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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM

Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM
afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

mercredi 19 octobre 2011

Jour J + 165 : Journée à Damascus (Total = 5551 kms dont 5268 kms à pied)

L’Abécédaire de la Paix
Après le « B » et avant le « D » :

"C come Collaborazione. La Pace è frutto della collaborazione tra tutti i popoli della terra ..."
(C comme collaboration. La Paix est le fruit de la collaboration entre tous les peuples de la terre …)

Pensée Spirituelle
"On n’apprend pas l’amour : il existe … on n’apprend pas d’avantage l’amitié."
(Francesco ALBERONI)

Péricope Biblique
"L’ami aime en tout temps, et dans le malheur il se montre un frère."
(Pb 17, 17)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l'amitié, alors qu'ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. Ils expulsent le Messager et vous-mêmes parce que vous croyez en Dieu, votre Seigneur. Si vous êtes sortis pour lutter dans Mon chemin et pour rechercher Mon agrément, leur témoignerez-vous secrètement de l'amitié, alors que Je connais parfaitement ce que vous cachez et ce que vous divulguez ? Et quiconque d'entre vous le fait s'égare de la droiture du sentier réservé à la vraie amitié."
(Sourate 60 [L’éprouvée], Verset 1)


Article 1 : non, ce n’est pas comme souvent : « le chef Ben a toujours raison », mais c’est « L’amitié est au cœur de mon pèlerinage » … et mince, encore une journée sur place, vous allez croire que je me fais nourrir au frais de la princesse (et dans la famille Baravi, la princesse, elle s’appelle justement « Salam », qui, inutile de vous le rappeler – mais je le fais quand même – veut dire « Paix » !). C’est que l’on a des choses à faire, avec Houssam et Wissam : d’abord une visite du palais Azem, élevé en 1749 par monsieur … Al-Azem, gouverneur de Damas, fine construction arabo-ottomane, et abritant le musée des Arts et traditions populaires : une petite merveille ! Ensuite, les souks, propres et bien achalandés ! Ensuite, passage au hammam Nour-ed-Din en plein cœur des souks : un baptême pour Houssam, un délice pour moi, me voilà propre comme un sou neuf … pour filer retrouver des nouveaux amis à deux pas de là dans un café super sympa … puis de filer à un entraînement de capuera … d’aller manger avec Houssam, Hassan et Hussin dans un p’tit restau couleur locale … et de finir par un verre de l’amitié chez mes hôtes, en bonne compagnie amicale … Alors bien-sûr, on n’aura pas fait beaucoup de pas aujourd’hui, la moyenne kilométrique chute … Mais le baromètre de l’amitié est au point idéal : pas de froid, pas de brouillard ni de tempête, pas de sécheresse non plus : c’est le beau fixe .

Jour J + 165 : Amédée


Aujourd’hui, j’ai aidé la maman des « -Am » à faire la lessive : je suis un brave hôte, non ? Bon, c’est vrai que mes quelques vêtements, je les ai en permanence sur moi, alors, écologiquement, je suis le meilleur ! Chez les « -Am », ils ont des coupures d’eau régulières, c’est pas moi qui abuse, ils ont de temps en temps aussi des coupures d’électricité, je suis bien raisonnable … Car la vie semble bien difficile ici, et elle ne va pas trop s’améliorer, malheureusement … Pour un pays qui tendait vers la prospérité, combien de temps faudra-t-il pour qu’ils soit remis sur les bons rails ? Et surtout, n’est-il pas en train de foncer dans le butoir, ou de dérailler, au train où cela va, le train syrien ? Inquiétons-nous pour ce peuple ami, les amis, car ce peuple ami nous considère réellement comme ses amis ! La preuve s’il en est, ce soir, nos quatre jeunes, ils nous ont réservé une belle surprise, aux deux ancêtres que nous sommes, Ben et moi : « l’amitié », un cadeau sans prix et tout simple, comme si l’on se connaissait depuis toujours : vous êtes plein d’espoir, ne baissez pas les bras, c’est vous la force de votre pays, montrez l’exemple !!! Merci Houssam, Ola, Sinan et Housam !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Houssam, Ola, Sinan et Housam  de  Damascus

Ce soir, avec Houssam, nous avons rencontré Ola, Sinan et Housam dans un café branché très bien décoré de la ville ! Pourquoi, tout simplement parce qu’ils avaient répondu qu’ils voulaient me rencontrer ! Tous membres de Couch Surfing, ils croient en la Paix, en l’amitié et la discussion possible entre les peuples … Alors autour d’un cocktail ou d’une bière, avec des parts de pizza pour nous restaurer, nous avons refait le monde, un monde beau, plein d’espoir, sans naïveté aucune mais avec plein d’espoir pour eux et pour toute la jeunesse qu’ils représentent : Ola, elle est ingénieur, mais avec les difficultés actuelles, elle vient de commencer un nouveau boulot dans le Marketing. Sinan, il vient d’obtenir son diplôme de professeur de mathématiques, et il ne va pas tarder à rentrer sur le marché du travail. Housam, il est ingénieur en informatique et aime son travail … Et tous les trois ils croient en leur pays, mais même s’ils sont instruits et portent l’espoir de leur pays, ils sont bien inquiets … Espérons que tout cela ne mènera pas à la catastrophe, me disent-ils … Espérons que le fait qu’ils cherchent à se rencontrer des amis et à monter des projets et des actions ensemble ne les poussent pas à l’idée d’aller voir plus ou moins longtemps ailleurs ce qu’il s’y passe … Ah, « Amitié », ne passe pas ton chemin, construis-leur un vrai avenir, à la jeunesse ! Et puis au moins, l’honneur est sauf : Regardez sur la photo, il n’y a que des bouteilles d’eau ! :

"Peace is a great message to have, in my heart, in your great soul … you prove that it exists … thanks you, wish you the best." (Ola)
 (Paix est un grand message à avoir, en mon cœur, en ta jeune âme … et tu prouves qu’elle existe … merci à toi, je te souhaite le meilleur)

"Best luck !" (Sinan)
(Bonne chance !)

