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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM
afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

mardi 25 octobre 2011

Jour J + 171 : Amédée


Moi, les vieilles pierres, j’aime bien, mais les enfants, c’est ce que je préfère, ils sont naturels, ils rient sans a-priori, ils jouent avec moi, ils ne sont pas comme les adultes qui sont souvent vieux avant l’âge … Ainsi pour Aïcha, la nièce d’Ibrahim … elle a pas trop compris quand Ben m’a mis entre ses mains, elles s’est demandé ce que j’étais, moi pauvre chose cassée pas solide, mais après, c’est tout juste si elle n’a pas voulu rester avec moi … Bon, c’était pas très raisonnable de l’emmener se balader à Petra, alors je suis resté avec elle, dans la maison sommairement aménagée d’Ibrahim … Et là, eh bien, sans les adultes, on a bien joué ! et le soir elle a été se coucher, mais moi j’ai adoré la soirée bédouine au coin du feu et sous la tente, en plein dans le désert. Ben, finalement il a été stupide ! c’est vachement bien de dormir dehors, à la belle étoile, on aurait dû faire cela depuis le début du périple ! Ah, si j’avais sû, moi, les six mois, je les aurais passé ici, entre les grottes et les caillasses ! parce que la maison d’Ibrahim, elle est pas mal, mais rien ne vaut le désert ! Et puis, pour cela, notre hôte, avec son copain Khader, il s’y connaît bien, du désert, c’est un vrai guide ! Merci à tous deux, Khader, le roi du désert et Ibrahim, le prince des bédouins !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ibrahim et Khaled  de  Petra

Découverte inespérée de Petra … Petra, un site unique au monde, mais un vrai bourbier de touristes ! alors, quand me voilà dans le village de bédouins, attendant sous le soleil Ibrahim qui ne doit pas tarder à débarquer d’une visite dans le désert, je découvre quelle chance j’ai ! Quelle chance de ne pas loger dans un pseudo-hôtel à bas équipement mais à haut-prix, et surtout de disposer d’amis bédouins pur cru pure souche qui vont me faire découvrit l’autre facette ! Comme beaucoup de bédouins ici, Ibrahim et Khaled, ils vivent du tourisme, ils sont guides, et même qu’Ibrahim il a une agence de voyage et il manage très bien les groupes, si ça vous tente ! Mais pour moi comme pour tout Couchsurfer, c’est le service à la carte tout gratuit, tout sourire ! le village bédouin, il est pas très sur-équipé, c’est le moins que l’on puisse dire, la maison d’Ibrahim, c’est tout comme, mais cela n’a aucune importance, elle ne sert que pour déposer les affaires car vite on file … dans le désert ! Et me voilà devenu à moitié bédouin, bédouin du jour sous le soleil, bédouin de la nuit sous les étoiles, je ne peux vous en dire plus, parce que ce qui est finalement bien du désert, c’est son silence, et ce qui est bien des bédouins, c’est qu’ils restent nature, celle du silence et de la droiture ! :

" It was nice time to meet you in Petra specially you are doing a peace walk, and I believe that everybody in this world needs peace and love to have a beautiful world for next generation. Good luck and have fun !" (Ibrahim)
(Ce fut un merveilleux moment de te rencontrer à Petra et spécialement parce que tu fais une marche pour la Paix, et je crois que chacun dans le monde a besoin de paix et d’amour pour constituer un merveilleux monde pour la prochaine génération. Je te souhaite bonne chance et profite bien !)

lundi 24 octobre 2011

Jour J + 170 : Amman => Jerash => Amman (51 Kms - Total = 5733 kms dont 5419 kms à pied)

L’Abécédaire de la Paix
Après le « G » et avant le « I » :

"H come Handicap. È necessario eliminare tutti gli ostacoli che di fatto rendono un uomo subalterno all’altro et un popolo dipendente da un altro …"
(H comme Handicap. Il est nécessaire d'éliminer tous les obstacles qui rendent un homme subalterne d’un autre et un peuple dépendant d'un autre … )

Pensée Spirituelle
"L’orgueil est en nous comme la forteresse du mal."
(Victor HUGO)

Péricope Biblique
"Éternel mon rocher ma forteresse mon libérateur Mon Dieu mon rocher où je trouve un abri Mon bouclier la force qui me sauve ma haute retraite."
(Ps 18, 3)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre glorifient Dieu, et Il est le Puissant, le Sage. C'est Lui qui a expulsé de leurs maisons, ceux parmi les gens du Livre qui ne croyaient pas, lors du premier exode . Vous ne pensiez pas qu'ils partiraient, et ils pensaient qu'en vérité leurs forteresses les défendraient contre Dieu. Mais Dieu est venu à eux par où ils ne s'attendaient point, et a lancé la terreur dans leurs coeurs. Ils démolissaient leurs maisons de leurs propres mains, autant que des mains des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtes doués de clairvoyance. "
(Sourate 59 [AL-HASR (L'EXODE)], Versets 1 – 2)


A l’assaut de la forteresse, têtu comme une mule qui n’en a pas assez ou qui sent la mûlerie, je recommence la comédie des allers-et-retours. Départ de très bonne heure de l’appartement des colocataires, pas dur, tout le monde dort, je file à la gare des cars au Nord d’Amman en taxi, et de là un mini-bus express pour retrouver Jerash, vous vous souvenez, là où les romains avaient prévu que le fait de mettre une petite cuillère entre deux piles d’une de leurs colonnes nous amuseraient, nous les crazys rigolos contemporains que nous sommes ! et de là, après un petit chaï que j’ai bien touillé … à la petite cuillère car si c’est « bela suker » (= sans sucre), c’est avec de la menthe – ça y est, le thé n’est pas encore vert, mais il y a de la verdure dedans ! en chemin, que dis-je en route, que dis-je en grande route, les kilomètres se passent, pari idiot que j’ai fait de tout faire à pied, forteresse (inattaquable) que je suis !!! Heureusement, mon sac à dos est resté chez Nael et Ayman, alors je fais une moyenne extra !!! Toujours est-il que me voilà aux bornes d’Amman, ville tentaculaire, pas bien vieille en dehors de son hyper-centre historique. Alors que vous dire de la route : chaud ! que vous dire de la banlieue ! animée ! que vous dire de la visite de la ville ? Je vous cite le Guide du Routard : « Amman est un bon point de départ pour des excursions d’une journée vers le Nord et l’Est du pays. Mais la capitale possède quand-même quelques curiosités. » Voilà, sybillin, non ? Alors, à peine reposé, je pars à l’assaut de Jabal Al-Qala’a, la forteresse dominant la ville basse, intéressante pour ses ruines … Superbes espaces d’ailleurs avec une belle vue sur la ville et ses innombrables mosquées, lieu non dénué de poésie. A y voir le temps d’Hercule, en ruines, la citadelle, en ruines, le musée archéologique, poussiéreux au possible … Bon, après une telle journée de marche, je ne vais pas lézarder au soleil encore fort, alors un saut au grand théâtre romain et à son petit frère l’Odéon … Mais rien ne vaut pour vaincre la fatigue et la soif une bonne boisson locale : un jus de citron mêlé à des feuilles de menthe pilées = succulent et idéal pour faire tomber … la forteresse de la fatigue ! Et en plus, Ayman est mon hôte, entre deux réunions, j’ai bien de la chance, sa bonhommie toute jordanienne me fait défiler dans ses yeux rieurs toute la fougue ensoleillée des jordaniens ! et puis ensuite, je suis à ramasser … à la petite cuillère, vous savez, celle de Jerash hier, alors je regagne l’appartement pour une petite soirée sans faire de vieux os, aux côtés de mes petits français qui ne sont guère plus énergiques ! une sacrée journée, une sacrée soirée, comme aurait dit le Jean-Pierre !

