, s’il y en a bien qui sont des pérégrins sur cette terre, ce sont bien les missionnaires). Mais alors ici, dans cette maison combonicienne, on sent une âme. Je crois que je vais me faire baptiser, moi catéchumène Amédée (formé par ces missionnaires), en traversant le Jourdain, dans quelques mois (quoi que … bon, vous l’avez-vu, j’ai un peu appris à nager, mais je suis fragile, avec mes fractures, ma porosité et mon intérieur assez coton – le tout à prendre au premier degré, SVP –). En tout cas, voilà bien une oasis de repos sur la route de la destinée humaine, une oasis de paix, et pour cela, on peut vous le dire à vous, Padre Romeo et à toutes les personnes qui travaillent ou qui résident (temporairement ou plus longtemps …) dans votre maison : merci de nous avoir accueillis, nous aussi pauvres pérégrins sur cette terre, merci Padre Romeo !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Don Romeo Balland  de  Verona

Alors ça, il faut le faire ! Depuis un mois que je suis parti, beaucoup de personnes me parlent de « signe », et me voilà à Verona, accueilli comme un missionnaire de la paix avec la plus grande humilité mais aussi avec la plus grande chaleur possible dans la maison-maire de la congrégation missionnaire liée à Daniel COMBONI (1831-1881, fils de paysans pauvres qui devint le premier Evêque de l'Afrique Centrale et un des plus grands missionnaires de l'histoire de l'Eglise). Et le voilà ce signe, sans balcon aucun : je suis reçu par son supérieur Don … Romeo. Oui, on est bien à Verona ! Tout de suite, après – quand-même – avoir montré que je ne suis ni un SDF ni un escroc, je suis présenté, et même intégré à la communauté … Une petite chambre simple mais confortable, une salle de bain presque personnelle, la messe au second étage avec les âgés et les malades – très poignant - Les Vêpres au premier étage, le repas avec la communauté valide au rez-de-chaussée, de nombreux pères missionnaires (surtout en Afrique) viennent me voir et discutent, échangent leurs problèmes, leurs soucis, leur éloignement du terrain, mais aussi leur incroyable sérénité ! et avec Padre Romeo, c’est un échange simple et parfait, linéaire, serein, positif, sans aucun commentaire vu ce qu’il se donne la peine d’écrire sur mon carnet de voyage :

"Cher ami Benoît, pèlerin sur les routes du monde : marche, contemple, souffre, offre, prie … Le monde a besoin de quelqu’un qui croit, ose, est disponible sans prétentions, sait partager joies et souffrances. Au nom de Dieu et du Christ qui s’est fait pèlerin sur les routes d’ici-bas" (Padre Romeo Balland)

lundi 20 juin 2011

Jour J + 44 : Ghedi => Peschiera del Garda (43 kms - Total = 1503 kms)

Pensée Spirituelle
"La réalité et le renouveau. Autrement dit, à mesure que nous apprenons à nous abandonner à la Source de vie qui n’a de cesse de recommencer, nous sommes habilités à voir que toute occasion ratée en apparence est en réalité une nouvelle possibilité à exploiter"
(Guy Finley)

Péricope Biblique
"Ne vaticinez pas ! l’opprobre ne vous atteindra pas. La maison de Jacob est-elle maudite ? Yahvé a-t-il perdu patience ? est-ce là sa manière d’agir ? Regardez bien : ses Paroles ne sont-elles pas bienveillantes pour son peuple Israël"
(Mi 2, 6 – 7)


On le savait dès le départ, ce serait de la route, de la très grande route, avec du trafic, beaucoup de trafic, et pour une destination de villégiature touristique, très très touristique. Alors évidemment, du bruit, de l’attention en marchant, du soleil qui tape, et … plein de monde ! Que voulez-vous, quand on se permet de prendre le chemin non pas des écoliers mais des estivants vers le Lago de Garda (lac de Garde), eh bien, comme disait Carmen, on doit « prendre Garde à soi » … Heureusement ça avance tout seul, on a beau être Moulin, on n’est pas Don Quichotte et on n’a alors pas à les combattre, ces moulins à vent, il faut faire avec … Avec les routes surchargées, le bruit, la sur-consommation, la hausse des prix, l’indifférence générale. Alors une question … est-ce que cela en vaut la peine de faire quelques kilomètres en plus pour aller voir cette masse d’eau , eh bien, la réponse est : oui, cent fois oui, car mille millions de sabords (comme aurait dit le capitaine Haddock qui aurait trouvé ce lac plus grand que sa baignoire mais plus petit que les routes maritimes prises par ses ancêtres pour trouver le trésor de Rackam Le Rouge), le lac de Garde, c’est une pure merveille !!! alors (vous allez tous les avoir), chantons comme cette chère Edith qui piaffait si bien « non, rien, de rien, je ne regrette rien ! (même si demain sera un autre jour) » On se croit dans une station estivale de la côte d’Azur avec le sel en moins dans l’eau, mais c’est un peu Saint-Trop … avec les mêmes difficultés pour se loger. Premier refus de la première paroisse, non-retour par la congrégation antonine, bâillement aux corneilles (« on vous recontactera … », si si !) de la seconde paroisse. Heureusement la troisième est là … l’aspect matériel va s’arranger, avec un logement très individuel ! allez, finalement ce soir, j’aurai pas besoin de raconter une nouvelle fois mon périple, mon projet et moi … je vais me manger tranquillement mon jambon-melon (bon d’accord, ça manque de consistance, mais c’est frais ! et ça change des pizzas et paninis !). Allez, bonne nuit, c’est la plus courte de l’année !

