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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Les Colombes de la Paix !!!

jeudi 13 octobre 2011

Jour J + 159 : Saïda => Beyrouth (32 kms - Total = 5551 kms dont 5173 kms à pied)

Pensée Spirituelle
"La prière est le plus grand rempart de l’âme."
(Saint-AUGUSTIN)

Péricope Biblique
"Mais l'ange lui dit : Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Elisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean."
(Lc 1, 13)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Alors, Zacharie pria son Seigneur, et dit : « Ô mon Seigneur, donne-moi, venant de Toi, une excellente descendance. Car Tu es Celui qui entend bien la prière »."
(Sourate 3 [La famille d’Imran], Verset 38 )


Vous avez vu comme la Bible et le Coran se rejoignent souvent parfaitement ? merci Zacharie, tu as déjà dû être de ton temps un sacré prophète ! La prière, oui, la vie épicurienne (sans tomber dans l’excès !), cela existe aussi, au Liban, pays de soleil et de rencontres, de nourritures terrestres et spirituelles, de gentillesses et d’accueil. Et aussi, oui, les français sont (ce n’est pas le seul pays) super bien considérés et choyés. Et cela se vérifie encore une fois ici, en ce monastère Saint-Sauveur, sur le hauteurs de Saïda, qui a été créé il y a juste … trois cent ans et dont l’un des membres vient d’être déclaré vénérable ! C’est dire si l’hôte de passage que je suis, présentant sa marche vers la Jérusalem terrestre – que probablement peu de moines d’ici pourront arpenter, vu les tensions politiques entre les deux pays – a dû blablater comme un vrai Moulin à paroles … Allez, rassurez-vous, leur dis-je, on se retrouvera tous au moins dans la Jérusalem céleste !!! Et en attendant, après la messe matinale merveilleusement simple et magnifiquement chantée, le petit-déjeuner n’a rien eu de … petit ! Ah, pourquoi se priver me disent les frères à table, si Dieu a donné au Liban toute cette richesse, ce serait païen de ne pas vouloir en profiter ! ». Pas sot, non ? Eh puis, ils me font plein de petits cadeaux, certains que je peux accepter (et qui partiront dans un prochain paquet pour la France, le quatrième !), d’autres un peu … encombrants … en échange, ils tiennent à ce que je leur offre … ma première paire de chaussures de marche, en relique (je ne suis pas mort, mais …). J’ai voulu plusieurs fois m’en débarrasser, j’ai dû même l’écrire quelque part, mais je ne l’ai pas respecté : la fibre sensible, vous savez … Alors là, voyez-vous, ils me disent que mes chaussures me représenteront ici et qu’elle vont honorer le couvent. Ce ne sont plus les chevilles, ce sont les orteils qui vont benoîtement enfler ! Alors, quand je leur pose la question de ce qu’ils vont en faire, ils me disent qu’ils vont les mettre dans le musée du monastère … Heureusement qu’elles ne sentent pas trop mauvais la sueur du pèlerin ! Voilà, dans ce beau monastère, j’y laisse un peu de moi-même (et tant pis pour le pseudo-sponsor 10-pas court pseudo-préféré qui ne va pas les récupérer ces godasses qui ont-elles-mêmes tenu 3.500 bornes kilométriques !) … Bon, on se cajole, on se boujoute, on se congratule, on se promet, on reviendra ! parce que c’est pas tout cela, j’ai de la marche à faire, moi … Evidemment, les moines, ils sont à plusieurs de me proposer de me redescendre de leur sainte montagne vers la côte, Saïda … ou pourquoi pas Beyrouth, tant qu’on y est … Ben non mes amis de prière, la route de montagne qui descend lentement, je veux et je vais la faire à pied, comme un pèlerin, « choaï choaï » (pour ne pas dire langsaam !) », traversant les petits villages très couleur locale, saluant les passants ou les stagnants ( ?) qui me le rendent bien, parmi les oliviers, les pins et plus bas les agrumes, les néfliers, les manguiers … Et plus bas encore les bananiers et les palmiers ! Ca y est, je l’ai trouvé, le jardin d’Eden, pas la peine d’interroger le moulin à prières ! Et là, arrivé sur la bretelle de la route « autoroutière », je retrouve des militaires qui m’indiquent le type de transport le plus adapté pour regagner Beyrouth : le minibus local, pas cher, rapide mais particulièrement … dangereux car privé et les conducteurs qui veulent faire du chiffre foncent et zigzaguent pour piquer du client à leur homologues ... Dans l’habitacle, bonne discussion avec un charmant autochtone qui a la nostalgie de la génération précédente : « Ah saviez-vous que tout fout l’camp, mon pauvre pérégrin ? …. » ! Et voilà Beyrouth, enfin une des nombreuses gares de bus (l’interconnexion est aléatoire ici), je me fais guider par mon nouvel ami, et j’atteins, par les rues hyper animées et over-empruntées le musée de Beyrouth –à visiter impérativement ! Mais un autre jour ! – , où André qui a travaillé ce matin dans son cabinet dentaire me reprend … Retour au home familial pour pauser (et poser) un peu … Et la soirée sera consacrée à une bonne petite bouffe arménienne (j’exagère, c’était vraiment succulent !) dans un restaurant arménien dans le quartier arménien avec mes hôtes et des amis … libanais. Ah Beyrouth, image représentative du Liban, si bigarrée par tes multiples facettes de populations, de constructions, de religions et de nourritures, un tel kaléidoscope. Vous, je ne sais pas, mais moi, j’aime !

Jour J + 159 : Amédée


Un sacré monastère … trois cent ans jour pour jour d’installation ici. Et trois siècles de mise en valeur du vaste territoire. Alors il y a de quoi faire pousser, récolter et … conserver avant-même de déguster. Les moines, ils font de l’extrait des tas de produits tirés de la terre, de l’extrait de carroube, de l’huile d’olives, des conserves de fruits, des confitures … et avant de les consommer (car ils ne se privent pas !) ou de les vendre (mais ils semblent bien nantis), ils stockent tout cela dans de grandes jarres sous de belles voûtes dans des caves fermées pour vous mais pas pour moi. J’ai eu un laissez-passer, faut dire qu’une fois de plus, ils ont fondu devant moi, les moines … Il y en a même un, frère Andrea, qui a voulu me proposer de travailler dans le cellier et de m’occuper de la gestion des jarres d’huile d’olive … à ma taille. Je ne sais pas si c’est du lard ou du cochon, s’il a voulu faire une plaisanterie ou s’il s’est moqué de ma taille, mais ils ont bien rigolé et ils veulent la photo pour leur musée ! et ces petites jarres, il a voulu les donner à … Ben. J’ai pas le droit aux cadeaux, moi (et puis finalement, Ben il a dû leur expliquer que ce n’était pas facile à transporter !). En tous cas, ici, on peut vraiment dire que nous avons été gâtés par tous, et même que …. ça a baigné dans l’huile ! On ne peut pas vous présenter tous les moines et moinillons, mais frère Paul, comme les autres il a été très chaleureux avec nous, et on peut lui dire amicalement : merci digne représentant du chemin de Damas !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Frère Paul  du  Monastère St Sauveur

