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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Les Colombes de la Paix !!!

mercredi 13 juillet 2011

Jour J + 67 : Sinj => Cista Provo (41 kms - Total = 2304 kms)

Pensée Spirituelle
"Ce sont les moments difficiles que nous tolérons en toute conscience qui, en nous traversant, nous purifient"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"La justice garde la voix honnête, la méchanceté cause la ruine du pêcheur. Tel joue au riche qui n’a rien, tel fait le pauvre qui a de grands biens"
(Pr 13, 6 – 7)
 

 Deux développements pour ce jour, en lien avec le thème :
« La vie et le Fric »  -  ça vous dit ?

Nous commencerons cette séquence par une partie culturelle. Vous connaissez – peut-être – mon goût pour tout ce qui est classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Comme tout classement selon des normes, il est à la fois « objectif » et « subjectif », mais il permet au moins de se rendre compte que dans certains cas particuliers, l’union entre l’homme et la nature peut atteindre le « presque-parfait » … La dernière fois que nous l’avions évoqué ensemble, il s‘agissait de la ville de Vicenza et des fameuses réalisations architecturales de Palladio. Vous vous en souvenez, on était encore en Italie ! c’était de la pierre, du massif, du matériel. Cette fois-ci, à Sinj, le classement est d’une toute autre dimension, celle de l’immatériel. Comme évoqué hier, il se déroule dans la ville de Sinj (nous sommes bien dans la région de Cetinska krajina) un tournoi de chevaliers, appelé « Le Sinjska alka », tous les ans depuis 1717. Pendant la compétition, les chevaliers lancent leurs chevaux au galop dans la rue principale de la ville en visant de leur lance un anneau de fer suspendu à une corde. Le nom du tournoi vient de l’alka ou anneau, un mot dont les origines turques reflètent la co-existence historique et les échanges culturels entre les deux civilisations. N’est-il pas intéressant que l’UNESCO ait pu reconnaître et inscrire cette pratique sans aucun aspect pécunier (en même temps que celles de l'art de pain d'épice du nord de la Croatie et de la pratique du chant Ojkanje !) sur la liste du patrimoine immatériel. Cela ne mange pas de pain, non, comme dirait l’autre !

Bon, je passerai sous silence le déroulement de cette journée, bitume, cagna, et de moins en moins de trafic, pour en venir à l’anecdote du jour. Nous voilà arrivés dans cette charmante « petite ville » (moins de 1000 habitants) de Cista Provo. Sur la carte, c’est écrit en gras, mais cela ne veut rien dire ! En effet, deux pizzerias, neuf cafés, et … ni hôtel ni chambres. Je sens que cela ne donne pas grand-chose de tenter de se faire héberger chez les croates, alors j’interroge les gens à la terrasse des cafés. Eh bien, pour la première fois depuis mon arrivée en ce doux pays touristique, trois jeunes me proposent un hébergement chez l’habitant ! mauvaise langue que je suis … Enfin, c’est dans un appartement indépendant de la maison du-dit café, seul souci, il n’y a pas d’eau, mais me disent-ils, ils vont m’en amener, de l’eau à boire (avec des glaçons, s’il vous plaît) et pour me laver ! sympa, non, à deux jours de quitter le pays ! Pas question d’argent me disent-ils, ainsi que les parents, ça fait plaisir de loger un français … On me montre les lieux, un vrai taudis-bazar, mais il y a bien un lit, alors ça ira parfaitement ! Je m’installe, on m’amène de l’eau, et un des jeunes, ami du fils de la maison, me glisse que la patronne « aimerait bien que je la paie, de l’ordre de 20 Euros (équivalents à 155 Kn – couronnes croates –, somme astronomique ici, quand on sait que le salaire mensuel moyen d’un employé est de 300 à 500 Kn). Je lui dis que non, que je veux bien donner 50 Kn (le double de la chambre à Knin, car il ne faut pas pousser trop loin le bouchon), tout est d’accord … Et pour être sympa, je vais même jusqu’à proposer aux trois jeunes qui ont eu une initiative d’adultes, de leur payer une pizza … RV à 20 heures ! Sieste ! Je me rends dans le café, histoire que tout soit clair entre nous (soupçons ?) … Tout va bien, je trouve le patron et l’un des trois jeunes. L’après-midi se passe … sans le moindre client. Et oui, de là vient certainement le souci. Cette ville était située à un carrefour routier stratégique, et Drazen possède un grand café à l’aménagement maintenant un peu kitsch, mais depuis que l’autoroute a été construite à proximité, la clientèle a chuté … Au point que cet après-midi et ce soir, pas un seul client, non, pas un seul. Evidemment pour Drazen, c’est démoralisant : l’œuvre de 27 ans d’un David-barman contre un Goliath-autoroute, mais cette fois-ci l’issue est fatale ! et Drazen me montre les photos de son chalet-résidence secondaire en Bosnie, et tous ses voyages à l’étranger, le tout en me martelant de « money-shit ! » (on évitera la traduction …). Seulement dans la famille, la mère ne travaille pas, les deux aînés non plus, et tout le monde sauf le père est à la mer cet après-midi, et ça roule en 4x4 et en scooters … Mais pas de rentrées d’argent ! on commande la pizza, que je paie bien-sûr, on discute (je ne serai jamais resté aussi longtemps de ma vie à glander dans un bar) en anglais approximatif … Drazen me propose même de prendre une douche dans leur salle de bains (même capharnaüm) dans leur maison que dans « mon » appartement, … On me demande sans arrêt si je veux aller ou non me coucher, Drazen me dit d’attendre si je veux bien le retour de la famille et des amis de la mer pour faire la fête … Les voilà qui rentrent, s’installent à l’autre bout du bar, puis Drazen me propose de « me joindre à la soirée familiale ». Mais voilà, ils passent leur temps avec leur téléphone portable (deux à trois en moyenne par personne), ou à hurler (quelle voix, Suzanna !) avec de grands gestes. Sympa, non … Puis cela se calme un peu, je commence à ne plus passer inaperçu, on parle de moi … On me demande ce que je veux boire, et si je paie la tournée (si, si), on m’offre même des casquettes et des objets religieux (un chapelet en olivier venant de Jérusalem, moi qui y vais) … Et puis le temps passe … Je vais me coucher, accompagné du père et du fils, qui me ramènent de l’eau. Et c’est là qu’on me demande si je veux bien payer … de l’ordre de 50 Euros (et en Euros). Bon, je comprends mieux la manœuvre : la famille sans fric trop contente de tomber sur un français pour réparer les canalisations d’eau pétées par le gel l’hiver dernier … Je donne 50 Kn, l’au-revoir est aussi glacial que les glaçons apportés, mais on se donne RV promis demain matin dans la salle de café pour … un café ! on verra bien …

La morale de cette histoire, c’est que j’aurais peut-être dû ouvrir mon compte pour ces « pauvres gens » qui, comme la plupart des Croates selon la remarque de Drazen lui-même cet après-midi, ne demandent qu’à entrer dans l’Europe (en 2013 ?) pour toucher de l’argent, mais qui chez eux attendent que le temps passe (souvent à la terrasse des cafés) et s’ils travaillent, ils souhaitent que cela ne dépasse pas tout au plus trois mois par an … Ah, le monde sera en paix quand le fric (« money shit ! ») ne pourrira plus autant les existences et les relations ! suite au prochain numéro !!!

Jour J + 67 : Amédée


Drôle de journée. Je me serai cru ce soir dans le barbecue (particulièrement « bordélique », n’ayons pas peur de le dire, lui-aussi) de cette "gentille famille accueillante", tellement les regards, les gestes et les voix portaient loin. Ca papillonnait ! en tout cas, on est quand même hébergés, et même si on ne sait pas ce que cela donnera demain matin au départ, même si la « vache à lait » d’européen de l’Ouest n’a pas tout craché, on a passé une bonne après-midi très calme … et là, on peut dire : merci Drazen !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Drazen et Luka  de  Cista Provo

Les jeunes, on ne sait pas ce qu’ils avaient derrière la tête, la mère, elle est peut-être en rupture de luxe (elle ne pourra plus se payer autant de chaussures, et pourtant, l’escalier en est littéralement recouvert - impressionnant. Mais Drazen, il est sympa, il doit mal vivre sa situation et celle de sa famille. Que vont-ils devenir ? Ne serait-ce pas tout le problème des relations entre les peuples et les pays. Nous-mêmes, comment nous comporter quand nous allons chez eux. Faut-il les pourrir de notre fric ou veiller à être à la hauteur et respectueux ? … Et puis, Luka, à 16 ans, il est gentil comme tout, espérons en son avenir !

