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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM

Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM
afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

Voici le 'Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM '

Les Colombes de la Paix !!!

dimanche 7 août 2011

Jour J + 92 : Amédée


Moi je suis prêt à rendre service, vous le savez bien … Alors quand je vois ces vieux véhicules qui peinent à monter la côte escarpée vers le col, je me propose de les aider en me plaçant à la place des clignotants … comme cela, un coup je montre mes coups de soleil, un coup je les cache. Je suis le champion du signal de détresse … Et ben il n’a pas à me porter (vous croyez qu’il m’en dira merci ?). Ce qui est génial, dans cette traversée des montagnes, c’est que je vais pouvoir faire de la luge d’été à Brezonica … Enfin c’est ce que je crois … mais à l’hôtel de Ghergiu, on est bien accueillis, on passe une bonne soirée sur sa terrasse colorée et rigolote, alors, merci Ghergiu.

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ghergiu  de  Brezonica

En arrivant dans cette « station de sports d’hiver », je ne m’attends quand même pas à trouver de la neige … mais au moins des hôtels … "ouverts". Eh bien le seul, c’est chez Ghergiu. Les autres, mastodontes ou micro-taudis, sont fermés. Pas la saison (et la montagne en été ?) ou pas les fonds … En tout cas, chez lui, je suis … seul, d’où par sa gentillesse la possibilité de partager la table commune, et même de ne pas payer la chambre (mais il aura son billet sur ma table de nuit demain matin, normal, non ?). Bon on discute un peu comme on peut, en allemand mélangé à plein de geste, mais à renforts de photos et de cartes routières, il n’en revient pas. Moi qui voulais qu’il m’accompagne, c’est raté ! En tout cas, la vie de Ghergiu elle a pas été marrante : plusieurs fois expulsé, des enfants perdus pendant les guerres, sa famille bringuebalante, sa femme (ou fille ou ?) qui est là et qui ne cause pas, ce ne doit pas être rigolo tous les jours, dans ce village-station fantomatique :

"Nous sommes heureux de vous accueillir dans notre modeste hôtel. Vous êtes ici chez vous, partagez notre table ! Nous vous souhaitons la réussite de votre projet, et de belles rencontres en chemin" (Ghergiu)

samedi 6 août 2011

Jour J + 91 : Kukës (Albanie) => Prizren (Kosovo) (44 kms - Total = 2875 kms)

 Information spéciale :


 Au revoir l'Albanie, Bonjour le Kosovo 

Pensée Spirituelle
"La force que Dieu nous accorde est à la mesure exacte de notre conscience de sa Vie. Sa vision en pleine gloire"
(Guy FINLEY)


Péricope Biblique
"C'est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen!"
(Rm 11, 36)