Frère Paul, il s’appelle de son nom d’état-civil Georges … mais son prénom faisait « trop orthodoxe », comme il dit (vous savez, le saint Georges qui combat le dragon et qu’on voit dans toutes les églises orthodoxes en veux-tu en voilà !) … Alors il a fait son chemin, notre frère, sur le chemin de Damas, et il s’en trouve mieux ainsi avec son nouveau patron qui a dû marcher beaucoup plus que lui … Mais si son nouveau saint patron est parfois virulent, frère Paul, lui, c’est carrément le sourire de la prière, le rire de la prière, l’éclat de rire de la prière … C’est le bon mot sans se faire prier, la blague je-vous-en-prie, la plaisanterie priante … Comme quoi les moines, dans leur vie de prière et d’ascèse (bon, d’accord, ils ne sont pas trop malheureux ici comme d’ailleurs semble-t-il un peu partout au Liban, c’est un peu / beaucoup l’abondance à table comme ailleurs, et c’est tant mieux !) … Ils sont tous charmants, les frères, ici, et ébahis littéralement par mon périple (mais c’est bizarre de bizarre, il n’y en a pas un qui ait bien voulu partir marcher avec moi …). C’est vraiment en lui, ce soleil, frère Paul, il est toujours heureux, comme le dit le père supérieur … Mais il est aussi « pas bête », il est le directeur de l’institut secondaire qui jouxte le monastère, c’est le spécialiste des religions, de l’histoire et de la philosophie … Comme quoi monachisme peut rimer avec bonheur, comme quoi philosophie peut rimer avec épicurisme … et cela donne un mélange de discussions étonnantes, le seul inconvénient … c’est que j’ai failli pas pouvoir partir, il avait tellement de choses à me dire !!! :

"Je salue en toi cette force intérieure et cette aventure extraordinaire qui n’a d’égal que celle de ceux qui escaladent les hautes montagnes !." (Frère Paul, Monastère Saint-Sauveur)

mercredi 12 octobre 2011

Jour J + 158 : Beyrouth => Saïda (19 kms - Total = 5551 kms dont 5141 kms à pied)

Pensée Spirituelle
"L’humanité doit se donner un cerveau immortel qui puisse la guider sur la route où en ce moment elle chancelle."
(Alexis CARREL)

Péricope Biblique
"Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou."
(Mt 15, 14)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Alors ceux qui croient en Dieu et qui s'attachent à Lui, Il les fera entrer dans une miséricorde venue de Lui, et dans une grâce aussi. Et Il les guidera vers Lui dans un chemin droit."
(Sourate 4 [Les femmes], Verset 175)


Se débrouiller seul ou se laisser guider, dans toute cette marche ? Aujourd’hui, je n’ai pas à me poser de question : il suffit de me laisser conduire, et pour ce faire, André est le roi des guides. Il m’emmène à Saïda (ou Sidon). Pourquoi ? facile, André est en train de peaufiner un livre sur Saïda, le passé et le présent, où il décrit l’histoire de cette ville puis entraîne le lecteur dans une visite livresque guidée … Car une fois de plus, j’ai beaucoup de chance : aujourd’hui André délaisse son cabinet dentaire, spécialement pour moi. Au programme de cette visite mûrement commentée par notre guide local qui n’a rien d’un amateur, vous allez le voir, plein de références, pour certaines religieuses : le Khan el Franj (le Khan – ou marché – des français, datant du XVIIème siècle) ; le palais Déhbané, magnifique maison ottomane, décorée et meublée – et dont la famille d’André possède la siamoise, collée contre elle ; la Cathédrale orthodoxe saint-Nicolas et sa consœur la catholique, séparées par un simple mur intérieur ; la salle où saint Pierre et saint Paul se seraient personnellement retrouvés ; le musée du savon (de la fondation Audi – le banquier –) ; les deux châteaux croisés de la mer et de la terre ; et sur les hauteurs, la grotte Notre-Dame de l’attente (où la Vierge Marie serait venue et se serait reposée et aurait attendu durant les prêches de son fils dans la synagogue locale) et …. Le Couvent de Saint-Sauveur (datant initialement de 1711, donc 3ème anniversaire aujourd’hui) … La ville est magnifique et grouillante de vie à la fois, petites ruelles étroites, pierre de tons chauds, intéressant ! Il faut fêter cela, ce que nous faisons dans un boui-boui connu d’André, lieu très sympathique et simple, pour un déjeuner de légumes, de fromage à faire fondre au four… Tout va bien, même pas fatigués par cette marche matinale … Alors au début de l’après-midi, nous quittons Saïda pour gagner sur les hauteurs le monastère basilien de Saint-Sauveur (si vous êtes sages, et uniquement si vous êtes sages, vous aurez l’information demain …). Arrêt forcé pour cause de crevaison et de roue de secours non idoine … Et voilà, sur les hauteurs, le monastère où nous sommes accueillis par un vieux moine francophone qui me fait visiter la propriété (les pressoirs à vigne et à carroubes, le magasin, la bibliothèque, …). Nous attendons que les deux supérieurs (celui du Monastère et celui de toute la communauté) se réveillent de leur sieste en allant avec Jean-Pierre, qui lui-aussi nous sert de guides avec une vue d’ensemble des terres qu’il loue au Monastère : pas moins de 150 hectares et qu’il veut enrichir et ouvrir au monde : oliviers, vigne, projet de résidence d’accueil avec bungalows … Il faut être fous, nous disons-nous avec Jean-Pierre, mais … Soyons fous … Voilà il est 17 heures, nous sommes dans le bureau de Père Sleiman, très doux, je sens que l’on va passer une bonne soirée ! Et qu’est-ce qu’on a été bien guidés, aujourd’hui, comme on devrait l’être tout au long de notre vie, guidés et guidant : merci les amis !

Jour J + 158 : Amédée


Me voilà presque grenouille de bénitier, maintenant ! Il y avait bien longtemps que nous n’avions pas couché dans un monastère, rappelez-vous c’était dans ce merveilleux petit monastère orthodoxe de Novo Sello, en Macédoine, il y a quasiment deux mois jour pour jour ! Et Ben, il me fait récidiver : je ne vais quand même pas devenir frère Amédée (quoi que, si j’ai la charge de la cave à vin, ou de la pâtisserie, ou du fumoir … non, je m’égare). Mais c’est vrai que j’aime bien cette ambiance, à l’écart de la grande ville et du bruit, tout le monde est sourire, on dort bien , et puis … c’est merveilleux, le décorum, même si c’est assez sobre chez les cathos – Non, pas de comparaison, je sais –, ça me rappelle Noël, avec la crèche et puis mon copain petit Jésus (bon, il peut pas faire des bêtises, il est tellement gâté par ses parents et par les mages) et mes potes l’âne et le bœuf … Tiens, ici, Jésus, il a même droit à des paillettes quand il est en croix, il en a de la chance de briller autant, quelle Star ! Et puis, ça change de la neige pour les tours Eiffel. Quel bon goût, ne trouvez-vous pas ? Ah, quelle soirée, quelle nuit, nous avons été guidés vers une vraie hostellerie de luxe, on a eu de la chance, « d’obtenir l’autorisation » de poser notre sac, merci père Slieman !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Père Sleiman, Supérieur  du  Monastère St Sauveur

