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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

mardi 23 août 2011

Jour J + 108 : Amédée


On s’attendait à être accueillis et de trouver un p’tit coin de bonheur, on nous a quasiment déroulé le tapis rouge ! Voilà une jeune famille comme on les apprécie … Chez eux, c’est sympa, ça ressemble un peu à une construction en lego, Le Corbusier au possible ! Et même si on aurait pu y trouver un p’tit coin pour étendre nos duvets (non mais, moi-aussi j’en ai un !), ils ont préféré nous accueillir à l’hôtel … Et là encore j’ai bien joué au … pompier de service : petite inondation sur notre balcon due à la climatisation, j’ai tout de suite couru dans l’escalier de service pour dérouler le tuyau … Bon d’accord, Ben, il a dit que ça servait à rien de ramener encore plus d’eau, mais le rouge me va si bien, vous ne trouvez pas ? Alors j’ai renroulé le tuyau, et nous avons rejoint notre gentille famille : Comme à la télé : une « famille formidable » ! Merci Vicky et Miltos !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Vicky et Miltos  de  Komotini

Le bonheur, ça se trouve, et ça se cherche ! Qui peut donc se permettre de critiquer les rencontres par Internet ? Des gens qui se rendent disponibles pour « prendre en charge » un pérégrin crazy et lui proposer de lui rendre des « services aux petits oignons », ça fait du bien aujourd’hui sur notre terre, non ? Biku (Vicky) et MiltoV (Miltos), ils ont bien d’autres chats à fouetter : du boulot tous les deux, deux jeunes jumeaux de cinq ans, troublions au possible, mais aux noms angéliques et apostoliques : AggeloV (Angelos) et QeofiloV (Theophilos), une maison toute neuve qu’ils n’occupent que depuis deux mois, un immense jardin où tout reste à faire, leurs parents et grand-mère qui ont débarqué depuis une semaine … et voilà qu’un pérégrin pointe son nez : et ils disent « Oui ! ». Vicky (qui considère que sa plus grande réussite, ce sont ses hommes !) se rend disponible, Miltos joue le chauffeur, le repas grec typique à base de brochettes, d’aubergines et de boisson au lait est succulent, la nuit étoilée sans moustiques, et la discussion est là, avec les sujets désormais habituels, les grecs et les turcs, les grecs et les « macédoniens », les grecs et les gipsy-Roms, la politique et ses ministres, le boulot et les vacances, l’argent et les réductions de salaires dues à la crise, les voyages, les enfants, la vie, les chrétiens et les musulmans (les relations sont sereines ici), les orthodoxes et les cathos, … Vaste programme, non ? enfin voilà, espérons qu’ils viendront bientôt en Normandie (et au Parc Astérix, parce que Miltos, il est dingue du Grand Huit en bois, qui grince à grand bruit quand le wagon passe dessus !), même si Vicky (qui a vécu très longtemps en Allemagne) sait que par chez nous, il … pleut ! mais ici ce soir (et encore demain matin), c’est la chaleur et la richesse de la rencontre ! à prolonger et à étendre sans modération, n’est-il pas ! :

"Nous te souhaitons un voyage agréable et des paysages et des rencontres superbes, et une bonne santé ! En espérant bien nous rencontrer l’année prochaine en France !" (Vicky et Miltos)

lundi 22 août 2011

Jour J + 107 : Xanthi => Porto Lagos (31 kms - Total = 3440 kms)

Pensée Spirituelle
"Une fois que vous vous rendez compte que le chemin est le but et que vous êtes toujours sur le chemin, pour ne pas atteindre un but, mais pour apprécier sa beauté et sa sagesse, la vie cesse d'être une tâche et devient naturelle et simple, une extase en elle-même."
(Sri Nisargadatta MAHARAJ)

Péricope Biblique
"Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords du lac de Tibériade."
(Jn 21, 1a)
 
 
S’il n’y a que les imbéciles qui ne se trompent jamais, il n’y a aussi que les têtus comme des mules qui n’avancent pas dans leur projet … Car ce n’est pas parce qu’il y eu récemment un accroc à la coque de l’Arche de l’œcuménisme que tous les bateaux qui naviguent sur le lac de la bonne volonté humaine doivent se comporter comme des Titanics. Ainsi, on le verra ce soir, avec la beauté, l’Orthodoxie peut être conviviale et accueillante ! Mais d’abord, cette journée ! Xanthi n’est finalement pas une trop grande ville, seulement 6 kms (une bonne heure !) de zone industrielle pour sortir ce matin de cette atmosphère dont plus d’un pérégrin se passerait ! Toujours aussi moche, on est sur terre, mais ça pue, c’est pas carrossable, c’est pas fait pour le bipèdes ! Et voilà pourquoi … on est bien heureux quand arrive la campagne, le calme, la nature, quoi … Et dans notre direction vers le Sud-Est, il est bien évident qu’une fois de plus, on va rejoindre la mer … Ah, cette mer Egée, elle est parfaite par ici, car très peu touristique (au fait, ils sont passés où les touristes, déjà retournées au turbin ?). Mais en cette région, pas de montagnes, même pas de plaines, que des marais , entourant le fameux lac Vistonia, qui a vu se succéder tous les conquérants et tous les envahisseurs depuis l’Antiquité … pour faire place plutôt maintenant aux oiseaux protégés et … aux moines orthodoxes ! Aucun lien entre les deux, mais on comprend bien que les uns comme les autres profitent de la tranquillité locale ! Car à Porto Lagos, qui fut un port de première importance jusqu’à la première guerre mondiale, il n’y a quasiment plus de civilisation, un hôtel et une pension qui semblent déjà vides, et autour du port quelques maisons assez ruiniformes … Ce ne sera donc pas mon lieu de logement ce soir, et c’est loin de tout. Me voilà déçu … pas tellement en fait, car quelques hectomètres plus loin, le monastère d’agios Nikolaiou, découvert presque par hasard … et carrément posé au milieu de la lagune sur deux ilots, reliés entre eux et avec la terre ferme par des passerelles en bois. Un petit air vénétien pour ce microcosme qui dépend du monastère de Vatopedi sur le Mont Athos (moi qui devais aller sur cette montagne sainte » mais qui y ai renoncé par crainte des distances, me voilà compensé !). Les lieux sont ouverts au public, je m’y engage, explique mon cas / mon profil / mon projet, et … aucun souci pour ce soir. La seule chose évidemment, je ne partagerai pas la vie des moines, je logerai en chambre d’hôtes (toute simple, une vraie cellule) et je ne mangerai pas avec eux mais avec le personnel qui les aide … mais qui ne parle pas un traitre mot non grec … Ce sera donc un lieu de repos entre ciel, eau et terre, à ne rien faire mais à contempler, à attendre que le soleil se couche au son musical des chants liturgiques orthodoxes … Mais quand même, quelques paroles, quelques sourires avec ces moines semblant sortis d’un autre âge, mais qui ont su rapidement par frère Markos que mon projet vers Jérusalem était pour eux aussi une sorte de compensation du fait qu’ils n’iront certainement jamais (voilà donc une double compensation réciproque, il me compensent du Mont Athos, je les compense de Jérusalem. Voilà une belle façon de positiver, non ?). Et du coup, je vais repartir avec des amulettes, des médailles, des mini-icônes …
me voilà complètement orthodoxe !

