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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

mardi 13 septembre 2011

Jour J + 129 : Memlik => Ankara (25 kms - Total = 4287 kms)

Pensée Spirituelle
"Les voyages forment la jeunesse, a dit un sage, mais regrette, je ne sais quel observateur, ils déforment les chapeaux et les chaussures."
(Alphonse ALLAIS)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur ; et Nous leurs avons accordé les plus grands moyens de se diriger [dans la bonne voie]."
(Sourate 18 [La caverne], Verset 13)


Une si petite étape ! et c’était programmé ainsi. L’arrivée dans les grandes villes turques est tellement surprenante, tant le changement radical se fait brutalement entre la steppe campagnarde et la ruche citadine … Car c’est réellement brutal ici : la frontière entre ce qui est resté à l’état naturel et ce qui est construit se fait soudainement, marqué par des tours de parfois vingt étages qui émergent en plein champ, semblant sortir de terre en une nuit tels des champignons ! A croire que dorénavant, les turcs veulent prendre de la hauteur ! pas grand-chose à vous dire aujourd’hui, des trottoirs, des trottoirs, des trottoirs … du bruit, du bruit, du bruit … des odeurs, des odeurs, des odeurs … Et quand j’arrive sur le périphérique et les grandes avenues, force est de constater que le centre de la capitale n’est pas loin. Allez, un peu de patience, surtout que c’est pour déguster un peu de repos (mérité ? pas mérité ?), et rencontrer … la jeunesse, même pas la moitié de mon âge … canonique !

Jour J + 129 : Amédée


Ce soir, cela va être le grand luxe : On va être logé dans le salon d’Erdost ! Et vous savez pas, eh bien, il ne l’a pas payé ce salon, Erdost. Doué comme il est, il l’a gagné entièrement à une émission de télévision turque. La décoration et l’ameublement ! et tendance en plus ! bon, c’est vrai que le reste de l’appartement n’a pas un look aussi jeune, mais nous on y est bien, et surtout cela change de la décoration rencontrée les jours derniers ! Et c’est bien le reflet de notre hôte : moderne, coloré, sympa, jeune. Et c’est aussi ce que va nous faire ressentir Erdost en nous baladant dans la ville-capitale, à la recherche du repas-étudiant à la fois le moins onéreux et le plus typiquement parfumé, des boulevards débordants de jeunesse, d’une pâtisserie à goûter les spécialités locales. Y’a pas à dire, même si toi, Erdost, tu trouves que Ben, il fait pas son âge (et moi aussi, Amédée le Béage, je l’espère !), eh bien toi, t’es sacrément adulte et actif : merci Erdost !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Erdost  d'  Ankara 

Erdost, il m’a répondu OK sur Couchsurfing ! il n’a pas peur. Du haut de ses 20 ans, étudiant colocataire à Ankara, il a accepté d'un coup de baguette magique d’héberger un (ou deux ?) vieux grincheux ! Eh bien, comme il dit, l’âge des artères (facile pour lui, il est étudiant en médecine), ça ne compte pas, tout est dans la tête ! Ses parents et sa famille habitent sur la côte méditerranéenne, au Sud du pays, et le voilà un peu exilé, dans cette grande ville … Mais il y a fait son trou, et … il y a trouvé une copine super sympa ! Et voilà qu’il me déroule le tapis rouge, rouge comme les murs de son si beau et si original salon, rouge comme la soupe et la sauce servies au p’tit troquet du coin, rouge comme les rues animées du centre-ville, rouge comme nos joues après une superbe ballade by night ! et il en redemande encore, Erdost. Il regrette même que je parte si vite, que je ne visite pas plus à fond la ville avec lui, mais comme il me dit, ce sera pour la prochaine fois ! En tout cas, cela n’a pas empêché nos discussions d’aller loin. Toujours la paix, le problème des religions présentes dans le pays mais quelque peu imposées, les tensions, mais aussi les espérances ! Allez, je te laisse poursuivre ta jeunesse, Erdost, ta seconde année de médecine (tu feras un très bon toubib, j’en suis sûr, avec des diagnostics précis comme ta pensée), mais aussi tes engagements. Parmi eux, déjà si jeune, tu mets sur pied un programme pour aider les étudiants sourds-muets qui n’ont « statutairement » pas accès à l’université dans ce si beau pays. Et rien que pour ce petit détail – si détail il en est –, Erdost, on ne peut que t’encourager … et te féliciter ! T’es vraiment un jeune dynamique ! C’est comme on s’est dit, il y a des jeunes-jeunes (ils muriront), il y a des vieux-vieux (ils ont fait leur temps), il y a aussi des vieux-jeunes (ils continuent à arpenter le monde on ne sait pour quelle cause – je ne vise personne –) mais il y a aussi des jeunes-vieux : et pour eux, c’est dommage, si tôt casés ! Mais c’est loin d’être ton cas … et c’est … sacrément tant mieux ! :

"Hi Benoît , firstly I want to say : you’re not 51 years old man ; you are younger than me because you have a great fire in your heart, a fire of peace. And I wish your trip will finish without any problem. And I wish you will visit again Ankara : I can show you lovely places for turkish cuisine. Thank you for all … I think I can’t meet after you a “crazy” man like you. Bonne voyage !" (Erdost)
(Hi Benoît ! pour commencer, je veux dire: tu n’es pas un homme âgé de 51 ans ; tu es plus jeune que moi parce que tu as un grand feu dans ton cœur, un feu de paix. Et j’espère bien que ton voyage va se terminer sans aucun problème. Et je souhaite que tu reviennes à nouveau à Ankara : je peux te montrer de très jolis endroits qui servent de la cuisine turque. Merci à toi pour tout … je pense que je ne rencontrerai pas après toi un homme « fou » comme toi. Bon voyage !)

lundi 12 septembre 2011

Jour J + 128 : Ügurlu => Memlik (42 kms - Total = 4262 kms)

Pensée Spirituelle
"N’importe qui peut tracer une voie vers le bonheur. Des millions d’individus le font chaque jour ! mais rares sont ceux qui trouvent ce qu’ils cherchent : ce sont ces voyageurs qui ont refusé de désespérer quand ils ont perdu leur chemin."
(Guy FINLEY)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur [Muhammad], de la Mosquée Al-Haram à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni l'alentours, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles. C'est Lui, vraiment, qui est l'Audient, le Clairvoyant."
(Sourate 17 [Le voyage nocturne], Verset 1)
 

