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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

mardi 6 septembre 2011

Jour J + 122 : Arifye (près d'Adapazari) => Gümüsova (47 kms - Total = 4016 kms)

 Information spéciale :

Cette fois, c’est passé tout seul ! Le quatrième mois se termine … aujourd’hui ! et de même aujourd’hui , la barre des 4000 kilomètres se franchit, telle le passage du Rubicon, toute seule – ou presque ! – …! Eh oui, mille bornes par mois, c’est pas mal, mais c’est pas extraordinaire, car, faut-il vous le dire encore une fois, c’est juste … ce qui était prévu ! Ca, ça n’a peut-être pas vraiment d’importance, tous ces chiffres, mais bon, nous, on en est bien heureux (et c’est vrai qu’on est heureux sur le chemin, même sans vous, mais c’est vrai que si vous nous faites encore plus signe, lol ! on sera encore plus heureux ! mais on se contente du tout comme du peu comme du juste milieu !) de fêter les quatre-mille bornes, et ce de la manière dont cela était prévu. Rappelez-vous, - c’était le 3 Juin dernier à Montdauphin en France, pour fêter le premier « mille » en France, on avait acheté une pochette de la Française des Jeux, qui s’appelle … « 1000 bornes ». Sur les sept jeux au grattage, on n’en avait gagné qu’un : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 2000 kms. Alors, comme on y croyait, on a donc racheté le 6 Juillet dernier à Klenovica en Croatie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Croatienne des jeux … Et c’est bizarre, une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 3000 kms. Alors, têtus comme on est, on a donc racheté le 10 Août à Skopje en Macédoine une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Macédonienne des jeux … Et c’est quand-même bizarre, une fois de plus, on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 4000 kms. Alors, de plus en plus entêtés, on a donc racheté ce matin à Adaparazi en Turquie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Turquoise des jeux – joli nom, non ?... Et c’est bizarre, y-a-t’il du truquage ? Une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité de rejouer là où on sera dans quelques semaines (et si on lit les règlements, ce sera pour les 5000 kilomètres – mais on n’y est pas –). Affaire à suivre donc ! Pour votre information, ma seconde paire de chaussures de marche se porte parfaitement bien, le bâton de marche est droit comme tout, fidèle au poste ; Amédée a eu quelques soucis, on l’a bien réparé ; mes vêtements commencent aussi à craquer, je vais me lancer dans la couture. Il fait un peu moins chaud … après 16 heures (heure souvent d’arrivée, lol !). Et enfin, pour vous faire la totale, l’estomac n’est pas trop dans les talons, mais il va très bien, grâce notamment à l’ingestion de … marc de café turc (vous devriez essayer, c’est … unique !). Bref, on marche toujours allègrement, plutôt plein Est, on va bientôt obliquer Sud-Est, et on vous le dira, dès qu’on entrevoit la Ville Céleste !!!


Pensée Spirituelle
"La qualité de notre vie ne se mesure pas à la nature des évènements et des rencontres dont nous devons faire l’expérience, mais à la personne que nous sommes quand nous faisons l’expérience de l’évènement et de la rencontre de l’autre"
(Guy FINLEY)
 
Péricope Coranique
"Celui-ci est du nombre des rapprochés (de Dieu), alors (il aura) du repos, de la grâce et un Jardin de délices. Et s'il est du nombre des gens de la droite, il sera [accueilli par ces mots]: «Paix à toi» de la part des gens de la droite."
(Sourate 56 [L’évènement], Versets 88 – 91)
 


Une si belle petite ville pimpante, décorée de guirlandes de poivrons, comme si c’était Noël (sauf qu’ici comme partout dans le monde islamique, Jésus n’est qu’un prophète, alors on ne fête pas sa naissance !). Quel plaisir de voir moins de monde sur la route, quel plaisir de voir des gens vraiment souriants sur le bord du fossé, quel calme dans la banlieue de la petite ville, préférable au centre sans grand caractère ! Une fois de plus, c’est le café du coin de la rue, avec ses tables dépareillées et ses chaises qui ont dû gagner le concours mondial du plus grand nombre de postérieurs posés, qui va être au cœur de cette bonne petite journée ! Il a fallu partir de bonne heure ce matin (05h45 pour tout vous dire, je n’ai même pas dit au revoir à Mehmet !) car les jours raccourcissent déjà, le soir, et puis, l’aurore, c’est superbe et – comme aurait dit Mémé - c’est « l’heure des braves » ! Pendant des heures, à droite et à gauche, devant et derrière, c’est toujours la même steppe, jaunâtre, écrasée par le soleil, sans oiseaux et sans animaux, la prochaine fois, je ferai ce parcours au Printemps (chiche !) … Je me fais héler sur le bord de la route, dans chaque petit village, je fréquente – presque – chaque petit café. Nouvelle technique, plutôt que de porter tout la journée de l’eau tiédasse, les gens me la proposent, cela permet d’amorcer la conversation, sans traduction simultanée ! Et voilà que 16 heures arrivent, il est temps de poser. Pas compliqué, je vous donne la recette : vous vous asseyez donc au café du coin, vous ne demandez rien, surtout pas d’alcool (car il vous fallait aller … dans un bar) ; et immédiatement, sans savoir ni comment ni pourquoi, on vous amène un petit verre de thé – que vous ne parviendrez quasiment jamais à payer ! –, et là, vous n’attendez pas longtemps avant que la seule personne du coin qui aligne trois mots d’anglais reçoive d’office la délégation de ses compères-piliers-de-café et vous demande : « Where are you from ? ». Là, vous répondez, vous expliquez –très sommairement – en quoi consiste cette très étrange idée d’être là (déjà si vous arrivez à faire ingurgiter : « France », « Jérusalem », « by foot », !!! …). Et puis ensuite vous faites le geste de vos deux mains collées en diagonale sur le côté de votre visage, lequel doit ressembler à la tour de Pise … Les gens vous disent « hôtel ? », vous répondez par la négative, que vous ne voulez pas … et voilà qu’il va y en avoir un qui se désigne, s’auto-proclamant logeur de pérégrin … Là, vous cherchez à confirmer auprès du volontaire, mais surtout, vous ne montrez aucun signe d’empressement, car l’heureux auto-élu ne va pas se lever avant une bonne demi-heure, le temps de finir son verre de thé … et vous le suivez. Vous arrivez alors chez lui, devant sa maison blanche aux huisseries marron et décorée donc de ces guirlandes de poivrons, là, vous pénétrez, vous saluez tout le monde (c’est mixte ici, ouf !). Et voilà ! parce que la suite … ben elle ne vous regarde pas, c’est de la vie privée !!! En bref, on vous loge où on peut, on fait au mieux pour vous satisfaire, vous vous lavez selon les moyens du bord, vous faites plaisir en mangeant de tout (et il y en a beaucoup, le tout servi en même temps, et il faut finir ! mais faites attention de limiter les dégâts qui surviendront peu de temps après … ). Bien-sûr vous pouvez entrer et sortir comme vous voulez, mais le plus souvent chaperonnés par un jeune fils de la maison qui va jouer le rôle de guide … Et enfin, le plus important !!! après le repas du soir, vous ne vous couchez surtout pas mais vous retournez avec votre hôte au fameux café, qui a toujours ses tables dépareillées et ses chaises qui entretemps ont augmenté leur chiffre de postérieurs posés (le livre des Records est en vue) … Et là, on vous sert un verre de thé … et vous attendez, renvoyez les sourires reçus, échangez un ou deux mots, à la limite vous ne pensez plus à rien, Bref, vous êtes bien ! Ah, c’est autre chose que le buffet d’une gare française ! voilà, cela peut varier, mais voilà en gros comment les gens ont le sens de l’accueil, ici, dans la Turquie anatolienne !