"Svetan Put !" (Luka)
(Bonne chance !)

"Iesu bog te euvao !!!" (Drazen)
(Que Jésus veille sur toi)

mardi 12 juillet 2011

Jour J + 66 : Vrlika => Sinj (37 kms - Total = 2263 kms)

 Information spéciale :

Encore un évènement à fêter (ça n’arrête pas, et ce sera fêté à coup de vin blanc du pays, y’a plus ni grappa ni slivovich ici, lol !). Samuel a quatre ans aujourd’hui ! Un grand bonhomme, non, le préféré de mes petits-fils (bon d’accord, Amédée, je sais, je n’ai (enfin, je le crois …) qu’un petit fils à ce jour, mais on peut lui faire plaisir, à Samuel, non ?) ! : Alors on lui dit :


Pensée Spirituelle
"Je n'aurai jamais imaginé qu'en souffrant autant, ça m'aurait autant rapproché de Dieu"
(Severino, détenu à New-York)

Péricope Biblique
" Il était bon pour moi que je sois humilié et que j'en vienne à apprendre tes préceptes"
(Ps 119, 71)




Ca y est, le rythme est pris. Départ à 7h00 ce matin ! Petit-déjeuner sur une terrasse du village (et tout le monde présent m’adresse la parole en me disant : « Jérusalem », le téléphone croate passe très bien ici, (mieux qu’Internet !!!)). Il semble faire moins chaud, la route longe en quasi-permanence un lac aux belles teintes bleutées, propre à la méditation, pas question d’être pollué par la question du logis ce soir (on verra bien …). Un seul village sur toute la route, ma seule étape dans un café routier ! une vraie journée marathonienne, les pieds en bronze et éclairés (pas par les lucioles d’Amédée d’hier soir), on va crever tout cela (les ampoules, pas nous !). Un vrai moment de bonheur et de solitude, tout s’enchaîne comme si c’était un tapis roulant – et non volant (dommage, on reverra le principe du moyen de locomotion la prochaine fois … et vous vous déciderez peut-être à venir, non ?) – Le temps s’assombrit, quelques gouttes, mais non, c’est décidé, il ne pleuvra pas ! Que fais-je, moi qui ai besoin d’une bonne douche et d’une bonne lessive, un hôtel, pour une fois ? un chambre chez l’habitant, j’en vois pas ! alors direction le clocher (on ne sait jamais), et je tombe sur un monastère franciscain … La suite vous pourrez la lire ci-dessous, je passerai plus de temps à la taper que celui d’avoir obtenu le « OUI ! » Dire que je suis tombé par hasard sur cette ville-étape, parce que mes pas m’y menaient, au moins sur la carte routière ! Tout le monde est adorable, je suis repu de nourriture … franciscaine, quand même ! Montée au château (vous savez, les balaizes en histoire, cette bataille en 1517 qui aurait dû opposer les autochtones et les envahisseurs turcs, mais voilà, la nuit de l‘Assomption, les turcs ont vu une dame blanche marcher sur les murailles, alors ils ont filé doux … depuis, Sinj fête tous les ans « sa » Notre-Dame, en l’accompagnant d’une fête genre tournoi de chevaliers). Alors le soir, avant le « pot à Samuel », je grimpe au château, belle vue, autre église franciscaine, et chemin de Croix en bronze en cours de constitution, pas encore complet car ça demande non seulement des fonds mais des artistes contemporains (différent : un par station : oui, je sais, vous aurez bientôt les photos en bas du blog, cela intéressera – au moins – les amateurs d’art religieux moderne et vous fera progresser en croate, et vous pourrez alors me dire « Dobro ! », non mais …). Et là sur la place, avec plein de terrasses de café, plein de gens, plein de musique et plein de musique, vous voulez que je vous dise : eh bien, la Croatie de l’intérieur, c’est vachement bien pour les vacances, après des voyages … à pied !

Jour J + 66 : Amédée


Ce matin, Ben il m’a déjuqué de bonne heure, faut dire qu’on a dormi pour la première fois sur le tapis en mousse (on a bien fait de l’acheter celui-là), et quand on est allés détendre le linge, pris de légèreté (François, rappelez-vous, il m’a absout de mes péchés, enfin de mes fautes, rappelez-vous hier soir. Il paraît que je n’étais pas blanc comme neige, pas étonnant vu la température ambiante – facile, non –). Bref, j’étais tellement léger que j’ai fait de la gymnastique aérienne sur les fils à linge. Dommage que mes amies les lucioles dormaient, elle m’auraient applaudi, elles ! Allez sans rancune, d’autant plus que ce soir à Sinj, seuls hébergés par les franciscains, on est comme des coqs en pâte : merci frère Boze !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Frère Boze Vuleta  de  Sinj

Il y a des gens, même si on ne les voit pas longtemps, qui nous paraissent avoir une telle flamme que l’on oublie facilement tous ceux qui ne nous l’ont pas montrée. Et c’est bien le cas de « Boze le boss » (erreur linguistique de ma part au départ, quand on m’a prononcé son prénom). Quand j’arrive à la boutique – information du monastère, la jeune me le passe tout de suite au téléphone … Dans un anglais impeccable, il me dit tout de suite : « oui, nous allons vous loger et vous nourrir ! » Une minute chrono, y’a pas photo !!! Mais comme Frère Boze est bien occupé, je me demande comment je vais au moins pouvoir le voir, ne serait-ce que pour le remercier ! Eh bien, malgré le fait qu’il doive partir ce soir fêter en famille le 30ème anniversaire de sa première messe, il vient me voir pendant mon repas, charmant, se renseignant sur tout, m’expliquant Sinj, les turcs, la Vierge Marie à l’Assomption, le château, le chemin de Croix, les franciscains, l’école et l’université franciscaines, TOUT, quoi. Une vraie leçon à la fois historique, linguistique et … amicale. Un p’tit mot dans le cahier de bord, pas de problème ; une photo, mais bien sûr ! Et puis, restez le temps que vous voulez. Le bonheur ! avec un brin de philosophie. Du genre par exemple, « il n’y a pas de besoin de parler la même langue, on se comprend … si chacun fait l’effort vers l’autre » ou bien « vous penserez à moi, Benoît, mais où vous voulez sur le chemin, pas nécessairement sur les lieux d’arrivée ». Voilà de la vraie fraternité … franciscaine où que ce soit ! :

"I’m Fr. Boze Vuleta, the guardian of the Franciscan Covent and sanctuary of our Lady of Sinj, Croatia. I’m glad to host this pilgrim from France. I see him as a modern monk, to be on a “constant pilgrimage”. May our Lady of Sinj protect you and intercede for you" (Fr. Boze Vuleta)
(je suis Frère Vuleta, le gardien du couvent franciscain et du sanctuaire de notre Dame de Sinj, en Croatie. Je suis heureux d’accueillir ce pèlerin venu de France. Je vois en lui un moine moderne, qui est en « constant pèlerinage ». Puisse Notre-Dame de Sinj vous protéger et intercéder pour vous)

lundi 11 juillet 2011

Jour J + 65 : Knin => Vrlika (34 kms - Total = 2226 kms)

Pensée Spirituelle
"J'apprends à ne pas figer l'autre dans l'idée que je m'en fais, ni même dans ce qu'il peut dire de lui actuellement"
(Christian de CLERGE)

Péricope Biblique
"Ayez l'humilité de croire les autres meilleurs que vous-mêmes"
(Ph 2, 3)


