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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM

Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM
afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

Voici le 'Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM '

Les Colombes de la Paix !!!

jeudi 15 septembre 2011

Jour J + 131 : Ankara => Yaglipinar (38 kms - Total = 4325 kms)

Pensée Spirituelle
"Pendant l’âge d’or, les Dieux vêtus d’air marchaient parmi les hommes. Et maintenant ?"
(HESIODE)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Le jour où l'on soufflera dans la Trompe, vous viendrez par troupes, et le ciel sera ouvert et [présentera] des portes, et les montagnes seront mises en marche et deviendront un mirage."
(Sourate 78 [La Nouvelle], Versets 18 – 20)


En avant … maaaaaaaaaarche !!! Eh bien oui … quand on s’arrête, quand on savoure la halte de l’oasis ankarienne, même si dans cette dernière il n’y a pas de nappe d’eau ni de palmiers, et même s’il n’y a pas qu’une tente anatolienne de bédouin mais cinq millions d’âmes, et pas de chameau mais des véhicules producteurs de CO et de CO2, il faut bien repartir, il faut bien reprendre son bâton de pèlerin, et repartir vers le Sud, vers le grand Sud … Ce soir, pas de souci pour la méharée, j’ai une super adresse … Derrière moi et que je l’atteindrai par les moyens modernes ! Allez, en attendant les pieds dans les chaussettes de marche, le tout dans les chaussures de marche (increvables !), et le bonhomme repart ! Là j’ai de la chance, une bonne petite colline à escalader et me voilà quasiment hors la ville qui a eu la bonne idée de ne pas trop se développer de ce côté-là … Me voilà vite sorti, me voilà dans le désert, un peu comme Abraham, je quitte « mon » pays, en tout cas celui de la civilisation et de l’abondance … Et même avec la seule marche, ça va vite, cette transition … Bon j’oubliais de vous dire qu’il y a un sacré périphérique extérieur ici, et que jusque-là, je dois prendre mon mal en patience ! Mais alors après, quel bonheur, voilà déjà Gölbasi au bord de son petit lac dans lequel se reflètent les montagnes bien présentes (et qui contrairement à ce que dit le Coran – est-il « parole d’Evangile » ? –), n’ont pas l’air de beaucoup bouger !), Heureusement que je n’ai pas besoin de les escalader, elles sont si abruptes et si rocailleuses, bon pas tellement les Alpes ni les Pyrénées, mais plutôt le Sinaï. Serait-ce déjà le but ? non il y a encore quelques kilomètres avant la Terre qui m’est peut-être Promise, et malgré tous vos encouragements, il va falloir en faire encore, des pas … Mais la marche, il n’y a que cela de vrai … et puis, un autre gros avantage, y’a pas besoin de Viamichelin ou autre web-site pour l’itinéraire. Vous prenez une simple carte routière ou d’état-major, vous calculez la distance, vous divisez par 4, ou 4,5 ou 5 (votre célérité) ou même plus … et vous savez exactement à quelle heure vous allez arriver au but. Pas de mauvaises surprises, pas de soucis de bouchons ou de ralentissements, pas de problèmes de pompe à essence ou de péages d’autoroutes, pas d’accidents et en tout cas pas de constats à l’amiable à remplir, donc pas de biz-biz avec votre compagnie d’assurance préférée. En un mot vous êtes libres comme l’air, enfin, vous ne volez pas encore, ce sera peut-être pour une prochaine vie quand vous vous réincarnerez … En attendant, un pas devant l’autre, à vous la liberté, associée à l’égalité et à la fraternité … Et quand vous avez envie d’un petit chaï (un thé, bien-sûr), il suffit, souvenez-vous, de vous asseoir là où vous savez, sur le tabouret rafistolé … Et là, ouf, ça va mieux, vous allez répondre tant bien que mal à la question « where are you come from ? » – ça marche aussi, par ici. Alors vous pourrez repartir car la route devient beaucoup moins large et beaucoup moins fréquentée, de temps en temps ce sera aussi cent fois le même scénario : « on » ralentit, de temps en temps « on » klaxonne, alors vous n’oubliez surtout pas de lever le bras et d’agiter votre bâton – de marche – et vous souriez, ainsi vous dépensez peu de calories, vous pensez – un peu, beaucoup, passionnément – à ce que vous aimez et qui sont restés au pays avec leurs soucis, et alors vous vous dites que « c’est beau, la vie ! » … Et puis, si la végétation a curieusement disparu, au moins il y a ce soleil, sensiblement moins intense à mesure que l’automne approche « à grands pas » (tien, lui-aussi, il marche ?), et même s’il fait toujours aussi chaud, même si vous ressemblez à un glaçon qui perd son volume naturel, ne rêvant peut-être que de trouver un congélateur sur le bord de la route, vous progressez, sans trop vous poser de questions … Allez, pour aujourd’hui, se profile comme par enchantement le but de l’étape : Yaglipinar ! Si vous avez mal lu le panneau d’entrée de village parce que vos lunettes ont maintenant rejoint le fond de votre sac à dos, vous lisez « Yagli-panars » et vous pensez que vous allez les reposer, vos petits petons, même pas fatigués par cette marche de reprise … Ou bien alors vous lisez « Yagli-pinard », et alors vous vous faites le film suivant de trouver un bon verre de gros rouge qui tâche au café du coin, et cela va vous colorer vos joues déjà bien rosies par cette marche au grand air (mais non, vous n’en trouverez pas, vous vous en doutez, c’est un café : on vous servira seulement un verre de chaï) … Et là, vous faites un triple affront (jamais deux sans trois !) à la population locale qui ne pensait en vous voyant arriver qu’à vous accueillir à la fin de cette journée de marche :

- d’une part vous leur faites faux bond car d’abord vous ne restez pas,

- ensuite vous allez retourner … sur vos pas !

- mais pire encore, vous ne le ferez pas par la marche, mais en montant dans un bus local qui vous ramènera à Ankara,

où vous attend un nouvel ami, découvert par Internet et que vous n’avez même pas encore rencontré, mais avec lequel vous allez sympathiser et même créer un vrai lien d’amitié … Et là, de retour dans Ankara, vous allez pouvoir commencer en cette fin d’après-midi à visité le mausolée d’Atatürk (on y reviendra), une ou deux mosquées, les boulevards branchés de la ville, prendre un coup de raki (prononcer « raké ») avec de nouveaux amis, et évoquer ensemble et pèle-mèle des sujets sérieux ou futiles … Bon, vous m’avez suivi dans mes pérégrinations un peu tordues sur cette journée? Alors super, c’est qu’entre moi et vous … « ça marche !!!

