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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM

Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM
afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

Voici le 'Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM '

Les Colombes de la Paix !!!

mercredi 6 juillet 2011

Jour J + 60 : Azic Lokva (Lukovo) => Prizna (42,001 kms - Total = 2042 kms)

 Information spéciale :

Vous l’aurez bien remarqué, les chiffres kilométriques ne tombaient pas rond hier. Ca sent l’embrouille ! Ben oui, il y a avait un évènement ultra-important. On n’allait pas le polluer avec deux évènements assez futiles, mais dont nous, nous sommes un peu contents. D’abord, cela fait tout juste deux mois aujourd’hui que nous sommes partis de Bois-Guillaume, c’est comme si c’était hier, non ? Et puis, la barre des 2000 km vient d’être franchie (hier mais… on a rattrapé dans les chiffres du jour). A vrai dire, question planning, avec toutes ces diverses journées d’absences italiennes (je sens que la DRH va encore faire du foin pour signer les fiches de RTT), on est – façon de parler pilotage organisationnel de projet ! – juste dans le prévisionnel. Eh oui, mille bornes par mois, c’est pas mal, mais c’est ce qui était prévu et … c’est ce qu’il faut. Alors ne me dites pas qu’on fait des distances de géant, tout suit parfaitement son cours ! Bon, nous, on est bien heureux (et c’est vrai qu’on est heureux sur le chemin, alors on se contente de peu) de fêter les deux-mille bornes, et ce de la manière dont cela était prévu. Rappelez-vous, c’était le 3 Juin dernier, pour fêter le premier « mille » en France, on avait acheté une pochette de la Française des Jeux, qui s’appelle … « 1000 bornes ». Sur les sept jeux au grattage, on n’en avait gagné qu’un. La possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 2000 kms. Alors on a racheté ce matin en Croatie donc une pochette de sept jeux. Cette fois-ci de la Croatienne des jeux … et c’est bizarre, une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité de rejouer là où on sera dans quelques semaines : affaire à suivre donc !



Pensée Spirituelle
"Notre achèvement ne peut commencer qu’au moment où nous comprenons que notre vie appartient – et prend part – à une histoire merveilleuse qui dépasse toutes celles que nous pourrions raconter ; il faut se trouver au milieu de cette Vie supérieure pour que la nôtre révèle ses véritables dimensions"
(Guy FINLEY)
 
Péricope Biblique
"Environ huit jours après avoir dit ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage changea et son vêtement devint d'une blancheur éclatante. Et voici que deux hommes s'entretenaient avec lui. C'étaient Moïse et Elie; apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s'accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui. Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit : «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris : un pour toi, un pour Moïse et un pour Elie». Il ne savait pas ce qu'il disait. Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir. Les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée. Et de la nuée sortit une voix qui dit : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le! » Quand la voix se fit entendre, Jésus se retrouva seul. Les disciples gardèrent le silence et, à cette époque-là, ils ne racontèrent rien à personne de ce qu'ils avaient vu"
(Lc 9, 28 – 36)



Au matin, petite discussion avec mes hôtes de la veille, ils ont dû sacrément dérouiller pendant les différentes guerres, et du coup ils se sont réfugiés ici. Il y a de quoi faire quelque chose de très bien de leur petit nid, mais … Et puis, peut-être n’avons-nous pas les mêmes valeurs ? Ce qu’il y a de bien, c’est que je suis tout de suite sur la route, sans possibilité de se tromper d’itinéraire, tout juste je risque de fondre comme neige au soleil ou de tomber dans le ravin sur le bord de la chaussée. Oui, je sais : « sois prudent, Ben ! … ». Les paysages en tout cas sont magnifiques, plus une brume, on se croirait dans les Cyclades ; mais pas beaucoup de troquets, encore moins de villages, alors il faut prendre son mal en patience, aujourd’hui sera – encore – une journée à bouffer du kilomètre ! et finalement, pour faire un crochet-fantaisie de plus, je m’aperçois qu’il est possible de prendre un ferry pour gagner une île proche de la côte et parallèle à elle qui fait gagner pas mal de kilomètres. Même si elle a l’air désertique, cela peut-être une bonne expérience (oui, je sais, j’avais dit : tout à pied, mais je ne sais pas encore marcher sur l’eau). Seulement, plutôt que de prendre le bateau ce soir, il vaut mieux trouver un gîte … Voilà donc l’interminable descente vers un village surgi de nulle part, pour arriver littéralement les pieds dans l’eau ! finalement la vie de pèlerin, c’est pas compliqué : marcher, boire, manger, dormir. Le reste, c’est en fonction de ce que l’on trouve et de ce que l’on se crée, pas compliqué, non ?
  Allez, vous venez essayer ? 

Jour J + 60 : Amédée


Encore une belle journée, pas de rencontres animales ou humaines fabuleuses, mais des paysages à couper le souffle. On croirait même que les photos, elles sont truquées !!! Ben non ! alors vive la côte de la Croatie, comme dira notre hôte de ce soir (mais peut-être avait-il d’autres idées, dont financières, derrière la tête ?). 'Vous y reviendrez, l’an prochain, chez nous …mais en voiture ?'. Bon, comme dit Ben, on est pas tout à fait arrivés, alors … En tout cas pour Hanifa, Radojka et Husein, pour leur accueil dans un cadre aussi reposant qu’enchanteur, on leur dit : merci Hanifa, Radojka et Husein !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :
 Hanifa, Radojka et Husein  de  Prizna

Comme toujours, on est en Croatie, et comme toujours on est sur la côte … Alors il faut bien, dans le petit village ( ?) d’où l’on embarque sur le bateau pour l’île de Pag, trouver quelque chose. La chambre ça va … pas donnée … mais pas de restaurant ni de boui-boui (20 km aller en voiture !). Alors mon hôte me propose que sa femme me fasse à manger ce soir. Il suffit de … payer ; et puis, puisqu’Internet n’a pas été traité depuis quelques jours, mon hôte me propose sa clé 3G. Il suffit de … payer … et en partant se coucher ce soir, il me propose de venir demain matin prendre le petit-déjeuner. La question du lendemain matin sera alors : faudra-t-il … payer ? Bon Husein, il est sympa, on arrive à échanger quelques mots avec lui en allemand (finalement, je l’ai un peu travaillé à l’école, celui-là, ça revient), sa fille Radojka aussi (mais en anglais) … par contre sa femme Hanifa, sorti du croate, il n’y a plus que le langage des signes ! mais elle me fait un excellent repas typique local, avec du chou, du chou, du chou … et des frites françaises ( j’arrive même pas à finir), et puis, elle se déride (lol). Alors, comme leurs copains, oui, ils ont raison de profiter du touriste, lequel a raison de venir rien que pour la vue, le spectacle des allers-et-retours du ferry, et – surtout – la petite plage bétonnée privée. Cela leur paie certainement cette résidence secondaire (mais faudrait faire des efforts d’entretien et d’équipement, sinon comment voulez-vous rentrer dans l’Union Européenne ?) où ils sont d’Avril à Octobre (puis ils rentrent à Zagreb pour l’hiver). Mais Hanifa, Radojka et Husein, ce que vous m’avez proposé avec tout votre cœur – et ma contribution financière –, c’était très agréable !.

"Vous y reviendrez, l’an prochain, chez nous … mais en voiture ?" (Hanifa, Radojka et Husein)

mardi 5 juillet 2011

Jour J + 59 : Klenovica => Azic Lokva (Lukovo) (30,999 kms - Total = 1999,999 kms)

 Information spéciale :

Les résultats sont tombés :
=>  Edouard a son bac  <=
et brillamment, avec mention s’il vous plaît !!!
 Bravo l’artiste ! bon pas le temps de fêter, l’écureuil t’attend dès demain matin !
mais nous, Amédée et Ben, on t’adresse tendrement toutes nos félicitations !