"Hey, I hope you enjoyed your stay in Syria and I encourage you for what you are doing. And good luck, regards !" (Housam)
(Hey, j’espère que tu as aimé ton séjour en Syrie, je t’encourage pour ce que tu fais, et bonne change ! amitiés !)

mardi 18 octobre 2011

Jour J + 164 : Beyrouth (Liban) => Damascus (Syrie) (15 kms - Total = 5551 kms dont 5268 kms à pied)

 Information spéciale :



 Au revoir le Liban, Rebonjour la Syrie 

jamais quatorze sans treize, on retrouve la Syrie !


L’Abécédaire de la Paix

Après le « A » et avant le « C » :

"B come Bontà. La Pace si fonda sulla bontà dell’anima di ogni essere umano, che già porta in sé questa propensione …"
(B comme Bonté. La Paix se fonde sur la bonté de l’âme de tous les êtres humains, qui portent tous en eux cette propension qu’est la Bonté...)

Pensée Spirituelle
"Le lien qui t’unit à ta famille n’est pas seulement le lien du sang, c’est aussi celui du respect et de la joie, dans la vie de chacun de ses membres."
(Richard BACH)

Péricope Biblique
"Cet homme avec toute sa famille était pieux et craignait Dieu. Il faisait beaucoup d'aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement."
(Ac 10, 2)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Certes, Dieu a élu Adam, Noé, la famille d'Abraham et la famille d'Imran au-dessus de tout le monde."
(Sourate 3 [AL-IMRAN (LA FAMILLE D'IMRAN)], Verset 33)




Retour au pays syriaquement chaleureux, après une semaine libanesquement merveilleuse ! Solution de facilité au Liban, le taxi collectif (très courant ici, on paie seulement une place), solution de sécurité en Syrie, le même taxi collectif. Et c’est pas cher et rapide, et en plus, à la frontière » on passe rapidement, et avec le sourire en plus / pas grave si le policier libanais il a oublié un coup de tampon sur le passeport à la sortie, il suffit de faire marche arrière et tout est arrangé, pas grave non plus s’il y a foule au guichet à l’entrée en Syrie, « on » repère tout de suite que je n’ai pas la gueule d’un local, alors « on » ouvre un guichet spécialement pour moi … Car malgré les conflits d’idées et d’intérêts entre la France et la Syrie, malgré les dires décapants des uns et des autres, malgré les reportages particulièrement peu neutres de nos médias respectifs, même si chacun s’efforce de faire bonne figure, je peux dire que : TOUT LE MONDE EST PARTICULIEREMENT CHALEUREUX DANS CE QUI POURRAIT A PEU DE FRAIS ÊTRE UN P’TIT COIN D’PARADIS ... Car c’est peut-être finalement les humains qui sont des tordus, dus aux coups de soleil tout comme à la déprime de crachin normand ou autre donnant dans tous les cas un crachat stupide … Allez que diantre, un peu d’effort, les amis ! D’ailleurs, rappelez-vous qu’on dépense moins de calories à sourire qu’à faire du boudin, alors, conservons notre embonpoint !!!
Arrivée presque trop rapide à Damascus, un taxi me mène directement chez Houssan, Wissam, Bassam et Salam, vous vous souvenez, la bande des quatre « -Am » et leurs parents … « ma » famille d’accueil, moi qui ne suis orphelin de rien du tout, citoyen non seulement de France, citoyen d’Europe, citoyen du monde ! Et quel bonheur ce soir, le père des « -Am », Moufaq est là, revenu pour quelques jours de l’usine gouvernementale de production de farine et de pain (car le gouvernement – pour quelle raison ? – veille à ce que les syriens ne manquent pas de pain), où il veille à la construction et au démarrage de nouvelles lignes de production : le pain, la nourriture terrestre, image de la nourriture spirituelle et relationnelle, non ? Et ce repas de famille, où je suis l’hôte mais plus que cela, il est à l’image de leur diction : « Be a king on breakfast, a prince on lunch and a poor man on diner ! » Ca marche pour la nourriture terrestre, ne pas se surcharger le bidon en fin de journée, mais c’est aussi vrai car inversement proportionnel au degré de nos échanges de plus en plus profonds et chaleureux au fur et à mesure des heures. Eh bien, moi, cela me va car ça me permet de ne pas trop manger au dîner, et d’échanger. Oui, j’aime bien être le pauvre de service, pauvre d’esprit peut-être, mais bien fier de l’être parce que c’est ainsi que les amitiés sont les plus profondes et les plus sincères. Merci à vous famille damascienne, vous ne roulez peut-être pas sur l’or, mais vous l’avez, la médaille olympique suprême de l’humanité ! et vous deux, les parents des quatre «-Am » qui m’avez si gentiment accueillis comme de la famille, votre photo à l’honneur est le moindre des hommages que je pouvais vous rendre !
Et tout cela grâce à Internet qui nous a réuni, toute cela grâce à cette idée géniale de Couch Surfing, qui se doit absolument de réussir à germer, telle l’arbre issu de la graine de senevé (ça vous dit quelque chose ?) à Damas pour une vie heureuse et « politique » au sens de la « vie de la cité ». Tout comme en Syrie pour une vie sereine au sens du respectueux des différences. Tout comme sur la planète au sens de de l’humanité, braves humains, et de la gens-tillesse, braves gens !!!

Jour J + 164 : Amédée


Vous aimez quoi, vous ? faire ce qui est difficile ? ou faire ce qui est facile ? Moi, solution de facilité, j’aime bien laisser faire les choses qui se présentent, sans trop me fatiguer ! Alors si l’on prend l’exemple au hasard du voyage, pourquoi compliquer les choses, quand on me propose une voiture de course, je suis heureux … Mais quand on m’en propose deux, alors là je suis aux anges … Car les anges, c’est aussi mes copains, ils ont des ailes pour décoller et voler rapidement, moi je crois que j’aimerais bien avoir des ailes, Icare, il a une sacrée bonne idée … Mais peut-être que pour aller encore plus vite, il me faudrait trouver un tapis volant ? Ce serait plus romantique que l’avion, cet espèce de bouffeur de kérosène que Ben il veut prendre pour retourner au pays, même pas courageux, et même pas écolo, le Ben … Moi au moins, partout où je passe, je suis Béage … Tiens là justement avec mes deux voitures de courses sur l’ « état-j’erre », je n’ai pas besoin de compter les kilomètres et les pays pour savoir dans quel « étagère » (elle est facile, celle-là, non ?) … En plus, Ben, il me traîne de force dans son taxi, moi, je suis bien là, c’est quoi finalement, cette bougeotte ?