Jour J + 131 : Amédée


Je ne vous parlerai pas des gens de la route, peut-être aussi ceux du voyage … J’étais au fond du sac, avec un petit souci de fracture … du panard gauche (rassurez-vous, une bonne atèle et c’est reparti, d’ici quelques jours, je pourrai … marcher à nouveau !), je revois le jour en arrivant chez Tansu ! Ouah, un super appartement, super clean et super bien rangé ! « on » va même s’aventurer un peu partout chez lui, sa cuisine est géniale et « on » va pouvoir se remettre de « notre » marche ! Ben, il va vous le présenter, le Tansu, mais « on » va pouvoir vous dire que si « on » n’avait justement pas marché, « on » n’aurait pas cherché à être logé, et « on » ne l’aurait pas trouvé Tansu ! Allez, pour fêter notre rencontre, on » va s’enfiler un p’tit raki, mais pour commencer par nous rafraîchir, et sans se presser, « on » va se presser une bonne petite orange, une bonne orange pressée, orange comme notre frimousse au soleil. Oui, « on » prend le rythme d’ici, allez faut pas se presser, « on » va doucement la presser notre orange, et puis « on » va trinquer à l’amitié, sur le balcon dominant un jardin plein de verdure : merci Tansu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Tansu  d'  Ankara 

Vous trouvez pas qu’Amédée, il commence à se prendre pour le roi soleil, avec ses « on » à répétitions ? Pas grave, à la prochaine averse (au fait, c’est pour quand ?), il aura les idées un peu plus claires et rafraîchies (d’ailleurs, il n’a peut-être pas mis assez d’eau dans son raké !) Mais il a bien raison, Tansu, ce ne sera pas notre pilier de bar, mais ce sera un des piliers fondamentaux de notre religion actuelle, celle de la rencontre, au pays de l’Islam !!! Tansu, il est jeune lui-aussi, la moitié de mon âge ! il travaille depuis trois ans, après des études liées à la vie américaine ...  mais il pousuit des études d’histoire (ah, cette thèse sur la Turquie au tournant du 20ème siècle, elle va avancer !) … Il sévit dans l’édition, il traduit des guides de voyage de luxe (New York, la France, Moscou, Madrid, …) d’anglais en turc ! et cela il le fait depuis son bureau, super aéré pas loin de chez lui, à deux pas de l’ambassade de France ! Mais le gag, c’est que Tansu, il n’a jamais encore franchi les frontières de son pays natal (il est originaire d’Ünye, sur les rives de la Mer Noire), dont il est incollable … Tout comme il est incollable sur plein d’autres contrées … dont notre hexagone. Allez, je vous donne un exemple au hasard : ce soir, pour mon arrivée, sa sœur (étudiante, elle aussi sur Ankara), elle nous a préparé … des lentilles !!! Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, non ? eh bien Tansu, il est capable de me dire tout de go : « les lentilles, n’est-ce-pas la spécialité du Puy-en-Velay ? laquelle ville n’est-elle pas le point du chemin jacquaire vers Santiago de Compostela ? » ! : Bon, vous qui avez voyagé, vous savez quelle est la ville dont la spécialité est le loukoum ? (non ? moi non plus, d’ailleurs !) Et tout sera comme ça, simplicité, gentillesse, service et discussions … Nous arpentons la ville le soir, un peu plus de marche, comme si cela était nécessaire – à l’Ankara misérable autour du château et à l’Ankara pauvre mais animée alentours, voilà que se succèdent maintenant à mes yeux l’Ankara luxueuse des quartiers des ambassades et l’Ankara branchée de la jeunesse du centre-ville … Tansu, peut-être déformation professionnelle oblige, c’est un vrai guide touristique de sa ville (il habite un super quartier sympa et son balcon domine un jardin : là voilà donc, l’oasis tant attendue !), mais c’est aussi un guide-puits de science et de connaissance de son pays, de ses dirigeants, de « sa religion », de ses artistes en tout genre … Enfin et surtout, je n’ai pas rencontré la Samaritaine (non, pas le grand magasin ! vous savez, celle au bord du puits sur le chemin de Jésus), mais Tansu, c’est « le » guide vers le puits de la rencontre, celui qui étanche la soif et procure la joie … En tout cas, Amédée et moi, on espère bien, Tansu, que ton projet de voyage vers l’Europe occidentale l’année prochaine avec des amis, il va se concrétiser et que les barrières (celle des « seulement deux semaines de congés par an », celle du visa indispensable, celle des fonds monétaires qu’il va falloir rassembler), elles vont tomber et que tu vas pouvoir te mettre … en marche, d’abord parce qu’ « on » a bien envie de te revoir et de t’avoir en Normandie, ensuite parce que c’est « trop » le comble » de travailler sur des guides de voyages depuis le fauteuil de son bureau, vous trouvez pas, non ? Et puis Tansu, vous voulez bien aussi l’accueillir en ami ? alors « ça marche !...

[Je vous préviens tout de suite, Tansu, il a exagéré, il a poussé le bouchon (de raké ? de vin turc dégusté ensemble ?). Comment ils vont bien pouvoir faire, les hôtes suivants les jours prochains ? Tansu, il a écrit pas moins de quatre pages dans mon carnet de bord, et avec des couleurs différentes selon les paragraphes, en plus (on va les respecter, tes couleurs !) … vous aurez donc la première partie de sa « dissertation » ce soir … et la seconde … dans quatre jours, juste au moment où nos chemins vont – provisoirement – se séparer !]

 "Sometimes, it’s so difficult to comment on a person, because you think that words can’t satisfy your feelings and are not enough to describe. Benoît ! you are the most “crazy” person I have ever met. I respect you so much, because you have a real aim in your life, and it is not only on paper but you are practicing it. So you really inspire me, I have learnt so much from you during your short visit; but be sure that your great personality left a great trace on me. Thank you so much. As a man of “humanity”, you have a sacred mission, and I hope you will be followed by others sharing same visions for the world and the people of every age and nation and status. As we talked, people is like a book, and by every new person you can read a new book, a colorful world and meaningful lifes. I hope you and your travels also will be “read” througly and people can understand the importance of your great vision (1/2 …) (Tansu)

(Parfois, il est extrêmement difficile de commenter une personne, parce que vous pensez que les mots ne peuvent pas satisfaire vos sentiments et ne sont pas suffisants pour bien la décrire. Benoît ! tu es le personnage le plus « fou » que j'ai jamais rencontré. Je te respecte tellement, parce que tu as un vrai but dans ta vie et cela pas seulement sur le papier, mais tu le mets en pratique. Ainsi tu m’inspires vraiment, j'ai tellement appris de toi durant ta courte e visite; mais sois sûr que ta super personnalité a laissé une grande trace en moi. Merci tellement ! Tel un homme "d'humanité", tu as une mission sacrée et j'espère que tu seras suivi par d'autres partageant les mêmes visions pour le monde et les gens de tous les âges, de toutes les nations et de tous les statuts. Comme nous en avons parlé, chaque être humain ressemble à un livre, et en chaque nouvelle personne vous pouvez lire un nouveau livre, une partie vivante et pleine de signification de notre monde plein de couleurs. J'espère que toi et tes voyages, vous serez aussi "lus" en vérité et que tous les gens que vous allez rencontrer pourront comprendre l'importance de ta super vision (1/2 …))

mercredi 14 septembre 2011

Jour J + 130 : Journée de repos (RTT) à Ankara

Pensée Spirituelle
"Le comble de l’inattention : se perdre dans la foule et aller à la police donner son signalement."
(Alphonse ALLAIS)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Lorsque vient le secours de Dieu ainsi que la victoire, et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion de Dieu, alors, par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c'est Lui le grand Accueillant au repentir."
(Sourate 110 [Les secours], les 3 Versets)


La foule … lorsqu’on circule dans une ville-capitale, telle Ankara, et même si avec 5 millions d’habitants elle n’est qu’une « petite bourgade » comparée à la mégapole d’Istanbul, force est de constater une fois de plus qu’on se demande bien … par quelle drôle d’idée on a songé à passer ici une journée de repos ! Déjà « l’alerte » était lancée hier sur le périphérique et les grandes avenues … La raison, elle est simple, le repos du guerrier, ça n’a jamais été interdit, l’autorisation de prise de RTT par madame la DRH, elle est presque acquise (je sens que je vais encore avoir des problème avec Bribri la hiérarchique !), et puis Ankara, il ne faut pas la louper : son animation, sa clarté, sa verdure et ses parcs, ses artères commerçantes animées, ses musées instructifs, ses vieux quartiers typiques et … la gentillesse de sa population, foule peu tumultueuse mais toujours à l’écoute ! Bien-sûr on peut tout faire à pied, mais que de distances et de piétinements … Alors je me lance et me décide, assisté des transports en commun, à visiter le château perché sur sa colline, le musée anatolien (intéressant), quelques mosquées, les bazars, les rues animées de la ville. Et finalement c’est bien plus fatigant, parmi cette foule, que de marcher sur les routes (bien fait pour toi, Ben, jamais satisfait direz-vous !) … et donc pour y parvenir, je me décide à prendre les bus, autres lieux de rencontres, autres lieux de foule. Et c’est là que je retrouve Ozan.

