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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Les Colombes de la Paix !!!

lundi 19 septembre 2011

Jour J + 135 : Şereflikoçhisar => Altınkaya (Nuit à Göreme) (45 kms - Total = 4494 kms)

Pensée Spirituelle
"Dans cent ans, dans mille ans, le monde subsistera encore en son entier. Ce sera le même théâtre et les mêmes décorations, ce ne seront plus les mêmes acteurs."
(Jean de LA BRUYERE)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Votre Dieu est en vérité unique, le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui existe entre eux et Seigneur des Levants. Nous avons décoré le ciel le plus proche d'un décor : les étoiles, afin de le protéger contre tout diable rebelle."
(Sourate 37 [Les rangées], Versets 4 – 7)


Un vrai décor de théâtre ! Les anciens – dont je fais partie – se rappelleront sans doute de l’émission hebdomadaire sur notre petit écran français, il y a quelques années, j’ai nommé : « au théâtre ce soir », les décors étaient de Roger Hart et les costumes de Donald Kardwell. Depuis, l’émission – qui ne devenait certainement plus aussi intéressante pour l’audimat – n’existe plus, mais le théâtre est toujours là, j’ai nommé … Le théâtre du monde ! Et l’arrivée en Cappadoce en constitue un des décors les plus intemporels, les plus inconditionnels. Le voilà, ce décor que je découvre pas à pas : la rencontre de trois volcans, il y a des millions d’années, leurs joyeuses réjouissances à cracher à qui mieux-mieux des cendres recouvrant tel un tapis blanc neigeux, toute la contrée, une rivète qui passe par là et montre le bout de son nez en rongeant peu à peu la croûte terrestre, … Le résultat : un décor à vous couper le souffle, laissant une image telle que le relatent les contes de fées … Et pour quelle raison, ces contes de fées ? eh bien parce qu’ici, les acteurs, ou plutôt les actrices, ne sont pas moins que les fées elles-mêmes, qui ont leurs « cheminées », aidées peut-être comme dans une ruche par les ouvrières chargées de parfaire l’érosion ! Vous avez le décor, vous avez les acteurs en costume féérique (celui tissé en soie, laquelle a été véhiculée par les chameaux et transportée de caravansérail en caravansérail (espacés de 30 kilomètres, la distance quotidienne possible pour un chameau. Je suis donc un « super chameau » !!!) sur cette fameuse route de la soie – qui comme par hasard passe par ici … Ne vous manquent plus à découvrir que les spectateurs : les habitants du lieux, qui ont creusé patiemment dans ces cheminées naturelles leurs refuges, leurs maisons, et même leurs églises toujours présentes, datant de la période où la chrétienté était omniprésente par ici, merveilleuses œuvres troglodytes … Et pour parfaire cette pièce de théâtre, le chef éclairagiste des temps modernes, monsieur Kilowattheure vous concocte un aspect visuel unique en son genre en vous demandant comment il se fait que vous n’êtes pas venu plus tôt ! Bon, telle vous apparaît Göreme, lors de la première approche à la nuit tombante ! Venez-y, c’est tout près de chez vous … Ah, j’allais oublier de vous parler de la danseuse étoile de cette comédie musicale animée au son des muezzins. Et bien, c’est Ilknur, la vedette ! bon, vous comprendrez pourquoi je ne vous parle pas de ce que j’ai vu et ressenti tout au long de cette journée. Tous ces kilomètres, ce n’était qu’une entrée en matière apéritive de cette grande soirée. Nous ne sommes pas à l’opéra de Manaus au cœur de l’Amazonie, bien mieux, nous sommes au théâtre en plein air de Göreme, au plein cœur de la Cappadoce, elle-même au plein cœur de la Turquie, sous les étoiles, qui, comme le dit le Livre sacré, nous protègent contre tout diable rebelle. Mesdames et messieurs, applaudissez, le spectacle de cette magnifique pièce de théâtre (récompensé comme il se doit en tant que … patrimoine mondial de l’humanité par L’UNESCO – il y a avait longtemps que je ne vous avais pas fait cette allusion, non ? – va commencer ! …

Jour J + 135 : Amédée


Et si finalement ce n’était pas une pièce de théâtre qui se jouait mais un spectacle de cirque. On a aussi tous les ingrédients, les fées qui jouent le rôle d’écuyères sur des chevaux pur-sang qui galopent sur les chemins à travers les vallées, les clowns qui sont bien-sûr … les touristes, de toutes les nationalités, bariolés dans leurs couleurs et aussi discrets dans leurs propos que des « congés payés » en voyage organisés … Et même le « Monsieur Loyal » en personne, à savoir … moi, Amédée, qui assure le déroulement et la présentation de ce sacré spectacle pour lequel, à la nuit tombée, on a remplacé le feu des projecteurs par les douces lumières clignotantes des étoiles. Voilà, je le serai pour vous, ce « Monsieur Loyal », alors, Mesdames et Messieurs, applaudissez, le spectacle n’est pas prêt de se terminer, les fées et leurs habitats vont vous enchanter ! et j’appelle dès maintenant le « clou du spectacle » en vous la recommandant tout particulièrement ! Merci, Ilknur !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ilknur  de  Göreme 

Rajoutons un peu de magie au spectacle de ce soir : Ilknur. J’en entends parler depuis longtemps, bien avant mon entrée en Turquie, et même j’ai échangé de nombreux mail avec ce personnage, que je sais déjà curieux et plein de bonne humeur, comme me l’ont décrit Eva et Ilker qui m’ont hébergé il y a quelques temps sur Istanbul. L’amitié est très forte entre eux ... Alors, lors de mon arrivée sur Göreme, je me rends directement à l’hôtel où Ilknur travaille. Et effectivement ce « personnage » me surprend dès le départ ! je ne sais pourquoi, est-ce parce que l’anglais ne distingue pas vraiment le masculin du féminin, la personne qui m’appelle du haut de la terrasse de l’hôtel me surprend … Elle me reconnaît facilement, j’avais reçu un mail me demandant d’amener du pain pour manger ensemble … Et le pain que je tiens à la main me rend facilement reconnaissable … Une femme m’interpelle, je me dis que c’est l’amie d’Ilknur … Mais non, c’est Ilknur elle-même, véritable magicienne des lieux, alors que je croyais que c’était … un homme ! Pas grave, je ne tombe pas de haut, après tout, l’amitié n’a pas de sexe ! mais tout le reste de la découverte d’Ilknur sera de même : ingénieur dans le textile, elle a arrêté ce métier au vu des contraintes hiérarchiques et horaires, alors elle est partie sur un paquebot géant apprendre l’anglais en faisant divers petits boulots, puis elle a filé apprendre l’espagnol en Colombie, s’occupant avec d’autres petits boulots … Et la voilà cette saison tenant les rênes de l’annexe d’un hôtel réputé de Göreme, cité touristique au possible … La fin de la saison approchant, Ilknur va « rendre son tablier » sous un mois. Quelle destination ensuite ? Ilknur songe à … Madagascar, pourquoi pas ? En tout cas, ce que l’on retient d’Ilknur, c’est déjà plus que son sourire omniprésent et ravageur, c’est son rire entraînant, sa gentillesse au service des clients et des gens rencontrés çà et là sans aucune barrière que ce soit, ce sont ses merveilleuses salades diététiques, c’est son humanité. Ca, Eva et Ilker, vous m’avez bien piégé sans le savoir sur la féminité d’Ilknur, mais par contre sur le fait qu’elle ne pouvait pas passer inaperçue durant mon trajet, là vous aviez à mille pour cent raison. Quelle personnalité ! quelle femme ! quelle amitié ! et c’est bien là que l’adage « les amis de mes amis sont mes amis ! » se vérifie dans contestation aucune ! :

