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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

jeudi 8 septembre 2011

Jour J + 124 : Kaynasli => Bolu (36 kms - Total = 4095 kms)

Pensée Spirituelle
"L’amour n’est pas forcément un sentiment réciproque. L’amitié au contraire me semble-t-il requiert toujours de la réciprocité. Je ne puis être l’ami de quelqu’un qui n’est pas mon ami"
(Francesco ALBERONI)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il se peut que Dieu établisse de l'amitié entre vous et ceux d'entre eux dont vous avez été les ennemis. Et Dieu est Omnipotent et Dieu est Pardonneur et Très Miséricordieux."
 (Sourate 60 [L’éprouvée], Verset 7)

 

L’amitié … n’est-ce pas ce que l’on recherche, telle une graine, ce que l’on veut planter, arroser, accompagner d’engrais, pour la faire fleurir et donner de beaux fruits ? Aujourd’hui, un peu exceptionnel, je ne vous parlerai pas de l’étape du jour … Belle étape, pas bien longue ( !), pas bien fatigante ( ?), pour arriver dans une belle ville (mais vous n’y êtes pas, alors cela manque de piment !). Une petite auberge sympa avec des discussions « légères et court vêtues » du point de vue nouveautés (merci quand-même à Alex-le-belge et à Inès et Omar-les-turcs pour ce bon petit repas de spécialités locales (qui ne va peut-être pas trop me réussir ?)) … Mais j’ai plus envie d’évoquer un mot, l’amitié … Celle que finalement je rencontre depuis quatre mois, celle d’un soir, d’une nuit, d’une journée, ou d’une minute, quelle importance, celle qui peut être éphémère ou qui peut se prolonger, se reproduire à intervalles plus ou moins réguliers, celle d’une étape, celle du genre humain … Tant de témoins de la rencontre, tant de rencontres et de témoignages, c’est bien finalement cela qui est le plus important. Ce ne sont pas les quelques photos prises çà et là, ce ne sont pas les milliers de kilomètres parcourus et donc les millions de pas effectués, ce ne sont pas les couchers de soleil, les bains dans la mer salée, les thés sur les terrasses des cafés, ce sont bien les petits moments dignes de cette « drôle de chose » que l’on appelle … l’amitié ! Et c’est bien cela que j’ai par exemple bien ressenti, pas tout près d’ici, à Bursa avec « l’ami Mujdat » que vous devriez aller vous-mêmes rencontrer, mes amis ! et lui-aussi vous parlera à la fois d’amitié … et de solidarité !

Jour J + 124 : Amédée



Chez Mujdat, dans son appartement balnéaire (car chez lui en ville, nous dit-il, c’est trop petit pour « bien nous recevoir », le gag c’était qu’il n’y avait pas d’eau … C’est pas la première fois que cela nous arrive ! mais c’était un appartement vachement sympa. Bon d’accord, il y a un peu de rafraîchissement, d’ameublement et de décoration à faire (mais Mujdat, il a pas trop le temps d’y aller) … Mais bon, on s’y est bien plu ! et ce qui m’a vraiment beaucoup intéressé, c’est ce buffet dans le séjour avec au centre cette vitrine pleine de miroirs … Au milieu des tasses à café, j’avais l’impression de me trouver dans un manège d’Euro Disney. Je me voyais de partout et comme disait cette chère Edith, ça m’a fait tourner la tête … Et évidemment, un coup de vent est arrivé et la porte de la vitrine s’est refermée, j’ai perdu toutes mes couleurs, au point de devenir invisible … Mais pas grave, je me suis bien amusé … Et ça m’a permis de reparcourir à toute allure ces quatre premiers mois (déjà …), d’oublier mes multiples fractures ! Et c’est là que j’ai vraiment compris le vrai sens de l’amitié, avec tous nos hôtes, avec Ben, avec vous, les amis ! Et tous cela grâce à celui qui nous a si bien accueillis. Merci pour ta solide amitié venue quelque peu du fruit du hasard, merci Mujdat !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :
 Mujdat  de  Bolu 

Mujdat, c’est encore un hôte « Couchsurfing » … On m’avait dit que Bursa était une belle ville, alors j’ai voulu y faire un saut …D’où un p’tit trajet aller-retour en bus, rien que pour cela … Bien-sûr, la ville est superbe, première capitale ottomane, avant Istanbul, ayant développé jusqu’au siècle dernier une très importante industrie de textile en soie, depuis tellement industrielle qu’elle en est encore aux prémices du tourisme … Avec de superbes monuments qui mériteraient que plus d’un touriste s’y rende, un bazar avec des étalages de fruits colorés qui font tous plus envie les uns que les autres … Une mosquée avec – rarissime – une fontaine à l’intérieur, une des toutes premières représentations du système solaire gravée dans le bois de la chaire et de superbes calligraphies sur les murs, … C’est tout cela, Bursa … Mais ce qu’il y a surtout à retenir de cet éphémère passage, en plus de cette ville de – quand même – trois millions d’habitants qui finalement a autant d’intérêts qu’Istanbul, Izmir ou Antalya, c’est Mujdat lui-même … Je suis la première personne qu’il reçoit … Alors c’est littéralement les petits plats dans les grands : repas de poisson le soir, nous faisons connaissance … Mujdat me confie son appartement balnéaire pour que je sois parfaitement logé, comme un prince … Et le lendemain matin, Mujdat prend de son temps professionnel pour m’offrir un petit déjeuner d’émir dans un ancien caravansérail et me faire visiter « sa » ville, celle où il a toujours vécu, celle qu’il aime … Il a travaillé des années dans une usine Fiat ici, puis la crise économique est venue, on l’a remercié … Et le voilà son propre patron dans sa propre entreprise d’agent immobilier. Il en apprécie la liberté dans les horaires, la libre entreprise … Il ne lui reste plus qu’à trouver une gentille épouse … Et ainsi, certainement que Mujdat pourra mettre suffisamment d’argent de côté pour qu’ils puissent venir en France … et alors certainement que vous le rencontrerez, car Mujdat, il est vraiment extra, avec ses valeurs affirmées. Musulman convaincu, il pratique le Ramazan et la venue à la Mosquée le vendredi midi. Tolérant, il est. Instruit et instructif; il le prouve, ouvert aux grandes causes mondiales (ainsi la lutte contre la faim en Somalie) qu’il veut défendre … à seulement 33 ans, Mujdat est l’un des phares de mon périple ! :

"Benoît is the most interesting and kind friend I’ve ever had. First at all, I really wanted to meet him when I heard about his sacred aim. It seemed unbelievable to me to walk all this route by walk. I feel myself very lucky to meet him because at that time we need very much people who wants to do something for the peace of world. I hope he will tell everyone his sacred objective in all the cities he visit. And one day all people in the world have the peace which Atatürk says: “PEACE AT HOME, PEACE IN THE WORLD” … The most amazing thing he told me was the opinion of greek people about Turkey. He said greek people said negative things but Turkish people all says positive things about them … So, I hope one day they and the other European countries leave their prejudices about Turkey and we live in peace forever. (Mujdat)
 (Benoît est l’ami le plus intéressant et le plus sympathique que j’ai jamais eu. Tout d’abord, je voulais vraiment le rencontrer quand j’ai entendu parler de son sacré projet. Il me semblait incroyable de parcourir toute cette distance selon une promenade à pied. Je me trouve moi-même très chanceux de le rencontrer parce qu’en ce moment nous avons besoin de beaucoup plus de gens qui veulent faire quelque chose pour la paix dans le monde. J’espère qu’il pourra expliquer à tous son sacré objectif, dans toutes les villes qu’il va traverser, et qu’un jour tous les peuples de la terre pourront disposer de la paix telle d’Atatürk la décrit : « LA PAIX CHEZ SOI, LA PAIX DANS LE MONDE ». La chose la plus amusante que Benoît m’ai dite concernait l’opinion qu’ont certains grecs au sujet de la Turquie. Il m’a dit que certains grecs exprimaient des opinions négatives envers le peuple turc, mais le peuple turc n’exprime que des opinions positives envers ces gens. C’est pourquoi j’espère bien qu’un jour eux et les autres pays européens laisseront de côté leurs préjugés envers la Turquie, et qu’ainsi nous vivrons tous en paix pour toujours.)