« Les voyages forment la jeunesse ! » est-il souvent dit ! alors que vivent les voyages … et les voyageurs ! On en voit pas mal, des voyageurs, en Turquie, et bien sûr si à Istanbul, Izmir ou Antalya on en trouve de tous les âges (et même d’un certain âge), des touristes, sur mon chemin, ce sont plutôt les étudiant(e)s qui abondent … Enfin, quand je dis « abondent », c’est plutôt aux étapes, car sur la route, toujours qu’un seul fada : MOI ! Maintenant la direction est plein Sud, vers la capitale du pays, Ankara … Et cela se sent, car les paysages semblent moins arides, les constructions plus proches les unes des autres, ce n’est pas forcément toujours joli, car force est de constater que la Turquie qui s’achemine vers une réelle modernité transforme la nature à grands coups de serpe (espérons seulement que le résultat, dans quelques années quand tout sera – un peu plus – stabilisé, sera esthétique !). Du même coup, je quitte aussi l’accueil rural, montagnard, tout devient plus superficiel, rapide, plus tourbillonnaire, un véritable mélange des genres … Mais qui peut s’y retrouver, dans ce chantier dantesque, causé par et causant tout à la fois une émigration vers les périphéries tentaculaires des grandes cités, selon un exode rural conforme à tout ce qui se passe dans tous ces pays qui ne sont pas encore « industrialisés » mais qui ne sont déjà plus « en voie de développement (pour employer des « gros mots ») … Eh bien, les voyageurs, eux au moins s’y retrouvent très bien, habitués qu’ils sont par leur recherche de la nouveauté, du changement et de l’inattendu … Et finalement, je m’aperçois que de plus en plus (et sans négliger pour autant les autochtones et leurs bons côtés bien d’ici …) je noue des contacts avec ces « aliens » semblant parfois débarquer d’une autre planète. Car ils font eux-aussi partie de la population locale ! Et bien sûr je m’associe à eux, j’en suis un moi-même, un « alien », peut-être plus fondu dans le paysage, vu ma lenteur d’escargot très « couleur locale » … Ainsi ce cher Jacob, très tourné vers l’Afrique de par ses études et son intérêt, mais qui arpente quelques jours la Turquie, voulant tout voir, l’Ouest puis le Sud puis le Nord en passant pourquoi pas par l’Est, ressemblant du coup plus à un lièvre-voyageur … Et voilà, vous l’avez compris, telle la fable de La Fontaine, le lièvre et la tortue se sont retrouvés sur le chemin, étant peut-être faits pour comparer leur célérité (quoi que, comme dans l’épilogue fabulatrice et fabuleuse, il faille souvent parier sur les outsiders, et c’est tant mieux !) mais aussi pour passer un bon moment (et même un moment bon) ensemble. Car finalement, n’est-ce pas cela qui est génial, dans les voyages, le fait de « franchir la porte » pour se frotter à l’inconnu et pour se rencontrer … Allez, que vivent les voyages et … les voyageurs ! et en avant la musique !

Jour J + 128 : Amédée


Oui, en avant la musique, les enfants, pour nous rencontrer, rien de tel qu’un p’tit accord, donnons-nous le « la » du départ et de la poursuite du voyage ! Pas besoin de mettre des cordes à un quelconque arc en vue de se tirer dessus, grattons plutôt les cordes de la guitare, pour harmoniser la rencontre et entonnons un air pour prendre la route ensemble ! Ah, la musique, moi, je l’aime bien, et même que dans un jardin public, on m’a laissé en jouer quelques airs. Quel succès j’ai eu ! en tout cas, notre copain du jour, Jacob, je ne sais pas s’il joue ou non de la musique, mais on s’est drôlement bien entendus ! merci Jacob !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Jacob  de  Memlik 

Jacob, il est allemand, et même bavarois comme il dit ! Mais ses études, il les fait à Bâle, en Suisse, devinez en quoi ? en « études africaines » : politique, éthique, civilisation, pi tout pi tout ! Alors bien-sûr, il adore l’Afrique (surtout sa spécialité : la zone sub-saharienne de l’Ouest, où il est allé plusieurs fois, dont au Ghana, où il a été professeur un an !). Donc, à seulement 25 ans, Jacob, c’est déjà un grand voyageur devant l’Eternel, et là, comme il avait deux petites semaines, il s’est dit qu’il allait arpenter … la Turquie. Avec son petit sac à dos (chapeau l’artiste, toi au moins tu sais ne pas t’encombrer !), il va de couchsurfing en couchsurfing, voulant tout rencontrer, tout voir. Un vrai voyageur des temps modernes ! alors quand on s’est rencontrés, on a eu plein de choses à échanger sur nos expériences et nos projets … Dont bien sûr sur son « dada » : l’Afrique où il m’a bien fait ressortir toute l’importance du bon usage des mots employés (ainsi, « langue » et non « dialecte » au sujet du Moré, au Burkina Faso …. ou bien l’importance de bien sérier la notion de « tribu » …). Car finalement, tout se vaut dans les déplacements, l’important n’est-il pas de … se déplacer, sans avoir la bougeotte, mais en tirant la « substantifique moelle » de tout ce qui se présente à l’ensemble de nos cinq sens !!! :

"Cher Benoît ! j’essaye en français. C’est seulement qualques temps que nous avons passé sur la maison de Yalçin : le host le plus gentil possible. Je croix que ça pourrait été la jour mieux de mon vacances en Turkqé. J’ai le grand respect de ta réalisation de faire la grande marche : bravo ! C’est quelque chose l’homme rêve de et tu fais ça ! Un jour je veux avoir un batêau pour voyager en la Donau de Bavarie jusqu’à Istanbul. Si je reusit à realiser je vais penser à ton marche. C’était un grand plaisir de toi rencontre ; peut-être on va rencontrer encore, comme ci comme ça, koci koça. N’oublie pas d’être sceptic de les mot utiliser pour parler d’Afrique : bonne route vers la paix !" (Jacob)

dimanche 11 septembre 2011

Jour J + 127 : Korkmazlar => Ügurlu (41 kms - Total = 4220 kms)

Pensée Spirituelle
"Ma porte étroite, c’est l’appel du large et de l’autre"
(Sylvain TESSON)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le très Miséricordieux. La meilleure [fin] est pour ceux qui répondent à [l'appel] de leur Seigneur […] A ceux-là, la bonne demeure finale. Les jardins d'Eden, où ils entreront, ainsi que tous ceux de leurs ascendants, conjoints et descendants, qui ont été de bons croyants. De chaque porte, les Anges entreront auprès d'eux : « Paix sur vous, pour ce que vous avez enduré ! » - Comme est bonne votre demeure finale ! »"
(Sourate 13 [Le tonnerre], Versets 18a ; 22b – 24)


Une porte, d’après vous, elle est faite pour être ouverte ? ou fermée ? Si l’on évoquait la même question au sujet d’une fenêtre, la réponse serait probablement plus aisée à trouver : la fenêtre, s’il fait froid ou humide, on la ferme. Mais dès qu’il fait beau et que les oiseaux chantent, alors, immédiatement, on fait comme dans la chanson : « laisse entrer le soleil ! ». Le seul risque, oh peut-être quelques moustiques, un peu trop de bruit et de vent ! Oui, mais alors, pour une porte ! à quoi sert-elle donc. Bon si on n’est pas là, rien ne sert de tenter le diable, déguisé parfois sous son accoutrement de cambrioleur, tout gentleman qu’il puisse être ! Mais lorsque nous sommes présents, que l’âtre réchauffe notre intérieur et que la douce lumière écologique de la bougie éclaire notre intérieur d’une teinte chaleureuse, pourquoi donc fermons-nous immédiatement et systématiquement notre porte à clé ? Cette porte, est-elle franchissable dans un sens … mais pas dans l’autre ? et par qui ? « ouvrons tous ces verrous fermés », dit une autre chanson … Bien-sûr, l’étranger, le méchant, le râleur, l’opportun c’est toujours l’autre ! Mais l’autre serait-il lui-aussi en droit de se faire la même réflexion que nous ? Car finalement, c’est bien comme pour un auto-stoppeur qui nous sollicite, depuis son bord du chemin ? Il peut nous laisser l’impression de quelqu’un qui va nous attaquer ? Alors pourquoi donc lui-aussi n’aurait-il pas l’impression qu’il puisse être attaqué par l’automobiliste qui le prend en charge ? Vous l’avez compris, qu’un habitacle soit dynamique ou statique, il y a autant de danger à ce qu’un routard-pérégrin-sans domicile fixe-habitant du monde attaque de braves résidents, que vice-versa !!! Eh bien voilà, pour certains, cette question ne se pose pas. Ainsi, Yalçin, jeune retraité de soixante ans, qui vit seul depuis que son couple s’est ouvert comme les deux coques d’une noix, ses enfants – une institutrice et un journaliste – volant de leurs propres ailes sur Istanbul … Yalçin, il a été professeur de littérature turque dans un lycée d’Istanbul, et, le temps de la grande liberté étant venu, il s’est installé ici, dans sa petite maison sympa comme tout, au milieu d’autres toutes pareilles, sur le bord de la route ! Son ex-femme est sur Strasbourg, il s’y rend régulièrement, il a ses activités, mais il n’aime pas trop la foule … Et chez lui, sa porte est toujours ouverte à celui ou à celle qui passe, que ce soient deux voisines d’origine bosniaque qui viennent prendre le thé, un frère qui lui amène des kebabs … Ou des pérégrins qui passent par là ! Ce qui le motive aussi, Yalçin, c’est qu’il adore la langue française, alors, s’il peut progresser, s’il se présente un « professeur » quel que soit son statut, ce sera encore mieux ! Et tant pis si la maison est en cours de réparations (et elle en a quelque peu besoin), ce n’est pas cela qui arrêtera la bonne humeur et l’ambiance chaleureuse, et tant pis si Yalçin a envie de faire une petite sieste justement à l’heure du repas, car le pérégrin, il n’a qu’à se mettre au turbin et préparer le plat collectif ! Yalçin, il n’est vraiment pas compliqué, à croire qu’il ne dira jamais non !