La sortie de Knin devrait se faire tout simplement … mais mon bâton de pèlerin est resté dans la voiture d’Ivo (qui est parti précipitamment hier soir pour voir sa fille à Sibénik), or c’est un cadeau (merci Françoise et Claude), alors pas question de le laisser en chemin … connaissant les horaires locaux, je l’appelle à 7 heures, il n’arrive qu’à 9 … c’est une façon pour moi d’apprendre que le rapport à l’heure va maintenant quelque peu changer ! du coup, je suis bon pour la chaleur … Mais la sortie de la ville se passe bien, à plat, le long d’une rivière, puis une solide montée en plein cagna … Et ce sera ainsi toute la journée, verdure ou non, quasiment pas de trafic, la gourde fuit, les cafés indiqués par des panneaux sont des ruines, je ferais très bien le chien qui tire la langue dans Tex Avery ! Quand-même ce midi un « routier », un peu style Bagdad Café, il y en a des usagers de la route qui doivent passer leur journée à l’ombre de la treille. Alors quand il me faut repartir, ils me montrent carrément que je suis fada. Eh oui, mais avec un sourire, tout passe bien ! la petite ville de XXX se présente bien, mais elle est vraiment … petite. Pas un restaurant, pas un hôtel, pas de chambres à louer, au moins dix cafés , deux églises (je pense m’installer dans le jardin-cimetière de la plus vieille, bucolique, non pour la première nuit à la belle étoile) mais je ne pense pas trouver un curé, vu le peu d’habitants … et c’est normal que je ne trouve pas un curé, car en passant par l’hôpital (uniquement pour trouver un lieu d’hébergement, rassurez-vous, mais de toute façon cet édifice est dans un tel état que je ne sais si j’y aurais passé la nuit ! mais le personnel est très sympa), j’apprends qu’il y a bien un presbytère (énorme, rien que 14 fenêtres sur la façade), juché sur la colline, avec dedans deux prêtres. Il me reste à attendre (encore) deux heures le retour des prêtres … Le plus jeune arrive le premier, me fait la grimace mais m’ouvre la salle de caté, je m’installe, spartiate (j’avais presque envie de dormir sous la treille dans le jardin en terrasse !), je ne revois pas ce premier, germanophone, sauf pour vérifier et photographier mes papiers d’identité … Mais arrive père Leo, qui parle un peu français et qui a déjà mangé, alors il vient parler avec moi … sous la treille (mais les raisins sont verts !). Car Leo a envie de voyager, en France et en Italie, alors ce que je peux au moins lui permettre, c’est de voyager en photos sur l’ordi : il est aux anges (normal pour un prêtre catholique, non ?) !

Jour J + 65 : Amédée


Pendant que Ben discute avec Leo (vachement plus sympa que l’autre !), je suis à la recherche des vers luisants (vous me voyez, moi avec une lumière où je pense ?), et puis je tombe, parmi les plants de tomates et de salades, sur une statue de Saint-François. Il a l’air gentil, ce bonhomme, il parle même aux nains (Ben dit qu’il parlait de son vivant aux oiseaux, n’importe quoi, aux perroquets peut-être, mais pas aux autres, non ?). Alors je lui fais mes confidences, à François en bronze. Pour un peu, je me confesserai bien à lui ! mais j’ai rien à me reprocher, moi ! bon, finalement, on va être bien ici, et c’est grâce à qui ? Merci, père Leo !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Père Leo  de  XXX

Père Leo, il est avec l’autre prêtre curé de cette paroisse de 24 x 22 kms ! Bon, d’accord, y’a pas que des habitants partout, mais son travail ne manque pas ! Et puis, il aime entretenir son jardin, plein de fleurs et de fruits et légumes (ça coûte pas cher, l’eau ici). Il est un peu désolé de l’accueil de son confrère (ils semblent vivre à deux étages différents), mais comme il me dit avec un sourire au coin des lèvres (pas mal, son français) : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ! ». Et notre philosophe des âmes, qui n’a jamais quitté sa Croatie natale, a bien envie de voir du pays : on est en manque de prêtres chez nous, non ?

"Vous avez bien fait de passer par notre petite ville pour avoir une belle vue sur le lac et la plaine. Je connais un peu la France mais pas votre région, peut-être irai-je un jour, mais pas à pied comme vous ! Que la paix de tous les peuples vous accompagne, nos prières vous accompagnent, et pensez à nous et à notre paroisse quand vous serez arrivés" (Leo)

dimanche 10 juillet 2011

Jour J + 64 : Obrovac => Knin (44 kms - Total = 2192 kms)

Pensée Spirituelle
"Correctement assimilé, tout ce qui aujourd’hui nous trouble a pour but de nous conduire à un monde où ce que nous sommes ne fait qu’un avec ce monde"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"Quand il fut devenu puissant, notre cœur s’enorgueillit jusqu’à le perdre"
(2Ch 26, 16a)


Le sieur Ben ose quand même lancer une question à vous poser, heureux lecteurs qui êtes en train de surfer sur le net : Arrivez vous à vous y retrouver, dans le récit des tribulations d’Amédée dans les Balkans ? (la prochaine fois, je prendrai un chinois et on ira en Chine, comme cela, on ne fera pas notre cinéma ? …) (Note de laulau : Dans ce cas, notre Ben, il fera 'Les tribulations d'un Chinois en Chine' (livre de Jules Vernes de 1879 ou film avec notre Bebel National (ne pas confondre avec notre Ben National) de 1965 - mdr !!!!!!). Parce que moi, je dois vous avouer que cela devient compliqué, tout s’enchaîne si vite, chaque jour une aventure nouvelle, il ne s’agit pas que d’une marche-randonnée, on est plus dans une découverte géographico-historico-culturo-ethnologique. Pour prendre un exemple au hasard – mais alors complètement au hasard – aujourd’hui !. Cela avait bien commencé avec un p’tit déjeuner copieux au café du coin (ben oui, j’ai pu me ravitailler dès 7 heures au fameux supermarché bien frais puisque son fameux climatiseur marchait à fond depuis 4 heures ce matin – vous y êtes ?), puis pour une fois, départ très tôt. Route le long de la rivière, puis qui monte en pente raide. Arrivé à un carrefour, erreur d’aiguillage indicateur : Knin, la prochaine « grosse ville » est indiquée à droite : je vais donc à droite … sauf que la route la plus importante et la plus directe était à gauche … alors quand on marche sur une route très secondaire qui monte par endroits à plus de 8 % et où rien n’est indiqué, on a beau se décourager, mais vous feriez quoi, vous demi-tour ? ou bien vous persévèreriez ?. Ben, cette seconde solution a été mon cas, premier village-repère au bout de 11 km de montée, et quelques voitures, toutes en sens inverse. Allez, qu’à cela ne tienne (expression familiale), je poursuis. Les villages marqués sur la carte existent bien , mais toutes les maisons sont détruites et inhabitées (un des cœurs du combat encore récent avec les serbes). Quel drôle d’endroit sinistre, pas voulu du tout pour mon parcours, et qui m’oblige plus de 20 km supplémentaire sous le cagna, avec une chaleur délirante (annoncé 38° C en ce lieu par les journaux, le record de Croatie). J’avance quand même, clopin-clopant (surtout clopant …), et voilà qu’une voiture s’arrête. Ah les bons pasteurs dedans, trois jeunes journalistes, Antonia, Drazen et Vinko, qui ont dû avoir pitié de moi … mais quand je leur raconte mon histoire, ils se disent que cela doit pouvoir faire un bon article avec une bonne photo ! car Drazen est photographe et Antonia est journaliste dans le plus grand quotidien papier de Croatie ; et avec leur ami Vinko, ils viennent justement de Zagreb ce jour. Et s’ils sont justement passés par hasard par là, c’est pour interviewer … la lauréate annuelle du reality-show entre différents pays de l’ex-Yougoslavie, justement habitante de Knin !. Quel heureux hasard, non ? moi qui pensais être perdu au milieu de nulle part, me voilà remis sur le droit chemin, je peux leur confier mon sac et mes affaires … et voilà, je peux gagner la destination prévue du jour : Knin !. Quand on dit qu’il n’y a pas de signes, ou que certains n’ont pas de chance ! car après la marche, c’est un vrai Dimanche festif : interview de la fameuse lauréate et de son père Ivo sur la terrasse du château royal de Knin (XIIe siècle ?), puis déjeuner d’agneau rôti à la broche dans un petit village avec la population locale, et enfin retour à Knin où Ivo me trouve une chambre à moins de 5 Euros (record !) chez un ferrailleur de sa connaissance. Et toute l’après-midi, discussions variées avec mes joyeux anges gardiens, sur la Croatie et les croates, leurs voisins, l’Europe, le jeu de pétanque local, mon périple, leur vie, la vie, quoi ! et ce soir, dans la petite ville de Knin qui ressemble à tous les clichés qu’on pourrait imaginer des villes de l’Europe de l’Est, un coup d’Internet pour penser à vous (et à une pizza), pour penser à l’Europe de l’Ouest. Ah, encore comme dans un film : « un beau Dimanche à la campagne » ! … Eh puis, je ne peux pas tous vous raconter, vous n’aviez qu’à être là !!!