Quand nous arrivons au couvent avec André, nous souhaitons saluer le père supérieur de l’Ordre … Mais celui-ci fait la sieste … Alors nous attendons, et allons rencontrer le Père Sleiman, Supérieur du Monastère, guide des moines du lieu … Parfaitement reçus dans son bureau, café arabe et fruits divers du domaine, conversation bon enfant … Et le père Sleiman donne spontanément son accord pour m’héberger cette nuit. Je me posais des questions sur ma présence ici, j’avais tort, le lieu est calme, recueilli et en même temps merveilleux … Seul défaut, une fois de plus : mon séjour est trop court, seulement 15 heures ici. Ah, si je pouvais de temps en temps poser les rênes qui guident mon trajet et me laisser guider par mes rencontres !!! mais voilà, ce n’est pas, une fois de plus, la durée qui compte, c’est la chaleur et la qualité de ce monastère, les sourires et les gentillesses, les discussions aussi parce que la plupart des moines parlent français ou anglais, ne parlons pas des repas, abondance inattendue, ni des offices, très recueillis et merveilleusement chantés. Oui, Père Sleiman, tu es un parfait guide pour les pèlerins d’une nuit, et nous parle de nos deux papes comme étant des guides : merci ! :

"Reste à l’exemple du pape Benoît XVI dont tu as le prénom, solide dans la Foi catholique, parce qu’elle est la lumière du christ dans ce monde de ténèbres. N’aie pas peur du monde, le Christ a vaincu le monde." (Père Sleiman, Supérieur du Monastère Saint-Sauveur)

mardi 11 octobre 2011

Jour J + 157 : Damascus (Syrie) => Beyrouth (Liban) (Crochet par trajet en Taxis - Total = 5551 kms dont 5122 kms à pied)

 Information spéciale :


 Au revoir la Syrie, Bonjour le Liban 
Et l’on passe encore une fois la Frontière.
Jamais treize sans quatorze,
On ne quitte pas complètement la Syrie qui est bien un pays merveilleux à qui sait bien la découvrir ! mais vous verrez, le Liban, c’est très loin d’être mal non plus !
Et puis, toi la Syrie, tu perds rien pour atteindre, tu verras au retour de ce crochet !


Pensée Spirituelle
"La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son. C’est pourquoi bien des personnes sont brillantes jusqu’à ce qu’elles ouvrent la bouche."
(Jean LE ROND D’ALLEMBERT)

Péricope Biblique
"La sagesse est dans les vieillards, et la prudence est le fruit de leur longue vie sans vitesse ou précipitation."
(Jb 12, 12)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Par ceux qui voguent librement, puis s'élancent à toute vitesse."
(Sourate 79 [Les anges qui arrachent les âmes], Versets 3 – 4)


C’est quoi la vitesse, pour quelqu’un qui marche à 5 à 6 kms / heure, que ce soit au lever ou au coucher du soleil ? C’est justement de ne pas marcher … mais de prendre un taxi … pour quitter le centre-ville de Damascus … pour gagner la gare des taxis, en périphérie de la capitale … Puis reprendre un autre taxi … pour gagner la frontière … Et d’aller rapidement payer la taxe d’autorisation de sortie du territoire (eh oui !), pour pouvoir sortir du pays !... Puis sortir rapidement du pays avec le même taxi … Et d’aller rapidement chercher un visa pour entrer dans le nouveau pays … en ayant la surprise que ce visa est gratuit … Puis de reprendre le taxi … et de gagner la ville – capitale de destination … où l’on s’est arrangé auparavant … pour retrouver l’hôte qui est venu nous chercher en voiture … et gagner ainsi rapidement le gite ! C’est pas beau, cela ? Ben oui, ce passage au Liban, il était programmé … entièrement à pied, du Nord au Sud, mais avec les évènements en Syrie, les plans ont été changés … Alors, ce sera un crochet (plus qu’une parenthèse) entre Damascus et Beyrouth, avec des rayonnements autour de cette belle ville, muni des déplacements le plus souvent mécaniques (et donc rapides)… et tout cela c’est grâce à Christiane et André, rencontrés déjà lors d’un mariage en France (les parents du marié, on était à la noce !) et qui vont me recevoir aux petits oignons ! Ils habitent à 10 minutes du centre de Beyrouth (quand cela roule bien …) dans un superbe et immense appartement. Je vais donc être ici comme un coq – gaulois – en pâte ! et du coup, je vais pouvoir vous écrire sans retard tout en veillant à ce que votre lecture sera rapide ! mais pour aujourd’hui, j’ai rapidement décidé : je vais flemmarder ... Car je n’ai donc rien d’intéressant à vous dire sur cette première partie de journée, qui me permet de découvrir le Liban, le quatorzième pays ! Mais une fois arrivé, avec un micro-repos sans durée, on va redécoller en fin d’après-midi avec André pour visiter le centre historique de Beyrouth, entièrement ravagé par la guerre de 1975 à 1990, mais complètement reconstruit depuis, magnifique travail urbanistique et esthétique, intégrant parfaitement l’ancien et le nouveau, peut-être un peu surfait et à la recherche d’une âme … Et pourtant, il y a tout ce qu’il faut pour les sauver les âmes, toutes les églises chrétiennes à ne pas s’y retrouver tellement les Eglises pullulent ici (rien que pour le catho, il y a du latin, le syriaque, le maronite, l’arménien, le grec, j’en passe et des meilleures …). Et puis il y a aussi les orthodoxes, encore plus diversifiés, les protestants, les juifs, les musulmans eux-aussi variés … Donc le quartier se cherche, peut-être comme l’humain se cherche, après tout ! Allez, on va remonter en quatrième vitesse à l’appartement, pour retrouver Christiane, et se prendre un bon apéro et un bon repas sur le balcon … Sans célérité aucune : on profite de la douceur et de la volupté libanaise, diantre, quel accueil, ça promet, on ne va pas se presser !

Jour J + 157 : Amédée


Moi j’ai envie de voir du pays (et de la gente féminine !) : Madame la Liberté à New-York, Mesdemoiselles les roses de la vallée de la Loire, Gentes belles jeunes et grandes femmes élancées d’Afrique (à chacun ses fantasmes, non ?), … Et la liste n’est a pas clause ! Alors quand on prend un véhicule à moteur, moi je trouve que ça fait du bien, ça décoiffe et ça permet d’arriver bien plus vite à bon port. Ah Ben, si on finissait notre périple ainsi, à toute allure ? on aurait plus de temps pour rencontrer des gens inoubliables, qui donnent de leur temps pour les autres dont pour nous ? Alors Ben, j’insiste : t’es vraiment sûr qu’à part la Syrie, tu vas continuer à pied ? Allez, demande conseil à notre moine préféré, à qui on dit d’avance pour ses éléments de réponse et ses conseils judicieux : merci Hannah !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Frère Hanna - Monastère St Sauveur  au  Liban