"Dear Benoît, thank you for this visit and thank you for the brave and pretty good heart that you have to be the example for the others as a crazy and non-standard, marginal life. I can see that you have still your child alive even very alive inside of you. And I hope it will never stop … and may be somewhere else in the world our souls make us meet again and we will talk about our times here in Göreme ! VERY NICE TO MEET YOU !" (Ilknur)
(Cher benoît, merci pour ta visite et merci pour le bon cœur courageux et plein de beauté que tu as, montrant aux autres l’exemple d’une vie folle et non standard, marginale. Je peux constater que tu as encore la vivacité de ta jeunesse, toujours vivante, très vivante au plus profond de toi. Et j’espère que cela ne s’arrêtera jamais ... et peut-être que quelque part dans le monde nos âmes nous feront nous rencontrer à nouveau et que nous pourrons reparler des bons moments passées ensemble à Göreme ! CE FUT SUPER DE TE RENCONTRER !)

dimanche 18 septembre 2011

Jour J + 134 : Şekerköy => Şereflikoçhisar (47 kms - Total = 4449 kms)

Pensée Spirituelle
"Les peines d’un départ sont pour celui qui reste. Tout rappelle à ses yeux le bien qu’il a perdu."
(Lucien-Emile ARNAULT)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et Je suis Grand Pardonneur à celui qui se repent, croit, fait bonne œuvre, puis se met sur le bon chemin : « pourquoi Moïse as-tu pris le départ et t'es-tu hâté de quitter ton peuple ? ». « Ils ont aussi pris le départ, ils sont là sur mes traces », dit Moïse ; « j’ai pris le départ et je me suis hâté vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait."
(Sourate 20 [Ta-Ha], Versets 82 – 84)
 

Et voilà, une fois de plus, c’est le départ du matin … Comme tous les jours bien-sûr, mais ce matin, je quitte – définitivement ? au moins pour cette pérégrination – Ankara … Tansu aussi, mais les amitiés qui se tissent ne s’effilochent pas si facilement ! Oui, car il faut bien maintenant retrouver le rythme des logements inattendus, après l’effort (mais est-ce un effort ?) … Alors le départ, chaque jour, est-ce facile ? ou difficile à vivre ? Pas de réponse une fois de plus, mais la vie en elle-même n’est-elle pas faite de départs continuels, chaque matin, chaque évènement n’en sont-ils pas l’occasion ? la cause ? ou … la chance ? Encore une sacrée route aujourd’hui, me voilà à taper du caillou, mais les chaussures tiennent le coup ! Où cela va-t’il me mener ce soir ? à un endroit surprenant, certainement … Que de questions aujourd’hui, que de questions ce matin, déjà dans le bus qui me mène d’Ankara à Sekerköy … Mais finalement, ce sont ces questions qui me permettent de profiter de la chance … de ces nouveaux départs. Ce n’est pas un voyage organisé que je fais, rien n’est prévu d’avance, ni le trajet, ni les arrêts-pipi, ni les repas soi-disant « chez l’habitant, ni les démonstrations pré-programmées et assurées de bakchich de tissage de tapis-turcs dans des arrière-boutiques des magasins qui apparaissent de plus en plus souvent (signe que la Cappadoce approche !). C’est encore moins le scénario selon lequel un soit-disant voyageur reste une semaine dans un hôtel les-pieds-dans-l’eau, ponctuée par les repas et les apéros ! Non, c’est la découverte et l’apprentissage de l’inconnu à chaque moment, quelle chance finalement, même si les remises en question ne manquent pas … Ainsi, c’est pourquoi j’ai décidé de ne pas continuer ces allers-et-venues du soir via un transport en commun pour retourner chez Tansu, même si son domicile s’éloigne peu à peu, puis via le même moyen de locomotion mécanique en sens inverse le lendemain matin … Ce serait « si simple » ! mais peut-être vais-je le reprendre lorsque je serai proche de Göreme, la prochaine ville au cœur de la Cappadoce, où je vais sûrement trouver un point de chute. Je ferai alors de même, mais vers un autre visage à découvrir ! car il faut respecter le plus souvent possible ces surprises, cet inattendu ! Ainsi, aujourd’hui, j’ai encore fait le plein de rencontres, informelles, le long de la route (plus d’une trentaine de véhicules s’arrêtant pour prendre en stop un pèlerin qui ne le fait pas, ce stop. Ou bien les terrasses des cafés, avec la question habituelle. Ou bien les paysans du coin qui proposent une bouteille d’eau neuve et un peu de fromage) … A l’arrivée, dans l’après-midi, l’étape du jour sera assurée par Mohamed, en toute simplicité, dans la pièce des invités de sa petite maison … Moment de chaleur malgré le barrage des langues, simplicité du regard, respect du silence (pas très causant, l’ami turc), absence de trace de cette rencontre (il ne souhaite pas de photo), rencontre éphémère donc … me voilà donc prêt demain matin pour un … nouveau départ !

Jour J + 134 : Amédée


Aujourd’hui Dimanche, je ne sais pas si c’est la fête à ma tante, qui balaye ses planches avec sa robe blanche … Moi en tout cas, je le respecte ce Dimanche, alors je vais pas vous parler longtemps ... Pour vous, je ne sais pas, mais pour moi, le temps fort de la journée, cela a donc été … notre départ de chez Tansu ! depuis le balcon, un dernier petit chaï avant la route … Aujourd’hui aussi que des départs, et des arrivées, des départs … et des arrivées. Mais je vous avouerai qu’il était temps que nous partions de chez Tansu, certains vous diront que j’ai pris de l’embonpoint, avec toute la bonne nourriture partagée ! Alors, on va se mettre au régime, dès maintenant, et ce sera aussi alimentairement … un grand départ. Mais on ne t’en veut pas pour ces bourrelets (pour moi, peut-être pas pour Ben), on en a bien profité, alors on te dit : merci Tansu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Tansu  d'  Ankara 

Tansu, vous savez tout de lui, alors on va le laisser finir de s’exprimer. Il avait commencé il y a trois jours, souvenez-vous, c’était le 15 Septembre … Mais il a tant de choses à dire, alors on avait coupé la poire en deux ! ... :

" … Something about you and me (WE !). It was a great experience to spend a few days together. I will never forget Turkish nights with raki and Turkish “classical” music, and French nights with good wine and delicious onion soup (soupe à l’oignon). Being in front of a garden full of trees and only with the “voice of night”, the quiet times, may be thinking, may be talking … There are so valuable memories. I hope we will be together again … One more thing. Another version of the soup (from “Dost book”) : Soupe à l’oignon : 500 gr. Sliced onion ; 7 garlic ; 75 gr. Butter ; 50 gr. smoked bacon * ; 200 ml white wine ; 1,5 lt water with chicken tablet. Tansu - Cordon blue tells you : “bonne appetite !" (Tansu)
(… Quelque chose au sujet de toi et moi (NOUS !). Ce fut une super expérience de passer quelques jours ensemble. Je n’oublierai jamais nos nuits turques, avec le raki et la musique "classique" turque, ni nos nuits françaises avec du bon vin et cette délicieuse soupe à l’oignon. Être face à ce jardin rempli d’arbres avec seulement "le bruit de la nuit", les instants calmes, parfois à songer, parfois à parler … il y a tant de mémoires inoubliables. J’espère bien que nous nous reverrons bientôt … Une chose encore : une autre version de la soupe (depuis le « Dost – nom de la maison d’édition pour laquelle Tansu travaille – livre ») : Soupe à l’oignon: 500 gr. d’oignons coupés en tranches ; 7 gousses d’ail ; 75 gr. de beurre ; 50 gr. de bacon fumé * ; 200 ml de vin blanc ; 1,5 l. d’eau avec une tablette de bouillon au poulet : Tansu - Cordon bleu vous dit : “bonne appetite !)