Jour J + 130 : Amédée


Mais pourquoi donc les gens ils cherchent inévitablement à venir s’entasser dans les villes, alors que la campagne est si jolie et que leur mode de vie va être complètement bouleversé ? Moi, j’ose à peine ici vous rappeler que je suis un nain de jardin, et qu’un jardin en ville, il est souvent public … Alors c’est sympa, dans un jardin public, on peut rencontrer du monde ! Mais un seul petit souci pour moi, on peut me voler (il paraît même qu’il y a des spécialistes, et même une association, qui doit vouloir du mal à la nôtre, celle pour la paix et le dialogue interreligieux. Alors, moi, j’en prends mon parti parce que maintenant je sais me défendre, car je m’entraîne dorénavant : à moi les haltères, je suis Amédée-l’incorruptible, et même que grâce à moi, Ben, on ne va pas me le voler non plus ! mais allez, il ne faut pas généraliser, il y a des gens drôlement sympas ici (il n’y a que cela d’ailleurs), qui eux, ne cherchent qu’à nous aider. Et c’est bien le cas de notre jeune étudiant qui devait repartir vers son université et ses études, mais qui a pris le temps de s’intéresser à notre projet et nous a guidé dans cette ville tentaculaire : merci Ozan !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ozan  d'  Ankara 

Ozan, il s’assied à côté de moi dans le bus qui traverse la ville-capitale. Et tout de suite jaillit le « Where are you come from ? », inévitable entrée en matière ! Lui, il vient de l’autre bout du pays, de Canakkale, lieu mémorable de conflits entre les deux parties (d’un côté l’Allemagne et l’empire ottoman, de l’autre les alliés – donc ceux qui ont eu pour ancêtres les gaulois, vous voyez de qui je veux parler ? – Ces derniers ayant pris alors une vraie piquette, na !) au début de la première guerre mondiale, combat naval et terrestre de part et d’autre du Bosphore de Canakkale … Il fait ses études de journalisme, à l’université d’Eskişehir, à l’Ouest du pays (il songe même à Erasmus, pourquoi pas en Italie. Au moins, cela le fera voyager, voir du pays et de la foule), et vous-aussi, cela vous fait voyager, non ? On sent tout de suite qu’Ozan, il a le contact humain facile et l’envie de pratiquer l’anglais, normal pour un journaliste, me direz-vous ! … Son père est militaire à la retraite, lui me dit tout de go qu’il considère que la paix est le créneau-porteur. Alors comment voulez-vous que nous ne lions pas connaissance, dans ce fameux bus symbole du voyage … connaissance qui se prolonge ensuite ! :

"When I saw you at the bus station, I was amazed because generally, I don’t see tourists there ! I haven’t talk English for a four months. It is good for me. Nice to meet you and it’s honor to travel with you. Good luck ! One day, peace is come all over the world … thank you !" (Ozan)
(Quand je t’ai vu à la gare de bus, cela m’a amusé parce que généralement, je n’y vois pas de touristes ! Je n’avais pas parlé anglais depuis quatre mois. C’est une bonne chose pour moi aujourd’hui. C’est super de t’avoir rencontré et c’est un honneur de voyager avec toi. Bonne chance ! Un jour, la paix viendra tout sur le monde entier … merci !)
Bonjour à tous !
Voici ci dessous un email reçu par notre Ben
que j'ai décidé de mettre en 'Message' plutôt qu'en 'Commentaire'
 au vue du Sujet et de la question que vous vous posez tous :

Mais comment fait notre Ben National pour faire tous cela ?

Merci à Yves, notre si fidèle lecteur et Blogger pour sa réflexion.
à Laurent (ou Lolo) qui passe pas mal de temps à gérer le Blog de son frangin, mais qui aime 'tellement' ça.

 Vous aussi, continuer encore, toujours ou pour une fois à soutenir Benoît.

C'est grâce à vous, votre soutient (et bien sûr sa foi, sa motivation et son dynamisme) que tous les jours, mètres après mètres, kilomètres après kilomètres, il se rapproche de son but.
 Ecrivez lui, écrivez nous, continuez !!!!!!
Laurent

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Hello cybermarcheur Benoit ! je me demande toujours comment tu arrives à marcher toute la journée, trouver à manger, causer avec tes hôtes, dormir, etc. et puis en plus le temps de taper tes messages, ce qui suppose d'avoir accès à un cybercafé, non? Ou bien peut-être as-tu un portable qui fait cybercafé, c'est ça la combine?! Aussi, est-ce toi qui trouve les citations pour le blog, qui met les photos en ligne? Toute cette organisation me stupéfie! Bref, tu es un pélerin branché, peut-être te reconnaît-on de loin à la petite antenne qui sort de ton sac à dos ? !
Bonne route, en même temps il me tarde de te voir rentré pour causer de tout ça, et en même temps je me dis que quand tu seras de retour, je (nous) n'aurai (rons) plus de blog à découvrir jour après jour !!! Va pas trop vite !
Yves

le cybermarcheur
se donne pour une fois un droit de réponse ! :
 La vérité, c'est que j'ai acheté un ordi portable en route et que soit je trouve Internet (via Wi Fi) chez la personne qui m'héberge, soit je file le soir au cybercafé le plus proche, soit je m'arrête en route. Petit verre de thé alors toujours offert, et discussion inévitable !) ... J'avoue que ce blog me prend beaucoup de temps, et de même pour mon frère Laurent qui s'occupe de la mise en ligne : cela n'empiète pas trop sur mes rencontres ... et c'est tellement génial que tant de personnes se connectent, et que certains (pas assez mais est-ce de la timidité ?) apportent des commentaires !). Bon, je dois être rentré pour la mi-Novembre, je suis "dans les rails" et toute bonne chose a une fin, pour vous comme pour moi ! et alors, il ne me restera plus qu'à vous présenter ma petite fantaisie, et pour cela j'ai des idées et j'attends les vôtres :
 conférence, livre, ... ?
et là, pour ma part, je continuerai à cheminer par vos remarques, vos questions et vos gentillesses !
mille merci en tout cas à toi et à toutes et tous !
)

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Ben, le cybermarcheur

mardi 13 septembre 2011

Jour J + 129 : Memlik => Ankara (25 kms - Total = 4287 kms)

Pensée Spirituelle
"Les voyages forment la jeunesse, a dit un sage, mais regrette, je ne sais quel observateur, ils déforment les chapeaux et les chaussures."
(Alphonse ALLAIS)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur ; et Nous leurs avons accordé les plus grands moyens de se diriger [dans la bonne voie]."
(Sourate 18 [La caverne], Verset 13)


Une si petite étape ! et c’était programmé ainsi. L’arrivée dans les grandes villes turques est tellement surprenante, tant le changement radical se fait brutalement entre la steppe campagnarde et la ruche citadine … Car c’est réellement brutal ici : la frontière entre ce qui est resté à l’état naturel et ce qui est construit se fait soudainement, marqué par des tours de parfois vingt étages qui émergent en plein champ, semblant sortir de terre en une nuit tels des champignons ! A croire que dorénavant, les turcs veulent prendre de la hauteur ! pas grand-chose à vous dire aujourd’hui, des trottoirs, des trottoirs, des trottoirs … du bruit, du bruit, du bruit … des odeurs, des odeurs, des odeurs … Et quand j’arrive sur le périphérique et les grandes avenues, force est de constater que le centre de la capitale n’est pas loin. Allez, un peu de patience, surtout que c’est pour déguster un peu de repos (mérité ? pas mérité ?), et rencontrer … la jeunesse, même pas la moitié de mon âge … canonique !