Jour J + 170 : Amédée


Bon après le bide du théâtre des ombres sous le soleil où il n’y avait pas plus de chinoises que de pin-ups, je suis retourné dans ma montagne pour dire au revoir aux ermites … Je regrette un peu d’avoir à les quitter parce que ces paysages, ils étaient reposants, plus que le centre d’Amman où ça n’arrête pas de klaxonner, mais c’est ainsi, Ben il a besoin de moi, de mon soutien, de ma bonne humeur et de tout mon poids, alors vaille que vaille, je le rejoins, ce soir, pour notre dernière nuit sur Amman … Et puis, j’ai envie de la voir, cette forteresse, un peu moins ce théâtre romain, échaudé que je suis ! Je retrouve donc Ben à Amman, et là, je peux amuser Ayman, notre logeur bien organisé : ah, merci, Ayman d’Amman !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ayman  d'  Amman

Ayman, c’est le grand copain de Nael … C’est lui qui me paie un pot et avec qui je discute pendant plus de deux heures, alors qu’il est complètement débordé. Il n’est pas guide comme Nael, lui il travaille chez … E-Bay ! Poste important en Jordanie, mais cela n’est pas ce qui lui fait enfler les chevilles : il passe son temps à rigoler … Tout en ayant les pieds sur terre ! Il voyage pas mal, il veille à la propreté de l’appartement des Couchsurfers, il passe son temps à répondre à son portable, il aurait bien aimé m’accompagner … Mais Ayman, comme il me dit, ce qui compte surtout pour lui, c’est de rencontrer les gens, alors que ce soit à Amman ou ailleurs, quelle importance. Pour lui comme pour moi, le voyage, c’est le fait de côtoyer des gens, plus que de visiter des monuments ou de voir des paysages, finalement …. :
 
"Très très heureux de te rencontrer ! Géniale, ton idée de marche pour la paix et pour le dialogue entre les peuples qui en ont bien besoin ! Je te souhaite toute la réussite pour ton périple, et espère bien te revoir un jour … Salam !" (Ayman)

dimanche 23 octobre 2011

Jour J + 169 : Amman => Ramtha => Jerash => Amman (43 Kms - Total = 5733 kms dont 5368 kms à pied)

L’Abécédaire de la Paix
Après le « F » et avant le « H » :

"G come Giustizia.il nuovo volto delLa Pace è la giustizia sociale, mediante la quale ad ognuno deve essere assicurato il suo …"
(G comme Justice [ou comme ???, pour trouver un mot commençant par la même lettre !]. Le nouveau visage de la Paix est la justice sociale à laquelle chacun doit être assuré d’en bénéficier …)

Pensée Spirituelle
"Je me suis bâti de si beaux châteaux en Espagne que les ruines me suffisent pour le restant de mes jours."
(Jean ANOUILH)

Péricope Biblique
"Ils pleureront, ils se lamenteront sur elle, les rois de la terre, les compagnons de sa vie lascive et fastueuse, quand ils verront la fumée de ses flammes, retenus à distance de la forteresse par peur de son supplice : " Hélas, hélas ! Immense cité, ô Babylone, cité puissante, car une heure a suffi pour que tu sois jugée !"
(Ap 18, 9 - 10)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout miséricordieux, le Très Miséricordieux. Nous ferons tomber du ciel un châtiment sur les habitants de cette cité, pour leur perversité. Et certainement, Nous avons laissé (des ruines de cette cité) un signe (d'avertissement) évident pour des gens qui comprennent."
(Sourate 29 [AL-ANKABUT (L'ARAIGNÉE)], Versets 34 – 35)