Jour J + 64 : Amédée


Ben, cela devient une habitude, quand il a des copains et des copines, il se les garde, et moi, je reste dans le fond du sac … et qui plus est, dans le coffre de la voiture de Drazen ! mais c’est vrai, ils sont vachement sympas, nos saint-bernards (car il y avait besoin d’eux, en ce no-man’s land). Et cela ne s’arrête pas là : devinez donc, ce soir, de notre balcon, on n’a pas vu sur une mer d’eau, mais sur une mer de métal ! peut-être que cela va briller sous la lune ? Je sens que je vais passer la nuit sur le balcon, moi ! en tous cas, Ivo, le paternel de la lauréate du reality-show international, il a été sympa de nous emmener ici, chez son ami ferrailleur ! et nos trois journalistes, chapeau, on attend vos articles sur NOUS-DEUX (pas que Ben). Merci, Antonia, Drazen et Vinko !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Antonia, Drazen et Vinko  de  Knin

Trois jeunes, épuisés par la chaleur (surtout Antonia) dans leur voiture. Un geste commun :  s’arrêter pour me remettre sur le droit chemin. Une écoute : celle de mon projet en cours. Une envie : celle de partager une super journée pleine de surprises. C’est bien cela, les aléas de la pérégrination … Pour moi comme pour eux ! les liens se tissent, les adresses s’échangent, le canevas n’a plus qu’à se remplir ! Allez, peut-être que Ben le Béage va partager la Une de ce grand quotidien croate depuis Zagreb avec la reine du reality-show : Quelle promotion, quelle concrétisation (patientez un peu, on va l’avoir, cet article !) :

"Si j’avais pensé, avec mes collègues, rencontrer ce pèlerin sur cette route si difficile, je n’aurais pas imaginé la surprise de connaître ce français si courtois et à qui je souhaite tous mes vœux dans sa route vers Jérusalem"  (Antonia)

"C’était ici, à Knin et à Kistanje, sur cette route si chaude que j’ai pu apprécier votre détermination et votre courage. J’admire la plante de vos pieds, et pour cela vous pourrez jouer bientôt avec les deux boules de pétanques locales faites en bois de klekovina" (Drazen)

samedi 9 juillet 2011

Jour J + 63 : Razanac => Obrovac (40 kms - Total = 2148 kms)

Pensée Spirituelle
"La joie intérieure réside au plus intime de l'âme, on peut aussi bien la posséder dans une prison que dans un palais"
(Sainte Thérèse de Lisieux)

Péricope Biblique
"La lumière s'est levée pour le juste, la joie a visité ceux qui ont le cœur droit"
(Ps 97, 11)


Quand on est dans une petite ville du Sud, en été, sur la place principale, l’agitation commence dès 5 heures du matin. Il faut bien s’y faire, et ils ont bien raison, c’est l’heure la meilleure ! Que dire de cette journée, retour sur le continent, éloignement de l’Adriatique, commencement de la plongée dans l’intérieur des terres, à l’Est, du nouveau ou pas ? De la chaleur, toujours autant, de la circulation , toujours autant, une sieste après déjeuner, ça c’est la nouveauté du jour … Les derniers pas sont durs, j’arrive dans une petite ville qui plonge vers une rivière, sympa de loin, assez délabrée de près … Le seul hôtel est fermé, les pensions aussi, la plupart des maisons du centres ont leurs étages inoccupés et effondrées, les immeubles ne sont guère mieux ! LE CHOC !!! Je cherche auprès de la paroisse, pas de curé, deux églises fermées. Je vais voir la police, ils ne peuvent rien pour moi. Je vais voir les pompiers, ils ne peuvent rien pour moi. Je fais le tour des cafés, ils ne peuvent rien pour moi. Je demande à des gens, une dame me jette ses épluchures de légumes … Alors, pour ce soir : la prairie au bout de la ville ? le local de la chaudière de l’église ? l’entrée de la maison paroissiale ? non, je trouve la cour de l’école maternelle ! Et pourtant juste avant d’y aller, c’était si simple, il suffisait de lever les yeux. Ce que je découvre de la terrasse d’un café : il y a bien des chambres à louer au-dessus du supermarché, mais personne ne le savait … Personne dans cette ville ne se connaît, plus de la moitié des maisons sont délabrées, au centre trône une œuvre en béton (une ex-future maison de la culture). Pas de ressources, uniquement une rivière. Je plonge vers l’Est !!! et cette nuit, dans cette maison où je n’aurai vu que quelques secondes mon hôtesse et sa fille, le climatiseur du supermarché se met périodiquement en route dans un brouhaha épouvantable. Je n’ai pas pensé à prendre mes boules Quiess, pas grave, elles n’auraient pas été suffisantes ! allez, à nous deux les Balkans !

Jour J + 63 : Amédée


C’est vrai qu’on est pas habitués. Sur la carte, une grande ville, sur place, une bourgade comme on n’en imagine plus … La rivière est jolie, ses berges sont aménagées, mais pour le reste … Bon, je regrette un peu qu’on n’ait pas dormi en plein air dans la cour de l’école maternelle, avec tous ses jeux, mais Ben, il aime sa bourgeoisie confortable. Est-ce que moi, je demande le luxe ? Allez, on verra bien les jours prochains. Et merci à notre hôtesse inconnue, dès qu’elle a touché ses Couronnes croates (sans avoir besoin de pièces d’identité, une grande première ! mais « que fait la Police ? » !) elle a disparu : merci XXX !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 XXX  d'  Obrovac

Pas grand-chose à dire sur madame XXX, si ce n’est qu’elle m’a ouvert sa porte (d'une maison non pas délabrée comme les autres, mais complètement en travaux) et celle d’une chambre à 19h30. Ainsi, toujours pas de nuit à la belle étoile, c’est pas beau, ça ? Et comme je pars ce matin dès 07h30, alors que toute la maisonnée ronfle, le commentaire du jour ne pourrait être éventuellement que celui du climatiseur du rez-de-chaussée :

"Vroum, vroum, vroum, vrououououm !" (de la part du supermarché d’Obrovac, une ville à ne pas nécessairement retenir)

vendredi 8 juillet 2011

Jour J + 62 : Pag (île de Pag) => Razanac (32 kms - Total = 2108 kms)

Pensée Spirituelle
"Vivre des rêves plutôt que de rêver sa vie"
(devise de Tom , Virginie et Raphaël, rencontrés ce jour)

Péricope Biblique
"Ecoute, mon fils, deviens sage, et dirige ton cœur dans la voie … "
(Pr 23, 19)