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Feras  de  Damascus

Feras, je l’ai rencontré à Damas, via le site Couch Surfing. Il travaille semble-t-il dans le tourisme et l’évènementiel, mais surtout, pour CS, il cherche à développer un noyau d’amitié de rencontres et d’échanges lors de réunions hebdomadaires autour d’un verre, dans des cafés sympas de la ville. Beau projet, parmi les 900 damasciens inscrits sur le site, souhaitons vraiment que la réalisation de ce projet dépasse vos espérances et que ces joyeuses réjouissances soient le symbole d’une « Syrie nouvelle donne », avenir proche sans nuage et sans violence. Vous aurez alors réussi à donner un peu de Paix à votre ville (la plus vieille ville habitée du monde, ouah, plus de 5.000 ans, qui dit mieux ?), à votre pays (que tout le monde s’accorde à dire beau et chaleureux), et à toute notre pauvre terre qui ne demande qu’à être moins malmenée … :
"You are a really crazy person ! it was nice to meet you and talking with you. I wish you a really nice trip and safe and funny !" (Feras)
(Tu est vraiment quelqu’un de dingue ! ce fut particulièrement sympa de te rencontrer et d’échanger ensemble. Je te souhaite un très bon voyage, plein de sécurité et de bonheur !)

lundi 17 octobre 2011

Jour J + 163 : Journée à Beyrouth (Total = 5551 kms dont 5253 kms à pied)

L’Abécédaire de la Paix

Une nouvelle rubrique dans ce blog !

Le décompte est lancé … dans environ trois semaines et demie, ce sera le retour …
Un retour de Paix ?
Un retour par la Paix ?
Un retour vers la Paix ?
Un retour en Paix ?
Quoi de mieux pour illustrer ce décompte que l’exemple d’un Abécédaire !
Car tout au long de cette pérégrination, nous en avons vu défiler, des alphabets différents : un premier dans notre Europe occidentale, un autre en Bosnie-Herzégovine, un autre au Monte-Negro, un autre en Macédoine, un autre en Albanie, je ne sais plus trop au Kosovo, un autre en Bulgarie, un autre en Grèce, un autre en Turquie, un autre depuis la Syrie … Et il y en aura encore un autre en Palestine-Israël ! Finalement, à part nous (mais non, nous ne sommes pas les meilleurs ni les premiers de la classe …), différences de lettres, différences de langages, il ne s’agit pas d’unifier l’alphabet pour écrire tout comme il ne s’agit pas d’avoir recours à l’Esperanto pour niveler le langage, si chacun pouvait en gardant ses spécificités faire un petit effort pour dialoguer, ne serait-ce pas mieux et cela éviterait-il toutes les guerres du monde ? Et ce n’est pas fini, je vais vous apprendre un nouvel alphabet :

« L’ALFABETO DELLA PACE :
 L’ALPHABET DE LA PAIX »

Fruit d’un certain P. Antonio RUNGI, je l’ai découvert en Italie à l’occasion d’une des étapes les plus fabuleuses de mon périple, et vous verrez que ce décompte nous mènera tout droit à des dates commémoratives très importantes, dont je vous laisse … La surprise : on se lance ?

"A come Amore. Non ci puòessere pace senza amore degli uni verso gli altri al di là dei confini di razza cultura e religione … »
(A comme Amour. La Paix se fonde sur la bonté de l'âme de chaque être humain, qu'apporte déjà en soi ce penchant qu’est l’amour …)

Pensée Spirituelle
"Il est plus aisé d’opprimer que de contenir, et d’exercer un acte de violence qu’un acte de justice."
(Jean Le Rond D’ALEMBERT)

Péricope Biblique
"Et même le seigneur ton Dieu sera violent et leur enverra le frelon jusqu'à la disparition de ceux qui resteraient et se cacheraient devant toi. Ne tremble pas devant eux, car il est au milieu de toi, le seigneur ton Dieu, un Dieu grand et terrible. Le seigneur ton Dieu chassera ces nations devant toi peu à peu. Tu ne pourras pas les achever aussitôt, car autrement les animaux sauvages deviendraient trop nombreux contre toi. Pourtant le seigneur ton Dieu te livrera ces nations et jettera sur elles une grande panique jusqu'à ce qu'elles soient exterminées. Il livrera leurs rois entre tes mains, tu feras disparaître leur nom de sous le ciel. Aucun ne tiendra devant toi, jusqu'à ce que tu les aies exterminés. Les idoles de leurs dieux, vous les brûlerez. Tu ne te laisseras pas prendre au piège par l'envie de garder pour toi leur revêtement d'argent et d'or, car c'est une abomination pour le seigneur ton Dieu."
(Dt 7, 20 – 25)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Nous lui (David) apprîmes la fabrication des cottes de mailles afin qu'elles vous protègent contre vos violences mutuelles (la guerre). En êtes-vous donc reconnaissants ?"
(Sourate 21 [Les prophètes], Verset 80)