(PS : * Commentaire de Benoît : Géniale l’idée du bacon fumé dans un livre de cuisine édité dans un pays où l’Islam est si présent. Mais on fait comment pour en trouver ? et on la sert à qui alors, cette soupe ?)

samedi 17 septembre 2011

Jour J + 133 : Akörençarşak => Şekerköy (33 kms - Total = 4402 kms)

Pensée Spirituelle
"Le bon sens et la nature jouent beaucoup à rendre plus facile le pèlerinage de la vie"
(William SOMMERSET-MAUGHAM)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et quand Nous indiquâmes pour Abraham le lieu de la Maison (La Kaaba) [en lui disant] : « Ne M'associe rien ; et purifie Ma Maison pour ceux qui tournent autour, pour qui s'y tiennent debout et pour ceux qui s'y inclinent et se prosternent ». Et fais aux gens une annonce pour le Hajj. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné, pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom de Dieu aux jours fixés."(Sourate 22 [Le Pèlerinage], Versets 26 – 28a)


Dites donc, vous pourriez m’apporter vos lumières, les amis : Est-ce bien un pèlerinage que je fais ? et les chrétiens, est-ce bien un pèlerinage qu’ils font en allant vers Santiago de Compostella ? et les musulmans, est-ce bien un pèlerinage qu’ils font en se rendant à Mecqua ? Ou bien n’est-ce qu’une pérégrination ? D’ailleurs, la vie toute entière n’est-elle en elle-même pas une pérégrination, et vers quoi ? Voilà donc les quelques questions que j’ai pu me poser aujourd’hui … Et je pensais, enfin arrivé à l’étape (en réalité, la nuitée est toujours à Ankara, chez Tansu !) trouver des éléments de réponse dans le Coran … Eh bien nenni ! Si pour vous, mesdames, il y a bien (rappelez-vous hier !) une Sourate qui vous est consacrée et plein de péricopes, eh bien, pour le pèlerinage, lui qui fait pourtant partie des « cinq piliers », d’accord aussi une sourate lui est consacrée, mais sans le dit-mot dedans ! Alors ce n’est pas de ce côté-là que je saurais, où que j’aurais quelque élément de réponse sur ce que je fais depuis plus de quatre mois et demie. Dommage ! mais j’ai trouvé un élément de réponse, via une autre piste de rencontre, en cheminant sur mon chemin : Emmanuel ! Emmanuel, vous ne le connaissez pas, mais, fruit du hasard, j’ai eu connaissance de lui par le web ! car Emmanuel, il est français, il est parti de chez lui, en France, comme moi … Il avance à pied, comme moi … Il a un bâton de pèlerin, comme moi … Il est passé par Medugorje, comme moi … Et il va jusqu’à Jérusalem (et même peut-être jusqu’aux pyramides, si Dieu le veut, Inch’Allah), comme moi … bon, les seules différences, c’est qu’Emmanuel, il n’a que 35 ans … Et cela fait déjà deux ans (bon anniversaire !) aujourd’hui qu’il est parti ! Mais à part cela, dans nos interrogations, nous nous posons les mêmes questions : Sommes-nous routards ? pérégrins ? pèlerins ? Et le faisons-nous pour nous-mêmes, personnellement ? ou pour nous, le « club fermé des marcheurs au long cours » ? ou pour d’autres, dont vous ? D’ailleurs, à quoi ça sert finalement, de marcher pareillement, tous les jours ? Faut-il être aussi « crazy » ? là, Emmanuel et moi, nous avouons que … nous séchons ! Vous avez des réponses, vous ? Bien-sûr pour moi, il y a d’une part cette idée quelque peu farfelue du dialogue entre les religions et d’autre part ce concept peut-être quasi-utopique de « la paix » … Mais, ce dont nous avons discuté en nous retrouvant, lui avec sa « benzine » qu’est le chaï et moi ma « benzine » qu’est la bière, c’est que le plus merveilleux, c’est … la rencontre du genre humain ! et ceci qu’elle soit selon une relation de proximité ou à distance, comme de vous à moi comme de moi à vous ! Alors finalement, c’est-y bien ce que je vous dis depuis le début, braves pèlerins de l’immobile, nous voyageons ensemble,
vous et moi, moi et vous !
Bon pas grand-chose à vous dire de cette journée, retour pas trop tard sur Ankara car le kilométrage fut du genre pour les feignasses. Alors en revenant en la capitale, une petite visite des quartiers du jardin botanique, et encore une bonne soirée (la dernière, chez Tansu) pour évoquer … les noisettes !

Jour J + 133 : Amédée


Oui parce que finalement, à force de faire des allers-et-retours entre un départ et une arrivée d’étape et un autre point de dodo, si ça devient compliqué à suivre pour le commun des mortels, pour moi c’est pratique : je retrouve mes pénates, mon lit, mes habitudes et … mes économies … A propos d’économies, ce soir, Tansu, il a sorti un grand sac de noisettes, issu de sa production familiale … Ce qu’il ne savait pas, c’est que si je n’ai pas franchement la tête d’un écureuil, Ben-le-Béage, il les connaît bien, lui, les noisettes, et il le connaît bien, lui, l’écureuil, tout Caisse d’Epargne qu’il est !!! Alors, on n’a pas été dépaysé, Ben il en a même pris pour les replanter en Normandie, peut-être même qu’ainsi va sortir de terre une nouvelle succursale, sait-on jamais ? Moi, en tout cas, j’ai pu jouer tranquillement avec ces quasi-billes sur le tapis du salon pendant que les garçons, ils devisaient à voix ténue sur le fameux balcon. Pas de Juliette en vue – il y a longtemps qu’on a quitté Verona – mais ils ont encore refait le monde. Faudra pas s’étonner si la terre tourne dans l’autre sens un de ces jours … Bon, notre logeur, il est de repos, alors la soirée s’éternise, faut espérer qu’il va se montrer raisonnable … Et alors on pourra dire une fois encore à notre copain rencontré aujourd'hui : merci Emmanuel !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Emmanuel  de  Şekerköy 

Emmanuel, avec sa belle frimousse d’ange, il nous a subjugué. Ne pas mettre en pratique ses études scientifiques, préférer ramasser des fruits comme saisonnier, partir si longtemps, s’arrêter en Bosnie quelques mois pour tester le « catho » en servant les pauvres », rester au même point un an en Bulgarie en heureuse compagnie, repartir pour s’arrêter ensuite dès que l’occasion se présente de rencontrer du monde, se donner le projet à long terme d’aller voir si les pyramides n’ont pas changé de place ou n’ont pas été volées, se faire avoir par la Syrie et ne pas pouvoir y entrer par manque de visa qui va l’obliger peut-être à un plan B consistant à passer par Chypre, et toujours remettre sans souci au lendemain ce qu’il aurait pu faire hier ! Tout cela, c’est bien de la sérénité et de l’aventure moderne, non ? Alors peut-être que les anciens du Moyen-Âge ne s’y retrouveraient pas dans ce pèlerinage new-look, en tout cas si c’est une croisade, ce n’est pas pour reconquérir la Terre Promise volée par des infidèles, c’est bien pour renouer le contact dans un « nouveau monde » peut-être trop médiatique et bien zappeur. Et pour tout cela, Emmanuel, il va falloir que nous restions en contact. Bon moi, il y a aura longtemps que j’aurai repris le turbin quand tu seras encore à boire ton chaï sur les routes du Moyen-Orient, alors ce sera à mon tour de rêver de tes aventures. Continue bien et je te souhaite une belle vie, Manu, Masalama ! ...