Jour J + 107 : Amédée


Evidemment, les monastères orthodoxes (comme les autres d’ailleurs), c’est pas vraiment le territoire des nains de jardin. Il paraîtrait que je ne dois pas faire parti du décor ! Alors je suis parti me cacher dans une grande potiche-amphore romaine retrouvée au pied du monastère. Elle devrait reposer au fond de la lagune, ça ne sent plus le poisson, me voilà gréco-romain ! Au fait en réalité, je ne suis pas complètement passé inaperçu : Ben, il a montré les photos à frère Markos, qui ne manque pas d’humour. Il trouve que j’ai la même barbichette que lui ! alors, pour votre accueil et pour ce compliment, merci Markos et tes compères moines !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Frère Markos  de  Porto Lagos

Découvrir un monastère au milieu d’un lac, alors qu’en Grèce, ils sont plus souvent perchés sur les montagnes, c’était pas évident … Trouver un ensemble de bâtiments aussi charmant, c’était pas gagné non plus … Et se voir accepter le gîte et le couvert, alors ça, c’était inespéré … Bon, les moines, ils ont leur isolement et leurs principes (pas de photos, quoi que …, mais ils ont été bien sympas … au point que le lendemain matin, ils se proposaient même de me conduire à la prochaine ville (mais ça, c’est péché !!!)
 
"Merci de nous avoir apporté votre présence au cours de votre pèlerinage, nous espérons que vous pu vous ressourcer ici, profitez de cette formidable idée humaine et religieuse ! et nous, nous allons prier pour vous …" (Frère Markos)

dimanche 21 août 2011

Jour J + 106 : Chrysoupoli => Xanthi (33 kms - Total = 3409 kms)

Pensée Spirituelle
"L'olivier représente la vie de l'Esprit par le Messie, et par là-même la paix. On en obtient de l'huile. Les olives et l'huile donnent la santé. Elles sont appliquées sur les blessures et sont utilisées comme remèdes contre certaines maladies. L'olivier fait aussi penser à la colombe "YONA" ( Jonas), symbolisant le Messie enterré 3 jours dans le sein de la terre ), donc à la paix qu’Elohim veut donner."(Beth YESHOUA)

Péricope Biblique
"Noé attendit encore sept autres jours, et il lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. La colombe revint à lui sur le soir. Et voici, une feuille d'olivier arrachée était dans son bec. Noé connut ainsi que les eaux avaient diminué sur la terre. La paix y était revenue … Il attendit encore sept autres jours, et il lâcha la colombe. Mais elle ne revint plus à lui."
(Gn 8, 10 - 12)


 Précisions du jour :
Certains propos relatés le 17 Août, exprimés par Teris-le-grec, ont déplu, notamment à Jordan-le macédonien, qui a souhaité s’exprimer …
Laissons-lui donc le droit de réponse, que vous trouverez en commentaire de ce jour …


Suite de l’incident (finalement bénin, non ?) d’hier soir … Il n’était pas question d’arrêter mon périple, je repars de plus belle … Premier des trois arbres prophétiques (les autres suivront …) l’olivier et sa branche, vous le savez, sont des symboles de la Paix ! Toute la journée on en verra sur la route, dès le moment où l’on va quitter cette petite ville excentrée et son pope excentrique. Car on est en Thrace et Macédoine, une région peu connue des touristes et des pèlerins, et c’est bien dommage, parce que ses champs d’oliviers sont superbes et qu’on est sur les traces de saint Paul et de la paix (mais on y reviendra) … Peu et mal dormi cette nuit, et c’est justement dans ces circonstances, malgré la longueur des étapes de ces jours derniers, que cela se passe presque le mieux, allez donc comprendre pourquoi ? Donc après la crise, la tempête s’apaise (n’est-ce pas mon Pascal …). Et aujourd’hui sera une journée de paix … de paix, parce strictement personne sur la route. J’évite la voie rapide et prends la petite route parallèle en ce Dimanche où le prix de la Benzine n’a pas diminué, donc une paix silencieuse … Une paix aussi pas trop chaude, avec une brise légère … Une paix aussi (ça vole pas haut parce que ça foule la terre !) du côté des orteils, parce que plus d’ampoules … La paix du côté du ventre, parce mon vœu d’abstinence de concombres et de paprikas depuis quelques jours a été respecté, et tout va bien… Donc une petite route, faite d’une traite (à part deux arrêts eau gazeuse), et me voilà dans cette ville de Xanthi … Devinez, pour le gîte, je ne tente pas les églises orthodoxes, ce sera un hôtel, encore une fois (difficile de trouver autrement), mais j’ai rendez-vous avec Apostolos, dégoté sur Internet (eh oui) qui ne peut me loger (appartement exigu) mais qui compte bien me faire visiter les lieux … Bel hôtel pas donné et trop luxueux pour le pèlerin que je suis et pour le temps que je resterai dans ma chambre, et je retrouve vite Apostolos sans sa copine Anastasia (partie en vacances en famille), dans un café sur la place de la mairie … La ville moderne, comme toujours ici, n’a pas trop d’intérêt, immeubles cubiques et magasins fermés … Mais la vieille ville, datant des environs de 1900 a un cachet certain, même s’il manque certainement quelques Euros pour la restaurer … Et le soir, à la nuit tombée sous les oliviers de la place du bazar, dîner avec ses amis, typiquement grec … Pas de partie de baggamon, quand même un petit ouzo, on est en paix, alors pourvu que les rameaux de la place se dispersent !

Jour J + 106 : Amédée


Après la nature, l’hébergement … Ce soir on fait fort : "Du marbre dans les escaliers", car Ben il veut même pas prendre l’ascenseur (à quoi ça sert alors, quand la chambre est au cinquième étage ?). Mais quelle allure j’ai ! Du coup, puisque la photo était faite, Ben, il m’a pas emmené en ville (je m’en moque, télé avec écran plat dans la chambre, et chaînes grecques fabuleuses). A moi le show biz ! Bon, Apostolos, je l’ai pas rencontré, mais vu l’état de Ben en rentrant, ça a dû être une bonne soirée : Alors merci Apostolos !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Apostolos  de  Xanthi

Avec Apostolos, pas trop croyant comme il dit (dommage avec un aussi joli nom, non ?), pas trop sportif, on se raconte une fois de plus mon périple, sa vie et ses projets, son absence de travail et ses longues journée à ne rien faire … Lui-aussi voyagerait bien (je me demande même s’il ne va pas me demander de lui payer le voyage …). Il est furieux contre les gouvernements précédents, contre la crise qui touche le pays, contre la diminution de sa pension … Bien conscient qu’il doit trouver une solution personnelle, pour se trouver en paix intérieure … Quant au dialogue interreligieux, il n’est pas contre, mais, me dit-il, la religion la meilleure « c’est la sienne ! ». Tout cela fait bien avancer le schmilblick, vous ne trouvez pas ? :