Ce qu’il y a de bien quand on construit une autoroute par ici, on ne s’occupe pas de l’ancienne route, qui apparaît et disparaît ça et là. Les archéologues dans quelques millénaires se feront des cheveux blancs ! Alors seule solution piétonne pour gagner la frontière, prendre cette autoroute albanaise … qui n’en est pas une. Les ouvrages d’art ne sont pas finis, le revêtement est provisoire, il n’y a ni aménagement de sorties et d’entrées … mais pas d’accident ! L’avantage, même s’il y a du monde, c’est que cela ne roule vraiment pas vite … tout comme le franchissement de la frontière pour les véhicules. Mais je ne suis qu’un animal à deux pattes, alors, pied de nez !!! Et voilà donc ce tout nouveau pays, le Kosovo, pas encore complètement en paix avec ses voisins du Nord et anciens colons, les Serbes, ayant encore besoin des forces protectrices de l’ONU, pas encore sûrs de leur drapeau mais déjà eux-aussi à l’Euro (comme quoi …). Ca construit de partout, plutôt de qualité, ça veut aller de l’avant, ce n’est plus risqué, les touristes et les hommes d’affaire affluent. Du coup, les prix s’envolent. De la frontière à Prizren, seconde ville du pays, ce n’est qu’un immense boulevard industriel (enfin, plus artisanal), consacré aux voitures (signe extérieur de richesse) ici et l’on roule où l’on veut, les rond-points à l’anglaise tiennent plutôt de la piste de karting … Mais à Prizren, c’est bien l’ambiance d’une ville du Moyen-Orient avec ses mosquées, ses petites maisons, ses échoppes directement sur le trottoir, où l’on trouve de tout, depuis les bouches d’égout jusqu’aux robes de mariée … Car comme on me le dit à une terrasse de café, le kosovien n’est pas du genre à donner l’impression d’être un assisté (quoi que …), et veut montrer au monde qui il est. Quelques monuments en cours de restauration, mais pas d’étoiles au guide Michelin à mon avis … J’ai le temps, je parcours la ville avant de trouver mon lieu de gîte, et tombe sur l’église orthodoxe, toute fraichement repeinte … Je demande à la visiter, c’est compliqué, car les risques d’attentat ne sont pas minimes, surtout en cette période de ramadan … Mais la police-woman qui garde le monument contacte les forces de l’ONU, qui contactent un jeune homme qui veut bien m’ouvrir les lieux. C’est Stefan, le prêtre du lieu … Du coup, l’on discute. Du coup, il me propose de m’héberger dans sa modeste maison, il a peu de temps à me consacrer, mais le dîner et le coucher sont assurés. Lol ! Le reste de la soirée sera consacré à visiter deux mosquées (rafraîchies elles-aussi de près, par des dons privés) et l’enceinte catholique (l’église et le bâtiment des sœurs et du prêtre, mais là, pas grand-chose de chaleureux …). Finalement, cette ville de Prizren qui semblait peu reluisante et bruyante est bien sympathique. Et quel plaisir musical d’entendre les muezzins des diverses mosquées entonner presque en cœur l’appel à la prière … suivi par l’affluence sur la place piétonne de tous à l’heure de la rupture du jeûne … Sécurité retrouvée, mais sécurité encore légère, cohabitation plus qu’entraide des religions, le Kosovo de demain est en train de naître !

Jour J + 91 : Amédée


Depuis la fenêtre de la chambre au pied de la cathédrale orthodoxe de Prizren, j’ai des copains : plein de pigeons et de tourterelles … Ils chantent bien, presque au rythme des muezzins, mais Ben il veut pas que je les rejoigne dans leur cage. Il me dit qu’il a peur que j’attrape des tâches grisâtres sur mon costume, faudra que quelqu’un m’explique … Bon, ce soir ça a été sympa, on a bien discuté avec Stefan et sa jeune femme, elle au moins elle a bien ri de savoir que j’étais du voyage ! merci à vous les tourterelles et les pigeons, merci Stefan !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 La Cathédrale  de  Prizren

Voilà toute l’histoire : Stefan et sa jeune femme, ils ne sont là que depuis sept mois … Faut dire qu’avant, c’est comme si la cathédrale n’existait pas. Elle avait été saccagée et incendiée en 2004, lors de l’attaque serbe contre le Kosovo … Le temps de retrouver l’accalmie, le temps de trouver les fonds (vraisemblablement privés, et venant … de Serbie !), le bâtiment a été reconstruit en 2009 … L’iconostase a brûlé, la chute de la coupole a entrainé la disparition du Christ pantocrator, du coup les murs sont blancs, l’intérieur est vide, mais … la cathédrale est bien là. Donc voilà Stephan, jeune homme bien en chair, curé d’une cathédrale Saint-Georges (il s’étonne que je n’ai pas le réflexe en rentrant dans le bâtiment d’embrasser l’icône du saint terrassant le dragon …), pour une paroisse orthodoxe qui ne compte que … vingt-cinq membres, dont seulement dix pratiquants … Va falloir chercher des fonds pour acheter le mobilier.
Stefan reste prudent (il ne souhaite pas que je le prenne en photo, des craintes ?), mais il semble optimiste dans ses relations avec les autres religions, dont les musulmans, représentant la quasi-totalité de la population … La suite, il faudra voir quand les forces de l’ONU seront parties. Quelle paix pour un nouveau pays qui a voulu sans pouvoir épargner la coulée du sang se séparer de la domination serbe ? En tout cas, Stefan me charge, en m’offrant un bracelet orthodoxe, de le représenter en un lieu mythique de Jérusalem …