 A LIRE ABSOLUMENT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
C'est pas tous les jours Dimanche, c'est pas tous les jours qu'on rencontre un semblable, francais en terre étrangere et de surcroît en train de marcher vers la même direction, la dite-Jérusalem ! Nous nous sommes croisés donc avec Benoit à la terasse d'un café super-chic d'Ankara. Cela faisait deux jours que j'accumulais la malchance en ce qui concerne l'hospitalite à Ankara ... il faut d'abord préciser que je serais du genre "pèlerin" de la vieille école, j'avance presque sans dépenser d'argent et je confie ma destinée à ce que d'aucuns appellent la bonne étoile, qui dans mon cas brille vraiment très fort je dois l'avouer, dormir sous les ponts, dans les bergeries ou dans des maisons de passage, au bon vouloir de l'hospitalité des contrées traversées est mon sésame, la rencontre de l'autre, mon chapelet et l'abandon à la Providence mon ivresse quotidienne. Deux ans jour pour jour apres mon départ des Hautes-Alpes je rencontre un Normand en Turquie ! Drole de hasard ma foi ... nous devisons gaiement, tous content de parler un peu francais, d'échanger les expériences de route, et être pieton ici aujourd'hui peut paraître tout bonnement comme sorti d'un film de science-fiction, tant les turcs sont accrocs à leur sacro-sainte voiture et sont vraiment surpris voire incrédules quelquefois lorsque, le plus calmement du monde et pour la ènieme fois, nous leur répétons les mêmes réponses aux questions qui fusent à tout contact humain : oui, tout a pied, pas moyen de monter dans ta voiture ; si si, il y a du travail en France mais là,tu vois, je suis en train de me rendre en Israël a pied, on peut pas faire deux choses à la fois ; non ça va merci, j'ai pas mal au pieds, oui je reveux bien un thé, merci beaucoup ... et je me rend compte au fil de la conversation que, si les moyens diffèrent, l'esprit est le même, et c'est peut-etre ça qui est en fait le pèlerinage, pour répondre à la question de Benoît. Comme Benoît, j'ai nomadisé un peu aussi en Aubrac sur les chemins Jacquaires et j'ai rencontré bon nombre de jeunes gens avec ce même esprit de partage, rencontre, abandon ( plus ou moins ) à ce qui arrive, par là j'entends passer un cap et, un matin, ne plus se torturer l'esprit de ne pas savoir où et quoi manger, ou / et en compagnie de qui dormir, quelle route emprunter, où se laver, etc ... C'est peut-être ce que la marche au long cours, ou le pèlerinage, au sens étymologique du terme, procure à qui sait regarder et chercher la Joie où elle se trouve, c'est-à-dire sous nos pieds, c'est peut-être pour cela d'ailleurs que l'on marche, pour pouvoir voir ce qu'il y avait sous les semelles un pas auparavant ? Dans ce que Benoît me raconte et dans l'élan qu'il apporte à ses petites anecdotes de rencontres, la binouze aidant de plus en plus, je retrouve ce que j'ai découvert avec le temps de ce vagabondage en Europe de l'Est puis ici où c'est encore plus visible : la confiance créée par la certitude qu'il va y avoir, peut-être au detour de ce virage, une rencontre fabuleuse avec, au choix, une même dame assise sur ses jarrets au Montenegro qui partage en deux pain et patates pour t'en offrir alors que tu commencais à vraiment avoir l'estomac dans les talons; ou bien un jeune gars en Albanie en train de charger du foin sur son petit âne, et qui au bout de cinq minutes t'invite en Italien à regarder la finale du mondial de foute (!); ou encore des policiers en Turquie qui se font une joie d'avoir un misafir, te pressent de dormir sous les pommiers et t'offrent un delicieux dîner, aussi frugal soit-il ( tout cela est tiré de mon expérience personnelle, bien évidemment ) ... ainsi malgré le dépaysement procuré par le pèlerinage, la soif de grands espaces, le vent sur les crêtes, le désir de se perdre loin et ailleurs, d'être dépouillé de tout, étranger, esseulé, affamé des fois aussi évidemment, ce qui resterait dans les souvenirs serait principalement LES RENCONTRES et la quête de l'homme il me semble. J'ai été et je vais encore être, je le sais malheureusement, profondément attristé de voir combien l'homme est limité, matérialiste (combien de fois, avant MÊME de me demander mon prénom, on me demande si j'ai de l'argent ! triste miroir télévisé du luxe occidental ...), jaloux, coupé de ses racines d'avec la Nature et absolument occupé à satisfaire les trois uniques besoins modernes de l'animal-homme, j'ai nommé : manger, se reproduire et se connecter à Facebook. Mais j'ai aussi rencontré le revers de la médaille, des êtres fantastiques qui peupleront mon paysage interieur pour le restant de mes jours, comme se desaltérer à une source inespérée après de longues heures à peiner à marcher sous un soleil de plomb, la gorge desséchée de sel ... c'est l'incompréhension et le mépris qui assèchent, le partage et l'intimité automatique qui remplissent de félicité et de lumiere. Et ca existe, c'est le cadeau que (seuls ?) les pèlerins peuvent avoir la chance de recevoir sur le chemin qui les séparent d'eux-mêmes, toujours encore plus proche à mesure que le chemin se déroule sous leurs pas brûleé par la poussière des frontières ...
Benoît m'avait demandé un petit texte pour illustrer son propos et me revoilà dans mes envolées ! Juste alors la place de dire bonne chance : Benoit, mon cochon, toi tu l'as, ce foutu visa avec le drapeau de la Syrie, moi j'espère encore que le peuple syrien va faire dégager le potentat El-Assad, ouvrir ses frontières et vivre en paix entre frères d'ici mon approchée des frontières au Sud, l'espoir fait vivre comme on dit ... (Manu)

vendredi 16 septembre 2011

Jour J + 132 : Yağlıpınar => Akörençarşak (44 kms - Total = 4369 kms)


 De moi … à vous ! et pourquoi pas de vous … à moi ! :

Chers tous, vous semblez friands des aventures et du fabuleux destin d’Amédée qui, je vous le dis tout-de-go, n’est pas aussi bourrin que cela (c’est un vrai cœur d’ange !). Laulau vous dirait que le taux de fréquentation du blog est bon, moi je vous dirai que les commentaires que vous m’envoyez ces temps-ci me vont droit au cœur (enfin pas pour moi – qui vais avoir les chevilles qui enflent, à force de tant de sympathie –, mais pour mon projet, que dis-je notre projet, à vous comme à moi …) et m’encouragent – si nécessaire il en était – pour poursuivre le chemin qui m’est chaque jour auto-tracé et qui devrait me mener en un point précis, peut-être celui de la rencontre devant la tente abrahamique ( et celle-là, vous y aurez droit) … merci à vous ! il y en a parmi vous sur lesquels je mets un visage, il y en a d’autres (salut Olivier !), dont j’ai hâte de voir à quoi ils peuvent bien ressembler (eh oui !) … mais si j’ai un vœu à faire, c’est bien notamment celui exprimé par tous mes nouveaux amis-hôtes d’un temps (et savez-vous qu’il sont déjà 125 à ce jour !) :

- celles et ceux qui m’accueillent chaque jour sur le bord de ce chemin et qui me – et vous – prouvent que l’hospitalité devrait être un gêne inscrit non seulement dans les us et coutumes de nos différentes sociétés, mais aussi carrément dans l’ADN de tout le genre humain,

- et celles et ceux qui réclament (certains à corps et à cris) non pas – seulement – mon récit
mais aussi vos réactions à vous tous, depuis l’hexagone :
et ce vœu, c’est « tout simplement » que vous ne soyez pas seulement CONSOMMATEURS mais aussi ACTEURS de ce petit périple vers la Paix

Alors ne soyez pas timides, faites comme Annabelle (merci à toi, j’espère que cela n’était pas trop douloureux de te lancer, lol !).
Prenez un tout petit de temps, ne restez pas dans l’ombre et manifestez-vous, !!!Prenez votre plus beau clavier, écrivez n’importe quoi, ce qui vous passe par la tête, votre réaction, vous nous ferez plaisir, à eux, à Amédée et à moi !
 car rappelle-toi, fidèle lecteur, « la paix, elle aura TON VISAGE, la paix, elle TON IMAGE, la paix sera toi, sera moi, sera nous, et  LA PAIX SERA CHACUN DE NOUS  ! », alors le message est-il passé ?