Jour J + 129 : Amédée


Ce soir, cela va être le grand luxe : On va être logé dans le salon d’Erdost ! Et vous savez pas, eh bien, il ne l’a pas payé ce salon, Erdost. Doué comme il est, il l’a gagné entièrement à une émission de télévision turque. La décoration et l’ameublement ! et tendance en plus ! bon, c’est vrai que le reste de l’appartement n’a pas un look aussi jeune, mais nous on y est bien, et surtout cela change de la décoration rencontrée les jours derniers ! Et c’est bien le reflet de notre hôte : moderne, coloré, sympa, jeune. Et c’est aussi ce que va nous faire ressentir Erdost en nous baladant dans la ville-capitale, à la recherche du repas-étudiant à la fois le moins onéreux et le plus typiquement parfumé, des boulevards débordants de jeunesse, d’une pâtisserie à goûter les spécialités locales. Y’a pas à dire, même si toi, Erdost, tu trouves que Ben, il fait pas son âge (et moi aussi, Amédée le Béage, je l’espère !), eh bien toi, t’es sacrément adulte et actif : merci Erdost !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Erdost  d'  Ankara 

Erdost, il m’a répondu OK sur Couchsurfing ! il n’a pas peur. Du haut de ses 20 ans, étudiant colocataire à Ankara, il a accepté d'un coup de baguette magique d’héberger un (ou deux ?) vieux grincheux ! Eh bien, comme il dit, l’âge des artères (facile pour lui, il est étudiant en médecine), ça ne compte pas, tout est dans la tête ! Ses parents et sa famille habitent sur la côte méditerranéenne, au Sud du pays, et le voilà un peu exilé, dans cette grande ville … Mais il y a fait son trou, et … il y a trouvé une copine super sympa ! Et voilà qu’il me déroule le tapis rouge, rouge comme les murs de son si beau et si original salon, rouge comme la soupe et la sauce servies au p’tit troquet du coin, rouge comme les rues animées du centre-ville, rouge comme nos joues après une superbe ballade by night ! et il en redemande encore, Erdost. Il regrette même que je parte si vite, que je ne visite pas plus à fond la ville avec lui, mais comme il me dit, ce sera pour la prochaine fois ! En tout cas, cela n’a pas empêché nos discussions d’aller loin. Toujours la paix, le problème des religions présentes dans le pays mais quelque peu imposées, les tensions, mais aussi les espérances ! Allez, je te laisse poursuivre ta jeunesse, Erdost, ta seconde année de médecine (tu feras un très bon toubib, j’en suis sûr, avec des diagnostics précis comme ta pensée), mais aussi tes engagements. Parmi eux, déjà si jeune, tu mets sur pied un programme pour aider les étudiants sourds-muets qui n’ont « statutairement » pas accès à l’université dans ce si beau pays. Et rien que pour ce petit détail – si détail il en est –, Erdost, on ne peut que t’encourager … et te féliciter ! T’es vraiment un jeune dynamique ! C’est comme on s’est dit, il y a des jeunes-jeunes (ils muriront), il y a des vieux-vieux (ils ont fait leur temps), il y a aussi des vieux-jeunes (ils continuent à arpenter le monde on ne sait pour quelle cause – je ne vise personne –) mais il y a aussi des jeunes-vieux : et pour eux, c’est dommage, si tôt casés ! Mais c’est loin d’être ton cas … et c’est … sacrément tant mieux ! :

"Hi Benoît , firstly I want to say : you’re not 51 years old man ; you are younger than me because you have a great fire in your heart, a fire of peace. And I wish your trip will finish without any problem. And I wish you will visit again Ankara : I can show you lovely places for turkish cuisine. Thank you for all … I think I can’t meet after you a “crazy” man like you. Bonne voyage !" (Erdost)
(Hi Benoît ! pour commencer, je veux dire: tu n’es pas un homme âgé de 51 ans ; tu es plus jeune que moi parce que tu as un grand feu dans ton cœur, un feu de paix. Et j’espère bien que ton voyage va se terminer sans aucun problème. Et je souhaite que tu reviennes à nouveau à Ankara : je peux te montrer de très jolis endroits qui servent de la cuisine turque. Merci à toi pour tout … je pense que je ne rencontrerai pas après toi un homme « fou » comme toi. Bon voyage !)

lundi 12 septembre 2011

Jour J + 128 : Ügurlu => Memlik (42 kms - Total = 4262 kms)

Pensée Spirituelle
"N’importe qui peut tracer une voie vers le bonheur. Des millions d’individus le font chaque jour ! mais rares sont ceux qui trouvent ce qu’ils cherchent : ce sont ces voyageurs qui ont refusé de désespérer quand ils ont perdu leur chemin."
(Guy FINLEY)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur [Muhammad], de la Mosquée Al-Haram à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni l'alentours, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles. C'est Lui, vraiment, qui est l'Audient, le Clairvoyant."
(Sourate 17 [Le voyage nocturne], Verset 1)
 

« Les voyages forment la jeunesse ! » est-il souvent dit ! alors que vivent les voyages … et les voyageurs ! On en voit pas mal, des voyageurs, en Turquie, et bien sûr si à Istanbul, Izmir ou Antalya on en trouve de tous les âges (et même d’un certain âge), des touristes, sur mon chemin, ce sont plutôt les étudiant(e)s qui abondent … Enfin, quand je dis « abondent », c’est plutôt aux étapes, car sur la route, toujours qu’un seul fada : MOI ! Maintenant la direction est plein Sud, vers la capitale du pays, Ankara … Et cela se sent, car les paysages semblent moins arides, les constructions plus proches les unes des autres, ce n’est pas forcément toujours joli, car force est de constater que la Turquie qui s’achemine vers une réelle modernité transforme la nature à grands coups de serpe (espérons seulement que le résultat, dans quelques années quand tout sera – un peu plus – stabilisé, sera esthétique !). Du même coup, je quitte aussi l’accueil rural, montagnard, tout devient plus superficiel, rapide, plus tourbillonnaire, un véritable mélange des genres … Mais qui peut s’y retrouver, dans ce chantier dantesque, causé par et causant tout à la fois une émigration vers les périphéries tentaculaires des grandes cités, selon un exode rural conforme à tout ce qui se passe dans tous ces pays qui ne sont pas encore « industrialisés » mais qui ne sont déjà plus « en voie de développement (pour employer des « gros mots ») … Eh bien, les voyageurs, eux au moins s’y retrouvent très bien, habitués qu’ils sont par leur recherche de la nouveauté, du changement et de l’inattendu … Et finalement, je m’aperçois que de plus en plus (et sans négliger pour autant les autochtones et leurs bons côtés bien d’ici …) je noue des contacts avec ces « aliens » semblant parfois débarquer d’une autre planète. Car ils font eux-aussi partie de la population locale ! Et bien sûr je m’associe à eux, j’en suis un moi-même, un « alien », peut-être plus fondu dans le paysage, vu ma lenteur d’escargot très « couleur locale » … Ainsi ce cher Jacob, très tourné vers l’Afrique de par ses études et son intérêt, mais qui arpente quelques jours la Turquie, voulant tout voir, l’Ouest puis le Sud puis le Nord en passant pourquoi pas par l’Est, ressemblant du coup plus à un lièvre-voyageur … Et voilà, vous l’avez compris, telle la fable de La Fontaine, le lièvre et la tortue se sont retrouvés sur le chemin, étant peut-être faits pour comparer leur célérité (quoi que, comme dans l’épilogue fabulatrice et fabuleuse, il faille souvent parier sur les outsiders, et c’est tant mieux !) mais aussi pour passer un bon moment (et même un moment bon) ensemble. Car finalement, n’est-ce pas cela qui est génial, dans les voyages, le fait de « franchir la porte » pour se frotter à l’inconnu et pour se rencontrer … Allez, que vivent les voyages et … les voyageurs ! et en avant la musique !