Jour J + 122 : Amédée


Non, Ben, il n’exagère pas, c’est ce que tous les routards croisés (c’est vrai qu’il y n’en a pas tant que cela) nous avaient prévenu : ici, en Anatolie, l’étranger est l’hôte de marque, dans les petits villages ! Et tout est couleur locale, les poivrons séchés (ceux-là, je vous les déconseille, c’est terrible comme décap’four), les murs blancs des maisons, mais aussi les véhicules ! Tiens, on en a vu un, sur la petite place, j’aurais pas aimé être le passager, il a dû être secoué … Finalement, allez, on retourne sur la terrasse de café, Ben, il fait une fois de plus une partie de Backgammon (et il se prend une vraie pâtée), mais là, au moins, on se fera pas écraser par quelque véhicule! Et puis ensuite, on rentrera bien sagement avec Youssef dans sa maison, et pourra lui dire, merci Youssef ! :

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Youssef  de  Gümüsova

Vous l’avez compris, l’heureux élu de ce soir, ce pourrait être moi, car je suis nourri - logé (et pour un peu, je pourrais être blanchi, mais ne poussons pas), mais c’est aussi Youssef, soixante-seize ans bien portant, fidèle du café du coin de la rue, de sa terrasse et de ses chaises, et il ne voudra pas que je le remercie. L’honneur est pour lui, d’après ce que je vais tenter de comprendre … et semble-t-il, l’honneur est aussi pour sa maison qui m’a accueilli, mais encore pour le café du coin, et … pour le village. J’ai l’air de pousser un peu le bouchon, mais, ils sont tellement accueillants les turcs, que ce doit être dans leurs neurones, voire dans leurs gênes ! Ils sont peut-être un peu fiers, mais de leur Anatolie, ça, ils peuvent en être fiers, il nous suffit, quand nous sommes avec eux … de rester à la fois à notre niveau et à leur portée !.
 
"Merci d’être entré dans notre modeste demeure et d’avoir partagé le repas et la vie de notre famille, que la Paix soit avec vous et avec tout ce que vous entreprenez !." (Youssef)

lundi 5 septembre 2011

Jour J + 121 : Izmit => Arifye (près d'Adapazari) (42 kms - Total = 3969 kms)

Pensée Spirituelle
"Dans un figuier, aucune feuille n’est pareille à une autre. Elles sont toutes différentes de forme, cependant chacune crie « figuier ! »"
(Henri MATISSE)

Péricope Biblique
"Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l'été est proche"
(Mt 24, 32 // Mc 13, 28)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Par le figuier et l'olivier ! Et par le Mont Sinin ! Et par cette Cité sûre ! Nous avons certes créé l'homme dans la forme la plus parfaite. Ensuite, Nous l'avons ramené au niveau le plus bas, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres : ceux-là auront une récompense jamais interrompue. Après cela, qu'est-ce qui te fait traiter la rétribution de mensonge ? Dieu n'est-Il pas le plus sage des Juges ?."
(Sourate 95 [Le figuier], les 8 Versets)



L’aspect symbolique interreligieux du figuier … Après la première partie du triptyque sur les arbres sacrés de la Bible, sur l’olivier, déjà évoqué précédemment (attention, interro écrite le lendemain de mon retour …), j’avais prévu, pourquoi donc ? De vous évoquer aujourd’hui la partie centrale de ce triptyque : le figuier … peut-être vous demandez-vous pourquoi ? et pourquoi la partie centrale ? eh bien parce que cet arbre est évoqué à la fois dans la Bible vétérotestamentaire et néotestamentaire (et oui, le Premier testament et le Nouveau testament) … mais aussi dans le Coran, où il occupe la vedette d’une sourate, en lui donnant son titre … bel exemple interreligieux, non ? et tout à fait en adéquation avec notre rencontre quotidienne ! donc le figuier … que peut-on en dire ? Ici, ça pousse tout seul (et même en Normandie, où il y a des farfelus – on se demande bien qui ? – qui en ont planté dans leur jardin …), que ça donne de fruits supers, qui d’après Jésus apparaissent avant les feuilles … lesquelles ont été bien utiles à nos géniteurs naturistes (souvenez-vous en effet la mésaventure d’Adam et Eve : « Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent, et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuiers et s’en firent des pagnes » (Gn 3, 7))!

Donc voilà, le figuier représente la vie, et cela a pris une connotation nationale, historique. Celle du peuple et sa Renaissance … On pense ici bien-sûr à tous les peuples qui ont été bridés, voire opprimés et qui ont réussi ou qui sont en train de tenter de retrouver leur souveraineté intérieure (pensons à la Turquie ici présente, nouveau pays « libre » depuis 1923, ou à la Syrie, épine sous peu de cette périgrination) … Ainsi, le figuier a pu sécher durant des années, voire des millénaires, et reçoit la vie maintenant , notamment grâce au Seigneur (qu’il s’appelle YHWH, Dieu ou Allah …) qui redonne la vie au figuier qu'Il a lui-même desséché. Car alors les branches (re-) deviennent tendres, la sève (re-)monte et les fruits (ré-)apparaissent, prêts à murir et à être dégustés, crus ou séchés, pour notre plus grand plaisir ! (mais attention ! en même temps, attention aux mauvaises figues, qui évoquent … les mauvaises gens et le peuple corrompu !). Voilà un beau signe de plus, dans le domaine du Dialogue interreligieux, qu’en pensez-vous ?

Mais quel rapport avec aujourd’hui ? eh bien simplement que par le plus grand des hasards, j’ai rencontré … Mehmet ! Mehmet, je l’ai rencontré … dans le train qui m’a mené de la fin de mon étape d’aujourd’hui, Arifye, à la ville d’Adaparazi où je pouvais trouver un hébergement (on commence à rentrer dans la Turquie profonde …). Je m’assieds pour cette courte distance, Mehmet s’assied juste à côté et nous commençons la conversation habituelle ! Et très vite, Mehmet me pose la question « piège » : « Do you like Islam ? » … mais il suffisait de rebondir ! Je lui sors la carte de visite (merci laulau !) avec le nom de l’association et le nom du blog, et je lui explique que dès lors que l’on marche pour le Dialogue interreligieux et que l’on met par-ci par-là des péricopes coraniques, on ne peut rejeter L’Islam … Mais qu’au contraire il faut le connaître et le comprendre, avec ses atouts et ses limites … Comme et aux côtés des autres religions ! et là, nos voisins de train ont dû pester du fait de nos décibels … Car tel un magicien, je sors de mon sac un chapelet de prière musulman (je commence à en faire collection …) et Mehmet m’explique comment cela marche et ce qu’il faut dire ! et ça continue ensuite, ce qui fait qu’on se reverra, Inch’Allah !!! » … Bref, nous voilà donc à Adaparazi, ville située à proximité de la faille nord-anatolienne et qui subit régulièrement une forte activité sismique (elle a été notamment gravement touchée par le tremblement de terre de Marmara le 17 août 1999). Donc vous n’en verrez pas de photos, braves gens, rêvez plutôt … du figuier, de ses branches, de ses feuilles et de ses fruits … et si vous le souhaitez, reposez-vous à son ombre, vous en sortirez … régénérés !!!

