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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

dimanche 2 octobre 2011

Jour J + 148 : Journée de repos à Antakya (Total = 5003 kms)

Pensée Spirituelle
"Trop de repos n’a jamais fait mourir personne"
(Paul di Tristan BERNARD)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Si celui-ci est du nombre des rapprochés (de Dieu), alors (il aura) du repos, de la grâce et un Jardin de délices. Et s'il est du nombre des gens de la droite, il sera [accueilli par ces mots]: « Paix à toi» de la part des gens de la droite."
(Sourate 57 [Le fer], Versets 88 - 91)


Aujourd’hui, encore un Dimanche, je commence à vraiment avoir l’impression que les semaines durent une journée … et comme YHWH – Dieu – Allah a décrété, en tout bon employeur, qu’il y avait un septième jour, celui du repos hebdomadaire, eh bien je m’y colle ! On dort bien chez Erdogan, à deux dans la même pièce – alors qu’il y a deux autres pièces complètement vides, m’enfin , ça fait partie du personnage … – Petit déjeuner luxueux, on attend avec impatience que Mulat, notre comparse d’hier soir, soit disponible avec son fils de trois ans, Ada, pour aller nous promener ensemble dans la ville et puis aux alentours. Enfin ça y est, direction le jardin public, digne représentant des parcs dessinés par les français en leur temps dans toute cité coloniale qui se respecte, puis la rue principale, baptisée – vous l’aurez deviné, là-aussi – Atatürk, et là se trouve … l’école très stylée de musique classique de Murat et Cansu, installée dans un appartement de grande classe, au rez-de-chaussée d’un immeuble de luxe ! Aujourd’hui Cansu donne des cours de rattrapage, ce qui ne nous empêche pas d’y déguster un chaï et un café turc, d’avoir un mini concert de flûte traversière puis de baglama (l’instrument à cordes caractéristique du coin) … Il est temps de monter dans la … Range Rover de Mulat (il ne se refuse rien, l’ « animal ») et de gagner un des hauts lieux de la chrétienté, l’église saint-Pierre, troglodyte, un des premiers lieux où les chrétiens d’Antakya venaient secrètement prier … Et cela rejoint ce qui figure dans les Ecritures : ainsi il est dit que saint Barnabé a rejoint saint Paul depuis Tarsus jusqu’à Antioche, où ils ont parlé à une foule nombreuse, justement en ce lieu où figure pour la première fois scripturaire le terme de « chrétiens (eh oui !) : « Barnabas se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Saul. Et, l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de l'Église, et ils enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens. » (Actes des Apôtres 11, 25 – 26) …
Et plus tard, Paul signale qu’il a rencontré Pierre à Antioche et qu’ils ont discuté au sujet de la manière de prendre les repas pour les juifs et pour les gentils-chrétiens – discussion si importante qui en laisse présager bien d’autres, tout-à-fait dans le créneau du dialogue interreligieux – « Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens. Et, quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie. Voyant qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous : Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser ? Nous, nous sommes Juifs de naissance, et non pécheurs d'entre les païens. » (Epître aux Galates 2, 11 – 15). Et voilà que Pierre est considéré par les chrétiens comme étant le premier évêque de la nouvelle Eglise fondée dans cette cité … que dire de plus ? Pas grand-chose à y voir, dans cette grotte réputée : un autel, une chaire, un bassin baptismal, un tunnel … Bref, l’aspect d’une grotte, le mystère et la tradition en plus ! mais pour le pérégrin que je suis, à signaler que Paul VI est venu prier ici en 1963 et a déclaré qu’une indulgence plénière pouvait à tout moment être gagnée grâce à un pèlerinage dans cette église. Mon Dieu, mais aussi vous, Mesdames et Messieurs, puisque les pas de votre humble serviteur l’ont mené jusqu’ici, j’ai donc droit à toute indulgence, pleine et entière, de votre part !
Allez, la journée s’avance, petit restau de … Döner (l’équivalent des kebabs, ne me demandez pas la différence, personne ne me donne une définition unanime) avec tous nos chers hôtes … Et cette après-midi sera consacrée à faire du tourisme sur le bord oriental de la mer Méditerranée : le tunnel de Titus et Vespasien, la cité ruinée des Séleucides, un village 100 % arménien, et une soirée pizzas turques, café turc et chaï sous les citronniers, à la nuit tombée … Voilà donc une super journée de repos, pas trop reposante, qui se poursuivra encore plus tard chez Mulat et Cansu, nouveaux amis, musiciens dans l’âme et dans les orchestres, aussi chaleureux qu’inenvisageablement possible … Comme quoi, le repos hebdomadaire, ça a été une bonne invention , non ?

Jour J + 148 : Amédée


Moi, quand on me dit : « T’as droit à une journée de repos », je la prends, cette journée de repos ! Alors évitez de me déranger, je suis bien sur mon hamac, pas trop à l’étroit, et je farniente toute l’après-midi … Pourquoi donc j’irais voir un tunnel creusé par des esclaves pour des empereurs romains qui ne devaient pas oublier de se prendre pour la cuisse de Jupiter ? autant se reposer. Ben, il a prévu quelque chose de tellement original demain qu’il me faut décompresser … Façon de parler, parce qu’avec ce drôle de copain-phénomène de Mulat et ses rires ravageurs, va falloir se boucher les oreilles ! Heureusement que Cansu, elle est tout aussi charmante, et plus classique … comme son école, et elle-aussi, c’est une vraie copine ! Merci les amis, vous m’avez consacré toute votre journée simplement déjà parce que vous êtes amis avec Erdogan, on a bien profité de votre Range-Rover, de votre gentillesse et pi tout pi tout … Et toi cher jeune Ada, du même nom que les écoles de musique de tes parents, porte-toi bien, et que tout rayonne de paix autour de toi ! merci Mulat et Cansu

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Cansu et Mulat  d'  Antakya

Vous l’avez compris, ce jeune couple de musiciens, il connaît la chanson : « les amis de mes amis sont mes amis » … Déjà hier soir, ce fut une super soirée kebabs et café VIP ; et ce matin, pour contrebalancer, passage par l’église, il faut le faire – justement un dimanche matin ! – pour des musulmans (quoi que … c’est pas prouvé qu’ils pratiquent tant que cela). Et puis cet après-midi tourisme au son de la douce voix de Cansu pour nous bercer dans leur méga-véhicule ! Ils sont pas encore sur Couch Surfing, mais cela ne va pas tarder du tout, ce qui prouve bien s’il en était leur générosité et leur enthousiasme, bien liés avec leurs amis, les vieux comme les nouveaux, mais aussi avec les élèves, les parents et les professeurs de leurs deux écoles de musique (eh oui, car Mulat, lui, il sévit aussi, côté pop-rock-folk, de l’autre côté du fleuve), et ils rajoutent encore avec leur magasin de musique en plein centre ville. Vous voulez une cerise sur le gâteau, ou plutôt un double-dièse pour rehausser la partition : avec cela, ils se disent prolétaires marxistes, pas en phase avec les instances en tout genre de leur beau pays. Faudra m’expliquer, les amis, à l’occasion de notre prochaine revoyure, pourquoi pas lors de votre intervention envisagée lors d’un concert en France, hein, pourquoi pas les amis ? :

"Cher Benoît, je pense que cette marche que tu as commencé individuellement est très courageuse et impressionnante. J’espère que ton désir de combat pour la paix va se réaliser avec un tel investissement de ta part. Les relations trop courtes que nous avons pu avoir ensemble à Antakya sont très importantes pour nous. Je savais qu’il y a une relation très proche entre les gens de bonté et ceux qui cherchent la Paix, et tu es un membre de cette famille. J’espère que tes pieds te mèneront vers des jours pleins de Paix. Au revoir, et à très bientôt, sois heureux !" (Cansu et Mulat)

samedi 1 octobre 2011

Jour J + 147 : Iskenderun => Antakya (54 kms - Total = 5003 kms)

 Information spéciale :