"Je suis bien content de vous avoir rencontré grâce à Couchserving ! grâce à vous, je connais mieux la France et votre voyage doit être éreintant, mais passionnant ! Allez à Jérusalem, et priez pour la Paix, celle de tout le monde !"(Apostolos)

samedi 20 août 2011

Jour J + 105 : Kavala => Chrysoupoli (32 kms - Total = 3376 kms)

Pensée Spirituelle
"J'ai peur que nous ne devions rendre le monde honnête avant de pouvoir dire honnêtement à nos enfants que l'honnêteté est la meilleure politique."
(George Bernard SHAW)
Péricope Biblique
"Mais ce que tu aimes trouver dans un cœur humain, c'est le respect de la vérité. Au plus profond de ma conscience fais-moi connaître la Sagesse."
(Ps 51, 8)

"Sois honnête avec toi-même, sois honnête avec les autres !" Drôle de sentence pour commencer le récit du jour ! Elle est bien-sûr en rapport avec l’évènement du jour : Le lapin qui m’a été posé … et qui plus est en contradiction avec l’idée de dialogue entre les religions ! Ah, je vous fais saliver ? mais avant, le déroulement de la journée : Départ de bonne heure de l’hôtel international, situé en plein centre de Kavala … Il faut longer le bord de mer et la vieille ville et passer sous le vieil aqueduc romain … (Je suppose que cela ne vous passionne guère!!!) … Puis, plutôt que de prendre la voie rapide, je prends la vieille route qui la longe … encore moins de monde, tout cela porte à la réflexion … (cela ne vous passionne toujours pas !!!) … un premier arrêt pour ingurgiter un sandwich-pita et une eau gazeuse, une bonne discussion avec les occupants du lieu pas habitués à voir un routard sur leur trottoir (cela ne doit pas non plus vous intéresser !!!) … à quelques kilomètres de l’arrivée, un nouvel arrêt eau gazeuse (vous remarquerez la sobriété du bonhomme). La patronne qui me pose des tas de questions sur mon périple, me dit : « take care of turk people, they are bad people ! (faites attention au peuple turc, ce sont de méchantes gens !) ». Pas de réaction de ma part, de quel droit et pourquoi me dit-elle cela ? … Bonjour en tout cas la recherche de paix et de dialogue (interreligieux ou non). Serions-nous dans une région sensible sur ces points-là ? et là, le « la » est donné (cela commence à vous intéresser, non ?) et me voilà donc arrivé dans la petite ville de Chrysoupoli, environ 25.000 habitants. N’ayant pas d’adresse et comme on est samedi, plutôt que d’aller frapper à l’hôtel du lieu, je me dis …qu’il suffit que je tente de me rendre à l’église (orthodoxe, of course ici) du lieu, ils me trouveront bien un petit local même exigu pour dormir … en réalité, je tente une première église orthodoxe : en construction, personne … puis une seconde, plus centrale : j’attends stoïquement l’arrivée du pope, qui ne tarde pas … 14 heures. Super, il réfléchit, puis il ajoute que c’est OK. Il va me trouver un logement pour ce soir (on verra bien lequel en temps utile), mais, ayant ses occupations du samedi après-midi, il ne peut s’occuper de moi avant 18h30. Je patiente donc comme je peux quatre heures sous le cagna dans le jardin public qui se trouve devant l’église, sur un banc … s’en suit un peu d’animation à partir de 18h15 à l’église, que va-t-il se passer ? … je sens que le créneau des retrouvailles de 18h30 va être légèrement dépassé … Car il va être célébré ici un baptême, lequel va réunir une bonne partie de la communauté locale. Du coup, plein d’affluence… le pope me fait signe et m’apporte lui-même un rafraîchissement en me disant de patienter encore un peu. Comme l’église est archi pleine, je ne verrai donc pas mon premier baptême orthodoxe … Ca s’éternise en longueur, les premières personnes ressortent vers 20 heures, on jette des pièces sur les marches pour les enfants, on consomme dragées et friandises, je me sens un peu seul, mon pope préféré passe avec d’autres popes et me fait signe … je ne le reverrai pas … car vers 21h00, tout le monde est parti, le sacristain ferme l’église. Je lui demande où est passé le pope, il est parti chez lui, me répond-il … Je lui demande de l’appeler, ce qu’il fait en se faisant visiblement copieusement enguirlander, mais ne traduit pas … puis il s’en va … je me retrouve … seul, dans la nuit … ne pouvant appeler depuis mon portable (pas de code international), je hèle un groupe de jeunes filles, l’une d’entre elles, Maria, parle anglais … Elle appelle le pope, et se fait elle-aussi envoyer sur les roses … c’est à n’y rien comprendre … Seule solution donc, l’hôtel du lieu, où la tenancière me réclame 50 Euros pour la nuit, un peu cher non pour un hôtel assez minable … Maria me propose donc que nous nous rendions à la Police, qui, me dit-elle va me trouver une solution … Le commissaire ne peut me garder pour la nuit, logique, mais se propose lui-aussi d’appeler le pope … discussion semble-t-il orageuse, cela me retombe dessus, le pope lui a dit que j’avais interdiction de passer la nuit dans l’enceinte de l’église, je me fais quasiment éjecter du commissariat, puis, expliquant l’objet de mon périple, le commissaire se radoucit, m’offre un café et va me faire chercher un hamburger … et me dit que la seule solution est l’hôtel … qu’il appelle … et voilà que je me retrouve à l’hôtel du lieu, grâce à Maria et au commissaire, et que la chambre ne me coûtera que … 20 Euros (du coup, la patronne me sucre le p’tit déj !). Voilà donc comment un pérégrin catho est accueilli et considéré par un pope orthodoxe qui l’a fait poireauter plus de 7h30 sur un banc devant son église … la vérité ? La version du pope : « j’ai oublié et maintenant je suis pris », celle du commissaire : « le pope a dû être invité à la réception après le baptême », celle de Maria : « comment voulez-vous qu’on ait confiance en la religion si les hommes sont ainsi avec leurs semblables ? », la mienne : « le pope n’a peut-être jamais prévu de s’occuper de moi, il a pensé qu’en me donnant Rendez-Vous à 18h30, je serais parti et qu’il serait tranquille –pénard. Que vive l’œcuménisme et le dialogue interreligieux ! » … En tout cas, c’est juste un incident, mais je gagne bien fatigué ma chambrette mal isolée de l’environnement général en me posant des questions sur la poursuite de mon périple ! …