Jour J + 121 : Amédée


Nous aurions pu faire la sieste sous le figuier … mais il y en avait partout sauf dans le petit hôtel indiqué par Mehmet … J’ai préféré aller me balader dans l’hôtel, et dans une petite pièce exigüe contigüe à notre chambre. Je suis tombé dans une réflexion profonde : à quoi sert donc ce trou au milieu de la pièce … Ben, il m’a dit de chercher, je me suis dit que c’était peut-être pour planter un figuier ? Eh bien non, m’a dit le patron, c’est typiquement d’ici, une fantaisie … « à la turque ». Vous avez trouvé ? ou bien je vous fais un dessin sur du papier assez fin et en rouleaux, qui se trouvait juste à côté … Bon, j’y suis pas resté longtemps, car il y a du monde qui frappait à la porte, assez pressé semble-t-il ! Et puisque c’est comme cela, je vais retrouver notre ami du jour, qui vient de rentrer du boulot, et qui me paye un pot ainsi qu’à Ben : merci Mehmet !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Mehmet  de  Arifye

Mehmet, il habite avec sa famille tout près de l’ « hippodrome » et de la mosquée Sultan Hammet, à Istanbul ! Mais il n'y est pas souvent, car, travaillant dans une entreprise liée à l’eau, il est sans cesse en déplacement, dans tous les coins de Turquie ou dans les pays limitrophes, pour des durées de quatre à six mois. Et aujourd’hui, il se rend justement à son nouveau boulot … Ce sera donc l‘éloignement de sa famille, mais Mehmet, il est fataliste. Il faut bien si on veut gagner l’argent de la famille, Elamdulah ! Mehmet, comme il dit, il est ouvrier, il a pas fait du tout d’études, mais il apprend l’anglais par lui-même, car il veut progresser, et … il se débrouille bien. Nos conversations, commencées dans le train, sont très profondes, il est pour moi un véritable initiateur de l’Islam et de ses pratiques … et on poursuit ensuite … et p’têt ben qu’on poursuivra ensuite, car lui aussi va peut-être montrer un jour son nez dans l’hexagone ! en tout cas, plus adorable, plus ouvert mais aussi plus discret que Mehmet, pas possible !

"Un pèlerinage, moi aussi je dois le faire, à La Mecque … mais j’aimerais aussi venir une semaine en vacances en France ! et vous m’invitez ! Merci, merci aussi pour ce merveilleux moment passés ensemble. Vous avez eu l’air passionné par l’Islam, moi je le suis par votre démarche. Je vais vous suivre avec mes filles sur votre blog. Qu’Allah le Miséricordieux soit sur vous ! Elhamdula !" (Mehmet)

dimanche 4 septembre 2011

Jour J + 120 : Muallim (près de Gebze) => Izmit (42 kms - Total = 3927 kms)

Pensée Spirituelle
"Avec la liberté de celui que la culture n’a pas entièrement englouti, le vagabond de la musique ramasse le morceau de verre qu’il trouve sur la route et le tend vers le soleil pour en faire jaillir mille couleurs"
(Theodor Wisengrund ADORNO)
 
Péricope Coranique
"N'as-tu pas vu que, du ciel, Dieu fait descendre l'eau ? Puis nous en faisons sortir des fruits de couleurs différentes. Et dans les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, de couleurs différentes, et des roches excessivement noires. Il y a pareillement des couleurs différentes, parmi les hommes, les animaux et les bestiaux. Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Dieu. Dieu est, certes, Puissant et Pardonneur."(Sourate 35 [Le Créateur], Versets 27 – 28)


"Avec un voyage pareil, vous devez en voir de toutes les couleurs !" : Voilà la réflexion entendue ce matin de la part de touristes japonais sur le bord de la plage, en prenant un petit thé juste avant de partir … C’est vrai, mais dans quel sens ? Si c’est dans le sens négatif, celui de la fatigue, des soucis de santé, des rencontres ou de l’insécurité, même pas vrai ! Non que je sois un surhomme, mais à part, pour le fun, une certaine bassine pleine d’épluchures de patates tombée à mes pieds de par les lois de la gravitation universelle dans une petite ville de Croatie (peut-être vous en souvenez-vous ?), rien, non vraiment rien de rien n’a pu affadir ou obscurcir les couleurs de ce voyage : soleil radieux, bien sûr parfois un peu voilé, sur toute la ligne ! car les couleurs ont été – et seront aussi, espérons-le – celles des paysages et des sites, des rencontres et des discussions, des repas et des rires … bref, la couleur de la vie ! Ainsi, pour prendre un exemple au hasard, Izmit, ville destination d’aujourd’hui après une bonne petite marche sous le cagna. Le trajet fut super, bien calme, normal, on est Dimanche, jour de congés ici pour clôturer la fin du Ramazan … Les gens croisés, dont la plupart ont sorti leurs tenues de fêtes de … couleurs vives, sont sympas, petits signes de la main … Par contre, pour contrebalancer, une demi-teinte, celle de l’arrivée dans cette grande ville, déserte en ce début d’après-midi, pas terrible et poussiéreuse, reflétant une activité assez industrielle … Mais c’est ici que se trouve une fois encore un petit hôtel où la rencontre va être amusante, avec deux jeunes italiens, trouvés à la terrasse d’un bar. Très rapidement, on prend la décision d’occuper une chambre à trois, histoire d’économiser … Mais uniquement sur le plan financier ! car avec ce jeune couple en provenance de Turin, on a parlé … déjà de Turin, cette belle ville traversée début Juin, mais aussi de l’Italie, des italiens – et des italiennes ! –, des jumelages et de mon périple. L’idée leur plait, les thèmes de la Paix et des religions aussi, mais voilà le problème (si problème il y a …) : ils n’aiment pas trop marcher (alors ils ne m’accompagneront pas …). Mais, serais-je catalyseur ? nous partons peu après à l’assaut de la ville pour faire le tour des monuments dont les mosquées, histoire de trouver sur leurs murs quelques panneaux en faïences … d’Izmit justement (car les faïences d'Iznik – ou Izmit – sont parmi les meilleurs exemples de l'art ottoman), pleines de couleurs ! voilà bien un signe d’une journée et d’une rencontre « haute en couleurs » … car la vie est un prisme, à travers laquelle la lumière passe et sort de toutes les couleurs !

Jour J + 120 : Amédée


Dans le jardin de l’hôtel, j’ai eu l’idée d’apporter un peu de couleurs au lieu. Tout y était vert, vert comme la chlorophylle, comme les pots de fleurs faits à partir de bidons de récupération, vert comme les agrumes pas encore mûrs, vert peut-être aussi comme la couleur de l’Islam. Bref, un vrai tableau monochrome ! Alors, moi j’ai grimpé aux arbres j’ai rajouté du orange et du rouge, du bleu, du blanc et du noir, tel un fruit imaginaire, certes, mais multicolore, un fruit non défendu, et par ces couleurs, ce petit jardin un peu tristounet est devenu … le jardin d’Eden, celui de la vie, de la prospérité et de l’harmonie !!! Et ce qui a égayé aussi, c’est le rire d’Emilio, qui a bien sympathisé avec moi, et la taquinerie de Clara, qui a failli me piquer et m’emmener en douce ! Bon, c’était une blague, et de toute façon, je reste avec Ben ! mais on en a vraiment vu … de toutes les couleurs ! à vous donc, pour ces rencontre, merci Clara et Emilio !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Clara et Emilio  de  Izmit

Bien sûr ils ne peuvent être qu’étudiants, pour voyager en cette période … Bien sûr ils aiment la Turquie, ses gens et ses paysages … Mais la médecine, c’est un peu loin (quoi que ?) de l’art et de l’archéologie … Alors peut-être vont-ils changer de branche d’études, ou rajouter une spécialité à leur diplôme … En tout cas, ils sont pleins de curiosité, et Clara, elle va sûrement se ramener des faïences comme souvenirs (à moins qu’elle n’en décolle d’une mosquée, à moins encore qu’elle ne ramène la mosquée toute entière chez elle) … Car dans une mosquée, ils n’auraient jamais eu l’idée de rentrer dedans, ils pensaient que c’était interdit de pénétrer dans une maison de prière musulmane … Mais je sens que l’habitude va être prise, et que du coup, je vais plaindre Emilio, car sur les deux semaines qui leur restent en Turquie, il va s’en payer, des monuments religieux, du fait de la curiosité … Car on les a toutes faites (enfin … les ouvertes !). Mais c’est peut-être aussi une façon de dialoguer entre les religions, déjà, de pénétrer et de s’imprégner dans les lieux de prières respectifs, non ? D’autant plus qu’ici, en Turquie, du moment que vous pensez bien à vous déchausser (et ça, croyez en mon expérience personnelle, faut pas vous rechaussez n’importe où !), l’accueil est charmant ! aussi charmant d’ailleurs que le patron du petit hôtel, aussi charmant que le couple de restaurateurs, aussi charmant que nos deux jeunes tourtereaux ! :