mercredi 7 septembre 2011

Jour J + 123 : Gümüsova => Kaynasli (43 kms - Total = 4059 kms)

Pensée Spirituelle
"Il y fait rudement chaud, pour une si petite ville !"
(Alphonse ALLAIS)
Péricope Coranique
"Et Dieu propose en parabole une ville. Elle était en sécurité, tranquille. Sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bienfaits de Dieu. Dieu lui fit alors goûter la violence de la faim et de la peur [en punition] de ce qu'ils faisaient."
(Sourate 128 [Les abeilles], Verset 112)
La ville, véritable ruche d’abeilles ouvrières, comme le dit cette sourate … Comme toujours, sans aucun manichéisme de ma part, si un jour c’est blanc (ou plutôt blanchâtre) le lendemain, cela risque d’être noir (ou plutôt noirâtre) … Mais cela risque de n’être qu’une impression, tout-à-fait subjective, comme je l’ai découvert – et comme vous le découvrirez – demain matin ! Ainsi, après l’accueil inattendu et presque surréaliste d’hier (ah, si j’avais pu, j’aurais bien ramené en souvenir une table et des chaises du café du coin d’hier, et vous m’auriez pris encore plus – si cela était humainement possible – pour un hurluberlu … mais je crois qu’Emmaüs va m’aider en cette tâche ! – …) Bon, inutile de vous dire que ce matin, ça a été « cris et chuchotements », dans la maison de Youssef : « mais pourquoi donc vous partez ? et si vite ? et si tôt ? et … à pied ? (le neveu avait justement une voiture, et il se rendait justement dans cette direction, plein Est, alors quoi, j’aurais pu faire un effort, et retourner, vous avez deviné où, au café … du coin !). Ben non … allez, même steppe, mêmes herbes jaunes, même route (difficile de se tromper !), mêmes types de villages, mêmes signes de têtes ou de bras, même thé, même gratuité, bref … C’est sympa, ça évite de réfléchir, mais … c’est quand même un peu crevant … Alors, bien m’en a pris, j’avais prévu d’appliquer, comme en politique, la règle de l’alternance ! à savoir : hier chez l’habitant dans un village, ce soir une ville, et donc difficile d’éviter un p’tit hôtel ! d’où la réservation par Internet d’un p’tit hôtel à Kaynasli, plutôt style auberge de jeunesse pour routards ou habitants du cru en mal de Lires Turques … Et ce, en plein centre-ville. Alors pour m’aider à trouver cet hôtel à 5 heures de l’après-midi, alors que j’ai sué comme un bœuf en évacuant toute ma matière aqueuse, je m’aide des plans locaux et des conseils prodigués çà et là … Bref, ce sera une heure de plus de marche pour passer par le Nord, le Sud, puis l’Est et l’Ouest de l’agglomération, et enfin … le centre ville (au moins, je l’aurai visitée, Kaynasli) pour enfin trouver ce petit hôtel pas cher et bien sûr donc sans aucun confort, avec salle de bains au rez-de-chaussée (maintenant que vous savez ce que sont les WC à la turque, Amédée pourrait vous faire une dissertation sur les douches à la turque !) … Pour vous donner un tuyau, pas de douche à c’t’heure, car justement, ils réparent … le tuyau ! Je pars à l’assaut de la ville, mais certainement par la cause de la fatigue, cette ville me paraît sinistre … sale … bruyante … surpeuplée ! Quand même, un café Internet, avec une liaison épouvantable … Une bière, ce sera le médicament du jour, et au prix fort … Un dîner, en tête à tête avec moi-même … La musique, celle du Muezzin, le moral … oscillatoire ! Alors, crevé pour crevé, pas de témoin ce soir, vite – et vive ! – la chambre d’hôtel … Et je me fais des contes, mille et une histoires en une seule nuit, ou plutôt en seul conte en mille et une nuits. Du coup, une bonne chose, me voilà bien reposé le lendemain matin, pour me rendre compte : Que Chadli, le patron du petit hôtel est finalement vachement sympa, même si on n’arrive pas à se comprendre et à échanger un traitre mot … Que la ville est vachement jolie, avec ses rivières et ses ponts (vous n’aurez qu’à aller voir les photos, lol !) … Que les terrasses de café ont leur charme, de nuit comme de jour … Et donc qu’il suffit d’enfiler la bonne paire de lunettes de soleil – ou de lune ! – pour en voir toutes ses couleurs, et ainsi pour en avoir une bonne approche de la réalité, des lieux et des gens. Allez, la Turquie est un véritable kaléidoscope, il suffit de se turquifier un chouïa, comme ils disent par ici …

Jour J + 123 : Amédée

 

C’est vrai qu’en première approche, on s’attendait à mieux. Tout le monde nous disait : tu verras, cette ville, avec sa rivière et ses ponts, avec ses jeunes, elle est très sympa … Mais évidemment, pas très loin de la nuit tombante, les éléments minéraux, on les a pas trop zieutés … Et puis, tout cela est bien subjectif … Enfin le matin, on a pris le temps de longer la rivière et d’arpenter ses ponts colorés … Et j’ai trouvé un p’tit vieux sympa, il bougeait tellement peu et il était tellement doré qu’on aurait pu penser que c’était une statue … Mais en tout cas, il était un peu comme nous, avec son seau comme s’il péchait : un peu tristounet hier soir … Sans moi … radieux au soleil ce matin … Avec moi sur ses genoux ! ah, je suis le gentil lutin du coin, j’apporte le bonheur ! D’ailleurs, c’est un peu comme Chadli, le patron de l’hôtel, il a été radieux ce matin, nous proposant même un petit déjeuner avec … un thé, alors que c’était pas prévu ! Alors je ne sais pas ce que vous en pensez, d’accord, il fait pas cela pour la seule gloire, mais on peut lui dire, merci Chadli !
 
Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Chadli  de  Kaysani 

Chadli trône en haut de son escalier, dans son petit hôtel qui n’aurait certainement pas lieu d’être, dans notre vieux continent occidental … Moi, je trouve les lieux un peu sinistres, mais finalement … Bien content d’être arrivé. L’enregistrement de mon passeport sur son ordinateur va bien prendre une demi-heure, la douche, ce sera … au seau, mais me voilà bien avec un toit ! Et ce lendemain matin, alors que la veille ç’avait été un dialogue de sourds – mais surtout pas de muets –, tout se passe différemment. Il y eut un soir , il y eut un matin, est-il écrit quelque part … Eh bien, ce matin, il me faut commenter mon trajet à Chadli et donc lui sortir la carte de tout mon parcours, et du coup, son petit-déjeuner, ça déborde non pas de tomates-concombres-fromage-olives mais de toutes ces douceurs turques au sucre et au miel … Va falloir sacrément marcher pour évacuer tout cela ! Alors finalement, ce fut une bonne étape, avec Chadli peu vu – La qualité plus que la quantité ! Mais avec lui, les salutations de paix et de dialogue qu’il échange avec tous les clients de l’hôtel et qui rappellent le temps passé en Algérie, elles sont bien respectées et bien sincères, et c’est déjà cela la paix et le dialogue :