Jour J + 105 : Amédée


Ben, il l’a eu un peu mauvaise … Je lui avais bien dit, quand la dame patronnesse est arrivée avec son vélo et que j’ai pu en faire un peu dans la cour, je lui ai bien dit ce que plein de gens nous disent ici : « Pourquoi vous le faites pas en vélo, votre périple, ça irait plus vite ! ». Mais Ben il répond à chaque fois qu’à pied, on a des contacts plus faciles et plus profonds avec les autres. Alors moi je pose la question : « et avec les popes aussi ? » … Bon, le vélo de la dame patronnesse, on aurait pu aussi le piquer et partir avec … Mais on a été honnêtes avec nous-mêmes et avec elle, non ?, En tout cas, une qu’est sympa et qui semble bien honnête, c’est celle qui nous a aidés ce soir : merci Maria !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Maria  de  Chrysoupoli

Curieux, ce ne sera pas la photo d’un pope, aujourd’hui … et pour cause, j’avais prévu de le prendre en photo ce soir … à la place, voici Maria, rencontrée ce soir, pas longtemps, mais quelle énergie sympathique pour me dépanner ! Maria, si tu passes à Rouen, pas la peine de te rendre à l’église (catholique) du lieu, je m’engage à te trouver une solution de logement ! :

"Que voulez-vous, tout le monde n’est pas honnête sur cette terre … Je suis heureuse que vous ayez pu trouver une solution pour cette nuit, j’espère que vous ne serez pas trop fatigué demain avec tous ces kilomètres, je vous souhaite de persévérer dans votre voyage, d’arriver à Jérusalem et de fournir un peu de la paix dans le monde" (Maria)

vendredi 19 août 2011

Jour J + 104 : Nea Zichni => Kavala (49 kms - Total = 3344 kms)

Pensée Spirituelle
"Il faut absolument combattre la crise chronique … Il faut dénoncer les défis de la consommation et l'hédonisme, il faut lutter contre la précarité de l'emploi pour les jeunes."
(Benoît XVI, JMJ Madrid, 18 Août 2011)

Péricope Biblique
"Sous le règne de Démétrius, l'an 169, nous, les Juifs, nous vous avons écrit, au cours de la détresse et de la crise qui fondirent sur nous en ces années, depuis que Jason et ses partisans avaient trahi la Terre sainte et le royaume"
(2Mc 1, 7)


La crise … La journée de la crise … L’étape du jour était prévue d’être longue, la nuit sur le canapé du salon n’a pas été trop mauvaise, mais ce matin, mes hôtes semblent cuver leur Ouzo ! Alors au lieu de se synchroniser sur le chant du coq à sept heures, le départ ne sera que deux heures plus tard … La crise … La crise d’une journée chaude, d’une voie rapide quasiment pas empruntée car la « benzine » est devenue si chère en Grèce en cette période de crise que les gens ne roulent quasiment plus sur les routes hors agglomération … La crise des prix qui grimpent ... La crise du non-emploi … La crise des travaux qui sont entamés mais qui ne sont pas payés … La crise du logement et des logements qui ne sont du coup pas payés et pas occupés … Et même la crise du prix de l’Ouzo (sur ce sujet, on y reviendra) … La crise du pays … La crise du gouvernement … La crise de la gabegie des dépenses de certains ministères remettant en cause la santé financière du pays – et de l’Euro, tout cela – presque – rien qu’à cause de l’Ouzo – … La crise de certains ministres qui ont « déplacé » de l’argent pour s’offrir des immeubles à l’œil … La crise de certains ministres (pas forcément différents) qui se sont fait payer des mariages somptueux avec de nouvelles épouses toutes jeunettes (lesquelles sont parties depuis en empochant le magot !) … La crise des fonctionnaires qui se sont du coup vus amputer leur salaire d’une part significative … La crise des émigrés qui débarquent de partout, par mer ou par terre, des pays limitrophes … La crise de la sécheresse et des terres trop arrosées … D’où la crise … de l’Ouzo [pour info, pour les pauvres « ignares » qui ne se seraient jamais assis sur le bord d’une plage grec : l’Ouzo est l’eau de vie locale, à base de marc de raisin, et consommée ici sans modération] … eh oui ! c’est tout cela, le revers de la médaille de la Grèce. Vous deviez bien vous y attendre, hier, quand j’évoquais la mer, les plage et le soleil … que la neige fond au soleil ! et du coup, cette crise, elle atteint tout le monde, même moi ! car en partant si tard ce matin, il aurait pu y avoir une autre crise, celle du Ben qui, tel un glaçon (d’eau, et pas d’Ouzo, quand même) se liquéfie au soleil sur sa voie rapide sans parvenir à atteindre le gîte du soir, en espérant qu’il y aura bien un gîte ce soir … Et bien le Ben, il est bien arrivé à Kavala … Mais là, autre crise, car l’arrivée à Kavala, elle n’a eu lieu après cette journée sans horaire (mais après de multiples arrêts « eau gazeuse ») qu’à 19 heures, super, au bord de cette belle mer Egée ; et crise il y aura donc , mais crise gérée elle sera ! car le jeune sympa dégoté sur Internet pour m’héberger, eh bien, il a pas pu attendre, alors, Ben, il a déclenché la cellule de crise … Et finalement c’est dans un hôtel international qu’on échoue … et là, on peut – enfin – dire merci à la crise qui secoue le pays. Car de la place, il y en a, dans cet hôtel trop cher pour un grec moyen, trop beau pour un pérégrin trop puant de sueur et pour un gnome qui n’ose pas montrer le bout de son nez, mais la crise, finalement elle est bénéfique. Allez, c’est ainsi qu’après toute crise, il y a du mieux, on peut positiver, car au moins ce soir, j’aurai pas besoin de raconter mon périple. Car mon colocataire, Amédée, il le connait déjà, le projet … bon c’est pas tout cela, mais avec la crise (encore une) déclenchée par le décalage horaire ces jours-ci, à c’te heure, le soleil se couche. Alors, destination directe vers la plage sans passer par la case départ (je ne reçois pas 20.000 Euros pour l’association : la crise, dommage !), puis une petite Moussaka sur le port … Ouf, toutes les crises du jours sont gérées (même celle du fou-rire en voyant un marin certainement un peu imbibé d’Ouzo et qui est tombé du quai dans l’eau …). Dormez bien sans crise (de nerf / de toux / de délirium tremens / …), bonnes et braves gens, demain, eh bien pour nous , l’étape sera plus courte, promis juré !

Jour J + 104 : Amédée


Dis, Monsieur le Soleil, tu crises ? tu pourrais pas calmer un peu tes ardeurs … Et dis, l’eau gazeuse, tu crises aussi ? Tu pourrais pas calmer un peu la transpiration de Ben, parce que moi, je suis tout trempé, dans le sac … Allez, j’arrête de me plaindre ce soir, sur la plage, ça a été une super crise. J’ai rencontré une jeune et jolie dame aussi dynamique que moi, qui m’a invité dans son bateau, au bord du port de Kavala. Et là, dans cette ville, on y est bien et on y resterait bien quelques jours, mais on n’est pas riches comme Crésus( lui au moins il était à l’abri de toute crise). Nous … au fait, il y a un truc qui cloche (sans tomber dans la crise, faut pas pousser) : on n’a pas rencontré grand monde aujourd’hui, c’est qui qui va s’y coller pour la photo Noir et Blanc ? Enfin, j’ai l’impression que Ben, il a sa petite idée, je sais pas laquelle, mais j’ai vraiment l’impression qu’il a sa petite idée … m’enfin à qui je dois dire merci, ce soir ?