Enfin, à propos de la paix, rappelez-vous ce petit objet qu’on nomme « clé USB »
Il ne pèse que 12 grammes(on a vérifié !) mais il a toute son importance. Il sera sous une quarantaine de jours, après la traversée du désert, déposé entre deux pierres de la Ville Sainte,
pensez-dès maintenant et transmettez-moi dès que possible votre message sur la paix !

Pensée Spirituelle
"L’avenir de l’homme est la femme – elle est sa couleur et son âme – elle est sa rumeur et son bruit – et sans elle, lui n’est qu’un blasphème."
(Louis ARAGON)

"Le bon sens et la nature jouent beaucoup à rendre plus facile le pèlerinage de la vie."
(William SOMMERSET-MAUGHAM)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Dieu au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Dieu vous observe parfaitement."
(Sourate 4 [Les femmes], Verset 1)



 

En voilà un sujet scabreux peut-être, mais intéressant : la femme ! et ce surtout en Turquie, et ce surtout en terre d’Islam ! Car aujourd’hui, je pourrais bien-sûr vous évoquer Yaglipinar, Ahiboz, Karagedik, Makhmati, Bezirhane, Karacaören, Akörençarsak,... Vous diriez que le Ben il a un peu trop profité du soleil et que sa casquette, il devrait la porter jour et nuit … Ou bien les plus joueurs d’entre vous diraient que ces noms-là, ce doivent être des noms propres et que c’est bien dommage, parce que sinon ils les retiendraient et seraient sûrs de gagner au Scrabble, avec des lettres pareilles … Moi je vous dirai simplement et même s’il fait beau et chaud, non, je ne souffrirai pas de déshydratation, car partout maintenant – notamment dans ces villages qui ont de tels noms à coucher dehors –, au cœur de cette Anatolie profonde dont on ne sait pas vraiment sur quel continent elle est située : l’Europe ? l’Asie ? pourquoi pas l’Atlantide, tant qu’on y est …, Partout l’accueil est le même ! non, l’Anatolie c’est un continent en elle-même … capitale le plus petit village du coin, citoyen d’honneur le plus simple habitant des lieux … qui parfois n’est même pas monté une seule fois dans un bus local pour gagner la ville la plus proche … mais qui sait d’emblée que le seul fait de sourire est déjà la première règle de politesse et dépense ainsi moins de calories que de faire la moue … Ët ce simple être humain, l’hôte moyen pourrait-on dire, sait aussi que le chaï est la boisson-énergico-refuge du pèlerin mais aussi celle de la politesse, de l’accueil et de la vie …

Alors, je viens au fait … je vous dirai qu’aujourd’hui, j’ai rencontré « la », enfin, tout ce qui donne le « la », comme dans un orchestre : « la » route, « la » montagne, « la » rivière, « la » sérénité, « la » gentillesse, « la » joie, « la » vie quoi … Mais aussi, « la » gente féminine, celle qui a droit d’existence, celle qui a droit de femme et celle qui ici a droit de cité, en Turquie, tout simplement … Grâce au « grand-père de la Patrie » : Atatürk ! car finalement ici en Turquie, en dehors des villes, si d’habitude on voit surtout l’homme, par quatre fois aujourd’hui sur la route, cela a été à chaque fois une femme qui a fait le premier pas pour accueillir, restaurer et abreuver le pérégrin quelque peu aquatique : Extra, non ? Alors, cet empressement gratuit, cela vient de quoi ? Tout de go, je dirai : « la femme » est bien présente dans le Coran ! statistiquement, 26 sourates (sur 114) la citent au moins une fois, dont la sourate 4, justement dénommée « les femmes », où le mot est employé 26 fois ! D’accord (et vous aurez raison), cela nous fait une belle jambe (de femme ?) et vous direz que le Ben, décidément, il a rien d’autre à faire … Mais cela a toute son importance ! Ainsi, par un mélange religioso-politique particulièrement original ici, la femme, pilier de la vie domestique, est devenue en Turquie un acteur-clé dans la vie, dont dans la vie politique (et ce … bien avant qu’en d’autres pays – ainsi le droit de vote donné dès la Création de la République turque, quelques 20 ans avant son homologue française). De même, le nombre de jeunes étudiantes de la langue anglaise dans les universités écrase complètement le nombre des étudiants … Aujourd’hui sera donc, décret promulgué par Ben le béage :
la … journée de la femme.
Pour enfoncer le clou, de retour au bercail, Tansu évoque pour moi les quatre femmes-piliers de sa famille : Ayse, sa grand-mère, octogénaire, si généreuse avec les autres en même temps que si discrète et si sévère avec elle-même, Hatun,sa mère, cordon ombilical familial, Aysenur, sa sœur, étudiante en linguistique sur Ankara  ... et pour compléter le "tableau de famille" et élargir la transmission de relais, Kübra, sa cousine ! : justement les quatre femmes en photo, trois générations successives mais non discontinues d’une société bien évidemment pas encore trop matriarcale mais où « la » sève des arbres généalogiques est bien un nom féminin ! Rendons-donc leur hommage, elles sont en Turquie un exemple à dupliquer de-ci de-là ! et Tansu, il n’a pas fini, il me présente aussi trois de ses amies les plus chères (à moins que ce ne soit moi qu’il présente à elles !) Déjà hier après-midi, Beren, sa girl-friend, lors de la visite du mausolée d’Atatürk et d’une ballade dans les quartiers Ouest de la ville, hier soir, Cagla, son amie d’enfance (de la même ville natale des bords de la mer Noire), et ce soir Pelin, d’Izmir, mais qui a fait avec lui ses études d’anglais … Trois jeunes turques bien dans leur peau, bien dans leur pays et bien dans leur vie moderne … Une vraie Trinité à nouveau. Bref, voilà sept femmes bien « turques », n’en manque qu’une (la Vierge Marie, ayant fini ses jours terrestres et morte paraît-il pas très loin d’ici) pour atteindre le "huit", le chiffre de la perfection ! Alors voilà, pour fêter la journée de la femme, quoi de mieux (contrairement au constat, me dira Pelin – qui partagera notre repas – selon lequel la plupart des hommes turcs ne pénètrent jamais dans la cuisine …), quoi de mieux donc que de préparer par moi-même le repas. Et c’est sur la demande de Tansu (qui voudrait bien savoir quel goût cela pourrait bien avoir) que je leur prépare une … soupe à l’oignon ! pas de grincements de dents mais pas mal de pleurs (devinez pourquoi …) … Mais cela semble pas mal plaire, surtout arrosé d’une bonne bouteille locale ! et c’est sur le balcon, sous le regard bienveillant (encore des femmes, décidément) de Dame-la-lune et de Demoiselles-les-étoiles que nous refaisons le monde … sans mondanités !
Mesdames et Mesdemoiselles,
les Messieurs vous souhaitent une bonne nuit !