Aujourd’hui, dans le taxi, problème de barrière de la langue sans doute, on n’a pas beaucoup échangé … Et mes hôtes du jour, ce seront pas loin de mes hôtes de la semaine, on aura bien le temps de se présenter ! Alors permettez-moi d’évoquer un personnage très sympathique que je vais rencontrer sous peu (eh oui, c’est cela l’avantage d’avoir du retard dans ce blog, lol) : Frère Hannah, prénom arabe signifiant Jean, que je vais rencontrer au Monastère Saint-Sauveur, dans la montagne au-dessus de Saïda, bien-sûr au Liban. Hannah n’est pas encore moine, mais à 25 ans, il possède déjà une sacrée culture théologique, il a forcément dû poursuivre ses études à toute vitesse ! Il est diacre, sera ordonné prêtre ; mais en attendant pour ne pas perdre de temps, il est actuellement plutôt chargé d’accueillir les hôtes … Et ces hôtes peuvent être seuls – ce qui sera mon cas – ou arrivant par cars entiers, à toute vitesse. Alors Hannah ne chôme pas, il doit être présent auprès de tous et en même temps synchroniser, presque à la vitesse de la lumière. Mais Hannah, c’est bien cela qu’il aime : accueillir, parler, servir, donner, comme il dit. Ainsi lors de mon séjour au monastère, Hannah sera toujours auprès de moi pour la compréhension des célébrations (bien sûr en arabe) pour que je ne sois pas perdu, pour les repas et pour une bonne promenade sans vitesse excessive où nous avons pu échanger de tout et sur tout … Hannah me précise alors qu’il a mûri longtemps et sans précipitation son désir de devenir moine et prêtre, de s’engager dans cette communauté missionnaire auprès de la population locale et des paroisses environnantes, par-delà tout critère social ou religieux, et donc d’accepter en toute connaissance de cause les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Bien sûr il sait que chose ne sera pas facile, mais il se dit que la vie est un long fleuve tranquille, parfois un oued à sec qui tout d’un coup grossit et emporte tout à grande vitesse, mais il aime la vie cénobitique dans ce monastère où tout se déroule – le plus souvent – à petite vitesse ! Ah, Hannah, toi qui es si chaleureux, t’aurais pu être horloger, puisque tu sais d’adapter à toutes les heures du jour et de la vie ! :

"Cher Benoît, bénie est ton intention et ton projet. Je vous souhaite un trajet bien mené. Que Dieu nous donne et vous donne tous vos souhaits et aspirations. Rien n’est difficile avec le Christ qui nous accompagne chaque jour sur les sentiers de notre vie. Que Dieu soit toujours avec vous et en vous !" (Frère Hanna [Jean] : MONASTERE Saint-Sauveur)

lundi 10 octobre 2011

Jour J + 156 : Journée à Damascus (Total = 5551 kms dont 5122 kms à pied)

Pensée Spirituelle
"L’homme n’a pas moins besoin de liberté que l’âme d’un corps."
(A. L . AL-SAYYED)

Péricope Biblique
"Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de Christ."
(1Co 12, 12)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux - sauf ceux qui ont quelques infirmité - et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier de Dieu. Dieu donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d'excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Dieu a promis la meilleure récompense. Et Dieu a mis les combattants au-dessus des non-combattants en leur accordant une rétribution immense : des grades de supériorité de Sa part ainsi qu'un pardon et une miséricorde. Dieu est Pardonneur et miséricordieux."
(Sourate 4 [Les femmes], Versets 95 – 96)


Le corps est précieux, sachons le respecter, le maintenir, l’entretenir et le développer ! Et c’est bien cela l’intérêt de la marche, quel que soit le motif qui la déclenche, quelles que soient la longueur et la durée, non ? De plus, le corps ça peut servir à tisser des liens de paix et d’amitié entre les uns et les autres, alors que demander de plus, dans le cadre de ma « mission » de pérégrination ? … Mais, fait-on toujours ce qu’il faut pour que notre corps bénéficie de tous les respects possibles ? Si vous le permettez, votre humble serviteur souhaiterait illustrer ses propos par deux exemples – presque – au hasard aujourd’hui, l’un pas trop positif, l’autre complètement génial. Tout d’abord, avec Wissam et Bassam, quand on a été visiter la grande mosquée de Damas – superbe, mais vraiment grand mastodonte … –, on en a profité pour visiter la vieille ville de Damas (paraît-il une des plus vieilles du monde !), et puis le quartier chrétien, et puis les souks ! et là, vous me direz, on a fait plein de marche, on a fait travailler notre corps, on est des athlètes … Eh ben non, patatras, point du tout, votre honneur ! car Wissam et Bassam, ils ont voulu me faire plaisir (et ils m’ont fait vachement plaisir) en me faisant découvrir les boissons locales. Car là, on enchaîne en moins de deux temps trois mouvements : un sorbet granité au citron, une boisson au cumin, une ENÔRME glace à la vanille saupoudrée de pistaches (mum !!!), une boisson à la mélasse, un verre de liquide maïzena chaud, et un chaï pour laisser couler. Tout est tout simplement succulent, délicieux, à tel point qu’on y reviendrait bien ! mais franchement, vous trouvez que c’est raisonnable pour notre corps, vous ? Abus de sucres et de produits gras, c’est pas bien, cela pour notre corps !

Mais heureusement, seconde anecdote, s’il en est : Ce soir, je vais découvrir un nouveau sport, et même le pratiquer ! ça s’appelle la Capoeira, vous connaissez ? moi pas du tout, avant que nos Damassiens préférés ne m’en parlent ! Oh, ça, ils sont sacrément tous mordus, ils le pratiquent, et ils essayent de le développer … Quel intérêt, me direz-vous ? eh bien, c’est un sport sain, sain pour le corps, sain pour le développement personnel, sain pour les liens avec les autres. Je m’explique, et vous allez devenir incollables et vous inscrire dès aujourd’hui auprès de l’académie de Capoeira juste en bas de chez vous, car vous aurez envie d’essayer … Et puis vous verrez que le sport peut rimer avec la non-violence et avec la relation pacifique à l’autre. Ainsi, la Capoeira est un art martial afro-brésilien qui puise ses racines dans les méthodes de combat et les danses des peuples africains du temps de l'esclavage en Angola et au Brésil. Elle se distingue des autres arts martiaux par son côté ludique et souvent acrobatique (les pieds sont très largement mis à contribution durant le combat bien que d'autres parties du corps– telles que, principalement, les mains, la tête, les genoux et les coudes – peuvent être employées). De formes diverses, la Capoeira est jouée et/ou luttée à différents niveaux du sol et à différentes vitesses, accompagnée le plus souvent par des instruments, des chants et des frappements de mains. La Capoeira exprimerait donc une forme de rébellion contre la société esclavagiste, les premiers capoeiristes s'entrainaient à lutter en cachant leur art martial sous l'apparence d'un jeu. Ainsi quand les maîtres approchaient, le caractère martial était déguisé par la musique et les chants, le combat se transformant promptement en une sorte de danse en forme de jeu agile qui trompait leur méfiance et les empêchaient de voir le caractère belliqueux de la Capoeira. Et c’est pourquoi dans la Capoeira, on retrouve la mise en scène de nombreux aspects : l’aspect martial avec ses combats, l’aspect artistique avec les « floreis » (acrobaties) et la musique avec les chants et les instruments typiques de la Capoeira – à savoir les instruments traditionnels de la musique brésilienne. Le jeu symbolise donc le combat, l'expression corporelle et la conversation non verbale entre les deux partenaires, avec la discipline et le respect mutuel qui sont des valeurs fondamentales de cette pratique.