Jour J + 128 : Amédée


Oui, en avant la musique, les enfants, pour nous rencontrer, rien de tel qu’un p’tit accord, donnons-nous le « la » du départ et de la poursuite du voyage ! Pas besoin de mettre des cordes à un quelconque arc en vue de se tirer dessus, grattons plutôt les cordes de la guitare, pour harmoniser la rencontre et entonnons un air pour prendre la route ensemble ! Ah, la musique, moi, je l’aime bien, et même que dans un jardin public, on m’a laissé en jouer quelques airs. Quel succès j’ai eu ! en tout cas, notre copain du jour, Jacob, je ne sais pas s’il joue ou non de la musique, mais on s’est drôlement bien entendus ! merci Jacob !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Jacob  de  Memlik 

Jacob, il est allemand, et même bavarois comme il dit ! Mais ses études, il les fait à Bâle, en Suisse, devinez en quoi ? en « études africaines » : politique, éthique, civilisation, pi tout pi tout ! Alors bien-sûr, il adore l’Afrique (surtout sa spécialité : la zone sub-saharienne de l’Ouest, où il est allé plusieurs fois, dont au Ghana, où il a été professeur un an !). Donc, à seulement 25 ans, Jacob, c’est déjà un grand voyageur devant l’Eternel, et là, comme il avait deux petites semaines, il s’est dit qu’il allait arpenter … la Turquie. Avec son petit sac à dos (chapeau l’artiste, toi au moins tu sais ne pas t’encombrer !), il va de couchsurfing en couchsurfing, voulant tout rencontrer, tout voir. Un vrai voyageur des temps modernes ! alors quand on s’est rencontrés, on a eu plein de choses à échanger sur nos expériences et nos projets … Dont bien sûr sur son « dada » : l’Afrique où il m’a bien fait ressortir toute l’importance du bon usage des mots employés (ainsi, « langue » et non « dialecte » au sujet du Moré, au Burkina Faso …. ou bien l’importance de bien sérier la notion de « tribu » …). Car finalement, tout se vaut dans les déplacements, l’important n’est-il pas de … se déplacer, sans avoir la bougeotte, mais en tirant la « substantifique moelle » de tout ce qui se présente à l’ensemble de nos cinq sens !!! :

"Cher Benoît ! j’essaye en français. C’est seulement qualques temps que nous avons passé sur la maison de Yalçin : le host le plus gentil possible. Je croix que ça pourrait été la jour mieux de mon vacances en Turkqé. J’ai le grand respect de ta réalisation de faire la grande marche : bravo ! C’est quelque chose l’homme rêve de et tu fais ça ! Un jour je veux avoir un batêau pour voyager en la Donau de Bavarie jusqu’à Istanbul. Si je reusit à realiser je vais penser à ton marche. C’était un grand plaisir de toi rencontre ; peut-être on va rencontrer encore, comme ci comme ça, koci koça. N’oublie pas d’être sceptic de les mot utiliser pour parler d’Afrique : bonne route vers la paix !" (Jacob)

dimanche 11 septembre 2011

Jour J + 127 : Korkmazlar => Ügurlu (41 kms - Total = 4220 kms)

Pensée Spirituelle
"Ma porte étroite, c’est l’appel du large et de l’autre"
(Sylvain TESSON)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le très Miséricordieux. La meilleure [fin] est pour ceux qui répondent à [l'appel] de leur Seigneur […] A ceux-là, la bonne demeure finale. Les jardins d'Eden, où ils entreront, ainsi que tous ceux de leurs ascendants, conjoints et descendants, qui ont été de bons croyants. De chaque porte, les Anges entreront auprès d'eux : « Paix sur vous, pour ce que vous avez enduré ! » - Comme est bonne votre demeure finale ! »"
(Sourate 13 [Le tonnerre], Versets 18a ; 22b – 24)


Une porte, d’après vous, elle est faite pour être ouverte ? ou fermée ? Si l’on évoquait la même question au sujet d’une fenêtre, la réponse serait probablement plus aisée à trouver : la fenêtre, s’il fait froid ou humide, on la ferme. Mais dès qu’il fait beau et que les oiseaux chantent, alors, immédiatement, on fait comme dans la chanson : « laisse entrer le soleil ! ». Le seul risque, oh peut-être quelques moustiques, un peu trop de bruit et de vent ! Oui, mais alors, pour une porte ! à quoi sert-elle donc. Bon si on n’est pas là, rien ne sert de tenter le diable, déguisé parfois sous son accoutrement de cambrioleur, tout gentleman qu’il puisse être ! Mais lorsque nous sommes présents, que l’âtre réchauffe notre intérieur et que la douce lumière écologique de la bougie éclaire notre intérieur d’une teinte chaleureuse, pourquoi donc fermons-nous immédiatement et systématiquement notre porte à clé ? Cette porte, est-elle franchissable dans un sens … mais pas dans l’autre ? et par qui ? « ouvrons tous ces verrous fermés », dit une autre chanson … Bien-sûr, l’étranger, le méchant, le râleur, l’opportun c’est toujours l’autre ! Mais l’autre serait-il lui-aussi en droit de se faire la même réflexion que nous ? Car finalement, c’est bien comme pour un auto-stoppeur qui nous sollicite, depuis son bord du chemin ? Il peut nous laisser l’impression de quelqu’un qui va nous attaquer ? Alors pourquoi donc lui-aussi n’aurait-il pas l’impression qu’il puisse être attaqué par l’automobiliste qui le prend en charge ? Vous l’avez compris, qu’un habitacle soit dynamique ou statique, il y a autant de danger à ce qu’un routard-pérégrin-sans domicile fixe-habitant du monde attaque de braves résidents, que vice-versa !!! Eh bien voilà, pour certains, cette question ne se pose pas. Ainsi, Yalçin, jeune retraité de soixante ans, qui vit seul depuis que son couple s’est ouvert comme les deux coques d’une noix, ses enfants – une institutrice et un journaliste – volant de leurs propres ailes sur Istanbul … Yalçin, il a été professeur de littérature turque dans un lycée d’Istanbul, et, le temps de la grande liberté étant venu, il s’est installé ici, dans sa petite maison sympa comme tout, au milieu d’autres toutes pareilles, sur le bord de la route ! Son ex-femme est sur Strasbourg, il s’y rend régulièrement, il a ses activités, mais il n’aime pas trop la foule … Et chez lui, sa porte est toujours ouverte à celui ou à celle qui passe, que ce soient deux voisines d’origine bosniaque qui viennent prendre le thé, un frère qui lui amène des kebabs … Ou des pérégrins qui passent par là ! Ce qui le motive aussi, Yalçin, c’est qu’il adore la langue française, alors, s’il peut progresser, s’il se présente un « professeur » quel que soit son statut, ce sera encore mieux ! Et tant pis si la maison est en cours de réparations (et elle en a quelque peu besoin), ce n’est pas cela qui arrêtera la bonne humeur et l’ambiance chaleureuse, et tant pis si Yalçin a envie de faire une petite sieste justement à l’heure du repas, car le pérégrin, il n’a qu’à se mettre au turbin et préparer le plat collectif ! Yalçin, il n’est vraiment pas compliqué, à croire qu’il ne dira jamais non !