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Amédée le Béage Béatifié  à  Kavala

S’il y en a bien un qu’il faut pas oublier, parce qu’à sa manière il m’est indispensable, autant que mon bâton de pèlerin (à la fois signe de ralliement mais aussi pour éloigner les intrus canins) et aussi mes chaussures (increvables, celles-là, les gens de « dix fois la longueur » ils pourraient même croire que j’ai pas marché un poil), donc c’est bien Amédée … celui dont l’idée est partie d’une soirée de potaches, et qui finalement semble vous avoir séduit, vous, braves gens, et peut-être même l’humanité toute entière (ou presque). Alors ce soir, on peut lui donner la parole, à ce gnome qui lui aura l’avantage de ne jamais connaitre la crise … Et qui sera – peut-être – le premier à entrevoir la Jérusalem céleste, perché sur son chameau de Ben :

"Merci Ben, comme les Deschiens, , tous les deux, « on est bien », on est en paix, et peut-être même qu’on va en paix, lol" (Amédée le Béage Béatifié)

jeudi 18 août 2011

Jour J + 103 : Vamvakofyto => Nea Zichni => Kavala (47 kms - Total = 3295 kms)

Pensée Spirituelle
"Une fleur sur la plage que deux amants laissèrent au bord d'un beau rivage, ils firent leur rencontre.
Ils partagèrent tout, le plaisir, la douleur, ils avaient un atout : ils ignoraient le malheur.
Ils se jurèrent un jour de ne point se quitter : c'était une promesse qu'ils devaient s'acquitter.
Leur histoire d'amour fut fort incomparable, et leur très grand bravoure fut certes admirable.
Ils restèrent réunis, jusqu'à ce que soudain intervienne l'ennemi, l'ennemi des humains.
L'ennemi de la vie, prédateur de l'amour, ravisseur de nos vies, semblable à un vautour.
Il guette de loin, attend le bon moment : il attaque soudain, c'est le pire des tourments.
C'est la mort qu'il se nomme, pire cauchemar des hommes, tout habillé en noir, il dépasse nos pouvoirs.
Une fleur sur la plage, que deux amants laissèrent. Ils ne purent se revoir, les temps se succédèrent.
Cette fleur reste encore un signe de leur vie, un symbole de leur mort. Jamais elle ne ternit.
Une fleur sur la plage, que deux amants laissèrent, signe de leur passage ? Vérité ou mystère ?"
(Ali El-Hage)
Péricope Biblique
"Jésus se trouvait sur la plage auprès du lac de Génésareth, et la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu"
(Lc 5, 1)

Encore une belle journée ensoleillée, bon, mais c’est quand même la Grèce avec son soleil, ses oliviers et ses treilles, et même ses micro-chapelles sur le bord des routes. Grèce éternelle … redécouverte en cet « Eté grec » (selon le titre du best-seller de Jacques Lacarrière, à lire absolument : 7,50 € d’occasion sur Internet, j’ai regardé … et si vous le trouvez pas, aucune excuse, je vous le prête !). Sauf que maintenant, il y a en plus … cette voie rapide qui n’en finit pas, et ces gens qui veulent nous prendre en stop … Pour prendre un exemple – complètement – au hasard, on était tout près du but de l’étape, quand Johanna (elle se compare à notre sainte nationale) et son Ghergiu de copain (prénom grec à la mode, non ?) s’arrêtent et trouvent « anormal » que je perde autant d’eau !. Une durite est-elle cassée ? non, c’est l’eau gazeuse qui fait son effet … Alors, comme ils habitent tout près, ils me proposent de m’emmener à la plage. A la plage, quelle drôle d’idée, quand on est à l’intérieur des terres … Je finis donc les quelques deux kilomètres qui nous séparent de leur domicile estival, y dépose le sac, prends Amédée (très important à préciser), et nous voilà faisant une bonne distance vers la mer Egée, pour rejoindre leurs copains Diana (comme la déesse, pas comme la princesse, me dit Johanna) et Constantinos (comme l’empereur, me dit encore Johanna … Heureusement qu’on ne retrouve pas un car entier, j’aurais pas pu noter tout ce que dit Johanna !) … Et voilà le début, à 17 heures, d’une belle histoire maritime !

Jour J + 103 : Amédée


Encore des gens qui ont bien rigolé, Johanna et Ghergiu, en voyant Ben me sortir du sac et m’emmener à la plage ! Mais moi, là où j’ai moins rigolé, à la plage, c’est quand j’ai été pris dans les sables mouvants. Vous, les grands, quand vous vous enfoncez dans 15 cm de sable, c’est pas bien grave, mais moi … C’est décidé, quand je me réincarnerai, ce sera en girafe. Au moins, on verra ma tête ! Allez, encore une bonne journée de passée. Merci nos quatre compères (et même commères, ah les filles !)

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Johanna et Ghergiu  de  Nea Zichni

Johanna et Ghergiu, on a tout de suite sympathisé. Un couple de jeunes grecs, en vacances dans le coin, dans leur famille. Ils se rendent à la plage pour la journée, et ils comptent bien en faire participer le pérégrin de service ! Bon, c’est vrai, faire autant de kilomètres en voiture pour voir la mer alors qu’on s’y rend le lendemain à pied, c’est étonnant, mais le coin qu’ils nous font découvrir, c’est un p’tit coin d’paradis !. Et puis, accompagné d’un repas grec, feuilles de vigne et brochettes, vin retziné et Ouzo, ça vaut le coup, non ? Et puis, les parties de baggamon pendant que les autres se baignent, c’est pas unique, ça ? Bon d’accord, le temps passe, et la nuit tombe, et demain le jour se lève … Mais demain sera demain… Et demain sera beau … Evidemment, vous l’avez remarqué, Johanna, elle parle beaucoup (elle dit même que puisqu’elle n’arrive pas à prononcer le prénom « Benoît », elle va s’inspirer des couleurs de mes yeux et de ma barbichette qui ne sont pas sur la palette d’un peintre grec, et qu’elle va m’appeler « Renoir » : sympa, non ?). Bon, on va profiter que Johanna, qui parle toujours beaucoup, papote avec sa copine Diana pour permettre enfin à Ghergiu de s’exprimer :

"On avait bien deviné, en vous voyant sur le bord de la route que vous étiez quelqu’un d’original. Et votre projet est tout aussi original ! moi, je vous accompagnerai bien … ramenez-nous un peu de paix de Jérusalem, on en a bien besoin ici, avec la crise …" (Johanna & Ghergiu)

mercredi 17 août 2011

Jour J + 102 : Petrich (Bulgarie) => Vamvakofyto (Grèce) (47 kms - Total = 3248 kms)

 Information spéciale :


Et on passe encore une fois la Frontière. C’est comme les doubles saltos périlleux de leurs gymnastes, on a à peine le temps de voir le mouvement. Je suis à peine entré dedans que déjà au revoir la Bulgarie, et tout de suite bonjour la Grèce !