Jour J + 127 : Amédée


Chez Yalçin, on s’est donc mis à la cuisine, oh, un plat tout simple, Yalçin, il appelle cela un couscous, pourquoi pas après tout, avec du riz ! Aors on a bossé un peu, malgré pas d’électricité ni d’eau pendant un moment, mais, ça a été apprécié, et puis on a tout fini !!! Pas de restes ! Et ça c’est de la confiance, non : la porte de la maison ouverte, la porte des placards ouverte, la porte du frigidaire ouverte, et en plus … On ne l’a pas empoisonné, notre hôte. Alors, toi qui va souvent en France, qui a déjà été sur les planches et au Casino de Deauville et qui voudrais bien y retourner, on t’accueillera comme toi seul tu sais le faire, merci Yalçin !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Yalçin  de  Ürgulu 

Au vu de sa photo, vous savez tout de lui. Il a ses idées, lui-aussi sur l’Etat comme sur les militaires, sur les religions musulmane comme chrétienne, sur le Coran comme sur les Evangiles, sur les pérégrins comme sur les travailleurs, sur les femmes comme sur les hommes, sur les chanteurs comme sur les écrivains … Mais il ne sèmera pas la zizanie, ça, jamais, au contraire. Il doit être le champion de l’arrondissement des angles … Et comme il sait recevoir, simplement mais avec des petits détails de service, un conseil. N’allez surtout pas le voir si vous êtes entre deux avions, entre deux trains ou entre deux bus, car ce qu’il y a de bien avec Yalçin, c’est qu’il sait prendre son temps … Tout comme il sait faire prendre son temps : qualité rare, non ? Et pour ne rien vous cacher, c’est un fin cuisinier, et fin débrouillard ! Allez, on va s’en aller sur la pointe des pieds, sinon, chez toi, Yalçin, on y est encore … dans six mois ! :

"Pour Benoît. Benoît est très sympathique et très bien sportif. Je lui merci. J’ai appris beaucoup chose de lui, chaque jours. Il aime ensigner, le marche, le nager. Je ne peux pas croire que il avais venir de France jusqu’à Ankara en marcher. Aujourd’hui, Benoît as fait un repas délicat. C’étais exactement très bien. Je l’ai mangé beaucoup. J’étais « Relas » (NDLR : « Ralas » : « cela suffit » en arabe !). De plus un, il se lève très tôt. Il me manquera." (Yalçin)

samedi 10 septembre 2011

Jour J + 126 : Yenicaga => Korkmazlar (39 kms - Total = 4179 kms)

Pensée Spirituelle
"On peut se demander aujourd’hui si Karl Marx ne s’est pas trompé et si ce ne serait pas plutôt l’opium qui serait devenu la religion du peuple"
(André FROSSARD)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Nous t'avons révélé : « Suis la religion d'Abraham qui était voué exclusivement à Dieu et n'était point du nombre des associateurs»."
(Sourate 16 [L’abeille], Verset 123)


Une si jolie petite mosquée, perdue au milieu de la campagne … Est-elle très fréquentée ? Probablement, certainement, en ce pays où l’Islam est omniprésent ! Oui, mais quid de la question de la la religion ? Ah, la religion ! dans un pays aussi étendu qu’est la Turquie, il est des signes d’uniformité, visibles à l’œil nu, alors que tant de différences géologiques, climatiques, ethniques, linguistiques même s’y découvrent … Mais comment aborder un sujet aussi sensible que celui de la religion islamique, ici, sans s’attirer les foudres de tous côtés ? Il est vrai que ce n’est pas tout-à-fait la seule religion répandue, quelques chrétiens de toutes les tendances possibles et imaginables, quelques juifs aussi, certainement d’autres religions et / ou courants de pensée aussi, notamment dans les villes … Qu’en est-il donc de la pratique religieuse ici, et qu’en est-il de la position des turcs par rapport à cette question ? Epineuse question, cela ne m’empêche pas de me jeter à l’eau ! il est vrai que depuis le 29 Mai 1453 – rappelez-vous, c’est comme si c’était hier, la prise de Constantinople par les forces ottomanes conduites par le sultan Mehmet II ... Pour les chrétiens un signe de perte suprématie … La séparation chronique entre les catholiques et les orthodoxes, mais aussi l’époque (mais bien avant pour les contrées à l’Est de la Corne d’Or) où les minarets ont vraiment commencé à pointer ici vers le ciel le bout de leur nez pointu ! à ceci, nous, nous n’avons rien à dire ! n’est-il pas vrai en effet qu’à de très rares exceptions, chacune des trente-six-milles communes de notre cher hexagone se définit aussi par la vision d’un clocher, moins élancé mais tout aussi tourné vers le Créateur ! Ca y est, en voilà une piste pour le dialogue interreligieux !!! Nous montrons tous du même doigt, tel une fusée, le même objectif pointé vers l’azur ! En tout cas, force nous est de constater que de nos jours, d’une manière analogue à certains d’entre nous chez nous vers une église et peut-être avec plus de conviction et de contraintes, nos amis musulmans (pas tous mais …) se rendent à la mosquée, surtout le vendredi midi pour la grande prière … Et le reste du temps ? eh bien, il apparaît que dans un pays qui se définit ici aussi comme laïc, mais avec une « laïcité à la turque », bien loin de notre foutue (excusez du terme au sujet duquel je me suis déjà exprimé) « laïcité à la française », les turcs semblent bien libres de pratiquer ou non, d’observer les règles ou non, et d’exprimer en public ou en privé leur position ! Et j’en ai rencontré des très pratiquants, je dirai des très « pro- » (au sens de « pour ») … mais j’en ai rencontré aussi des « tièdes » et même des très « anti- » … et ceux-là, ils n’ont peut-être pas tout-à-fait la même liberté de parole ou d’expressions … Le poids de la tradition, de la famille, du travail … Alors souvent ils se taisent, telles des petites souris ! Espérons qu’un jour, la Turquie, réputée comme étant « le » pays-phare » où la religion islamique est aussi répandue mais n’en fait pas une religion d’état, ne fasse pas non plus de celles et ceux qui en sont assez éloignés une … affaire d’état ! Espérons que nous n’entendrons pas toujours des femmes musulmanes dire qu’ « elles sont les plus belles parce que c’est marqué dans le Coran qu’elles sont belles et que celles des autres religions ne le sont pas » ! En tout cas, pour ma part, mes discussions sont toujours libres, intéressantes et intéressées des deux côtés sur ce sujet comme sur l’ensemble de nos rapports mutuels. On est bien ici dans un pays de tolérance ! Bien-sûr, en période de Ramazan, pas de bière aux terrasses, mais quelle importance, finalement ? L’important n’est-il pas pour tout pérégrin et même pour tout invité ou tout visiteur … de se mettre sur un plateau de la balance à la même hauteur – Pas plus haut (ce serait faire un complexe de supériorité qui fausserait tout de go les rapports) et pas plus bas (ce pourrait être tout aussi mesquin) que l’autre, présent sur l’autre plateau de la balance, notre ami(e) de ce si beau pays. Et ça, les turcs savent très bien le faire, se mettre à la portée, à la juste hauteur, avec leur sens légendaire et bien réel de l’hospitalité. Prenons quelques exemples, presque au hasard – tant ils sont nombreux – pour ce jour : XXX, il m’a accueilli parfaitement au terme de cette journée de marche indescriptible tellement tout arrive à se répéter sans se repérer au bout de tant de jours de pérégrination ! … De même, aux terrasses des cafés, mêmes accueils, mêmes sourires, même gentillesse, même intérêt pour moi (et le jeu de backgammon apporte lui-aussi toujours sa cerise sur le gâteau, surtout que là, je ne laisse pas l’autre toujours gagner !) ! … Et enfin pour cette belle journée, à l’invitation spontanée reçue à la fête du mariage – musulman d’un ami de Vahit ! (car ici, il y a bien deux types de mariage, m’a expliqué Vahit : les mariages musulmans avec passage devant l’Imam mais sans alcool pour la fête, et les autres sans passage devant l’Imam mais avec alcool pour la fête, on ne peut tout avoir, soit l’un soit l’autre. A vous de choisir donc selon votre sens des valeurs et l’importance que vous y attachez respectivement …). Là donc au mariage, avec ma tenue vestimentaire quelque peu « hors normes » mais finalement sans aucune influence, bien au contraire. J’ai été l’ « invité-surprise », pas le roi mais pas non plus le laissé pour compte, celui que l’on n’attendait certainement pas mais qui avait semble-t-il sa place déjà préparée, celui du bord du chemin, soigné et considéré « aux petits oignons » !