Aujourd’hui, je finis de visiter Beyrouth … Enfin, c’est une vaste prétention pour cette ville dont le cœur a été quasiment entièrement détruit entre 1975 et 1990, et qui a reçu de nouvelles attaques en 2006. Ah, sale guerre, ton seul avantage est de laisser place à … la Paix ! Officieuse à défaut d’être officielle, la paix, elle est bien là, aujourd’hui, la Paix, mais est-elle bien solide ? Sale invention, la guerre, de tous temps elle a sévi, pas la peine de se fatiguer pour en trouver des traces dans les livres sacrés religieux, pas la peine de se fatiguer pour en trouver la trace sur quelques immeubles-témoins de Beyrouth … Des façades lépreuses, quelques-unes conservées à titre de témoin (ainsi celle du futur musée de la ville, réalisé en collaboration avec Paris), des verrues au cœur-même du Beyrouth-champignon moderne … Passage à la poste, dernier paquet de diversités envoyées en France, une bonne cinquantaine de minutes seront nécessaires pour réaliser le paquet, inutile de guerroyer, cela me permet de me frotter aux règles de fonctionnement du Liban (et de relativiser quant aux nôtres : combien de temps d’attente, dites-moi, à la poste de Bois-Guillaume ?) . Direction le musée, rassemblant parait-il des trésors de découvertes … Pas de chance, le Lundi est jour de fermeture … Tout comme ce matin la grande nouvelle mosquée ne peut accueillir, tout comme la totalité des églises chrétiennes … Finalement, que me reste-t-il dans cette belle ville, en son centre : les rues reconstruites à l’identique avec leurs façades 1930 , le nouveau souk, carrément conglomérat de boutiques de luxe où je me demande bien ce que je suis venu faire, les terrasses de café ? Le bord de mer tout près, avec des terrains vagues qui se cherchent ? Le seul lieu ouvert, c’est sous une grande tente le mausolée provisoire de l’ex-premier ministre et de sept proches décédés violemment l’an dernier dans un attentat, dont la justice enquête encore … Mausolée provisoire, dans l’attente d’un lieu faisant l’unanimité. Homme politique qui a fait avancer son pays, mais dans des directions qui n’ont pas convenu à tous. Malgré sa parfaite organisation, quelle consternation que ce mausolée, quelle tristesse de voir que les vivants ne sont pas capables d’organiser rapidement et avec consensus la dernière demeure de leurs défunts, quelle pitié pour le Liban d’aujourd’hui, quel espoir pour le Liban de demain ! Allez, on passe au patrimoine : centre-ville chef d’œuvre de réhabilitation due justement à la volonté de cet homme, mais dont le fonctionnement fait plutôt carte postale et n’est pas adapté à l’ensemble de la population … Ah, Liban ! Ô Liban ! toi qui es si attachant, continue à te chercher, à être adopté par tout ton peuple et par tous tes voisins, oublie-les, les méfaits de la guerre, avance toi-aussi sur le chemin de la sérénité et la Paix, cesse de guerroyer, cela n’en vaut pas la peine … Et toi Beyrouth, la belle libanaise, tu as certainement retrouvé une certaine paix, mais le pérégrin que je suis se dit qu’il a parfois de drôles d’idées de vouloir se sentir un peu citadin et qu’il a bien envie de repartir vers d’autres cieux qui se cherchent eux-aussi … Allez, ce soir, pour remercier mes hôtes de presque une semaine, nous partons en Croisade et envahissons une brasserie parisienne du centre-ville : steak tartare et pain perdu, vous allez perdre la bataille !

Jour J + 163 : Amédée


Moi je voudrais l’être, le champion de la Paix, gagner toutes les coupes , et pourquoi pas recevoir le prix Nobel, bref finalement, être le leader (non, je n’ai pas dit la mascotte, je ne suis pas une chose, rappelez-vous) de cette belle invention mettant à plat toutes les velléités innées de vous, les femmes et les hommes qui vous prétendez « êtres humains » alors que souvent, votre inhumanité se conjugue avec votre animalité, et que vous feriez bien de ne pas oublier que vous n’êtes pas les meilleurs en toutes choses ! Alors, moi, le Martin-Luther King naniforme de la Paix, moi qui les ai déjà, ces coupes, je vais acheter aujourd’hui mon billet pour Stockholm ! Car je suis le meilleur : votez pour moi, je suis le seul candidat, politique facile, non ? Bon, pour une chose c’est certain je ne vais pas guerroyer, je vais remettre au moins un accessit à mes amis qui savent ce que c’est que l’accueil moyen-oriental, aux petits oignons dans le Taboulé, autour du foul arrosé d’un bon vin local et pourquoi pas d’arak. Eux qui savent ce que c’est que la chaleur des pays du Levant, sous le soleil omniprésent, eux qui savent ce que c’est que la vie familiale, sociale et amicale en commun, au-delà des nationalités et des religions : merci Christiane et André !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 André  de  Beyrouth

La suite d’hier, je vous l’avais promise ! André, vous l’avez compris, c’est l’époux de Christiane, c’est le père de Jean-Paul, qui est le mari de Marie, qui est la fille de Brigitte et d’Eric, qui habitent Bois-Guillaume. Toujours aussi facile non, de savoir comment j’ai réussi à « dégoter une adresse au Liban » ! Et autant Christiane c’est la reine-même de l’accueil « à la libanaise », autant André c’est le roi-même de l’accueil « libanais » … André, il est dentiste, depuis quelques années il n’enseigne plus cette spécialité à la faculté, mais il continue à exercer à temps partiel dans son cabinet … Le reste du temps, eh bien André il l’a notamment récemment consacré à écrire un livre sur sa ville natale, sa ville-passion, Saïda, l’antique Sidon, à une heure de route au Sud … Et ces jours-ci, le livre est justement sous presse, la couverture décidée, c’est un grand moment ! mais en plus, cerise sur le gâteau, André il aime faire partager sa passion, celle de guide de son merveilleux pays qu’il adore ! Pas besoin de demander, c’est déjà tout prévu, vous n’avez pas le choix, et c’est … tant mieux ! Car André, il l’aime, son pays, il l’aime sa religion catholique, il aime aussi mettre les points sur les « i » entre les chrétiens d’Orient et les chrétiens d’Occident, nous qui avons trop souvent tendance à faire un complexe de supériorité particulièrement nombriliste ! Ainsi, André, il a lu mon blog de fond en comble, et il a pas mal d’avis dessus ! Ainsi, il a plaisir à me rappeler que le temps des Croisades occidentales, c’est périmé ! Que nous ferions parfois bien mieux de la rabaisser, nous ceux de l’Ouest ! nous qui avons eu le toupet de la brûler, notre Jeanne d’Arc nationale (et accessoirement ma grande tante, si si !) ! tout comme il dit avec juste raison que par chez eux, cela fait deux mille ans qu’ils sont chrétiens alors que nous, il a fallu attendre le baptême de Clovis (vous savez, entre 496 et 511, peut-être en 499) pour que le devenions. Bilan, quelques siècles de retard, les amis … Alors voilà, André, c’est la gentille main de fer dans le doux gant de velours, c’est la vérité mise à nue, c’est la jovialité de l’accueil, de quoi se plaindrait-on ? d’ailleurs, comme Christiane, André, c’est le parfait maître de maison, comme on les aime : simplicité, gentillesse, cœur ouvert … Et lui-aussi, ce n’est même pas la peine de lui demander, André il m’emmène partout où je vais, et même ailleurs dans des restaurants les plus divers, depuis l’arménien jusqu’à la brasserie parisienne en passant par le bord de mer (vous voyez bien que Beyrouth est cosmopolite, finalement pas besoin de … marcher !) ! André, décidément avec Christiane, vous l’ouvrez quand, votre pension de famille et … d’amis ? Car l’ami que je suis devenu de vous, mes amis qui l’êtes devenus, pourra donner votre adresse sans problème ! Allez, les trop bonnes choses ont une fin, demain, vous serez débarrassés du Ben pérégrin, la smala Sacy !
 