Une ballade romantique parmi les ruines, cela vous dirait … Ceci se conjuguant avec mon engagement respecté : de la marche partout (sauf en Syrie, et j’avouerai que je le regrette un tout petit peu, cela avait l’air si calme, dans ce beau pays … Mais non, ne soyons pas faux-c…, je ne le regrette pas du tout, car en réalité, le « temps gagné » m’a ainsi permis de fabuleuses rencontres !). Alors, ce matin, je retourne à la frontière syro-jordanienne en bus local pas cher et bien rigolo, pour effectuer à pied ensuite une première des deux étapes qui m’amènent à la capitale de cet assez petit royaume qualifié d’ « hachémite » , coincé entre deux mers, l’une Rouge et l’autre Morte, pays aux trois-quarts occupé par le désert et longtemps exclusivement habité de nomades … Lesquels se qualifient aujourd’hui de Bédouins, ces champions de l’adaptation, accueillant comme ils le peuvent une foultitude d’émigrés désœuvrés venant principalement de Palestine ou d’Irak, région-charnière entre le monde méditerranéen et l’Orient, où se succédèrent de fabuleuses civilisations qui ont laissé leurs traces … Et qui vont me permettre (ce serait dommage de ne pas le faire, non ?) une sacrée dose de tourisme culturel ! Ah, les ruines, ah les vieilles pierres ! Mais j’ai déjà aussi l’impression que la Jordanie est le pays de la palette de couleurs, plus que nulle part ailleurs, rabaissons donc notre caquet avec nos « impressionnistes ». Ici, l’impression est toute naturelle, déjà-là, sans rien faire. Je ne verrai probablement pas la mer Rouge (qui n’a rien de rouge, lol !), mais déjà à moi en partant ce matin Amman-la-blanche, bientôt Petra-la-rose, et déjà l’orange, le jaune et l’or du désert comme des ruines de tous temps … Par exemple celles de Jerash, grecques, romaines, byzantines, ottomanes, … Allez, dans cette savante recette de cuisine, peut-être bien que je vous rajouterai un soupçon de sel de la mer Morte (faut pas en abuser, ce n’est pas trop bon pour les artères !) qui, du fond de sa dépression pas du tout maladive va relever … notre voyage !. Voilà donc une entrée en matière pour cette contrée qui va probablement m’emmener vers des itinéraires inoubliables sur les traces de l’énigmatique Lawrence d’Arabie, des tombeaux de Petra, on verra en temps utile pour l’étonnant Wadi Rum, … Oui, car sans vous demander votre autorisation permissive, j’ai décidé de me lâcher, vers la fin de ce périple, profiter des nourritures terrestres et des traditions du monde arabe mélangées à l’inévitable cancer touristique. Ah !!! le narguilé, dont tout le monde profite, fumeurs ou non … Ah !!! l’appel du muezzin, jamais lassant, même si pas toujours mélodieux et parfois paraissant trop enregistré d’avance … Ah !!! peut-être pourquoi pas une ou deux ballades en chameau (le revoilà, celui-là) ou à cheval … Mais par contre, non de non, ah !!! je ne pousserai pas le bouchon trop loin vers les danses du ventre … Et pour vous, fidèles lecteurs statiques pris dans le bourbier stressant et bruineux, vous qui finalement êtes plus à l’Ouest que moi – et je dirai même « complètement à l’Ouest » dans votre folie quotidienne –, tant pis donc pour vous, vous n’aurez que ma modeste prose et quelques clichés (surtout des paysages … et des ruines pas si ruines que cela, pas de femmes …) pour profiter de cette caverne d’Ali baba à ciel ouvert, sous le soleil écrasant encore à cette période (alors que vous, tout vous presse …) et sous les étoiles filantes la nuit (alors que moi, rien ne presse …). Au fait, j’allais oublier le principal … les acteurs, ici ? comme depuis quelques pays auparavant – comme quoi les frontières ne servent à rien ! Comme de plus en plus en cheminant vers l’Orient, cette peuplade qui nous ouvre maintenant ses portes est réellement et tout simplement formidable, et elle est en train de me réserver, sans que je fasse quoi que ce soit, un accueil chaleureux, bouillant, et même torride à souhait ! Car oui, au royaume hachémite, il y a bien un roi, particulièrement aimé de ses « sujets », mais me voilà encore une fois un hôte de marque, marquant peut-être par certains, remarqué par tous ! Alors pour tout parfaire, peut-être qu’avec un peu de chance, je serai convié sans pouvoir le refuser par des bédouins sous une tente en poils de chèvres … Et ce sera la consécration pour une eucharistie omni-raciale et inter-religieuse de l’hospitalité : accueil indispensable par la cérémonie du thé, relayé pour changer un peu par un café à la cardamone, pourquoi pas une orgie d’agneau, et puis … ces formules à ne plus en finir de bienvenue, à réactualiser pour moi parce que ce ne sont pas les mêmes que celles apprises il y a déjà 28 ans en Algérie : ah, toute cette magie de l’Orient …
Mais je m’égare, sont-ce encore les fumées de narguilé ? ou bien aussi les odeurs de souk ? il est temps de reprendre la marche, Saïd Ben ! déposé à la frontière, le chauffeur du bus et ses passagers ne comprennent rien à ma démarche, pas grave, je suis tout simplement … européen (et fier de l’être, du moment que le Moulin rentre dans le moule sans choquer !) … Une route toute droite dans le désert déjà ici alors qu’on n’est qu’au Nord du royaume, des constructions de qualité, des voitures qui ne s’arrêtent pas (et c’est tant mieux) car le touriste est lui-aussi roi ici … Des petits troquets, des pavillons pour touristes, le café turc ou arabe au choix se relaie avec le chaï …
Et quelques kilomètres plus loin, fondu au soleil comme un glaçon laissé sur l’asphalte lequel brille en permanence, pas une oasis mais une petite ville endormie bien sympa, pas si petite et pas si endormie, mais c’est le rythme ici : Jerash ! aux portes de la bourgade moderne (ou plutôt dirons-nous pour relativiser, contemporaine), la cité antique admirablement conservée, autrefois grecque, puis romaine, puis byzantine, puis ottomane, accessoirement le second site touristique le plus visité du pays (mais je serai bien seul, pour mon plus grand bonheur), créée selon la légende par le Grand Alexandre en personne aux alentours du IVème siècle avant notre ère, mais déjà occupée dès le Néolithique ! puis conquise par ce cher Trajan, bénéficiant de la Pax romana et s’enrichissant radicalement de par sa situation au carrefour des route, puis hyper-équipée de beaux monuments par la volonté de ce cher Hadrien (vous savez, le grand copain de Marguerite Yourcenar) qui y a laissé son empreinte triomphale sous forme d’arc (mais non, pas Jeanne cette fois-ci !)! Allez ensuite, voilà que rappliquent les Byzantins au Vème siècle qui détruisent et bâtissent des églises en récupérant des pierres, puis ce sont cette fois les Perses qui cassent tout, suivis des Arabes au VIIème siècle, laissant ensuite la place aux … tremblements de terre au VIIIème siècle et à une forteresse élevée par l’Atabeg de Damas qui va chercher à donner une nouvelle vie à la cité … Et bien sûr, qui est-ce qui ne va pas se priver de tout détériorer ? j’ai nommé les Croisés (sale race, non ?) de Baudoin au XIIème siècle … Aujourd’hui, en ce vingt-trois Octobre du vingt-et-unième siècle, après encore les Bédouins, les Mamelouks et les Circassiens (si, si, vous pouvez utiliser ces mots comme adjectifs au Scrabble !), n’occupent plus les lieux que les archéologues (dont des français, efficaces et aimés ici, de l’école du Louvre ou de l’Université François Rabelais de Tours, je prends un thé avec eux), et les … touristes, dont votre humble serviteur un shouïa arabisant, qui va se taire après vous avoir uniquement énuméré tout ce qu’il y a de plus beau, ici, tout simplement : « allez Prévert ! » : l’Arc de Triomphe d’Hadrien ; l’Hippodrome ; les Portes Sud et Nord ; le Forum elliptique ; les Théâtres Sud et Nord ; le Cardo maximus ; le Macellum ; les Tétrapyles Sud et Nord ; la Cathédrale ; les églises (en-veux-tu-en-voilà, je me lâche, parce qu’aujourd’hui, je ne sais pas si c’est la fête à ma tante, mais c’est Dimanche, par tous les saints !) des Apôtres, des Prophètes et des Martyrs (vaste programme !), de Saint-Georges, de Saint-Théodore, des Saints-Côme-et-Damien, de Saint-Jean-le-Baptiste, des Saints-Pierre-et-Paul, de l’évêque Isaïe, de l’évêque Genesius, de la Synagogue, du Viaduc, , … ; le Nymphée ; les Propylées des Temples de Dionysos et d’Artémis ; le Temple d’Artémis, de Zeus, … ; la Mosquée omeyyade ; la Gerasa ville d’eaux ; … J’arrête la liste, inutile de vous essouffler plus , mieux vaut rester assis pour reprendre son souffle parmi les ruines, j’ai vraiment l’impression, comme Albert Camus à Tipasa, effet du soleil, poésie ambiante ou simple temps de méditation … que les pierres parlent et que la vie n’a jamais quitté ces lieux. Les quelques personnes qui sillonnent le site, sans le crissement des roues des chars d’antan qui laissaient leur ornières sur les dalles du Cardo maximus, me plongeant sans effort quelques siècles en arrière … Silence, l’été jordanien en plein mois d’Octobre !
Mais c’est pas tout cela, je dois regagner Amman, alors je prends pour pas cher un taxi collectif, puis un minibus, puis un autre taxi, car on a beau dire, si Amman est une petite capitale, elle regroupe une moitié de la population du pays, et ses faubourgs sont très étendus, bien bâtis et envahis par la foule … Et là, je retrouve Anaïs et Pierrick, petite soirée au calme à papoter, on ne trouve même pas le temps pour une initiation au …. Backgammon !
Allez, je me lâche, un dernier petit truc : la photo du jour ! une photo avec une petite cuillère ? Ben oui, c’est pour l’aspect touristique « congés payés ». Si vous venez à Jerash en voyage organisé, votre guide ne manquera pas de vous montrer qu’en glissant une petite cuillère entre deux piles d’une colonne du temple d’Artémis, cet outil culinaire moderne se met à vibrer : effet sismique ? conséquence du vent ? Voilà pour l’anecdote, les amis (mais franchement, allez voir les photos en bas du blog, vous y verrez que des colonnes et des mosaïques, mais c’est plus intéressant, lol !) ...