Pensée Spirituelle
"Chacun, par ce qu'il pense, est seul responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c'est-à-dire de sa destinée"
(Socrate)

Péricope Biblique
"Mais moi, je m'en remets à Toi et je te dis, Seigneur :
c'est Toi mon Dieu, ma destinée est Toi"
(Ps 31, 15-16)


(NB : il vaut mieux pour le lecteur suivre l’histoire dans le sens chronologique croissant, sinon, ça va être compliqué …)

 « Ca, c’est le Bon Dieu qui t’a puni », m’aurait dit ma grand-mère ! Eh oui, il ne fallait pas tenter le diable ! à force d’être langue de vipère avec les tortues et les sœurs, je me suis réveillé avec un méchant «tortik-au lit» (encore une histoire de 'K'). De plus, il pleut … Bon après un simple Ricoré au monastère et un petit échange en allemand (j’avais qu’à le bosser à l’école !), je décide de descendre au village au bord de l’eau pour prendre un solide petit-déjeuner et Amédée pour revoir ses tortues … Et quand nous remontons, plus de sœurs, parties, envolées (à Rijeka ?), je ne dis pas qu’elles auraient pu prévenir mais j’aurais aimé leur dire au-revoir … seul l’homme-à-tout-faire est là, toujours aussi causant, attendant devant ma porte que je vide les lieux – sans emmener l’argenterie dans mes malles Vuitton, lol – Retour sur la grand route, ce n’est plus qu’une toute petite bruine, mais difficile d’aller vite, les voitures, camping-cars et camions, le mal au cou (dû au port du sac ? au matelas de fortune?) … La vitesse de croisière de la vieille locomotive diesel sans turbo augmente cependant rapidement ! Rien à dire non plus sur cette magnifique journée sur le bord de l’Adriatique, un village tous les 7 à 10 km, de beaux points de vue, des petites criques qui invitent à la villégiature … Je me fais un copain, un genre de SDF local encore plus bande velcro que chez nous (sacrée endurance), il met plus de deux heures à comprendre que je ne peux pas grand-chose pour lui (apparemment, il aurait aimé que je le ramène avec moi en France !) … Vers le milieu de l’après-midi, alors que le paysage est une fois de plus lunaire et que la route est toujours sacrément en montée (pourquoi, puisque la mer est plate ?), j’aperçois le panneau indicateur du lieu de la nuitée : 4 kms de descente vers la mer, complètement désertique, même pas sûr de trouver un gîte … Alors je continue encore une bonne heure, trempé de sueur. Ouf, un restau, mais qui ne fait pas « zimmer » comme ils disent ici, et à côté une maison avec un couple de personnes âgées. On se comprend rapidement vu mon état, eux ne perdent pas le Nord, ils veulent bien me loger, pas me nourrir … Pourquoi pas, ils peuvent être dans le besoin … Chambre pas luxueuse mais cela ira très bien pour cette nuit (pour quand même 20 Euros). Mais la maison et surtout son extérieur a du charme ! Dîner classique (mixed grill + frites + salades variées) au restau d’à côté, avec un super coucher de soleil en prime sur les îles au large (rien que pour cela, l’étape vaut le coup). Et … je m’effondre ! ah, la dure vie de pèlerin, comme m’a dit ce midi un camping-cariste belge sur le bord de la route : pourquoi vous montez pas avec nous, on file vers une île grecque !

Jour J + 59 : Amédée


Bien-sûr hier soir vous avez eu votre humble serviteur au milieu de la salade et des tomates, aujourd’hui, voilà mes copines : elles sont mignonnes, non ? Et je peux vous dire que si Ben, il avait ramené son SDF préféré au bercail, moi, j’aurais exigé (non mais !!!!!) qu’on ramène aussi une copine. Donnant pour donnant, non ? Eh puis, dans le sac à dos, ça aurait mis de l’animation, non ?. Et ce soir, on est bien, chez nos vieux amis du bord de l’Adriatique, alors on peut leur dire merci !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :
 Maredjka et Yvan  de  Azic Lokva

Maredjka et Yvan, je ne les aurais jamais rencontré si j’avais trouvé un village sur la route, mais voilà, c’est pire que dans le Larzac par ici … Alors la fatigue aidant, il a bien fallu s’arrêter et demander l’hospitalité et le couvert. Yvan, pas fou, il a tout de suite oui, et comme il a le tempérament – que je qualifierai – de croate, il pense que toute peine mérite salaire … Il n’a pas l’air très en forme, me baragouine dans un jargon pas très compréhensible qu’il y a une chambre, je dis forcément oui … Bon, les règles du départ sont un peu faussées par ici, mais ils sont bien sympas tous les deux, se prêtent au jeu de la photo, ont plus de mal à mettre un mot sur le livret (mais tout le monde n’est pas écrivassier) … Quant à la Paix, Maredjka me fait comprendre qu’ils ont beaucoup déroulllé depuis un siècle, et Yvan qu’il se sent très bien chez lui, sans avoir besoin d’aller voir chez le voisin ce qui s’y passe : c’est peut-être cela, le charme slave, non ?

"Pour nous, la Paix, c’est qu’on nous laisse tranquille, à pouvoir regarder le soir notre coucher de soleil ! ça vaut toutes les richesses du monde : bon voyage, mais quelle drôle d’idée …" (Maredjka et Yvan)

lundi 4 juillet 2011

Jour J + 58 : Kraljevica => Klenovica (35 kms - Total = 1969 kms)

Pensée Spirituelle
"Ne demande pas : "Qui a raison ?",
demande: "Que puis-je apprendre de toi ? ""
(Rabbi Alon GOSHEN-GOTTSTEIN)

Péricope Biblique
"Les gens simples apprendront à bien juger"
(Pb 1, 4)


Je quitte donc le logis propret de mon logeur ronchon … En fait c’est lui qui me quitte au petit matin (peut-être est-il parti au boulot ?) et c’est là que je découvre qu’il a une femme, laquelle est charmante, et qui m’attend de pied ferme au sous-sol de sa maison (l’explication vous viendra plus tard) pour que je n’oublie pas de payer quand je m’apprête à partir (mais elle avait mon passeport en otage, alors !!!). Et elle m’apprend que son mari est dingue de marche et adore discuter avec les marcheurs (peut-être n’avait-il pas compris, lors de mon arrivée hier soir et à la vue de mes multiples malles Vuitton, que j’étais un des siens ? le monde est décidément plein d’incompréhension !). Mais reprenons le film du film : nous voici dans la série des villes en « K » dont tout le monde connait parfaitement l’existence, mais – quand-même – une carte est bien pratique pour les repérer (merci Laulau !). Celui « qui est là-haut » a dû bien m’écouter hier soir, nous n’avons pas contourné de fjords aujourd’hui. La route est bien plus droite, à l’intérieur des terres : est-ce cela, est-ce le fait qu’il ait fait très beau et très chaud, sans Messire le vent, est-ce pour faire concurrence au tour de France dans les médias, en tout cas, ça a avancé on ne peut plus facilement ! les paysages de la côte Dalmate à ce niveau sont simples à décrire : du calcaire gris, de la végétation de maquis, des pentes à tomber dans une eau d’un bleu scandaleux pour qui habiterait au bord de la Manche, et toujours de grandes îles dénudées en face. Les gens conduisent tout-à-fait correctement, que peut demander de plus le peuple pérégrin ? Pas d’arrêt-plage en cours de journée, cela risque de casser le bonhomme, une bonne halte ce midi dans un p’tit restau parfaitement couleur locale (c’est sympa leur nourriture même si c’est toujours pareil, un peu du genre régime crétois), pas mal de pensées personnelles ou autres (vous êtes tous passés en revue !), et voilà, après un passage lunaire presque oppressant, cet assemblage de maisons que constituera notre étape du jour. Tiens, un petit clocher nouveau, tiens, un panneau dont je ne comprends que partiellement la signification : « Crkva Sv. Margarete », ce qui semble indiquer la présence d’un couvent … tout neuf. Je tente ma chance, sonne, sonne sonne, …, en fais le tour, personne. Bon, il y a messe à 19 heures … Alors je prends mon mal en patience (et vive la patience !) … Un homme à tout-faire arrive et parvient, avec des efforts réciproques, à me faire comprendre que les (trois) sœurs sont parties plusieurs jours à Rijeka. C’est bien ma veine, j’avais bon espoir. Je dois chercher ma nuitée en ville, car pas de curé ici … Je commence à partir, et voilà que les sœurs débarquent … nous parlementons en pseudo-italien, mais « pas d’homme chez nous ! » … et finalement, elles veulent bien me faire mettre un matelas dans une petite pièce – bureau, avec entrée indépendante (on ne sait jamais …). Par contre, il n’y aura pas de dîner (elles ont « trop bien mangé » à Rijeka), ni d’office religieux dans la chapelle (elles ont trop bien prié à Rijeka – ça, c’est moi qui l’invente ! –). Alors je m’installe, ne les revois pas de la soirée, car je cours (pas vrai non plus, j’ai les pieds en coton et deux mauvaises lumières sous les orteils) dans l’Adriatique. Pas mal de monde sur la plage, style les bords de Marne en 1936, sans accordéon mais avec Julio Iglésias local, et le temps se couvre … Puis dîner dans un p’tit restau, bien calme, bien calme, avec pour seule compagnie des tortues (allez, vous allez bien arriver à comprendre) … et pour tout vous dire, je ne reverrai guère qu’une sœur demain matin, la chapelle n’ayant pas été ouverte au public pour la messe de 7 heures, elles ont dû être bien fatiguées, ce monastère ne doit pas encore être encore parfaitement bénédictin dans ses règles …