Jour J + 127 : Amédée


Chez Yalçin, on s’est donc mis à la cuisine, oh, un plat tout simple, Yalçin, il appelle cela un couscous, pourquoi pas après tout, avec du riz ! Aors on a bossé un peu, malgré pas d’électricité ni d’eau pendant un moment, mais, ça a été apprécié, et puis on a tout fini !!! Pas de restes ! Et ça c’est de la confiance, non : la porte de la maison ouverte, la porte des placards ouverte, la porte du frigidaire ouverte, et en plus … On ne l’a pas empoisonné, notre hôte. Alors, toi qui va souvent en France, qui a déjà été sur les planches et au Casino de Deauville et qui voudrais bien y retourner, on t’accueillera comme toi seul tu sais le faire, merci Yalçin !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Yalçin  de  Ürgulu 

Au vu de sa photo, vous savez tout de lui. Il a ses idées, lui-aussi sur l’Etat comme sur les militaires, sur les religions musulmane comme chrétienne, sur le Coran comme sur les Evangiles, sur les pérégrins comme sur les travailleurs, sur les femmes comme sur les hommes, sur les chanteurs comme sur les écrivains … Mais il ne sèmera pas la zizanie, ça, jamais, au contraire. Il doit être le champion de l’arrondissement des angles … Et comme il sait recevoir, simplement mais avec des petits détails de service, un conseil. N’allez surtout pas le voir si vous êtes entre deux avions, entre deux trains ou entre deux bus, car ce qu’il y a de bien avec Yalçin, c’est qu’il sait prendre son temps … Tout comme il sait faire prendre son temps : qualité rare, non ? Et pour ne rien vous cacher, c’est un fin cuisinier, et fin débrouillard ! Allez, on va s’en aller sur la pointe des pieds, sinon, chez toi, Yalçin, on y est encore … dans six mois ! :

"Pour Benoît. Benoît est très sympathique et très bien sportif. Je lui merci. J’ai appris beaucoup chose de lui, chaque jours. Il aime ensigner, le marche, le nager. Je ne peux pas croire que il avais venir de France jusqu’à Ankara en marcher. Aujourd’hui, Benoît as fait un repas délicat. C’étais exactement très bien. Je l’ai mangé beaucoup. J’étais « Relas » (NDLR : « Ralas » : « cela suffit » en arabe !). De plus un, il se lève très tôt. Il me manquera." (Yalçin)

samedi 10 septembre 2011

Jour J + 126 : Yenicaga => Korkmazlar (39 kms - Total = 4179 kms)

Pensée Spirituelle
"On peut se demander aujourd’hui si Karl Marx ne s’est pas trompé et si ce ne serait pas plutôt l’opium qui serait devenu la religion du peuple"
(André FROSSARD)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Nous t'avons révélé : « Suis la religion d'Abraham qui était voué exclusivement à Dieu et n'était point du nombre des associateurs»."
(Sourate 16 [L’abeille], Verset 123)


Une si jolie petite mosquée, perdue au milieu de la campagne … Est-elle très fréquentée ? Probablement, certainement, en ce pays où l’Islam est omniprésent ! Oui, mais quid de la question de la la religion ? Ah, la religion ! dans un pays aussi étendu qu’est la Turquie, il est des signes d’uniformité, visibles à l’œil nu, alors que tant de différences géologiques, climatiques, ethniques, linguistiques même s’y découvrent … Mais comment aborder un sujet aussi sensible que celui de la religion islamique, ici, sans s’attirer les foudres de tous côtés ? Il est vrai que ce n’est pas tout-à-fait la seule religion répandue, quelques chrétiens de toutes les tendances possibles et imaginables, quelques juifs aussi, certainement d’autres religions et / ou courants de pensée aussi, notamment dans les villes … Qu’en est-il donc de la pratique religieuse ici, et qu’en est-il de la position des turcs par rapport à cette question ? Epineuse question, cela ne m’empêche pas de me jeter à l’eau ! il est vrai que depuis le 29 Mai 1453 – rappelez-vous, c’est comme si c’était hier, la prise de Constantinople par les forces ottomanes conduites par le sultan Mehmet II ... Pour les chrétiens un signe de perte suprématie … La séparation chronique entre les catholiques et les orthodoxes, mais aussi l’époque (mais bien avant pour les contrées à l’Est de la Corne d’Or) où les minarets ont vraiment commencé à pointer ici vers le ciel le bout de leur nez pointu ! à ceci, nous, nous n’avons rien à dire ! n’est-il pas vrai en effet qu’à de très rares exceptions, chacune des trente-six-milles communes de notre cher hexagone se définit aussi par la vision d’un clocher, moins élancé mais tout aussi tourné vers le Créateur ! Ca y est, en voilà une piste pour le dialogue interreligieux !!! Nous montrons tous du même doigt, tel une fusée, le même objectif pointé vers l’azur ! En tout cas, force nous est de constater que de nos jours, d’une manière analogue à certains d’entre nous chez nous vers une église et peut-être avec plus de conviction et de contraintes, nos amis musulmans (pas tous mais …) se rendent à la mosquée, surtout le vendredi midi pour la grande prière … Et le reste du temps ? eh bien, il apparaît que dans un pays qui se définit ici aussi comme laïc, mais avec une « laïcité à la turque », bien loin de notre foutue (excusez du terme au sujet duquel je me suis déjà exprimé) « laïcité à la française », les turcs semblent bien libres de pratiquer ou non, d’observer les règles ou non, et d’exprimer en public ou en privé leur position ! Et j’en ai rencontré des très pratiquants, je dirai des très « pro- » (au sens de « pour ») … mais j’en ai rencontré aussi des « tièdes » et même des très « anti- » … et ceux-là, ils n’ont peut-être pas tout-à-fait la même liberté de parole ou d’expressions … Le poids de la tradition, de la famille, du travail … Alors souvent ils se taisent, telles des petites souris ! Espérons qu’un jour, la Turquie, réputée comme étant « le » pays-phare » où la religion islamique est aussi répandue mais n’en fait pas une religion d’état, ne fasse pas non plus de celles et ceux qui en sont assez éloignés une … affaire d’état ! Espérons que nous n’entendrons pas toujours des femmes musulmanes dire qu’ « elles sont les plus belles parce que c’est marqué dans le Coran qu’elles sont belles et que celles des autres religions ne le sont pas » ! En tout cas, pour ma part, mes discussions sont toujours libres, intéressantes et intéressées des deux côtés sur ce sujet comme sur l’ensemble de nos rapports mutuels. On est bien ici dans un pays de tolérance ! Bien-sûr, en période de Ramazan, pas de bière aux terrasses, mais quelle importance, finalement ? L’important n’est-il pas pour tout pérégrin et même pour tout invité ou tout visiteur … de se mettre sur un plateau de la balance à la même hauteur – Pas plus haut (ce serait faire un complexe de supériorité qui fausserait tout de go les rapports) et pas plus bas (ce pourrait être tout aussi mesquin) que l’autre, présent sur l’autre plateau de la balance, notre ami(e) de ce si beau pays. Et ça, les turcs savent très bien le faire, se mettre à la portée, à la juste hauteur, avec leur sens légendaire et bien réel de l’hospitalité. Prenons quelques exemples, presque au hasard – tant ils sont nombreux – pour ce jour : XXX, il m’a accueilli parfaitement au terme de cette journée de marche indescriptible tellement tout arrive à se répéter sans se repérer au bout de tant de jours de pérégrination ! … De même, aux terrasses des cafés, mêmes accueils, mêmes sourires, même gentillesse, même intérêt pour moi (et le jeu de backgammon apporte lui-aussi toujours sa cerise sur le gâteau, surtout que là, je ne laisse pas l’autre toujours gagner !) ! … Et enfin pour cette belle journée, à l’invitation spontanée reçue à la fête du mariage – musulman d’un ami de Vahit ! (car ici, il y a bien deux types de mariage, m’a expliqué Vahit : les mariages musulmans avec passage devant l’Imam mais sans alcool pour la fête, et les autres sans passage devant l’Imam mais avec alcool pour la fête, on ne peut tout avoir, soit l’un soit l’autre. A vous de choisir donc selon votre sens des valeurs et l’importance que vous y attachez respectivement …). Là donc au mariage, avec ma tenue vestimentaire quelque peu « hors normes » mais finalement sans aucune influence, bien au contraire. J’ai été l’ « invité-surprise », pas le roi mais pas non plus le laissé pour compte, celui que l’on n’attendait certainement pas mais qui avait semble-t-il sa place déjà préparée, celui du bord du chemin, soigné et considéré « aux petits oignons » !