Jour J + 169 : Amédée


Eh voilà, de mon côté je voulais poursuivre moi-aussi ma traversée du désert … Mais Ben il m’a invité à Jedash à une représentation de théâtre … Du coup je suis accouru, mais la pièce ce devait être sans décors et sans acteurs … Une adaptation au théâtre du « monde du silence » de Cousteau, sans doute … Pas de chance, mais j’ai bien aimé le coup de la petite cuillère, moi ! d’autant plus que le guide, il l’a repris ensuite pour mélanger le chaï dans les verres de ses touristes … Du chaï magique, qu’il a dû leur dire ! Bon ici, que des ruines, la visite c’est pas la ruine, mais moi qu’aime bien parler, j’avais pas de copain ni grec ni latin ni hachémite ni bédouin, ni mamelouk ni circassien, ni arabe … Alors j’ai préféré retourner vers ceux de mon pays. Alors j’ai quand même un peu croisé moi-itou un couple de jeunes français vachement sympas. Vous ne les connaitriez pas par hasard ? Moi en tout cas, ils m’ont vraiment bien plu et on a passé un super moment : merci à vous, Anaïs et Pierrick !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Anaïs et Pierrick  d'  Amman

Anaïs et Pierrick, je les ai retrouvé sans m’y attendre en arrivant dans l’appartement de Nael et Ayman. Comme c’est un appartement spécifiquement dédié à leurs hôtes Couch Surfers, ce n’est pas étonnant … et c’est vachement sympa ! Car plutôt que d’être seuls chacun de notre côté le soir, eux comme moi nous bénéficions d’une présence … Bon d’accord, on ne fait pas de gros progrès en langues étrangères, à moins que ce ne soit le français qui soit devenu une langue étrangère ! Donc Anaïs et Pierrick, tout frais arrivés de leur Franche-Comté natale, tout près de la Suisse, ils ont débarqué ici il y a tout juste quelques jours, pour la première étape de leur … tour … du monde ! Car à 23 ans, après quelques mois d’activité professionnelle, tout juste le temps de mettre quelques sous de côté pour financer cette grande aventure, ils se sont lancés, après avoir mûri l’organisation pendant 2 ans : un beau tremplin avant de concrétiser tous leurs projets de vie commune, vous ne trouvez pas ? Qu’est-ce qui les a motivé ? ils n’ont pas encore beaucoup voyagé, c’est le baptême de l’aventure ! Anaïs elle est éducatrice et a un peu accompagné les jeunes handicapés, Pierrick il a fait une formation de photographe, mais le marché du travail est là (ou pas là …), et il s’est recyclé vers l’horlogerie (pas étonnant pour la Franche-Comté et la Suisse, non ?), quelques mois de boulot donc, et voilà … En route par étapes (la Jordanie, l’Inde et le Népal, la Thaïlande, pas mal de pays d’Asie du Sud-Est, l’Australie, Tahiti, l’île de Pâques, et pour finir une longue méharée tout au long de la Cordillère des Andes du Sud au Nord, avant de rentrer … dans dix mois, fête de famille oblige !). Et dès Amman, c’est la découverte les deux pieds dedans sans être dans le même sabot d’un super pays, la Jordanie, assez dépaysant pour eux mais pas trop, la prochaine étape le sera plus … Anaïs et Pierrick, ils ont déjà visité pas mal de choses ici, avec d’autres jeunes découverts au cas par cas, mais aussi avec nos hôtes, et là, ils sont un peu désœuvrés , n’ayant trouvé un avion que dans quelques jours et les finances au ras des pâquerettes (ah, après la Marguerite de Yourcenar …) Alors ils profitent de l’appartement (qui entre parenthèses n’a rien d’une ruine), font du ménage, transforment des cannettes de boisson justement en cendriers-marguerites (décidément) que je vais ramener pieusement en souvenir ; mais surtout … cela me permet de recevoir à l’arrivée de mon étape du jour le cadeau de leur présence – mais ne vous croyez pas obligés de les utiliser pour votre tabagie destructrice quand je vous inviterai !), de leur jeunesse, de leur grande gentillesse ! je ne sais ce que je peux leur apporter en échange, en tout cas, la barrière des origines et des âges est tombée, on vit ici dans un micro-climat de paix, de sérénité et de bonne humeur bien sympa, incrémenté de temps en temps par les visites-éclairs de nos hôtes … Allez, Anaïs et Pierrick, jeunes pèlerins de la vie en quête de la découverte des autres, je vous souhaite bonne Paix, portez-vous bien vous le méritez, et le Moulin que je suis vous dit benoîtement : bon vent les amis ! Vous pouvez en tout cas en être sûrs, nous aurons plaisir à suivre votre belle aventure sur votre blog http://bidetninis.over-blog.com : de belles réjouissances photographiques en perspective ! :

"Belle rencontre à Amman où nous partageons le même lieu Couch Surfing. Echanges enrichissants, nous avons pris plaisir à découvrir le beau projet de Benoît. Bonne route à toi !" (Anaïs et Pierrick)

samedi 22 octobre 2011

Jour J + 168 : Mar Moussa => Damascus (Syrie) => Amman (Jordanie) (182 Kms en Bus et Taxis- Total = 5733 kms dont 5325 kms à pied)

 Information spéciale :



 Au revoir la Syrie, Bonjour la Jordanie 

Et l’on passe encore une fois la Frontière. Cela va faire maintenant le quinzième pays traversé … Je vous préviens, le décompte va bientôt se terminer ! Un dernier coup d’œil par derrière, le souvenir de plein de surprises, que des bonnes en Syrie, merveilleux pays que je vous invite sous peu à aller parcourir, vous n’aurez ensuite comme moi qu’un seul regret, celui de le quitter si vite … Faites gaffe, peuple Jordanien, le Ben débarque, il va descendre de sa monture (qui aurait pu être un chameau), et il va reprendre sa pérégrination à pied, sans oublier cependant d’aller faire un petit crochet pour faire coucou à Lawrence : allez les amis, prêts à suivre le Ben d’Arabie ?

L’Abécédaire de la Paix
Après le « E » et avant le « G » :

"F come Fiducia. La Pace è scommenssa sulla parola altrui. Non ci può essere pace senza a ver fiducia negli altri …"
(F comme ( !) Confiance [ou comme Foi, pour trouver un mot commençant par la même lettre !]. La Paix repose sur la parole d’autrui. Il ne peut pas être de paix si l’on n’a pas confiance en les autres …)

Pensée Spirituelle
"En politique, la durée de la traversée du désert est laissée à l’initiative des chameaux."
(Philippe BOUVARD)

Péricope Biblique
"Je vous le dis, il est plus aisé pour un chameau d’entrer dans le trou d’une aiguille que pour un riche d’entrer dans le royaume de Dieu."
(Mt 19, 24)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Pour ceux qui traitent de mensonges nos enseignements et qui s'en écartent par orgueil, les portes du ciel ne leur seront pas ouvertes, et ils n'entreront au Paradis que quand le chameau pénètre dans le chas de l'aiguille."
(Sourate 7 [Al-Araf], Verset 40)