Jour J + 44 : Amédée


Ben, il vous a fait tout le répertoire de sa culture littéraire et musicale, c’est peut-être parce qu’il est débordé et qu’il n’a même plus le temps de lire le soir ou de chanter sur la route ! moi, je dis pour lui, ce qui est bien, c’est qu’il a pu se baigner dans une eau chaude (enfin, chaude, pour ceux qui le connaissent, il dit toujours cela …). Ce soir, on va pousser les tables, étendre par terre trois manteaux retrouvés au bas de l’escalier, amenés par coïncidence par des paroissiens généreux pour les donner aux plus démunis (espérons qu’il n’y a ni poux ni puces), et on va s’allonger dessus, ça va faire comme du temps d’Astérix légionnaire ou d’Alix et les spartiates, par Toutatis ! et puis comme cela, on va pouvoir dire, pour son accueil : merci « Don ? au nom inconnu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Don ??? de Peschiare del Garda

Un prêtre pressé qui lève un sourcil devant un pèlerin parce que celui-ci vient le voir et lui dit qu’il fait un long périple … Un prêtre qui n’a probablement pas de temps et qui n’adresse pas une parole à ce pèlerin, mais qui demande alors à un jeune de montrer à ce foutu pèlerin le chemin d’une salle paroissiale au second étage d’une vieille maison, en lui donnant les clés … Un prêtre que ce pèlerin ne devait certainement pas revoir, et encore moins reconnaître … Un prêtre dont le toujours même pèlerin ne sait même pas le prénom … Mais finalement, un prêtre qui dépanne matériellement ce pèlerin … En même temps qu’un prêtre avec qui il n’y a pas eu d’échange … Finalement, quoi, un prêtre pressé et débordé … Un prêtre !

"?!?!?!?!" (Don ?)

dimanche 19 juin 2011

Jour J + 43 : Chiari => Ghedi (42 kms - Total = 1460 kms)

Pensée Spirituelle

"Ce que tu désires le plus, tu ne l'obtiendras pas par toi-même mais par beaucoup d'humilité et dans l'abandon du cœur"
(Saint Jean de la Croix)

Péricope Biblique
"Avant la gloire, il faut l'humilité"
(Pb 15, 33)


Une journée merveilleuse, celle de tous les contrastes, à tous points de vue ! parti pas tôt (è la Domenica !), Pas grand-chose à manger alors un p’tit déj copieux au bout de quelques kilomètres, à Castrezzato, avec défilé des fanfares, des notabilités coiffées d’un superbe chapeau à plumes (que l’on n’oserait pas porter de notre côté des Alpes …). Du clergé des gerbes et du drapeau, le tout dans un climat d’attention et de respect suprême : ce qui me fait dire qu’en France, on est loin du compte avec nos complexes de supériorité et notre foutue laïcité (pas si foutue que cela, hélas – même si pas sûr que beaucoup de monde hors de nos frontières nous l’envie – , car si tout le monde travaillait dans le même sens, peut-être que les « choses » - dont la paix – avanceraient un peu plus !). J’ai nommé la « laïcité à la française » !!!». Bon ça y est, j’ai poussé mon coup de gueule hebdomadaire ! allez on reprend la route, en pensant à cette journée particulière, celle des papas, des papas de tous genre, ceux qui sont encore là et ceux qui ne sont plus là, ceux qui ont la joie de le fêter et ceux qui ne l’ont pas, à cause de tension, ou parce que leurs enfants ne sont plus là … et puis c’est aussi pas mal la fête des mères, puisque, si vous me suivez bien, s’il n’y avait pas de mères, il n’y aurait pas de pères ; et s’il n’y avait pas de pères, il n’y aurait pas de mères (ça c’est un peu comme l’œuf et la poule, améliorés sous l’effet du cafe stretto) … Que des petites routes, pas de circulation, et plein de gens (mais alors plein, je vais enregistrer mon pédigrée) qui me regardent avec des yeux ronds comme des nouilles à bouillon, ou qui se déplacent pour en savoir plus … Les lois de l’hospitalité s’incrémentent par ici ! déjeuner de paninis à la terrasse d’un café, c’est reparti parmi les champs de maïs géants baignant dans des mares d’eau, le tout parsemé de fermes souvent géantes, nickel et luxueuses … Un papi m’offre de l’eau sur le bord de la route, je trouve même une fontaine distribuant de l’eau courante, de l’eau fraiche et de l’aqua frizzante. On n’arrête pas le progrès. Faut dire qu’il fait chaud, pas loin de la température du corps... Arrivée à Ghedi comme une lettre à la poste (sauf qu’on est Dimanche), je gagne le centre Oratorio (comme dans la précédente ville, accord Parrocchie – Commune pour les activité pour les jeunes, on m’indique un padre, puis un second, qui m’accueillera chez lui ce soir vers 19h45 après la messe. Allez, pour changer, ce sera une soirée soutane ! en attendant, la terrasse au soleil aveuglant d’un café branché, parmi une musique de zinzins (disait Mémé) avec des jeunes qui ont à peine la moitié de mon âge (mais pas gênant, au contraire, même si tout fout l’camp) : vivement 19h45 qu’on gagne la casa de Don Renato : ce sera à la fois calme et riche !