"Salam Aleikoum ! Aleikoum Slam ! Kerak ! Labès ! Rayah ! Préïr ! Amdodoulah !" (Chadli)
(intraduisible, cela donne à peu près cela : "La Paix soit sur toi ! Et sur toi, que la Paix soit aussi ! Comment ça a ? Ca va ! Tant mieux ! Et toi ? Aussi ! C’est bien, par Allah !" (et c’est tellement sincère)

mardi 6 septembre 2011

Jour J + 122 : Arifye (près d'Adapazari) => Gümüsova (47 kms - Total = 4016 kms)

 Information spéciale :

Cette fois, c’est passé tout seul ! Le quatrième mois se termine … aujourd’hui ! et de même aujourd’hui , la barre des 4000 kilomètres se franchit, telle le passage du Rubicon, toute seule – ou presque ! – …! Eh oui, mille bornes par mois, c’est pas mal, mais c’est pas extraordinaire, car, faut-il vous le dire encore une fois, c’est juste … ce qui était prévu ! Ca, ça n’a peut-être pas vraiment d’importance, tous ces chiffres, mais bon, nous, on en est bien heureux (et c’est vrai qu’on est heureux sur le chemin, même sans vous, mais c’est vrai que si vous nous faites encore plus signe, lol ! on sera encore plus heureux ! mais on se contente du tout comme du peu comme du juste milieu !) de fêter les quatre-mille bornes, et ce de la manière dont cela était prévu. Rappelez-vous, - c’était le 3 Juin dernier à Montdauphin en France, pour fêter le premier « mille » en France, on avait acheté une pochette de la Française des Jeux, qui s’appelle … « 1000 bornes ». Sur les sept jeux au grattage, on n’en avait gagné qu’un : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 2000 kms. Alors, comme on y croyait, on a donc racheté le 6 Juillet dernier à Klenovica en Croatie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Croatienne des jeux … Et c’est bizarre, une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 3000 kms. Alors, têtus comme on est, on a donc racheté le 10 Août à Skopje en Macédoine une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Macédonienne des jeux … Et c’est quand-même bizarre, une fois de plus, on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 4000 kms. Alors, de plus en plus entêtés, on a donc racheté ce matin à Adaparazi en Turquie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Turquoise des jeux – joli nom, non ?... Et c’est bizarre, y-a-t’il du truquage ? Une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité de rejouer là où on sera dans quelques semaines (et si on lit les règlements, ce sera pour les 5000 kilomètres – mais on n’y est pas –). Affaire à suivre donc ! Pour votre information, ma seconde paire de chaussures de marche se porte parfaitement bien, le bâton de marche est droit comme tout, fidèle au poste ; Amédée a eu quelques soucis, on l’a bien réparé ; mes vêtements commencent aussi à craquer, je vais me lancer dans la couture. Il fait un peu moins chaud … après 16 heures (heure souvent d’arrivée, lol !). Et enfin, pour vous faire la totale, l’estomac n’est pas trop dans les talons, mais il va très bien, grâce notamment à l’ingestion de … marc de café turc (vous devriez essayer, c’est … unique !). Bref, on marche toujours allègrement, plutôt plein Est, on va bientôt obliquer Sud-Est, et on vous le dira, dès qu’on entrevoit la Ville Céleste !!!


Pensée Spirituelle
"La qualité de notre vie ne se mesure pas à la nature des évènements et des rencontres dont nous devons faire l’expérience, mais à la personne que nous sommes quand nous faisons l’expérience de l’évènement et de la rencontre de l’autre"
(Guy FINLEY)
 
Péricope Coranique
"Celui-ci est du nombre des rapprochés (de Dieu), alors (il aura) du repos, de la grâce et un Jardin de délices. Et s'il est du nombre des gens de la droite, il sera [accueilli par ces mots]: «Paix à toi» de la part des gens de la droite."
(Sourate 56 [L’évènement], Versets 88 – 91)
 


Une si belle petite ville pimpante, décorée de guirlandes de poivrons, comme si c’était Noël (sauf qu’ici comme partout dans le monde islamique, Jésus n’est qu’un prophète, alors on ne fête pas sa naissance !). Quel plaisir de voir moins de monde sur la route, quel plaisir de voir des gens vraiment souriants sur le bord du fossé, quel calme dans la banlieue de la petite ville, préférable au centre sans grand caractère ! Une fois de plus, c’est le café du coin de la rue, avec ses tables dépareillées et ses chaises qui ont dû gagner le concours mondial du plus grand nombre de postérieurs posés, qui va être au cœur de cette bonne petite journée ! Il a fallu partir de bonne heure ce matin (05h45 pour tout vous dire, je n’ai même pas dit au revoir à Mehmet !) car les jours raccourcissent déjà, le soir, et puis, l’aurore, c’est superbe et – comme aurait dit Mémé - c’est « l’heure des braves » ! Pendant des heures, à droite et à gauche, devant et derrière, c’est toujours la même steppe, jaunâtre, écrasée par le soleil, sans oiseaux et sans animaux, la prochaine fois, je ferai ce parcours au Printemps (chiche !) … Je me fais héler sur le bord de la route, dans chaque petit village, je fréquente – presque – chaque petit café. Nouvelle technique, plutôt que de porter tout la journée de l’eau tiédasse, les gens me la proposent, cela permet d’amorcer la conversation, sans traduction simultanée ! Et voilà que 16 heures arrivent, il est temps de poser. Pas compliqué, je vous donne la recette : vous vous asseyez donc au café du coin, vous ne demandez rien, surtout pas d’alcool (car il vous fallait aller … dans un bar) ; et immédiatement, sans savoir ni comment ni pourquoi, on vous amène un petit verre de thé – que vous ne parviendrez quasiment jamais à payer ! –, et là, vous n’attendez pas longtemps avant que la seule personne du coin qui aligne trois mots d’anglais reçoive d’office la délégation de ses compères-piliers-de-café et vous demande : « Where are you from ? ». Là, vous répondez, vous expliquez –très sommairement – en quoi consiste cette très étrange idée d’être là (déjà si vous arrivez à faire ingurgiter : « France », « Jérusalem », « by foot », !!! …). Et puis ensuite vous faites le geste de vos deux mains collées en diagonale sur le côté de votre visage, lequel doit ressembler à la tour de Pise … Les gens vous disent « hôtel ? », vous répondez par la négative, que vous ne voulez pas … et voilà qu’il va y en avoir un qui se désigne, s’auto-proclamant logeur de pérégrin … Là, vous cherchez à confirmer auprès du volontaire, mais surtout, vous ne montrez aucun signe d’empressement, car l’heureux auto-élu ne va pas se lever avant une bonne demi-heure, le temps de finir son verre de thé … et vous le suivez. Vous arrivez alors chez lui, devant sa maison blanche aux huisseries marron et décorée donc de ces guirlandes de poivrons, là, vous pénétrez, vous saluez tout le monde (c’est mixte ici, ouf !). Et voilà ! parce que la suite … ben elle ne vous regarde pas, c’est de la vie privée !!! En bref, on vous loge où on peut, on fait au mieux pour vous satisfaire, vous vous lavez selon les moyens du bord, vous faites plaisir en mangeant de tout (et il y en a beaucoup, le tout servi en même temps, et il faut finir ! mais faites attention de limiter les dégâts qui surviendront peu de temps après … ). Bien-sûr vous pouvez entrer et sortir comme vous voulez, mais le plus souvent chaperonnés par un jeune fils de la maison qui va jouer le rôle de guide … Et enfin, le plus important !!! après le repas du soir, vous ne vous couchez surtout pas mais vous retournez avec votre hôte au fameux café, qui a toujours ses tables dépareillées et ses chaises qui entretemps ont augmenté leur chiffre de postérieurs posés (le livre des Records est en vue) … Et là, on vous sert un verre de thé … et vous attendez, renvoyez les sourires reçus, échangez un ou deux mots, à la limite vous ne pensez plus à rien, Bref, vous êtes bien ! Ah, c’est autre chose que le buffet d’une gare française ! voilà, cela peut varier, mais voilà en gros comment les gens ont le sens de l’accueil, ici, dans la Turquie anatolienne !