Allez, une « morale » pour cette histoire : faites comme moi, laissez l’autre aborder le sujet, ou aiguillonnez-le si nécessaire … Et puis, visitez les mosquées, quelle que soit votre position par rapport à la religion, tout comme nos amis musulmans peuvent rentrer dans nos églises. Leur seule demande est de vous déchausser … Tout comme ils vous demanderont certainement de le faire en pénétrant sous leur toit. Et ça, c’est peut-être du domaine de la tradition, mais en tout cas, c’est les respecter (et puis, à vous dire, c’est drôlement confortable, je me demande d’ailleurs si ne suggérerai pas à mes hôtes d’en faire autant dans ma modeste demeure !) !

Jour J + 126 : Amédée


Ben voilà, on a le même Père Abraham, vous dirait Ben, alors est-ce parce qu’on est de la même famille que tout se passe ainsi, si chaleureusement ? Le revers, car revers il y a dans cet accueil par-delà les religions … c’est qu’il y a un risque « risqué » de devoir déclencher une certaine incompréhension et même une certaine déception de la part de notre interlocuteur de nous voir partir si vite … En tout cas, les cadeaux reçus dans les mosquées mais aussi un peu partout, notamment ceux à connotation religieuse, Ben il les accumule, selon non pas une recherche d’endoctrinement mais d’amitié profonde. Du coup, le sac, il s’alourdit anormalement (mais qu’y faire ?) avec cette collection de chapelets musulmans. Et Ben, il sera certainement encore plus considéré comme « original » en rentrant (mais ça, il le sait !) … Moins matériel, l’accueil de Vahit, il a été superbe : merci Vahit

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Vahit  de  Korkmazlar 

Vahit, mon hôte de ce jour, Je le(la) rencontre une fois de plus via les nouvelles technologies. C’est qu’il deviendrait un peu fainéant dans ses recherches, le Ben ! Mais plutôt que de perdre du temps à rechercher et à trouver des gens certes très sympathiques mais avec lesquels un contact pour le moins verbal n’est pas simple, eh bien voilà la méthode moderne ! donc Vahit, il a 35 ans et il est originaire de Canakkale, sur le bord de la mer de Marmara, où il est né et a passé son enfance puis y vit maintenant après ses études d’université d’histoire à Istanbul et Bursa … Car vous l’aurez deviné, Vahit, il est professeur d’histoire dans un lycée de Canakkale. De passage ici, pour « meubler » ses deux mois de vacances scolaires, qui finalement lui semblent un peu longues … Vahit, c’est tout un poème, il vit pour l’instant seul, il a ses idées – assez tranchées ce qui ne manque pas de piment – et ça c’est plus facile à digérer que dans les plats culinaires locaux – sur la vie en elle-même sur la religion (notamment coranique), sur la santé, sur la nourriture (biologique ou pas), sur le bienfait (ou le « malfait ») des hammams … Et bien-sûr, il est génialement chaleureux, cherchant à tout m’apporter lors de mon passage dans cette petite ville, occupant sans aucun trou la totalité de mon temps. Je lui laisse d’ailleurs vous raconter – en turc bien-sûr, mais il parle si bien l’anglais appris par lui-même qu’il me l’auto-traduira – le moindre détail du déroulement de notre programme d’un soir ! Et vous allez voir … que vous allez tout savoir !!! Alors, prêts à le rencontrer ? :

"J’aı rencontré Benoît par Couchsurfing et ce fut mon premier hôte. Je ne pensais pas qu’il vıendraıt et j’en ai été surpris. Je l’ai rejoint devant la tour de l’horloge et il m’a surpris encore. C’est un homme très sympathique ! Et ensuıte nous avons gagné un café, nous avons bu une bière et nous avons beaucoup discuté en abordant beaucoup de sujets : économie, religion, politique et beaucoup d’autres sujets. Je comprends qu’il est très intelligent ! Friedrich NIETSZCHE a dit qu’ « il y a pour l’humanité de l’intelligence supérieure et de l’intelligence inférieure » ... Puis nous sommes allés à un repas de mariage et nous sommes ensuite retournés dans le centre de la ville, nous avons marché et nous nous sommes assis à nouveau dans un café et nous avons joué au backgammon (il a fait des progrès) de même que nous avons encore parlé de beaucoup de sujets. Benoît m’a exposé tout son projet de cette marche qu’il est en train de faıre. J’ai appris beaucoup de choses ! Benoît, je voudrais être à ta place ! Tu as beaucoup de chance car tu rencontres beaucoup de gens très différents ! Enfin, nous sommes retournés à ma maison !!! Benoît, je peux dire que je suis très heureux de t’avoir rencontré, toi que je qualifierai de « Marco Polo des temps contemporains », toi qui m’a aussi dıt que tu n’es pas – seulement – « citoyen français » mais – aussi et surtout – « citoyen européen » et même citoyen du monde », de par la paix". (Vahit)

vendredi 9 septembre 2011

Jour J + 125 : Bolu => Yenicaga (45 kms - Total = 4140 kms)

Pensée Spirituelle
"Le bonheur n’est pas le fruit de la paix, le bonheur, c’est la paix-même"
(Emile-Auguste CHARLIER, dit ALAIN)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Paix sur Noé dans tout l'univers ! […] Paix sur Abraham […] Paix sur Moïse et Aaron […] Paix sur Elie et ses adeptes […] Et paix sur les Messagers, et louange à Dieu, Seigneur de l'univers !."
(Sourate 37 [Les Rangées], Versets 79 ; 109 ; 120 ; 130 ; 181 – 182)