Jour J + 58 : Amédée


Il est mignon ce petit monastère ! bon d’accord, les finitions laissent à désirer, l’homme-–à- tout-faire ne doit pas tout faire, et les sœurs, j’en ai même pas vu la couleur (Ben aurait eu honte de leur dire qu’il ne voyageait pas seul … Elles auraient pu alors aussi penser qu’il ne voyageait pas non plus à pied !). Et la pièce-bureau est plus un placard à balai qu’une salle de réunion à Manhattan … Mais bon, moi ce que j’ai aimé, c’est qu’il y a avait des copines tortues, dans un coin du jardin du restau où on est allés dîner. Bon ce soir quand on les a découvertes, elles dormaient, ces dames (les tortues, parce que les sœurs, elles, on ne sait pas !!!). Peut-être que je les verrai demain matin (les tortues, parce que les sœurs, elles, on ne sait pas !), alors Ben, pour rigoler, il m’a pris en photo dans leur assiette de crudités. D’accord c’est beau comme couleurs, mais peut-être pas très respectueux (pour les tortues, parce que pour les gens du restau, ou même les sœurs, on ne sait pas !). Bon, faut-il faire un bilan de cette journée ? Finalement, comme dit Ben, il y a des journées où plein de choses se passent, il y a en a d’autres où ce sont surtout les kilomètres qui passent (et ce jour est plus dans ce second cas). On ne peut pas toujours vous faire des scoops, alors pour ce logement inattendu dans sa forme et dans son déroulement, je vous assure qu’on peut sincèrement dire – en les assurant qu’on les aime bien, si, si) : merci les sœurs ! et pour leur compagnie originale et inattendue, merci les tortues du restau !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Les tortues du resto  de  Klénovica

Donc vous l’avez bien compris, un monastère de sœurs sans sœurs au début puis sans sœurs visibles ensuite, c’est un monastère. Etape qui peut être mignon mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable, ou tout au moins cela fera partie de ces haltes pour le moins originales et inattendues (mais ne croyez pas, loin de moi cette idée, et je vous entends déjà ruminer très fort dans vos chaumières, que nous avons une dent contre ces personnes qui ont donné leur vie pour Dieu, le Christ et les autres. Et de plus, cela évite un hôtel, une auberge, une chambre d’hôtes, un camping, une plage, …) … Car le lieu est joli, le logement est assuré, et alors là, on est contents. Bon, on doit vous dire une chose aussi, la sœur qu’on a vu ce matin, elle était pas en habit … réglementaire. Alors elle n’a pas voulu se faire prendre en photo. C’est pourquoi Amédée et moi, on s’est réuni en chapitre, et il a été décidé (une voix contre une, mais Amédée l’a emporté, au bénéfice de l’âge – eh si, ça se voit pas, hein ! – qu’on mettrait cette fois-ci une photo des hôtesses d’Amédée. Après tout, pour une fois, on peut lui faire plaisir (et en plus, elles sont photogéniques, ces hôtesses, non ?) : mais n’oublions pas pour autant la sœur, qui ce matin, m’a quand même inscrit dans mon livre de voyage, à la date du jour (en allemand approximatif de chaque côté du Rhin) :

"Merci pour visite lors de votre passage. Vous êtes le premier homme à dormir en nos murs … Nous vous souhaitons une très bonne marche (nous ne vous accompagnons pas sauf par nos prières), et merci de penser à nous lors de votre arrivée à Jérusalem !" (sœur Margerete)

dimanche 3 juillet 2011

Jour J + 57 : Opatija => Kraljevica (34 kms - Total = 1934 kms)

Pensée Spirituelle
"Nous devons croire en nous-mêmes, sans chercher à nous développer trop vite"
(Wangari MAATHAI)

Péricope Biblique
"Que le Dieu de l'espérance vous donne de croire dans la joie et dans la paix"
(Rm 15, 13)

C’est Dimanche, ce n’est pas – comme dans la chanson – la fête à ma tante, c’est pas relâche, faut bosser, mon vieux ! Alors c’est bien beau de se dorer la pilule sur les routes croâ-tes, mais le compteur, pendant ce temps-là, il doit tourner ! Allez, c’est un Dimanche comme un autre, pour les gens du voyage … je vais laisser Amédée s’exprimer (il va mieux moralement en moment, mais ses fractures m’inquiètent un peu … ah il est pas très solide, ce nain de jardin jamais sorti de son cocon) sur cette journée pas trop comme les autres, pas trop intéressante ; et je préfère (au moins, ce sera mon repos hebdo de secrétaire), vous proposer une autre prose, celle de « la vraie vie du pèlerin ». Cela ne vient pas de moi, mais cela me touche, c’est d’Alvaro, notre cher diacre deTreviglio, vous savez, de l’auberge Locanda del Samaritano, rencontré le 17 Juin dernier (comment, vous suivez plus ?). Alvaro, si j’avais su, je l’aurais embauché comme reporter pour mon périple … Il m’a vu, peu de temps, il a compris, il a tout compris, peut-être et certainement plus que moi, et il a écrit dans le journal paroissial local … Rien que du vrai, sans m’en parler. Et cela, cela me touche, car il a relaté dans son journal local (et même en première page), je pense la vraie vie du pèlerin, non pas celle de Benedetto-Béage, mais celle de celui qui va du point A au point B, pour une raison X qui n’est pas celle Y habituelle.

Allez, on attend VRAIMENT vos commentaires, moi, ce qu’il a écrit, ça me laisse simplement baba (Alvaro, il a finalement presque plus avancé que moi, et  si vous avez des idées, on lui transmettra pour qu’il le mette dans son journal  – et moi je me dois de le prévenir quand j’arriverai, non ? –) : car même lorsque l’environnement est difficile, la vie est belle et plein d’espoir, non ?