Jour J + 122 : Amédée


Non, Ben, il n’exagère pas, c’est ce que tous les routards croisés (c’est vrai qu’il y n’en a pas tant que cela) nous avaient prévenu : ici, en Anatolie, l’étranger est l’hôte de marque, dans les petits villages ! Et tout est couleur locale, les poivrons séchés (ceux-là, je vous les déconseille, c’est terrible comme décap’four), les murs blancs des maisons, mais aussi les véhicules ! Tiens, on en a vu un, sur la petite place, j’aurais pas aimé être le passager, il a dû être secoué … Finalement, allez, on retourne sur la terrasse de café, Ben, il fait une fois de plus une partie de Backgammon (et il se prend une vraie pâtée), mais là, au moins, on se fera pas écraser par quelque véhicule! Et puis ensuite, on rentrera bien sagement avec Youssef dans sa maison, et pourra lui dire, merci Youssef ! :

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Youssef  de  Gümüsova

Vous l’avez compris, l’heureux élu de ce soir, ce pourrait être moi, car je suis nourri - logé (et pour un peu, je pourrais être blanchi, mais ne poussons pas), mais c’est aussi Youssef, soixante-seize ans bien portant, fidèle du café du coin de la rue, de sa terrasse et de ses chaises, et il ne voudra pas que je le remercie. L’honneur est pour lui, d’après ce que je vais tenter de comprendre … et semble-t-il, l’honneur est aussi pour sa maison qui m’a accueilli, mais encore pour le café du coin, et … pour le village. J’ai l’air de pousser un peu le bouchon, mais, ils sont tellement accueillants les turcs, que ce doit être dans leurs neurones, voire dans leurs gênes ! Ils sont peut-être un peu fiers, mais de leur Anatolie, ça, ils peuvent en être fiers, il nous suffit, quand nous sommes avec eux … de rester à la fois à notre niveau et à leur portée !.
 
"Merci d’être entré dans notre modeste demeure et d’avoir partagé le repas et la vie de notre famille, que la Paix soit avec vous et avec tout ce que vous entreprenez !." (Youssef)

lundi 5 septembre 2011

Jour J + 121 : Izmit => Arifye (près d'Adapazari) (42 kms - Total = 3969 kms)

Pensée Spirituelle
"Dans un figuier, aucune feuille n’est pareille à une autre. Elles sont toutes différentes de forme, cependant chacune crie « figuier ! »"
(Henri MATISSE)

Péricope Biblique
"Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l'été est proche"
(Mt 24, 32 // Mc 13, 28)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Par le figuier et l'olivier ! Et par le Mont Sinin ! Et par cette Cité sûre ! Nous avons certes créé l'homme dans la forme la plus parfaite. Ensuite, Nous l'avons ramené au niveau le plus bas, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres : ceux-là auront une récompense jamais interrompue. Après cela, qu'est-ce qui te fait traiter la rétribution de mensonge ? Dieu n'est-Il pas le plus sage des Juges ?."
(Sourate 95 [Le figuier], les 8 Versets)



L’aspect symbolique interreligieux du figuier … Après la première partie du triptyque sur les arbres sacrés de la Bible, sur l’olivier, déjà évoqué précédemment (attention, interro écrite le lendemain de mon retour …), j’avais prévu, pourquoi donc ? De vous évoquer aujourd’hui la partie centrale de ce triptyque : le figuier … peut-être vous demandez-vous pourquoi ? et pourquoi la partie centrale ? eh bien parce que cet arbre est évoqué à la fois dans la Bible vétérotestamentaire et néotestamentaire (et oui, le Premier testament et le Nouveau testament) … mais aussi dans le Coran, où il occupe la vedette d’une sourate, en lui donnant son titre … bel exemple interreligieux, non ? et tout à fait en adéquation avec notre rencontre quotidienne ! donc le figuier … que peut-on en dire ? Ici, ça pousse tout seul (et même en Normandie, où il y a des farfelus – on se demande bien qui ? – qui en ont planté dans leur jardin …), que ça donne de fruits supers, qui d’après Jésus apparaissent avant les feuilles … lesquelles ont été bien utiles à nos géniteurs naturistes (souvenez-vous en effet la mésaventure d’Adam et Eve : « Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent, et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuiers et s’en firent des pagnes » (Gn 3, 7))!

Donc voilà, le figuier représente la vie, et cela a pris une connotation nationale, historique. Celle du peuple et sa Renaissance … On pense ici bien-sûr à tous les peuples qui ont été bridés, voire opprimés et qui ont réussi ou qui sont en train de tenter de retrouver leur souveraineté intérieure (pensons à la Turquie ici présente, nouveau pays « libre » depuis 1923, ou à la Syrie, épine sous peu de cette périgrination) … Ainsi, le figuier a pu sécher durant des années, voire des millénaires, et reçoit la vie maintenant , notamment grâce au Seigneur (qu’il s’appelle YHWH, Dieu ou Allah …) qui redonne la vie au figuier qu'Il a lui-même desséché. Car alors les branches (re-) deviennent tendres, la sève (re-)monte et les fruits (ré-)apparaissent, prêts à murir et à être dégustés, crus ou séchés, pour notre plus grand plaisir ! (mais attention ! en même temps, attention aux mauvaises figues, qui évoquent … les mauvaises gens et le peuple corrompu !). Voilà un beau signe de plus, dans le domaine du Dialogue interreligieux, qu’en pensez-vous ?

Mais quel rapport avec aujourd’hui ? eh bien simplement que par le plus grand des hasards, j’ai rencontré … Mehmet ! Mehmet, je l’ai rencontré … dans le train qui m’a mené de la fin de mon étape d’aujourd’hui, Arifye, à la ville d’Adaparazi où je pouvais trouver un hébergement (on commence à rentrer dans la Turquie profonde …). Je m’assieds pour cette courte distance, Mehmet s’assied juste à côté et nous commençons la conversation habituelle ! Et très vite, Mehmet me pose la question « piège » : « Do you like Islam ? » … mais il suffisait de rebondir ! Je lui sors la carte de visite (merci laulau !) avec le nom de l’association et le nom du blog, et je lui explique que dès lors que l’on marche pour le Dialogue interreligieux et que l’on met par-ci par-là des péricopes coraniques, on ne peut rejeter L’Islam … Mais qu’au contraire il faut le connaître et le comprendre, avec ses atouts et ses limites … Comme et aux côtés des autres religions ! et là, nos voisins de train ont dû pester du fait de nos décibels … Car tel un magicien, je sors de mon sac un chapelet de prière musulman (je commence à en faire collection …) et Mehmet m’explique comment cela marche et ce qu’il faut dire ! et ça continue ensuite, ce qui fait qu’on se reverra, Inch’Allah !!! » … Bref, nous voilà donc à Adaparazi, ville située à proximité de la faille nord-anatolienne et qui subit régulièrement une forte activité sismique (elle a été notamment gravement touchée par le tremblement de terre de Marmara le 17 août 1999). Donc vous n’en verrez pas de photos, braves gens, rêvez plutôt … du figuier, de ses branches, de ses feuilles et de ses fruits … et si vous le souhaitez, reposez-vous à son ombre, vous en sortirez … régénérés !!!