Cette fois, on ne peut même plus dire que cela s’est passé, c’est passé tout seul ! Le cinquième mois n’est pas terminé, mais la borne fatidique des 5000 kms est tombée aujourd’hui ! Oh de peu, avec trois petits kilomètres de plus au compteur, mais cette fois, on a été plus vite, Amédée et moi … Peut-être que c’est dû à l’appel du vent du Moyen-Orient ? Peut-être que tel un cheval arabe, on commence à vraiment sentir l’écurie ? En tout cas, nous, comme on commence à avoir l’habitude de jouer au mille bornes (quand c’est pas le bakgammon !), on se contente aujourd’hui de fêter en toute simplicité ces cinq-mille bornes (en sachant bien que c’est certainement la dernière fête de kilométrage tout rond, lol … !) de la manière prévue et appliquée dès le départ. Rappelez-vous, - c’était le 3 Juin dernier à Montdauphin en France, pour fêter le premier « mille » en France, on avait acheté une pochette de la Française des Jeux, qui s’appelle … « 1000 bornes ». Sur les sept jeux au grattage, on n’en avait gagné qu’un : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 2000 kms. Alors, comme on y croyait, on a donc racheté le 6 Juillet dernier à Klenovica en Croatie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Croatienne des jeux … Et c’est bizarre, une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 3000 kms. Et puis évidemment, têtus comme on est, on a donc racheté le 10 Août ce matin à Skopje en Macédoine une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Macédonienne des jeux … Et c’est quand-même bizarre, une fois de plus, on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 4000 kms,- alors, de plus en plus entêtés, on a donc racheté le 6 Septembre dernier à Adaparazi en Turquie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Turquoise – joli nom, non ? – des jeux … Et c’est bizarre, y-a-t’il du truquage ? Une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 5000 kms, - et voilà-t-il pas que, complètement crazys, peut-être aussi « bourrins » (comme Amédée) ou bien « Moulins (comme Ben), on a donc racheté ce midi à Antakya en Turquie (encore une fois en Turquie, on n’a pas beaucoup marché alors ?) une pochette de sept jeux, cette fois encore de la Turquoise – toujours le même joli nom, non ? Ils n’y a donc pas eu pas de coup d’état entre les deux dates – des jeux … et ce n’est plus bizarre (j’ai dit bizarre, comme c’est bizarre …), c’est carrément le bazar ici, on doit se faire berner quelque part, les pochettes sont peut-être identiques, il doit vraiment y avoir du truquage ? Une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour … L’ARRIVEE SUR LA TERRE QUI NOUS EST PROMISE et qui ne semble plus trop loin maintenant (mais on n’y est pas, braves gens, à nous d’abord le Moyen-Orient !) affaire à suivre donc !Et pour votre information, paire de chaussures, bâton de marche est droit comme tout, fractures d’Amédée, estomac de Ben, coutures des vêtements, chaleurs, estomac, éclairage des pieds grâce à des LED plutôt qu’avec des ampoules, tout va au mieux, Elhamdula !!!



Pensée Spirituelle
"L’homme est le plus grand prédateur que la terre ait connu. L’animal tue pour se nourrir, l’homme tue par convictions."
(Olivier ADAM)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et Dieu a créé d'eau tout animal. Il y en a qui marchent sur le ventre, d'autres marchent sur deux pattes, et d'autres encore marchent sur quatre. Dieu a créé ce qu'Il veut et Dieu est Omnipotent."
(Sourate 24 [An-Nur – La lumière –], Verset 45)

 
La marche ? ça marche ! en route à partir d’Iskederun, petite ville sympa ! Enfin, sympa, pas de doute … petite, il faut une fois de plus relativiser, car me voilà une fois de plus dans une champignonnière, tellement tout a poussé si vite, les immeubles comme les routes, et comme dans ce genre de culture, le sol est complètement labouré … Il me faut donc naviguer entre les ornières, les bouches d’égout mal posées, les bordures de trottoir complètement amovibles, les véhicules ne circulant pas à sens unique dans les rues à sens unique ou circulant dans tous les sens dans les rues à double sens … Je ne sais pas quel pas de danse j’effectue, cela ne doit pas être esthétique aux yeux des spectateurs autochtones. Et certainement que cela ne figure pas dans le manuel, mais pas grave, ma marche est légère, probablement toujours imprégnée de la danse circulaire des derviches, vous savez maintenant, ceux qui tournent, tournent, tournent … Eux qui nous apprennent que la ligne droite entre deux points – le point de départ, bassement et animalement terrestre, et le point d’arrivée, s’il existe, celui de l’approche de la perfection ou à défaut de la sérénité – n’est peut-être pas nécessairement le chemin le plus court, mais que la marche est bien intérieure … C’est vrai que ma marche devient complètement transparente … mais quel genre d’animal suis-je devenu ? suis-je devenu, comme le dit le Coran, un « marchant sur le ventre à terre », un serpent qui est sorti de sa tanière attiré par le soleil ? ou bien marché-je sans m’en rendre compte par moments à quatre pattes (si tel est le cas, rappliquez vite et venez prendre la photo !) ? Il est vrai que par périodes me voilà à trois pattes quoi, muni de mon bâton de quinquagénaire qui me permet de ne pas trop buter sur les cailloux du chemin et de m’acheminer doucement vers des vieux jours eux aussi ensoleillés, … Finalement, à la réflexion sans trop réfléchir, je dois vraiment être un bipède, un derviche pas trop tourneur ou en tout cas pas trop tourneur-en-rond, suivant les charrettes et les quadrupèdes au long de la route (laquelle vous vous en doutez bien est comme partout en Turquie encore une fois à quatre voies à la sortie de l’agglomération), tenté par moments de trouver un raccourci pour serpenter – Et pourquoi pas pour faire la couleuvre – parmi les citronniers et autres agrumes … Oui, j’ai bien de la chance, m’acheminant à travers l’ancienne république d’Hatay, sur les pas de saint Paul et des premiers chrétiens, dans ce territoire géré il n’y a pas si longtemps par les français … J’ai donc bien de la chance de poursuivre mon chemin … sans m’en rendre compte ! Dans ma marche, par ma marche, je dois l’avoir finalement franchie, cette marche d’escalier, je n’ai pas pris l’ascenseur, j’ai peut-être pris le temps, le temps que cela marche … Et me voilà au rythme non plus du podomètre mais du spectacle de la mer et des cultures, de la vie et de la Création. Voilà, ce doit être cela, la marche à pied : c’est quand vous marchez … Sans vous rendre compte que vous marchez, quand cela marche tout seul, presque sans vous, vous qui vous sentez léger comme une montgolfière dans le ciel de Cappadoce, passant pas loin de Tarsus – vous savez, la patrie de ce drôle d’énergumène, Saül, devenu tout d’un coup Paul –, vers Antioche l’inter-religieuse, mais aussi – si cela vous dit quelque chose – sur un certain chemin qui passe par Damas … Mais le hic – car hic il y a –, c’est qu’il n’y a pas moyen de marcher tranquillement, tout le monde veut que je monte dans un véhicule sur roues, alors je passe mon temps à les décevoir, ces gens si serviables, tout simplement parce que je me trouve très bien sur mes deux pattes … Allez, j’ose le dire, vous qui le pensez si fort : je l’étais déjà, mais je dois l’être encore plus devenu, ce sacré drôle d’animal ! Alors peu importe si je rampe, si je trottine ou si je m’appuie par moments sur ma troisième patte, je suis vraiment un bipède, probablement pèlerin, certainement pérégrin ! J’ai peut-être – enfin – trouver ma réponse. Merci à toi, Mevlana, pour un peu, je serai bien pris sans m’en rendre compte dans une danse soufie ! mais il me faut bien revenir sur terre, arriver à Antakya, rejoindre mon cher hôte de cette nuitée, Erdogan (prononcez quelque chose comme « Erdouane », les amis), avec son copain Murat, deux sacrés phénomènes, qui ne marchent pas beaucoup sur la terre mais qui me feront bien marcher par leurs plaisanteries (à charge de revanche pour moi de leur rendre la pareille !), bien à l’image de cette curieuse cité où il fait bon vivre. Ah, Antioche – Antakya de la région d’Hatay, trois noms pour désigner … peut-être un même p’tit coin d’paradis, accueillant tous les animaux de la terre … dont votre serviteur !