"Sacré Ben, comme dit ton frangin ! avant de te connaître, on pensait : il est fou, ou c’est un illuminé. Après, on pense plutôt : quel courage il a, il est génial, et en tout cas, c’est une sacrée expérience, il en aura des choses à raconter ! bonne route !" (André)

dimanche 16 octobre 2011

Jour J + 162 : Beyrouth => Gbeil [Byblos] => Beyrouth (20 kms - Total = 5551 kms dont 5253 kms à pied)

Pensée Spirituelle
"Nous sommes tous des poètes, disait ma mère, les arbres, les fleurs, les plantes, les rochers, l’eau … Si tu écoutes bien les choses, tu peux les entendre chanter."
(Ahmed ABODEHMAN)
 
Péricope Biblique
"Moïse étendit la main sur la mer. Le SEIGNEUR refoula la mer toute la nuit par un vent d'est puissant et il mit la mer à sec. Les eaux se fendirent et les fils d'Israël pénétrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche."
(Ex 14, 21 – 22)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. [Les actions des mécréants] sont encore semblables à des ténèbres sur une mer profonde. Des vagues la recouvrent, [vagues] au-dessus desquelles s'élèvent [d'autres] vagues, sur lesquelles il y a [d'épais] nuages. Ténèbres [entassées] les unes au-dessus des autres. Quand quelqu'un étend la main, il ne la distingue presque pas. Celui que Dieu prive de lumière n'a aucune lumière."
(Sourate 24 [La lumière], Verset)


La mer, l’eau divinement salée au bord de la terre sous le feu du soleil dans un air vivifiant. Voilà les quatre éléments réunis aujourd’hui Dimanche, journée de détente ! Comme vous le savez, le Liban est bordé par la mer Méditerranée, comme vous le savez, Beyrouth est au bord de cette mer « intérieure » … Alors avec mes super-hôtes, Christiane et André, après un bon petit déjeuner composé d’une spécialité locale : une galette hyper-fine de pâte à pain cuite chez le boulanger pendant quelques secondes sur une plaque très chaude, et barbouillée ensuite de mélange d’huile d’olive, de thym et de graines de sésame (hum, vous devriez essayer !), nous gagnons Gbeil, l’ancienne Byblos, à quelques kilomètres au Nord, pour visiter la vieille ville datant des romains, occupée par les croisés, riche d’églises de l’époque et de quelques mosquées (la population est essentiellement maronite aussi), paisible ville touristique aujourd’hui, magnifiquement mise en valeur … Pas trop de monde, c’est beau … Puis juste le temps de prendre un café, et nous retrouvons deux frères d’André et leurs épouses ainsi qu’un couple d’amis dans un restaurant réputé « les pieds dans l’eau » pour une excellent déjeuner de hors d’œuvre variés et de poisson frit et cuit au four … Ce qui ne gâte rien, l’ambiance est chaleureuse, adorable assemblée ! La digestion va être facilitée par une promenade au bord de l’eau et un nouveau tour dans la vieille ville, et voilà, nous rentrons à l’appartement pour une soirée tout aussi paisible sur le balcon au soleil couchant. C’est peu de choses à vous raconter, mais c’est bien comme cela, une excellente journée, au bord de … la mer !

Jour J + 162 : Amédée


J’adore la mer, même si je ne me baigne jamais ! et là à Gbeil, j’ai été en charmante compagnie. Elle est pas mignonne, ma copine–conquête du jour, sous le regard d’une divinité pseudo-phénicienne qui a béni notre union d’un jour … Peut-être un mariage blanc, pas grave, on s’est bien amusés ! Alors, vous voyez, moi non plus je n’ai pas grand-chose à vous raconter … On ne vous embête pas, alors, par pitié, laissez moi profiter des bords de mer et de leurs conquêtes (je ne pars pas en Croisade, moi …) ! Et puis, ce soir sur leur balcon, on est bien content de flemmarder avec Christiane et André. Merci à vous, les amis, pour votre accueil « libanais » au possible ! Merci la maîtresse des lieux, merci Christiane !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Christiane  de  Beyrouth

Christiane, vous l’avez compris, c’est l’épouse d’André, c’est la mère de Jean-Paul, qui est le mari de Marie, qui est la fille de Brigitte et d’Eric, qui habitent Bois-Guillaume. Facile non, de savoir comment j’ai réussi à « dégoter une adresse au Liban » ! Ce qui veut dire, vous me connaissez, que j’en profite (non, je n’abuse pas, ils sont tellement sympas) pendant une semaine, de leur présence et de leur logis … Et Christiane, c’est la parfaite maîtresse de maison, comme on les aime : simplicité, gentillesse, cœur ouvert … Même que ce n’est même pas la peine de lui demander, Christiane elle m’emmène partout où je vais, elle me fait une bonne soupe, elle est la gentillesse même ! Christiane, tu devrais ouvrir une pension de famille et … d’amis, tu officies déjà dans les organisations de voyages et de circuits, t’as plus qu’à assurer le gîte et le couvert, je suis sûr que cela ne te fera pas peur ! l’ami que je suis devenu de vous, mes amis qui l’êtes devenus, pourra donner votre adresse sans problème ! Allez, demain la suite de la smala Sacy ! :

"Venu de si loin, tu as réchauffé notre quotidien ! et au fil des jours, tu es devenu un ami !! Que Dieu te protège et bonne continuation !" (Christiane)

samedi 15 octobre 2011

Jour J + 161 : B'charé => Beyrouth (31 kms - Total = 5551 kms dont 5233 kms à pied)

Pensée Spirituelle
"La vraie prière est une fatigue immense."
(Dino BUZZATI)
 