Jour J + 121 : Amédée


Nous aurions pu faire la sieste sous le figuier … mais il y en avait partout sauf dans le petit hôtel indiqué par Mehmet … J’ai préféré aller me balader dans l’hôtel, et dans une petite pièce exigüe contigüe à notre chambre. Je suis tombé dans une réflexion profonde : à quoi sert donc ce trou au milieu de la pièce … Ben, il m’a dit de chercher, je me suis dit que c’était peut-être pour planter un figuier ? Eh bien non, m’a dit le patron, c’est typiquement d’ici, une fantaisie … « à la turque ». Vous avez trouvé ? ou bien je vous fais un dessin sur du papier assez fin et en rouleaux, qui se trouvait juste à côté … Bon, j’y suis pas resté longtemps, car il y a du monde qui frappait à la porte, assez pressé semble-t-il ! Et puisque c’est comme cela, je vais retrouver notre ami du jour, qui vient de rentrer du boulot, et qui me paye un pot ainsi qu’à Ben : merci Mehmet !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Mehmet  de  Arifye

Mehmet, il habite avec sa famille tout près de l’ « hippodrome » et de la mosquée Sultan Hammet, à Istanbul ! Mais il n'y est pas souvent, car, travaillant dans une entreprise liée à l’eau, il est sans cesse en déplacement, dans tous les coins de Turquie ou dans les pays limitrophes, pour des durées de quatre à six mois. Et aujourd’hui, il se rend justement à son nouveau boulot … Ce sera donc l‘éloignement de sa famille, mais Mehmet, il est fataliste. Il faut bien si on veut gagner l’argent de la famille, Elamdulah ! Mehmet, comme il dit, il est ouvrier, il a pas fait du tout d’études, mais il apprend l’anglais par lui-même, car il veut progresser, et … il se débrouille bien. Nos conversations, commencées dans le train, sont très profondes, il est pour moi un véritable initiateur de l’Islam et de ses pratiques … et on poursuit ensuite … et p’têt ben qu’on poursuivra ensuite, car lui aussi va peut-être montrer un jour son nez dans l’hexagone ! en tout cas, plus adorable, plus ouvert mais aussi plus discret que Mehmet, pas possible !

"Un pèlerinage, moi aussi je dois le faire, à La Mecque … mais j’aimerais aussi venir une semaine en vacances en France ! et vous m’invitez ! Merci, merci aussi pour ce merveilleux moment passés ensemble. Vous avez eu l’air passionné par l’Islam, moi je le suis par votre démarche. Je vais vous suivre avec mes filles sur votre blog. Qu’Allah le Miséricordieux soit sur vous ! Elhamdula !" (Mehmet)

dimanche 4 septembre 2011

Jour J + 120 : Muallim (près de Gebze) => Izmit (42 kms - Total = 3927 kms)

Pensée Spirituelle
"Avec la liberté de celui que la culture n’a pas entièrement englouti, le vagabond de la musique ramasse le morceau de verre qu’il trouve sur la route et le tend vers le soleil pour en faire jaillir mille couleurs"
(Theodor Wisengrund ADORNO)
 
Péricope Coranique
"N'as-tu pas vu que, du ciel, Dieu fait descendre l'eau ? Puis nous en faisons sortir des fruits de couleurs différentes. Et dans les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, de couleurs différentes, et des roches excessivement noires. Il y a pareillement des couleurs différentes, parmi les hommes, les animaux et les bestiaux. Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Dieu. Dieu est, certes, Puissant et Pardonneur."(Sourate 35 [Le Créateur], Versets 27 – 28)


"Avec un voyage pareil, vous devez en voir de toutes les couleurs !" : Voilà la réflexion entendue ce matin de la part de touristes japonais sur le bord de la plage, en prenant un petit thé juste avant de partir … C’est vrai, mais dans quel sens ? Si c’est dans le sens négatif, celui de la fatigue, des soucis de santé, des rencontres ou de l’insécurité, même pas vrai ! Non que je sois un surhomme, mais à part, pour le fun, une certaine bassine pleine d’épluchures de patates tombée à mes pieds de par les lois de la gravitation universelle dans une petite ville de Croatie (peut-être vous en souvenez-vous ?), rien, non vraiment rien de rien n’a pu affadir ou obscurcir les couleurs de ce voyage : soleil radieux, bien sûr parfois un peu voilé, sur toute la ligne ! car les couleurs ont été – et seront aussi, espérons-le – celles des paysages et des sites, des rencontres et des discussions, des repas et des rires … bref, la couleur de la vie ! Ainsi, pour prendre un exemple au hasard, Izmit, ville destination d’aujourd’hui après une bonne petite marche sous le cagna. Le trajet fut super, bien calme, normal, on est Dimanche, jour de congés ici pour clôturer la fin du Ramazan … Les gens croisés, dont la plupart ont sorti leurs tenues de fêtes de … couleurs vives, sont sympas, petits signes de la main … Par contre, pour contrebalancer, une demi-teinte, celle de l’arrivée dans cette grande ville, déserte en ce début d’après-midi, pas terrible et poussiéreuse, reflétant une activité assez industrielle … Mais c’est ici que se trouve une fois encore un petit hôtel où la rencontre va être amusante, avec deux jeunes italiens, trouvés à la terrasse d’un bar. Très rapidement, on prend la décision d’occuper une chambre à trois, histoire d’économiser … Mais uniquement sur le plan financier ! car avec ce jeune couple en provenance de Turin, on a parlé … déjà de Turin, cette belle ville traversée début Juin, mais aussi de l’Italie, des italiens – et des italiennes ! –, des jumelages et de mon périple. L’idée leur plait, les thèmes de la Paix et des religions aussi, mais voilà le problème (si problème il y a …) : ils n’aiment pas trop marcher (alors ils ne m’accompagneront pas …). Mais, serais-je catalyseur ? nous partons peu après à l’assaut de la ville pour faire le tour des monuments dont les mosquées, histoire de trouver sur leurs murs quelques panneaux en faïences … d’Izmit justement (car les faïences d'Iznik – ou Izmit – sont parmi les meilleurs exemples de l'art ottoman), pleines de couleurs ! voilà bien un signe d’une journée et d’une rencontre « haute en couleurs » … car la vie est un prisme, à travers laquelle la lumière passe et sort de toutes les couleurs !

Jour J + 120 : Amédée


Dans le jardin de l’hôtel, j’ai eu l’idée d’apporter un peu de couleurs au lieu. Tout y était vert, vert comme la chlorophylle, comme les pots de fleurs faits à partir de bidons de récupération, vert comme les agrumes pas encore mûrs, vert peut-être aussi comme la couleur de l’Islam. Bref, un vrai tableau monochrome ! Alors, moi j’ai grimpé aux arbres j’ai rajouté du orange et du rouge, du bleu, du blanc et du noir, tel un fruit imaginaire, certes, mais multicolore, un fruit non défendu, et par ces couleurs, ce petit jardin un peu tristounet est devenu … le jardin d’Eden, celui de la vie, de la prospérité et de l’harmonie !!! Et ce qui a égayé aussi, c’est le rire d’Emilio, qui a bien sympathisé avec moi, et la taquinerie de Clara, qui a failli me piquer et m’emmener en douce ! Bon, c’était une blague, et de toute façon, je reste avec Ben ! mais on en a vraiment vu … de toutes les couleurs ! à vous donc, pour ces rencontre, merci Clara et Emilio !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Clara et Emilio  de  Izmit