"Ce n’est pas nous qui aurions eu l’idée de faire le tour de mosquées pour trouver des faïences de cette ville. Seul toi aurais pu y penser ! c’est comme ton pèlerinage. Quelle chance de te rencontrer, nous te souhaitons la même chance pour aller au bout. Nous ne pratiquons pas beaucoup pour des italiens, mais ton idée nous motive ! Prie là-bas pour nous et la paix, les peuples et la rencontre des religions, ciao !" (Clara et Emilio)

samedi 3 septembre 2011

Jour J + 119 : Kartal => Muallim (près de Gebze) (33 kms - Total = 3885 kms)

Pensée Spirituelle
"Laissez-vous tenter par la fortune de chaque jour et promener par la bonne étoile. Son conseil est facile à suivre"
(Pierre LOUYS)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Par l'étoile à son déclin ! Votre compagnon ne s'est pas égaré et n'a pas été induit en erreur et il ne prononce rien sous l'effet de la passion. Ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée que lui a enseigné [L'Ange Gabriel] à la force prodigieuse, doué de sagacité. C'est alors qu'il se montra sous sa forme réelle [angélique], alors qu'ils se trouvait à l'horizon supérieur."
(Sourate 53 [L’étoile], Versets 1 – 7)
 

La bonne étoile … Sur le chemin de l’étoile, non pas celle de Compostelle, mais dans l’autre sens, vers l’Orient ! aujourd’hui, vous aurez droit à deux petites leçons d’histoire, pour le prix d’une. « Pas cher, mon ami ! » comme ils disent dans les souks ! Finie la foultitude, voilà les petites routes (enfin … plus petites que les voies rapides voisines qui ici n’ont pas phagocyté ces chemins bitumés pour piétons). Et comme ça, ça repart bien ! Petite étape (enfin ?) aujourd’hui, je recommence à nouveau à me faire remarquer. « M’enfin, vous savez qu’il y a des bus ? et même un train ? » (ah bon, remarquez que s’il y a des gares, c’est qu’il y a des trains !) me dit-on … Ca donne quoi, de marcher autant , eh bien, non pas que cela devienne une drogue, mais cela me fait au moins du bien ! Et puis, l’étoile que l’on suit, c’est peut-être en rapport avec celle qui est sur le drapeau turc ! (au fait, qu’est-ce qu’elle y fait donc ? vous ne serez donc pas sans savoir que ce drapeau, qui comprend comme chacun sait une lune décroissante et une étoile à cinq branches, blanches toutes les deux sur un fond rouge, est surnommé « ay yildiz » – ce qui signifie « l’étoile de la lune ». On dit – mais plusieurs versions subsistent – qu’un guerrier aurait aperçu un jour dans une mare de sang le reflet d’un croissant de la lune avec une étoile à coté …). Voilà pour l’aspect poétique. A part cela, rien de particulier à vous raconter … Cela vous intéressera peut-être aussi de savoir que c’est ici, dans la ville où nous nous endormirons en regardant les étoiles (non, on ne dormira toujours pas à l’extérieur !), donc dans cette ville portuaire antique de Libyssa (devenue … Gebze) sur la mer de Marmara, qu’ en 183 avant notre ère, Hannibal, se serait suicidé, plutôt que d’être capturé vivant par les Romains ! Il ne devait plus être sous sa bonne étoile, lui … Nous, en tout cas, on doit l’être. On a passé les Alpes (bon d’accord, c’est le seul jour où il a plu … donc on ne voyait pas les étoiles, lol !), il y a pas mal de temps, et sans éléphants ! et maintenant, nananère, nous, on continue, sur le bon chemin, guidés par la bonne étoile, vers celle de Jérusalem peut-être mais aussi celle qui guide le chemin, celui de la rencontre ! et puis ici, il y a de belles maisons, une belle plage dont on a pu profiter, et … un bon logement. On a donc bien de la chance, il n’y a peut-être de la veine que pour la crapule. Eh bien, je vais vous dire, vivent les crapules !!! Au fait, à propos de « bonne étoile », est-ce un signe, ou bien sommes-nous né sous une bonne étoile (et laquelle ?), ou bien les deux ? En tout cas, on a beaucoup de chance avec les gens que l’on rencontre ! et quand c’est avec un français, eh bien la barrière (ou tout au moins le rideau) des langues ne se pose pas ! Du coup, cette soirée très riche avec Alexandre va rester dans les annales (pas seulement celle de Baccalauréat !). Pour cette journée, pour cette soirée, pour cette nuitée, tout est digne de cinq étoiles !

Jour J + 119 : Amédée


On a retrouvé la mer ! Bon, on ne l’avait pas perdu depuis longtemps ! On a retrouvé le bon air ! Bon, il était pas si irrespirable que cela, dans la mégapole ! Allez, ça y est, on est dans les villes à taille humaine, et même que de ce côté-là, on se dit qu’on a le temps. Le temps de poser, de s’assoir à une terrasse de café, face ou dos à la mer, et de reprendre sa petite bière en « prenant le soleil » des fois qu’on en est pas eu assez dans la journée (il fait quel temps en Normandie ?, na !), le temps de discuter. Ca me rappelle la rencontre avec Alexandre , on s’est couchés bien après que les étoiles apparaissent ! et même moi j’ai pu tout suivre : Merci Alexandre !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Alexandre  de  Muallim

Chez Eva et Ilker, j’ai rencontré Alexandre … Ils m’en ont fait la surprise ! Alexandre, il est français, il est prof à l’éducation nationale, il a fait sa « coopé » (on disait VSNA) comme moi à la place du service militaire, mais en Asie, il y est resté trois ans, et quand il est alors rentré en France, nommé dans un petit collège perdu, il a eu du mal … Alors il a été détaché du « Mammouth », et est reparti, cette fois-ci en Turquie. C’était il y a dix ans. Il a enseigné à Ankara, et le voilà maintenant directeur d’un des Lycées « Français d’Istanbul » (enfin, sous le contrôle du ministère turc ), réputés comme tous les établissements occidentaux datant d’il y a plus de deux siècles et qui ont été heureusement conservés lors de la création de l’Etat turc. Pas mal, non ! Donc Alexandre, il a pas mal roulé sa bosse ! Et en plus, il est ami des maîtres, non pas d’école mais de maison ! Et avec lui aussi, on passe de super soirées : discussions autour de tout, lui et ses passions (dont le théâtre, il a mené une coopération entre son lycée d’Istanbul et un lycée de Fécamp !), moi et les miennes ! Et on a eu plein de choses à se dire. Alors peut-être bien qu’on se reverra ! d’autant plus avec ce qu’Alexandre écrit si bien (sauf qu’il ferait bien de se glorifier un peu, lui-aussi !) :

"Ce qui est beau dans les rencontres, c’est qu’elles vous tendent toujours le miroir de votre expérience personnelle et qu’elles vous interrogent sur le sens de votre vie. Discuter avec toi, Benoît, qui interroge, dont la curiosité toujours en éveil pose les bonnes questions, est à la fois un plaisir et une petite révolution ! J’admire ta démarche, ton courage et ta force, et je m’interroge. «Que fais-je, moi, d’aussi beau que cela ?" (Alexandre)

vendredi 2 septembre 2011

Jour J + 118 : Istanbul [Europe] => Kartal [Asie] (26 kms - Total = 3852 kms)