 VITA della LOCANDA

Seduto per terra appoggiato alla parete esterna della” Locanda”, con accanto un grande e lungo zaino da escursionista e sulle ginocchia un piccolo computer portatile su cui digitava velocemente; così mi apparve Benoit, il 17 giugno scorso.
VIE de l'AUBERGE
Assis appuyé par terre contre le mur extérieur de l’" Auberge", avec à côté un grand et long sac de randonneur et sur les genoux un petit ordinateur portable sur lequel il tapait rapidement; Benoît me parut ainsi le 17 juin dernier.
Sentendo arrivare l’auto, lui istintivamente aveva poi alzato il viso e, dietro un paio d’occhiali dalla montatura essenziale, subito, il suo, mi parve uno sguardo vispo, aperto ed intelligente.
En entendant arriver l'auto, il avait instinctivement levé le visage et son regard, derrière une paire de lunettes, me sembla tout de suite un regard vif, ouvert et intelligent.Prima ch’io fossi sceso dall’auto era balzato in piedi e mi veniva incontro sorridendo, salutandomi con un: “ buon giorno signore, mi chiamo Benedetto, come il Papa, e sto andando a Gerusalemme.
Avant même que je ne fusse descendu de l'auto il s’était levé et vint à ma rencontre en souriant, en me saluant avec un : Oh, bonjour monsieur, je j'appelle Benoît, comme le Pape, et je suis en train d'aller à Jérusalem,
E’ facile superare l’iniziale diffidenza - tutta lombarda - verso gli estranei, quando l’interlocutore s’apre così semplicemente e - forse - ingenuamente: le mura difensive si sgretolano e si rivelano fuori luogo, esagerate ed a volte stupide.
Il est facile de dépasser la méfiance initiale - tout Lombarde - vers les étrangers, quand l'interlocuteur s'ouvre si simplement et - peut-être - naïvement: mais c’est bien ainsi que les murailles défensives peuvent s'effriter et se révéler alors hors de propos, exagérées et parfois sottes.Cristiano, francese di Rouen (Alta Normandia), 52 anni, sposato con tre figli, Benoit era di passaggio a Treviglio nel suo pellegrinaggio a piedi verso Gerusalemme. Come suo solito si era diretto verso un campanile per cercare ospitalità e nel nostro santuario aveva avuto modo di partecipare alla S.Messa. Qui suor Dosolina l’aveva poi indirizzato alla nostra Locanda del Samaritano, in modo che potesse passarvi la notte.
Chrétien, français de Rouen, en Haute Normandie, 52 ans, avec trois enfants, Benoît était de passage à pied à Treviglio au cours de son pèlerinage vers Jerusalem. Comme habituellement, il s'était dirigé vers un clocher pour demander l’hospitalité; et dans notre église locale, il avait pu participer à la sainte Messe. Soeur Dosolina l'avait adressée ici, à notre Auberge du Samaritain, de manière qu'il put y passer la nuit.Lo faccio dunque entrare alla Locanda per le incombenze burocratiche di rito: il documento d’i-dentità, le regole della casa, gli orari, ecc.
Je le fis donc entrer à l'Auberge pour les tâches bureaucratiques rituelles : la pièce d’identité, les règles de la maison, les horaires, etc.Benoit risponde volentieri alle mie domande e poi mi chiede della Locanda, degli ospiti, delle loro difficoltà e di come cerchiamo di sostenerli; s’infiamma d’entusiasmo poi quando descrive il suo progetto di pace ed il suo cammino da Rouen a Gerusalemme ove pensa d’arrivare a fine Novembre, ed è bello – e consola – constatare come, in questa nostra difficile epoca, la Terra Santa ancora attiri ed accenda il cuore di pellegrini.
Benoît répondit volontiers à mes questions ; puis il me posa des questions sur l'Auberge, les hôtes, leurs difficultés et nos actions pour les soutenir ; et il parla alors avec un certain enthousiasme de son projet de paix et de son chemin de Rouen à Jérusalem : il pense y arriver en Novembre, il y fera beau, et ce sera alors un plaisr de constater qu’encore à notre époque difficile, la Terre Sainte attire encore et allume le coeur des pèlerins.La Terra Santa, Gerusalemme, il deserto, quella “strada che da Gerusalemme scende a Gerico”, il Santo Sepolcro; dev’essere proprio bello custodire e coltivare ogni giorno il desiderio d’arrivarvi, avendo quest’unica méta per un anno intero - giorno dopo giorno - e nonostante la stanchezza, le intemperie, l’inospitalità della gente, i rischiosi incontri.
La Terre Sainte, Jérusalem, le désert, cette "rue qui de Jerusalem descend à Jéricho", le Saint Sépulcre ; il est vraiment beau d’essayer de garder et de cultiver chaque jour le désir de s’en rapprocher et d'y arriver, durant une demi-année, jour après jour, malgré la fatigue, les intempéries, l'inhospitalité des gens, les rencontres risquées.Benoit il mattino dopo, alle 7,30, uscendo dalla Locanda mi ha voluto lasciare un pacchetto con alcuni suoi indumenti per gli ospiti della Locanda; mi ha poi chiesto la direzione da prendere e per salutarmi mi ha abbracciato.
Benoît le lendemain matin, à 7h30, en sortant de l'Auberge a voulu me laisser un paquet avec des vêtements pour les hôtes de l'Auberge ; puis il m'a demandé la direction à prendre et pour me saluer il m'a embrassé.E mi è venuto in mente che il cammino di Benoit – e di ogni vero pellegrino - verso Gerusalemme, è in fondo la metafora d’ogni vita che voglia essere cristiana: custodire e coltivare, nel cammino d’ogni giorno (e nonostante le fatiche, le intemperie della vita, gli incontri difficili), il desiderio d’arrivare nella Gerusalemme celeste, testimoniando sempre, nel percorso - a chiunque -, la propria fede, speranza e carità.
Et il m'est venu en esprit que le chemin de Benoît - et de chaque vrai pèlerin - vers Jérusalem, c'est la métaphore de chaque vie qui se veut jusqu’au bout d’être chrétienne: garder et cultiver, sur le chemin de chaque jour, et malgré les fatigues, les intempéries de la vie, les rencontres difficiles, le désir d'arriver dans la Jérusalem céleste, en témoignant toujours, dans le parcours - à n'importe qui-, sa propre foi, son espoir et sa charité.

Diac. Alvaro Cappellini

(Vous trouverez les articles originaux dans la rubrique 'Divers articles de Presse !!!' en bas du Blog).



Jour J + 57 : Amédée


Ben aurait quand-même pu vous dire que la traversée de Rijeka avait été moche et interminable. Que la route, elle-aussi, était interminable, qu’il a fallu longer comme des fjords d’où du sur-place sur la carte (des mauvaises langues vont encore déblatérer. Si si, on vous entend d’ici, et vous, vous avez fait quoi ce Dimanche ? Bon d’accord, on a pas été à la messe, (et vous ?), qu’il y avait plein de voitures (Week-end et début des vacances) et deux raffineries de pétrole, que la petite ville où on a atterri, on y reviendra pas tellement elle est sinistrement triste (non, elle est plutôt tristement sinistre, il faut positiver, quand même), que Ben, il s’est baigné, mais au milieu des pétroliers et de la populasse (on n’est pas à Saint-Trop ou Cabourg), que notre « hôte », il doit avoir un sacré souci. Mais moi ce que je retiens c’est qu’il fait beau, que la côte dalmate, ça promet, et surtout que ce soir, on a une belle chambre, avec un beau balcon, dont on a profité quelques minutes, alors, rien que pour cela, merci XXX !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 XXX  de  Kraljeviva

Rien à dire de mon hôte de ce soir … mais vraiment … rien ! Je suis arrivé dans cette petite ville, quelques, quartiers de secondes alors que le curé partait en voiture … La seul piste : une « zimmer frei » chez l’habitant (dire « sobre » ici) … La seule que je trouve affichée sur une maison : je sonne : accueil nul, archi nul … Je dois déranger cette personne, seule ? … Je la revois quelques heures plus tard au bar du coin : le voilà ci-dessus … J’avoue que je ne fais pas d’effort pour aller siroter (une aqua frizzante, que l’on se rassure) avec lui ! aucune leçon n’est à tirer de ce non-accueil … La seule qui me conviendrait est que cela « ne marche pas à tous les coups », le contact entre personnes, il faut le vouloir des deux côtés, et toute le monde n’est pas Alvaro … Allez, demain sera un autre jour, la Croatie est un trop beau pays et les croates doivent être des gens trop sympas … peut-être que XXX a ses problèmes … que je ne peux certainement pas résoudre … Le problème de la langue y est pour beaucoup … peut-être qu’au moins, je l’ai aidé financièrement avec mes quelques billets ? mais bon, XXX, désolé, tu ne feras pas partie du concours pour le palmarès du meilleur hôte !!!

"SWGRSDRS GWXKFGHRCJH FCTVVJB ! BJEHJKTRGI ? BGERSVY LQSEZXQZS … BGDXHBCB" (XXX)

(Désolé mais mon traducteur, non plus, n'a pas compris - Lolo !!!)

samedi 2 juillet 2011

Jour J + 56 : Podgrad (Slovénie) => Opatija (Croatie) (32 kms - Total = 1900 kms tous ronds !)