"Bienvenue dans la cathédrale orthodoxe de Prizren, dont je suis le prêtre. Vous êtes invités à la messe de demain, nous ne serons pas nombreux mais ce sera une démarche d’œcuménisme et de paix … comme votre beau voyage ! Priez pour nous et notre communauté au Saint-Sépulcre [à Jérusalem], et brûlez un cierge !" (Stefan)

vendredi 5 août 2011

Jour J + 90 : Fushë-Arrëz => Kukës (46 kms - Total = 2831 kms)

Pensée Spirituelle
"La beauté purement physique est aussi éphémère que les feux du crépuscule. Dirige tes efforts vers l’acquisition de la véritable et immuable beauté : la beauté intérieure"
(Amadou Hampâté BÂ)
 
Péricope Biblique
"Le charme est trompeur, la beauté vite passée, c’est la sagesse qu’on admire !"
(Pb 31, 30)
 
 
 
La beauté de la nature, des montagnes comme nulle part ailleurs, l’air pur, le silence et la chlorophylle le matin … La laideur de la ville, la grisaille et la vétusté des constructions comme malheureusement un peu partout ailleurs l’après-midi. Un vrai contraste en cette fin d’Albanie, coincée aux confins balkaniques … Mais en réalité, pas un chat dans les hauteurs, où est l’homme ? … et plein de monde et de vie animée mais sereine et sans incidents, mais pourquoi ces artères prévues pour une capitale ? Voilà la pensée – peut-être un tantinet manichéenne – du jour, comme quoi, si l’on cherche la contemplation, on y trouve son compte, et si l’on recherche le contact humain, on y trouve aussi son compte, en cette journée ensoleillée à tous points de vue.
Comme quoi, la vie a ses multiples facettes …

Jour J + 90 : Amédée


D’abord une montage magnifique, arpentée par une route qui a dû en voir des accidents tellement elle est escarpée et en état assez pitoyable par moments … Puis un lac typique des réalisations humaines sans charme, et enfin une ville où l’on se demande quelle place la chaleur humaine peut avoir. Et tout cela au bord d’une autoroute nouvelle construite mais qu’on ne peut emprunter qu’à 80 voire 60 km/h. C’est cela l’avancée technologique bureaucratique ? Alors, il reste bien par tronçons l’ancienne route et ses ouvrages d’art décrépis prêts à tomber dans le lac, empruntés par Mesdames les vaches et par … moi ! Même pas peur ! la preuve, je souris sur cette photo (non, ne soyez pas mauvaise langue, une fois encore : pas de trucage !). Bon allez, Kukës, grâce à notre jeune professeur, on la connaît par cœur, et on l’aime bien, lui qui semble nostalgique de la période précédente … qu’il n’a pas connue. Fin prêts, on va pouvoir écrire le guide Michelin de l’Albanie du Nord. Allez, pour ta verve, merci Eduard !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Eduard  de  Kukës