Jour J + 43 : Amédée


C’est bien les Dimanches, presque personne sur les routes. Il y a du soleil, je me laisse bercer, Ben boit – de l’eau – comme un fou, il est tout en sueur ! mais les gens sont vachement sympas, ils se pâment à l’idée qu’on vienne de France, et surtout … « mais pourquoi donc vous passez devant chez nous, alors que notre route est si petite ? » (c’est pas la peine de leur répondre, il faudrait mieux appeler le SAMU) …allez, Ghedi, c’est une toute petite ville, mais c’est vachement animé, j’ai retiré un peu du coton hydrophile de mon bidon pour me boucher les oreilles, parce que cette musique au café de la belle jeunesse, Ben, il a l’air d’aimer (il est vraiment « mato », avec ou sans « r »), mais moi, je préfère l’ambiance Walt Disney (en plus, il y a Blanche-Neige, je l’aurais peut-être à Noël …). Bon on rejoint la casa de Don Renato, et chouette, on a ce soir la Cena ensiembre ! alors rien que pour cela, pour l’accueil, le repas, le gîte, la gentillesse, l’humilité et la simplicité, on peut dire : Merci Don Renato !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Don Renato de Ghedi

Don Renato, c’est le troisième prêtre (sur quatre, pour une commune de moins de trente mille habitants) que je rencontre … Et ce sera le bon : une superbe maison, nickel chrome, une chambre de luxe, une salle de bains que l’on croirait refaite hier, et un repas à la fois consistant (la pasta dans la soupe) et frais (enfin de la verdura) ! A table, alors que Don Renato a tout préparé, nous parlons de tout et surtout des prêtres, de la paroisse, de la fréquentation des églises, de la catéchisation des parents obligatoire pour que celle des enfants soit réussie, des quelques années qu’il a passées dans un séminaire en Lituanie avant de revenir l’an dernier dans son diocèse, celui-ci de Brescia. Je vais vous dire, Don Renato, il est profondément simple, profondément humain, et … il a plus de logique que moi … quand il s’excuse de ne pas avoir de vin à me proposer parce qu’il n’en pas chez lui, il m’en donne la raison : il n’aime pas le vin … alors tout de go je lui demande si cela ne le gêne pas pour l’Eucharistie , il me répond qu’à ce moment-là, ce n’est pas du vin mais le sang du Christ, et ça, il aime !!!. Allez, d’un certain côté, je suis tombé dans le panneau, et de l’autre, j’ai – enfin – tout compris du mystère de la Transsubstantiation. Et vous ?
Bon allez, très bonne nuit, après cette belle leçon d’humilité et d’abandon !

"Ramybetav ! (dalla lingua lituana «= « Pace a te !) Grazie per l’incontro nella mia casa. Ogni pellegrino è sempre un segno del Signor che passa. Auguri perchè il cammino verso la Terra di Gesu sia ricco di tanto bene e pace. Buon viaggio. Un saluto da Don Renato" (Don Renato)
 (Merci pour la rencontre dans ma maison. Chaque pèlerin est toujours un signe du Seigneur qui passe. Tous mes voeux pour que le chemin vers la Terre de Jésus soit riche de beaucoup de bien et de paix. Bon voyage. Un salut de Don Renato)

samedi 18 juin 2011

Jour J + 42 : Treviglio => Chiari (47 kms - Total = 1418 kms)

Pensée Spirituelle
"Vierge sainte,
Au milieu de vos jours glorieux, n’oubliez pas les tristesses de la terre. Jetez un regard de bonté sur ceux qui sont dans la souffrance, qui luttent contre les difficultés et qui ne cessent de tremper leurs lèvres aux amertumes de la vie !
Ayez pitié de ceux qui s’aimaient et qui ont été séparés !
Ayez pitié de l’isolement du cœur !
Ayez pitié de la faiblesse de notre Foi !
Ayez pitié des objets de notre tendresse !
Ayez pitié de ceux qui prient, de ceux qui tremblent, de ceux qui pleurent !
Donnez à tous l’espérance et la paix
(abbé PERREYVE, donné par sœur Thérèse, Le Béage)

Péricope Biblique
"Oui, bienheureuse est celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur"
(Lc 1, 45)


Ce qu’il y a de bien avec un gîte du bon Samaritain, au moins pour un pèlerin, c’est que le matin, c’est dehors à 07h30 ! On a quand même le temps de prendre un bon petit déjeuner, préparé par qui, devinez ? Bien-sûr par Alvaro avec qui l’échange de bavette est de circonstance … on ne va pas l’oublier dans nos prières, comme on dit (et lui non plus parce que dans la journée, il va demander par mail une photo pour faire un article dans le journal local : les pérégrins seraient-ils une espèce rare ? en voie de disparition ? enfin, si cela peut faire avancer la possibilité d’accueil des pèlerins, on aura gagné la partie ! et ce d’autant plus que le reporter de RTL qui m’avait interviewé au départ de Bois-Guillaume le 7 Mai a récidive ce jour – il parait que dans les rédactions parisiennes ils me surnomment le « reporter-pèlerin de la paix, ça fait chic dans les chevilles, non ? –). Bon, rien à dire sur la marche d’aujourd’hui, quelques micro-gouttes mais pas de chaleur, grande route fréquentée, puis petite pour l’éviter tout aussi fréquentée, puis retour sur la grande route très fréquentée : Attention, il n’y a même pas de bande d’arrêt d’urgence … Ca y est, enfin des italiens qui conduisent comme des fous, la réputation n’est pas perdue !!! (lol)