 Information spéciale :


 Déjà, au revoir la Slovénie, Et à moi la Croatie

Et 'Monsieur' Ben, il s'amuse !!!!
Voici ce qu'il m'envoie

Ici, tout va bien, ce soir j'étais "à la noce" sur le bord du port d'Opatija (Croatie), vachement sympa avec la population locale, promis, j'ai pas (trop) abusé de la Slivovitch (ndlr : Encore !!!, c'est un pélerinage religieux ou des saveurs locales !!!)
ce soir chambre chez l'habitant, c'est pas cher (environ 15 Euros) et sympa
Bisous

Pensée Spirituelle
"Nous devons atteindre ce niveau où nous opposons la force de l'âme à la force physique"
(Martin Luther KING)

Péricope Biblique
"Et j'accueille volontiers faiblesses, humiliations, nécessités, persécutions et angoisses, si c'est pour le Christ"
(2Co 12, 10)


Cette halte slovène aura donc été aussi courte que sympathique. Quelle idée d’avoir ainsi découpé l’ex-Yougoslavie. Les peuples et leurs dirigeants ont bien-sûr tenu compte des facteurs ethniques, religieux, sociaux, économiques, …, mais cela ne doit pas être simple de gérer un pays de plusieurs centaines de km de long et – au niveau où je suis – de trente kilomètres d’ « épaisseur », car il ne me reste guère que six kilomètres pour gagner la frontière. Pas mal de circulation ce matin en ce début de vacances scolaires et de Week-End, mais la route est tout aussi belle et alpestre qu’hier. Sur la route, en plein tournant dangereux, je me fais contrôler par la police (première fois !). Quand ils savent enfin où je vais, ils me donnent un grand sourire (et je les retrouve un peu plus loin, vous savez quoi, ils me paient un café, lol !). Tiens, un bouchon, on doit approcher de la frontière. Effectivement sur trois km, je vais plus vite que les voitures presque à l’arrêt (ma revanche). La frontière slovaque se fait sans problème, la frontière croate plus difficile. Un haut-gradé semblant vouloir faire du zèle, mais que me dire ? et que dire ? (surtout, rien, mais se contenter de sourire). Allez, je suis tamponné (peut-être le seul de la journée), et c’est reparti, le temps de changer quelques Euros en Couronnes croates (c’est cela, la mosaïque de l’Europe !). La petite route est rapidement tranquille, car l’autoroute fait son apparition. Allez-y automobilistes, allez payer pour moins de vingt kilomètres ! A midi, expérience très sympa, je m’arrête dans un p’tit restaurant local, demande si je peux me mettre à une longue table avec d’autres, qui acceptent, et qui lient rapidement la conversation. Ils m’ont vu marcher sur la route, ils veulent tout savoir, Mauricio et Linda, italiens lui d’origine polonaise. Tout y passe : mon projet, leurs vacances en Croatie, la religion, les valeurs, le matérialisme, on y passerait la journée… Bon, va falloir qu’on s’en aille chacun de son côté au bout d’un moment, eux dans leur hôtel « les pieds dans l’eau », moi sur ma route « les pieds sur le bitume ». Mauricio me lance : « j’ai payé votre repas ! » sympa non ? En voilà qui auraient pu figurer dans ma liste des hôtes ! et c’est reparti, pas loin, ça va tout seul sous le soleil, on approche à nouveau de la mer Adriatique. Cette fois à Opatija, car souvenirs, souvenirs, on y est venus, en Istrie, en famille, il y a près de quarante ans ! (et les souvenirs sont excellents, à la hauteur). On dira que cela n’a pas changé, et c’est vrai, petite cité balnéaire sans béton avec escaliers, petits ports, troquets, treille, barques ondulant sur l’eau limpide et couleur locale … Je ne me fais pas d’illusion sur le gîte alors je gagne l’office du tourisme, et me voilà dans une belle chambre dans une maison tranquille et fleurie de la famille Stanic … Pas trop causants, même la fille, plein d’interdictions (faut pas laver, faut pas faire de bruit, faut pas aller dans cette partie fleurie du jardin, pas possible de manger le soir). On les comprend, un minimum de règles doivent être établies … Ouf, je peux consulter la flambée de messages émanant de vous, chers lecteurs, puis direction la mer, plage-digue de béton, pas grand monde dans l’eau et dommage ça se couvre, dans ce p’tit coin d’paradis. Je vous dirai pas la température de l’eau, ça va encore faire jaser ; de la musique sur le quai, un lunch de mariage, à la fois snob et bon enfant, toute la population locale y a droit, alors un p’tit coup de Slivovich offert par la famille, c’est pas de refus (ndrl : vous voyez ... qu'est ce que je disais plus haut !!!) ! voilà une belle soirée au son de la musique de l’orchestre local, on se croirait – presque – en vacances !

Jour J + 56 : Amédée


Alors c’est cela la Croatie ? moi qui m’attendais à voir plein de corbeaux ! Y’a la mer, c’est peut-être pour cela que c’est moins intime que la Slovénie, mais on ne va pas commencer à faire de comparaisons, Ca, non de non ! et j’ai déjà repéré une petite naine mignonne comme tout, va falloir que je lui demande sa photo (je sais déjà qu’elle s’appelle Juliette) ! Bon, on échange pas beaucoup avec nos hôtes, mais leur maison et leur jardin sont sympas (c’est plein de petites plantes en pots partout, je suis sûr que Ben, ça lui a donné des idées – au fait, il va comment, le jardin bois-guillaumais ? loin des yeux, loin du cœur !!!) sur la colline dominant la mer. Alors pour cela et rien que pour cela, on leur dit : merci les Stanic !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Famille Stanic  d'  Opatija

Peut-être que c’est l’effet du tourisme ? ou qu’ils sont comme cela ? et qu’ils font cela pour l’argent ? On les comprend, là où ils habitent, il y a un vrai trésor à exploiter ! Ce ne sera pas une soirée familiale, chacun dans son coin (même les parents et les enfants, pas un bruit, pas un chat … mais « mon » projet n’est certainement pas « leur » projet … Une nuit très très reposante, il y en avait quand même un peu besoin, Et puis, il faut avouer que ce petit déjeuner sur leur balcon dominant toute la baie d’Opatija et de Rijeka, c’est une vraie merveille. J’apprends quand même deux mots de croate pour mon carnet de bord …Allez, en route pour de nouvelles aventures, à nous deux Rijeka ! On va dérouler la côte dalmate !

"Svetan put !" (Famille Stanic)
(bon voyage !)

vendredi 1 juillet 2011

Jour J + 55 : Trieste (Italie) => Podgrad (Slovénie) (38 kms - Total = 1868 kms)


 Information spéciale :


 Au revoir l’Italie, Bonjour la Slovénie


Pensée Spirituelle
"Ne demande pas : 'Qui a raison ?',
demande: 'Que puis-je apprendre de toi ?' "
(Rabbi Alon GOSHEN-GOTTSTEIN)

Péricope Biblique
"Les gens simples apprendront à bien juger"
(Pb 1, 4)



Vous êtes-vous déjà demandé ce que pouvait représenter une frontière politique entre deux pays ? Bien-sûr, en avion, c’est facile, il suffit de passer la police des frontières, le portique rayons X et la douane … En voiture, aussi c’est facile, quand cela existe encore, il y a des bureaux un monument, des drapeaux … Eh bien là, entre l’Italie et la Slovénie = Rien. Par le chemin pris, pas même un panneau, à croire (déjà fait) que j’ai pensé être tombé dedans ! car le fait de partir à l’improviste, sans rien avoir préparé, de ne pas avoir de carte détaillée, cela peut laisser des fantaisies … Et tout cela tient une fois encore, non dans les miracles (décidément le Béage que je suis ne sera jamais béatifié) mais au moins dans les signes. Celui d’être atterri un peu par hasard à la Villa Nazareth hier soir, le fait de penser à demander le meilleur chemin ce matin au réceptionniste, le fait que celui-ci me regarde avec des yeux à la Zébulon – « Comment, vous n’y allez pas en voiture ? » –, Le fait qu’il m’indique qu’il y a une piste cyclable qui part d’un pont à 20 mètres de l’hôtel et qui aille jusqu’en Slovénie … Et voilà qu’il n’y aura finalement pas d’inquiétude pour quitter cette ville frontalière tentaculaire. Car tout va se faire en douceur, selon cette fameuse piste qui emprunte une ancienne voie de chemin de fer. Pas de grosses montées, tout en douceur, pas de bruit, seulement quelques vététistes et marcheurs, seulement et toujours la nature à l’état pur. Ca et là des témoins architecturaux ferroviaires (ah ce grand tunnel qui s’éclaire peu à peu à mesure que l’on avance, féérique) … Mais le tout complètement à l’inconnu, sans carte : Où vais-je aller ? Eh bien, au bout d’une vingtaine de km, un panneau, qui fait revenir à la dure réalité des choses : Je vais dans un monde inconnu !