Allez, une « morale » pour cette histoire : faites comme moi, laissez l’autre aborder le sujet, ou aiguillonnez-le si nécessaire … Et puis, visitez les mosquées, quelle que soit votre position par rapport à la religion, tout comme nos amis musulmans peuvent rentrer dans nos églises. Leur seule demande est de vous déchausser … Tout comme ils vous demanderont certainement de le faire en pénétrant sous leur toit. Et ça, c’est peut-être du domaine de la tradition, mais en tout cas, c’est les respecter (et puis, à vous dire, c’est drôlement confortable, je me demande d’ailleurs si ne suggérerai pas à mes hôtes d’en faire autant dans ma modeste demeure !) !

Jour J + 126 : Amédée


Ben voilà, on a le même Père Abraham, vous dirait Ben, alors est-ce parce qu’on est de la même famille que tout se passe ainsi, si chaleureusement ? Le revers, car revers il y a dans cet accueil par-delà les religions … c’est qu’il y a un risque « risqué » de devoir déclencher une certaine incompréhension et même une certaine déception de la part de notre interlocuteur de nous voir partir si vite … En tout cas, les cadeaux reçus dans les mosquées mais aussi un peu partout, notamment ceux à connotation religieuse, Ben il les accumule, selon non pas une recherche d’endoctrinement mais d’amitié profonde. Du coup, le sac, il s’alourdit anormalement (mais qu’y faire ?) avec cette collection de chapelets musulmans. Et Ben, il sera certainement encore plus considéré comme « original » en rentrant (mais ça, il le sait !) … Moins matériel, l’accueil de Vahit, il a été superbe : merci Vahit

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Vahit  de  Korkmazlar 

Vahit, mon hôte de ce jour, Je le(la) rencontre une fois de plus via les nouvelles technologies. C’est qu’il deviendrait un peu fainéant dans ses recherches, le Ben ! Mais plutôt que de perdre du temps à rechercher et à trouver des gens certes très sympathiques mais avec lesquels un contact pour le moins verbal n’est pas simple, eh bien voilà la méthode moderne ! donc Vahit, il a 35 ans et il est originaire de Canakkale, sur le bord de la mer de Marmara, où il est né et a passé son enfance puis y vit maintenant après ses études d’université d’histoire à Istanbul et Bursa … Car vous l’aurez deviné, Vahit, il est professeur d’histoire dans un lycée de Canakkale. De passage ici, pour « meubler » ses deux mois de vacances scolaires, qui finalement lui semblent un peu longues … Vahit, c’est tout un poème, il vit pour l’instant seul, il a ses idées – assez tranchées ce qui ne manque pas de piment – et ça c’est plus facile à digérer que dans les plats culinaires locaux – sur la vie en elle-même sur la religion (notamment coranique), sur la santé, sur la nourriture (biologique ou pas), sur le bienfait (ou le « malfait ») des hammams … Et bien-sûr, il est génialement chaleureux, cherchant à tout m’apporter lors de mon passage dans cette petite ville, occupant sans aucun trou la totalité de mon temps. Je lui laisse d’ailleurs vous raconter – en turc bien-sûr, mais il parle si bien l’anglais appris par lui-même qu’il me l’auto-traduira – le moindre détail du déroulement de notre programme d’un soir ! Et vous allez voir … que vous allez tout savoir !!! Alors, prêts à le rencontrer ? :

"J’aı rencontré Benoît par Couchsurfing et ce fut mon premier hôte. Je ne pensais pas qu’il vıendraıt et j’en ai été surpris. Je l’ai rejoint devant la tour de l’horloge et il m’a surpris encore. C’est un homme très sympathique ! Et ensuıte nous avons gagné un café, nous avons bu une bière et nous avons beaucoup discuté en abordant beaucoup de sujets : économie, religion, politique et beaucoup d’autres sujets. Je comprends qu’il est très intelligent ! Friedrich NIETSZCHE a dit qu’ « il y a pour l’humanité de l’intelligence supérieure et de l’intelligence inférieure » ... Puis nous sommes allés à un repas de mariage et nous sommes ensuite retournés dans le centre de la ville, nous avons marché et nous nous sommes assis à nouveau dans un café et nous avons joué au backgammon (il a fait des progrès) de même que nous avons encore parlé de beaucoup de sujets. Benoît m’a exposé tout son projet de cette marche qu’il est en train de faıre. J’ai appris beaucoup de choses ! Benoît, je voudrais être à ta place ! Tu as beaucoup de chance car tu rencontres beaucoup de gens très différents ! Enfin, nous sommes retournés à ma maison !!! Benoît, je peux dire que je suis très heureux de t’avoir rencontré, toi que je qualifierai de « Marco Polo des temps contemporains », toi qui m’a aussi dıt que tu n’es pas – seulement – « citoyen français » mais – aussi et surtout – « citoyen européen » et même citoyen du monde », de par la paix". (Vahit)

vendredi 9 septembre 2011

Jour J + 125 : Bolu => Yenicaga (45 kms - Total = 4140 kms)

Pensée Spirituelle
"Le bonheur n’est pas le fruit de la paix, le bonheur, c’est la paix-même"
(Emile-Auguste CHARLIER, dit ALAIN)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Paix sur Noé dans tout l'univers ! […] Paix sur Abraham […] Paix sur Moïse et Aaron […] Paix sur Elie et ses adeptes […] Et paix sur les Messagers, et louange à Dieu, Seigneur de l'univers !."
(Sourate 37 [Les Rangées], Versets 79 ; 109 ; 120 ; 130 ; 181 – 182)