Pensée Spirituelle
"Il faut que par-delà les continents, un humanisme intégral se tisse tout autour de la terre, selon une symbiose des énergies dormantes de toutes les races qui se réveillent à la chaleur complémentaire"
(Léopold Sédar SENGHOR)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Le Tout Miséricordieux. Il a enseigné le Coran. Il a créé l'homme. […] Quant à la terre, Il l'a étendue pour tous les êtres vivants. Il s'y trouve des fruits, et aussi les palmiers aux fruits recouverts d'enveloppes, tout comme les grains dans leurs balles, et les plantes aromatiques. Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ?."
(Sourate 55 [Le Tout-Miséricordieux], Versets 1 – 3 ; 10 – 13)
 

Une histoire de deux continents … Aujourd’hui, j’ai fait un truc pas banal (comme d’hab, me direz-vous !). J’ai marché dans la même ville, direction plein Est, j’ai donc pas changé de ville, mais … J’ai changé de continent ! Je ne sais pas si cela peut arriver ailleurs (dites-moi donc ?), mais à Istanbul, c’est bien possible ! Voilà donc le fond de l’histoire : les « vacances » en Turquie, à savoir les jours de congés octroyés à l’occasion de la fin du Ramazan (celui-là, je pense que c’est la dernière fois que je vous en parle, avant … onze mois), sont terminés depuis ce matin …. Alors Eva et Ilker, ils sont partis travailler (ben oui !). Résultat des courses, que fais-je ? Rester à glander dans leur bel appartement ? Aller visiter Istanbul (mais le monde ici, c’est trop !), alors je me dis : c’est pas compliqué, il ne faut pas que je m’arrête, voire que je m’encroûte trop longtemps, alors comme je reviens ici ce soir et qu’il y a plein de transports en commun possibles pour le retour, ben, je continue « un peu »… Je ne me serais pas reposé trop longtemps, mais au moins j’avancerai léger (avec un peu de triche donc) dans la sortie de cette belle ville à taille (in)humaine … Alors me voilà parti, sans boussole. C’est simple, ce matin : il suffit de viser le soleil. Seul problème, je ne suis pas Jésus, je ne sais pas – encore – marcher sur les eaux … Alors il me faut prendre un bateau (mais c’est pas du jeu …) ou alors le pont, routier … voire autoroutier … Qu’auriez-vous fait, vous (peut-être pas la même chose que moi ?). Bon, alors ce sera le pont. Mais il est loin … et il est haut … Bon, mais j’y parviens … seulement il n’est pas accessible aux piétons – Et il leur est même interdit (mais même en voiture, c’est quand même des bipèdes !)… Ca, ils me l’ont déjà fait lors du passage de la frontière d’avec la Grèce … Mais n’est pas Moulin-Bourain (quelle association !) qui veut, alors je trouve un « accès », je marche sur la bande d’arrêt d’urgence du pont … Restent cinquante … quarante … trente …. vingt mètres … Et évidemment, une voiture de police s’arrête, je me fais interpeler … Pas trop grave, j’explique que je marche depuis la France et que ce serait dommage que cela rate pour quelques pas … Le policier, sympa, me laisse finir (dix mètres !) … Et dire (vous verrez demain) qu’il y en a qui font la course des 20 kilomètres d’Istanbul tous les ans uniquement pour avoir le plaisir de fouler ce pont à pied. Moi, même pas la peine de courir ! Bon, eh bien les enfants, quelques pas après … c’est l’Asie ! Me voilà donc au second continent sur deux !!! Alors il va falloir que j’avance encore un peu, pour retrouver dame nature et échapper à la foule … Et quelques kilomètres plus loin, à Kartal, vers le début de l’après-midi, je me paie le luxe … de prendre un train de banlieue, ce qui me ramène en sens inverse, à la gare ferroviaire d'Hayderpasa. Bien-sûr, celle-ci ne vous dit rien, mais c’est l’une des deux gares d’Istanbul, celle qui se trouve du côté asiatique de la ville, sur la rive Est du Bosphore et qui est le point de départ (et d’arrivée !) de toutes les lignes asiatiques… Et de là, je prends un bateau pour traverser le Bosphore (ah, ce Bosphore !) et gagner la rive Ouest du « fleuve », donc la gare de Sirkeci, à quelques pas seulement du célèbre Palais de Topkapi (pour lui, patientez donc jusqu’à demain …), et qui est le point d’arrivée (et de départ !) depuis 1889 de toutes les lignes européennes, notamment le terminus de … la ligne Orient-Express (bon d’accord, vous vous en moquez un peu de tout cela, mais moi, d’abord, j’aime les voyages en train – J’aurais peut-être dû d’ailleurs privilégier ce mode de transport, cette fois-ci – … Et puis l’Orient-Express, c’est pas rien, on a le droit d’aimer le confort, le luxe … et quelques crimes agatha-christiques … et enfin, vous trouveriez pas plus sympa, vous, de faire une croisière sur le Bosphore quand vous avez à changer de gare, comparativement au métro parisien entre Saint-Lazare et Montparnasse ? Bon, je m’égare, mais je n’ai bu qu’un thé…. ce doit être dû au double changement de continent …). Voilà, je suis donc revenu … en Europe, tramway, bus, marche et me revoilà sans me tromper au pied de chez Eva et Ilker …. Et je tombe sur Eva au pied de l’immeuble. Allez, on va faire les courses, c’est moi qui régale en vins blanc et rouge turcs. Messieurs les bourguignons, vous pouvez aller vous rhabiller ! et nous, on repasse une super soirée. Ils sont éclatants ces deux-là !

Jour J + 118 : Amédée


Bon, moi c’est bien gentil, Ben, il m’impose déjà le fond du sac, l’obscurité, le changement de lit chaque soir, les décalages horaires … Et maintenant un changement de continent, sans clairement me prévenir (j’avais compris que Ben, il devenait incontinent, mais non, c’est juste quelques problèmes digestifs passagers ….). Du coup, mélangé à l’altitude du haut du pont (ben oui, j’ai le vertige, moi), j’ai failli me trouver mal ce soir … Heureusement, Eva, elle est à la fois attentive et infirmière-chef, alors elle m’a pris ma tension, sans me faire payer, sympa, non ? bon j’avais « 4 - 2 » (paniquez pas, c’est pas les mêmes échelles de valeurs, pour les nains turcs que pour vous), et je me suis vite remis avec ce super repas autour de pizzas turcs et d’un fromage fondu allemand. Ah quelle bonne soirée encore. Merci Eva et Ilker !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Eva et Ilker  d'  Istanbul

Je vous ai déjà parlé d’Eva et Ilker. Mais là ils ont encore fait très fort. Je suis vraiment reçu « comme dans un Kebab » : aux petits oignons ! Ils sont déjà débordés par leur boulot, ils ont à peine le temps de penser à eux, ils s’encombrent d’ « invités-s’invitant surprises », bref, ils se coupent en quatre, alors qu’ils sont en train de mener un projet à bien : s’acheter une maison en périphérie d’Istanbul … et devinez où, par le plus grand des hasards, justement là où j’ai fini mon étape pédestre de ce soir : dans la ville de Kartal ! C’est dingue non ? Donc comme ils me disent, ben la prochaine fois, j’irai directement en train chez eux, au bord de la mer … Donc en passant par les deux gares (comme quoi, ça sert, mon explication – et puis rappelez-vous, ça vaut cher, les gares, au Monopoly !!!). Allez, nous on n’a pas le temps de jouer, on écoute de la musique « engagée ». Et vous, bonne nuit, sur les paroles pleines de bon sens et de justice du maître des lieux ! :