Bien sûr ils ne peuvent être qu’étudiants, pour voyager en cette période … Bien sûr ils aiment la Turquie, ses gens et ses paysages … Mais la médecine, c’est un peu loin (quoi que ?) de l’art et de l’archéologie … Alors peut-être vont-ils changer de branche d’études, ou rajouter une spécialité à leur diplôme … En tout cas, ils sont pleins de curiosité, et Clara, elle va sûrement se ramener des faïences comme souvenirs (à moins qu’elle n’en décolle d’une mosquée, à moins encore qu’elle ne ramène la mosquée toute entière chez elle) … Car dans une mosquée, ils n’auraient jamais eu l’idée de rentrer dedans, ils pensaient que c’était interdit de pénétrer dans une maison de prière musulmane … Mais je sens que l’habitude va être prise, et que du coup, je vais plaindre Emilio, car sur les deux semaines qui leur restent en Turquie, il va s’en payer, des monuments religieux, du fait de la curiosité … Car on les a toutes faites (enfin … les ouvertes !). Mais c’est peut-être aussi une façon de dialoguer entre les religions, déjà, de pénétrer et de s’imprégner dans les lieux de prières respectifs, non ? D’autant plus qu’ici, en Turquie, du moment que vous pensez bien à vous déchausser (et ça, croyez en mon expérience personnelle, faut pas vous rechaussez n’importe où !), l’accueil est charmant ! aussi charmant d’ailleurs que le patron du petit hôtel, aussi charmant que le couple de restaurateurs, aussi charmant que nos deux jeunes tourtereaux ! :

"Ce n’est pas nous qui aurions eu l’idée de faire le tour de mosquées pour trouver des faïences de cette ville. Seul toi aurais pu y penser ! c’est comme ton pèlerinage. Quelle chance de te rencontrer, nous te souhaitons la même chance pour aller au bout. Nous ne pratiquons pas beaucoup pour des italiens, mais ton idée nous motive ! Prie là-bas pour nous et la paix, les peuples et la rencontre des religions, ciao !" (Clara et Emilio)

samedi 3 septembre 2011

Jour J + 119 : Kartal => Muallim (près de Gebze) (33 kms - Total = 3885 kms)

Pensée Spirituelle
"Laissez-vous tenter par la fortune de chaque jour et promener par la bonne étoile. Son conseil est facile à suivre"
(Pierre LOUYS)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Par l'étoile à son déclin ! Votre compagnon ne s'est pas égaré et n'a pas été induit en erreur et il ne prononce rien sous l'effet de la passion. Ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée que lui a enseigné [L'Ange Gabriel] à la force prodigieuse, doué de sagacité. C'est alors qu'il se montra sous sa forme réelle [angélique], alors qu'ils se trouvait à l'horizon supérieur."
(Sourate 53 [L’étoile], Versets 1 – 7)
 

La bonne étoile … Sur le chemin de l’étoile, non pas celle de Compostelle, mais dans l’autre sens, vers l’Orient ! aujourd’hui, vous aurez droit à deux petites leçons d’histoire, pour le prix d’une. « Pas cher, mon ami ! » comme ils disent dans les souks ! Finie la foultitude, voilà les petites routes (enfin … plus petites que les voies rapides voisines qui ici n’ont pas phagocyté ces chemins bitumés pour piétons). Et comme ça, ça repart bien ! Petite étape (enfin ?) aujourd’hui, je recommence à nouveau à me faire remarquer. « M’enfin, vous savez qu’il y a des bus ? et même un train ? » (ah bon, remarquez que s’il y a des gares, c’est qu’il y a des trains !) me dit-on … Ca donne quoi, de marcher autant , eh bien, non pas que cela devienne une drogue, mais cela me fait au moins du bien ! Et puis, l’étoile que l’on suit, c’est peut-être en rapport avec celle qui est sur le drapeau turc ! (au fait, qu’est-ce qu’elle y fait donc ? vous ne serez donc pas sans savoir que ce drapeau, qui comprend comme chacun sait une lune décroissante et une étoile à cinq branches, blanches toutes les deux sur un fond rouge, est surnommé « ay yildiz » – ce qui signifie « l’étoile de la lune ». On dit – mais plusieurs versions subsistent – qu’un guerrier aurait aperçu un jour dans une mare de sang le reflet d’un croissant de la lune avec une étoile à coté …). Voilà pour l’aspect poétique. A part cela, rien de particulier à vous raconter … Cela vous intéressera peut-être aussi de savoir que c’est ici, dans la ville où nous nous endormirons en regardant les étoiles (non, on ne dormira toujours pas à l’extérieur !), donc dans cette ville portuaire antique de Libyssa (devenue … Gebze) sur la mer de Marmara, qu’ en 183 avant notre ère, Hannibal, se serait suicidé, plutôt que d’être capturé vivant par les Romains ! Il ne devait plus être sous sa bonne étoile, lui … Nous, en tout cas, on doit l’être. On a passé les Alpes (bon d’accord, c’est le seul jour où il a plu … donc on ne voyait pas les étoiles, lol !), il y a pas mal de temps, et sans éléphants ! et maintenant, nananère, nous, on continue, sur le bon chemin, guidés par la bonne étoile, vers celle de Jérusalem peut-être mais aussi celle qui guide le chemin, celui de la rencontre ! et puis ici, il y a de belles maisons, une belle plage dont on a pu profiter, et … un bon logement. On a donc bien de la chance, il n’y a peut-être de la veine que pour la crapule. Eh bien, je vais vous dire, vivent les crapules !!! Au fait, à propos de « bonne étoile », est-ce un signe, ou bien sommes-nous né sous une bonne étoile (et laquelle ?), ou bien les deux ? En tout cas, on a beaucoup de chance avec les gens que l’on rencontre ! et quand c’est avec un français, eh bien la barrière (ou tout au moins le rideau) des langues ne se pose pas ! Du coup, cette soirée très riche avec Alexandre va rester dans les annales (pas seulement celle de Baccalauréat !). Pour cette journée, pour cette soirée, pour cette nuitée, tout est digne de cinq étoiles !

Jour J + 119 : Amédée


On a retrouvé la mer ! Bon, on ne l’avait pas perdu depuis longtemps ! On a retrouvé le bon air ! Bon, il était pas si irrespirable que cela, dans la mégapole ! Allez, ça y est, on est dans les villes à taille humaine, et même que de ce côté-là, on se dit qu’on a le temps. Le temps de poser, de s’assoir à une terrasse de café, face ou dos à la mer, et de reprendre sa petite bière en « prenant le soleil » des fois qu’on en est pas eu assez dans la journée (il fait quel temps en Normandie ?, na !), le temps de discuter. Ca me rappelle la rencontre avec Alexandre , on s’est couchés bien après que les étoiles apparaissent ! et même moi j’ai pu tout suivre : Merci Alexandre !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Alexandre  de  Muallim

Chez Eva et Ilker, j’ai rencontré Alexandre … Ils m’en ont fait la surprise ! Alexandre, il est français, il est prof à l’éducation nationale, il a fait sa « coopé » (on disait VSNA) comme moi à la place du service militaire, mais en Asie, il y est resté trois ans, et quand il est alors rentré en France, nommé dans un petit collège perdu, il a eu du mal … Alors il a été détaché du « Mammouth », et est reparti, cette fois-ci en Turquie. C’était il y a dix ans. Il a enseigné à Ankara, et le voilà maintenant directeur d’un des Lycées « Français d’Istanbul » (enfin, sous le contrôle du ministère turc ), réputés comme tous les établissements occidentaux datant d’il y a plus de deux siècles et qui ont été heureusement conservés lors de la création de l’Etat turc. Pas mal, non ! Donc Alexandre, il a pas mal roulé sa bosse ! Et en plus, il est ami des maîtres, non pas d’école mais de maison ! Et avec lui aussi, on passe de super soirées : discussions autour de tout, lui et ses passions (dont le théâtre, il a mené une coopération entre son lycée d’Istanbul et un lycée de Fécamp !), moi et les miennes ! Et on a eu plein de choses à se dire. Alors peut-être bien qu’on se reverra ! d’autant plus avec ce qu’Alexandre écrit si bien (sauf qu’il ferait bien de se glorifier un peu, lui-aussi !) :