La Paix, la Paix toute simple, aujourd’hui ! Après ma digression d’hier, passant des collines anatoliennes aux rivages de la mer de Marmara pour aller rejoindre Mujdat un court instant, vous allez croire que je me prends du bon temps au pays des kebas et des derviches tourneurs … C’est vrai que je prends du bon temps, c’est vrai aussi que les kebabs, c’est bon, c’est encore vrai que les derviches tourneurs, ça doit être intéressant à rencontrer (je ne les ai peut-être pas encore vus, mais cela ne saurait tarder du côté de la Cappadoce), mais en tout cas, rassurez-vous, le périple se poursuit, sous le signe de l’accueil … Du vent, beaucoup de vent, et, l’auriez-vous deviné, à contresens aujourd’hui … Alors, pour cette bonne étape au cours de laquelle je n’arrête pas à penser à vous qui vous liquéfiez sous le crachin normand, moi qui me liquéfie aussi, mais par la bonne idée qu’à le soleil d’être ici omnipotent, j’ai plaisir à vous annoncer qu’aujourd’hui l’accueil dans les petits troquets, accompagné de petits verres de thé brûlant que j’ai pu déguster en chemin en partant de Bolu, puis à Yukarisoku, ensuite à Yuva, et enfin à Yeniçaga (que des noms en « Y », n’est-ce pas un signe d’amitié pour nos amis les Grecs, comme le disait hier Mujdat ?!), donc les contenus de ces petits récipients en forme de tulipe contenant une boisson à la fois judicieusement brûlante, délicieusement amère et joliment ambrée, étaient des plus délicieux qui soient … Les paysages, eux aussi, ils ne varient pas beaucoup par ici, toujours cette terre couleur d’argile, ces herbes couleur de foin, ces quelques arbres desséchés par ces longues journées sans rien, ce ciel couleur de lapis-lazuli. Une belle toile de maître à réaliser … Mais pas le temps ce soir, car Abd-el-kader (excusez-du peu) m’a invité … Enfin c’est un peu moi qui l’ai sollicité, quand le soleil commençait à décroître, qu’il m’a proposé de m’emmener un peu plus loin sur sa charrette, que je lui ai fait le geste à la Rodin de celui qui cherche un coin à dormir, qu’il m’a dit quelque chose qui voulait dire « monte ! » et que j’ai fait un bon kilomètre en calèche (que j’ai refait ensuite à pied pour la bonne conscience), qu’il m’a offert le gîte dans sa chambre d’amis, le repas, le raki, la (ou plutôt les) parties de Backgammon, la nuit … Abd-el-kadder, il semble vivre seul, il se débrouille très bien, tout est propre sur lui et chez lui … A-t-il été marié ? A-t-il des enfants ? Je ne le sais, mais il m’a reçu comme un ami, lui-aussi ! On n’a pas pu beaucoup parler, il n’a pas été au café du coin (enfin tout au moins je ne l’ai pas accompagné )… Et lorsqu’il a vu que j’étais quelque peu fatigué, alors il m’a apporté un autre petit verre de thé, accompagné de sa Paix, celle d’un geste plus que d’une parole malheureusement incompréhensible, celle surtout de son attitude discrète et attentionnée tout à la fois, avant que je ne me couche … Et je suis parti dans les bras de Morphée, bienheureux-béage (il y avait longtemps) … On verra demain, une rencontre plus bavarde ? mais sera-t-elle aussi profonde ? On verra bien dès demain matin, en poursuivant … mon chemin, mon destin, en Paix ! …

Jour J + 125 : Amédée


Ben, il a pas osé me présenter à Abdelkader … Comme il m’a dit, comment expliquer à ce « brave paysan » (dans le bon sens du terme !) ce que je faisais là ! Bon, on peut le comprendre, y’a pas beaucoup de nains de jardin par ici ! Par contre, Ben, il m’a fait rencontrer l’homme le plus important du village, statufié en bronze. Mais là, aucune conversation possible avec lui, ce brave homme, certainement très important, mais à quoi sert-il aujourd’hui ?. Il a semble-t-il un peu la grosse tête … Et il bouge pas de son socle, lui … Moi je préfère finalement les gens qui nous adressent un sourire, rien qu’un sourire, et tant pis si on ne sait pas trop ce que l’autre nous dit. On ne leur en demande pas plus, aux cappadociens, ils sont tellement accueillants ! Amies et amis de l’hexagone, prenons-en de la graine ! A propos de graine, Ben, il en a emmené d’ici, d’un arbre du jardin d’Abdelkader. Peut-être que cela va pousser, comme l’amitié. Peut-être qu’on se reverra, avec notre hôte pour fêter les premiers fruits ? Mais sans attendre, dès maintenant, on peut te dire, pour la Paix que tu montres, pour la Paix que tu donnes : merci Abdelkader !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Abdelkader  de  Yenicaga 

Une seule chose à vous dire, Abdelkader, cet ami rencontré sur le bord du chemin, c’est vraiment un homme de Paix, et cela , cela ne se décrit pas ! :
 
"Paix, porte en toi la Paix !" (Abdelkader)

jeudi 8 septembre 2011

Jour J + 124 : Kaynasli => Bolu (36 kms - Total = 4095 kms)

Pensée Spirituelle
"L’amour n’est pas forcément un sentiment réciproque. L’amitié au contraire me semble-t-il requiert toujours de la réciprocité. Je ne puis être l’ami de quelqu’un qui n’est pas mon ami"
(Francesco ALBERONI)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il se peut que Dieu établisse de l'amitié entre vous et ceux d'entre eux dont vous avez été les ennemis. Et Dieu est Omnipotent et Dieu est Pardonneur et Très Miséricordieux."
 (Sourate 60 [L’éprouvée], Verset 7)

 

L’amitié … n’est-ce pas ce que l’on recherche, telle une graine, ce que l’on veut planter, arroser, accompagner d’engrais, pour la faire fleurir et donner de beaux fruits ? Aujourd’hui, un peu exceptionnel, je ne vous parlerai pas de l’étape du jour … Belle étape, pas bien longue ( !), pas bien fatigante ( ?), pour arriver dans une belle ville (mais vous n’y êtes pas, alors cela manque de piment !). Une petite auberge sympa avec des discussions « légères et court vêtues » du point de vue nouveautés (merci quand-même à Alex-le-belge et à Inès et Omar-les-turcs pour ce bon petit repas de spécialités locales (qui ne va peut-être pas trop me réussir ?)) … Mais j’ai plus envie d’évoquer un mot, l’amitié … Celle que finalement je rencontre depuis quatre mois, celle d’un soir, d’une nuit, d’une journée, ou d’une minute, quelle importance, celle qui peut être éphémère ou qui peut se prolonger, se reproduire à intervalles plus ou moins réguliers, celle d’une étape, celle du genre humain … Tant de témoins de la rencontre, tant de rencontres et de témoignages, c’est bien finalement cela qui est le plus important. Ce ne sont pas les quelques photos prises çà et là, ce ne sont pas les milliers de kilomètres parcourus et donc les millions de pas effectués, ce ne sont pas les couchers de soleil, les bains dans la mer salée, les thés sur les terrasses des cafés, ce sont bien les petits moments dignes de cette « drôle de chose » que l’on appelle … l’amitié ! Et c’est bien cela que j’ai par exemple bien ressenti, pas tout près d’ici, à Bursa avec « l’ami Mujdat » que vous devriez aller vous-mêmes rencontrer, mes amis ! et lui-aussi vous parlera à la fois d’amitié … et de solidarité !