Beau parallèle entre la Bible et le Coran, non ? et moi, pendant ce temps-là, je roule ma bosse … à Mar Moussa, les bonnes choses ont une fin, et la fin, elle est décrétée … par l’échéance de mon visa Syrien qui se termine aujourd’hui. Six mois de validité, cela veut donc dire qu’il a été fait il y a six mois, et que je suis parti depuis presque … six mois. Quasiment six mois de méharée, sac au dos sans bête porteuse, seul sans caravane (bon d’accord, ceux qui n’ont rien compris au film me diront que j’ai dormi une nuit dedans , une caravane). Presque six mois de rencontres, une oasis chaque soir avec l’eau de la source ou du puits pour me rafraîchir, l’hospitalité du gîte reçu à la manière d’un bédouin, la nourriture variée et par trop abondante picorée avec les trois doigts de la main droite (surtout pas la gauche, bande d’impurs !) enroulant une petite portion de galette à tremper dans le plat (l’houmous, l’huile d’olive, le yaourt, …), et surtout, souvenez-vous-en, le chaï, ce thé délicieusement bouillant et maintenant orné d’une feuille de menthe … Eh voilà, nous quittons le désert syrien, laissons le monastère et ses habitants d’un autre rythme, pour regagner Damas … Petite pause chez les quatre –Am, un repas encore trop c’est trop, la tournée défilé de la famille et de tous les amis venant me dire au revoir comme si c’était mon dernier Adieu (ça fait bizarre, je sais bien qu’il y en a plein que je ne reverrai pas et qui ne me reverrons pas, problèmes d’argent, de visa, de congés, … mais c’est la vie, comme dit Houssam, c’est l’appel …), et Houssam me conduit à la gare de bus où je prends … un taxi, plus rapide et pas beaucoup plus cher, pour gagner la Jordanie … Rien à vous dire, que de la pseudo-autoroute, les policiers Syriens à la frontière sont absolument charmants, aucune fouille, ils me souhaitent de revenir très vite, les chameaux (on ne les appelle pas poulets partout sur la planète, les forces de l’ordre !), un peu plus procéduriers en Jordanie, mais globalement, la frontière est oubliée en trois quarts d’heure, on aurait pu s’attendre à pire … Il fait nuit, arrivée à Amman, capitale plus petite d’un royaume bien oriental et qui semble bien animé. Je change de taxi et parviens à joindre le logement que j’ai dégoté pour ce soir, et que je vais occuper avec deux jeunes français. Accueil sympa et olé par Nael qui nous laisse peu de temps après pour aller retrouver sa famille, on est comme des pachas au repos du caravansérail , et avec Anaïs et Pierrick, direction un petit bar de la basse ville pour un p’tit dîner bien sympathique en terrasse. Alors voilà, retour au bivouac, le chameau de Ben a encore franchi une étape, il est pas loin de sa ville finale, tout va bien, il va bien dormir sans être balancé en haut d’une nacelle d’ongulé du désert !

Jour J + 168 : Amédée


Qui dit chameau dit désert, et qui dit désert dit abri pour les pauvres humains et pour les non moins pauvres nains qui s’y aventurent. J’ai décidé de faire faux bond à Ben et de rester un peu dans le désert, je le retrouverai bien un jour. Regardez ma nouvelle acquisition provisoire ! une grotte, un ermitage pour moi et pour mes amis les six autres nains qui débarqueront bien un jour … Si ma copine (non, elle s’appelle pas Blanche-Neige) arrive à avoir quelques RTT … et un visa – pas facile de venir en Syrie en ce moment – pour nous réunir, nous la bande des sept … Allez, faites pas la tête, il y a aussi de la place pour vous, dans ma grotte (et si ça vous plait pas, parce que l’épaisseur de la moquette n’est pas suffisante pour vos petits petons qu’auront même pas fait dix pas, ou bien parce que les couvertures sont trop rêches – ben oui c’est du poil de chèvre – alors vous pourrez toujours aller pieuter au monastère, un peu plus bas, en direction de la vallée). Bon, c’est pas tout cela, moi qu’étais un nain de jardin, me voilà devenu un nain du désert, au moins dans mon refuge loin des bêtises humaines, je n’ai pas besoin ici de bosser, et du coup, loin de Ben (mais ça va pas durer, il va s’ennuyer de moi et il va me supplier de le rejoindre, je compte les heures …), je ne roule plus provisoirement ma bosse … de chameau !.

(Petite information supplémentaire : Ben, il a pas fumé la moquette, pas plus que le narguilé, mais il y avait plein de fumée ce soir dans le café d’Amman, m’a-t-il dit quand il m’a appelé … Ca doit être pour cela qu’il parle sans arrêt de chameaux. Il doit avoir eu des visions dromadairesques, parce qu’en réalité, faut vous avouer qu’on n’en a pas vu un seul, dans le désert Syrien ! D’ailleurs, vous en voyez un, vous, sur la photo … de l’escalier ?!).

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Nael  d'  Amman

Nael, c’est un sacré … chameau ! Je me posais des questions, je devais être hébergé par un certain Omar, décroché sur mon site Web favori, j’ai essayé de le joindre plusieurs fois, et le flou artistique, un peu comme un mirage dans le désert ! En arrivant à Amman, après des SMS sans réponse, je prends un taxi et réussis à rejoindre un fanfaron, j’apprendrais dans l’appartement que c’est Nael et non Omar : vous me suivez ? Pas grave, c’est juste qu’Omar s’il existe, n’était finalement pas disponible et a délégué à Nael, qui se fait la joie de recevoir le maximum de couchsurfers (traduisez « voyageurs ») et qu’il serait même sur le podium du champion national du plus grand nombre d’accueils… Et c’est pour cela qu’il a mis une organisation en place. Car où donc vais-je compter les étoiles ? Eh bien, dans un appartement dédié spécialement à cela, en plein centre d’Oman, loué par Nael et son copain, qui tous deux adorent rencontrer des gens de toute la planète et discuter avec eux … En vue probablement d’être reçus en retour lors de voyages ! Alors Nael, scaré phénomène de 33 ans qui songe au mariage et a déjà acheté un appartement en attente de trouver sa dulcinée, pour sa profession future il sera guide touristique, après une formation express de six mois … Il s’exprime en de nombreux langages, dont le français qui nous permet de nous comprendre vaille que vaille ! Nael, on le voit par moments, il va il vient, mais il est super sympa et nous donne plein de tuyaux, à moi au couple de français qui loge aussi en ce moment dans l’appartement. Lui il ira crécher … ailleurs … Bon finalement, ami Nael, je ne sais plus trop si tu es bédouin sur chameau ou sur dromadaire, mais t’as vraiment envie d’en faire, des méharées dans le monde entier, et si tu regardes bien sur la carte, tu verras que la Normandie, c’est tellement vert que c’est une vraie oasis prête à t’accueillir !