Arrivée à Chiari, je laisse la parole à Amédée pour le process bien rodé (même s’il ne marche pas à tous les coups) de recherche de gîte, mais on devient bons ! la ville est pavoisée de rubans bleu ciel et blancs, le sacristain qui m’accompagne au gîte de l’oratoire me fait comprendre que ce n’est pas pour un – simple – mariage (ce qui serait logique vu les nombreuses décorations –plus ou moins heureuses, soyons tolérants ! – de mariages vues aujourd’hui), mais pour « la venue d’une des quatre statues portatives de la Vierge de Fatima », qui est arrivée par hélicoptère il y a une semaine et qui repart justement demain par le même moyen (il est même persuadé que mon périple est lié à cet évènement !). Chacun(e) en pensera qu’il / elle voudra, mais ici, c’est une vraie ferveur dans la ville, une foule extraordinaire en adoration toute la fin d’après-midi dans l’église et une grande ferveur à la messe … La ville est bien petite, retour au logement pour un dîner frugalo-pizza avec Boris, d’origine kosovienne et Lea, d’origine lituanienne, responsables du centre de l’Oratorio, géré en commun par la paroisse et la commune pour des activités pour les jeunes (la France ne devrait-elle pas en prendre leçon ?) et pour conclure, soirée karaoké sur la place des jeunes ! Allez, si la vie est un long fleuve tranquille, la pérégrination, elle, réserve maintes surprises, ne trouvez-vous pas ?

Jour J + 42 : Amédée


Pour trouver un logement, finalement, il n’y a qu’à demander. Et si vous êtes convaincus, essayez-donc (là, on va compter les points, braves gens !). Ben, il est tout de suite rentré dans l’église paroissiale, il a demandé le curé... Bon, c’est une mauvaise question, Ben, il a failli être le maillon faible car pas de chance, il n’y en a pas un mais huit ici … schmilblick italien, non ? Allez, le sacristain se décoince, un col romain sur fond bleu et prénommé Don Paolo sort de la sacristie, un téléphone portable sort de sa poche, attendez … pronto, on a trouvé, suivez le sacristain (qui devient passionné par notre périple, car, dit-il, cela lui permettrait « au moins » de perdre quelques kilos) jusqu’à un logement paroissial. Allez, c’est le confort encore une fois 4*, allez, nous dit-il, « bonne soirée, excusez-nous, mais avec une des vierges de Fatima ici, on est débordés » (et du coup, Ben, il a voulu aussi me vêtir des couleurs virginales, des fois que je sois – encore – vierge … ça me va ou pas ?) ! mais « venez-donc ce soir à l’apéro organisé pour l’occasion, je vous présenterai ! », aïe aïe aïe, moi qui suis si bien en cocooner, il va falloir que je mette mon queue-de-pie (non, là, il n’y aura pas de photo). Allez, ça va être super (et cela l’a été), merci Don Paolo !
 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Don Paolo de Chiari

Là on peut remercier Don Paolo, il a d’autres choses à faire, avec cette fête pour la Vierge Fatima qui dure depuis une semaine. On peut aussi remercier Luidgi, le sacristain, qui m’a mené au nid douillet de ce soir. On peut remercier aussi l’ensemble des paroissiens à la messe dominicale de ce soir qui ont bien chanté quelque chose de swing. On peut aussi remercier l’ensemble des participants au pot de l’amitié (terme peut-être pas assez réglementaire ?) à qui on m’a présenté et qui se sont exprimés par un regard, un sourire, une poignée de mains … Serai-je une bête curieuse, un oiseau rare, un « mato-fou » ? Non, un bel italien sportif, musclé et bronzé à souhait pour faire ce périple me dit :

"fa ciò che avremmo amato fare ma che non faremo certamente mai, già semplicemente perché non ci diamo di ciò i mezzi: va, lasciaci un piccolo posto nel su passo, va ad arrivarse! buona marcia, è giovani, almeno nel su cuore, si è con lei !" (Andrea)
(Vous faites ce que nous aurions aimé faire mais que nous ne ferons certainement jamais, déjà simplement parce que nous ne nous en donnons pas les moyens... Allez, laissez-nous une petite place dans votre démarche, vous allez y arriver, vous ! Bonne marche, vous êtes jeunes, au moins dans votre cœur, on est avec vous !)

vendredi 17 juin 2011

Jour J + 41 : Le retour à la réalité pérégrine (Brufa - Perugia - Firenze - Milano, puis 'a piedi' : Milano => Treviglio (19 kms - Total = 1352 kms)

Pensée Spirituelle
"Ce n’est pas le fait de posséder un talent inimitable qui fait de nous un maître, mais bien celui d’avoir compris l’existence, puis d’être entré en contact avec un univers qui nous dépasse et qui veut enrichir notre compréhension de sa compréhension parfaite"
(Guy Finley)

Péricope Biblique
"Jésus reprit la parole et dit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba dans les mains des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups et s'en allèrent, le laissant à demi-mort. Un Sacrificateur qui fortuitement descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite qui arriva aussi dans ce lieu, l'ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu'il le vit. Il s'approcha et banda ses plaies... puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l'hôte et dit : aie soin de lui et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour ». Jésus demanda à un docteur de la Loi : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : « Va et toi, fais de même »
(Lc 10, 30 – 37)