Jour J + 124 : Amédée



Chez Mujdat, dans son appartement balnéaire (car chez lui en ville, nous dit-il, c’est trop petit pour « bien nous recevoir », le gag c’était qu’il n’y avait pas d’eau … C’est pas la première fois que cela nous arrive ! mais c’était un appartement vachement sympa. Bon d’accord, il y a un peu de rafraîchissement, d’ameublement et de décoration à faire (mais Mujdat, il a pas trop le temps d’y aller) … Mais bon, on s’y est bien plu ! et ce qui m’a vraiment beaucoup intéressé, c’est ce buffet dans le séjour avec au centre cette vitrine pleine de miroirs … Au milieu des tasses à café, j’avais l’impression de me trouver dans un manège d’Euro Disney. Je me voyais de partout et comme disait cette chère Edith, ça m’a fait tourner la tête … Et évidemment, un coup de vent est arrivé et la porte de la vitrine s’est refermée, j’ai perdu toutes mes couleurs, au point de devenir invisible … Mais pas grave, je me suis bien amusé … Et ça m’a permis de reparcourir à toute allure ces quatre premiers mois (déjà …), d’oublier mes multiples fractures ! Et c’est là que j’ai vraiment compris le vrai sens de l’amitié, avec tous nos hôtes, avec Ben, avec vous, les amis ! Et tous cela grâce à celui qui nous a si bien accueillis. Merci pour ta solide amitié venue quelque peu du fruit du hasard, merci Mujdat !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :
 Mujdat  de  Bolu 

Mujdat, c’est encore un hôte « Couchsurfing » … On m’avait dit que Bursa était une belle ville, alors j’ai voulu y faire un saut …D’où un p’tit trajet aller-retour en bus, rien que pour cela … Bien-sûr, la ville est superbe, première capitale ottomane, avant Istanbul, ayant développé jusqu’au siècle dernier une très importante industrie de textile en soie, depuis tellement industrielle qu’elle en est encore aux prémices du tourisme … Avec de superbes monuments qui mériteraient que plus d’un touriste s’y rende, un bazar avec des étalages de fruits colorés qui font tous plus envie les uns que les autres … Une mosquée avec – rarissime – une fontaine à l’intérieur, une des toutes premières représentations du système solaire gravée dans le bois de la chaire et de superbes calligraphies sur les murs, … C’est tout cela, Bursa … Mais ce qu’il y a surtout à retenir de cet éphémère passage, en plus de cette ville de – quand même – trois millions d’habitants qui finalement a autant d’intérêts qu’Istanbul, Izmir ou Antalya, c’est Mujdat lui-même … Je suis la première personne qu’il reçoit … Alors c’est littéralement les petits plats dans les grands : repas de poisson le soir, nous faisons connaissance … Mujdat me confie son appartement balnéaire pour que je sois parfaitement logé, comme un prince … Et le lendemain matin, Mujdat prend de son temps professionnel pour m’offrir un petit déjeuner d’émir dans un ancien caravansérail et me faire visiter « sa » ville, celle où il a toujours vécu, celle qu’il aime … Il a travaillé des années dans une usine Fiat ici, puis la crise économique est venue, on l’a remercié … Et le voilà son propre patron dans sa propre entreprise d’agent immobilier. Il en apprécie la liberté dans les horaires, la libre entreprise … Il ne lui reste plus qu’à trouver une gentille épouse … Et ainsi, certainement que Mujdat pourra mettre suffisamment d’argent de côté pour qu’ils puissent venir en France … et alors certainement que vous le rencontrerez, car Mujdat, il est vraiment extra, avec ses valeurs affirmées. Musulman convaincu, il pratique le Ramazan et la venue à la Mosquée le vendredi midi. Tolérant, il est. Instruit et instructif; il le prouve, ouvert aux grandes causes mondiales (ainsi la lutte contre la faim en Somalie) qu’il veut défendre … à seulement 33 ans, Mujdat est l’un des phares de mon périple ! :

"Benoît is the most interesting and kind friend I’ve ever had. First at all, I really wanted to meet him when I heard about his sacred aim. It seemed unbelievable to me to walk all this route by walk. I feel myself very lucky to meet him because at that time we need very much people who wants to do something for the peace of world. I hope he will tell everyone his sacred objective in all the cities he visit. And one day all people in the world have the peace which Atatürk says: “PEACE AT HOME, PEACE IN THE WORLD” … The most amazing thing he told me was the opinion of greek people about Turkey. He said greek people said negative things but Turkish people all says positive things about them … So, I hope one day they and the other European countries leave their prejudices about Turkey and we live in peace forever. (Mujdat)
 (Benoît est l’ami le plus intéressant et le plus sympathique que j’ai jamais eu. Tout d’abord, je voulais vraiment le rencontrer quand j’ai entendu parler de son sacré projet. Il me semblait incroyable de parcourir toute cette distance selon une promenade à pied. Je me trouve moi-même très chanceux de le rencontrer parce qu’en ce moment nous avons besoin de beaucoup plus de gens qui veulent faire quelque chose pour la paix dans le monde. J’espère qu’il pourra expliquer à tous son sacré objectif, dans toutes les villes qu’il va traverser, et qu’un jour tous les peuples de la terre pourront disposer de la paix telle d’Atatürk la décrit : « LA PAIX CHEZ SOI, LA PAIX DANS LE MONDE ». La chose la plus amusante que Benoît m’ai dite concernait l’opinion qu’ont certains grecs au sujet de la Turquie. Il m’a dit que certains grecs exprimaient des opinions négatives envers le peuple turc, mais le peuple turc n’exprime que des opinions positives envers ces gens. C’est pourquoi j’espère bien qu’un jour eux et les autres pays européens laisseront de côté leurs préjugés envers la Turquie, et qu’ainsi nous vivrons tous en paix pour toujours.)

mercredi 7 septembre 2011

Jour J + 123 : Gümüsova => Kaynasli (43 kms - Total = 4059 kms)