"Je suis heureux de faire connaissance de Benoît. Il est une bonne personne, il est très aimable et gentil, nous avons passé très belle moment ensemble en Jordanie. J’espère le voire une autre fois en Jordanie" (Nael)

vendredi 21 octobre 2011

Jour J + 167 : Journée à Mar Moussa (22 Kms - Total = 5551 kms dont 5325 kms à pied)

L’Abécédaire de la Paix
Après le « D » et avant le « F » :

"E come Economia. La Pace si realizzata attraverso un equilibrio economico tra ivari mercati del mondo ..."
(E comme Economie. La Paix doit se réaliser via un équilibre économique entre tous les marchés du monde …)

Pensée Spirituelle
"La vie s’arrête lorsque la peur de l’inconnu est plus forte que l’élan."
(Hafid HAGGOUNE)

Péricope Biblique
"Alors Paul, se tenant au milieu de l'aréopage, dit : « Hommes athéniens, je remarque qu'en toutes choses vous êtes singulièrement religieux. Car en passant, et en regardant vos divinités, j'ai trouvé même un autel sur lequel il y a cette inscription : Aa dieu inconnu. Celui donc que vous honorez, sans le connaître, c'est celui que je vous annonce. Le Dieu qui a fait le monde et toutes les choses qui y sont, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans les temples bâtis de mains d'hommes."
(Ac 17, 22 – 24)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il y a sur terre des preuves pour ceux qui croient avec certitude ; ainsi qu'en vous-mêmes. N'observez-vous donc pas ? Et il y dans le ciel votre subsistance et ce qui vous a été promis. Par le Seigneur du ciel et de la terre ! Ceci est tout aussi vrai que le fait que vous parliez. T'est-il parvenu le récit des visiteurs honorables d'Abraham ? Quand ils entrèrent chez lui et dirent : «Paix ! », il [leur] dit : «Paix, visiteurs inconnus »."
(Sourate 51 [AD-DARIYAT (QUI ÉPARPILLENT)], Versets 20 – 25)


La découverte de l’inconnu ! Nous voilà bien ancrés dans ce petit Deir (monastère, maintenant vous savez !), réglés sur l’heure du soleil qui donne déjà beaucoup à son lever : c’est cela la joie du désert … Mais ce Deir et un vrai labyrinthe, alors nous en profitons pour en découvrir tous les coins et les recoins, un vrai jeu de piste que cette découverte de l’inconnu, des aspects architecturaux assez rupestres comme des visions sur la steppe et sur la montagne … A quoi s’écoule la matinée finalement ? Eh bien à arpenter la bibliothèque, on se croirait vraiment au temps du Nom de la Rose ici … Mais aussi à discutailler avec les autres êtres humains qui ont fait le choix comme nous de s’isoler quelque temps, la durée n’importe pas finalement, s’agit-il seulement de se retirer du monde agité et de se laisser emporter par cet inconnu que nous ne maitrisons pas : l’inconnu des lieux géographiques. L’inconnu de la rencontre avec les autres que l’on trouve sur son chemin et que l’on n’avait pas imaginé mais que l’on cherche à découvrir en étant bien certain que cela ne sera jamais achevé. L’inconnu de la rencontre avec l’Autre, ce guide inaccessible mais ô combien attirant. L’inconnu de la rencontre avec soi-même, l’aspect peut-être le plus déroutant … Et finalement, que ce soit dans un tel lieu de rencontre et – normalement – de méditation, ou que ce soit en se déplaçant sur un chemin de randonnée, l’important, comme vous le faites de plus en plus remarquer, fidèles lecteurs, ce n’est pas le but, cette ville terrestre que d’aucuns appellent selon leurs envies ou leurs désirs Jérusalem et d’autres Qudus, au sein d’une zone géographiquement attirante et attirée par ceux qui y voient Israël et d’autres la Palestine selon leurs souhaits d’ouverture ou bien leurs œillères, l’important donc c’est le chemin, chemin vers l’inconnu découvert peu à peu chaque jour, inconnu visible comme invisible, inconnu extérieur comme intérieur … Alors, où cela nous mène-t-on ? Quelle sera cette Jérusalem céleste ? Peu importe finalement, tout est dans le désir de trouver la Jérusalem du chemin et de la démarche, la Qudus du cœur, sur les pas d’Abraham, notre Père à tous, qui est parti lui-aussi, a bâti la tente, celle de la rencontre, au beau milieu du désert …
Car désert, nous y sommes bien ici, rien n’est vert, à part quelques petites branches timides d’oliviers qui tentent vaille que vaille de donner naissance à leurs fruits prometteurs de richesse, tout est gris-rose, minéral, sévère au premier abord, riant et attirant dès le second … Alors c’est décidé, après le repas du midi qui rassemble des humains très différents se retrouvant ici pour on ne sait finalement pas exactement quoi, nous partons, Houssam, Dania, Bernard, Amédée et moi pour une grande ballade dans le désert, sur la montagne dominant le monastère, parmi les sentiers à peine inscrits dans la roche, pour découvrir une vue à nous couper le souffle : la vision de l’infini, inconnu à peine palpable, incompréhensible, à simplement contempler, méditer … Le silence, à peine troublé par les bruits lointains, le silence à écouter, audible, finalement, le silence bruyant de notre existence et de notre présence ... Et quand Bernard égrène dans le vent quelques notes de son harmonica ou de sa flûte andine, on retient son souffle … Et quand cela s’arrête, on n’a envie de rien dire, de rien faire, de rien applaudir, surtout pas, le silence nous envahit et reprend sa place, nous liant chaleureusement avec l’inconnu …
Mais finalement ! finalement, nous qui ne sommes que de pauvres êtres finis et pas toujours à la recherche d’autre chose que ce qui nous est connu, il nous faut bien redescendre de notre pigeonnier, poursuivre notre ballade jusqu’à la ferme de monastère pour nous faire offrir un simple verre d’eau qui désaltère notre gosier, retrouvant ainsi le geste simple de la rencontre abrahamique, cette fois-ci dans la bergerie … Puis retrouver la vie de la communauté, nous demandant quand-même en chemin si une existence passagère érémitique de quelques temps dans une des grottes spartiatement aménagées au flanc de la falaise ne serait pas tentante … Oui, mais nous voilà si vite happés par la civilisation, alors, nous ne le prenons pas, nous ne voulons pas le prendre ou nous ne savons pas le prendre, ce temps d’ermitage (et pour faire un mauvais jeu de mot, ce n’est pas encore aujourd’hui que notre ami Bernard sera … l’Ermite !). Au monastère, la méditation, la messe, pour ceux qui le souhaitent, pour d’autres la lecture ou quelque passe-temps, surtout pas Internet car Paolo a pris l’habitude de tout débrancher quand c’est temps de prière … Et puis finalement, c’est encore dans la tente de la rencontre, baptisée « tente d’Abraham » au dessus de la cour, que nous nous retrouvons pour le dîner, diner frugal, toujours les mêmes mets, soupe, tomates, fromage, huile d’olive, épices, thé, pain coupé en petits bouts et trempé à même l’écuelle, geste simple, sans surprise, temps passé ensemble, recherche éventuelle de la découverte de l’autre connu ou à connaître !
Bon, c’est pas tout cela, pauvres terrestres que nous sommes, on a aussi à nos heures envie de bien rigoler !!! Alors la fin de la soirée sera affectée à une « méditation bien spéciale » pour Houssam et moi : Celle de se faire inviter pour une rencontre sous grotte par Dania et Bernard qui depuis leurs nombreuses venues ici ont pris l’habitude d’échanger un bon p’tit coup de l’amitié. Et ce soir, ce sera dans un abri naturel surplombant le Deir, on y est si bien qu’il n’y aura même pas une photo-souvenir, juste un bon moment passé ensemble, un souvenir fugace et heureux à la fois. On y est bien, ici, loin du monde … Mais bien dans le monde, dans notre monde !