Et là, vous devez vous demander si je n’ai pas fumé la moquette, ou bien si ce n’est pas l’effet du Narguilé … Eh bien non, pas tout à fait, car outre le fait que j’ai pu faire un peu de sport intensif en la première séance d’entraînement de cette nouvelle session sur Damas, l’expérience de la mise en place d’une nouvelle communauté de Capoeira ici-même m’a paru passionnante, dans un pays en pleins troubles de violence et d’affrontements dramatiques des diverses parties en jeu, rendues elles-aussi mais par elles-mêmes esclaves de leur incommunicabilité. Car si Hussam, avec Hassan, avec les autres, voudrait mettre en place en Syrie une communauté Capoeira comme il en existe un peu partout dans le monde, c’est notamment pour aider les jeunes à respecter et à se respecter, à se fréquenter sans troubles. D’ailleurs, la devise serait « one love and respect : un amour et du respect » : beau programme, non ? Car l’idée principale est de montrer à ces jeunes, souvent pauvres et souvent désœuvrés, qu’ils peuvent, au-delà du sport, vivre leur vie comme des joueurs de Capoeira, et ainsi se prémunir des aspects de violence et de crime … C’est donc un des moyens possibles pour changer la vie, changer la communauté, changer le pays. Beau programme pour la Syrie, ne trouvez-vous pas ? Et ce qui est sympa, c’est que même timidement, l’idée fasse ici son chemin (grâce notamment à de bonnes relations avec le ministère du sport, avec des écoles internationales de Damas, avec des ambassades étrangères et avec de nombreux sponsors. Allez, via le corps, gardons espoir d’un monde meilleur, bravo à vous amis sportifs, peut-être utopistes mais ô combien généreux et sympathiques !

Jour J + 156 : Amédée


Moi, il n’est pas question que je remue le petit doigt pour faire un quelconque sport. Je veux rester de marbre, droit comme une statue, rigide comme un pic, n’attendez pas de moi d’être champion olympique, je suis seulement l’as des as de l’amitié. Ainsi avec les jumeaux, on est câlins et compagnie. A chacun son sport. Ils sont des pros du Capoeira, moi je suis le pro des bisoux – c’est un sport comme un autre, non ? Et au moins, je ne me casse pas les os, moi (bon d’accord, ma carcasse est bien fendillée, mais c’est de la faute à qui, hein Ben ? ...). Bon j’ai quand même fait des efforts, je suis devenu un fervent supporter. Ouais les potes et les potesses, vous avez vu comme Hussin et moi on est en harmonie de couleurs ? Allez, Hassan et Hussin, vous en avez de la chance d’être des jumeaux, même si c’est pas des vrais, vous êtes sacrément fortiches en Capoeira, vous apportez vous-aussi votre pierre non pour frapper l’adversaire mais pour bâtir un édifice de paix en Syrie … et puis … vous êtes vachement sympas : merci Hassan et Hussin !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Hassan et Hussin  de  Damascus

Hassan et Hussin, c’est des grands copains d’Houssam et Wissam ! Normal, ils habitent à côté, et ils font du Capoeira, c’est même des champions, et même des formateurs, et même … mes entraineurs d’un soir ! Ils ont beau dire que je me débrouille bien (et c’est vrai !), ils n’arriveront pas à me faire champion du monde. Y’a un âge à tout, non ? Mais grâce à eux sur le tatamis, j’ai bien brûlé des calories, et puis chez Houssam et Wissam, on a bien rigolé ! Les amis, pourvu que votre projet de monter une entité de Capoeira sur Damascus et donc sur la Syrie, elle fasse elle-aussi son chemin (tiens, comme moi !) car vous êtes vraiment des entrepreneurs de paix et de rêve pour les jeunes, drôles d’oiseaux et d’animaux que vous êtes (en plus, vous vous rebaptisez ainsi !), saperlipopette ! :

"You are the best in Capoeira, I have seen you today in the training, and you will have nice future in Capoeira. All the best !" (Hussin dit Corvo – le Corbeau)(Tu es le meilleur en Capoeira ! Je l’ai vu aujourd’hui à l’entrainement, et tu auras un bel avenir en Capoeira. Tout le meilleur!)

"When I saw first you, i saw a smile in your face like a 15 year old happy boy ! Good Luck !" (Hassan dit Mosca – la Mouche)(Quand je t’ai vu la première fois, j’ai vu un sourire sur ton visage paraissant celui d’un jeune de 15 ans heureux ! bonne chance !)

dimanche 9 octobre 2011

Jour J + 155 : Mar Moussa => Damascus (35 kms à pied et crochet par trajet en Bus - Total = 5551 kms dont 5122 kms à pied)

Re-bonjour à vous tous !!!!

En ce dimanche 9 octobre, voici quelques nouvelles de notre Ben !!!!!
Vendredi, nous avons eu le plaisir d'avoir, via 'Skype' LE Ben !!
Il était à DAMAS. Il a pris le bus d'Alep à la Capitale.
Bien accueilli dans une famille, il va y rester quelques jours.
Bien entouré,
il fait ce qu'il faut pour ne pas prendre
LE MOINDRE RISQUE.
Il a prévu de faire juste un 'petit' crochet vers Le LIBAN
(un ou des points de chute sont déjà prévus)
avant de revenir à DAMAS et poursuivre sa route.
Dès que j'ai plus de News, je vous en fais part !
Laurent

P.S : Modif du 10/10 à 1h40. Je viens juste de recevoir un petit mail de sa part.

 TOUT VA TRES BIEN !
mais pas évident de vous contacter, internet interminable et surtout, mon portable bloqué en Syrie (liste noire communications), donc pas de sms ... mais je devrais être mardi au Liban, donc plus facile, et surtout, ne vous inquiétez pas, cela se passe vraiment très bien actuellement !
Je vais me coucher, il est tard (ndlr : +1 heure pour lui)
et demain, visite de Damas le vieux, plein de kms à pied
gros bisoux à tous,
portez-vous bien !
Ben

Pensée Spirituelle
"De la difficulté d’être. L’art ne vaut à mes yeux que s’il est la projection d’une morale. Le reste est décor."
(Jean COCTEAU)

Péricope Biblique
"Rendez à l'Eternel gloire pour son nom ! Apportez des offrandes et venez en sa présence, Prosternez-vous devant l'Eternel avec de saints décors !"
(1Ch 16, 29)
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ne tends point tes yeux vers ce dont Nous avons donné jouissance temporaire à certains groupes d'entre eux, comme décor de la vie présente, afin de les éprouver par cela. Ce que Dieu fournit (au Paradis) est meilleur et plus durable."
(Sourate 131 [Ta-Ha], Verset 20)