Jour J + 147 : Amédée


Moi aussi j’aime bien les animaux ! j’en suis peut-être un sacré, un animal, comme Ben d’ailleurs, comme vous-aussi, les amis ! Car c’est vrai que si j’aime bien prendre mes aises, dans le sac à dos, le soir, au soleil couchant, je rêve souvent de m’envoler d’un coup d’ailes et de vous rejoindre le temps d’un apéro et plus si affinités … Eh bien ça va bientôt être possible !!! Mon rêve va devenir réalité, j’ai trouvé un copain qui veut bien me prendre sur son dos et voler : il s’appelle Icare, Icare-l’aigle, et il m’a dit (peut-être sont-ce des bobards), qu’il sait voler jusqu’à atteindre le soleil ! J’espère bien l’atteindre avec Icare, le soleil, vous me verriez là-haut et je vous éclairerai de ma supériorité … Mais je voudrais bien que mon rêve avec Icare, il devienne pas un cauchemar, que tout cela ne fonde pas comme neige au soleil, en s’approchant de mon astre-sosie. Qu’en pensez-vous, je peux avoir confiance en Icare, ce drôle d’animal ? ou dois-je m’en tenir à cet autre drôle d’animal, ce bipède qui a bien les pieds sur terre, et qui va sans nul doute nous permettre de passer en tout cas ce soir, alors que le soleil se sera barré, une super soirée : allez, je suis raisonnable et je tranche, d’un coup d’aile : merci, Erdogan !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Erdogan  d'  Antakya

Erdogan, 27 ans, célibataire qui veut le rester, vivant dans un grand appartement lumineux avec des pièces vides et inoccupées, consacrant sa vie professionnelle à enseigner avec les moyens du bord l’anglais à ces chères têtes brunes dans un collège, grattant sa guitare électrique quand cela le chante, peu convaincu du bon fonctionnement du pays et de la religion, allant parfois sur Ankara manifester ses idées … Un drôle de personnage, bien campé sur ces deux pattes, plutôt indépendant tel un marcheur ! mais quand vous retirez la carapace de ce sacré animal, vous découvrez que ce n’est pas une tortue et encore moins une vipère mais plutôt une douce couleuvre, un être plein de délicatesse et de gentillesse, heureux d’accueillir avec tous les égards (et peut-être trop ?) son premier couchsurfer (en la personne de votre humble serviteurs), heureux de vous emmener avec son copain Murat manger les meilleurs kebabs de Turquie, forcément ceux d’Antakya (et pourtant, il vient d’Adana, notre énergumène !), le tout accompagné du célèbre jus fermenté de carotte rouge … Puis il nous faut aussi aller prendre un café turc dans le « casino local » qui a servi en son temps à héberger le parlement de la république autonome d’Hatay entre 1923 et 1939, avec la bénédiction des français (cela, vous ne le saviez pas, hein !), heureux de vous faire partager sa vie, ses interrogations et ses certitudes, celle que le monde peut être plus égalitaire, plus pacifique, plus jovial, plus libéral, plus humain donc … Car Erdogan, il a ses convictions, bien marquées souvent et qui lui ont joué quelques tours, mais n’a-t-il pas raison de s’exprimer, notre sacré animal, peut-être autrement que par le droit de vote, mais de manière adulte et humaine … et pas animale ! Vous l’avez compris, notre Erdogan national, peut-être plus antiochien que turc, peut-être plus paulinien que mahométain, il me met du piment, dans cette halte. Voilà qui ne va pas déranger mon cher estomac, voilà qui donne à cette quasi-fin de Turquie des allures de marché aux épices et de jardin aux senteurs moyen-orientales !

"I think we had a good time together ! and my friends Murat, Cansu, Ada and Azizcan are glad to host you. I hope you’ll be successful in your mission, that one you know like Ataturk (Turkish God) which I know one of his sayings: “peace at homes, Peace in the world”. You’re a lovely person, nice to meet you." (Erdogan)
(Je pense que nous avons passé un bon moment ensemble ! et mes amis Murat, Cansu, Ada et Azizcan sont heureux aussi de t’accueillir. J’espère bien que tu vas la réussir, ta mission, celle que tu t’es fixée, celle qu’Atatürk (le Dieu turc) a dit dans une de ses maximes : « la paix dans les maisons, la Paix dans le monde ». Tu es quelqu’un de super, très heureux de t’avoir rencontré.)

vendredi 30 septembre 2011

Jour J + 146 : Dörtyol => Iskenderun (53 kms - Total = 4949 kms)

Pensée Spirituelle
"Pour les soufistes, l’Amour est savouré, mais son essence demeure incomprise."
(Jacqueline KELEN)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Le Messager a cru en ce qu'on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants. Tous ont cru en Dieu, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers. […] A Dieu seul appartiennent l'Est et l'Ouest. Où que vous vous tourniez, la Face (direction) de Dieu est donc là, car Dieu a la grâce immense. Il est Omniscient."
(Sourate 14 [Al-Baqarah [La vache]], Versets 285a ; 115)


Aujourd’hui comme depuis déjà quelque temps, je ne vous parlerai pas de ma vie sur le chemin, ni de ce qu’y vois, mais de l’expérience unique que j’ai pu ressentir dans un voyage-éclair sur Konya, ville tentaculaire et champignonesque au cœur de la Turquie … Car si de base je suis quelque peu « crazy », je l’ai été encore plus, le temps d’une soirée, pour faire plus de huit heures en car aller et retour pour gagner le berceau de Mevlana et de la culture soufie, avec en apothéose, le « Sema », spectacle-imprégnation de la danse des derviches tourneurs. Vous verrez, si vous avez le courage de lire jusqu’au bout, que tout y est codifié, interprété, symbolique, vivant, décapant. Car ce n’est pas un spectacle à voir, c’est vraiment à vivre, avec des « interprétants » (plus que des musiciens ou acteurs - danseurs ») qui nous font rentrer dans leur monde, dans leur voie, dans leur chemin vers le divin … Ce n’est pas un pèlerinage en ligne presque droite, c’est une démarche rotation sur soi-même … Rien que pour cela, le passage par Konya à la rencontre des « Mevlevis » devrait être … humainement obligatoire, tant elle semble logique, bien conçue et orchestrée, universellement adaptée à tout un chacun, croyant ou non, de toute religion, de tout courant de pensée, et / ou simplement … humain ! (ah, j’oubliais de vous dire que le « Sema » ou danse des Mevlevis – derviches tourneurs, est inscrit depuis 2008 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, par l’UNESCO. Notre liste s’allonge …) :