Péricope Biblique
"Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos."
(Mt 11, 28)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu et soyez avec les véridiques. Il n'appartient pas aux habitants de Médine, ni aux Bédouins qui sont autour d'eux, de traîner loin derrière le Messager de Dieu, ni de préférer leur propre vie à la sienne. Car ils n'éprouveront ni soif, ni fatigue, ni faim dans le sentier de Dieu, ils ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des infidèles, et n'obtiendront aucun avantage sur un ennemi, sans qu'il ne leur soit écrit pour cela une bonne action. En vérité Dieu ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs."
(Sourate 9 [Le repentir], Versets 119 – 120)


Il y a quand-même des jours où l’on se sent un peu … fatigués ! Ben oui, j’ai bien le droit, non, les jours se sont accumulés, les kilomètres aussi, peut-être que depuis la Syrie c’est un peu la relâche, avec ces trajets mécanisés, ça doit rendre paresseux (mais n’allez pas jusqu’à dire que c’est moi qui y ait déclenché tous ces affrontements, simplement pour ne plus marcher, lol !). Alors au Liban, je reprends la marche, de moins grandes distances certes, avec un port d’attache, celui du grand navire de Christiane et André, sur les hauteurs de Beyrouth ! mais en attendant, me voilà ce matin au fin fond de la « Vallée sainte de Quadisha », à observer le paysage sous le soleil levant, pendant que tout le monde dort … mais qui dort, ci ? Les deux sœurs et le curé ? Non, pas seulement eux . En plus, pas moins d’une quarantaine de personnes imprévues qui ont débarqué tels des martiens hier soir … D’où l’explication du bruit épouvantable toute la nuit, les chants et les cris, et même les allées et venues dans la chapelle où je tentais vaille que vaille de dormir … Ben oui, vous vous en doutiez bien, hier je vous ai lancé des pistes ; car au lieu de quelques femmes venant pour une veillée de prières, ce furent une bonne quarantaine de plus ou moins jeunes d’un groupe de réflexion et de prières … Mais sans aucun respect des lieux et malgré les pancartes « pas de blabla », ils ont mis un bazar sonore et organisationnel sans pareille … Du coup, il a fallu que je me lève deux fois, et que je ferme la porte de l’église à clé ! Mais ce matin, je les ai retrouvés littéralement endormis les uns contre les autres tels des sardines en boîte juste devant la porte de l’église. Obligé de les enjamber pour aller au p’tit coin ! mais quand enfin, à ce moment-là, après une nuit quasiment blanche, j’ai pu en silence profiter du paysage au lever du jour … une vision sans pareille ! La messe du matin, on peut le dire, fut très belle, ne critiquons pas systématiquement ces pèlerins un peu spéciaux … Mais au moment du petit-déjeuner, ça recommence du côté sans gêne, la pauvre sœur Hyam est outrée, elle se promet bien de ne plus accueillir ce groupe qui vient pourtant régulièrement depuis quinze ans … Et c’est encore pire aux toilettes, devant autant de furie c’est la première fois peut-être depuis mon départ de France que je n’ai pas de douche le matin !!! Alors je me décide à partir, escorté par sœur Hyam qui a décrété que mon chemin de retour ne serait pas celui que j’ai emprunté à l’aller le long de la rivière, mais en escaladant la pente raide d’un sentier escarpé pour rejoindre le haut de la falaise et regagner par une petite route traversant quelques villages la petite ville de B’charé ! il faut bien lui faire plaisir, à cette pauvre sœur qui s’est déjà fait débordée par un groupe de jeunes hier et par la récidive de cette nuit ! Mais je ne regrette pas, les haut-parleurs et la lumière se rallument, ajoutant une conclusion à toute cette cacophonie ambiante, puis le soleil tape alors que je longe la grotte de saint-Antoine (un ermite local), et que je sue dans la montée en plein soleil … Le reste de la route, les villages traversés, la gentillesse des gens, le coiffeur (eh oui !), le café du coin, tout m’apaise, j’avoue que j’en avais besoin … De nombreuses églises et ermitages à visiter, la ville de B’charé est sympa, marquée par la présence en son temps de Khalil Gibran, vous savez, le fameux « Prophète ». En son honneur, je visite sa maison et son musée abritant ses œuvres picturales personnelles : à voir, un peu planant peut-être mais combien reposant après la fatigue de ces derniers temps et cette nuit anti-monastique !!! Allez, je vais marcher un peu sur la route du retour, prendre un bus direct vers Beyrouth, m’écrouler littéralement dedans au point d’en oublier de descendre en route pour visiter Byblos … Pas grave, ce n’est que partie remise ! et c’est la capitale, le bus ne peut entrer en ville, je dois prendre un minibus, qui ne va pas très loin, puis un taxi qui m’emmène chez Christiane et André, dans leur oasis reposante. Tout le monde est crevé, eux après un repas de famille hier soir et un repas de mariage ce midi, moi par cette virée magnifique mais pas toujours silencieuse … Ce qui ne nous empêche pas de partir parcourir la corniche de Beyrouth dominant la Méditerranée au soleil couchant, magnifique panorama sur la mer intérieure reposée, en jetant un coup d’œil sur les tours nouvellement construites abritant des appartements de luxe, sans vis-à-vis. Allez, retour, une soupe et au lit : il est temps de se remettre de la fatigue !

Jour J + 161 : Amédée


Moi aussi, j’ai bien le droit d’être fatigué par tous ces déplacements où je suis trimbalé, par tous ces gens rencontrés qui sont bien sympas mais pas toujours reposants, alors aujourd’hui, sur le bord de la route, je traîne la patte, laissez-moi à ma vitesse, un peu de repos me fera du bien… Pas qu’à moi d’ailleurs, la sœur hôtelière, elle est bien fatiguée aussi, par tous ces zinzins qui envahissent les lieux .. Mais nous, on peut te le dire : merci, sœur Hyam !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Soeur Hyam du  Monastère Notre Dame de Qannoubine

Sœur Hyam, dès qu’elle m’a vu dans l’église du monastère, elle m’a souri ! Elle a les traits tirés par l’attention qu’elle a donné à ce groupe de jeunes bien vivants durant la journée, elle s’apprête à recevoir avec joie le groupe de cette nuit, elle trouve le temps de m’accueillir, de me nourrir, de me faire visiter les lieux, de tout noter sur mon projet et sa réalisation … Elle est comme cela, sœur Hyam, elle accueille, vaille que vaille, celui, celle, ceux, celles qui se présente(-nt) comme par hasard, comme par surprise ! Et elle a toujours le mot gentil, l’attention qu’il faut, la joie de donner et de recevoir :