 Au revoir la Bulgarie, Bonjour la Grèce 

Pensée Spirituelle
"Le temps passe, mais chaque instant de la vie ne compte que dans la mesure où nous y sommes présents"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde."
(Jn 9, 5)
 

Eh oui, on a tellement discuté avec Angel hier soir qu’on n’a pas vu le temps passer, alors ce matin, il a fallu faire fissa pour que je ne parte pas trop tard, avant la chaleur caniculaire … Le temps d’ingurgiter un repas complet, le temps de lui montrer le blog, le temps de faire un dernier petit tour en ville pour voir ce que l’on n’avait pas pu hier (ben oui, ça y est, une heure de décalage horaire) : les hauteurs de la ville, une pierre miraculeuse, une petite église construite au sommet d’un immeuble par un propriétaire qui ne s’entend pas avec le reste de sa famille copropriétaire, ce qui fait ainsi l’immeuble est gelé et ne peut être démoli – pas bête comme technique à appliquer chez nous, non ? – … Et me voilà parti. Les routes sont déplorables, le trafic inexistant, la frontière approche, la frontière est là, la frontière est passée comme une lettre à la poste (vive l’Union européenne !) … Seulement voilà, de l’autre côté, c’est tout de suite une voie rapide (enfin, 80 km /h …), il n’y a pas le choix, alors c’est pas du tout rigolo de coller à la barrière de sécurité sur la bande d’arrêt d’urgence. Tant pis pour vous, il n’y aura quasiment pas de photos de la journée !!! Les voitures et les camions ne s’arrêtent pas, sauf, vers 16h00, Teris, qui ne va pas beaucoup plus loin (me dit-il …) mais qui voudrait bien, en insistant, me prendre en charge, et m’héberger chez lui à Vamvakofyto … J’avais prévu de m’arrêter à Sidirokastro, tant pis, je « négocie » avec Teris. Il continue seul en voiture, je continue seul à pied –du coup 7 kms de plus –, et on se retrouve là-bas dans 1h30 au café sur la place de le petite ville … Ce qui se fait, lui jouant avec un pote au Baggamon, moi dégoulinant au possible ! Et le temps de trois ou quatre parties supplémentaires, Teris m’emmène encore plus tard à sa « résidence secondaire » sur un terrain familial, un petit bâtiment et une caravane sous une treille ! Voilà une journée-marathon, il est plus de 18h00, une douche au jet d’eau du potager, un repas frugal de tomates, de fêta et de figues, retour au café pour quelques parties de Baggamon (pourtant novice, je les épate !) et quelques ouzos (là je suis ferme …) et me voilà de retour pour dormir dans la caravane pendant que Teris voudrait absolument écraser ses partenaires. C’est bien cela la Grèce, ses cafés, son ambiance, ses vieux, ses treilles, ses jeux !

Jour J + 102 : Amédée


C’était jamais arrivé ! Ben, il a –dit-il – complètement oublié de me sortir du sac, tellement il a eu chaud ! ça explique peut-être, mais cela n’excuse rien, non ? Toujours est-il que c’est juste avant de retourner au café qu’il m’a entendu hurler à la mort, et que j’ai juste pu aller dans le village me promener près de l’église dans la chapelle des icônes … Bon d’accord, c’est un peu sacrilège, mais j’ai quand-même droit à ma photo quotidienne, non ? Et puis, on a tellement parlé « ortho » (et pas pour une fois « catho ») depuis trois jours qu’il fallait bien que cela arrive, non ? Et puis moi aussi je deviens en quelque sorte une icône vivante, non ? en tout cas, dans son terrain verdoyant, dans sa caravane assez proprette, Teris il était fier de nous montrer son territoire, alors on a bien fait d’aller chez lui, non ? alors, merci Teris !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Teris  de  Vamvakofyto

Teris, c’est simple, il a72 ans, bon pied bon œil, il a fait toute sa carrière (il est parti en 1966, faute d’emploi en Grèce) à Toronto chez Air Canada où il remettait en état les avions de la flotte, et il est revenu lors de sa retraite il y a 10 ans dans la mère patrie, en laissant ses enfants là-bas … Il a bien fait, parce que comme sa retraite est payée par le canada, il n’est pas touché par la terrible crise économique grecque ! Il a acheté une maison au bord de la mer Egée, il s’est remarié avec une bulgare, et voilà, il profite bien de sa retraite (il se dit « lazy » [fainéant] alors-même qu’il me qualifié de « crazy » [fou] dans mon projet de marche!), il a vu sur la route que c’était dingue de marcher ainsi, et puis, il a eu envie de me faire partager son p’tit coin d’paradis où il se rend régulièrement pour une ou deux journées et où il se ressource de la prolifération touristique de la côte ! Lui aussi a du bagou, tout y passe, sa vie, sa famille, mais aussi les autres pays des Balkans avec lesquels il n’a pas une sympathie particulière (par exemple : la Macédoine ne rentrera jamais dans l’Union Européenne tant qu’elle ne changera pas de nom – elle n’a qu’à s’appeler « la Skopienne », dérivé du nom de sa capitale – car la Macédoine, c’est grec et pas macédonien et basta … de même qu’Alexandre le Grand il est grec et pas macédonien, puisque son père Philippe, était grec d’un nom grec ! … – Bon en contrepartie, des macédoniens m’avaient dit aussi leur rancœur contre les grecs, en même temps qu’ils considéraient que Néné Téréza était macédonienne et non albanaise…). Voilà, c’est ainsi que la paix et l’entente entre les peuples peut avancer, non ! Heureusement qu’en dehors de cela, Teris il a été très prévenant et très sympa … Et que dans sa caravane, il n’y a eu que le bruit des grillons pour me déranger !

"Jamais entendu parler d’un projet aussi fou ! mais vous avez l’air d’y tenir, et vous allez y arriver. Profitez bien de la Grèce, c’est un très beau pays, et allez voir la mer Egée ! En continuant tout droit, vous arriverez vite à Jérusalem ! allez en Paix, et tenez-moi au courant" (Teris)

mardi 16 août 2011

Jour J + 101 : Novo Selo (Macédoine) => Petrich (Bulgarie) (35 kms - Total = 3201 kms)

 Information spéciale :


On commençait à s’incruster dans ce beau pays tellement mosaïque que l’on comprend mieux maintenant pourquoi la macédoine de légumes et la macédoine de fruits !