Car si le paysage est le même d’un côté et de l’autre, c’est bien la main et la pensée de l’homme qui a mis des frontières, passages plus ou moins étanches. Celui-ci entre l’Italie et la Slovénie a été « Titovément » bloqué pendant des années, il est transparent aujourd’hui (pour combien de temps ?). Mais la vraie différence, ce sont les constructions, le mode et le niveau de vie et … la langue. Ah celle-là, je m’en aperçois très vite, au sortir de l’ex-voie ferrée, alors que je prends une route avec une carte italienne non détaillée et dont les noms ne correspondent pas (Rijeka en croate, Fiume en Italien, facile, non ? et cela date d’il y a plus de 60 ans, quelles cicatrices). Je songe sur le bord de la route qu’il y a toutes les chances plus une que je parte dans le mauvais sens, immédiatement un autochtone s’arrête, me propose à manger du cervelas local qui repose entre ses genoux et le volant, et me parle avec des mots qui utilisent à la fois toutes les lettres qui paient au Scrabble … Je n’y comprends que couic, bien sûr j’avais deviné que j’allais dans le mauvais sens, on se comprend comme un martien discutant avec un uranusien, et sans se faire prier il me ramène en voiture à mon point de départ (4 km tout de même). Merci monsieur le Slovène, vous me démontrez très rapidement le côté positivement jovial de votre nation ! La leçon : premier geste, acheter une carte routière (le pays est petit à franchir à cet endroit, mais), puis un solide plat chaud qui vous tient au corps, et c’est parti. La route est belle, moins fréquentée que prévu, les paysages très agricoles, les villages dispersés et bien tenus, c’est sympa ! Et même les gens qui me font un petit signe de tête … Bien sûr cela ne suffira pas à trouver un logement à l’étape prévue (on en maintenant en pleine désorganisation du trajet !), quelques-uns parlent l’italien, non il n’y a pas de prêtre, faites encore 6 km, « c’est pas beaucoup » (disent-ils de leur chaise longue !) … Et enfin, arrivé à Podgrad, il y a bien une église (belle), une cure (belle), mais le curé n’est pas là et sa bonne ? / sœur ? / gouvernante ? me reçoit en m’expliquant ce que je suis sensé comprendre : il n’y a pas de place pour moi (c’est vrai qu’ils sont quand-même deux dans le presbytère, qui n’a que trois portes et quinze fenêtres rien que sur la façade) ! Alors tout de go, je vais chez « Isabelle », un p’tit hôtel sur le bord de la route. Repos ce soir, un excellent plat de cochon rôti (la spécialité du coin ?!), et coucher car c’est vrai, la journée fut pleine de surprises et le bonhomme n’est pas élastiquement résistant ! mais quel beau pays, peut-être pas assez connu, plutôt champêtre alpin par ici. Un lieu de villégiature pour les vacances ? Pourquoi pas ! mais demain sera un autre jour, un autre pays ! (ben oui les amis)

Jour J + 55 : Amédée


C’est beau la Slovénie … Bon d’accord, on fera comme on peut pour dormir, on va même s’embourgeoiser ou se congépayéser, mais dommage, car finalement ici, les paysages sont sympas, l’herbe des champs a l’air douce, on aurait pu y dormir (et même prendre la tente, hein Ben !) parmi les bottes de paille ! et en plus, en quelques minutes, je me suis fait des copains : un musicien et un jardinier (celui-là, je ne vous le montre pas, je suis dans la brouette, et vous me diriez que je me fais encore porter). Alors là, avec le saxophoniste, on a échangé nos adresses, on s’est promis de se revoir pour les vacances en 2012 (et là y’aura pas de soucis pour le logement, on aime ouvrir nos portes, nous les gnomes). Bon, à la bonne / sœur / gouvernante du curé, on dit pas merci (elle était pourtant bien cette cure, pas cette bonne / sœur / gouvernante), mais à la patronne de l’hôtel pour le calme et le cochon réparateur, ça oui, on le dit : Merci Isabelle !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Miryana  de  Podgrad

Un p’tit hôtel plein de charme et aux vitrines recouvertes de pois de senteurs grimpants, une patronne agréable et un serveur qui fait des efforts pour faire plaisir au client, ça c’est sympa, durant ce court passage slovène … De toute façon, il aurait fallu faire de tels efforts pour se faire comprendre par ailleurs, qu’un peu de repos, ça fait du bien. Nul doute que demain sera ensoleillé à tous points de vue !!! Et bien oui, le lendemain matin, au petit déjeuner, d’abord il y a du soleil, ensuite le petit déjeuner est somptueux, ensuite Miryana (et non Isabelle, sa fille de 22 ans) est adorable : « vous auriez dû nous dire tout de suite que vous étiez pèlerin vers Jérusalem, on ne vous aurait pas donné une chambre, mais vous auriez couché chez moi … Bon, je vous la rembourse – presque – et puis reprenez un croissant et du jus d’orange, et puis, en plus, tenez, je vous donne 10 Euros pour que mettiez un cierge – mais un grand ! – dans une église de Gerusalemme, celle que vous voulez ! et puis, je vous mets un mot dans votre livre de bord. Et puis, comme je collectionne les cartes postales envoyées par mes clients, vous m’en enverrez une de Gerusalemme, une carte postale – mais une grande !– (aïe va falloir que je passe au moins un mois en arrivant là-bas pour dérouler ma liste de courses). Sympa non, la Slovénie, sympas, non, les slovènes ? Le pays est étroit à ce niveau, mais les gens y voient et accueillent … grandement grand, non ?

"Sve najbolje vam zelim, da i dalje idete ovim putem kokim ste krenuli ; Kad je BOG uz vas, zko moze biti protiv vas snetan put u Jeruzalem (*)" (Miryana)
(Toutes les belles choses et désirées, sur ce chemin que vous empruntez vers Dieu, que vous puissiez les rencontrer et vous rencontrer, et il n’y aura pas de problème. Bonne route vers Jérusalem)

(*) c’est à peu près cela … je ne vous promets pas dorénavant de mettre à chaque fois le texte dans sa langue d’origine !!!

jeudi 30 juin 2011

Jour J + 54 : Monfalcone => Trieste (32 kms - Total = 1830 kms)

Pensée Spirituelle
"Rien n'est définitif, tout peut changer. Il faut le vouloir fortement et surtout y croire"
(Pascal, détenu à Aix)

Péricope Biblique
"Tout comme sur la cithare l'alternance des sons change le rythme, chaque note gardant toutefois sa tonalité propre"
(Sg 19, 18)


Ah !!!!!!! la course aux cafés Internet / Wifi … Tout cela pour que vous ayez des nouvelles aussi fraiches que possibles ! mais dès que j'ai quitté Tina et Livio, je tombe sur Andrea, le patron du bar Da Deo. Vais-je pouvoir avancer le blog, vu son côté si sympa et si entreprenant. Prenant un peu de congés, me dit-il dans un français très couleur locale, je vous présenterai à mes amis et à mes clients ! Mais non, petite distance en bord de mer, il faut bien passer outre-Trieste ! Cela se fait un peu tout seul (du point de vue pieds mais pas trafic), les bornes hectométriques défilent, ambiance de bord de mer associée à la topographie montagnarde, l’entrée dans Trieste l’ex-industrielle est toujours crasseuse et interminable, heureusement qu’il y a le bord de mer. Vue bouchée, c’est pas le moment de se refroidir ! évidemment, dans une grande ville, pas facile de trouver un lieu d’accueil. Finalement, après avoir tourné, sonné, demandé, cherché en vain, je monte à la basilique – cathédrale, fais signe au curé, qui me dit : « je comprends ! patientez un peu, je vais trouver une solution », ce qui est le cas, après rosaire, vêpres et messe, me voilà messé jusqu’à la fin de mes jours, non ? Bon, je passe aussi un p’tit bout d’temps dans la sacristie, le sacristain est aux p’tits oignons ! allez, on va aller à la rencontre de Nazareth ! ça nous changera de l’Italie !!! puis on ira voir la ville !