Jour J + 132 : Amédée


Hier, moi j’étais déjà dans la cuisine à presser des oranges … Aujourd’hui, je laisse Ben et Tansu pleurer dans leur coin … Moi, j’ai plutôt Rendez-Vous avec des copines, encore trois de plus, des statues comme moi, un peu plus grandes mais un peu plus pâles, rencontrées hier pas loin de chez Atatürk. Elles vont peut-être m’aider à grandir, à charge de revanche pour moi de les colorer un peu (et pourtant elles passent leur temps à faire bronzette au soleil), elles le méritent, non ? Allez, à qui on pourrait bien dire merci ? aux six nominées du jour, mais aussi –et surtout – à leur impresario. Merci Tansu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Cagla, Beren et Pelin  d'  Ankara 

Ben voilà ! la Trinité : Cagla, Beren et Pelin, des prénoms que je n’aurais même pas pu inventer, des prénoms bien d’ici, trois jeunes turques qui n’ont connu que la modernité en route de leur pays et pas toutes les phases de servitude et de conflits, qui vont contribuer à poursuivre la Turquie en route d’aujourd’hui et la Turquie à la pointe de demain. Vous avez du pain sur la planche, mesdemoiselles : vos aïeules le faisaient elles-mêmes de leurs propres mains, ce pain base de la nourriture d’ici … Vous, vous allez certainement plutôt les mettre dans le pétrin, vos mains, pour montrer au monde entier, occidental comme arabe, que vous êtes vous-aussi actrices de la paix et du dialogue !.

"I think it was a great chance for me to meet you ; because I had a really great time by speaking interesting things, specially your travel story. Also I really can say that I haven’t even eaten such a wonderful onion soup ! Thank you very much for your friendship and your kindness. I hope to see you in Izmir ! Au revoir !" (Pelin)
(Je pense que cela a été une grande chance pour moi de te rencontrer ; parce que j'ai réellement vécu un grand moment en parlant avec toi de choses intéressantes, notamment l’histoire de ton voyage. De plus je peux vraiment dire que je n'ai jamais mangé une si merveilleuse soupe à l'oignon ! Merci beaucoup pour ton amitié et ta bonté. J'espère bien te voir à Izmir! Au revoir!)

jeudi 15 septembre 2011

Jour J + 131 : Ankara => Yaglipinar (38 kms - Total = 4325 kms)

Pensée Spirituelle
"Pendant l’âge d’or, les Dieux vêtus d’air marchaient parmi les hommes. Et maintenant ?"
(HESIODE)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Le jour où l'on soufflera dans la Trompe, vous viendrez par troupes, et le ciel sera ouvert et [présentera] des portes, et les montagnes seront mises en marche et deviendront un mirage."
(Sourate 78 [La Nouvelle], Versets 18 – 20)


En avant … maaaaaaaaaarche !!! Eh bien oui … quand on s’arrête, quand on savoure la halte de l’oasis ankarienne, même si dans cette dernière il n’y a pas de nappe d’eau ni de palmiers, et même s’il n’y a pas qu’une tente anatolienne de bédouin mais cinq millions d’âmes, et pas de chameau mais des véhicules producteurs de CO et de CO2, il faut bien repartir, il faut bien reprendre son bâton de pèlerin, et repartir vers le Sud, vers le grand Sud … Ce soir, pas de souci pour la méharée, j’ai une super adresse … Derrière moi et que je l’atteindrai par les moyens modernes ! Allez, en attendant les pieds dans les chaussettes de marche, le tout dans les chaussures de marche (increvables !), et le bonhomme repart ! Là j’ai de la chance, une bonne petite colline à escalader et me voilà quasiment hors la ville qui a eu la bonne idée de ne pas trop se développer de ce côté-là … Me voilà vite sorti, me voilà dans le désert, un peu comme Abraham, je quitte « mon » pays, en tout cas celui de la civilisation et de l’abondance … Et même avec la seule marche, ça va vite, cette transition … Bon j’oubliais de vous dire qu’il y a un sacré périphérique extérieur ici, et que jusque-là, je dois prendre mon mal en patience ! Mais alors après, quel bonheur, voilà déjà Gölbasi au bord de son petit lac dans lequel se reflètent les montagnes bien présentes (et qui contrairement à ce que dit le Coran – est-il « parole d’Evangile » ? –), n’ont pas l’air de beaucoup bouger !), Heureusement que je n’ai pas besoin de les escalader, elles sont si abruptes et si rocailleuses, bon pas tellement les Alpes ni les Pyrénées, mais plutôt le Sinaï. Serait-ce déjà le but ? non il y a encore quelques kilomètres avant la Terre qui m’est peut-être Promise, et malgré tous vos encouragements, il va falloir en faire encore, des pas … Mais la marche, il n’y a que cela de vrai … et puis, un autre gros avantage, y’a pas besoin de Viamichelin ou autre web-site pour l’itinéraire. Vous prenez une simple carte routière ou d’état-major, vous calculez la distance, vous divisez par 4, ou 4,5 ou 5 (votre célérité) ou même plus … et vous savez exactement à quelle heure vous allez arriver au but. Pas de mauvaises surprises, pas de soucis de bouchons ou de ralentissements, pas de problèmes de pompe à essence ou de péages d’autoroutes, pas d’accidents et en tout cas pas de constats à l’amiable à remplir, donc pas de biz-biz avec votre compagnie d’assurance préférée. En un mot vous êtes libres comme l’air, enfin, vous ne volez pas encore, ce sera peut-être pour une prochaine vie quand vous vous réincarnerez … En attendant, un pas devant l’autre, à vous la liberté, associée à l’égalité et à la fraternité … Et quand vous avez envie d’un petit chaï (un thé, bien-sûr), il suffit, souvenez-vous, de vous asseoir là où vous savez, sur le tabouret rafistolé … Et là, ouf, ça va mieux, vous allez répondre tant bien que mal à la question « where are you come from ? » – ça marche aussi, par ici. Alors vous pourrez repartir car la route devient beaucoup moins large et beaucoup moins fréquentée, de temps en temps ce sera aussi cent fois le même scénario : « on » ralentit, de temps en temps « on » klaxonne, alors vous n’oubliez surtout pas de lever le bras et d’agiter votre bâton – de marche – et vous souriez, ainsi vous dépensez peu de calories, vous pensez – un peu, beaucoup, passionnément – à ce que vous aimez et qui sont restés au pays avec leurs soucis, et alors vous vous dites que « c’est beau, la vie ! » … Et puis, si la végétation a curieusement disparu, au moins il y a ce soleil, sensiblement moins intense à mesure que l’automne approche « à grands pas » (tien, lui-aussi, il marche ?), et même s’il fait toujours aussi chaud, même si vous ressemblez à un glaçon qui perd son volume naturel, ne rêvant peut-être que de trouver un congélateur sur le bord de la route, vous progressez, sans trop vous poser de questions … Allez, pour aujourd’hui, se profile comme par enchantement le but de l’étape : Yaglipinar ! Si vous avez mal lu le panneau d’entrée de village parce que vos lunettes ont maintenant rejoint le fond de votre sac à dos, vous lisez « Yagli-panars » et vous pensez que vous allez les reposer, vos petits petons, même pas fatigués par cette marche de reprise … Ou bien alors vous lisez « Yagli-pinard », et alors vous vous faites le film suivant de trouver un bon verre de gros rouge qui tâche au café du coin, et cela va vous colorer vos joues déjà bien rosies par cette marche au grand air (mais non, vous n’en trouverez pas, vous vous en doutez, c’est un café : on vous servira seulement un verre de chaï) … Et là, vous faites un triple affront (jamais deux sans trois !) à la population locale qui ne pensait en vous voyant arriver qu’à vous accueillir à la fin de cette journée de marche :

- d’une part vous leur faites faux bond car d’abord vous ne restez pas,

- ensuite vous allez retourner … sur vos pas !

- mais pire encore, vous ne le ferez pas par la marche, mais en montant dans un bus local qui vous ramènera à Ankara,

où vous attend un nouvel ami, découvert par Internet et que vous n’avez même pas encore rencontré, mais avec lequel vous allez sympathiser et même créer un vrai lien d’amitié … Et là, de retour dans Ankara, vous allez pouvoir commencer en cette fin d’après-midi à visité le mausolée d’Atatürk (on y reviendra), une ou deux mosquées, les boulevards branchés de la ville, prendre un coup de raki (prononcer « raké ») avec de nouveaux amis, et évoquer ensemble et pèle-mèle des sujets sérieux ou futiles … Bon, vous m’avez suivi dans mes pérégrinations un peu tordues sur cette journée? Alors super, c’est qu’entre moi et vous … « ça marche !!!