"Dear Benoit, Hi / Merhaba / Hallo / Bonjour ! and nice to meet you … Good luck, I hope to see you (Insh’Allah !). Thank you for your visit in my home. Again please !" (Advocat Ilkner)(Est-il nécessaire de traduire ?)
"Cher Benoît, Hello ! sympa de t’avoir rencontré … Bonne chance, j’espère te revoir (si Dieu le veut !). Merci pour ta visite en ma demeure. A bientôt s’il te plait !"

jeudi 1 septembre 2011

Jour J + 117 : Journée (de repos ?) à Istanbul (compteur resté bloqué à … 3826 km)

Pensée Spirituelle
"Les villes devraient être construites à la campagne, l’air y est tellement plus pur !"
(Alphonse ALLAIS)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Non ! ... Je jure par cette Cité ! et toi, tu es un résident dans cette cité - Et par le père et ce qu'il engendre ! Nous avons, certes, créé l'homme pour une vie de lutte."
(Sourate 90 [La cité], Versets 1 – 4)


Comment font-ils pour vivre dans une ville pareille ? et d’ailleurs, est-ce vraiment une ville ? ou bien une accumulation humaine – voire inhumaine – ? Vous vous rendez compte, à dix millions près, ils ne savent pas exactement combien ils sont dans leur « conglomération » (Internet, il dit 13 millions … et eux 30 de la même unité !). Bon, enfin, nous sommes très loin de nos petits villages normands, ici, aux bornes de l’Europe ! Car si dans la partie « historique », ou « touristique » ou « frique » [j’ai bien le droit d’inventer le féminin de « fric », non, puisque « ville » est au féminin, et puis ainsi, ça rime ! NDLR]. Donc chez Eva et Ilker, on est vachement bien, leur appartement a de quoi assurer la respiration vitale d’un couple de jeunes turcs dans le vent et de trois Couch Servings passés par là « un peu par hasard ». Alors moi, je me plais à ronfler sur le canapé du salon, au milieu des meubles (Ikea ?), des VTT accrochés au mur et des tortues qui réclament à manger dès 5 heures du matin (non mais, je suis quand-même en RTT, hein, ma DRH !) … Bon mais tout ce petit monde (sauf peut-être les tortues ?), il connaît déjà Istanbul, alors je vais m’y coller de mon côté … je me dis alors « à moi donc ! » , tel le héros balzacien Lucien de Rubempré qui part à la conquête de Paris : « à nous deux, Istanbul ! ». Le musée archéologique, le grand Bazar (c’est vrai que c’est un bazar, et c’est vrai que c’est grand !. Mais non, monsieur le vendeur, faut quand-même que vous compreniez que je ne vais pas vous acheter un tapis et l’emmener sur mon sac à dos pendant encore deux mois …). Même le Musée de la Banque (le sous-titre : « savez-vous comment ils faisaient quand ils n’avaient pas d’ordinateurs ? », eh oui, fallait oser), et puis bien sûr le traditionnel petit restau où je me fais arnaquer (mais cela fait partie du jeu). Bon mais aussi l’après-midi, au large de l’Istanbul asiatique dans la mer de Marmara, les fameuses îles du Prince … Enfin j’en visite une seule sur 9, au doux nom imprononçable et seulement mémorisable par Einstein, accessible par un bateau aussi surpeuplé (ne va-t’on pas couler avec le poids compressé de toute cette chair humaine ?) que la ville, pour gagner une plage toute aussi surpeuplée d’êtres qui semblent humains et se baigner dans une eau encore plus surpeuplée de méduses. Ca, ça a été une sortie top de top ! – Retour donc par le bateau encore plus surpeuplé en cette fin de Ramazan (encore lui !), trajets en tramway avec les forces de l’ordre qui poussent les personnes pour fermer les portes (ça sent la sardine ramenée des îles) et enfin gagner l’appartement d’Eva et Ilker, qui sont enfin rentrés, Eva et les filles d’un hammam turc et de lèche-vitrines que je ne regrette pas du tout, et Ilker d’une journée potes … Allez, ce soir, on va drôlement l’apprécier, le canapé Ikea ! … Et là, on va repenser à cette folle journée, dans une ville superbe et pleine de bon goût (vous avez remarqué sur la photo : ils ont peint la porte pour l’assortir aux sacs poubelle, vous y auriez pensé, vous ?), mais tellement vivante … qu’on deviendrait agoraphobe pour un rien et que pour l’éviter, on ne va pas tarder à repartir pour « ne pas casser le rythme » !

Jour J + 117 : Amédée


Hier, il y a des gens qui ont dû penser que j’en avais un grain contre la religion d’ici, et que je m’attaquais à ses symboles (ses mosquées, ses muezzins, ses minarets) … Bon c’est vrai, nous, en France, on n’est pas aussi habitués, nous, à voir des églises, des clochers et des chantres, non ? Alors pour faire amende honorable, on est retournés avec Ben (si si, et puis, le patron nous l’avait proposé hier) prendre un café (turc, s’il vous plait, ce qui devrait faire le plus grand bien au ventre de Ben, mais ceci est une autre histoire … ) sur la terrasse de l’hôtel (je précise quand-même que le raki, Ben, il l’a refusé). Et là je me suis plié (en toute discrétion, sans asiatiques ni américains ni mêmes européens) à une seconde photo, sur fond de Sainte-Sophie. Quand-même, cette fois-ci, je me fonds mieux dans le paysage, non – Et même, ne trouvez-vous pas que je suis « Amédée-le-caméléon », avec mes si belles couleurs qui, elles, ne passent pas au soleil ? (qui est-ce qui va même dire que je fais pas mon âge, ou bien que les voyages forment la jeunesse …

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Eva et Ilker  d'  Istanbul

Donc eux aussi, Eva et Ilker, je ne les connaissais pas avant hier (c’est d’ailleurs le lot de toutes les personnes croisées depuis mon départ). Leur meilleur copain (Ilknur,celui de Goreme, en pleine Cappadoce, mais je vous en reparlerai …), c’est lui qui prenait maintes fois contact avec moi par Internet, parce qu’il me disait qu’Ilker et Eva, ils ne comprendraient que le turc … Eh bien c’est pas vrai, na ! D’abord Eva, elle est née en Allemagne et y a vécu petite, alors l’allemand, c’est autre chose que mon niveau. Et puis Ilker, s’il se forçait un peu (lol !), il aurait un super niveau … un niveau d’avocat qu’il est. Alors que l’on ne s’y attendrait pas, avec ses cheveux mi-longs et sa stature d’athlète qui n’arrête pas de gagner des courses de Grand Raid … Et Eva, me demandez-vous, elle reste sagement à la maison ? Ben, pas tout-à-fait : elle est surveillante de treize infirmières dans le service des Urgences d’un grand hôpital local. Des gens pas comme tout le monde, non ? Eh bien si, car à part les moments (courants) où ils visitent le monde, leur porte vous est vraiment ouverte ! faites-leur signe, et vous ferez chez eux comme vous faites chez vous, mais alors bien-sûr … invitez-les donc à faire chez vous comme ils font chez eux, c’est bien la devise de l’accueil universel, de la paix et du dialogue, non ? :

"Cher Benoît, tu marches depuis si longtemps, et tu trouves toujours le temps de rire ! Que de bonnes choses pour toi. Des rencontres merveilleuses et une vie aisée, voilà ce que je te souhaite ! j’espère bien que nous allons nous rencontrer ensemble très bientôt ! de très grosses bises" (Eva)

mercredi 31 août 2011

Jour J + 116 : Selimpasa => Istanbul (46 kms - Total = 3826 kms)