Que faire, que ne pas faire ? poursuivre par la côte dalmate le long de l’Adriatique, mais avec une chaleur lourde, ce ne sera pas facile, et de plus avec cette habitude constatée que les logements sont ruineux et non conformes à l’idéal formulé au départ selon lequel il ne fallait pas payer mais aller chez l’habitant pour « mieux partager » … ou bien « s’enfoncer dans les Balkans », ce qu’il faudra bien faire un jour pour rejoindre Istambul, et là c’est plus l’inconnu, surtout sans carte globale des Balkans (depuis qu’ils ont chacun pris leur indépendance, chacun chez soi …), et ne fera-t-il pas aussi chaud ? la décision est prise, il faut éviter les détours (et là, je suis sûr que vous me comprendrez). Je quitte demain la côte dalmate, au sortir de l’île de Pag ! Bon aujourd’hui, une petite étape, parti pas trop tard après un solide petit-déjeuner dans le jardin fleuri de la pension (on resterait bien, si, si), en discutant avec les clients de l’hôtel déjà avachis sur leur fauteuil, la patronne qui se repose pendant que Daniela est déjà à l’œuvre … Il fait tout de suite hyper chaud, quelles douleurs dans les orteils ! le paysage est joli car il longe des marais salants (sagesse de l’homme d’utiliser à bon escient le don de la nature), puis la mer qui se trouve des deux côtés. Tiens un grand pont, l’île serait-elle coupée en deux ? (je n’ai rien compris au film, nous retournons sur le continent, ah, les pérégrins songeurs), déjeuner de chevachichi (prononcer tchévatchitchi, olé), boulettes de viande et leur inévitable salade mixte, une petite sieste réparatrice à la table du restau cossu (il fallait bien s’arrêter), et c’est reparti pour une après-midi plus courte mais tout aussi chaude ! tiens, un cyclotouriste (Raphaël) me double avec une petite remorque (contenant Tom), mais ne s’arrête pas, vu la côte … tiens, un(e) second(e) me double (Virginie) : vous êtes français, qu’est-ce que vous faites là ? quel projet ? quel blog ? nous échangeons nos cartes (merci Laulau !), et discutons bien cinq bonnes minutes pour avancer chacun sur son instrument de transport. Virginie et Raphaël, ils habitent et travaillent dans des petits villages de La Plagne, alors comme c’était la fin de la saison (d’hiver), ils ont décidé de partir en famille avec leur petit Tom faire le tour de l’Adriatique en vélo. Ils ont parcouru la Suisse, l’Italie, les îles croates, filent vers Zadar, puis le reste de la côte, la Grèce et remonteront par la botte italienne. Six mois, partis en mai comme moi, le même créneau temporel que moi, amusant non ? Un signe ? Allez, rejoignez-les sur http://tomobiletour.unblog.fr et leur devise, vous l’avez ci-dessus … cinq minutes de discussion sur des réalisations de projets différents mais similaires, fous mais constructifs (me trompé-je ?), c’est à la fois court et drôlement revigorant, si tel en était le besoin. C’est sympa, non, de voir que sur terre, il n’y a pas que moi qui suis fou, d’autres sont fous avec moi, comme moi. Soyons fous ! et c’est sur cette considération que je rejoins Razanac, petite ville (ou plutôt gros village) au bord de l’Adriatique, tourné vers le continent. Plutôt pauvre, je trouve une chambre au-dessus d’un café, le patron est sympa et veut qu’on se parle ! baignade (c’est pas luxueux), petit tour (on commence à trouver une certaine pauvreté et un aspect « non fini »), bonne soirée Internet au café branché du lieu. Heureusement, il fait moins chaud que les 38°C quand je suis arrivé à l’étape, vers 17 heures ! De tout cela, une conclusion, c’est peut-être un rêve que je vis, c’est en tout cas de mon point de vue une belle expérience de vie (et puissé-je vous en faire partager, si vous en avez l’envie, une petite larme … de sueur ?)

 REMARQUE IMPORTANTE  : Plus ma pérégrination s’avance vers l’Est et commence à arpenter les Balkans, moins il me fera facile de trouver des « relais Internet » (chez des particuliers ou dans des points Wifi ou cybercafés). Ne vous inquiétez pas, et n’interprétez pas. La marche poursuit son allure, les compte-rendus suivent leur cours, les photos s’engrangent, mais la périodicité d’envoi, alors ça, on ne peut rien vous promettre. On va bientôt entrer dans le domaine du « Inch’Allah » ! … allez, Amd’oulah » à vous …

Jour J + 62 : Amédée


Ouh la ! dans quelle galère nous sommes-nous embarqués ? un vieux, à la sortie d’une épicerie locale sur la route, nous a dit qu’il avait pas vu une telle chaleur début Juillet depuis qu’il était tout jeune (ça doit pas faire loin du XIXe siècle, vu leur régime crétois) … Aujourd’hui, ce que je regrette, c’est de ne pas avoir vu Tom, il devait avoir bien chaud dans sa carriole « vitrée » ; mais son papa le faisait filer à une telle vitesse qu’il n’y pas besoin de clim, sur ce véhicule. Allez, bon vent Tom ! profite comme moi du fait de te faire véhiculer ! mais par contre, j’ai été aux anges, car on a trouvé des copains sur le bord de la plage, avec même une tortue plus vraie que nature. A Ben, je lui ai demandé si je pouvais dormir à la belle étoile avec eux, mais toujours aussi coincé, il m’a dit que j’étais tellement mignon que je risquais de me faire voler cette nuit. Dites, c’est vrai que je suis craquant ? Finalement, cette journée elle a été sympa, la chambre avec balcon au-dessus de la place du village où ça caquette en permanence, elle était de bonne augure. C’est chaleureux, cette vie au grand air, où tout le monde se parle, crie pour mieux chuchoter, c’est bien un peu grâce aussi à notre cafetier-logeur, non ? : alors qu’est-ce qu’on lui dit : merci Selo !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Selo  de  Razanac

Selo, il m’a tout de suite donné le tarif fort pour la chambre au-dessus du café-glacier … Pas du tout en adéquation avec le style de villégiature de la petite ville, mais comme il n’y avait rien d’autre pour un seul pèlerin et pour une seule nuit … mais il a été bien sympa … Plus tout jeune, il ne travaille ici que depuis deux mois, et jusqu’à début septembre, où il retournera dans sa ville de Sibénik. Comme il dit, il faut bien qu'il travaille (enfin, il est aussi souvent assis avec des clients, et ce sont deux jeunes filles qui assurent l'intendance) … Bon, il n’est pas propriétaire de ce café, mais il s’en occupe super bien, et en plus il fait de super coupes glacées (pas pour moi …). C’est même lui qui demande à mettre une petite pensée dans mon livre de bord, et à immortaliser la rencontre par une photo. Pas fou, le Selo, en tout cas, il parle bien le français et bien sûr très rapidement toute la place principale de Razanac, avec ses trois cafés, est au courant de mon passage !

"Ici, j’écris pour toi. Tu es venu ami de France pour marcher sur la route. Bon voyage !" (Selo)

jeudi 7 juillet 2011

Jour J + 61 : Prizna => Pag (île de Pag) (34 kms - Total = 2076 kms)


Pensée Spirituelle
"Le pardon libère l'âme. Il fait disparaître la peur. C'est pourquoi c'est une arme si puissante. S'il vous plaît, essayez"
(Nelson MANDELA) 
 
Péricope Biblique
"Comme le Seigneur vous a pardonné, pardonnez vous-aussi"
(Col 3, 13)


Quand il s’agit de dire au revoir à nos hôtes, c’est toujours là qu’ils deviennent le plus bavards. Certainement qu’ils n’ont pas osé, la veille, en me voyant ainsi débarquer de nulle part et sans clés de voitures. Et pourtant je suis sûr que, comme tous, ils se sont demandés ce que je fais là … et même ce que je fais. Je les prends par surprise en quelque sorte. Et là, ce matin, alors qu’Husein dort (pour info, pas de petit-déjeuner, donc pas de supplément de prix !), les deux femmes me posent de multiples questions : avec la mère, pas de souci, la réelle barrière de la langue fait qu’on ne peut échanger, sauf par gestes et par sourires (et c’est déjà pas mal, elle était tellement « slave » hier soir), mais avec la fille, il faut tout lui dire, et c’est là que cela devient très sympa … elles veulent m’offrir deux kilos de tomates du jardin (pratique pour un randonneur, non ?), on prend des photos, elles veulent me suivre par Internet, et cela se prolonge tellement que je risque de rater le bateau … alors « au revoir, à l’année prochaine, on aura fait le parking pour que vous puissiez garer votre voiture, on vous refera la soupe au chou que vous avez tant aimée ! » … Bon, moi je me dis, Ok, pourquoi pas, mais la question est plutôt : mais où serai-je déjà ce soir ?
Le Bateau, c’est un ferry, la traversée, c’est très court, l’arrivée sur la côte est de l’île laisse prévoir une grande désolation : du roc, du caillou, de la pierre, du chaud, bref, du désert ! pas la peine d’aller au Sinaï, j’y suis ! d’ailleurs comme le bateau est quasi vide, je n’aurai plus qu’à chercher d’hypothétiques chèvres si je veux rompre la solitude des lieux ! C’est une vraie montée, moins haute et encore plus sauvage que du côté du continent … Et le reste de chemin laissera voir un peu plus de végétation, quelques figuiers, un peu plus de circulation, des vacanciers, mais voilà une île accessible par tous mais pas encore défigurée par le tourisme … C’est là que je me pose toute la matinée la grande question du jour (et je n’ai pas encore la réponse, aidez-moi !!!!!) en marchant ainsi sur le bord de la route, au soleil : un marcheur (et qui plus est un pélégrin) est-il dans sa démarche plutôt stoïcien ? ou est-il plutôt épucurien ? ou les deux ? et moi, je me situe où ? … (il faudra que je creuse pour mon mémoire de théologie, lol !). Voilà à quoi je passe ma journée, philosophiquement zen, même si, comme dit hier, on est toujours au bord de la mer, et toujours cela monte, monte, monte (et là je deviens quelque peu râleur) … mais ça plonge à grande pente sur la petite ville de Pag, joliment nichée dans un écrin de verdure au fond d’une baie plus bleue que la grande bleue, et complètement envahie par les touristes. Je tente l’Office du Tourisme (mais texto : « comment voulez-vous qu’on puisse vous donner un renseignement ? »), le presbytère (ce qui fait beaucoup rire ces vieilles dames, car quand je demande le chemin, on me montre l’église-maison du Père … et quand j’y arrive, que ce soit la maison du Père ou du père, comme toujours il n’y a pas de curé, juste son vélo). Alors je cherche une chambre … mais ici ils ne sont pas fous, ils n’acceptent qu’au moins deux personnes … et pour au moins plusieurs nuits …) ; bon finalement, je tombe sur la pension Jerko, sympathiquement tenue par Sylvia et Jerko, peut-être un peu trop luxueuse, mais parfaitement accueilli … au programme visite de la petite ville, complètement dalmate, destination plage quand il n’y a plus grand monde, dîner de sardines sous les lauriers roses, allez, c’est les vacances, vous venez ?