Jour J + 131 : Amédée


Je ne vous parlerai pas des gens de la route, peut-être aussi ceux du voyage … J’étais au fond du sac, avec un petit souci de fracture … du panard gauche (rassurez-vous, une bonne atèle et c’est reparti, d’ici quelques jours, je pourrai … marcher à nouveau !), je revois le jour en arrivant chez Tansu ! Ouah, un super appartement, super clean et super bien rangé ! « on » va même s’aventurer un peu partout chez lui, sa cuisine est géniale et « on » va pouvoir se remettre de « notre » marche ! Ben, il va vous le présenter, le Tansu, mais « on » va pouvoir vous dire que si « on » n’avait justement pas marché, « on » n’aurait pas cherché à être logé, et « on » ne l’aurait pas trouvé Tansu ! Allez, pour fêter notre rencontre, on » va s’enfiler un p’tit raki, mais pour commencer par nous rafraîchir, et sans se presser, « on » va se presser une bonne petite orange, une bonne orange pressée, orange comme notre frimousse au soleil. Oui, « on » prend le rythme d’ici, allez faut pas se presser, « on » va doucement la presser notre orange, et puis « on » va trinquer à l’amitié, sur le balcon dominant un jardin plein de verdure : merci Tansu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Tansu  d'  Ankara 

Vous trouvez pas qu’Amédée, il commence à se prendre pour le roi soleil, avec ses « on » à répétitions ? Pas grave, à la prochaine averse (au fait, c’est pour quand ?), il aura les idées un peu plus claires et rafraîchies (d’ailleurs, il n’a peut-être pas mis assez d’eau dans son raké !) Mais il a bien raison, Tansu, ce ne sera pas notre pilier de bar, mais ce sera un des piliers fondamentaux de notre religion actuelle, celle de la rencontre, au pays de l’Islam !!! Tansu, il est jeune lui-aussi, la moitié de mon âge ! il travaille depuis trois ans, après des études liées à la vie américaine ...  mais il pousuit des études d’histoire (ah, cette thèse sur la Turquie au tournant du 20ème siècle, elle va avancer !) … Il sévit dans l’édition, il traduit des guides de voyage de luxe (New York, la France, Moscou, Madrid, …) d’anglais en turc ! et cela il le fait depuis son bureau, super aéré pas loin de chez lui, à deux pas de l’ambassade de France ! Mais le gag, c’est que Tansu, il n’a jamais encore franchi les frontières de son pays natal (il est originaire d’Ünye, sur les rives de la Mer Noire), dont il est incollable … Tout comme il est incollable sur plein d’autres contrées … dont notre hexagone. Allez, je vous donne un exemple au hasard : ce soir, pour mon arrivée, sa sœur (étudiante, elle aussi sur Ankara), elle nous a préparé … des lentilles !!! Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, non ? eh bien Tansu, il est capable de me dire tout de go : « les lentilles, n’est-ce-pas la spécialité du Puy-en-Velay ? laquelle ville n’est-elle pas le point du chemin jacquaire vers Santiago de Compostela ? » ! : Bon, vous qui avez voyagé, vous savez quelle est la ville dont la spécialité est le loukoum ? (non ? moi non plus, d’ailleurs !) Et tout sera comme ça, simplicité, gentillesse, service et discussions … Nous arpentons la ville le soir, un peu plus de marche, comme si cela était nécessaire – à l’Ankara misérable autour du château et à l’Ankara pauvre mais animée alentours, voilà que se succèdent maintenant à mes yeux l’Ankara luxueuse des quartiers des ambassades et l’Ankara branchée de la jeunesse du centre-ville … Tansu, peut-être déformation professionnelle oblige, c’est un vrai guide touristique de sa ville (il habite un super quartier sympa et son balcon domine un jardin : là voilà donc, l’oasis tant attendue !), mais c’est aussi un guide-puits de science et de connaissance de son pays, de ses dirigeants, de « sa religion », de ses artistes en tout genre … Enfin et surtout, je n’ai pas rencontré la Samaritaine (non, pas le grand magasin ! vous savez, celle au bord du puits sur le chemin de Jésus), mais Tansu, c’est « le » guide vers le puits de la rencontre, celui qui étanche la soif et procure la joie … En tout cas, Amédée et moi, on espère bien, Tansu, que ton projet de voyage vers l’Europe occidentale l’année prochaine avec des amis, il va se concrétiser et que les barrières (celle des « seulement deux semaines de congés par an », celle du visa indispensable, celle des fonds monétaires qu’il va falloir rassembler), elles vont tomber et que tu vas pouvoir te mettre … en marche, d’abord parce qu’ « on » a bien envie de te revoir et de t’avoir en Normandie, ensuite parce que c’est « trop » le comble » de travailler sur des guides de voyages depuis le fauteuil de son bureau, vous trouvez pas, non ? Et puis Tansu, vous voulez bien aussi l’accueillir en ami ? alors « ça marche !...

[Je vous préviens tout de suite, Tansu, il a exagéré, il a poussé le bouchon (de raké ? de vin turc dégusté ensemble ?). Comment ils vont bien pouvoir faire, les hôtes suivants les jours prochains ? Tansu, il a écrit pas moins de quatre pages dans mon carnet de bord, et avec des couleurs différentes selon les paragraphes, en plus (on va les respecter, tes couleurs !) … vous aurez donc la première partie de sa « dissertation » ce soir … et la seconde … dans quatre jours, juste au moment où nos chemins vont – provisoirement – se séparer !]

 "Sometimes, it’s so difficult to comment on a person, because you think that words can’t satisfy your feelings and are not enough to describe. Benoît ! you are the most “crazy” person I have ever met. I respect you so much, because you have a real aim in your life, and it is not only on paper but you are practicing it. So you really inspire me, I have learnt so much from you during your short visit; but be sure that your great personality left a great trace on me. Thank you so much. As a man of “humanity”, you have a sacred mission, and I hope you will be followed by others sharing same visions for the world and the people of every age and nation and status. As we talked, people is like a book, and by every new person you can read a new book, a colorful world and meaningful lifes. I hope you and your travels also will be “read” througly and people can understand the importance of your great vision (1/2 …) (Tansu)

(Parfois, il est extrêmement difficile de commenter une personne, parce que vous pensez que les mots ne peuvent pas satisfaire vos sentiments et ne sont pas suffisants pour bien la décrire. Benoît ! tu es le personnage le plus « fou » que j'ai jamais rencontré. Je te respecte tellement, parce que tu as un vrai but dans ta vie et cela pas seulement sur le papier, mais tu le mets en pratique. Ainsi tu m’inspires vraiment, j'ai tellement appris de toi durant ta courte e visite; mais sois sûr que ta super personnalité a laissé une grande trace en moi. Merci tellement ! Tel un homme "d'humanité", tu as une mission sacrée et j'espère que tu seras suivi par d'autres partageant les mêmes visions pour le monde et les gens de tous les âges, de toutes les nations et de tous les statuts. Comme nous en avons parlé, chaque être humain ressemble à un livre, et en chaque nouvelle personne vous pouvez lire un nouveau livre, une partie vivante et pleine de signification de notre monde plein de couleurs. J'espère que toi et tes voyages, vous serez aussi "lus" en vérité et que tous les gens que vous allez rencontrer pourront comprendre l'importance de ta super vision (1/2 …))

mercredi 14 septembre 2011

Jour J + 130 : Journée de repos (RTT) à Ankara

Pensée Spirituelle
"Le comble de l’inattention : se perdre dans la foule et aller à la police donner son signalement."
(Alphonse ALLAIS)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Lorsque vient le secours de Dieu ainsi que la victoire, et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion de Dieu, alors, par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c'est Lui le grand Accueillant au repentir."
(Sourate 110 [Les secours], les 3 Versets)