L’avantage du train, c’est que l’on voit du pays ! et vite !!! On a l’impression, même s’il fait jour, d’être une luciole (les revoilà) !!! Mais bon dans ce cas-là, pourquoi pas l’avion, du coup, Gerusalemme est à portée d’aile, et on fait l’aller-retour en un Week-End (il faudra que j’y réfléchisse, dans une prochaine vie …). Allez, la matinée des adieux, plus soft que ceux de Napoléon à Fontainebleau, car déjà on se donne rendez-vous pour pronto avec Maria-Oliva et Mauro, avec Sylvie et Massimo, et avec leurs jeunes respectifs. Départ à l’heure de la gare de Perugia, Firenze déjà là, le TGV italien met Milano si près que cela ne sert à rien de faire ronflette … Pas de pied-à-terre prévu ce soir, alors vite à Milan je quitte la mégalopole avec ses avenues chics, puis ses zones industrielles chocs … Pas trop de marche, juste le temps de trouver une ville de taille humaine où peut-être la parrocchie pourra faire « quelque chose » … Le temps couvert permet de remettre un pied devant l’autre sans effort, et l’on se contentera (j’entends déjà vos réflexions portées sur le constat de fainéantise chronique et même exponentiel – au fait, je vous attends toujours pour m’accompagner « sur le terrain », bon, toutes les excuses sont valables et acceptées) que 19 kms. Arrivé à Treviglio, directement l’église paroissiale, l’heure de la messe … A la fin, je m’adresse à une religieuse qui me précise qu’un accueil « bon Samaritain » est prévu sur la Paroisse, et qu’il ouvrira à 20 heures. Encore une bonne trotte, décidément, les fins de journée devraient être bannies de l’emploi du temps du pèlerin. Attente au bord de l’eau, tiens je ne suis pas seul, un jeune semble avoir élu domicile dans sa voiture … Arrive Alvaro, à l’heure pile : c’est un vrai luxe, ce local, financé à la fois par la Paroisse, la Commune, la Région : les sans-abris errants et les paumés de la vie sont « trop » bien accueillis ici ! Mais surtout (et je me ferais presque gronder) Je ne dois rien faire, Alvaro s’occupe de tout, organisation, repas, vaisselle, c’est formidable … Luca, jeune paumé sort quand même de sa voiture où il a élu domicile depuis plus de trois mois pour prendre sans trop rechigner un plat chaud … la conversation avec lui est assez limitée, dommage, d’autant plus qu’il refusera ce soir encore un lit confortable et gratuit. Mais la figure de la soirée, c’est bien Alvaro, dans sa simplicité et son sourire, diacre devant Dieu et les hommes, au service de tous, sachant trouver le mot juste … A tel point qu’il reste coucher dans l’auberge du Samaritain pour que je ne sois pas tout seul cette nuit. Sympa, non ?

Jour J + 41 : Amédée


Ben, il m’a carrément posé la question de savoir si je voulais aller jusqu’à Gerusalemme ou rester ici au bord de la piscine sous les oliviers. J’ai mis du temps avant de répondre, alors il m’a mis dans une boîte aux lettres, dans un paquet en non recommandé, retour direct Bois-Guillaume … Ca vous aurait pas vexé, cela ? Bon j’ai pris crânement et nainement de la hauteur, on ne va pas changer une équipe qui gagne, non ? Alors le confort, cela semble donc fini, on va retrouver la vie simple et rustre des premiers pérégrins … Ca y est, Ben n’a pas l’air trop soucieux de ne pas savoir pour ce soir, il redevient béage … Du coup, la marche est plus soft, le sac moins balancé, je vais être en pleine forme ce soir ! et c’est vrai qu’il n’y a pas de quoi stresser ici !. Tout est prévu, une chambre nickel, une douche comme il se doit, un repas aux petits oignons (ouf, on n’en peut plus …), et surtout cet accueil sympa sans rien forcer, sans rien demander. Bien sûr tout cela est dû à l’initiative de bénévoles sans cesse à la recherche de fonds et avec un temps qui pourrait sembler élastique, mais celui qui est le plus à remercier (et ce terme-là, y’a que les nains qui l’aiment, non ?), c’est bien lui, et là, avec Ben on est – comme toujours – en phase. Allez, Merci, Alvaro !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Alvaro de Treviglio

Bon vous l’avez bien compris, l’hôte du jour, non de sa maison mais de sa « locanda del samaritano » (ou logis du Samaritain), c’est bien Alvaro, diacre … D’accord, ils sont tout une flambée, dans cette ville d’environ 25.000 âmes, à assurer la fonction clerc-chrétienne. Environ 9 prêtres, 3 diacres et une ribambelle de sœurs. Un luxe par rapport à la France, non ? mais quand il s’agit de se tourner vers le plus pauvre, là, Alvaro, il a dû lui-aussi tout de suite dit « oui ! » ; il a été directeur d’une Banque, il aurait pu se la couler douce au moment de la retraite, mais non, il a été diacre, il a créé cette association, il travaille avec une douzaine de bénévoles pour fournir des repas chauds le midi à une vingtaine des plus démunis, et accueillir le soir à tour de rôle les gens du bord du chemin … La famille a elle-aussi attrapé le virus : pour lui, c’est notamment quatre enfants, dont deux partis en aide coopération en Haïti, et une jeune fille handicapée adoptée … Ainsi, pour trouver des fonds, rien de mieux qu’une expo-vente annuelle de produits d’Haïti ou d’ailleurs. Quand se repose-t-il ? souvent, certainement, parce qu’avec son humour et son sourire, son activité, ce doit être le mode de repos qui lui convient ! allez, si j’étais critique pour un guide d’auberges de charme, c’est sûrement ici une adresse, créée par Alvaro & Co, à mettre en tête avec *** pour le guide du Routard du bord du chemin ! mais bon, évidemment, moi aussi je le suis, sur le chemin, et évidemment je ne passe pas inaperçu … mais c’est tellement plus facile de mettre un pied devant l’autre toute la journée, que de tourner son visage, sa parole et ses bras vers ses alter-egos, ne trouvez-vous pas, braves gens dans vos chaumières ? …