"Ce qui est beau dans les rencontres, c’est qu’elles vous tendent toujours le miroir de votre expérience personnelle et qu’elles vous interrogent sur le sens de votre vie. Discuter avec toi, Benoît, qui interroge, dont la curiosité toujours en éveil pose les bonnes questions, est à la fois un plaisir et une petite révolution ! J’admire ta démarche, ton courage et ta force, et je m’interroge. «Que fais-je, moi, d’aussi beau que cela ?" (Alexandre)

vendredi 2 septembre 2011

Jour J + 118 : Istanbul [Europe] => Kartal [Asie] (26 kms - Total = 3852 kms)

Pensée Spirituelle
"Il faut que par-delà les continents, un humanisme intégral se tisse tout autour de la terre, selon une symbiose des énergies dormantes de toutes les races qui se réveillent à la chaleur complémentaire"
(Léopold Sédar SENGHOR)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Le Tout Miséricordieux. Il a enseigné le Coran. Il a créé l'homme. […] Quant à la terre, Il l'a étendue pour tous les êtres vivants. Il s'y trouve des fruits, et aussi les palmiers aux fruits recouverts d'enveloppes, tout comme les grains dans leurs balles, et les plantes aromatiques. Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ?."
(Sourate 55 [Le Tout-Miséricordieux], Versets 1 – 3 ; 10 – 13)
 

Une histoire de deux continents … Aujourd’hui, j’ai fait un truc pas banal (comme d’hab, me direz-vous !). J’ai marché dans la même ville, direction plein Est, j’ai donc pas changé de ville, mais … J’ai changé de continent ! Je ne sais pas si cela peut arriver ailleurs (dites-moi donc ?), mais à Istanbul, c’est bien possible ! Voilà donc le fond de l’histoire : les « vacances » en Turquie, à savoir les jours de congés octroyés à l’occasion de la fin du Ramazan (celui-là, je pense que c’est la dernière fois que je vous en parle, avant … onze mois), sont terminés depuis ce matin …. Alors Eva et Ilker, ils sont partis travailler (ben oui !). Résultat des courses, que fais-je ? Rester à glander dans leur bel appartement ? Aller visiter Istanbul (mais le monde ici, c’est trop !), alors je me dis : c’est pas compliqué, il ne faut pas que je m’arrête, voire que je m’encroûte trop longtemps, alors comme je reviens ici ce soir et qu’il y a plein de transports en commun possibles pour le retour, ben, je continue « un peu »… Je ne me serais pas reposé trop longtemps, mais au moins j’avancerai léger (avec un peu de triche donc) dans la sortie de cette belle ville à taille (in)humaine … Alors me voilà parti, sans boussole. C’est simple, ce matin : il suffit de viser le soleil. Seul problème, je ne suis pas Jésus, je ne sais pas – encore – marcher sur les eaux … Alors il me faut prendre un bateau (mais c’est pas du jeu …) ou alors le pont, routier … voire autoroutier … Qu’auriez-vous fait, vous (peut-être pas la même chose que moi ?). Bon, alors ce sera le pont. Mais il est loin … et il est haut … Bon, mais j’y parviens … seulement il n’est pas accessible aux piétons – Et il leur est même interdit (mais même en voiture, c’est quand même des bipèdes !)… Ca, ils me l’ont déjà fait lors du passage de la frontière d’avec la Grèce … Mais n’est pas Moulin-Bourain (quelle association !) qui veut, alors je trouve un « accès », je marche sur la bande d’arrêt d’urgence du pont … Restent cinquante … quarante … trente …. vingt mètres … Et évidemment, une voiture de police s’arrête, je me fais interpeler … Pas trop grave, j’explique que je marche depuis la France et que ce serait dommage que cela rate pour quelques pas … Le policier, sympa, me laisse finir (dix mètres !) … Et dire (vous verrez demain) qu’il y en a qui font la course des 20 kilomètres d’Istanbul tous les ans uniquement pour avoir le plaisir de fouler ce pont à pied. Moi, même pas la peine de courir ! Bon, eh bien les enfants, quelques pas après … c’est l’Asie ! Me voilà donc au second continent sur deux !!! Alors il va falloir que j’avance encore un peu, pour retrouver dame nature et échapper à la foule … Et quelques kilomètres plus loin, à Kartal, vers le début de l’après-midi, je me paie le luxe … de prendre un train de banlieue, ce qui me ramène en sens inverse, à la gare ferroviaire d'Hayderpasa. Bien-sûr, celle-ci ne vous dit rien, mais c’est l’une des deux gares d’Istanbul, celle qui se trouve du côté asiatique de la ville, sur la rive Est du Bosphore et qui est le point de départ (et d’arrivée !) de toutes les lignes asiatiques… Et de là, je prends un bateau pour traverser le Bosphore (ah, ce Bosphore !) et gagner la rive Ouest du « fleuve », donc la gare de Sirkeci, à quelques pas seulement du célèbre Palais de Topkapi (pour lui, patientez donc jusqu’à demain …), et qui est le point d’arrivée (et de départ !) depuis 1889 de toutes les lignes européennes, notamment le terminus de … la ligne Orient-Express (bon d’accord, vous vous en moquez un peu de tout cela, mais moi, d’abord, j’aime les voyages en train – J’aurais peut-être dû d’ailleurs privilégier ce mode de transport, cette fois-ci – … Et puis l’Orient-Express, c’est pas rien, on a le droit d’aimer le confort, le luxe … et quelques crimes agatha-christiques … et enfin, vous trouveriez pas plus sympa, vous, de faire une croisière sur le Bosphore quand vous avez à changer de gare, comparativement au métro parisien entre Saint-Lazare et Montparnasse ? Bon, je m’égare, mais je n’ai bu qu’un thé…. ce doit être dû au double changement de continent …). Voilà, je suis donc revenu … en Europe, tramway, bus, marche et me revoilà sans me tromper au pied de chez Eva et Ilker …. Et je tombe sur Eva au pied de l’immeuble. Allez, on va faire les courses, c’est moi qui régale en vins blanc et rouge turcs. Messieurs les bourguignons, vous pouvez aller vous rhabiller ! et nous, on repasse une super soirée. Ils sont éclatants ces deux-là !

Jour J + 118 : Amédée


Bon, moi c’est bien gentil, Ben, il m’impose déjà le fond du sac, l’obscurité, le changement de lit chaque soir, les décalages horaires … Et maintenant un changement de continent, sans clairement me prévenir (j’avais compris que Ben, il devenait incontinent, mais non, c’est juste quelques problèmes digestifs passagers ….). Du coup, mélangé à l’altitude du haut du pont (ben oui, j’ai le vertige, moi), j’ai failli me trouver mal ce soir … Heureusement, Eva, elle est à la fois attentive et infirmière-chef, alors elle m’a pris ma tension, sans me faire payer, sympa, non ? bon j’avais « 4 - 2 » (paniquez pas, c’est pas les mêmes échelles de valeurs, pour les nains turcs que pour vous), et je me suis vite remis avec ce super repas autour de pizzas turcs et d’un fromage fondu allemand. Ah quelle bonne soirée encore. Merci Eva et Ilker !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Eva et Ilker  d'  Istanbul

Je vous ai déjà parlé d’Eva et Ilker. Mais là ils ont encore fait très fort. Je suis vraiment reçu « comme dans un Kebab » : aux petits oignons ! Ils sont déjà débordés par leur boulot, ils ont à peine le temps de penser à eux, ils s’encombrent d’ « invités-s’invitant surprises », bref, ils se coupent en quatre, alors qu’ils sont en train de mener un projet à bien : s’acheter une maison en périphérie d’Istanbul … et devinez où, par le plus grand des hasards, justement là où j’ai fini mon étape pédestre de ce soir : dans la ville de Kartal ! C’est dingue non ? Donc comme ils me disent, ben la prochaine fois, j’irai directement en train chez eux, au bord de la mer … Donc en passant par les deux gares (comme quoi, ça sert, mon explication – et puis rappelez-vous, ça vaut cher, les gares, au Monopoly !!!). Allez, nous on n’a pas le temps de jouer, on écoute de la musique « engagée ». Et vous, bonne nuit, sur les paroles pleines de bon sens et de justice du maître des lieux ! :