Oui, la vie a un certain décor, parfois de bon goût, parfois plus discutable … Ce matin, réveil aux aurores … Eh oui, on n'est pas là pour longtemps, dans ce monastère si accueillant, alors, on va en profiter, de ces lieux enchanteurs … Et puis très vite, trop vite peut-être car cela nous arrache au paysage – mais c’est quand même un monastère ! – nous allons participer, à la messe matinale … Et comme on est Dimanche, ça va durer deux heures … durer le temps de découvrir un déroulement, catholique certes, mais bien imbibé de rites orthodoxes … Les chants sont merveilleux, l’assemblée est priante, nous sommes tous rassemblés, au même niveau, sur les banquettes et les tapis, on y est bien. Bien sûr des détails de rites comme les crécelles utilisées pour les nombreuses processions ou l’encensement à outrance surprennent, mais à nous de nous sentir à notre juste place … Notre place dans le décor de rêve de cette vieille église toute simple et couverte de fresques. On y est si bien que le petit-déjeuner va devoir être abrégé afin de respecter les horaires (n’importe quoi, des horaires, ici !) du taxi qui vient nous chercher … Car sur le chemin vers Damas, nous n’allons pas rencontrer saint Paul (quoi que) mais des monastères orthodoxes qui se trouvent dans des petites villes (Maloula et Saadnaya …) où l’on parle encore l’Araméen, vous savez, justement cette langue que parlait Jésus … Profitons-en car en ce décor se trouvent les derniers bastions, non de résistance mais de témoignage de deux mille ans d’histoire et de foi, et qui plus est de démonstration s’il en est nécessaire (et cela l’est) que l’on peut vivre … en commun et en bonne intelligence (ah si la Syrie toute entière suivait cet exemple …). Mais bon, soyons clair, les quatre monastères visités, deux dans chacune de ces deux villes, ne me laissent pas un souvenir impérissable, trop marbrés, trop dorés, trop cirés, trop fréquentés, trop réglés … Mais évidemment, le challenge leur était difficile à remporter, on avait visé très haut (dans tous les sens du terme) à Mar Moussa … Allez, quand même, je vais me défouler pour le fun dans le cadre –complètement personnel ! – du décor, pour remettre des prix du concours du mauvais goût et de la mauvaise mise en scène : une mention spéciale à la none surveillante de la grotte du premier visité, pour son amabilité qui nous fait penser qu’elle garderait bien une prison. Un accessit au vin dégusté, trop vert (mais fallait pas mourir idiot, et donc le gouter) au second. Un grand prix du kitch pour la décoration florale de l’église du troisième qui se prépare à célébrer un mariage. Et le « winner is » la cour d’arrivée du quatrième, hectare macadamisé devant une pièce montée architecturale –« le » monastère – comme personne n’aurait osé ! je ne cherche pas à critiquer, encore moins à « tomber dans le décor », mais finalement, ne croyez-vous pas que le plus souvent, pour la Foi comme pour la vie de tous les jours, c’est bien la simplicité qui marche le mieux, non ?

Et c’est bien ce qui peut nous plaire chez nos hôtes de Damascus que nous retrouvons à notre retour, cette « famille formidable », à laquelle s’associent de nombreux amis qui défilent les uns après les autres (et souvent ensemble), au point qu’on ne peut sentir l’isolement pas plus que la faim ou la soif, car à chaque fois, ici, on ne nous oublie pas dans notre digestion … Laquelle finalement se fait toute seule, sans indigestion tant c’est bon, sans excès, tant c’est parfait, sans mauvais goût tant cela … a du goût ! Et en plus, pour parler du décor de cette pièce nouvellement aménagée, c’est sobre mais … c’est beau !

Jour J + 155 : Amédée


Moi, ce que j’aime bien des monastères, c’est pas ce qui est clinquant, c’est que l’on y a toujours des réserves de nourriture et de boissons, n’ayons pas peur de le dire ! Bon, les chants, c’est beau, les textes en arabe, ça fait exotique mais on n’y comprend pas grand-chose, par contre la table, c’est toujours succulent : vous allez me trouver terre-à-terre, tant pis, les amis, ce qui compte, c’est comme disait ce matin Padre Paolo, le créateur et responsable du monastère de Mar Moussa, au petit-déjeuner avant de partir : « Prenez votre temps les amis, l’homme est fait pour manger et le manger est fait pour l’homme ! » Alors oui, on en a perdu, des kilos, depuis cinq mois, mais là, on est en train de les reprendre rapidement. Tant pis, ici, c’est si bon, en plus d’être si beau ! … Ben oui, vous l’avez compris, si à Mar Moussa j’ai apprécié la sobriété des lieux, j’aurais tendance, dans ma râlerie habituelle, à devenir devant tant de débauches d’ornements de certains monastères, l’ « Amédée-athée » … Par contre, à moi de planter le décor : devant tant de bonnes nourritures terrestres, je serai aussi « le Béage qui ne prend pas que du potage ». Et puis, moi, j’apprécierai d’être toujours avec les amis « un pilier des cuisiniers de l’amitié ». Alors merci à tous nos marmitons et nos marmitonnes, c’est grâce à vous … que nous tenons le coup ! et cela est particulièrement vrai chez les Baravi’s, merci à vous tous qui savez faire rimer « calories » avec « joyeuseries ! » Et parmi vous, toi le guide qui va prendre demain l’initiative de me faire savourer dans les souks le décor mais aussi six plats en quelques minutes, on te dit : merci Wissam !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Wissam  de  Damascus

Wissam, t’es le second de la fournée (pas de pain, non, mais des joyeux hôtes). T’es un peu comme ton frère Houssam, joyeux, heureux, serviable, prêt à me dérouler le tapis rouge, à me faire manger dix fois par jour et entre temps à me demander si j’ai encore faim, à me perfuser à coup de café turc à la cardamone pour changer un peu du chaï, à « m’intoxiquer » au Narguilé, à m’emmener me balader dans Damascus pour me faire découvrir les richesses artistiques mais aussi les boissons et les nourritures les plus inattendues, à te fatiguer plus que raison pour que je sois complètement heureux … Tu es passionné par tes études de droit, tu veux te lancer dans les affaires internationales, tu seras certainement le grand manitou des liens amicaux par-delà les frontières ! Comment pourrais-je t’offrir une petite compensation ? J’ai trouvé ! par exemple en te donnant des « cours de français », par exemple selon ma méthode « benoîtement Assimil-able », avec des phrases intéressantes telles que « le charcutier et la charcutière travaillent dans la charcuterie » (et là, vous pouvez faire des variantes avec les triplets « boulanger – boulangère – boulangerie » ou « boucher – bouchère – boucherie » ou même pourquoi pas « plombier – plombière (pas la glace, gros gourmand d’Amédée !) – plomberie …). Mais je vais te dire, Wissam, t’es trop bon avec moi, ne fatigue pas plus que cela et fonds-toi dans le décor, t’as ta place au paradis … des amis ! Et là, tu trouveras parfaitement ta place dans le décor … :

""Let’s sell our life to buy happiness, it is not good to sell and not to buy !” I wish you the best with your trip, and when we play Capoeira together, in can’t think I am playing with an old man, so never say “old man”, my friend : take care !" (Wissam)
("Laissons notre vie acheter du Bonheur, il n’est pas juste de seulement en vendre et de ne pas en acheter !" Je te souhaite tout le bonheur dans ton périple, et quand nous pratiquons ensemble le Capoeira, je ne peux vraiment pas dire que je le fais avec un vieil homme, alors ne dis plus que tu es un « vieil homme », mon ami : sois prudent !)