Pensée Spirituelle
"L’impression est le juge naturel du premier moment. La discussion l’est du second"
(Jean le Rond d’ALEMBERT)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ne vois-tu pas que Dieu sait ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Pas de conversation secrète entre trois sans qu'Il ne soit leur quatrième, ni entre cinq sans qu'Il n'y ne soit leur sixième, ni moins ni plus que cela sans qu'Il ne soit avec eux, là où ils se trouvent. Ensuite, Il les informera, au Jour de la Résurrection, de ce qu'ils faisaient, car Dieu est Omniscient."(Sourate 58 [la Discussion], Verset 7)
 

Les discussions par ici peuvent durer des heures … En effet, enfin après quelques jours de dialogues de sourds et peut-être même sans le savoir l’usage de la langue des signes créée pour ces mêmes sourds (non que les turcs soient sourds et muets, bien au contraire !). Je vais pouvoir refaire marcher mes cordes vocales et les muscles liés à la parole … Non pas que cela commençait à me manquer (quoi que), mais le fossé de la langue, faut bien le combler, ne serait-ce que de temps en temps ! Alors voilà, départ de bonne heure du bord de mer, facile car de discussion à cette heure matinale aucune, tout le monde dormait dans cette pseudo-auberge de jeunesse (les jeunes comme chacun sait sont des animaux nocturnes !). La route devient de plus en plus impossible au fur et à mesure qu’Istanbul approche, mais je tiens le choc …. jusqu’au bout. A la fin, d’ailleurs, je longe la mer au plus près, petites ruelles non carrossables et terrains vagues abandonnés, mais sans me perdre car quand on sait que deux énormes mosquées dominent la partie la plus réputée d’Istanbul, Sultan Hammet (Sultan le Magnifique), et qu’on les voit de loin, elles sont alors comme la mer pour le marin. Peut-être mêmes que les minarets ont – aussi – été bâtis pour cela , qui sait ? Donc je débarque sous la chaleur un rien tropicale à Istanbul, tombe sur des touristes (facile à trouver ici, espèce qui est loin d’être en voie de disparition !), on se prend un pot. Evidement, eux qui viennent de Londres par avion, ils ont mis un petit peu moins de temps que moi, et ils ont plein de questions à me poser, alors le pot s’enchaine sur un second puis un troisième … Je leur demande où ils logent, ils m’indiquent un petit hôtel, et comme il faut que je patiente jusqu’au soir, à l’heure de disponibilité de mes hôtes Eva et Ilker, je me paye le culot de me pointer avec ces dits-touristes au dit-hôtel à deux pas (et non dans un lieu-dit, lol !), en sollicitant « la douche du pèlerin ». Eh bien, ce ne sera pas la douche écossaise, le patron, sensible à mon histoire « pas banale » (dit-il en … français), m’offre la douche et même un apéro ! Et là-encore c’est une discussion, au début genre agence de renseignements (vous êtes fou … mais c’est génial … vous devriez écrire un livre …je vous loge gratis si vous n’avez pas d’adresse … et revenez quand vous voulez …). Bon, c’est pas tout cela, faut que je m’y retrouve dans cette ville mégapole de plus de 30 millions d’habitants, qui ressemble à New York ou Venise avec ses mers qui la traversent (rappelez-vous, le Bosphore, la Corne d’Or, vous l’avez bien appris à l’école, non ?), mais aussi au Caire par son aspect fourmilière humain et grouillante ! alors, après une visite – rapide de l’immense mosquée Sultan Hammet (avec mon sac à dos que l’on me demande dans un premier temps de vider devant tout le monde par vérification de sécurité, mais une bonne discussion – encore une, en petit nègre – sur les thèmes de mon voyage m’ouvrent grandes les portes de la « maison d’Allah » !) et de Sainte-Sophie (là, mon sac à dos, il est bien gardé) … Puis un tramway (moderne), puis un funiculaire (avec tunnel), puis un autre tramway (de deux siècles passée), puis une bonne demi-heure à pied … Et j’arrive enfin … chez Eva et Ilkner …

Jour J + 116 : Amédée


Ah ça, des mosquées, bien-sûr, moi qui n’étais jamais sorti du jardin d’Amélie (ben oui, Amélie Poulain, vous la connaissez ?), j’en avais jamais vu autant ! Mais alors là, c’est géant, un vrai hall de gare à l’intérieur, une immense coupole … Et à l’extérieur, des espèces de constructions comme des doigts tournés vers le ciel coiffées de trucs comme des dés à coudre pointus, et qui font tous seuls de la musique vocale plusieurs fois par jour … Ben, il m’a dit le nom de ces colonnes qui sont pas des clochers (forcément, il y a des haut-parleurs, pas des cloches), il paraît que c’est des minarets … Alors, au p’tit hôtel où on a pris un pot offert en arrivant et que Ben il m’a sorti du sac pour m’aérer un peu, sur le bord de la rambarde, là, tous les japonais du lieu, ils sont arrivés pour me prendre en photo … Et y’en a même un qui a dit que sur sa photo, avec la mosquée aux six tours par derrière, je ressemblais à un septième minaret. Non mais, est-ce que j’aie une « mine à raie ? ». Du coup, j’ai été un peu vexé, et puis, vous avez déjà vu un nain ressemblant à un doigt tourné vers le ciel, vous ? Mais bon, Ben, il m’a dit que si j’étais le septième, c’est justement le chiffre de la plénitude … Alors je suis redevenu Béage, « Amédée le Béage du Minaret de la plénitude » ! Me voilà maintenant noble, avec ce nom à tiroir ! Et naturellement, quand on a raconté l’histoire ce même soir, avec Eva, Ilker et les deux étudiantes allemandes, ces dernières, qui ont eu plus de considérations pour moi que les émissaires de l’empire du soleil levant, elles ont bien ri mais aussi elles m’ont félicité pour ma perte du rang roturier : Merci Anna et Frederica !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Anna et Frederika  d'  Istanbul

Ainsi donc, quand j’arrive – enfin – chez Eva et Ilker, sans me perdre n’est-il pas, je sonne, on m’ouvre, je monte les trois étages, et je tombe nez à nez dans l’appartement non pas avec un couple mais avec deux jeunes « Mädchen »… et c’est là que tout est drôle, une fois-encore. Car pendant trois quarts d’heures, il y aura d’un côté comme de l’autre une totale méprise sur l’interlocuteur / interlocutrices ! Moi, je pense que c’est Eva, ma logeuse, avec une copine, et je m’étonne qu’elles parlent si bien l’allemand et l’anglais ! Et elles, elles croient que je suis un ami de la maisonnée, turc, qui parle aussi ces deux langues ! Et on a tellement parlé qu’on s’est monté un super scénario sans le savoir, et on a bien rigolés ensuite quand le pot aux roses a été dévoilé, lorsque « la patronne et le patron » sont arrivés, revenant d’une ballade en VTT sur les îles du Prince ! Alors évidemment, ça a mis tout de suite une ambiance assez géniale. Avec donc Anna et Frederika, jeunes étudiantes allemandes de Bonn, vadrouillent dans le pays elles-aussi grâce à Couch Serving, mêlant à la fois quelques jours de tourisme et des recherches dans le cadre de leurs études de danse mêlée à de l’anthropologie – encore une association étonnante de la part des étudiant(e)s actuel(le)s, non – ? Du coup, comme Eva parle l’allemand en plus du turc et Ilker quelques mot d’anglais en plus du turc aussi, le dîner sera une vraie « Tour de Babel, avec du multi-langues et des efforts de traductions simultanées (et vous, vous ne devez rien comprendre à mon histoire, mais c’est pas grave !). Ah, on aura bien rigolé ! Anna est très intéressée par mon projet, et moi, je me documente sur leurs études, sur le fait par exemple qu’elles aillent à Ephèse non par souci d’archéologie ou de théologie, mais justement pour rencontrer des gens du même créneau d’études (ah bon, cela se trouve ? mais je ne peux vous en dire plus, adressez-vous au « père de cette méthode » : Rudolf Steiner, philosophe, occultiste et penseur social autrichien, fondateur de l'anthroposophie, qu'il qualifie de « chemin de connaissance », visant à « restaurer le lien entre l'Homme et les mondes spirituels » ... Ca vous en bouche un coin de conversation, non ?). Et quand l’heure – fort tardive – du repos tant attendu par tous est arrivé, Anna et Frederica me notent un p’tit mot sympa et qui veut tout dire sur mon fameux p’tit carnet ! :