"Tu ci hai fatto visite nel tuo viaggio di pace verso la santa Gerusalemme ; che il Signor ti benedica per queste e su di te faccia risplendere il suo volto affin chè le persone che incontri sperimentino che la pace è possibile per ogni uomo e per ogni popolo : buon viaggio !" (Alvaro)
(Tu nous as rendu visite durant ton voyage de paix vers la sainte Jérusalem. Que le Seigneur te bénisse pour cela et qu’il fasse resplendir son visage sur vous afin que les gens que tu rencontres voient que la paix est possible pour chaque homme et pour chaque peuple : bon voyage !)

jeudi 16 juin 2011

Jour J + 40 : Journée de « spiritualité franciscaine» (Total = 1352 kms)

Pensée Spirituelle
"Le bienheureux Francesco avait l’habitude de se retrouver avec ses compagnons dans un lieu-dit Rivotorto, près d’Assisi. Et ils étaient heureux de vivre dans une cabana abandonnée où ils pouvaient se réfugier, méprisant les grandes et somptueuses maisons. Leur demeure était si étroite qu’ils pouvaient à peine s’y tenir assis ou allongés par terre"
(texte I Celano, XVI, 42 de la vie de san Francesco par ses premiers disciples)


Péricope Biblique
"Vas, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel"
(Mt 19, 21)


Comment évoquer la Paix sans référence au Subasio qui surplombe de sa masse luxuriante et verte la ville d’Assise et la plaine ombrienne ? Comment aussi, en dehors de cette belle ville en décor de théâtre qui a certainement – un peu trop – dépassé les règles du poverolo et de la vie franciscaine pour devenir un bon «rapport qualité-prix» (surtout pour les hébergeants...), ne pas être enthousiasmé par la beauté toute simple et la quiétude toute enchanteresse de l’eremeto à mi-pente de la montagne où Francesco et ses amis aimaient se recueillir hors du monde mais en même temps dans la beauté du monde ? On y passerait bien un temps certain, surtout quand la douce lumière de l’après-midi printanier inonde les sous-bois et les recoins des vallées en serrées … Pas de bruit, pas de musique, pas d’affluence, n’entend-on pas les descendants des petits oiseaux qui piaillaient, il y a déjà neuf cent ans ? Evidemment, toute chose a une fin, et le monde humain est bien là … Mauro m’entraîne aussi voir, au sein de l’église paroissiale néogothique de Rivotorto, à quelques encablures d’Assisi, la masure surnommée « Sacro tugurio » auprès de laquelle Saint François a commencé sa vie érémitique et rédigé sa règle, avant de la soumettre avec quel brio à la papauté … On ne peut être qu’ébloui par tant de simplicité, pourquoi a-t-on inventé tant de gadgets et tant de placébos de nos jours ? … Allez, il faut bien retomber les pieds sur notre bonne vieille terre, en espérant bien que l’on en prendra un peu de cette graine et que l’expérience d’un instant saura s’incrémenter telle la parabole du semeur. Alors le soir, rencontre avec Sylvie des jeunes du Conseil Municipal et de leurs parents, pour leur présenter leur prochain voyage chez leurs homologues de Bois-Guillaume (et si possible des autres communes d’Europe-Echanges). Ils sont 'baba' d’une telle croisière jérusalémienne bien entamée, mais nul doute que leurs quelques jours en Normandie sera tout aussi intéressante pour eux ! et au moins, eux, ils ne sont pas aussi « mati » que Ben et surtout qu’Amédée, lol !

Jour J + 40 : Amédée


Naturellement, pour Ben, c’est que moi qui suis le "mato – fou" … Et pourtant, quand on regarde la quantité des affaires emportées par lui et rien que pour lui dans le sac, il n’y a pas photo (eh oui …, même s’il y en a déjà plein). Ben, il a quand même un téléphone portable, un appareil photo avec des objectifs (qui ne servent finalement qu’à me ridiculariser, voyez donc de quoi j’ai l’air quand Ben et Mauro ils me baladent de nuit dans les rues de Brufa pour me ridiculiser et me faire peur à côté d’animaux qui me croqueraient tout cru –même si je suis parfait donc immangeable –). Et même un ordi portable, et même des cartes de retrait internationales … Alors il a beau jeu de dire que le mode de vie et la spiritualité franciscaines, c’est le top du top. Il ferait bien de balayer devant sa porte, non ? Est-ce que moi j’ai pris tout cela ? non … Bon d’accord, si on se met à appliquer mon idée à la règle, on ferme le blog (et ça c’est tant pis pour vous). Mais alors quel allègement du sac (et quelle place supplémentaire pour moi, nanannère). Et c’est pas tout ! on arriverait encore plus vite à Jérusalem … Et je pourrais rentrer plus vite dans le monde médiatique et zapique de la banlieue rouennaise (mais voilà, Ben, il est pas très fortiche, et il veut pas marcher de nuit). Vous voyez bien que moi, Amédée, je suis rempli de convictions et j’ai de la suite dans les idées !!! Bon allez, heureusement qu’à Brufa on a découvert un p’tit coin d’paradis, avec piscine (mais pas encore de jacuzzi, qu’est-ce qu’il fait, Massimo), et que j’ai une grande copine (et plus si affinités), alors je lui dis : Merci, Barbara !"