Jour J + 61 : Amédée


Le bateau c’est sympa, et on n’est pas dérangés, mais c’est un peu court … Et puis moi qui adore la télé (pas comme Ben, il l’allume jamais), je pensais retrouver l’ambiance de « la croisière s’amuse » … Et le reste du temps, j’étais bien au fond du sac … dis Ben, on pourrait pas se poser un peu, ne serait-ce qu’une journée. On a quoi à gagner (ou à perdre) à la fin ? qu’est-ce que cela me fait, moi, d’être stoillissien ou eppiqurien ? D’autant plus que la pension, elle est sympa, et puis l’ambiance colorée et bruyante de la plage, c’est ce que je recherche, moi … Allez, on prend aussi cette adresse, on y reviendra peut-être / probablement / certainement / sûrement un jour (mais en voiture) pour profiter de votre pension. Alors merci Sylvia et Jerko ! et on remercie aussi Daniela la bosniaque qui se tape un sacré boulot !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Daniela  de  Pag

Sylvia et Jerko, tout de suite le sourire ! commercial peut-être – je suis « rentable » – mais avec le sourire quand-même, et les petites attentions : le bock de bière, la chambre avec balcon sur la mer, les questions : «allez-vous directement à Dubrovnik demain» (regardez-donc la carte routière = de l’ordre de 400 km !!!! et puis, c’est pas vraiment le chemin, c’est comme si vous demandiez à un pèlerin pour Compostelle, alors qu’il part du Puy, s’il va à Nice !) ? Et ma réponse «pas de problème si vous venez tous deux avec moi à pied» (et là, ça décoince tout, même les rires) … et ces sardines !!! Un véritable lieu de bonheur, peut-être même l’Eden, on s’y sentirait bien, le régime crétois, les UV à gogo, la thalasso assurée … Ah, que c’est beau la Croatie, qu’il y en des sympas des croates … peut-être ont-ils retrouvée la paix chez eux et entre eux, les ex-yougoslaves ? Mais alors, pourquoi Daniela, la petite servante bosniaque, toute mignonne et toute efficace, maitrisant l’anglais comme elle peut, se fait-elle systématiquement reprendre par la patronne dès qu’elle parle aux clients (il faut savoir pardonner, comme dit Nelson Mandela) ? n’est-ce pas une sorte de racisme ethnique latent, ça ? (allez, on n’a pas fait mieux, et on ne fait pas toujours mieux chez nous, il y a des gens qui auront toujours du mal à trouver leur paix, non ?). Alors la revanche, c’est que si Daniela, elle est un peu Cosette à la recherche de son Jean Valjean, au moins c’est elle (et c’est la seule), qui met la pensée du jour (et elle a bien du mal à sourire sur la photo, comment pourra-t-elle vivre sa vie ?) :

"Je vous souhaite de trouver tout ce que vous pouvez souhaiter vers Jérusalem, et je soutiens toutes les personnes qui comme vous font cette démarche (que je ne ferai certainement jamais)" (Daniela)

mercredi 6 juillet 2011

Jour J + 60 : Azic Lokva (Lukovo) => Prizna (42,001 kms - Total = 2042 kms)

 Information spéciale :

Vous l’aurez bien remarqué, les chiffres kilométriques ne tombaient pas rond hier. Ca sent l’embrouille ! Ben oui, il y a avait un évènement ultra-important. On n’allait pas le polluer avec deux évènements assez futiles, mais dont nous, nous sommes un peu contents. D’abord, cela fait tout juste deux mois aujourd’hui que nous sommes partis de Bois-Guillaume, c’est comme si c’était hier, non ? Et puis, la barre des 2000 km vient d’être franchie (hier mais… on a rattrapé dans les chiffres du jour). A vrai dire, question planning, avec toutes ces diverses journées d’absences italiennes (je sens que la DRH va encore faire du foin pour signer les fiches de RTT), on est – façon de parler pilotage organisationnel de projet ! – juste dans le prévisionnel. Eh oui, mille bornes par mois, c’est pas mal, mais c’est ce qui était prévu et … c’est ce qu’il faut. Alors ne me dites pas qu’on fait des distances de géant, tout suit parfaitement son cours ! Bon, nous, on est bien heureux (et c’est vrai qu’on est heureux sur le chemin, alors on se contente de peu) de fêter les deux-mille bornes, et ce de la manière dont cela était prévu. Rappelez-vous, c’était le 3 Juin dernier, pour fêter le premier « mille » en France, on avait acheté une pochette de la Française des Jeux, qui s’appelle … « 1000 bornes ». Sur les sept jeux au grattage, on n’en avait gagné qu’un. La possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 2000 kms. Alors on a racheté ce matin en Croatie donc une pochette de sept jeux. Cette fois-ci de la Croatienne des jeux … et c’est bizarre, une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité de rejouer là où on sera dans quelques semaines : affaire à suivre donc !



Pensée Spirituelle
"Notre achèvement ne peut commencer qu’au moment où nous comprenons que notre vie appartient – et prend part – à une histoire merveilleuse qui dépasse toutes celles que nous pourrions raconter ; il faut se trouver au milieu de cette Vie supérieure pour que la nôtre révèle ses véritables dimensions"
(Guy FINLEY)
 
Péricope Biblique
"Environ huit jours après avoir dit ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage changea et son vêtement devint d'une blancheur éclatante. Et voici que deux hommes s'entretenaient avec lui. C'étaient Moïse et Elie; apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s'accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui. Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit : «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris : un pour toi, un pour Moïse et un pour Elie». Il ne savait pas ce qu'il disait. Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir. Les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée. Et de la nuée sortit une voix qui dit : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le! » Quand la voix se fit entendre, Jésus se retrouva seul. Les disciples gardèrent le silence et, à cette époque-là, ils ne racontèrent rien à personne de ce qu'ils avaient vu"
(Lc 9, 28 – 36)



Au matin, petite discussion avec mes hôtes de la veille, ils ont dû sacrément dérouiller pendant les différentes guerres, et du coup ils se sont réfugiés ici. Il y a de quoi faire quelque chose de très bien de leur petit nid, mais … Et puis, peut-être n’avons-nous pas les mêmes valeurs ? Ce qu’il y a de bien, c’est que je suis tout de suite sur la route, sans possibilité de se tromper d’itinéraire, tout juste je risque de fondre comme neige au soleil ou de tomber dans le ravin sur le bord de la chaussée. Oui, je sais : « sois prudent, Ben ! … ». Les paysages en tout cas sont magnifiques, plus une brume, on se croirait dans les Cyclades ; mais pas beaucoup de troquets, encore moins de villages, alors il faut prendre son mal en patience, aujourd’hui sera – encore – une journée à bouffer du kilomètre ! et finalement, pour faire un crochet-fantaisie de plus, je m’aperçois qu’il est possible de prendre un ferry pour gagner une île proche de la côte et parallèle à elle qui fait gagner pas mal de kilomètres. Même si elle a l’air désertique, cela peut-être une bonne expérience (oui, je sais, j’avais dit : tout à pied, mais je ne sais pas encore marcher sur l’eau). Seulement, plutôt que de prendre le bateau ce soir, il vaut mieux trouver un gîte … Voilà donc l’interminable descente vers un village surgi de nulle part, pour arriver littéralement les pieds dans l’eau ! finalement la vie de pèlerin, c’est pas compliqué : marcher, boire, manger, dormir. Le reste, c’est en fonction de ce que l’on trouve et de ce que l’on se crée, pas compliqué, non ?
  Allez, vous venez essayer ? 