Pensée Spirituelle
"Il y fait rudement chaud, pour une si petite ville !"
(Alphonse ALLAIS)
Péricope Coranique
"Et Dieu propose en parabole une ville. Elle était en sécurité, tranquille. Sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bienfaits de Dieu. Dieu lui fit alors goûter la violence de la faim et de la peur [en punition] de ce qu'ils faisaient."
(Sourate 128 [Les abeilles], Verset 112)
La ville, véritable ruche d’abeilles ouvrières, comme le dit cette sourate … Comme toujours, sans aucun manichéisme de ma part, si un jour c’est blanc (ou plutôt blanchâtre) le lendemain, cela risque d’être noir (ou plutôt noirâtre) … Mais cela risque de n’être qu’une impression, tout-à-fait subjective, comme je l’ai découvert – et comme vous le découvrirez – demain matin ! Ainsi, après l’accueil inattendu et presque surréaliste d’hier (ah, si j’avais pu, j’aurais bien ramené en souvenir une table et des chaises du café du coin d’hier, et vous m’auriez pris encore plus – si cela était humainement possible – pour un hurluberlu … mais je crois qu’Emmaüs va m’aider en cette tâche ! – …) Bon, inutile de vous dire que ce matin, ça a été « cris et chuchotements », dans la maison de Youssef : « mais pourquoi donc vous partez ? et si vite ? et si tôt ? et … à pied ? (le neveu avait justement une voiture, et il se rendait justement dans cette direction, plein Est, alors quoi, j’aurais pu faire un effort, et retourner, vous avez deviné où, au café … du coin !). Ben non … allez, même steppe, mêmes herbes jaunes, même route (difficile de se tromper !), mêmes types de villages, mêmes signes de têtes ou de bras, même thé, même gratuité, bref … C’est sympa, ça évite de réfléchir, mais … c’est quand même un peu crevant … Alors, bien m’en a pris, j’avais prévu d’appliquer, comme en politique, la règle de l’alternance ! à savoir : hier chez l’habitant dans un village, ce soir une ville, et donc difficile d’éviter un p’tit hôtel ! d’où la réservation par Internet d’un p’tit hôtel à Kaynasli, plutôt style auberge de jeunesse pour routards ou habitants du cru en mal de Lires Turques … Et ce, en plein centre-ville. Alors pour m’aider à trouver cet hôtel à 5 heures de l’après-midi, alors que j’ai sué comme un bœuf en évacuant toute ma matière aqueuse, je m’aide des plans locaux et des conseils prodigués çà et là … Bref, ce sera une heure de plus de marche pour passer par le Nord, le Sud, puis l’Est et l’Ouest de l’agglomération, et enfin … le centre ville (au moins, je l’aurai visitée, Kaynasli) pour enfin trouver ce petit hôtel pas cher et bien sûr donc sans aucun confort, avec salle de bains au rez-de-chaussée (maintenant que vous savez ce que sont les WC à la turque, Amédée pourrait vous faire une dissertation sur les douches à la turque !) … Pour vous donner un tuyau, pas de douche à c’t’heure, car justement, ils réparent … le tuyau ! Je pars à l’assaut de la ville, mais certainement par la cause de la fatigue, cette ville me paraît sinistre … sale … bruyante … surpeuplée ! Quand même, un café Internet, avec une liaison épouvantable … Une bière, ce sera le médicament du jour, et au prix fort … Un dîner, en tête à tête avec moi-même … La musique, celle du Muezzin, le moral … oscillatoire ! Alors, crevé pour crevé, pas de témoin ce soir, vite – et vive ! – la chambre d’hôtel … Et je me fais des contes, mille et une histoires en une seule nuit, ou plutôt en seul conte en mille et une nuits. Du coup, une bonne chose, me voilà bien reposé le lendemain matin, pour me rendre compte : Que Chadli, le patron du petit hôtel est finalement vachement sympa, même si on n’arrive pas à se comprendre et à échanger un traitre mot … Que la ville est vachement jolie, avec ses rivières et ses ponts (vous n’aurez qu’à aller voir les photos, lol !) … Que les terrasses de café ont leur charme, de nuit comme de jour … Et donc qu’il suffit d’enfiler la bonne paire de lunettes de soleil – ou de lune ! – pour en voir toutes ses couleurs, et ainsi pour en avoir une bonne approche de la réalité, des lieux et des gens. Allez, la Turquie est un véritable kaléidoscope, il suffit de se turquifier un chouïa, comme ils disent par ici …

Jour J + 123 : Amédée

 

C’est vrai qu’en première approche, on s’attendait à mieux. Tout le monde nous disait : tu verras, cette ville, avec sa rivière et ses ponts, avec ses jeunes, elle est très sympa … Mais évidemment, pas très loin de la nuit tombante, les éléments minéraux, on les a pas trop zieutés … Et puis, tout cela est bien subjectif … Enfin le matin, on a pris le temps de longer la rivière et d’arpenter ses ponts colorés … Et j’ai trouvé un p’tit vieux sympa, il bougeait tellement peu et il était tellement doré qu’on aurait pu penser que c’était une statue … Mais en tout cas, il était un peu comme nous, avec son seau comme s’il péchait : un peu tristounet hier soir … Sans moi … radieux au soleil ce matin … Avec moi sur ses genoux ! ah, je suis le gentil lutin du coin, j’apporte le bonheur ! D’ailleurs, c’est un peu comme Chadli, le patron de l’hôtel, il a été radieux ce matin, nous proposant même un petit déjeuner avec … un thé, alors que c’était pas prévu ! Alors je ne sais pas ce que vous en pensez, d’accord, il fait pas cela pour la seule gloire, mais on peut lui dire, merci Chadli !
 
Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Chadli  de  Kaysani 

Chadli trône en haut de son escalier, dans son petit hôtel qui n’aurait certainement pas lieu d’être, dans notre vieux continent occidental … Moi, je trouve les lieux un peu sinistres, mais finalement … Bien content d’être arrivé. L’enregistrement de mon passeport sur son ordinateur va bien prendre une demi-heure, la douche, ce sera … au seau, mais me voilà bien avec un toit ! Et ce lendemain matin, alors que la veille ç’avait été un dialogue de sourds – mais surtout pas de muets –, tout se passe différemment. Il y eut un soir , il y eut un matin, est-il écrit quelque part … Eh bien, ce matin, il me faut commenter mon trajet à Chadli et donc lui sortir la carte de tout mon parcours, et du coup, son petit-déjeuner, ça déborde non pas de tomates-concombres-fromage-olives mais de toutes ces douceurs turques au sucre et au miel … Va falloir sacrément marcher pour évacuer tout cela ! Alors finalement, ce fut une bonne étape, avec Chadli peu vu – La qualité plus que la quantité ! Mais avec lui, les salutations de paix et de dialogue qu’il échange avec tous les clients de l’hôtel et qui rappellent le temps passé en Algérie, elles sont bien respectées et bien sincères, et c’est déjà cela la paix et le dialogue :

"Salam Aleikoum ! Aleikoum Slam ! Kerak ! Labès ! Rayah ! Préïr ! Amdodoulah !" (Chadli)
(intraduisible, cela donne à peu près cela : "La Paix soit sur toi ! Et sur toi, que la Paix soit aussi ! Comment ça a ? Ca va ! Tant mieux ! Et toi ? Aussi ! C’est bien, par Allah !" (et c’est tellement sincère)

mardi 6 septembre 2011

Jour J + 122 : Arifye (près d'Adapazari) => Gümüsova (47 kms - Total = 4016 kms)

 Information spéciale :

Cette fois, c’est passé tout seul ! Le quatrième mois se termine … aujourd’hui ! et de même aujourd’hui , la barre des 4000 kilomètres se franchit, telle le passage du Rubicon, toute seule – ou presque ! – …! Eh oui, mille bornes par mois, c’est pas mal, mais c’est pas extraordinaire, car, faut-il vous le dire encore une fois, c’est juste … ce qui était prévu ! Ca, ça n’a peut-être pas vraiment d’importance, tous ces chiffres, mais bon, nous, on en est bien heureux (et c’est vrai qu’on est heureux sur le chemin, même sans vous, mais c’est vrai que si vous nous faites encore plus signe, lol ! on sera encore plus heureux ! mais on se contente du tout comme du peu comme du juste milieu !) de fêter les quatre-mille bornes, et ce de la manière dont cela était prévu. Rappelez-vous, - c’était le 3 Juin dernier à Montdauphin en France, pour fêter le premier « mille » en France, on avait acheté une pochette de la Française des Jeux, qui s’appelle … « 1000 bornes ». Sur les sept jeux au grattage, on n’en avait gagné qu’un : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 2000 kms. Alors, comme on y croyait, on a donc racheté le 6 Juillet dernier à Klenovica en Croatie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Croatienne des jeux … Et c’est bizarre, une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 3000 kms. Alors, têtus comme on est, on a donc racheté le 10 Août à Skopje en Macédoine une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Macédonienne des jeux … Et c’est quand-même bizarre, une fois de plus, on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 4000 kms. Alors, de plus en plus entêtés, on a donc racheté ce matin à Adaparazi en Turquie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Turquoise des jeux – joli nom, non ?... Et c’est bizarre, y-a-t’il du truquage ? Une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité de rejouer là où on sera dans quelques semaines (et si on lit les règlements, ce sera pour les 5000 kilomètres – mais on n’y est pas –). Affaire à suivre donc ! Pour votre information, ma seconde paire de chaussures de marche se porte parfaitement bien, le bâton de marche est droit comme tout, fidèle au poste ; Amédée a eu quelques soucis, on l’a bien réparé ; mes vêtements commencent aussi à craquer, je vais me lancer dans la couture. Il fait un peu moins chaud … après 16 heures (heure souvent d’arrivée, lol !). Et enfin, pour vous faire la totale, l’estomac n’est pas trop dans les talons, mais il va très bien, grâce notamment à l’ingestion de … marc de café turc (vous devriez essayer, c’est … unique !). Bref, on marche toujours allègrement, plutôt plein Est, on va bientôt obliquer Sud-Est, et on vous le dira, dès qu’on entrevoit la Ville Céleste !!!