Jour J + 167 : Amédée


Ben voilà, je suis dans le désert, sur mon tas de pierres, découvrant l’immensité de l’inconnu, découvrant l’inconnue de l’immensité, mais aussi prêt à servir de repère à tout voyageur égaré sur son chemin ! Ne m’oubliez pas, pauvres voyageurs, moi, je pense bien à vous, et à vous faire découvrir la beauté du lieu … Mais surtout, ne parlez pas, respirez en silence, le silence c’est tellement beau . Ecoutez ce bruit silencieux qui ne nous est pas familier … Vous verrez que finalement, c’est très facile de connaître l’inconnu, de s’en approcher, et de se laisser approprier par lui …

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Dania  de  Mar Moussa

Dania, elle est bien syrienne, bien dans sa peau, ouverte sur son pays et sur le monde … Dania, elle travaille ici, à Damas, pour les Nations Unies, pour diverses missions dont celle de réfléchir sur l’intégration des populations … Non-intégrées : les pauvres, les exilés, les femmes, … Vaste sujet, local probablement, planétaire sûrement, car ce n’est pas comme elle le dit, le bien possédé ni le statut social qui font que les femmes et les hommes ont réellement des attaches avec la terre, avec les autres et avec eux-mêmes … Dania, elle connaît bien Bernard maintenant et ils mettent en place des projets de productions alimentaires … Dania, elle vient souvent ici, elle se dit agnostique, mais probablement qu’ici elle s’y retrouve, dans ce creuset de pensées, d’actions et de rencontres dépassant tout sectarisme religieux ou identitaire … Elle y lit beaucoup, des sujets compliqués et ardus, elle apprécie la vie simple, elle a la parole facile, elle a le sourire imprimé en elle. Dania, c’est finalement bien l’espoir qu’ici, en Syrie, dans le Moyen-Orient, sur notre pauvre planète, les jeunes ont bien leur place et savent faire connaître ce qui est bon, droit, joyeux, simple et sain, ce qui est peut-être trop mal connu, peu connu comme trop connu, tout cet inconnu qui ne demande qu’à être … reconnu ! :

"It’s always great to meet such wonderful, crazy and free people from time to time. It’s always reminds us that there is always a lot to live for and to think about. Keep being crazy, the world always needs people like you. Best of luck in your trip, and, as Bernard said: “Merd, Merd, Merd » for “Good luck”" (Dania)
(C’est toujours une grande chance de rencontrer de temps en temps des gens aussi merveilleux, fous et libres. Cela nous rappelle toujours qu’il faut toujours vivre et penser pour cela. Continue à être crazy, le monde a toujours besoin de gens tels que toi ! Je te souhaite le meilleur pour ton périple, et, comme Bernard le disait : « Merde, Merde, Merde », comme on dit pour « bonne chance !)

jeudi 20 octobre 2011

Jour J + 166 : Damascus => Mar Moussa (35 Kms - Total = 5551 kms dont 5303 kms à pied)

Re-bonjour à vous tous !!!!
En ce Jeudi 20 Octobre, voici quelques nouvelles de notre Ben !!!!!
 TOUT VA TOUJOURS TRES BIEN !
J'ai quitté mardi Beyrouth pour revenir en Syrie.
Je pars tout à l'heure pour Mar Moussa
monastère en plein désert syrien.
Retour à Damas samedi pour gagner la Jordanie, et puis ce sera direction Jérusalem.
Cela commence à sentir la fin ... ou le début, qui sait !
Soleil radieux, un peu plus frais la nuit,
mais les rencontres sont tellement chaleureuses !!! Ben

L’Abécédaire de la Paix
Après le « C » et avant le « E » :

"D come Disponibilità. Non si può construire un mondo pacifico senza la disponibilità verso tutti …"
(D comme disponibilité. On ne peut construire un monde pacifique sans la disponibilité de tous …)

Pensée Spirituelle
"La Bible ne fait pas le moine."
(Alexandre BREFFORT)

Péricope Biblique
"Pour les moines, prier pour soi-même est un instinct de nature ; prier pour les autres est instinct de Grâce."
(Saint JEAN Chrysostome)

Péricope Coranique
"Désaveu de la part de Dieu et de Son messager à l'égard des associateurs avec qui vous avez conclu un pacte. […] Les Juifs disent : «Uzayr est fils de Dieu» et les Chrétiens disent : «Le Christ est fils de Dieu ». Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Que Dieu les anéantisse ! Comment s'écartent-ils (de la vérité) ? Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors de Dieu, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu'ils [Lui] associent. Ils veulent éteindre avec leurs bouches la lumière de Dieu, alors que Dieu ne veut que parachever Sa lumière, quelque répulsion qu'en aient les mécréants. C'est Lui qui a envoyé Son messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu'elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu'en aient les associateurs. Ô vous qui croyez ! Beaucoup de rabbins et de moines dévorent les biens des gens illégalement et [leur] obstruent le sentier de Dieu. A ceux qui thésaurisent l'or et l'argent et ne les dépensent pas dans le sentier de Dieu, annonce un châtiment douloureux."
(Sourate 9 [AT-TAWBAH (LE DÉSAVEU ou LE REPENTIR)], Versets 1 ; 30 – 34))