Il peut paraître bien rapide de « visiter » cette petite ville reconstruite rapidement par le régime communiste, en se disant que l’on va vite retourner à l’hôtel pour passer le temps … mais c’est bien sans compter sur Eduard, professeur fraîchement sorti de son université de Shkodër et enseignant depuis six mois l’anglais à l’école primaire du lieu. Comme par les autres enfants, je suis assailli par les questions « what’s your name ? do you come from ? » mais avec Eduard, cela va plus loin. Eduard veut parler anglais, ce dont il n’a pas souvent l’occasion, c’est le moins que l’on puisse dire ici … Alors il me faut faire le tour de cette ville reconstruite rapidement en 1975 quand la ville ancienne s’est retrouvée engloutie dans les eaux du lac suite à la construction d’un barrage hydro-électrique. La rue principale, large comme un boulevard industriel et arpentée uniquement par des piétons, la place des pouvoirs, aux aspects de terrain vague bétonné, l’hôtel gigantesque d’une autre époque communiste, navire fantôme abandonné (et qui ne sera certainement jamais restauré, vu les soucis économiques), mais aussi les bars, les boutiques … Et l’on échoue sur la terrasse kitsch de l’un des hôtels au bord d’un bassin digne d’un Euro-disney des années 1950. Autour d’une glace, Eduard me raconte sa famille, son père qui travaillait dans une usine de boulons mais sans emploi, sa mère qui serait « un peu » occupée dans une usine de tissus mais qui passe surtout son temps à s’occuper de son frère aîné doublement handicapé, sa sœur qui gagne des clopinettes dans un magasin de robes de mariées, le petit frère de treize ans qui passe son temps sur l’Internet familial, et lui, gagnant un salaire très faible mais travaillant quand même … Tout ce petit monde vivant dans un deux pièces où l’on s’entasse … mais où l’on s’aime en appréciant de vivre ensemble. Bien-sûr Eduard, il aimerait bien voyager plus loin que la Grèce ou le Kosovo, mais l’argent des salaires ou des rentes suffit à peine à couvrir les dépenses … Quel espoir ? mais pas de désespoir. Eduard, il aime sa ville et sa famille, des amis et l’Albanie ! il est musulman (mais pas adepte du Ramadan), mais apprécie qu’ici il n’y ait ni tensions ni ségrégations entre les religions.
Et pour lui, la paix, elle est bien là, sans soucis avec le Kosovo. Malgré les difficultés, il fait bon vivre à Kukës ! enfin, il viendrait bien marcher, mais ce doit être « dur », me dit-il …

"Quel plaisir pour un simple professeur d’anglais de cette petite ville de pouvoir parler anglais ! J’espère que vous avez apprécié la visite de notre ville, merci pour la glace et bonne poursuite de votre voyage. Moi j’espère bien un jour voyager et découvrir votre beau pays" (Eduard)

jeudi 4 août 2011

Jour J + 89 : Kçirë => Fushë-Arrëz (36 kms - Total = 2785 kms)

Pensée Spirituelle
"Nous essayons d'obtenir la paix ou le bonheur avec l'argent et le pouvoir, tout ce qui nous est extérieur. Mais la vraie paix, la sérénité, doivent venir de l'intérieur"
(Sa Sainteté le Dalaï-Lama)
 
Péricope Biblique
"On ne vous verra pas la parure extérieure, mais la personne intérieure, cette réalité secrète mais divine qu'est l'esprit de douceur et de paix"
(1Pi 3, 2-4)
 