"La communauté Notre-Dame de Qannoubine vous souhaite : Que le Seigneur soit toujours votre berger et vous guide dans son pâturage et vous comble de ses grâces pour que vous soyez son messager, porteur de bonheur et de la Paix. Que vos traces dans mon cher Liban puissent marquer la solitude et l’unité, et surtout la Paix ! bonne continuation et bon retour !"" (Sœur Hyam)

vendredi 14 octobre 2011

Jour J + 160 : Beyrouth => B'charé (29 kms - Total = 5551 kms dont 5202 kms à pied)

Pensée Spirituelle
"La vallée des larmes entoure la montagne du bonheur."
(Daniel DESBIENS)

Péricope Biblique
"Même si je marche dans la vallée de l'ombre profonde, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. Ta baguette et ton bâton, voilà ce qui me console."
(Ps 23, 4)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Le récit de Moïse t'est-il parvenu ? Quand son Seigneur l'appela, dans Touwa, la vallée sanctifiée : «Va vers Pharaon. Vraiment, il s'est rebellé !. Puis dis-lui : «Voudrais-tu te purifier ? et que je te guide vers ton Seigneur afin que tu Le craignes ? ». Il lui fit voir le très grand miracle."
(Sourate 79 [Les anges qui arrachent les âmes], Versets 15 - 20)



Le silence du désert … Aujourd’hui, découverte du Liban de l’intérieur, de la montagne accidentée, de la végétation luxuriante et de la vie séculaire chrétienne : direction la vallée de la Qadisha ! Christiane me dépose à la gare routière idoine, je suis trop heureux de ne pas avoir à conduire, c’est tellement dangereux ici, presque pire qu’en Syrie ! Et puis ça bouchonne de partout, c’est très mal indiqué, ah ce que mes hôtes ne font décidément pas pour moi, depuis le début de mon périple ! Ca y est, un bus pour longer la côte vers le Nord, qui me dépose à une sortie d’autoroute, je poireaute à attendre un taxi qui me mène plus loin à l’intérieur des terres, surtout, une consigne : ne pas stresser de ne pas connaître plus de trois mots d’arabe, il y aura toujours une solution pour aller plus loin, El’Amdoulah ! allez, je redescends du monstre roulant, jamais deux sans trois, maintenant c’est au tour d’un minibus de me faire poursuivre mon chemin, et pas grave si le départ n’est pas pour tout de suite, la population locale est si entreprenante dans sa gentillesse, à croire qu’elle n’est pas habituée à voir passer du pèlerin … et pourtant … et pourtant une fois déposé au haut de la falaise rocheuse, à quelques pas de l’entrée de B’charé, de nombreux panneaux m’indiquent que la route que je vais emprunter recèle de tellement de monastères, d’ermitages et de constructions religieuses diverses que ce canyon de 17 kms de long, en pleine montagne sauvage pas loin d’un forêt de cèdres va bien démontrer que son surnom de « vallée sainte », emprunté de tous temps par des marcheurs à la recherche de vie et de spiritualité n’est pas usurpé. Il fait frisquette, on est à plus de 1.500 mètres en cette mi-Octobre, le soleil éclaire la roche, la route descend en lacets pas âme qui vive, on se croirait dans le silence du Sahara, les dunes en moins et la montagne en plus, le sable en moins et la végétation en plus. C’est bien cela, sous d’autres clichés, le « désert » que nos ancêtres gagnaient pour se retirer du monde ! Allez, un premier monastère, celui de Saint-Elisée, adossé au rocher et en utilisant toutes les anfractuosités, labyrinthe anarchiquement troglodyte, magnifiquement restauré, mais … sans moines (le seul qui tient une permanence quotidienne est parti se restaurer dans son monastère moderne au cœur de B’charé, quel ermite à temps partiel !). Bon, la seule âme qui vive est la gardienne du magasin de souvenirs, c’est vrai que j’aurais pu acheter et vous ramener quelque souvenir, fidèles lecteurs, il y en a pour tous les goûts, mais à mon goût : il y a trop de mauvais goût !!! Même pas de quoi boire, c’est un comble avec toutes ces cascades et ces ruisseaux, tant pis, je vais me taper la cloche … en silence, au seul troquet ouvert du coin où je serai le seul pérégrin ! Allez, je repars, la route devient chemin, le chemin devient sentier, je croise tout un groupe de jeunes qui revient d’un pèlerinage semble-t-il très détendu, mais ils sont sympas, pas trop bruyants les potaches ! je vous passe la journée, c’est le désert de paroles dans un désert de faune au fond de la vallée à pic, seulement troublé tout d’un coup par … le tintement de cloches qui se met en route automatiquement (vivent dame lumière et la fée électricité qui ont déclenché cette douce mélodie) pour m’annoncer la prochaine arrivée au bercail nocturne, encore quelques pas, quelques taxis qui sont là pour transporter les rares pèlerins en charentaises qui auraient pu me tenir compagnie, des lumières qui s’allument du haut de leurs poteaux en plein jour sur le chemin, de la musique religieuse syriaque et des consignes trilingues pour accueillir en pleine nature et protéger … Vive la modernité inattendue, mais est-ce bien nécessaire (j’apprendrais que les sœurs disposent de tout un système avec sept caméras et des écrans vidéo pour contrôler sur tous les chemins d’accès le marcheur qui est alors en train de montrer sa fraise sur le chemin d’arrivée vers le monastère) … Allez, on retrouve un peu de silence, voilà le monastère, deux sœurs qui présentent les peintures de l’église à un groupe italien, sœur Hyam me prend littéralement sous sa coupe, elle veut tout savoir et tout noter quand je lui explique ce que je fais ici … Le temps de poser mon sac, de me restaurer (faut manger, qu’elle me dit, et ça, elle va y pourvoir !), je laisse mon sac et je continue par le sentier qui se poursuit à flanc de vallée pour gagner le tombeau des patriarches maronites, le sanctuaire de sainte Marine et divers ermitages … Toujours tout seul, c’est beauté, c’est nature, c’est vie … Allez, il est temps de regagner le monastère, probablement je serai seul ce soir, il est annoncé un groupe de quelques femmes qui viendront avec un prêtre pour prier en adoration toute la nuit, le confort est assez spartiate ici, une salle d’accueil du pèlerin qui veut s’auto-restaurer, l’appartement du patriarche qui sera pour le curé de ce soir, moi, j’hérite d’un matelas et d’une couverture … dans l’église sainte-Marine, ancienne grotte aménagée, me voilà en odeur de sainteté … Sainteté relative (lol !) renforcée par la diffusion à tue-tête de musique enregistrée légèrement pop pour l’Angélus dans tout ce coin de la vallée et par la prière des Vêpres dans un petit sanctuaire troglodyte avec les deux sœurs, où nous alternons chants en syriaque (c’est beau !) et lectures de textes tirés de l’Apocalypse (assortis à la grande fresque du Christ Pandokrátor dans l’abside de l’église. Pourquoi ce choix, est-ce un signe pour cette nuit pacifique ou apocalyptique ?) en tout cas, après une discussion à bâton rompu autour d’une bien curieuse infusion avec sœur Hyam et le prêtre carmo-maronite qui débarque depuis B’charé vers les dix heures du soir, je vais me coucher … Mais quel est donc ce barouf qui gagne ma grotte d’ermite, sont-ce les âmes des moines-momies qui dorment dans leurs cercueils vitrés dans la pièce d’à-côté (je sens que cela commence à vous intéresser), ou bien les statues de l’église qui ont-elles-aussi été équipées de matériel sonore dernier cri … Le mystère plane, alors que je songe à cette belle vallée qu’on ne peut considérer que selon la maxime affichée au monastère de Saint-Elisé : « Si tu es athée, admire ! Si tu es croyant, prie ! Si tu es stupide, écris ton nom sur le mur (ou – j’ajouterai – jette des papiers, abîme la végétation, fais du bruit, …) », car ici, au monastère Notre-Dame de Qannoubine, j’ai bien trouvé (décidément tout est écrit / éclairé / sonorisé ici) : « Tout est mariage de noblesse, de dignité et de propreté » !