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Barbara de Brufa

Barbara, c’est comme Julia, elle est la digne fille de Sylvie et Massimo : toujours souriante, toujours prête à rendre service … même quand elle est en période de révisions universitaires, elle est là pour participer avec nous à la grande aventure de la rencontre humaine … et puis, je crois bien que son voyage humanitaire en Tanzanie cet été ne va pas lui suffire, alors elle va certainement débarquer un de ces jours en Normandie pour arpenter la cité rouennaise qu’elle sait être « la ville aux cent clochers ! » (quelle culture !) … et ça c’est comme les familles Beal-Ticcioni ou Fico, et c’est d’ailleurs toutes les familles de Torgiano ou de Brufa que l’on quitte – momentanément – aujourd’hui , on les accueillera de pied ferme, en essayant de faire aussi bien ! nul doute d’ailleurs que si Amedeo parvient à revenir de sa croisade en Terre Promise, il s’y mettra lui-aussi, en mettant les petit plats dans les grands !!!

"Il pellegrin è passato nelle valli umbre et a trascinato le genti di Torgiano e di Brufa fino ad Assisi. Abbiamo passato una buona serasa con le lucciole et in compagnia di una luna rossa et fuggente … ma ammetto che conoscere Amedeo, il nano più viaggiatore all mondo, è un’esperiensa incomparabile !!! buon camino matto, porta il tuo sorriso fino a Gerusalemme" (Barbara)
(Le pèlerin est passé dans les vallées d’Ombrie et a entraîné les gens de Torgiano et de Brufa jusqu’au sommet d’Assise … Nous avons passés une bonne soirée avec les lucioles et en compagnie d’une lune rouge et fuyante … Mais j’avoue que de connaître Amédée, le nain le plus voyageur au monde, c’est une expérience incomparable !!! Bonne marche, le fou, apporte ton sourire jusqu’à Jérusalem)

mercredi 15 juin 2011

Jour J + 39 : Journée de « mission paradisiaque» (Total = 1352 kms)

 Information spéciale :

Encore un évènement à fêter : Bribri, la cumularde des fonctions de belle-sœur (moi qui n’ai pas de sœur), de trésorière de l’Association (elle est bien utile, et elle met toute sa gentillesses dans cette aide) et de correspondante DRH (elle est incontournable et elle le sait !). ET BIEN Bribri ? elle a un an de plus ! alors qu’est-ce qu’on lui dit ? on est des dizaines, même des centaines, même des milliers, même des millions et même des milliards à te dire :



Pensée Spirituelle
"A travers la Bible, les manifestations des envoyés de Dieu sont souvent précédées d’un rassurant « Soyez sans crainte »"
(La Croix)

Péricope Biblique

"Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur"
(Lc 1, 43)


De temps en temps, une journée où l’on ne marche pas mais où l’on se pose, pour profiter de la beauté de la lumière et de la culture ombrienne, cela fait du bien, non ? Torgiano, Brufa et Assisi, donc la terre ombrienne, c’est le carrefour de la terre et du ciel, de la lune et du soleil, de la verdure et de la chaleur, du raffinement et du soleil. C’est dans le monde et hors du monde, c’est dans l’agitation et dans le recueillement. C’est l’Eden et l’action contructive humaine. C’est là où j’ai envie de vous inviter si vous vous donnez les moyens de vivre en paix, dans la paix des autres et de vous-mêmes. C’est un des endroits de la planète où vous n’êtes ni simple consommateur ou destructeur. C’est là où vous pouvez être le spectateur et le propre acteur de votre destinée …

Jour J + 39 : Amédée


Aujourd’hui, Ben, il est parti le matin avec Mauro voir les vignes et les oliveraies familiales à Brufa, et les magasins de Terracota de Torgiano (manquerait plus que Ben, il ramène en Normandie quelque chose pour décorer le mur de sa casa … Mais moi, vous savez, la culture agricole c’est pas mon fort …). Et puis l’après-midi, il est parti avec Sylvie faire les galeries d’art de Perugia (manquerait plus que Ben, il achète un tableau … Moi vous savez, la culture artistique, c’est pas mon fort non plus !) … Alors ce soir, quand on a été simplement et en petit comité chez Sylvie et Massimo, et que j’ai pu jouer les chiens en pleine éclipse de lune (si, si, même cela ça avait été organisé) puis avec les lucioles tournant dans le jardin autour des ifs à la nuit tombante, savez-vous à quoi ils pensaient, eux ? A la sexualité de ces lucioles, intéressant, non ? Heureusement que je suis mieux qu’un être humain, moi). Bon, et on a bien mangé des grillades et des salades, le tout assaisonné à l’huile d’olive de la propriété. Alors, moi, Amédée le géant d’Assisi, digne descendant du poverolo (et rien que cela), je trouve que j’ai passé une super bonne soirée. Alors je leur dis : Merci, Sylvieet Massimo !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Sylvie et Massimo de Brufa

Sylvie et Massimo, comme nous l’évoquons ce soir à table chez eux, cela ne fait que deux ans que nous nous connaissons. Et pourtant, l’amitié n’a ni début ni fin, elle est là ! Pourquoi deux ans, parce que cela fait deux ans que Sylvie, autant française qu’italienne, a été élue au conseil municipal de Torgiano, avec les délégations d’adjointe aux affaires sociales et culturelles et … des échanges internationaux. Alors forcément, avec le jumelage avec Europe Echanges, nos chemins devaient se croiser ! et donc Massimo, véritable chevalier servant de Sylvie, autant pris par ses affaires que sa famille, autant sérieux que chaleureux, a suivi le même chemin dans notre rencontre. Que dire de leur belle maison – et de leur piscine (mais si, elle est déjà chaude, bande de frileux !) parmi les oliviers symboles suprêmes de Paix, de leur accueil, de leur gentillesse. Tout est parfait … Que dire de leur simplicité, tout est simple et chaleureux ! Alors une soirée chez eux, avec leurs filles Barbara et Julia, avec leur nièce Fanny venue de Lyon pour poursuivre son internat de médecine : c’est ça, l’EDEN SUR TERRE !!!