 La cérémonie des derviches - tourneurs
 
"Sema", la cérémonie de derviche de tourbillonnement, qui résulte de l'inspiration de Mevlana Celaddin-i Rumi (1207 - 1273), fait partie des coutumes, de l'histoire, des croyances et la culture turques. "Sema" comporte sept parties, dont chacune symbolise une étape du voyage mystique vers la perfection, appelée "l'Ascension" ("Miraç" en turc).
La science contemporaine confirme avec certitude que la condition fondamentale de notre existence consiste à tourner. Il n'y a aucun objet ou être vivant qui ne tourne pas, et ce qui est en commun entre eux est la révolution des électrons et des protons dans leurs atomes, lesquels sont les constituants de toutes les choses, depuis les particules les plus petites jusqu’aux astres dans le ciel. En conséquence de cette similitude, tout tourne dans l’organisme au moyen de la révolution dans ses atomes, à la fois dans les éléments structurels du corps, par la circulation de son sang, par son arrivée sur la terre et son retour, mais aussi dans sa révolution avec la terre lui-même.
Cependant, tous ces phénomènes sont des révolutions naturelles, inconscientes. Mais l'homme est le propriétaire d'un esprit et d'une intelligence qui le distinguent et le rendent supérieur à d'autres êtres. Ainsi, "le tourbillonnement des derviches" ("Semazen" en turc) pousse leur esprit à participer à cette similitude partagée, celle de la révolution de tous les autres êtres.
La cérémonie "Sema" représente un voyage mystique de la montée spirituelle de l'homme par l'esprit et l'amour pour atteindre "la Perfection" ("Kemal" en turc). D’abord assis sur une peau de mouton (représentant l’animalité de l’ego), ils se lèvent (pour montrer qu’ils quittent cette animalité pour se tourner vers la spiritualité, puis ils tournent … et c’est alors qu’en tournant vers la vérité, un groupe de derviches grandit par l'amour, abandonne son ego, trouve la vérité et parvient à "la Perfection". Et il revient ensuite de ce voyage spirituel comme étant un homme qui a atteint la maturité et une perfection plus grande, afin d'aimer et d’être utile à toute la Création et à toutes les créatures, sans distinction de croyance, de classe ou de race. Les derviches, avec leurs coiffures (représentant la pierre tombale de l'ego), leurs jupes blanches (représentant le linceul de l'ego), naissent spirituellement à la vérité en enlevant leurs manteaux noirs (représentant la mort de l’ego, dont ils se débarrassent ainsi) et ils voyagent et avancent vers la maturité spirituelle, en empruntant les étapes d'une cérémonie "Sema". Au début et à chaque étape de la cérémonie "Sema", tenant leurs bras en position de croix, ils représentent Dieu, le numéro un, et témoignent ainsi de l'unité de Dieu.
Puis en faisant tourbillonner, leurs bras ouverts, leurs mains droites dirigées vers le ciel et prêts à recevoir la bienfaisance de Dieu, regardant en haut, ils tournent leurs mains gauches vers la terre et, tournant de la droite vers la gauche, ils pivotent autour du cœur. Ceci est donc le chemin pour transmettre avec vigilance le cadeau spirituel de Dieu au peuple, que Dieu "voit selon un regard divin". Car en tournant autour du foyer, de la droite vers la gauche, ils embrassent avec affection et amour toute l'humanité et toute la Création.
La cérémonie "Sema" consiste donc en plusieurs parties ayant des significations différentes :
  1. Le « Sema » commence par une panégyrique "Nat-I serif" adressée au Prophète, Muhammad, lequel représente l'amour et tous les prophètes avant lui. Les louer permet de louer Dieu, qui les a tous créés.
  2. Cette panégyrique est suivie par un son de tambour, symbolisant la divinité du Créateur … "Kun=Be!".
  3. Alors suit une improvisation de musique instrumentale ("Taksim" en turc) en ayant recours à un instrument à vent avec anche fait en de roseau, appelé un "ney", ce qui représente le premier souffle, celui qui a donné la vie à tout : le souffle Divin.
  4. La quatrième partie est celle où les derviches se saluent et exécutent leur promenade circulaire trois fois répétée appelée le "Devri Veledi", le tout accompagné par de la musique appelée "Peshrev". Cette partie symbolise le salutation d'âme à l'âme, lesquelles sont dissimulées dans les formes et les corps organismes.
  5. La cinquième partie est le "Sema (le tourbillonnement), qui consiste en quatre saluts ou" Selams ". Au début et à la fin de chaque salut, le derviche témoigne de l'unité de Dieu avec son apparence :
    • a. Le premier salut est la naissance de l'homme dans la vérité, à travers le sentiment et l'esprit. Il représente sa reconnaissance complète de l'extase de Dieu, Lequel est vraiment le Créateur et son propre état d'être.
    • b. Le deuxième salut exprime le ravissement de l'homme, devenu témoin de la splendeur de la Création, devant la grandeur de Dieu et son omnipotence.
    • c. Le troisième salut est la dissolution du ravissement au sein de l'amour et ainsi le sacrifice de l'esprit dans l’amour. C'est la soumission complète; c'est l'annihilation de moi dans la personne aimée, dans Son unité. Cet état d'extase est connu comme étant "le Nirvana" dans le Bouddhisme et "le Fenafillah" dans l'Islam. Dans le Bouddhisme, ceci correspond à l'état le plus haut d'extase. Cependant, le rang le plus haut dans l'Islam est le rang atteint par le Prophète : il est appelé le serviteur de Dieu, et donc en cela son messager. Le but de "Sema" n'est donc pas l'extase intacte et la perte de pensée consciente, mais la réalisation de la soumission à Dieu.
    • d. Le quatrième salut : de même que le Prophète est monté "sur le Trône" et qu’ensuite il est retourné à sa tâche sur la terre, les derviches tourneurs, après la fin de leur voyage spirituel et leur montée, retournent à leurs tâches et à leur état d'obséquiosité. Ainsi les derviches tourneurs « sont des serviteurs de Dieu, de Ses Livres, de Ses Prophètes et de toute la Création … » (Sourate 2 [Al-BAQARAH (LA VACHE)], Verset 285). À la fin de leur salut, ils présentent à nouveau leur apparence caractéristique, avec leurs bras entrecroisés sur leurs poitrines pour représenter l'unité de Dieu, avec pleine conscience et pleine émotion.
  6. La sixième partie de la cérémonie "Sema" consiste en une lecture du Coran, et plus particulièrement du Verset : « A Dieu appartiennent l'Est et l'Ouest et partout où vous vous tournez, il y a Dieu. Il est Universel, Omniscient » [(Sourate Al-BAQARAH (LA VACHE)] , Verset 115).
  7. La cérémonie "Sema" s’achève par une prière pour la paix et les âmes de tous les Prophètes et tous les croyants. Et après l'achèvement de la Cérémonie "Sema", tous les derviches retournent silencieusement à leurs cellules pour la Méditation ("Tefekkür" en turc).

Jour J + 146 : Amédée


Moi, ces histoires d’hommes qui savent pas rester en place, j’en ai déjà l’expérience avec Ben et ses potes … Mais alors là, reprendre pendant une heure le tramway alors qu’on s’est payé une après-midi entière à visiter des musées et des mosquées, et tout cela pour aller voir des hommes drôlement habillés qui ne pensent qu’à tourner sur eux-mêmes alors qu’ils pourraient tranquillement rester en place, c’est pas trop mon truc. Moi, ma méditation, c’est tranquille au chaud sous la couette … Alors ce soir, c’est ce que j’ai fait, et comme ça, demain matin, j’aurai pas des valises sous les yeux, vous savez bien que je suis un peu flemmard pour porter quoi que ce soit, je suis mieux au fond du sac … Alors bien au chaud, sous l’édredon à mes couleurs (merci Ömer !), je vous remercie de ne pas faire trop de bruit en partant … Et si vous pouviez avoir la gentillesse d’éteindre la lampe en sortant, j’en ai pas besoin, moi, pour accéder à ma voie de lumière ! Bon tournis les chéris ! mais au fait, toi Huseyin qui connais bien les représentations de Sema, tu y trouves quoi ? Allez, t’es sympa, t’as tout expliqué à Ben qui me le redira peut-être, merci pour tout, Huseyin !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Huseyin  d'  Iskederun - Konya