 
C’était à prévoir en s’enfonçant à l’intérieur des terres de ce pays si renfermé sur lui-même durant un demi-siècle, au cœur des Balkans : la pauvreté apparaît au grand jour, criante dorénavant. Si la route a été agréable dès la sortie de Kçirë et aux environs de Pukë, au cœur des forêts escarpées de sapins qui ne sont pas sans rappeler nos Vosges nationales, dès que l’on approche des villages mentionnées sur la carte routière, on le constate inexorablement, c’est la désolation. Des édifices en ruines, inhabitables, qui n’attendent que l’outrage du temps pour disparaître de la vue humaine … et même sort pour les monuments hideux à la gloire du Communisme d’alors, béton de mauvaise qualité qui n’est là que pour rappeler cette époque sans gloire ! Pas d’habitants, ou très peu, heureusement, les paysages sont riants, entre cette montagne incomparable et les quelques exploitations agricoles parées de meules de paille tronconiques. Les gens sont sympas, certainement pas habitués à voir passer à petits pas un sac à dos bleu sur jambes, mais rien ne coûte de faire un petit salut de la main, salut qui est rendu systématiquement … Ca monte et ça descend sur cette petite route presque abandonnée depuis qu’une route soit-disant autoroutière relie maintenant directement Tirana au Kosovo. Donc pas de pollution, pas de bruit, la nature riante à l’état sauvage … Mais voici Fushë-Arrës, une rue principale, bordée d’un côté par des immeubles d’habitations particulièrement délabrés, de l’autre par des entrepôts ruiniformes eux-aussi témoins d’une époque que chacun tente d’oublier au plus vite. C’est triste au possible. Ce ne pourrait être pour moi qu’une étape d’une nuitée … sauf que, pour troubler l’ennui à la terrasse d’un des vingt-cinq cafés de cette bourgade qui ne compte pas plus de quatre mille âmes, je suis servi par Arlentini et Arber, deux jeunes en vacances qui occupent leur temps à travailler dans le café de leur oncle-cousin (on ne comprend pas trop …). Et l’accueil est inversement proportionnel à la pauvreté ambiante, l’écart d’âge ne compte pas, c’est une vraie amitié qui se met en place, étendue ensuite à toute la population consommatrice du bar, dont le « boss » Arjani. Et cela va même jusqu’à un hébergement dans la famille d’Arber à deux kilomètres de là, pas le Pérou, mais pas non plus la misère, un p’tit coin pour dormir, une salle de bains certes non photographiée tant on n’est pas habitué à cette ergonomie des ustensiles, mais même le repas (un peu allégé car la digestion n’est pas évidente ces temps-ci) est chaleureux … Et la soirée se poursuit au dit-café, tournées de bière locale (la « Tirana », vous l’auriez deviné) à en être ferme pour s’arrêter ! Ce pouvait être une étape sordide, cela l’a été en quelque sorte sur l’apparence, mais pas sur la richesse des échanges ! Et dans la rue, en cette soirée de Ramadan (peu marquée, car pas de mosquée ici, seulement une grande église nouvelle blanche … fermée), c’est le défilé des hommes et des femmes. On marche dans un sens, puis dans l’autre, et on recommence … A moins que l’on s’asseye à une terrasse de café, pour attendre … de repartir. C’est cela, la vie locale, sans richesses et sans fantaisies, dans une petite ville maintenant excentrée, sans travail et sans ressources …

Jour J + 89 : Amédée


On me qualifiera peut-être de « nain-bourgeois », mais c’est vrai que lorsqu’on contemple les façades délabrées de ces immeubles, ou ces usines poussiéreuses et désaffectées, on se demande ce que l’on fait là, et surtout … pourquoi Ben il n’a pas fait un effort pour marcher un peu plus longtemps … mais il paraît qu’après, c’est le désert … Alors, quand « on » cherche à me prendre en photo devant une chaudière rouillée trônant sur la pseudo-place principale, je retiens ma respiration … Pour la reprendre vite au café d’Arjani, avec Arber et Arlentini qui chaleureusement, s’assoient à notre table au détriment du service des clients … qui ne sont pas là d’ailleurs … Et tout suit, l’hébergement, le repas, les blagues – plus ou moins compréhensibles. Finalement, je me suis beaucoup amusé ce soir, même si j’ai – un peu – l’impression que l’on s’est bien moqué de moi, pauvre petit nain de jardin cassé de partout et atterrissant dans une ville fantomatique. Allez, je ne vous en veut pas, et même, en y associant vos amis et votre « boss », je vous dis : Merci Arber et Arlentini !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Arber et Arlentini  de  Fushë-Arrëz