Jour J + 54 : Amédée


Sur la route côtière, même si c’est bien couvert (mais on est à l’extrême Nord de l’Adriatique), j’ai failli m’acheter une coquille de noix (enfin, si l’on peut dire, y’a pas beaucoup de bois dedans !). Mais Ben a trouvé que c’était pas très raisonnable et pas très pratique pour traverser les Balkans – Ah quel rabat-joie ! – Bon, je l’ai quand même essayé, et j’avais fière allure, toutes les petites midinettes ont failli me courir après ! mais enfin, Triste, c’est joli, mais ça fait un peu bout du monde, alors je crânerai un peu plus sur la côte dalmate ! En tout cas, ce soir, on a flâné sur les quais et en ville, il y a des beaux monuments éclairés, on a bien mangé et bien bu comme à Nazareth, merci p’tit Jésus. Et on est bien hébergés. Alors, pour nous avoir trouvé et rapproché de ce p’tit coin biblique, merci à Don Silvio !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Don Silvio, Duomo  de  Trieste

Bon, une fois de plus, Don Silvio ne sera pas notre hôte d’une soirée ni d’une nuit. Ils sont semble-t-il déjà trois prêtres à loger dans la cure du sanctuaire-cathédrale de la ville, et ni les sœurs voisines, ni le couvent franciscain n’ont trouvé de place … Qu’à cela ne tienne, on me conduit au Foyer de Nazareth, offert par la Paroisse, cela va être aussi calme que possible, dans une ambiance colorée et pleine de personnes venues de partout (ou de nulle part ?) … Je prends quand même le bus pour aller en centre-ville, l’ambiance y est jeune et branchée. Finalement, ce passage un peu redouté en ville aurait pu être plus difficile, non ? Du coup, c’est un repos du pèlerin amélioré, non ?

"Avrei amato trovarvi un luogo più personalizzato e più calorosi, ma non abbiamo trovato altra possibilità; spero che la vostra pausa di una sera sarà comodo e riposante, e che andrete alla fine del vostro fantastico progetto: che Dio vi custodisce, la nostra preghiera vi accompagna" (Don Silvio)
(J’aurais aimé vous trouver un lieu plus personnalisé et plus chaleureux, mais nous n’avons pas trouvé d’autre possibilité. J’espère que votre halte d’un soir sera confortable et reposante, et que vous irez au bout de votre fantastique projet. Que Dieu vous garde, notre prière vous accompagne)

mercredi 29 juin 2011

Jour J + 53 : Grado => Monfalcone (27 kms - Total = 1798 kms)

Pensée Spirituelle
"Nous ne sommes pas le capitaine de notre propre vaisseau tant que nous ne comprenons pas que, même si nous devons monter sur le pont et scruter l’horizon en tout temps, c’est le vent qui nous pousse et la vague qui nous porte"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"Jonas était rebelle à sa mission, la mer s’agita et Jonas demanda à ce qu’on le jette à la mer car il se sentait responsable. YHWH(*) fit qu’il y eut un grand poisson pour engloutir Jonas. Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. Des entrailles du poisson, il pria YHWH(*), son Dieu ; il dit : […] « Le vœu que j’ai fait, je l’accomplirai. De YHWH(*) vient le salut » YHWH(*) parla au poisson, qui vomit Jonas sur le rivage"
(Jon 2, 1-2 ; 10b – 11)


Nuit sans encombre, tout est calme en cette ile seulement reliée à la terre ferme par un simple cordon côtier … La ville semble balnéaire, mais elle n’est pas encore agitée par ses frasques estivaux ! Rendez-vous chez Marcella pour le petit-déjeuner, car Marcella me propose de m’accompagner au début de la matinée au sanctuaire de la Madonna de Barbana, une petite île au beau milieu de la lagune où se trouve une église et un couvent de frères mineurs. Finalement j’irai seul, Marcella y étant déjà allée hier … Départ à 8h30, super balade en bateau sur lequel à cette heure-ci il n’y a quasiment personne, et me voilà arrivé au milieu de nulle part, le silence le plus complet, le paradis au milieu de l’eau, le calme le plus complet … Quelques franciscains, quelques pèlerins, mais un beau moment de calme, la seule chose dont on a envie, en ce genre de lieu, est de rester assis sur un banc et de ne pas bouger, de regarder les oiseaux voler au ras de l’eau et les quelques vaguelettes : « Ô temps suspends ton vol ! » … mais le devoir –en fin quel devoir, finalement ? – m’engage vers une autre destination. Alors retour au port deux heures après, les bateaux se remplissent à vue d’œil, ouf ! Et c’est une petite marche aujourd’hui, toujours en plein soleil de plomb, sur le cordon littoral et le long des canaux d’irrigation. Tien, ce midi, je me fais un plaisir, un plat de dorade locale, coup de bambou mais trop bon, dans un p’tit restau au milieu de nulle part ! Encore quelques kilomètres, et voici Monfalcone. Je ne vous refais pas le coup des quatre paroisses sur cinq visitées dans la ville et trois heures et demie de recherche (dont plus d’une heure de jeu de patience au couvent, le curé – prieur est débordé, mais quel beau bureau dans une ville assez sinistrée avec ses chantiers navals en perte de vitesse), vous y êtes habitués, j’atterris à l’Oratorio (lieu d’accueil d’activités pour les jeunes), accueilli par Livio et un collègue de permanence. Le parrochio du Duomo a donné son accord pour l’Oratorio, mais il faut aussi demander l’accord à un autre … On me trouve une salle de catéchisme mais à même le sol. Pas de douche, et pas de possibilité de sortir ce soir pour aller dîner …. Restant aimable, je commence à faire remarquer que je suis sale, en sueur, fatigué et que je demande s’ils savent ce qu’est un pèlerin, alors là Livio fait le déclic : « je ne peux vous loger, mais venez prendre une douche et manger chez moi » ouf ! » alors à plus de 21 heures, je fais la connaissance de Tina dans leur grand appartement, la douche fait du bien (que c’est lourd, une couche de sueur !), l’atmosphère est très vite détendue, Tina m’a concocté un p’tit m’nu pèlerin, ils veulent tout savoir sur mon voyage, on consulte de nombreux livres et cartes de géographie, on me précise les sanctuaires mariaux à voir, on va voir le blog sur Internet … Bref, résultat des courses, je suis claqué !


 (*) Note du Web Master : Si, comme moi, vous ne savez pas ce que veut dire YHWH, voici ce que j'ai trouvé sur le Web (Google est mon ami !!!!) - Laulau

Le tétragramme YHWH et sa traduction par "Éternel"

=> Le tétragramme YHWH est un nom divin fréquemment employé dans l'Ancien Testament (plus de 6500 fois). Mais si vous ouvrez une Bible en version française, vous aurez peu de chances de le trouver: dès avant l'ère chrétienne, les Juifs ont cessé de le prononcer, considérant qu'il était ineffablement saint. Lorsque les Massorètes, ces savants juifs des Ve au Xe siècles, ont effectué leur travail de ponctuation et de vocalisation du texte biblique afin d'en perpétuer la juste lecture, ils ont donc établi ce que l'on appelle un qeré perpétuel: ils ont placé sous les consonnes du tétragramme YHWH les voyelles d'un autre nom divin, Adonaï (traduit par Seigneur), à savoir e bref, o, a. Ils indiquaient par là que le lecteur devait prononcer Adonaï et non pas Yahvé lorsqu'il voyait le tétragramme; mais plus tard certains ont cru, à tort, devoir lire les consonnes de YHWH avec les voyelles d'Adonaï, et ont pensé ainsi que Jéhovah était le véritable nom divin, alors qu'il n'avait jamais été prononcé de cette manière.
> Le sens exact de YHWH est controversé. On le rattache ordinairement à la racine HWH, devenue HYH, racine du verbe être que l'on retrouve dans le célèbre récit de la révélation de Dieu à Moïse, en Exode 3:14: Je suis celui qui suis