samedi 8 octobre 2011

Jour J + 154 : Damascus => Mar Moussa (35 kms à pied et crochet par trajet en Bus - Total = 5551 kms dont 5087 kms à pied)

Pensée Spirituelle
"Quelquefois, il me semble que le désert ne se trouve pas aux confins de notre pays, mais qu’il s’étend au seuil de notre âme."
(Nathan BISTRITSKY)

Péricope Biblique
"Tu l’as vu aussi au désert : YHWH, ton Dieu, te soutenait comme un homme soutient son fils, tout au long de la route que vous avez suivie jusqu’ici."
(Dt 1, 31)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Cela est un rappel. C'est aux pieux qu'appartient, en vérité, la meilleure retraite, même dans le désert, les Jardins d'Eden, aux portes ouvertes pour eux."
(Sourate 38 [Sad], Versets 49 – 50)
 

Aujourd’hui, une retraite dans le désert ! En cela, nous nous démarquons du monde, nous quittons la folie urbaine, le bruit et le danger … Quand je dis « nous », c’est Hussam et Wissam, les deux aînés des Baravi’s et moi ! car voilà t’il pas que sur de nombreux conseils, j’emmène mes deux amis musulmans visiter et vivre quelques instants dans un monastère chrétien ! Eh oui, c’est cela l’ouverture ! Et c’est bien là que juifs, chrétiens et musulmans peuvent s’ils le souhaitent se rejoindre, et c’est là que les Livres sacrés peuvent s’associer et ne plus se séparer, dialoguant ensemble dans la rencontre et – dorénavant – dans ce blog !
Alors voilà, nous quittons donc Damascus par un minibus commun, nous conservons ce dernier après avoir fait plusieurs étapes et déversé la population locale, et nous voilà au beau milieu du désert, sur une route sinueuse où les seuls habitants sont des … sacs plastique emportés par le vent. Arrivée au pied de la falaise, après presque trois heures de route, quelques marches parmi la roche, l’ascension d’une vallée aride, un peu le paysage du Sinaï ! Le tout dans le silence, un lieu propice, comme seuls les moines savent le faire, à la méditation, à une retraite dans le désert. Accueillis dès notre arrivée par Sébastien, nous retrouvons sur la terrasse du vieux monastère (occupant les lieux d’un ancien fort romain) quelques membres de cette nouvelle communauté mixte. Le verre d’eau (pas de chaï !), un paysage grandiose sur la plaine lunaire, un nouveau bâtiment sur la droite accueillant notamment des groupes de réflexion sur le … Dialogue interreligieux, un vrai village dont le charme est proportionnel à l’anarchie sur notre gauche … Et c’est là que nous allons trouver notre dortoir, pour la nuit qui n’est pas encore là, bien au contraire, car nous voilà partis pour une bonne ballade le long de l’oued, grimpant sur la caillasse, dévalant la roche, faisant une halte auprès de bergers de chèvres qui travaillent pour le monastère et qui nous offrent … du chaï. On repart sur la crête pour admirer le soleil qui descend lentement au loin sur les montagnes grisonnantes du Liban tout proche … petite halte – guitare grâce à Houssam, jeu de piste nocturne pour trouver notre chemin de retour parmi les ravins … Et nous voilà tout juste arrivés pour la petite heure de méditation silencieuse dans l’église du XIème siècle aux fresques colorées et à l’atmosphère ouatée, installés sur des tapis et des banquettes au ras du sol … Nous découvrons là l’ensemble de la communauté, des hommes et des femmes de tous pays, de toutes religions et de toutes motivations, très beau et même pas long, diront mes deux amis qui découvrent plein de choses et sont carrément hypnotisés … Tout est en arabe, c’est finalement peut-être moi qui suis le plus paumé, ce qui laisse signifier … que la recherche d’inculturation vers les habitants proches ou lointains des lieux est réussie ! Bien-sûr, des lectures bibliques, où chacun peut s’exprimer … mais est-ce intentionnellement voulu, est le hasard ou un signe, les trois lectures me touchent « de front » : un texte de Zacharie décrivant la Jérusalem idéale ouverte à tous, aux jeunes comme aux vieux ; un extrait d’une épître paulinienne, disant qu’il faut marcher et se lancer dans le cadre de la mission ; et une parabole de Luc sur les rapports entre le pouvoir et l’argent, ça ne peut être que fait pour, moi agissant dans la Banque … Ben non, finalement, chacun(e) y trouve ce qu’il ressent, chacun(e) est concerné(e) !!! Il est temps de ressortir pour un dîner à la fois frugal et convivial sur la terrasse, sous la pergola contenant la tente dite d’Abraham (le père de tous les croyants monothéistes). Quelle soirée, quelles discussions avec le père fondateur, Padre Paolo, mais aussi avec tous les membres, sans oublier les blagues, car le silence est facilement rompu, et ça résonne entre les falaises ! Voilà, une découverte, une découverte des lieux et des découvertes de gens de différentes motivations, encore une fois la merveille des rencontres s’associe à la splendeur des lieux, c’est bien cela la réussite de ce périple, condensée dans une simple retraite … dans le désert !

Jour J + 154 : Amédée


A Mar Moussa, tout y est beau : la nature, le ciel, la roche ! D’accord, le plan d’urbanisme est peut-être un peu flou, un vrai labyrinthe de montées et de descentes, mais on s’y sent si bien … Alors j’ai trouvé une niche dans le rocher, avec un marteau et un burin, moi, Amédée, j’ai su tailler un peu comme une iconostase (vous savez, ces portiques à trois portes dans les églises orthodoxes et par extension dans des églises catholiques, comme celle de Mar Moussa], et je suis pas peu fier de mon œuvre. Vous en pensez quoi, vous ? moi en tout cas, après la cacophonie de Damascus, j’apprécie bien ce silence ici, peut-être que comme Sébastien, j’y resterai bien à fonder une communauté de gnomes ? Et comme ils accueillent tout le monde ici, si vous avez des cousins (ou surtout des cousines) à moi, dites-leur de m’écrire, je leur enverrai une invitation ! Car ici, on ne vous pose pas de questions quand vous arrivez, vous êtes tous les bienvenus, êtres de la Création : et ça c’est grâce à qui, à Padre Paolo, le fondateur et à tous les membres, et aussi à toi qui montre l’exemple de l’ouverture et du dialogue, toi à qui nous disons merci, Sébastien !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Sébastien  de  Mar Moussa

Sébastien, c’est celui qui s’est si bien occupé de nous, à notre arrivée à Mar Moussa … C’est celui qui a veillé à ce que tout aille bien durant notre séjour … C’est celui qui, au milieu de tous les autres membres dont Paolo, le dynamique fondateur, nous a chaleureusement raccompagnés lors de notre départ. Et Sébastien, j’aurais pu le connaître bien avant, car il est de France et même de Nancy (comme une bonne partie de ma famille !). Auparavant, il a agi en tant que diplomate pour le Ministère des Affaires Etrangères, un peu partout au Moyen-Orient puis à la maison-mère parisienne, et puis … il en a eu marre de l’ambiance et de la politique pratiquée en elle-même … Alors comme il pratique couramment l’arabe, et qu’il avait entendu parler de Mar Moussa, il y est venu … il y a six mois, et pour l’instant il n’a aucune envie de quitter les lieux, sauf quelques retours en France pour les amis et la famille … qui n’est pas nécessairement pratiquante ni même croyante et qui a peut-être quelque mal d’assumer sa décision … Mais cela, c’est le choix de Sébastien, celui de rallier cette communauté monastique et d’agir pour la Paix et le Dialogue inter-religieux. Quel meilleur témoin pouvais-je trouver pour mon trip ! Sébastien, tu as ta cotisation gratuite à l’association Paix-Eirhnh-Salam-Shalom ! … :