Retour chez les moines … Une fois n’est pas coutume, force est de constater dans la péricope coranique concernant l’attitude des moines, l’écart notoire de considération d’avec la Bible … Heureusement, le Dialogue Interreligieux est bien là en certains coins de notre petite planète et va permettre peut-être d’éviter trop de violence ! Ainsi, aujourd’hui, nous retournons, Houssam et moi, au Deir Mar Moussa, traduisez Monastère de saint Moïse ! Nous y sommes déjà allés il y a une semaine et demie, avant mon trip vers le Liban, et nous y a avions déjà passé une nuit … Le lieu, l’atmosphère et l’ambiance nous avaient tellement plu que nous avons décidé …. d’y retourner, en doublant la mise : deux nuits cette fois-ci (mais ce n’est toujours pas assez et il faudra encore revenir de nombreuses fois en doublant à chaque passage la mise, lol !) ! Alors depuis Damas, il faut aller plein Nord, ce n’est pas trop compliqué (quoique, heureusement qu’Houssam est là, c’est tellement peu évident de s’y retrouver dans les rues, les gares routières et les bus !). Vous prenez un taxi depuis le domicile qui vous emmène à la gare routière … Puis vous prenez un mini-bus en payant à la place, ce qui donne un aspect très couleur locale après vous être déclaré auprès de la police qui fouille vos bagages et vous-même (quoi que sincèrement, ils m’ont fait super confiance en me disant d’y aller au son de « you are wellcomed ! » :!!!) Une heure de route vers la petite ville de Nabek, puis vous vous arrangez pour conserver le même véhicule à titre privé qui vous emmène en plein désert au pied du monastère, à 14 kms de là … Et là, vous vous trouvez pas très loin des combats actuels les plus virulents … Mais vous ne vous en apercevez pas, en plein désert … Allez il vous reste pas mal de marches à escalader et vous vous retrouvez à la porte du Deir, en pleine faille géologique. Je vous en ai peu parlé la dernière fois de ce superbe Deir, alors allons-y ! c’est assurément un des plus beaux sites de la région, là où le temps a suspendu son cours. Il s’agit à l’origine d’un monastère construit à flanc de falaise au VIème siècle, surplombant majestueusement la steppe (où rien ne pousse à cette saison, alors vous imaginez dans la montagne …), à partir d’un petit fort romain dont les murs servent encore au monastère. Abandonné au XVIIIème siècle, il a été progressivement relevé de ses ruines par l’énergique – c’est le moins que l’on puisse dire – père jésuite italien Paolo Dall’Oglio, depuis 1984 … Et c’est désormais une petite communauté cosmopolite et œcuménique d’une dizaine de religieux et religieuses qui vit là, combinant recueillement, travail manuel (une laiterie pour du fromage de vache et de chèvre bien fait, alors que l’on ne trouve quasiment que du fromage frais en Syrie ; du cuivre repoussé pour des objets liturgiques ; une pépinière) et accueil de visiteurs – dont votre serviteur ! L’église recèle un ensemble unique de fresques des XIème et XIIIème siècles, dont la restauration a été achevée en 2003 … comme à la Qannoubine au Liban, le thème fil-rouge en est le Jugement dernier sur le mode apocalyptique ! Et qui plus est, le panorama est grandiose et apaisant, sans aucun obstacle avec l’horizon … On peut même si le cœur nous en dit (mais, pauvre de moi encore une fois : manque de temps …), un petit ermitage à fleur de montagne ! Alors que l’on soit simple visiteur touristique ou pèlerin, excursionniste d’un jour ou retraitant, on se retrouve autour d’un thé, d’un repas ou même autour d’un poêle (qu’ils installent quand on arrive car il commence à sacrément faire frisquette … et qu’ils démontent au printemps !) Car comme dans les autres monastères, on peut y dormir, et nous en profitons, Houssam et moi, retrouvant notre chambrette rustique de la dernière fois … Alors évidemment, on donne ce qu’on veut, pourquoi pas en nourriture apportée, on participe à la préparation des repas, à la vaisselle, à la lessive, et on peut aider les quelques ouvriers qui sont embauchés à bâtir un muret de pierres sèches pour planter … des oliviers. Le but de Paolo et de sa communauté, c’est d’œuvrer dans le domaine de l’Interreligieux, à la fois le plus proche à destination des locaux (évidemment principalement musulmans), grâce aussi à un autre monastère installé dans une petite ville assez proche), mais aussi de réfléchir et d’agir pour l’Interreligieux, grâce à diverses diffusions écrites, à des conférences et à des séminaires … Alors voilà, on a souvent évoqué ici la paix, voilà enfin un bel exemple d’Interreligieux !!! Lequel devrait être concrétisé un de ces quatre matins par la mise en place d’un … pèlerinage interreligieux, sur le thème du « pèlerinage d’Abraham » qui partirait d’Urfa en Turquie et qui irait jusqu’à Hébron, en passant notamment par Alep, Mar Moussa et les monastères du Qalamoun. Vous l’avez compris, il y a en a un qui est bien intéressé par ce sujet réunissant les trois religions monothéistes, grâce à ce cher … Abraham ! Voilà vous en savez déjà pas mal, que vous dire de plus … La vie y est assez cool ici, chacun vaque à ses occupations, la bibliothèque est richement pourvue et accessible librement, Internet ne dérange pas trop car très aléatoire, les repas sont souvent les mêmes, frugaux, le silence est de rigueur mais peu respecté, Paolo connait ses compétences et sa personnalité lui donne assez l’air d’un gourou, les messes sont d’un rite personnalisé … La méditation est de rigueur pendant une heure chaque soir, l’enseignement catéchétique a lieu pendant une autre heure chaque matin, mais comme tout est en arabe, je ne sais pas trop de quoi cela parle …
Nous retrouvons les habitants ainsi que des habitués des lieux, mais aussi un groupe de scouts, Bernard le français émigré ici et son amie damascienne Dania, avec qui nous allons passer pas mal de temps ensemble ! et dès notre arrivée, repas du midi, on nous donne notre chambre, petite sieste au soleil qui tape, bonne marche dans le lit du torrent à la recherche de grottes et d’ermitages, temps passé à l’église, dîner sous la « tente d’Abraham » surplombant la cour centrale d’accueil car le vent est trop glacial pour manger dehors, et dodo car il est crevé, le Ben ! Voilà ce que c’est une journée loin de la ville !

Jour J + 166 : Amédée


Nous revoilà donc dans le désert … Ben, il adore, moi c’est pas mal aussi et on va se balader dans les collines et les vallées au dessus du Deir, alors je vous préviens que vous allez en avoir pendant plusieurs jours, des photos de ma grandeur comme preuves que j’ai bien vadrouillé. On commence ? Acte I : à la porte d’un ermitage, je vous accueille, braves pèlerins sédentaires de l’hexagone, venez donc passer avec moi quelque temps, vous verrez, le silence ça fait du bien et ça ne casse pas les oreilles à toute personne qui comme moi est un peu cassée de partout ! Bon, cette ballade, on la fait notamment avec notre toulousain-damascien (ou damscène, qui sait) prénommé Bernard habitué des lieux et qui nous sert de guide non inutile : merci Bernard

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Bernard  de  Mar Moussa

Bernard, il se présente en toute simplicité et gentillesse, malgré son nom à tiroir : Bernard Marie Michel de Monès del Pujol d’Arc (tiens, un cousin ? lui-aussi descendant de la famille de Jeanne d’Arc, donc crapahuteur comme moi ?) Il a 65 ans, ne s’en cache pas et ne les fait pas, il est déjà venu dans les années 1970 par ici après avoir passé son enfance chez les bénédictins et ses études chez les jésuites, il a fréquenté les bancs des Sciences orientales à Paris juste au moment des évènements Mai 1968, et puis à lui la région en 2CV allers-retours depuis la France. Il y a trois ans, il a largué son entreprise, a laissé en France sa famille et ses biens immobiliers et est venu retrouver à Damas la vie qu’il a connue ! Et il est en train de créer une petite entreprise avec Dania de fabrication de Tarama et pourquoi pas de tomates séchées (produits inconnus à ce jour en Syrie), ce qui lui permet d’acheter en ce moment une maison en plein cœur assez inaccessible du vieux Damas … Voilà, Bernard, il a envie de faire sa vie ici, rentrant tous les six mois en France, un peu plus en fonction des naissances de petits-enfants, il est passionné de vélo, de lecture et de musique (ah, ses concerts d’harmonica et de flûte d’Amérique du Sud en plein désert ou dans l’église après la méditation, ça donne !) … Car il vient régulièrement ici pour deux-trois jours, histoire de se ressourcer, de méditer, de faire le point ! Sacré personnage, Bernard, à qui je présente mon projet et sa réalisation, et qui en échange de l’adresse de mon blog me fournit celle du sien contenant des années de photos de Syrie
(allez-y voir :
http://semelles-de-vent.blog4ever.com : c’est superbe !)
 Que voilà une belle rencontre toute simple et toute chaleureuse, chrétien d’ailleurs venu ici pour devenir laïc oui, mais interreligieux, comme moi dont il qualifie ma nouvelle religion (c’est un SCOOP !) de « ibrahimique », à savoir fils d’Abraham, rien que cela, quel honneur, non ? :

"Joyeuse rencontre, croisée de chemins, au cœur du mystère, l’important, c’est le chemin !" (Bernard)

Le site de notre Sponsor : Les Enfants d'Agathe Courtois

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