"Une rencontre gaie et amusante : trois personnes arrivant de coins divers, se présentant mutuellement. Une incompréhension dans leurs discussions (qui est qui ?) de par l’absence de nos hôtes, Eva et Ilker. Nous avons ensuite passé une merveilleuse soirée où le turc, l’allemand, l’anglais et le français se sont mêlés ! Nous vous souhaitons une merveilleuse poursuite de votre projet, et que tout aille bien pour vous !" (Anna et Frederika)

mardi 30 août 2011

Jour J + 115 : Marmara Ereglisi => Selimpasa (44 kms - Total = 3780 kms)

Pensée Spirituelle
"Vis au milieu des hommes comme une abeille au milieu des oiseaux"
(Azrat Ali Ul MURTAZA)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur de l'aube naissante, contre le mal des êtres qu'Il a créés, contre le mal de l'obscurité quand elle s'approfondit, contre le mal de celles qui soufflent (les sorcières) sur les nœuds, et contre le mal de l'envieux quand il envie »."
(Sourate 113 [L’aube naissante], les 5 Versets)
 

Bienheureux qui comme la mouette … Bienvenue à vous, cliqueurs assidus de souris, sur ce blog qui n’est peut-être pas votre préféré … mais si vous lisez ce texte c’est qu’une fois encore vous vous êtes faits prendre ! Voilà, Istanbul se profile, avec sur le côté gauche de la route, des villes-champignons qui surgissent régulièrement de nulle part (je ne comprends pas, parce que pour que les champignons poussent, il faut la pluie, au pire la rosée, et ça, c’est pour moi une espèce en voie de disparition ! Du coup, ça fait montage photo … Photo que je ne prendrai pas comme d’autres ce jour, car cela n’a aucun intérêt …), et sur le côté droit de la route, la mer de Marmara, une vraie splendeur à contempler sans modération … Ou plutôt avec, car sur tout le littoral (excepté au niveau des villes mais ça pue littéralement), les militaires ont pris possession de cette splendeur avec barbelés et miradors (qu’y a-t-il à craindre donc ?). Et bien-sûr, avec la théorie que vous connaissez maintenant du « juste milieu », au milieu donc , entre les deux, toujours cette fameuse voie presque rapide ! Bon, je ne vous écrirai pas une pièce de théâtre , avec (pour les culturés d’avant la guerre, celle du Golfe !) des décors de Roger Hart et des costumes de Donald Cardwell !!! Du coup, trois petits arrêts, j’en profite car maintenant il y a à nouveau foule aux terrasses de café, et je suis – un peu – chargé de mettre de l’animation … Mais ça va bien, car ce soir, eh bien ce soir, j’ai une adresse, presque « les pieds dans l’eau » : une « auberge de jeunesse », avec des étudiants et des jeunes (mais pas seulement des jeunes, lol !) de tous pays, dont … beaucoup de japs !. Ca va être sympa, je le sens, vivent les dortoirs de dix personnes avec lits superposés (ça vous dit ?), vive la terrasse au dernier étage avec vue sur la mer, vivent les rencontres et les conversations, et là … même les turcs ils ne parlent pas que le turc (du coup, je ne me mets pas à l’apprendre, j’attends que vous me donniez des leçons, à mon retour !!!). Ah, si vous saviez comme il est bien le Ben, bien comme les mouettes qui elles aussi ont vue imprenable sur la mer, et qui ont la liberté d’aller loin et – assez – vite, sans subir le CO et le CO2 … C’est décidé, je me réincarnerai en mouette (et ici elles sont propres, c’est pas comme en France, elles gardent leurs excréments et on n’a pas besoin de leur dire « vos gueules, les mouettes ! »). Bien le bonsoir, dormez bien, braves gens, moi je vais bien dormir car, pour tout vous dire, on a fait à plusieurs une séance hammam turc, et même si ça ronfle dans le dortoir, ça ne dérangera que les moustiques (et pas les mouettes) …

Jour J + 115 : Amédée


Eau et gaz à tous les étages, vue sur la mer imprenable. Oui, je sais, on ne s’en fait pas dans cette auberge de jeunesse (au fait voilà encore un sujet : les jeunes, les vieux, les jeunes-vieux et les vieux-jeunes : vous avez des idées ?)… Regardez, ça vous fait envie, de vous faire servir par le barman que je suis venu ? Non, je ne vous le refais pas, le « z’aviez qu’à venir », vous pourriez définitivement nous en vouloir, d’autant plus qu’à Istanbul, Ryan Air c’est pas cher (sauf quand on reste bloqués, ça vous rappelle quelque chose, Milan ?) … Bon, on va manger léger ce soir, parce que le repas d’hier, il a moyennement passé (c’est pas la fôte à Inès, non !). Par contre on va bien discuter avec pas mal de jeunes (bien oui, Papy, c’est bibi), dont surtout notre jeune polonais sympa comme tout : à toi, merci Tomek !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Tomek  de  Selimpasa

Pour lier contact avec Tomek, pas difficile, il a la partie du lit superposé juste en dessous de la mienne. Faut bien être diplomate pour la nuit à venir, non ? Même pas drôle, parce que même pas la peine. Tomek, il est aussi rapide que moi pour lier connaissance ! Au point qu’avec d’autres on organise une virée au hammam turc (là, je ne vous raconte rien, si vous étiez venus, les masseurs vous auraient déboîter votre dos déglingué, et là, c’est comme Synthol : « ça fait du bien là où ça fait mal … ») !) Puis on visite une mosquée, puis deux, puis trois … Puis on fait une terrasse, puis deux, puis trois ! et Tomek, ben voilà qui il est : il a 21 ans (mon fils ?), il habite Varsovie mais est étudiant en quatrième année dans une ville du sud de son pays, et dans deux matières à la fois : « production scientifique » et « philosophie ». Mélange intéressant et à creuser, n’est-il pas ? et il est vachement cultivé et intéressé par des tas de sujets. Mon périple et ses éternelles questions, la paix dans le monde, à quand la paix entre les israéliens et les palestiniens … Je lui laisse vous dire lui-même ce qu’il a envie de faire « quand il sera grand ! ». En tout cas, avec ta bouille d’ange, Tomek, t’es aussi comme une mouette et tu dois avoir besoin, comme ton saint patron, de voir pour croire … Car t’es sacrément baroudeur ! invitation est prise pour Varsovie, invitation est prise pour Bois-Guillaume, et là … vous serez des nôtres, braves gens sédentaires ! :

"What’s a wonderful trip ! I enjoy you, but I can’t do it with you, I’m student … I enjoy your ideas of peace and of speaking between the religions, later i want to work for these subjects and for human rights … Tell me when you will arrive in Jerusalemme ! Very friendly !" (Tomek)
(Quel merveilleux voyage ! je t’envi mais je ne peux pas le faire avec toi, je suis étudiant... J’aime beaucoup tes idées de paix et de dialogue entre les religions, plus tard je voudrais travailler pour ces sujets et pour les droits de l’homme … Dis-moi quand tu arriveras à Jérusalem ! très amicalement)

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