Jour J + 60 : Amédée


Encore une belle journée, pas de rencontres animales ou humaines fabuleuses, mais des paysages à couper le souffle. On croirait même que les photos, elles sont truquées !!! Ben non ! alors vive la côte de la Croatie, comme dira notre hôte de ce soir (mais peut-être avait-il d’autres idées, dont financières, derrière la tête ?). 'Vous y reviendrez, l’an prochain, chez nous …mais en voiture ?'. Bon, comme dit Ben, on est pas tout à fait arrivés, alors … En tout cas pour Hanifa, Radojka et Husein, pour leur accueil dans un cadre aussi reposant qu’enchanteur, on leur dit : merci Hanifa, Radojka et Husein !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :
 Hanifa, Radojka et Husein  de  Prizna

Comme toujours, on est en Croatie, et comme toujours on est sur la côte … Alors il faut bien, dans le petit village ( ?) d’où l’on embarque sur le bateau pour l’île de Pag, trouver quelque chose. La chambre ça va … pas donnée … mais pas de restaurant ni de boui-boui (20 km aller en voiture !). Alors mon hôte me propose que sa femme me fasse à manger ce soir. Il suffit de … payer ; et puis, puisqu’Internet n’a pas été traité depuis quelques jours, mon hôte me propose sa clé 3G. Il suffit de … payer … et en partant se coucher ce soir, il me propose de venir demain matin prendre le petit-déjeuner. La question du lendemain matin sera alors : faudra-t-il … payer ? Bon Husein, il est sympa, on arrive à échanger quelques mots avec lui en allemand (finalement, je l’ai un peu travaillé à l’école, celui-là, ça revient), sa fille Radojka aussi (mais en anglais) … par contre sa femme Hanifa, sorti du croate, il n’y a plus que le langage des signes ! mais elle me fait un excellent repas typique local, avec du chou, du chou, du chou … et des frites françaises ( j’arrive même pas à finir), et puis, elle se déride (lol). Alors, comme leurs copains, oui, ils ont raison de profiter du touriste, lequel a raison de venir rien que pour la vue, le spectacle des allers-et-retours du ferry, et – surtout – la petite plage bétonnée privée. Cela leur paie certainement cette résidence secondaire (mais faudrait faire des efforts d’entretien et d’équipement, sinon comment voulez-vous rentrer dans l’Union Européenne ?) où ils sont d’Avril à Octobre (puis ils rentrent à Zagreb pour l’hiver). Mais Hanifa, Radojka et Husein, ce que vous m’avez proposé avec tout votre cœur – et ma contribution financière –, c’était très agréable !.

"Vous y reviendrez, l’an prochain, chez nous … mais en voiture ?" (Hanifa, Radojka et Husein)

mardi 5 juillet 2011

Jour J + 59 : Klenovica => Azic Lokva (Lukovo) (30,999 kms - Total = 1999,999 kms)

 Information spéciale :

Les résultats sont tombés :
=>  Edouard a son bac  <=
et brillamment, avec mention s’il vous plaît !!!
 Bravo l’artiste ! bon pas le temps de fêter, l’écureuil t’attend dès demain matin !
mais nous, Amédée et Ben, on t’adresse tendrement toutes nos félicitations !


Pensée Spirituelle
"Chacun, par ce qu'il pense, est seul responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c'est-à-dire de sa destinée"
(Socrate)

Péricope Biblique
"Mais moi, je m'en remets à Toi et je te dis, Seigneur :
c'est Toi mon Dieu, ma destinée est Toi"
(Ps 31, 15-16)


(NB : il vaut mieux pour le lecteur suivre l’histoire dans le sens chronologique croissant, sinon, ça va être compliqué …)

 « Ca, c’est le Bon Dieu qui t’a puni », m’aurait dit ma grand-mère ! Eh oui, il ne fallait pas tenter le diable ! à force d’être langue de vipère avec les tortues et les sœurs, je me suis réveillé avec un méchant «tortik-au lit» (encore une histoire de 'K'). De plus, il pleut … Bon après un simple Ricoré au monastère et un petit échange en allemand (j’avais qu’à le bosser à l’école !), je décide de descendre au village au bord de l’eau pour prendre un solide petit-déjeuner et Amédée pour revoir ses tortues … Et quand nous remontons, plus de sœurs, parties, envolées (à Rijeka ?), je ne dis pas qu’elles auraient pu prévenir mais j’aurais aimé leur dire au-revoir … seul l’homme-à-tout-faire est là, toujours aussi causant, attendant devant ma porte que je vide les lieux – sans emmener l’argenterie dans mes malles Vuitton, lol – Retour sur la grand route, ce n’est plus qu’une toute petite bruine, mais difficile d’aller vite, les voitures, camping-cars et camions, le mal au cou (dû au port du sac ? au matelas de fortune?) … La vitesse de croisière de la vieille locomotive diesel sans turbo augmente cependant rapidement ! Rien à dire non plus sur cette magnifique journée sur le bord de l’Adriatique, un village tous les 7 à 10 km, de beaux points de vue, des petites criques qui invitent à la villégiature … Je me fais un copain, un genre de SDF local encore plus bande velcro que chez nous (sacrée endurance), il met plus de deux heures à comprendre que je ne peux pas grand-chose pour lui (apparemment, il aurait aimé que je le ramène avec moi en France !) … Vers le milieu de l’après-midi, alors que le paysage est une fois de plus lunaire et que la route est toujours sacrément en montée (pourquoi, puisque la mer est plate ?), j’aperçois le panneau indicateur du lieu de la nuitée : 4 kms de descente vers la mer, complètement désertique, même pas sûr de trouver un gîte … Alors je continue encore une bonne heure, trempé de sueur. Ouf, un restau, mais qui ne fait pas « zimmer » comme ils disent ici, et à côté une maison avec un couple de personnes âgées. On se comprend rapidement vu mon état, eux ne perdent pas le Nord, ils veulent bien me loger, pas me nourrir … Pourquoi pas, ils peuvent être dans le besoin … Chambre pas luxueuse mais cela ira très bien pour cette nuit (pour quand même 20 Euros). Mais la maison et surtout son extérieur a du charme ! Dîner classique (mixed grill + frites + salades variées) au restau d’à côté, avec un super coucher de soleil en prime sur les îles au large (rien que pour cela, l’étape vaut le coup). Et … je m’effondre ! ah, la dure vie de pèlerin, comme m’a dit ce midi un camping-cariste belge sur le bord de la route : pourquoi vous montez pas avec nous, on file vers une île grecque !

Jour J + 59 : Amédée


Bien-sûr hier soir vous avez eu votre humble serviteur au milieu de la salade et des tomates, aujourd’hui, voilà mes copines : elles sont mignonnes, non ? Et je peux vous dire que si Ben, il avait ramené son SDF préféré au bercail, moi, j’aurais exigé (non mais !!!!!) qu’on ramène aussi une copine. Donnant pour donnant, non ? Eh puis, dans le sac à dos, ça aurait mis de l’animation, non ?. Et ce soir, on est bien, chez nos vieux amis du bord de l’Adriatique, alors on peut leur dire merci !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :
 Maredjka et Yvan  de  Azic Lokva

Maredjka et Yvan, je ne les aurais jamais rencontré si j’avais trouvé un village sur la route, mais voilà, c’est pire que dans le Larzac par ici … Alors la fatigue aidant, il a bien fallu s’arrêter et demander l’hospitalité et le couvert. Yvan, pas fou, il a tout de suite oui, et comme il a le tempérament – que je qualifierai – de croate, il pense que toute peine mérite salaire … Il n’a pas l’air très en forme, me baragouine dans un jargon pas très compréhensible qu’il y a une chambre, je dis forcément oui … Bon, les règles du départ sont un peu faussées par ici, mais ils sont bien sympas tous les deux, se prêtent au jeu de la photo, ont plus de mal à mettre un mot sur le livret (mais tout le monde n’est pas écrivassier) … Quant à la Paix, Maredjka me fait comprendre qu’ils ont beaucoup déroulllé depuis un siècle, et Yvan qu’il se sent très bien chez lui, sans avoir besoin d’aller voir chez le voisin ce qui s’y passe : c’est peut-être cela, le charme slave, non ?