Pensée Spirituelle
"La qualité de notre vie ne se mesure pas à la nature des évènements et des rencontres dont nous devons faire l’expérience, mais à la personne que nous sommes quand nous faisons l’expérience de l’évènement et de la rencontre de l’autre"
(Guy FINLEY)
 
Péricope Coranique
"Celui-ci est du nombre des rapprochés (de Dieu), alors (il aura) du repos, de la grâce et un Jardin de délices. Et s'il est du nombre des gens de la droite, il sera [accueilli par ces mots]: «Paix à toi» de la part des gens de la droite."
(Sourate 56 [L’évènement], Versets 88 – 91)
 


Une si belle petite ville pimpante, décorée de guirlandes de poivrons, comme si c’était Noël (sauf qu’ici comme partout dans le monde islamique, Jésus n’est qu’un prophète, alors on ne fête pas sa naissance !). Quel plaisir de voir moins de monde sur la route, quel plaisir de voir des gens vraiment souriants sur le bord du fossé, quel calme dans la banlieue de la petite ville, préférable au centre sans grand caractère ! Une fois de plus, c’est le café du coin de la rue, avec ses tables dépareillées et ses chaises qui ont dû gagner le concours mondial du plus grand nombre de postérieurs posés, qui va être au cœur de cette bonne petite journée ! Il a fallu partir de bonne heure ce matin (05h45 pour tout vous dire, je n’ai même pas dit au revoir à Mehmet !) car les jours raccourcissent déjà, le soir, et puis, l’aurore, c’est superbe et – comme aurait dit Mémé - c’est « l’heure des braves » ! Pendant des heures, à droite et à gauche, devant et derrière, c’est toujours la même steppe, jaunâtre, écrasée par le soleil, sans oiseaux et sans animaux, la prochaine fois, je ferai ce parcours au Printemps (chiche !) … Je me fais héler sur le bord de la route, dans chaque petit village, je fréquente – presque – chaque petit café. Nouvelle technique, plutôt que de porter tout la journée de l’eau tiédasse, les gens me la proposent, cela permet d’amorcer la conversation, sans traduction simultanée ! Et voilà que 16 heures arrivent, il est temps de poser. Pas compliqué, je vous donne la recette : vous vous asseyez donc au café du coin, vous ne demandez rien, surtout pas d’alcool (car il vous fallait aller … dans un bar) ; et immédiatement, sans savoir ni comment ni pourquoi, on vous amène un petit verre de thé – que vous ne parviendrez quasiment jamais à payer ! –, et là, vous n’attendez pas longtemps avant que la seule personne du coin qui aligne trois mots d’anglais reçoive d’office la délégation de ses compères-piliers-de-café et vous demande : « Where are you from ? ». Là, vous répondez, vous expliquez –très sommairement – en quoi consiste cette très étrange idée d’être là (déjà si vous arrivez à faire ingurgiter : « France », « Jérusalem », « by foot », !!! …). Et puis ensuite vous faites le geste de vos deux mains collées en diagonale sur le côté de votre visage, lequel doit ressembler à la tour de Pise … Les gens vous disent « hôtel ? », vous répondez par la négative, que vous ne voulez pas … et voilà qu’il va y en avoir un qui se désigne, s’auto-proclamant logeur de pérégrin … Là, vous cherchez à confirmer auprès du volontaire, mais surtout, vous ne montrez aucun signe d’empressement, car l’heureux auto-élu ne va pas se lever avant une bonne demi-heure, le temps de finir son verre de thé … et vous le suivez. Vous arrivez alors chez lui, devant sa maison blanche aux huisseries marron et décorée donc de ces guirlandes de poivrons, là, vous pénétrez, vous saluez tout le monde (c’est mixte ici, ouf !). Et voilà ! parce que la suite … ben elle ne vous regarde pas, c’est de la vie privée !!! En bref, on vous loge où on peut, on fait au mieux pour vous satisfaire, vous vous lavez selon les moyens du bord, vous faites plaisir en mangeant de tout (et il y en a beaucoup, le tout servi en même temps, et il faut finir ! mais faites attention de limiter les dégâts qui surviendront peu de temps après … ). Bien-sûr vous pouvez entrer et sortir comme vous voulez, mais le plus souvent chaperonnés par un jeune fils de la maison qui va jouer le rôle de guide … Et enfin, le plus important !!! après le repas du soir, vous ne vous couchez surtout pas mais vous retournez avec votre hôte au fameux café, qui a toujours ses tables dépareillées et ses chaises qui entretemps ont augmenté leur chiffre de postérieurs posés (le livre des Records est en vue) … Et là, on vous sert un verre de thé … et vous attendez, renvoyez les sourires reçus, échangez un ou deux mots, à la limite vous ne pensez plus à rien, Bref, vous êtes bien ! Ah, c’est autre chose que le buffet d’une gare française ! voilà, cela peut varier, mais voilà en gros comment les gens ont le sens de l’accueil, ici, dans la Turquie anatolienne !

Jour J + 122 : Amédée


Non, Ben, il n’exagère pas, c’est ce que tous les routards croisés (c’est vrai qu’il y n’en a pas tant que cela) nous avaient prévenu : ici, en Anatolie, l’étranger est l’hôte de marque, dans les petits villages ! Et tout est couleur locale, les poivrons séchés (ceux-là, je vous les déconseille, c’est terrible comme décap’four), les murs blancs des maisons, mais aussi les véhicules ! Tiens, on en a vu un, sur la petite place, j’aurais pas aimé être le passager, il a dû être secoué … Finalement, allez, on retourne sur la terrasse de café, Ben, il fait une fois de plus une partie de Backgammon (et il se prend une vraie pâtée), mais là, au moins, on se fera pas écraser par quelque véhicule! Et puis ensuite, on rentrera bien sagement avec Youssef dans sa maison, et pourra lui dire, merci Youssef ! :

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Youssef  de  Gümüsova

Vous l’avez compris, l’heureux élu de ce soir, ce pourrait être moi, car je suis nourri - logé (et pour un peu, je pourrais être blanchi, mais ne poussons pas), mais c’est aussi Youssef, soixante-seize ans bien portant, fidèle du café du coin de la rue, de sa terrasse et de ses chaises, et il ne voudra pas que je le remercie. L’honneur est pour lui, d’après ce que je vais tenter de comprendre … et semble-t-il, l’honneur est aussi pour sa maison qui m’a accueilli, mais encore pour le café du coin, et … pour le village. J’ai l’air de pousser un peu le bouchon, mais, ils sont tellement accueillants les turcs, que ce doit être dans leurs neurones, voire dans leurs gênes ! Ils sont peut-être un peu fiers, mais de leur Anatolie, ça, ils peuvent en être fiers, il nous suffit, quand nous sommes avec eux … de rester à la fois à notre niveau et à leur portée !.
 
"Merci d’être entré dans notre modeste demeure et d’avoir partagé le repas et la vie de notre famille, que la Paix soit avec vous et avec tout ce que vous entreprenez !." (Youssef)

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