C’est incroyable d’être aussi bien accueilli. Pour tuer le temps des vacances dans une ville où rien ne se passe, Arber, 17 ans, lycéen qui ne sait pas trop ce qu’il va pouvoir faire plus tard, et Arlentini, 22 ans, étudiant ayant fini ses études d’ingénieur en construction de bâtiments (comme « les immeubles d’en face » me précise-t-il, vaste programme !) et qui n’a pas plus de boulot que la quasi-totalité des gens d’ici, donc ces deux jeunes et quelques autres servent au café d’un de leur proche. Et tout de suite, après les questions d’usage (pays, trajet, prénom, …), c’est l’étonnement face à mon périple, et les questions fusent de partout, depuis les études et les occupations jusqu’à la politique – Ah, ce qu’ils connaissent bien le nom de « Sarkozy » ! – et la religion (pas de mosquée ici, les musulmans doivent faire plus de vingt kilomètres). Puis c’est un vrai accueil, d’abord à la table du café, puis à la table familiale, puis à la table du café, puis dans une chambre familiale. Et tout cela, malgré la jeunesse, dans une vraie complicité auxquels tous ceux qui le souhaitent sont associés. Comme quoi la laideur extérieure peut cacher une vraie beauté intérieure. Tiens, je vais ouvrir une Alliance française ici, cela va amener de la distraction et de l’animation !

"Le bon Benedetto est venu ici pour aller à Jérusalem. Il m’a rencontré et est resté avec moi durant toute la soirée. Et demain, il continue son périple ! Je pense que Benedetto est un homme bon. La suite du voyage est de Fushë-Arrëz à Kukës, je te souhaite un bon trajet" (Arber)

mercredi 3 août 2011

Jour J + 88 : Shkodër => Kçirë (39 kms - Total = 2749 kms)

Pensée Spirituelle
"Recherchez avec passion ce qui unit, et non ce qui divise"
(Andrea RICARDI)


Péricope Biblique
"Mettez-vous d’accord et mettez fin à vos divisions. Soyez unis, ayez un même esprit et la même façon de voir"
(1Co 1, 10)



Et voilà, c’est reparti. J’ai retrouvé Shkodër et sa banlieue dans une atmosphère à mi-chemin entre le Moyen-Âge et le XIXème siècle, la suite du périple le confirmera ! Non pas que la petite route qui mène vers le plein Est soit non carrossable, mais c’est quand-même une route principale ! Et toujours sur le bord de la route, des clichés de la vie rurale telle qu’on ne la voit plus chez nous : des vendeurs de fruits et légumes, des véhicules plutôt cabossés, des charrettes tirées par des chevaux décharnés et transportant tout ce que l’on peut imaginer, des passages à niveaux d’une sécurité peu probante … Et toujours cette gentillesse de la population, ce geste de salut systématiquement rendu. Je suis arrêté très régulièrement, toutes les langues y passent, certainement n’ont-ils pas l’habitude de voir un marcheur par ici ? Et évidemment, un, deux, dix véhicules de toute sorte s’arrêtent pour me prendre en charge ! Ca y est, il faut quitter la plaine côtière, luxuriante, pour grimper dans cette montagne aride. Car une des plus grandes beautés de l’Albanie, c’est bien sa montagne, rude, sévère, sauvage, inhabitée. Ca monte sérieusement pendant des kilomètres, ça descend en épingles à cheveux vers une rivière presque à sec qui a creusé son lit dans des gorges dans lesquelles on ne s’aventurerait pas ! Le midi, arrêt dans un petit restaurant au milieu de nulle part, rencontre d’un cycliste albanais qui se prend pour Eddy Mercx, le jeune patron prof d’histoire géo à ses heures désolé de la chute du chiffre d’affaires depuis qu’une autre route a été ouverte, l’après-midi discussion avec un chauffeur de camion qui amène du ciment pour la restauration d’une école, puis c’est l’arrivée dans la petite ville de Kçirë, je tente de me faire héberger chez l’habitant avec les phrases écrites en albanais par Florian, mais cela ne marche pas, alors la nuit se passera dans le seul hôtel local de la ville, du style stalinien dépassé et presque vide, alors que la nouvelle nuit du Ramadan commence, joyeuse et animée, parmi la population qui partage trois religions (catholique, orthodoxe et musulmane) semble-t-il en toute sérénité … A table je suis rejoint par Stefan, militaire de Tirana qui travaille ici, et nous échangeons librement sur l’Albanie et son devenir, sympa, mais beaucoup d’efforts à faire tant le manque de travail se fait ici sentir … et l’on s’endort au son du muezin …