"Pour nous, la Paix, c’est qu’on nous laisse tranquille, à pouvoir regarder le soir notre coucher de soleil ! ça vaut toutes les richesses du monde : bon voyage, mais quelle drôle d’idée …" (Maredjka et Yvan)

lundi 4 juillet 2011

Jour J + 58 : Kraljevica => Klenovica (35 kms - Total = 1969 kms)

Pensée Spirituelle
"Ne demande pas : "Qui a raison ?",
demande: "Que puis-je apprendre de toi ? ""
(Rabbi Alon GOSHEN-GOTTSTEIN)

Péricope Biblique
"Les gens simples apprendront à bien juger"
(Pb 1, 4)


Je quitte donc le logis propret de mon logeur ronchon … En fait c’est lui qui me quitte au petit matin (peut-être est-il parti au boulot ?) et c’est là que je découvre qu’il a une femme, laquelle est charmante, et qui m’attend de pied ferme au sous-sol de sa maison (l’explication vous viendra plus tard) pour que je n’oublie pas de payer quand je m’apprête à partir (mais elle avait mon passeport en otage, alors !!!). Et elle m’apprend que son mari est dingue de marche et adore discuter avec les marcheurs (peut-être n’avait-il pas compris, lors de mon arrivée hier soir et à la vue de mes multiples malles Vuitton, que j’étais un des siens ? le monde est décidément plein d’incompréhension !). Mais reprenons le film du film : nous voici dans la série des villes en « K » dont tout le monde connait parfaitement l’existence, mais – quand-même – une carte est bien pratique pour les repérer (merci Laulau !). Celui « qui est là-haut » a dû bien m’écouter hier soir, nous n’avons pas contourné de fjords aujourd’hui. La route est bien plus droite, à l’intérieur des terres : est-ce cela, est-ce le fait qu’il ait fait très beau et très chaud, sans Messire le vent, est-ce pour faire concurrence au tour de France dans les médias, en tout cas, ça a avancé on ne peut plus facilement ! les paysages de la côte Dalmate à ce niveau sont simples à décrire : du calcaire gris, de la végétation de maquis, des pentes à tomber dans une eau d’un bleu scandaleux pour qui habiterait au bord de la Manche, et toujours de grandes îles dénudées en face. Les gens conduisent tout-à-fait correctement, que peut demander de plus le peuple pérégrin ? Pas d’arrêt-plage en cours de journée, cela risque de casser le bonhomme, une bonne halte ce midi dans un p’tit restau parfaitement couleur locale (c’est sympa leur nourriture même si c’est toujours pareil, un peu du genre régime crétois), pas mal de pensées personnelles ou autres (vous êtes tous passés en revue !), et voilà, après un passage lunaire presque oppressant, cet assemblage de maisons que constituera notre étape du jour. Tiens, un petit clocher nouveau, tiens, un panneau dont je ne comprends que partiellement la signification : « Crkva Sv. Margarete », ce qui semble indiquer la présence d’un couvent … tout neuf. Je tente ma chance, sonne, sonne sonne, …, en fais le tour, personne. Bon, il y a messe à 19 heures … Alors je prends mon mal en patience (et vive la patience !) … Un homme à tout-faire arrive et parvient, avec des efforts réciproques, à me faire comprendre que les (trois) sœurs sont parties plusieurs jours à Rijeka. C’est bien ma veine, j’avais bon espoir. Je dois chercher ma nuitée en ville, car pas de curé ici … Je commence à partir, et voilà que les sœurs débarquent … nous parlementons en pseudo-italien, mais « pas d’homme chez nous ! » … et finalement, elles veulent bien me faire mettre un matelas dans une petite pièce – bureau, avec entrée indépendante (on ne sait jamais …). Par contre, il n’y aura pas de dîner (elles ont « trop bien mangé » à Rijeka), ni d’office religieux dans la chapelle (elles ont trop bien prié à Rijeka – ça, c’est moi qui l’invente ! –). Alors je m’installe, ne les revois pas de la soirée, car je cours (pas vrai non plus, j’ai les pieds en coton et deux mauvaises lumières sous les orteils) dans l’Adriatique. Pas mal de monde sur la plage, style les bords de Marne en 1936, sans accordéon mais avec Julio Iglésias local, et le temps se couvre … Puis dîner dans un p’tit restau, bien calme, bien calme, avec pour seule compagnie des tortues (allez, vous allez bien arriver à comprendre) … et pour tout vous dire, je ne reverrai guère qu’une sœur demain matin, la chapelle n’ayant pas été ouverte au public pour la messe de 7 heures, elles ont dû être bien fatiguées, ce monastère ne doit pas encore être encore parfaitement bénédictin dans ses règles …

Jour J + 58 : Amédée


Il est mignon ce petit monastère ! bon d’accord, les finitions laissent à désirer, l’homme-–à- tout-faire ne doit pas tout faire, et les sœurs, j’en ai même pas vu la couleur (Ben aurait eu honte de leur dire qu’il ne voyageait pas seul … Elles auraient pu alors aussi penser qu’il ne voyageait pas non plus à pied !). Et la pièce-bureau est plus un placard à balai qu’une salle de réunion à Manhattan … Mais bon, moi ce que j’ai aimé, c’est qu’il y a avait des copines tortues, dans un coin du jardin du restau où on est allés dîner. Bon ce soir quand on les a découvertes, elles dormaient, ces dames (les tortues, parce que les sœurs, elles, on ne sait pas !!!). Peut-être que je les verrai demain matin (les tortues, parce que les sœurs, elles, on ne sait pas !), alors Ben, pour rigoler, il m’a pris en photo dans leur assiette de crudités. D’accord c’est beau comme couleurs, mais peut-être pas très respectueux (pour les tortues, parce que pour les gens du restau, ou même les sœurs, on ne sait pas !). Bon, faut-il faire un bilan de cette journée ? Finalement, comme dit Ben, il y a des journées où plein de choses se passent, il y a en a d’autres où ce sont surtout les kilomètres qui passent (et ce jour est plus dans ce second cas). On ne peut pas toujours vous faire des scoops, alors pour ce logement inattendu dans sa forme et dans son déroulement, je vous assure qu’on peut sincèrement dire – en les assurant qu’on les aime bien, si, si) : merci les sœurs ! et pour leur compagnie originale et inattendue, merci les tortues du restau !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Les tortues du resto  de  Klénovica

Donc vous l’avez bien compris, un monastère de sœurs sans sœurs au début puis sans sœurs visibles ensuite, c’est un monastère. Etape qui peut être mignon mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable, ou tout au moins cela fera partie de ces haltes pour le moins originales et inattendues (mais ne croyez pas, loin de moi cette idée, et je vous entends déjà ruminer très fort dans vos chaumières, que nous avons une dent contre ces personnes qui ont donné leur vie pour Dieu, le Christ et les autres. Et de plus, cela évite un hôtel, une auberge, une chambre d’hôtes, un camping, une plage, …) … Car le lieu est joli, le logement est assuré, et alors là, on est contents. Bon, on doit vous dire une chose aussi, la sœur qu’on a vu ce matin, elle était pas en habit … réglementaire. Alors elle n’a pas voulu se faire prendre en photo. C’est pourquoi Amédée et moi, on s’est réuni en chapitre, et il a été décidé (une voix contre une, mais Amédée l’a emporté, au bénéfice de l’âge – eh si, ça se voit pas, hein ! – qu’on mettrait cette fois-ci une photo des hôtesses d’Amédée. Après tout, pour une fois, on peut lui faire plaisir (et en plus, elles sont photogéniques, ces hôtesses, non ?) : mais n’oublions pas pour autant la sœur, qui ce matin, m’a quand même inscrit dans mon livre de voyage, à la date du jour (en allemand approximatif de chaque côté du Rhin) :

"Merci pour visite lors de votre passage. Vous êtes le premier homme à dormir en nos murs … Nous vous souhaitons une très bonne marche (nous ne vous accompagnons pas sauf par nos prières), et merci de penser à nous lors de votre arrivée à Jérusalem !" (sœur Margerete)

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