La Paix, la Paix toute simple, aujourd’hui ! Après ma digression d’hier, passant des collines anatoliennes aux rivages de la mer de Marmara pour aller rejoindre Mujdat un court instant, vous allez croire que je me prends du bon temps au pays des kebas et des derviches tourneurs … C’est vrai que je prends du bon temps, c’est vrai aussi que les kebabs, c’est bon, c’est encore vrai que les derviches tourneurs, ça doit être intéressant à rencontrer (je ne les ai peut-être pas encore vus, mais cela ne saurait tarder du côté de la Cappadoce), mais en tout cas, rassurez-vous, le périple se poursuit, sous le signe de l’accueil … Du vent, beaucoup de vent, et, l’auriez-vous deviné, à contresens aujourd’hui … Alors, pour cette bonne étape au cours de laquelle je n’arrête pas à penser à vous qui vous liquéfiez sous le crachin normand, moi qui me liquéfie aussi, mais par la bonne idée qu’à le soleil d’être ici omnipotent, j’ai plaisir à vous annoncer qu’aujourd’hui l’accueil dans les petits troquets, accompagné de petits verres de thé brûlant que j’ai pu déguster en chemin en partant de Bolu, puis à Yukarisoku, ensuite à Yuva, et enfin à Yeniçaga (que des noms en « Y », n’est-ce pas un signe d’amitié pour nos amis les Grecs, comme le disait hier Mujdat ?!), donc les contenus de ces petits récipients en forme de tulipe contenant une boisson à la fois judicieusement brûlante, délicieusement amère et joliment ambrée, étaient des plus délicieux qui soient … Les paysages, eux aussi, ils ne varient pas beaucoup par ici, toujours cette terre couleur d’argile, ces herbes couleur de foin, ces quelques arbres desséchés par ces longues journées sans rien, ce ciel couleur de lapis-lazuli. Une belle toile de maître à réaliser … Mais pas le temps ce soir, car Abd-el-kader (excusez-du peu) m’a invité … Enfin c’est un peu moi qui l’ai sollicité, quand le soleil commençait à décroître, qu’il m’a proposé de m’emmener un peu plus loin sur sa charrette, que je lui ai fait le geste à la Rodin de celui qui cherche un coin à dormir, qu’il m’a dit quelque chose qui voulait dire « monte ! » et que j’ai fait un bon kilomètre en calèche (que j’ai refait ensuite à pied pour la bonne conscience), qu’il m’a offert le gîte dans sa chambre d’amis, le repas, le raki, la (ou plutôt les) parties de Backgammon, la nuit … Abd-el-kadder, il semble vivre seul, il se débrouille très bien, tout est propre sur lui et chez lui … A-t-il été marié ? A-t-il des enfants ? Je ne le sais, mais il m’a reçu comme un ami, lui-aussi ! On n’a pas pu beaucoup parler, il n’a pas été au café du coin (enfin tout au moins je ne l’ai pas accompagné )… Et lorsqu’il a vu que j’étais quelque peu fatigué, alors il m’a apporté un autre petit verre de thé, accompagné de sa Paix, celle d’un geste plus que d’une parole malheureusement incompréhensible, celle surtout de son attitude discrète et attentionnée tout à la fois, avant que je ne me couche … Et je suis parti dans les bras de Morphée, bienheureux-béage (il y avait longtemps) … On verra demain, une rencontre plus bavarde ? mais sera-t-elle aussi profonde ? On verra bien dès demain matin, en poursuivant … mon chemin, mon destin, en Paix ! …

Jour J + 125 : Amédée


Ben, il a pas osé me présenter à Abdelkader … Comme il m’a dit, comment expliquer à ce « brave paysan » (dans le bon sens du terme !) ce que je faisais là ! Bon, on peut le comprendre, y’a pas beaucoup de nains de jardin par ici ! Par contre, Ben, il m’a fait rencontrer l’homme le plus important du village, statufié en bronze. Mais là, aucune conversation possible avec lui, ce brave homme, certainement très important, mais à quoi sert-il aujourd’hui ?. Il a semble-t-il un peu la grosse tête … Et il bouge pas de son socle, lui … Moi je préfère finalement les gens qui nous adressent un sourire, rien qu’un sourire, et tant pis si on ne sait pas trop ce que l’autre nous dit. On ne leur en demande pas plus, aux cappadociens, ils sont tellement accueillants ! Amies et amis de l’hexagone, prenons-en de la graine ! A propos de graine, Ben, il en a emmené d’ici, d’un arbre du jardin d’Abdelkader. Peut-être que cela va pousser, comme l’amitié. Peut-être qu’on se reverra, avec notre hôte pour fêter les premiers fruits ? Mais sans attendre, dès maintenant, on peut te dire, pour la Paix que tu montres, pour la Paix que tu donnes : merci Abdelkader !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Abdelkader  de  Yenicaga 

Une seule chose à vous dire, Abdelkader, cet ami rencontré sur le bord du chemin, c’est vraiment un homme de Paix, et cela , cela ne se décrit pas ! :
 
"Paix, porte en toi la Paix !" (Abdelkader)

jeudi 8 septembre 2011

Jour J + 124 : Kaynasli => Bolu (36 kms - Total = 4095 kms)

Pensée Spirituelle
"L’amour n’est pas forcément un sentiment réciproque. L’amitié au contraire me semble-t-il requiert toujours de la réciprocité. Je ne puis être l’ami de quelqu’un qui n’est pas mon ami"
(Francesco ALBERONI)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il se peut que Dieu établisse de l'amitié entre vous et ceux d'entre eux dont vous avez été les ennemis. Et Dieu est Omnipotent et Dieu est Pardonneur et Très Miséricordieux."
 (Sourate 60 [L’éprouvée], Verset 7)

 

L’amitié … n’est-ce pas ce que l’on recherche, telle une graine, ce que l’on veut planter, arroser, accompagner d’engrais, pour la faire fleurir et donner de beaux fruits ? Aujourd’hui, un peu exceptionnel, je ne vous parlerai pas de l’étape du jour … Belle étape, pas bien longue ( !), pas bien fatigante ( ?), pour arriver dans une belle ville (mais vous n’y êtes pas, alors cela manque de piment !). Une petite auberge sympa avec des discussions « légères et court vêtues » du point de vue nouveautés (merci quand-même à Alex-le-belge et à Inès et Omar-les-turcs pour ce bon petit repas de spécialités locales (qui ne va peut-être pas trop me réussir ?)) … Mais j’ai plus envie d’évoquer un mot, l’amitié … Celle que finalement je rencontre depuis quatre mois, celle d’un soir, d’une nuit, d’une journée, ou d’une minute, quelle importance, celle qui peut être éphémère ou qui peut se prolonger, se reproduire à intervalles plus ou moins réguliers, celle d’une étape, celle du genre humain … Tant de témoins de la rencontre, tant de rencontres et de témoignages, c’est bien finalement cela qui est le plus important. Ce ne sont pas les quelques photos prises çà et là, ce ne sont pas les milliers de kilomètres parcourus et donc les millions de pas effectués, ce ne sont pas les couchers de soleil, les bains dans la mer salée, les thés sur les terrasses des cafés, ce sont bien les petits moments dignes de cette « drôle de chose » que l’on appelle … l’amitié ! Et c’est bien cela que j’ai par exemple bien ressenti, pas tout près d’ici, à Bursa avec « l’ami Mujdat » que vous devriez aller vous-mêmes rencontrer, mes amis ! et lui-aussi vous parlera à la fois d’amitié … et de solidarité !

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