 Au revoir la Macédoine, Bonjour la Bulgarie 

Pensée Spirituelle
"Vivre dans le doute, ce n’est pas vivre"
(Gaëtan, détenu à Mulhouse)

Péricope Biblique
"Qui s’éloigne de Toi se perd"
(Ps 73, 27)


J’ai prévu de partir de bonne heure, cela ne sera pas possible … Je suis trop bien au monastère, et mon avis semble partagé. La messe du matin, le café, l’explication de la conception des bracelets de prière avec 33 boules en corde (les 33 ans de la vie du Christ pourraient être l’explication), les livres sur la paix, l’échange des adresses, les photos, tout est prétexte ! Allez, 9h30, il fait déjà très chaud, je « franchis le Rubicon, muni d’un plein d’œufs frais de la propriété, et je franchis la porte du monastère sans le regard de Père Ahtohuj qui semble bien détourner sa tête à ce moment-là … Un petit arrêt en ville à son célèbre supermarché, et c’est parti sous le cagna par une route très verdoyante. Premier arrêt au bout de 500 mètres pour un café offert par des autochtones retraités revenus au pays, comme ils disent, avec qui je me dois de discuter … Second arrêt trois kilomètres plus loin par un agriculteur qui m’invite à prendre un café sur sa loggia, pendant que sa mère enfile avec dextérité des feuilles de tabac pour les faire sécher … troisième arrêt deux kilomètres pour boire un café avec des ouvriers réhabilitant un pont. Croyez-moi, avec ce triple café macédonien, où il y a autant à boire qu’à manger, je suis une pile Volta ! Personne sur la route, ce qui n’empêche pas que cela soit peu nerveux cette fois-ci du type « décaféiné au passage de la frontière, et route sans histoire et sans trafic à la mi-ombre pour atteindre Petric. Une nouveauté, rendez-vous est pris par Internet (sur un site de propositions d’hébergements, il faut bien innover) avec Angel, on verra bien ! et Angel arrive, m’emmène pedibus à l’appartement familial, m’y reçoit royalement, et en route pour un tour complet de la ville, peut-être qui sait la seule journée de Bulgarie de mon périple, mais rien ne sera oublié !!!

Jour J + 101 : Amédée


Chaud, très chaud encore une fois, dites, monsieur le climat, vous faites vraiment n’importe quoi ! Et pourtant, on dit toujours qu’à partir de la seconde quinzaine d’Août, il commence à faire moins chaud, d’habitude … En tout cas, à Petrich, pendant que les garçons discutaient de sujets compliqués qui ne sont pas à la portée du premier nain-bécile venu, moi, j’ai pu trouver un peu de fraîcheur dans le congélateur à glace du café qui était resté ouvert … Et voilà-t’il pas que des criminels ont voulu me cryogéniser en refermant le couvercle … Dire que j’ai failli finir mon existence en produit local, à savoir en yaourt bulgare glacé !!! Heureusement, Angel est arrivé et m’a réanimé, et là, l’ambiance s’est considérablement réchauffée ! merci à toi Angel !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Angel  de  Petrich

Soyons francs, Angel, comme pour mes autres hôtes, j’en avais jamais entendu parler, c’est grâce au site internet « Coachsurfing » (merci Matthew de Skopje !) que j’ai trouvé ses coordonnées. Il habite Petrich, il a 30 ans, est encore étudiant car il a du mal à terminer ses études vétérinaires, il habite encore chez ses parents , il a envie d’échanger, il peut accueillir quelqu’un pour le gîte. Il faut bien essayer, non (autant pour lui que pour moi, c’est une nouveauté !). Rendez-vous au café sur la place principale. Et là, c’est génial ! le contact passe tout de suite, il connaît très bien la France sous toutes les coutures sans être quasiment jamais sorti de son pays … Les parents sont absents (retraités, ils ont une petite maison dans un village montagnard où ils passent l’été en famille). Je suis comme un coq en pâte : repas complet (avec du yaourt bulgare non glacé, pour éviter qu’Amédée soit glacial !!!), visite complète de la ville, de ses place, des traces du régime communiste, des nouveaux bâtiments, de l’église Sveti Ghergiu – comme il se doit – et bien sûr pause-bière au café branché du lieu (il semble d’ailleurs qu’en dehors de ce lieu, la ville soit d’une ambiance plutôt tiède, voire glaciale …). Et la soirée se passe avec les multiples questions d’Angel. Du genre : Louis XIV était-il un grand roi ? et Napoléon un grand empereur ? et Sarkozy un grand président – dans tous les sens du terme – (Nota : vous poseriez les mêmes questions sur des personnalités bulgares, vous ? moi, honnêtement, non !). Puis cela glisse sur la Bulgarie et ses voisins, l’Europe, les religions, la paix, il a plein d’idées, Angel … En tout cas, il porte bien son prénom. Avec lui, on est bien et on ne s’ennuie pas !

"Benoît, je suis tellement heureux de t’avoir rencontré ! je te souhaite tout le meilleur possible pour toi et pour ta famille ! Laisse donc le Seigneur te guider sur ton chemin. Comme l’a dit le célèbre écrivain bulgare Penjo PENEV " the man is a real man when he is on the way" (l’homme est réellement homme quand il est sur le chemin). Continue à marcher !" (Angel)

lundi 15 août 2011

Jour J + 100 : RTT à Novo Selo (Total = 3166 kms)

Pensée Spirituelle
"Prie Dieu, qu’Il t’accorde la sainte humilité, prie-Le qu’il t’accorde de L’aimer"
(Père PORPHYRE)
Péricope Biblique
"Et lui, il se retirait dans les déserts, et priait"
(Lc 5, 16)


Petit rappel catéchétique en cette période de repos, nécessaire (le repos autant que la catéchèse !!!) s’il en est. Pour les chrétiens catholiques, le 15 Août, c’est la fête de l’Assomption [ou Dormition] de la Vierge » … et comme il existe toujours un écart d’environ deux semaines entre les calendriers grégorien (pour les catholiques) et julien (pour les orthodoxes), ces derniers célèbrent cette fête le 28 Août. J’ai donc double droit de me reposer aujourd’hui ! d’autant plus que le monastère (faisant penser aux petits monastères des premiers temps chrétiens) est un véritable petit paradis, bâti un peu comme ses homologues du Mont Athos, avec son bâtiment principal à galerie en bois surplombant le verger et la basse-cour, son église à plan de croix grecque très simple … Et partout, le seul bruit de la nature et des animaux ! donc pas grand-chose à vous dire, en quelque sorte une retraite spirituelle parmi mes amis les moines orthodoxes … Au menu, en réalité pas grand-chose au menu gastronomique, car durant ces deux semaines de festivités précédant la fête virginale pour les moines , outre la viande et le vin « interdits » (sauf en de très rares occasions), outre l’huile (réservée à la cuisine des Dimanches et fêtes), ils ne peuvent manger ni œufs, ni produits laitiers ! Que reste-t-il ? De la pseudo-viande frite à base de soja, des légumes et des fruits crus ou bouillis. Croyez-moi, cela fait du bien aux intestins ! Et ce menu est accompagné d’une petite ballade au village et à son supermarché (quelle sortie !), au lac-retenue d’eau agricole qui surplombe le monastère, bien-sûr à la messe du matin, et aux célébrations de l’après-midi et du soir. Je vais enfin un peu mieux comprendre la liturgie orthodoxe, accompagnée par ses célèbres chants vocaux … N’oublions des discussions sympathiques mais profondes portant sur tous sujets avec Père Antohuj (comprenez Antoine) et avec ses comparses … Bref, un intervalle chaleureux, et pas mal de détente physique, intellectuelle et spirituelle ! Bonus du jour, me voilà muni d’une liste d’ouvrages de pères spirituels orthodoxes, cela vous dit ? et vous, qu’avez-vous fait en ce 15 Août ?