"Qu’est-ce-que c’est que la paix ? c’est Claudio CARLI et ses peintures de montagnes, c’est « quand les casques serviront de pots de fleurs, et qu’alors les militaires deviendront les jardiniers du monde » (selon l’œuvre picturale en technique mixte sur toile – 180 x 180 cm – de Xavier VANTAGGI) … dans notre jardin, Benoît, Anna, Fanny, Barbara, Massimo et Sylvie … les lucioles et les vers luisants, « Dans le creux d’une pierre […] un ver luisant choyait sa goutte de lumière lunaire » (LARBAUD, 1538), la pleine lune et son éclipse, une journée à jamais dans nos cœurs » (Sylvie et Massimo)

mardi 14 juin 2011

Jour J + 38 : Journée d’évènement exceptionnel : MARCHE POUR LA PAIX : Torgiano / Brufa => Assisi (14 kms - Total = 1352 kms)

Pensée Spirituelle
"Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie"
(san Francesco di Assisi)

Péricope Biblique
"Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s’alarme point."
(Jn 14,27)


Une excroissance sur le chemin, mais volontaire et même voulue... Comment en effet évoquer la paix et ne pas penser à Assisi, à san Francesco, à cette ville magique dans ce cadre magnifique au pied du mont Subasio ? D’autant plus que la proximité d’avec Torgiano et Brufa, dans le cadre du jumelage avec Europe-Echanges, ne peut que faciliter les choses et même donner des idées. Il y déjà de nombreux chemins pour la Paix tracés et empruntés vers Assisi, mais aujourd’hui, nous en parcourons un. Assez court (mais vive la qualité au détriment de la quantité, non ?) à plus d’une trentaine de personnes, contactées par tous les moyens par Sylvie avec le support de la belle affiche réalisée en trois coups de cuiller à pot (tu parles !) par Barbara, et tout sera concocté avec la gentillesse discrète de l’intendance assurée par Massimo. C’est cela l’efficacité toute gratuite de la famille Ticchioni-Beal. Il y a à peine besoin de suggérer, tout est réalisé aux petits oignons !

A l’appel donc, plus d’une trentaine de personnes « de sept ans (presque l’âge d’Andrea, à qui j'ai donné le superbe tee-shirt créé spécialement pour la pérégrination par Bribri et Laulau) à soixante-dix-sept ans (presque l’âge de Maria-Novella) » au départ de Torgiano et surtout de Brufa, pour parcourir parmi les vignes, les oliviers, les sculptures contemporaines, les quelques gouttes et surtout le soleil du soir, ces quelques kilomètres sur le bitume mais aussi par les petits chemins. Tous connaissent 'Assise' toute proche, la plupart ne l’ont pas encore rejointe « a piedi », mais c’est souvent le cas. Tout le monde ne se connaît pas au départ, mais les liens se tissent … Quelques crampes pour les inhabitués, mais cela passera … Bien sûr, tout le monde est de la partie, les présents comme les absents qui auraient voulu eux-aussi être là – mais on le refera, non ? (une pensée chaleureuse à Christine et Pierre, et toute leur famille) –, et la chaleur dans les cœurs fait que finalement on oublie qu’il y a quand même pas mal de pas ! et c’est l’arrivée au pied de la ville de la paix, le chemin récent de briques dédicacées offertes par des particuliers de l’Italie et du monde entier (on en trouve même une offerte par Padre Pio, bizarre, non ? et une offerte par François d’Assise !) … Et voilà la basilique, son espace vert orné de buissons en forme de « PAX » Que cela a finalement passé très vite !!! trop vite même ! alors pour finir en beauté, un repas convivial dans un restaurant sympa juste au pied de la ville, illuminée à souhait (et que d’aucuns diront que c’est aussi beau que … la tour Eiffel !!!). Pour conclure cette magnifique journée à la fois toute simple et toute complète : « Torgiano, è Torgiano ; Brufa, è Brufa ; Assisi, è Assisi ; Pace, è Pace !


Jour J + 38 : Amédée


J’ai eu le droit de venir ! j’ai même eu le droit de sortir du sac ! j’ai même eu le droit de manger à table au restaurant ! merci Francesco, viva la Pace … et les soir, au restau, on a bien échangés, et peut-être qu’un marcheur / une marcheuse du jour va se décider à poursuivre l’expérience et accompagner Ben jusqu’à Gerusalemme ? (je prends les inscriptions pour lui). En tous cas, moi je dis : Grazie à tutti, vous qui nous avez accompagné durant cette fantastique journée (peut-être avez-vous aussi apprécié que nous vous ayons accompagné !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accompagner le temps d'une marche :

  Les Marcheurs pour la Paix - Assisi

Ils sont venus de Torgiano, de Brufa, ils ont tous leurs occupations, leurs activités, ils se connaissent ou pas, en tout cas, ils se sont libérés pour cette expérience de marche, d’échange, de vie et de paix) … et ils ont même l’air prêts à refaire la démarche : bravo, brava, bravi, brave !

"La pace, avrà il tuo viso, la pace, avrà la tua immagine, la pace sarà tu, sarà io, sarà noi, e la pace sarà ciascuno di noi" (dans les discours le soir à la cena)
 (La paix, elle aura ton visage, la paix, elle aura ton image, la paix sera toi, sera moi, sera nous, et la paix sera chacun de nous)

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