Jour J + 53 : Amédée


Ce qu’il y a de bien avec les salles de catéchisme, c’est qu’il y a plein de choses à lire ! Bon c’est vrai, c’est pas ma langue natale, et puis, on a plutôt dormi, sur un lit de camp prêté miraculeusement par la Paroisse. Je sens que la rédaction du guide du routard vers Gerusalemme avance bien, et qu’il aura un plein succès. Il y a aura foule (comme vers Compostelle) dans quelques années, vous vous inscrivez d’avance ? Et puis, dans la salle, il y a même des cartons de pannetonne. On va faire bombance ! Non, c’est encore des bouquins … Pas grave, on a si bien mangé ce soir, et c’est grâce à qui ? merci, Tina et Livio !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Tina e Livio  de  Monfalcone

Livio, il fait pas son âge. Presque octogénaire, il a tout fait, commerçant, il a même été travailler en France … Et là, il donne du temps pour accueillir à l’Oratorio … Avec son collègue d’un après-midi, il a tout essayé en toute discrétion de me trouver un lieu pour dormir … Et quand il a vu que les liens avec les paroisses étaient trop compliqués, il m’a dit : « viens ! », et c’est là que j’ai fait la connaissance de Tina (Clément-Tina !), toute aussi discrète, toute aussi active à Caritas (repas, dépannage et aide pour les personnes en difficulté, et il semble y en avoir pas mal en ces confins de l’Italie), quand ils ne s’occupent pas de leurs enfants et petits-enfants (que des fils !). Ma soirée avec eux fut chaleureuse, elle le fut je pense aussi pour eux ; et cela s’est prolongé le lendemain matin par un p’tit dèj tout aussi sympathique, assorti d’un p’tit billet pour la route. Alors je leur dois bien cela, d’aller voir leur Vierge préférée dans son sanctuaire près de Mostar (on en reparlera un autre jour !). A eux aussi, je vais « devoir » leur faire un signe de mon avancement : Trop sympas !

"Mercoledi, ss. Pietro e Paolo : solo, come un antico pellegrino, affrontando ogni ostacolo, con grande determinazione, vai verso i luoghi sacri della nostra cristianità. E intanto sussuri : « PACE » ad ognuno che incontri. Che Maria, madre di Gesù, sei la tua stella et tu guidi fino alla méta. En tanta simpatia" (Tina e Livio)
 (Mercredi, saints Pierre et Paul : seul comme un ancien pèlerin, affrontant chaque obstacle, avec une grande détermination, tu vas vers les lieux sacrés de notre Christianisme ! et un tel sourire : « la paix » pour tous ceux que tu rencontres. Que Marie, la mère de Jésus, soit ton étoile et qu’elle te guide jusqu’au bout. En toute sympathie

mardi 28 juin 2011

Jour J + 52 : San Donà di Piave => Grado (48 kms - Total = 1771 kms)

Pensée Spirituelle
"Bâtissez au Seigneur une maison digne de sa splendeur, mais la plus simple pour que les hommes s’imprègnent non de la beauté de cette maison mais de la Beauté de Dieu"
(Saint Bernard de Clairvaux)

Péricope Biblique
"J’eus ensuite la vision que voici : une porte était ouverte au ciel, et la voix que j’avais naguère entendu me parler comme une trompette me dit : « monte ici, que je te montre ce qui doit arriver par la suite ». A l’instant, je tombai en extase. Voici qu’un trône était dressé dans le ciel, et siégeant sur le trône, quelqu’un"
(Ap 4, 1 - 2)


Allez, encore une grande étape aujourd’hui, un peu hâte de passer la frontière pour aller voir si c’est pas pire ailleurs … Et surtout, avant-hier, Daniella m’a offert un livret de cartes postales d’Aquiléa, en me disant : faut y aller, le pape y est allé le 7 Mai. Ca c’est un argument en béton, non ? La route n’est pas trop chargée, une pause coiffeur (faut quand-même ne pas faire trop beatnik, non ? sinon qui va m’héberger : les parrocchi touffus ?). Un super petit chemin, et me voilà dans ce berceau italien de la chrétienté, ayant succédé à une ville romaine du début de notre ère : plein de belles pierres, de colonnes et de statues partout, une superbe basilique du style constantinien, des cafés et des gelateria, tout pour attirer le touriste, non ? Le seul souci, c’est que j’ai (presque) tout faux ! les lieux sont merveilleux, mais puisque mon saint-Père homonyme est venu (justement le jour de mon départ, tiens !), j’avais imaginé la présence d’un accueil, d’une cure, d’un couvent, d’une fondation. Rien, c’est le trou le plus complet ! allez, on reprend la route, encore quelques ( ?) foulées pour gagner et franchir la lagune , de Grado. C’est vrai que cette ville balnéaire a fière allure, je gagne la basilique : vide. L’église à côté : niet. La chapelle un peu plus loin : pas de prêtre en vue … et le bureau paroissial : n’est ouvert que le matin … Alors, me faut-il trouver un petit hôtel, mais alors, coup de bambou ! eh bien non, en cherchant une autre église, je tombe sur une sœur qui discute avec des paroissiens, le tout se creuse la tête, surtout Marcella, qui, dit-elle, ne peut me recevoir … mais qui me demande de monter dans la voiture. Elle m’emmène dans un hôtel où elle veut me payer la chambre, mais la gérante ne sait pas s’il lui reste une chambre de libre, alors dans une autre paroisse périphérique, toute aussi déserte. Alors, après près de deux heures de recherches Marcella et Guisto me rafraîchissent. Bon je suis bon pour un petit coup de chapelet et une discussion avec le groupement des dames patronnesses ! Et puis, c’est vrai, je ne vais pas coucher chez eux ce soir, mais ils me trouvent une pièce au local paroissial de jeux des enfants, et, après un bain et une sieste réparatrice sur la plage au bord de l’Adriatique, je déguste la meilleure soupe minestrone de ma vie ! Ah que cette dernière est belle, riche d’émotions, alors que tout s’arrange. Il y en a qui ne s’en font pas de barboter un Mardi en fin d’après-midi dans l’Adriatique (et en plus, vous voulez que je vous dise : trop chaude !)

Jour J + 52 : Amédée


On n’a pas encore dormi dehors (c’est vrai que c’était pas prévu au programme !), on a toujours un sol, quatre murs et un toit ! y’a pas de raison que cela ne dure pas, non ? Bon, ce soir c’est vraiment une chance en une ville balnéaire. Avec Ben, on vient de finir une partie de baby-foot (je ne comprends pas pourquoi les joueurs ils n’ont plus de tête. Ils se sont mangé leur cervelle, eux aussi : ça devient une nécropole !). On va échanger deux balles de ping-pong, puis on va se coucher : et tout cela grâce à qui ? merci, Marcella et Guisto !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Marcella e Guisto  de  Grado

Il y a des gens qui invoquent la providence qui permet de débloque une solution : eh bien, Marcella, on va la surnommer Providenzia ! c’est vrai que les italiens ne semblent pas avoir pour habitude d’héberger, mais là, ce soir, tout a été remué pour trouver une solution … Et puis finalement, j’ai bien fait de ne pas la prendre la tente, non ? d’autant plus que j’ai pas intérêt d’oublier de leur envoyer une carte postale de Gerusalemme, et ils ont drôlement raison d’insister, parce qu’avec eux, le courant a super bien passé. En voilà des gens, cathos et même très cathos (et c’est comme cela que j’ai pu leur adresser la parole dans la rue), qui sont à la fois ouverts et bons samaritains (avec l’aide d’Eleonora, une voisine – amie qui m’a trouvé la nuitée, merci aussi à elle)

"Un buono viaggio nella Grazia di Dio, ti accompagniamo per la preghiera !" (Marcella e Guisto)
(un bon voyage dans la Grâce de Dieu, nous t’accompagnons par la prière)

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