Et voilà Huseyin ! il a pas pu me loger, parce qu’il a déjà deux hôtes qui s’incrustent un peu chez lui depuis une semaine … Dommage, mais comme cela j’ai fait la connaissance d’Ömer et de ses potes ! mais ce n’est pas pour cela qu’Huseyin, il me laisse tomber, bien au contraire. Il est prof de « Drama » à l’Université, alors comme la rentrée vient de se faire, donc un peu débordé, mais il va me consacrer la soirée entière, pour s’occuper de moi, c’est déjà sympa, mais aussi pour m’emmener voir le spectacle de clôture du festival international de musique mystique de Konya. Et là j’ai vraiment de la chance, si j’ai voulu faire ce voyage éclair à Konya, c’est justement pour voir une telle représentation, typique du courant de pensée introduit par Mevlana. Mais pour Huseyin, ce n’est pas qu’un show, c’est aussi un moment à vivre, car il est croyant, drôlement profond, il doit vvre son théâtre comme il vit sa vie … Et c’est ainsi que, sans oublier en chemin de méditer devant le tombeau de Mevlana, nous gagnons le chemin du centre de festival, tout beau presque tout neuf, pour ce spectacle officiel … Avec des officiels qui se permettent (comme d’hab en Turquie, me dit-on) d’arriver une demi-heure en retard et de partir sans aucune discrétion avant la fin (suivi en cela par une bonne moitié de l’assistance, gr……). Sympa pour les derviches, nul pour l’aspect représentation politique, pitoyable pour le respect de la pratique du sema et la profonde implantation vécue de ce courant ici, au beau milieu de la Turquie … Mais c’est comme cela, notre beau pays traversé, du bien, comme … du moins élégant … Bon, pour moi, c’est absolument superbe, indescriptible, à vivre, et en même temps très … énigmatique. Cela n’empêche pas que, même si je n’ai pas tout compris, avec les explications d’Huseyin, j’ai trouvé cela très beau, dans tous les sens du terme … Même pas semblant long, et pourtant ! Allez, c’est fini, on reste imprégnés de la musique soufie et on a tendance à regagner dans notre bulle notre banlieue par notre tramway qui lui, ne tourne pas sur lui-même, mais qui file bien vite, en laissant les autres hôtes d’Huseyin, un peu du genre baba-cool, artistes et journalistes, des pays plus à l’Est, aller vivre la suite des évènements, peut-être descendre en ligne droite une bonne boisson, mais certainement pas un chaï pour lequel il leur faudrait encore tourner et tourner … La cuillère dans le verre. Bravo et merci Huseyin pour cette expérience unique, un des clous du « spectacle de mon périple » ! Quant à toi, tu vas retourner à tes multiples occupations, tournée et retournée vers les autres … Et j’espère bien qu’après Cuba et de nombreux pays, je pourrais te faire la revanche et te présenter une bonne danse normande – à défaut, ce sera une bonne bourrée auvergnate –.Tu verras, chez nous on ne tourne pas aussi vite !

"I am sorry that I could not host properly … I respect your project so much, because you are following your belief. And I hope that, end of the way, you will getting closer to yourself the longest road in the world, inside of us. I wish you luck on your path" (Huseyin)
(Cher Benoît, je suis désolé de ne pas avoir pu personnellement t’accueillir. J’ai tant de respect pour ton projet, parce que tu es en train de suivre ce en quoi tu crois. J’espère qu’à la fin du chemin, tu seras encore plus proche de toi-même, cette plus longue route dans le monde, celle en nous … Je te souhaite toute la chance sur ton chemin)

jeudi 29 septembre 2011

Jour J + 145 : Ceyhan => Dörtyol (51 kms - Total = 4896 kms)

Pensée Spirituelle
"Une pièce de théâtre doit être le lieu où le monde visible et le monde invisible se touchent."
(Arthur ADAMOV)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. C'est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre. Il s'y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à d'interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclinaison vers l'égarement, mettent l'accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n'en connaît l'interprétation, à part Dieu. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons, tout est de la part de notre Seigneur ! ». Mais, seuls les doués d'intelligence s'en rappellent."(Sourate 3 [La famille d’Imran] Verset 7)



Etait-ce un signe, il y a quelques jours, je vous disais que la vie était une vraie pièce de théâtre ! Je vous évoquais les décors, les costumes, et c’est vrai que j’étais à ce moment-là un peu « sec » sur le metteur en scène et les acteurs … Eh bien je les ai trouvés, aujourd’hui-même, pas loin de la fin de mon trajet au cœur de cette Turquie qui ne nous laissera pas sur notre faim, car ces drôles de personnages, colocataires d’un appartement originale, jeunes et branchés dans les arts théâtraux et autres, vont vous concocter une improvisation naturelle d’un drôle de type, à mi-chemin entre la tragédie grecque (pour laquelle il disent : « very easy to play », j’aimerais bien vous voir jouer cela avec eux !) et le magicien d’Oz … Je ne devais pas atterrir chez eux, mais changement de dernière minute …
 Le changement, je l’ai déjà depuis quelques heures, sur la route. Le ciel devient incroyablement lumineux, que du bleu profond, dans la végétation, je retrouve les agrumes alignés dans les champs comme des pions de bakgammon, boules vertes bien taillées et bien luisantes au soleil … Mais aussi des palmiers, signe de notre arrivée presque au fin-fond oriental de la Méditerranée … Mais aussi des immeubles et des maisons bien propres, peut-être une certaine richesse, en tout cas une certaine spécificité ! L’étape, vous vous en doutez, est longue, donc je fonce, je veux être le premier à assister à la pièce de théâtre du jour !
 Car je dois me rendre … à Konya (enfin c’est moi qui l’ai voulu), à la rencontre de Mevlana, des derviches tourneurs, de Huseyin et d’Ömer : les trois premiers, vous en entendrez parler pas plus tard que … demain, mais en attendant, après une bonne tripotée de transports en commun (faut être un peu fou, mais quand on veut découvrir les différents aspects de la Turquie !), me voilà arrivé à la périphérie de Konya, ville-foyer de la religion musulmane en Turquie et bien connue pour la présence toujours bien vivante de Mevlana. Et là donc, j’ai rendez-vous avec Huseyin devant le … poste de police de cette petite ville de Bosna, enfin un quartier de Konya, enfin on sait plus parce qu’à Bosna, il y a près de 90.000 habitants, partout c’est nouveau, partout ça monte vers le ciel, en partant une fois de plus de la rase campagne … Ah ce poste de police ! première question, au bout de cinq secondes, alors que j’ai tout juste posé mon sac à dos sur le trottoir. Que fais-je là adossé au muret ? Seconde question : ne serait-ce pas pour voir Huseyin, bien connu ici ? Et tout de suite, venez, un, deux, trois chaïs, sur le banc du commissariat dans la cour d’entrée fleurie et parée d’uniformes oh combien nombreux, un vrai lieu paradisiaque avec son décor, ses costumes (bleus, vous l’aviez deviné ?) et ses questions (la France ? le foot ? Sarkozy ? Carla ?) … Incroyablement sympas pour des représentants de la maréchaussée, qui ont l’air de bien s’y plaire, dans leur décor de rêve … J’appelle Huseyin, qui ne peut venir, il est en réunion quand je l’appelle, mais il me délègue un de ses amis, me dit-il … Et c’est là que je découvre Ömer, arrivant en vélo peu après. Jeune étudiant, il m’emmène un peu plus loin chez lui, m’accueille dans son « salon », m’installe un lit, bref me bichonne ! Je ne comprends pas tout de suite ce que je fais là, mais l’arrivée d’Huseyin et les conversations avec Ömer, à l’aide du traducteur Google anglais – turc – anglais aident bien les choses pour se comprendre. Ömer, il me parle en turc puis en anglais (car il s’y remet sacrément vite, à la langue de Shakespeare) de ses études, de ses passions pour le théâtre et pour les enfants, de ses projets à l’étranger, de ses lectures de ses livres, de sa vie, quoi … Impossible d’aider Ömer, il veut tout faire et me recevoir comme un roi, les courses comme la cuisine, ça commence à drôlement sentir bon ! Puis les coloc’s Deniz et Mustafa débarquent, ainsi que leurs copains / copines de fac, et là ce sera une super soirée bien animée, avec rires et chansons, un bon bain de jouvence de jeunes. Finalement, je l’ai trouvé cette pièce de théâtre, celle de la vie et celle de la jeunesse, avec un super jeu d’acteurs, interprétant à merveille le texte du Livre transmis par le prophète et la religion musulmane : l’accueil ! Et nulle équivoque dans l’interprétation de cette pièce, tout est naturel, inné, en même temps que sans façon. Rien que pour cette raison, j’ai bien fait de faire tant de route en bus, ce petit détour me fait découvrir un aspect des coloc’s, celui du théâtre et de la rencontre, monde magique et imaginaire, mais avec les pieds sur terre ! ah la Turquie et les turcs …