La foule … lorsqu’on circule dans une ville-capitale, telle Ankara, et même si avec 5 millions d’habitants elle n’est qu’une « petite bourgade » comparée à la mégapole d’Istanbul, force est de constater une fois de plus qu’on se demande bien … par quelle drôle d’idée on a songé à passer ici une journée de repos ! Déjà « l’alerte » était lancée hier sur le périphérique et les grandes avenues … La raison, elle est simple, le repos du guerrier, ça n’a jamais été interdit, l’autorisation de prise de RTT par madame la DRH, elle est presque acquise (je sens que je vais encore avoir des problème avec Bribri la hiérarchique !), et puis Ankara, il ne faut pas la louper : son animation, sa clarté, sa verdure et ses parcs, ses artères commerçantes animées, ses musées instructifs, ses vieux quartiers typiques et … la gentillesse de sa population, foule peu tumultueuse mais toujours à l’écoute ! Bien-sûr on peut tout faire à pied, mais que de distances et de piétinements … Alors je me lance et me décide, assisté des transports en commun, à visiter le château perché sur sa colline, le musée anatolien (intéressant), quelques mosquées, les bazars, les rues animées de la ville. Et finalement c’est bien plus fatigant, parmi cette foule, que de marcher sur les routes (bien fait pour toi, Ben, jamais satisfait direz-vous !) … et donc pour y parvenir, je me décide à prendre les bus, autres lieux de rencontres, autres lieux de foule. Et c’est là que je retrouve Ozan.

Jour J + 130 : Amédée


Mais pourquoi donc les gens ils cherchent inévitablement à venir s’entasser dans les villes, alors que la campagne est si jolie et que leur mode de vie va être complètement bouleversé ? Moi, j’ose à peine ici vous rappeler que je suis un nain de jardin, et qu’un jardin en ville, il est souvent public … Alors c’est sympa, dans un jardin public, on peut rencontrer du monde ! Mais un seul petit souci pour moi, on peut me voler (il paraît même qu’il y a des spécialistes, et même une association, qui doit vouloir du mal à la nôtre, celle pour la paix et le dialogue interreligieux. Alors, moi, j’en prends mon parti parce que maintenant je sais me défendre, car je m’entraîne dorénavant : à moi les haltères, je suis Amédée-l’incorruptible, et même que grâce à moi, Ben, on ne va pas me le voler non plus ! mais allez, il ne faut pas généraliser, il y a des gens drôlement sympas ici (il n’y a que cela d’ailleurs), qui eux, ne cherchent qu’à nous aider. Et c’est bien le cas de notre jeune étudiant qui devait repartir vers son université et ses études, mais qui a pris le temps de s’intéresser à notre projet et nous a guidé dans cette ville tentaculaire : merci Ozan !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ozan  d'  Ankara 

Ozan, il s’assied à côté de moi dans le bus qui traverse la ville-capitale. Et tout de suite jaillit le « Where are you come from ? », inévitable entrée en matière ! Lui, il vient de l’autre bout du pays, de Canakkale, lieu mémorable de conflits entre les deux parties (d’un côté l’Allemagne et l’empire ottoman, de l’autre les alliés – donc ceux qui ont eu pour ancêtres les gaulois, vous voyez de qui je veux parler ? – Ces derniers ayant pris alors une vraie piquette, na !) au début de la première guerre mondiale, combat naval et terrestre de part et d’autre du Bosphore de Canakkale … Il fait ses études de journalisme, à l’université d’Eskişehir, à l’Ouest du pays (il songe même à Erasmus, pourquoi pas en Italie. Au moins, cela le fera voyager, voir du pays et de la foule), et vous-aussi, cela vous fait voyager, non ? On sent tout de suite qu’Ozan, il a le contact humain facile et l’envie de pratiquer l’anglais, normal pour un journaliste, me direz-vous ! … Son père est militaire à la retraite, lui me dit tout de go qu’il considère que la paix est le créneau-porteur. Alors comment voulez-vous que nous ne lions pas connaissance, dans ce fameux bus symbole du voyage … connaissance qui se prolonge ensuite ! :

"When I saw you at the bus station, I was amazed because generally, I don’t see tourists there ! I haven’t talk English for a four months. It is good for me. Nice to meet you and it’s honor to travel with you. Good luck ! One day, peace is come all over the world … thank you !" (Ozan)
(Quand je t’ai vu à la gare de bus, cela m’a amusé parce que généralement, je n’y vois pas de touristes ! Je n’avais pas parlé anglais depuis quatre mois. C’est une bonne chose pour moi aujourd’hui. C’est super de t’avoir rencontré et c’est un honneur de voyager avec toi. Bonne chance ! Un jour, la paix viendra tout sur le monde entier … merci !)
Bonjour à tous !
Voici ci dessous un email reçu par notre Ben
que j'ai décidé de mettre en 'Message' plutôt qu'en 'Commentaire'
 au vue du Sujet et de la question que vous vous posez tous :

Mais comment fait notre Ben National pour faire tous cela ?

Merci à Yves, notre si fidèle lecteur et Blogger pour sa réflexion.
à Laurent (ou Lolo) qui passe pas mal de temps à gérer le Blog de son frangin, mais qui aime 'tellement' ça.

 Vous aussi, continuer encore, toujours ou pour une fois à soutenir Benoît.

C'est grâce à vous, votre soutient (et bien sûr sa foi, sa motivation et son dynamisme) que tous les jours, mètres après mètres, kilomètres après kilomètres, il se rapproche de son but.
 Ecrivez lui, écrivez nous, continuez !!!!!!
Laurent

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Hello cybermarcheur Benoit ! je me demande toujours comment tu arrives à marcher toute la journée, trouver à manger, causer avec tes hôtes, dormir, etc. et puis en plus le temps de taper tes messages, ce qui suppose d'avoir accès à un cybercafé, non? Ou bien peut-être as-tu un portable qui fait cybercafé, c'est ça la combine?! Aussi, est-ce toi qui trouve les citations pour le blog, qui met les photos en ligne? Toute cette organisation me stupéfie! Bref, tu es un pélerin branché, peut-être te reconnaît-on de loin à la petite antenne qui sort de ton sac à dos ? !
Bonne route, en même temps il me tarde de te voir rentré pour causer de tout ça, et en même temps je me dis que quand tu seras de retour, je (nous) n'aurai (rons) plus de blog à découvrir jour après jour !!! Va pas trop vite !
Yves

le cybermarcheur
se donne pour une fois un droit de réponse ! :
 La vérité, c'est que j'ai acheté un ordi portable en route et que soit je trouve Internet (via Wi Fi) chez la personne qui m'héberge, soit je file le soir au cybercafé le plus proche, soit je m'arrête en route. Petit verre de thé alors toujours offert, et discussion inévitable !) ... J'avoue que ce blog me prend beaucoup de temps, et de même pour mon frère Laurent qui s'occupe de la mise en ligne : cela n'empiète pas trop sur mes rencontres ... et c'est tellement génial que tant de personnes se connectent, et que certains (pas assez mais est-ce de la timidité ?) apportent des commentaires !). Bon, je dois être rentré pour la mi-Novembre, je suis "dans les rails" et toute bonne chose a une fin, pour vous comme pour moi ! et alors, il ne me restera plus qu'à vous présenter ma petite fantaisie, et pour cela j'ai des idées et j'attends les vôtres :
 conférence, livre, ... ?
et là, pour ma part, je continuerai à cheminer par vos remarques, vos questions et vos gentillesses !
mille merci en tout cas à toi et à toutes et tous !
)

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Ben, le cybermarcheur

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