Jour J + 160 : Amédée


Super, cette vallée luxuriante avec plein de monastères et d’ermitages. C’est cool, c’est calme, c’est vert, c’est beau ! et chouette, on va bien se reposer, ce soir, paraît-il, à Notre-Dame de Qannoubine ! On y est vite, on est bien accueillis par une des deux sœurs (l’autre ferait bien de se recycler, dans son anti-rôle d’hôtesse d’accueil …), il va y a voir aussi un prêtre et quelques personnes venant veiller toute la nuit pour un rosaire, alors on nous propose, Ben et moi, de dormir dans l’église sainte Marine … Un peu humide, dans cet édifice troglodyte, alors on se met entre l’autel et le tabernacle, sur l’estrade du chœur. Pas de sacrilège, les amis, c’est paisible, une église ! et même, on pense bien qu’on va super bien y dormir … Ah ce monastère sera-t-il le monde du silence, cette nuit ? C’est tellement beau, on va s’envoler parmi les anges et les âmes, sous le regard de la Verge Marie et de sainte Marine, protégés par notre copain Jésus, bercés par le souvenir dynamique de nos jeunes amis croisés en chemin : merci Clarisse, César, Lana, Ghady, Jacques, Lana et Nour !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Clarisse, César, Lana, Ghady, Jacques, Lana et Nour 
 du  Monastère Notre Dame de Qannoubine

Ce groupe de jeunes d’un des lycées congrégationnistes de Beyrouth, je ne m’attendais pas à le retrouver sur le chemin, moi, je descends vers le monastère de la Qannoubine, eux, après 7 kms de marche en sens inverse, ils remontent à la fois péniblement et stoïquement vers leurs bus qui vont les ramener « en ville », fatigués d’une si longue marche ! ils sont ici en pèlerinage, eux-aussi, et ils joignent détente, sport et prière, à leur façon … Ils sont tellement nombreux que je vais les croiser durant plusieurs kilomètres, certains répondent à mon petit salut, d’autres non, certains en français, d’autres en anglais, d’autres en arabe seulement. C’est cela le mélange libanais, comme un cocktail, à la fois détonnant et tellement attachant … Certains petits groupes discutent deux mots avec moi, veulent savoir pêle-mêle si l’arrivée est proche pour eux, d’autres ce que je fais là, d’où je viens et où je vais, pourquoi donc, pour quoi donc, comment, … ??? Mais c’est surtout le mini-défilé composé par Clarisse, César, Lana, Ghady, Jacques, Lana et Nour, à la fois professeurs et élèves de Terminale, qui va jouer aujourd’hui un grand rôle, dans la pièce de théâtre d’aujourd’hui. Ils ne se pressent pas, et s’asseyent à mon passage, me questionnent de mille interrogations, veulent tout savoir, songent à monter un projet d’aumônerie, pourquoi pas faire comme moi … Nous partageons eau, gâteaux et fruits, images, bracelets et colliers, adresses email et timbres postes … Une bonne halte au bord de l’oasis, sans chameaux ni bédouins, mais sans mirage aussi. C’est toute la jeunesse qui a défilé dans l’autre sens devant moi aujourd’hui, la jeunesse d’aujourd’hui, la jeunesse de demain, la jeunesse d’un Liban plein d’espoir et d’avenir qui a réussi à sortir de sa sale guerre et à se reconstruire aussi rapidement et aussi dynamiquement. Les amis, ça m’a fait plaisir de vous croiser et d’échanger quelque temps, en ce lieu si chargé d’histoire, de spiritualité et de rencontres ! et si vous voulez, vous pouvez m’accompagner (mais à condition … d’éviter de monter dans le premier minibus venu pour regagner vos pullmans, il ne vous restait que quelques mètres à pied, pauvres petits petons sans endurance !) :
 
"Je suis vraiment touchée par votre grande Foi, que Dieu vous bénisse." (Clarisse)
 
"It’s amazing to know that there are good people who re fighting for a good cause, a noble one, that there’s still hope we can change the world. Peace !" (Cana et César)
(Il est heureux de savoir qu’il y a des gens bons qui se battent pour une bonne cause, celle qu’il y a encore de l’espoir que nous puissions changer le monde. Paix !)

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