Jour J + 145 : Amédée


Chez Ömer et ses potes, ça a beau être géographiquement au sous-sol, dans une cave, c’est super bien rangé et bien arrangé ! On couche dans le salon avec des canapés rococo en bois et velours. La table, elle est digne du trois étoiles au guide Michelin, la douche elle est incroyablement grande, l’animation elle est faite par tous. Forcément, ils donnent dans le théâtre, donc dans le mime, la danse, le chant, l’improvisation, le grand spectacle donc ! Alors moi, le nain Amédée, avec ma tête de rigolo et mon costume de Monsieur Loyal qui ne passe pas inaperçu sous les projecteurs, ils m’aiment bien et ils m’adoptent illico ! Peut-être même que je vais rester chez eux un certain temps … Non je ne vais pas abandonner Ben, on est arrivés si près de Kudus maintenant, et puis, je m’y plais vraiment bien ici, mais franchement, cet animal félin bizarre, ce petit chat de cinq mois qui ne fait que des bêtises, je sens qu’il va vite fatiguer le vieillard que je suis peut-être devenu … Non, vous ne réagissez pas, pas sympas les gars et les filles, car vous me verriez, je suis le boute-en-train de la bande, ici, avec tous ces étudiants qui doivent être leaders à l’école du cirque ! Bon, dans cette caravane de la vie, dans ce groupe inattendu des artistes des planches, il y’a aussi des amis que l’on n’oubliera pas, comme Ömer, lui qui assure par sa présence et d’un gant de velours la gestion de la maisonnée. Lui, avec ses comparses, c’est vraiment une valeur sûre. On est reçus vraiment aux petits oignons, les mêmes qu’il met dans ses p’tits plats, les autres coloc’s ils sont bien gâtés, enfin, c’est pas nos oignons ! Merci pour tout, pour tant de gentillesse naturelle, merci les coloc’s, et toi, vivement que tu viennes en France et que tu réalises tout ce que tu souhaites, merci Ömer !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ömer  de  Dörtyol

Dans cette ville pas si petite que cela (près de deux millions d’habitants, lol !) nommée Konya, ce devait être le professeur à l’université de « Drama » (traduisons donc par «théâtre dramatique », en l’occurrence Huseyin, qui devait nous héberger, ben et moi … Mais les choses ont évolué et c’est tant mieux ! car c’est finalement son élève – et ami – Ömer qui va s’y coller ! Encore une colocation, cette fois étudiante à 100 %, et même théâtrale, qui m’accueille. Le sous-sol d’un immeuble, des tuyaux à hauteur d’homme courent aux plafonds, mais que du bien propre, du bien rangé ! Je partage la chambre d’Ömer, séparé en mon coin salon de son espace par des panneaux blancs – de théâtre – Bien-sûr, un vrai petit confort ! très peu de lumière du jour (les vasistas sont si petits), mais la vraie lumière est dans la communauté, dans le cœur de chacun et de tous ; Ömer, il a 27 ans, en seconde troisième (sur quatre) année de licence de « Drama », à l’Université ici-même … Ses colocataires, Deniz le parachutiste imitateur parfait des singes et Mustafa (quel talent pour tous !) , bien que pas mal moins d’heures de vol au compteur, ils sont dans le même cursus … Une joyeuse bande à trois, pas nécessairement aussi baba-cools qu’on aurait pu l’imaginer, c’est qu’ils ont les pieds sur terre, ces grands étudiants ! et visiblement, c’est le plus souvent Ömer qui se charge des courses et de la cuisine (il adore cela et il faut dire qu’il sait y faire – Ah ses pois mange-tout, à s’en relever la nuit … Si d’aventure il en était resté, les autres se répartissent aussi les tâches … Et là donc, je suis super bien accueilli. Et c’est Ömer – vous vous en êtes bien doutés le « Couch-surfer de la bande » qui nous prend en charge, avec pour résultat une amitié plus que naissante, je deviens selon son choix son tonton, il devient donc mon neveu, blague pas tant que cela ! et à laquelle les nombreux collègues – visiteurs étudiants des deux sexes doivent se conformer ! il faut dire qu’Ömer il est absolument génial ; il a perdu sa maman, son papa, âgé est tout seul à Mesrin, et Ömer il est peut-être un peu esseulé sur Konya, mais il ne manque pas d’occupation. Ainsi rien que cette année, il court à la fois après ses cours (très diversifiés) à l’Université de « Drama », ses prestations d’enseignement d’improvisation théâtrale dans une école maternelle, et – fait nouveau – des cours de russe .. Car Ömer, il voit loin. Après sa licence sur Konya, il a bien l’intention de poursuivre son master à Moscou, Saint-Pétersbourg, en République tchèque ou en Pologne, enfin dans ces coins-là, parce que, me dit-il, ils sont doués dans ces Pays moins à l’Ouest … Et puis il retournera bien à Ankara, capitale turque du théâtre … En même temps qu’il a bien envie d’aller découvrir l’au-delà des frontières, alors il se lance à fond dans Couch-Surfing, dès maintenant pour accueillir à merveille, et bientôt sûrement pour la « revanche » ! Et Ömer, encore une fois malgré notre différence d’âge pour laquelle il me place affectueusement au rang de tonton, il est vachement mûr, vachement organisé, vachement plein d’idées. Une preuve, son blog : allez-y, direct sur www.patiyosanat.com, vous verrez combien déjà il a un vrai amour du théâtre, qu’il souhaite transmettre à la gente enfantine ! Sa vie, finalement comme celle de beaucoup de jeunes turcs qui souhaitent s’en sortir, elle n’est pas forcément toujours facile tous les jours, mais que d’espoirs pour un monde nouveau, peut-être celui du théâtre, mais aussi de la réalité, pas forcément celle du drame ou de la Commedia dell’arte, mais celle de la vie , celle que la religion musulmane en elle-même tente vaille que vaille de suivre, par la lecture du Livre …

"Mon cher oncle, j’ai connu un moment de détresse, mais depuis que nous avons commencé à nous rencontrer et à passer du temps ensemble …. J’ai oublié toutes ces difficultés, me voilà en paix. Je suis très heureux que tu sois venu chez moi et des conséquences de ton séjour parmi nous. J’espère que comme nous en avons parlé ensemble, je viendrai bientôt en France. Amitiés et meilleurs sentiments, encore une fois, je te dis à très bientôt !" (Ömer)

mercredi 28 septembre 2011

Jour J + 144 : Adana => Ceyhan (52 kms - Total = 4845 kms)

Pensée Spirituelle
"Nous sommes l’Arc-en-terre,
Signe aussi pur que l’Arc-en-ciel."
(Guillaume APOLLINAIRE)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Rien, vraiment, ne se cache de Dieu de ce qui existe sur la terre ou dans le ciel."
(Sourate 3 [La famille d’imran], Verset 5)
 