"Pour Benoît de Sébastien à Mar Moussa ! le pèlerin, marcheur vers son Dieu, suivant le souffle de l’Esprit, porte en lui le désir de la Jérusalem du cœur !" (Sébastien)

vendredi 7 octobre 2011

Jour J + 153 : Journée à Damascus (Total = 5542 kms dont 5052 kms à pied)

Pensée Spirituelle
"Les chrétiens honorent le Dimanche, les juifs le samedi, les musulmans le Vendredi. Si les bouddhistes s’y mettent, il ne va pas rester grand-chose !"
(Patrick DEVEDJIAN)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux . Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la Salat du jour du Vendredi, accourez à l'invocation de Dieu et laissez tout négoce . Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez ! Puis quand la Salat est achevée, dispersez-vous sur la terre, et recherchez [quelque effet] de la grâce de Dieu, et invoquez beaucoup Dieu afin que vous réussissiez."
(Sourate 62 [Le Vendredi], Versets 9 – 10)


Vendredi ! vous avez fait quoi, ce jour-là ? La fin de la semaine de travail avec en perspective … le repos de fin de semaine ? les courses de la semaine à l’hypermarché du coin ? et pour le repas suite à ces courses, vous avez respecté la tradition chrétienne du Vendredi quand il fallait faire maigre, donc vous avez mangé du poisson ? Ben c’est bien les copines et les copains, vous n’avez pas manqué d’occupations ! parce que nous, ici, en comparaison, ça a été plus calme : c’est Vendredi , le repos légal de fin de semaine – J’ai décidé de ne plus utiliser le vilain mot de « week-end », vous avez une solution de remplacement pour ce mot, vous ? – Déjà en temps courant c’est plus calme, les hommes vont à la Mosquée pour la grande prière, celle du … Vendredi, mais là, avec les évènements d’agitation depuis six mois, eh bien, tout le monde nous dit de ne pas sortir dans les rues avant 17 heures … Et c’est au moins aussi valable pour moi ! Pourquoi, parce qu’à la suite de cette grande prière dans certains points chauds du pays (dont la région d’Oms et d’Hama, passée en bus hier, et à Damas), des manifestations conséquentes se créent, protestation contre le pouvoir en place … Lequel réagit brutalement … dont l’effusion de sang ! et le tout est incontrôlé et peut-être incontrôlable à ce niveau, il faudrait des solutions, que je n’évoquerai pas ici (le but de mon blog étant justement de vous faire partager la Paix et non la violence et, liée à elle, la psychose. Mais quel gâchis, quelle lamentable méthode de discussion, dans un pays réputé depuis toujours pour sa Paix, son sourire et son accueil. Quand cela va-t-il s’arrêter ? et comment ? nul ne le sait, faut-il en arriver à de grands moyens ? Comment mettre tout le monde d’accord, en commençant par respecter la population qui ne peut survivre dans ce climat de répression menant inévitablement à une guerre civile. Bref – et vous avez été nombreux à me transmettre des messages d’espoir à ce sujet – la Syrie n’est pas dans l’état qu’elle souhaite, et surtout qu’elle mérite … Alors voilà … que faisons-nous, chez Hussam et sa famille, dans ces conditions, en ce Vendredi ? Eh bien, jusqu’à 17 heures, nous ne sortons pas de la maison ! Eux comme moi, surtout moi, mais eux aussi, comme toute la population, on ne montre pas le bout de son nez dehors … Et cela fait six mois que cela dure pour eux : Damas et ce coin de la Syrie tout au moins, sont villes mortes, tous les Vendredi : peur de la violence, peur des balles perdues ou … pas perdues ! Ca tombe bien, me direz-vous, nous faisons connaissance, avec Randa, la maman, libanaise, et les quatre « ...Am » de la bande, les quatre enfants, pas du tout quatre Dalton, mais quatre jeunes très unis : Houssam, mon couchsurfer, 22 ans, ses frères Wissam, 20 ans et Bassam, 20 ans, et la fille de la famille, Salam – Ben oui, elle porte le nom de la Paix ! –, 15 ans … La maison n’est pas bien grande, dans une petite ruelle en montée sur une colline au-dessus de Damascus, mais elle a son charme, et les aînés viennent « d’emménager » (car ici, tant que l’on n’est pas marié, on ne quitte pas sa famille, cela ne se fait pas …) dans un petit studio en haut de l’escalier extérieur et construit sur l’emplacement de la terrasse du toit … Les couleurs sont pimpantes, apparemment elles ne plaisent pas à tout le monde, mais c’est clair, voire moderne ! et je serai installé comme un prince, partageant la chambre avec successivement Wissam ou Houssam … On se prélasse, on discute, on mange un petit-déjeuner cent fois trop pantagruélique, on boit du chaï (même nom ici, pour info, Annabelle !) et du café arabe parfumé à la cardamone. Bref, ici, la paix règne, on est loin de l’agitation extérieure (car malheureusement, cela va canarder, une fois de plus, aujourd’hui …). Voilà donc pour nous une journée calme, sereine et conviviale … Sympa, mais pourquoi donc la Syrie d’aujourd’hui ne présente-t-elle pas elle-aussi ces critères ? pitoyable et tout simplement inhumain … Faut-il vous dire que malgré toute cette paix intérieure, les jambes de votre serviteur commencent à fourmiller, pas habitué à rester en place … Alors les garçons, on sort à la tombée de la nuit, en faisant attention aux barrages et en prenant des taxis, pour aller prendre un pot dans le vieux Damas, qui, lui, est paraît-il plus sûr en cette fin d’après-midi, alors qu’il est toléré de se rassembler en ce coin … La boisson : eh bien une des boisson habituelles locales, une infusion chaude à base de cumin, de citron et de … sel ! Tout simplement trop salé et donc imbuvable à mon goût, mais je suis ici pour tester et vivre la vie locale … Car l’important n’est-il pas de se rendre compte que sur la terrasse de ce petit café, en plein cœur de la vieille ville de Damas, la vie y est sereine, ou que tout au moins elle le semble … et qu’il faut bien en profiter , de cette gentillesse malgré toutes les inquiétudes … Nous, avec Houssam et Wissam, on rigole bien, même si on fait attention à ne pas dire n’importe quoi. Et puis on est rejoint par Dia, le meilleur ami d’Houssam, qui parle bien le français, notamment grâce à un voyage d’études de plus d’un mois sponsorisé par le Lyons’Club et qu’il vient de finir. Alors vous vous douterez bien que cette fin de Vendredi sera chaleureuse, comme le devraient être … tous les Vendredis !!! Ah, quel pays, quand arrêtera-t’il de se faire remarquer, par ses « fantaisies dramatiques » !

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