"Dear Benoit, Hi / Merhaba / Hallo / Bonjour ! and nice to meet you … Good luck, I hope to see you (Insh’Allah !). Thank you for your visit in my home. Again please !" (Advocat Ilkner)(Est-il nécessaire de traduire ?)
"Cher Benoît, Hello ! sympa de t’avoir rencontré … Bonne chance, j’espère te revoir (si Dieu le veut !). Merci pour ta visite en ma demeure. A bientôt s’il te plait !"

jeudi 1 septembre 2011

Jour J + 117 : Journée (de repos ?) à Istanbul (compteur resté bloqué à … 3826 km)

Pensée Spirituelle
"Les villes devraient être construites à la campagne, l’air y est tellement plus pur !"
(Alphonse ALLAIS)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Non ! ... Je jure par cette Cité ! et toi, tu es un résident dans cette cité - Et par le père et ce qu'il engendre ! Nous avons, certes, créé l'homme pour une vie de lutte."
(Sourate 90 [La cité], Versets 1 – 4)


Comment font-ils pour vivre dans une ville pareille ? et d’ailleurs, est-ce vraiment une ville ? ou bien une accumulation humaine – voire inhumaine – ? Vous vous rendez compte, à dix millions près, ils ne savent pas exactement combien ils sont dans leur « conglomération » (Internet, il dit 13 millions … et eux 30 de la même unité !). Bon, enfin, nous sommes très loin de nos petits villages normands, ici, aux bornes de l’Europe ! Car si dans la partie « historique », ou « touristique » ou « frique » [j’ai bien le droit d’inventer le féminin de « fric », non, puisque « ville » est au féminin, et puis ainsi, ça rime ! NDLR]. Donc chez Eva et Ilker, on est vachement bien, leur appartement a de quoi assurer la respiration vitale d’un couple de jeunes turcs dans le vent et de trois Couch Servings passés par là « un peu par hasard ». Alors moi, je me plais à ronfler sur le canapé du salon, au milieu des meubles (Ikea ?), des VTT accrochés au mur et des tortues qui réclament à manger dès 5 heures du matin (non mais, je suis quand-même en RTT, hein, ma DRH !) … Bon mais tout ce petit monde (sauf peut-être les tortues ?), il connaît déjà Istanbul, alors je vais m’y coller de mon côté … je me dis alors « à moi donc ! » , tel le héros balzacien Lucien de Rubempré qui part à la conquête de Paris : « à nous deux, Istanbul ! ». Le musée archéologique, le grand Bazar (c’est vrai que c’est un bazar, et c’est vrai que c’est grand !. Mais non, monsieur le vendeur, faut quand-même que vous compreniez que je ne vais pas vous acheter un tapis et l’emmener sur mon sac à dos pendant encore deux mois …). Même le Musée de la Banque (le sous-titre : « savez-vous comment ils faisaient quand ils n’avaient pas d’ordinateurs ? », eh oui, fallait oser), et puis bien sûr le traditionnel petit restau où je me fais arnaquer (mais cela fait partie du jeu). Bon mais aussi l’après-midi, au large de l’Istanbul asiatique dans la mer de Marmara, les fameuses îles du Prince … Enfin j’en visite une seule sur 9, au doux nom imprononçable et seulement mémorisable par Einstein, accessible par un bateau aussi surpeuplé (ne va-t’on pas couler avec le poids compressé de toute cette chair humaine ?) que la ville, pour gagner une plage toute aussi surpeuplée d’êtres qui semblent humains et se baigner dans une eau encore plus surpeuplée de méduses. Ca, ça a été une sortie top de top ! – Retour donc par le bateau encore plus surpeuplé en cette fin de Ramazan (encore lui !), trajets en tramway avec les forces de l’ordre qui poussent les personnes pour fermer les portes (ça sent la sardine ramenée des îles) et enfin gagner l’appartement d’Eva et Ilker, qui sont enfin rentrés, Eva et les filles d’un hammam turc et de lèche-vitrines que je ne regrette pas du tout, et Ilker d’une journée potes … Allez, ce soir, on va drôlement l’apprécier, le canapé Ikea ! … Et là, on va repenser à cette folle journée, dans une ville superbe et pleine de bon goût (vous avez remarqué sur la photo : ils ont peint la porte pour l’assortir aux sacs poubelle, vous y auriez pensé, vous ?), mais tellement vivante … qu’on deviendrait agoraphobe pour un rien et que pour l’éviter, on ne va pas tarder à repartir pour « ne pas casser le rythme » !

Jour J + 117 : Amédée


Hier, il y a des gens qui ont dû penser que j’en avais un grain contre la religion d’ici, et que je m’attaquais à ses symboles (ses mosquées, ses muezzins, ses minarets) … Bon c’est vrai, nous, en France, on n’est pas aussi habitués, nous, à voir des églises, des clochers et des chantres, non ? Alors pour faire amende honorable, on est retournés avec Ben (si si, et puis, le patron nous l’avait proposé hier) prendre un café (turc, s’il vous plait, ce qui devrait faire le plus grand bien au ventre de Ben, mais ceci est une autre histoire … ) sur la terrasse de l’hôtel (je précise quand-même que le raki, Ben, il l’a refusé). Et là je me suis plié (en toute discrétion, sans asiatiques ni américains ni mêmes européens) à une seconde photo, sur fond de Sainte-Sophie. Quand-même, cette fois-ci, je me fonds mieux dans le paysage, non – Et même, ne trouvez-vous pas que je suis « Amédée-le-caméléon », avec mes si belles couleurs qui, elles, ne passent pas au soleil ? (qui est-ce qui va même dire que je fais pas mon âge, ou bien que les voyages forment la jeunesse …

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Eva et Ilker  d'  Istanbul

Donc eux aussi, Eva et Ilker, je ne les connaissais pas avant hier (c’est d’ailleurs le lot de toutes les personnes croisées depuis mon départ). Leur meilleur copain (Ilknur,celui de Goreme, en pleine Cappadoce, mais je vous en reparlerai …), c’est lui qui prenait maintes fois contact avec moi par Internet, parce qu’il me disait qu’Ilker et Eva, ils ne comprendraient que le turc … Eh bien c’est pas vrai, na ! D’abord Eva, elle est née en Allemagne et y a vécu petite, alors l’allemand, c’est autre chose que mon niveau. Et puis Ilker, s’il se forçait un peu (lol !), il aurait un super niveau … un niveau d’avocat qu’il est. Alors que l’on ne s’y attendrait pas, avec ses cheveux mi-longs et sa stature d’athlète qui n’arrête pas de gagner des courses de Grand Raid … Et Eva, me demandez-vous, elle reste sagement à la maison ? Ben, pas tout-à-fait : elle est surveillante de treize infirmières dans le service des Urgences d’un grand hôpital local. Des gens pas comme tout le monde, non ? Eh bien si, car à part les moments (courants) où ils visitent le monde, leur porte vous est vraiment ouverte ! faites-leur signe, et vous ferez chez eux comme vous faites chez vous, mais alors bien-sûr … invitez-les donc à faire chez vous comme ils font chez eux, c’est bien la devise de l’accueil universel, de la paix et du dialogue, non ? :

"Cher Benoît, tu marches depuis si longtemps, et tu trouves toujours le temps de rire ! Que de bonnes choses pour toi. Des rencontres merveilleuses et une vie aisée, voilà ce que je te souhaite ! j’espère bien que nous allons nous rencontrer ensemble très bientôt ! de très grosses bises" (Eva)

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