 
Encore une fois aujourd’hui, des paysages à perte de vue, comme on n’en voit nulle part dans notre petit hexagone. Les montagnes de chaque côté de la route, à une bonne distance, une vraie haie d’honneur encadrant le tapis rouge mais pas très rouge et plutôt gris qui nous sert de chemin vers le plus loin ! Et par ci-par là, ponctuant notre route un peu comme les sphinx honorant le pèlerin vers le mausolée du grand-père Atatürk – rappelez-vous donc, à Ankara, femmes et hommes de peu de mémoire, à défaut de peu de Foi !. Ici ce sont les petits villages, disséminés sur leur parterre couleur de paille. Tout ressemble ici à une toile de ce cher Vincent Van Gogh qui avait dû venir ici lui-aussi ! Eh oui, je vous parle encore couleurs aujourd’hui, tant le paysage est merveilleux, un peu frisquette peut-être ce matin mais le bonheur n’est-il pas à ceux qui se lèvent tôt ? Et ce soleil omniprésent (tiens, Râ n’est pas qu’au bord du Nil ?) ! et ces nuages à la Boudin, ne sont-ils pas impressionnistes au possible ? Et ces paysans ramassant leurs pommes de terre comme dans un tableau de Millet, pourraient-ils être encore plus naturalistes? Et ces tout cela dans des délimitations de champs rappelant du Braque cubiste, qui finalement n’a rien inventé ! E ce sourire sur le bord de la route de ces femmes trimant sans compter l’effort, laissant découvrir par moments sous leurs foulards (appelés « turbans ») vu leur réserve, une possible parenté avec un des modèles de ce cher Léonard, vous savez, cette Mona-Lisa énigmatique ? et quand on arrive à l’approche de la ville, les poteaux électriques d’habitude si laids dans le paysage ne se prennent-ils pas soudain pour des stabiles (ben oui, des mobiles immobiles et stables, quoi !) de Calder ? … Oui, je pourrais aller plus loin, rechercher d’autres adeptes du nuancier de la palette, je suis tellement pris par cette douce harmonie champêtre que j’en oublie carrément … de sortir l’appareil photo du sac ! Tant pis, je garde tout cela de cette vision magique pour moi seul, je ne cherche finalement qu’à vous faire envie, devant autant de beauté naturelle. Vous êtes invités à cette union sacrée du ciel et de la terre ! et pour le vin d’honneur de cette réjouissance, devinez ce qu’ils vous proposent, nos amis autochtones : pas le champagne à sabrer, trop vulgaire … pas notre cidre fermier cauchois, trop saoulant sous le soleil de plomb, non … un petit chaï ! et vous en reprendrez bien un autre … et encore un … et encore un … Ah, du moment que la vessie tient le coup ! Ca y est, nous voilà suffisamment réhydratés pour atteindre la prochaine ville (pas dur à la trouver, c’est la première depuis ce matin, et pourtant les kilomètres ont bien défilé – ah, si jamais je poursuis le tour de la Méditerranée, je tenterais peut-être des étapes de 60 kms !), et c’est là que je vais pouvoir passer dans le « Nouveau monde », de celui de la sueur sur le front à celui de la cellule grise, de celui des gens, accueillants, intelligents et chaleureux à celui des gens « instruits » (quel gros mot !) et tout-aussi accueillants, tout-aussi intelligents et tout-aussi chaleureux, Suna et Lokman : eux qui sont finalement … tout-aussi turcs (et si après, vous ne savez pas définir ce qu’est un turc ou une turque, j’en perds les quelques mots que j’ai appris, moi !), tout-aussi pros du chaï et du bakgammon !

Jour J + 144 : Amédée


On se serait crus dans un appartement résidentiel d’une tour newlook de Floride, la mer en moins ! L’ascenseur, j’avais complètement oublié ce que c’était … En plus il y en a deux, et ils marchent ! Pas courant depuis le mois de Mai, ça ! Et puis, un petit salon-télé design spécialement pour notre nuitée ! Et puis, une cuisine hyper moderne avec des petits repas cordon bleu ! Et puis, des échanges chaleureux malgré une barrière de la langue, qui n’a demandé qu’à être franchie (et le passage de la rivière a été plus que réussi !). Mais Suna s’y met à ce foutu-anglais passeport international, aidée dans cette tâche par Lokman ! et moi, dans tout cela ? Eh bien, véritable béage en ces lieux reposants, je furète dans le super appartement, découvre des copines de jeu qui s’emboîtent et se déboitent allègrement, et que notre jeune couple a dû ramener de son récent voyage en Ukraine. Une super idée, tu ne trouves pas, Ben, pour les randonneurs ? Oui, réfléchissez-y bien à deux fois, fidèles lecteurs stationnaires. Parce que si d’aventure on déposait un brevet pour des nains de jardin gigognes, eh bien cela prendrait pas de place dans le sac à dos d’un pérégr’nain ! Et moi, je ne serais pas tout seul, j’aurais tous mes potes avec moi ! bon, je vais en parler à notre équipementier « dix + pas court » préféré !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Suna et Lokman  de  Ceyhan

Me voilà hébergé par un jeune couple ! Suna et Lokman sont mariés depuis … un an. Enseignants universitaires tous les deux (design de la mode pour Suna, mécanique pour Lokman), très pris par leur travail, ils pourraient avoir d’autres chats à fouetter que d’accueillir un pèlerin de passage … Seulement voilà, Suna et Lokman, ils … adorent voyager ! En Turquie comme à l’étranger ! et comme ils sont fonctionnaires, ils n’ont pas besoin de visa, leur passeport a la couleur spéciale … verte (tiens encore une couleur aujourd’hui, mais … pour une fois, voilà la Turquie égalitaire battue en brèche. Pauvre Atatürk ! car comme ils sont fonctionnaires, la sécurité de l’emploi et quelques avantages, … Mes hôtes bénéficient de ce régime de faveur … Et peuvent aller librement sans visa dans des pays à l’Ouest. Tant mieux pour eux ; mais pour les autres ?! Bon, allez, chanceux Suna et Lokman, peut-être pas très bien payés mais quelle importance finalement, avec de tels avantages … Et tant mieux aussi pour moi, car je peux vous dire que leur ouverture et leur modernité, elle se lit déjà dans leur appartement, lumineux, spacieux, moderne, accueillant pour qui profite des lieux et qui sait évoquer avec eux leurs différents périples ! Ainsi, l’Espagne, l’Ukraine, l’Italie, Paris, ils connaissent déjà … Chypre ce pourrait être pour cet hiver, le retour en France l’année prochaine ? Pourquoi pas, l’invitation est lancée … Seule contrainte pour eux, outre l’aspect financier (tiens donc !), ils n’ont que dis jours de congés l’été (et une semaine en hiver). De quoi se plaint-on dans notre France râleuse … Ainsi Suna qui vient d’Ankara et Lokman qui vient du Nord-Est du pays seront certainement parmi ceux de mes hôtes qui aiment, mais aussi qui ont cette chance de pouvoir vadrouiller … Et ils savent en profiter ! alors, que vive l’ouverture des frontières, la « normalisation » des délivrances de visas, la terre a bien été inventée pour tous, non ? En tout cas, quelle gentillesse, quelle hospitalité, quelle disponibilité et quelle discrétion de votre part ! Mais aussi, quel fairplay ! car, quand je leur mets une pâtée au « Tovla » (ben oui, le Bakgammon en turc !), ils disent rien, ils sortent juste la bouteille de vodka accompagnée du RedBull local, pour fêter cela ! Ah, les universitaires turcs, ils ne seront pas les derniers à nous surprendre toujours !
 
"We were very happy to meet you. We hope you to be successful in the way of Peace. See you in a world of peaceful and happy" (Suna et Lokman)
 (Nous avons été très heureux de te rencontrer. Nous espérons pour toi tout le succès dans ton chemin de la Paix. Nous espérons bien nous revoir dans un monde rempli de paix et de joie)

mardi 27 septembre 2011

Jour J + 143 : Taşobası => Adana (51 kms - Total = 4793 kms)

Pensée Spirituelle
"Le chef du troupeau est un animal comme les autres."
(ANI)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Alors, les Anges l'appelèrent pendant que, debout, il priait dans le Sanctuaire : « Voilà que Dieu t'annonce la naissance de Yahya, confirmateur d'une parole de Dieu. Il sera un chef, un chaste, un prophète et du nombre des gens de bien »."
(Sourate 3 [La famille d’Imran], Verset 39)


Notre Père … notre grand-père … notre chef … Me voilà donc presque arrivé au bord de la Méditerranée, il y avait longtemps que je l’avais quittée ! Déjà cinq semaines en effet que je randonne (si l’on peut dire) en Turquie. Que d’aventures, quel pays extraordinaire, sympathique, vraiment différent de ce que l’on peut découvrir en n’y venant qu’une semaine dans un hôtel, à Izmir, Bodrum ou Antalya ! Et finalement, quelle chance j’ai ! Cela recommence à faire bien chaud dans la journée, la végétation est plus présente, signes que l’influence maritime se fait sentir, et c’est tant mieux ! Car les paysages désertiques, c’est bien beau, mais d’une part ça manque de couleurs (ah, ce beige – ocre uniforme, il ne manque que les dunes pour faire Sahara). Mais en plus comme il y a plus d’habitants par ici, il y a plus de maisons, donc plus de routes, et donc pas uniquement cette deux-fois-deux-voies de malheur ! pas de bande d’arrêt d’urgence sur les petites routes, donc je ne m’arrête pas, je fonce, j’avance, j’ai bien envie de la revoir, ma mer !