Jour J + 100 : Amédée


Moi, c’est pas compliqué, pendant que Ben prenait sa douche, j’ai trempé un orteil dans la mare aux canards, plus sympas que les poules du lieu (oui, je sais, pas très élégant de dire cela dans l’enceinte d’un monastère …), et puis, la sieste, la sieste, la sieste, car pas de nains de jardins dans le jardin (je n’ai pas l’air de « brancher les moines », pas de statues de saints à qui parler (mais que des icônes qui n’ont pas réagi), et voilà … Donc du coup, moi-aussi j’ai eu droit à ce jour férié … En tout cas, cette journée fut magnifique, calme et reposante, grâce à qui, grâce à vous à qui nous disons merci, les quatre moines du lieu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Pères Jakob, Efrem, Ahtohuj et Teodor, Communauté Sverti ghergiu  de  Novo Selo

Là, il faut dire, si l’on a du mal à croire aux signes, en voilà une parfaite démonstration ! Père Jakob (comprenez Jacob), abbé en ce moment de la petite communauté, et Pères Efrem (comprenez Ephrem), Ahtohuj (comprenez Antoine) et Teodor (comprenez Théodore). Ils ne pouvaient pas mieux tomber pour m’imprégner de l’expérience monastique orthodoxe. Ils ont été, sans se forcer mais tout naturellement, de parfaits hôtes. Il m’a suffi de suivre leurs horaires, de discuter avec eux quand ils pouvaient le faire, de les suivre en seul auditoire aux offices. Et me voilà reparti pour pénétrer dans un nouveau pays !

"Lord Jesus-Christ have mercy on me sinner !" (Abboth monk Jakov)
"Jésus-Christ, aie pitié de moi pécheur" (Abbé moine Jakob)

dimanche 14 août 2011

Jour J + 99 : Strumica => Novo Selo (29 kms - Total = 3166 kms)

Pensée Spirituelle
"Si je pouvais changer ma vie, renaître"
(Aziz, détenu à Mulhouse)
Péricope Biblique
"Il s’agit de vous renouveler spirituellement à partir de l’intérieur, et de revêtir l’Homme Nouveau, l’homme selon Dieu"
(Eph 4, 24)



Soyons prudent, si je me perds de nuit, je vais tâcher de ne pas me perdre de jour ! et si je ne suis pas le petit Chaperon Rouge (quoi que, vu ma taille, me diront certains, en tout cas ma casquette n’est pas rouge mais bleu marine délavé) pas plus que le petit Poucet (quoi que, encore une fois … en tout cas, j’ai oublié de semer des petits cailloux en venant ici hier après-midi). Mais, non encore gagné par l’Alzheimer, après avoir tenté la messe dominicale de 7 heures en l’église du lieu (laquelle messe dure ici 2h30), mais mauvais chrétien, j’ai abandonné, je retrouve facilement l’hyper centre de la ville. Drôle d’impression de voir quelque chose de si aseptisé à deux pas du quartier Rom … Trop tôt, tout est fermé, donc pas de café (le petit déjeuner du centre d’accueil des travailleurs, s’il manquait de concombres et de paprikas, était assez succinct !). En route, la zone industrielle, les petites routes, une fois de plus c’est Dimanche, et peu de véhicules … Le niveau de vie semble bien plus élevé en cet Est de la Macédoine proche de la Bulgarie, l’état des lieux est plus « propre » et les maisons imposantes (il semble que beaucoup d’autochtones travaillent à l’étranger et se fassent construire ici leur résidence de vacances et pour leurs vieux jours) … Contrepartie, plus de café-bar (vous allez me traiter d’addict-pérégrin, je sens cela) … Bon je continue, Jordan de Radovic m’a indiqué un monastère à Novo Selo [= « Nouveau Village », pour les linguistes], alors je vais tenter ma chance. Je demande au pompiste, qui non seulement m’indique le chemin, mais m’accompagne – au détriment des clients, mais on a tout le temps ici … – quelque distance pour me le montrer de visu un peu au loin, sur la colline. La suite, eh bien, c’est Amédée qui s’y colle ! moi, je vais profiter de la sérénité du lieu, de la chaleur des moines, de leurs offices chantés si particuliers pour un catho !

Jour J + 99 : Amédée


Petite journée de marche, il ne s’est pas foulé le Ben … Bon, on ne lui en veut pas, en France, il y en a qui sont en plein pont … Et d’autres même en pleines vacances ! La journée est calme, pas grand monde sur cette route, nous trouvons bien le monastère dans Novo Selo, il suffit de monter sur la colline , c’est un peu comme la montée du Sinaï, ou celle du Carmel … En tout cas ce n’est pas la montée du Golgotha (vous voyez, je commence à étaler ma science !), car dès la première grille poussée, celle du monastère, dès la seconde poussée celle de la clôture du-dit monastère, tout de suite frère Ephrem s’occupe de nous ! dans cette petite entité (quatre moines en ce moment) je me sens de nouveau Béage, à moi le tour du propriétaire (si l’on peut parler ainsi, pour un monastère !). Et voilà que je pénètre dans le poulailler … et que la porte se referme ! Heureusement les volatiles sont aussi saints que les humains occupants des lieux, ils me regardent à quelque distance, et du coup j’en sors indemne ! Et comme le travail des moines est bien fait, pas d’œuf pourri à me lancer à la figure, moi le horsain. Belle après-midi, belle soirée, merci vous, les quatre moines du lieu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Frère Antonio, Monastère Agios Ghergiu  de  Novo Selo

Tout de suite, frère Ephrem a le sourire pour m’accueillir ! il est seul en ces lieux en ce Dimanche midi, les trois autres occupants sont partis célébrer le Baptême de la fille d’un des amis de la communauté, dans un monastère voisin. Je suis littéralement « cuisiné aux petits oignons », chambre des hôtes, repas frugal de produits du lieu, et … sieste réparatrice de rigueur ! Du coup, je rate la célébration chantée de l’après-midi, dommage (mais cela va peut-être se rattraper, non ?) … Et c’est alors qu’ensuite guidé par père Antonio, chargé officiellement de l’accueil des hôtes, je suis littéralement intégré à la communauté, en cet Eden terrestre, peut-être pas si loin que cela de la Jérusalem céleste ? Heureux, Béat, peut-être même « à l’aise », je le suis, ici, et peut-être même que je vais m’y incruster, pour poser un peu et me ressourcer … :

"A recevoir" (Frère Antonio, Monastère Agios Ghergiu)

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