Et je me pose la question : Comment la Turquie a-t-elle pu et peut-elle arriver si vite à entrer dans l’ère moderne ? … Et bien-sûr en conservant ses traditions ! une des réponses, elle est facile : grâce au « grand-père des turcs », ainsi affectueusement dénommé par tous (ou presque tous) les gens que je rencontre. J’ai nommé Atatürk ! Bien-sûr vous savez tous mieux que moi tout sur sa vie, sa carrière, son œuvre, son influence … Je ne vous ferai pas son portrait, il est affiché ou bustifié ou statufié partout, et puis, je vous rappelle qu’il y a Internet pour cela, mais c’est bien grâce à lui et à son charisme, additionné du fait que l’époque devait être propice, en ce début du 20ème siècle (le ras-le-bol du sultanat ottoman, j’oserai dire assez dictatorial, la défaite lors de la première guerre mondiale aux côtés de l’Allemagne, l’humiliation des traités qui en ont découlé – dont celui de Sèvres –, la guéguerre avec les voisins grecs), bref, tout cela a entraîné la mise en place de la république turque en 1923 et toutes les réformes qui en ont découlé … Et finalement, quoi qu’on en dise, la Turquie a tiré son épingle du jeu, très vite et très tôt. Jugez plutôt, ont mises en place en moins d’une décennie un véritable bombardier de réformes : politiques (la nouvelle Assemblée nationale turque, l’abolition du sultanat, la proclamation de la République, l’abolition du Caliphat, …), sociales (l’égalité des droits de la femme avec l’homme et sa participation à la vie sociale et politique, les vêtements, … Mais aussi la mise en place du nom de famille, l’abolition des titres et surnoms), et de la vie de tous les jours (l’adoption de l’alphabet occidental adapté, du temps international, du calendrier et des nombres), et dans les domaines des lois, de l’économie (agriculture et industrie), de l’éducation, de la culture et des arts, … Une vraie lame de fond, un vrai tsunami peut-êre avec douleur, mais bien constructif … Bon finalement, pour le pèlerin qui traverse en bonne partie, le seul point inconvénient de cette « révolutions tranquille turque » en est … la radicale modernisation des routes ! Pas grave, en rentrant en France, « je me paierai … un GR ! ». Et me voilà arrivé dans une grande ville, Adana, pas de point de chute, pourquoi pas une petite auberge de Jeunesse ? Au moins, si je dois continuer à raconter par ci-par là mon aventure, il me suffit maintenant de montrer mon blog … Allez, il est tard, j’ai beaucoup marché, j’espère que vous ne m’en voudrez pas si je vous tire ma révérence et si je donne la parole à des « gagnants » des réformes grâce à Atatürk, j’ai nommé …. Özge et Yeliz, deux jeunes étudiantes, donc des femmes, rencontrées dans la coloc’ (encore elle) de Nidge, car particulièrement pour les femmes, Atatürk a été moderne et novateur (songez donc que c’est pas plus tard qu’hier jour pour jour que le roi d’Arabie Saoudite a signé un décret autorisant … le droit de vote aux femmes. Le « grand-père de tous les turcs » – aussi appelé de manière plus juste « celui qui est comme les ancêtres » – doit certainement se réjouir sous son mausolée, que j’ai pu visiter il y a quelque temps à Ankara, et qui est, il est vrai, particulièrement grandiose, impressionnant et respecté par ses visiteurs-vénérateurs (ce qui prouve s’il en était nécessaire l’attachement que lui vouent ses compatriotes : sujet à respecter et à ne pas plaisanter. Voilà enfin une unanimité politique qui fait bien plaisir ! – : Monsieur Atatürk, pour vous et pour tous vos compatriotes, pour ce mois de traversée inoubliable dans un pays aussi attachant et bouleversant en même temps que bouleversé, je ne pouvais que vous … rendre hommage !

Jour J + 143 : Amédée


Moi vous savez, l’histoire (dont turque), c’est déjà pas tellement mon truc (dont turc), mais en plus c’est toujours celle des grands hommes, et cela-même, je trouve que c’est un peu humiliant pour un nain ! d’ailleurs Atatürk, t’as fait plein de choses et plein de réformes, dont pour le sexe faible et les petites gens …, Mais t’as fait quoi pour les hommes de petite taille, hein ? Alors moi, ce que je garde comme souvenir de toi, c’est bien ton « allée de lions », peut-être un peu pompeuse (mais c’est pas toi qui l’a choisie, peut-être, t’étais mort depuis quinze ans quand on l’a construite), paraît-il un peu anatolienne à l’image du pays, mais peut-être aussi un peu égyptienne (mais non, t’as pas été pharaon !) menant à ton mausolée, dans la capitale. Eux, aux moins ces lions, ils ont beau être nombreux, ils font parler d’eux mais ils savent rester discrets, ils ont rien médit de moi (quelle dommage d’ailleurs qu’Esope et la fontaine ils n’aient pas écrit une fable, celle « du lion et du nain », ça vous en aurait bouché un coin et ça vous aurait servi de leçon, gens de peu de respects, à défaut de peu de foi) !.

».Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Özge et Yeliz  de  Nidge

Bon, je ne vais pas vous mettre les femmes à toutes les sauces, elles ont déjà eu leur heure (et même leur journée) de gloire dans ce blog, il n’y a pas longtemps … M’enfin, en songeant à toutes vos questions légitimes – qui rejoignent les miennes – sur la sécurité ou la non-sécurité pouvant se présenter dans quelques kilomètres (un clin d’œil particulièrement chaleureux à celles et ceux qui se sont exprimé sur ce point – n’est-ce pas, le duo de choc Christine et Yves –, mais aussi à tou(-te-)s les autres plus silencieux mais tout aussi inquiets) [et j’en profite pour vous dire que je ne prendrai aucun risque avant la Syrie ou pendant ; qu’on se le dise], eh bien, pour détendre s’il en est nécessaire ce sujet préoccupant à défaut d’être brûlant, Özge et Yeliz, nos deux jeunes étudiantes, elles ont lu dans le marc de café turc que j’ai bu, et, en vraies professionnelles, au moins en vraies devineresses convaincues de leur science, elles ont vu … que tout allait bien se passer, alors on y croit ! non, réellement, « on va faire gaffe », « on va voir et prévoir plus loin que le bout de son nez », « on va rester prudent », et en même temps, « on va essayer de faire confiance » … et du coup, « on verra bien » – d’où un certain réalisme sans optimisme ni pessimisme – (d’ailleurs, pour mémoire, il peut arriver n’importe quoi à n’importe quel endroit même sans prendre de risques, malheureusement, cela me rappelle – et peut-être que cela vous rappelle aussi – quelque chose à moyen terme …).

Bon alors, Özge et Yeliz, ces deux copines de fac de l’étudiant coloc’, elles ont tellement insisté pour écrire aussi l’autre jour dans le livre de bord du pèlerin de service … et ce dernier a bien dû (et a bien voulu) leur allouer cette faveur (à moins que ce soit en toute légalité : va falloir que je demande un jour à Atatürk si cette autorisation-là, il l’avait aussi prévu dans ses réformes …) :

"Everything was very fun and beautiful… another language, another culture, but common fun, common sharing... I was very happy for meet you. I’m glad that I meet. Everything for PEACE" (Yeliz)
(Toute notre rencontre a été très drôle et très belle … une autre langue, une autre culture, mais le même amusement, les mêmes réjouissances … J’ai été très heureuse de te rencontrer. Que tout se fasse pour la PAIX)

"I was very happy for meet you. Thank you very much for the photos. Thank you for your speech prepared for me in the video. welcome again. Everything for PEACE" (Özge)
(J’ai été très heureuse de te rencontrer. Merci beaucoup pour les photos. Merci pour le petit discours préparé à mon intention dans la vidéo. Bienvenue pour bientôt. Que tout se fasse pour la PAIX)

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