Jour J + 88 : Amédée


Pour une journée de reprise, ce fut un périple de hauts et de bas. Quel parcours escarpé ! Alors, ça fait du bien de prendre une bonne douche en arrivant, dans la salle de bain de notre chambre stalinienne : luxueux, non ? Bon, on n’a pas pu trouver chez l’habitant, on n’est pas passés inaperçus, mais au moins, les gens sont sympas, et puis, Stefan, il nous a invités chez lui, si on passe par Tirana, et puis, il viendrait bien en France ! allez, merci les gens de Kçirë, merci Stefan

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Stefan  de  Kçirë

Stefan, il n’a eu aucun mal à venir me rejoindre à table … On a échangé sur tout, sur l’armée et sur la paix, sur la vie locale et sur le tourisme, sur le Ramadan et sur la mixité des religions … Et après, on a été prendre un pot sur une terrasse au milieu de la fête, quel pays attachant !.

"Bonne idée que de marcher pour la paix, vous dit le militaire. Ici, nous l’avons retrouvée, ailleurs, il faut la développer ! Bon chemin, priez pour nous à Jérusalem ! et revenez nous voir, vous verrez, vous aimerez l’Albanie !" (Stefan)

lundi 25 juillet 2011

Jour J + 79 (Lundi 25/07) => Jour J + 87 (Mardi 02/08) : Shkodër (Albanie) => Rouen => Shkodër (Albanie) (Total = 2710 kms)

Pensée Spirituelle
"Rien n'est permanent sauf le changement"
(Héraclite)

Péricope Biblique
"Il y a sous le soleil un moment pour tout, et un temps pour chaque entreprise"
(Ecclésiaste 3, 1)






Depuis Shkodër, seconde ville d'Albanie, me voilà donc contraint de suspendre mon périple.

 En effet,
 mon frère aîné Pascal
 est décédé subitement Dimanche 24 Juillet après-midi.

Du coup, un Lundi 25 Juillet passé en trajets à vélo sans freins et sans selle pour gagner le cyber-café, un billet d’avion obtenu, une visite d’une ville aux critères bien différents des nôtres, un musée fermé, un centre d’artisanat sans artisanat, des gens charmants mais avec lesquels on ne peut échanger qu’un sourire (et c’est déjà cela) …

Pour le Mardi 26 Juillet, ce sera le voyage en vélo, bus et taxi, puis avion depuis Tirana jusqu’à Budapest puis vers Paris, avec le RER, le bus et le RER, pour gagner Sainte-Geneviève des Bois et Brigitte, le Mercredi 27 Juillet pour gagner Rouen, les Jeudi 28 Juillet et Vendredi 29 Juillet à Tours, le Samedi 30 Juillet on ne sait plus où ou peut-être partout, le Dimanche 31 Juillet pour fêter les anniversaires de Samuel, de Florian et d’Honorine, le Lundi 01 Août pour dire au-revoir à Pascal, et le soir le début du retour depuis Paris jusqu’à Pise … et le Mardi 02 Juillet depuis Pise à Shkoëder et la guest-house via Tirana et son aéroport « Néné Térésa » (traduisez « Mère Thérésa »).

Car

  grâce au blog  et  grâce à vous ,
  par le blog  et  par vous ,
  à cause du blog  et  à cause de vous ,

 la vie continue ,  le périple continue ,

quoi qu’il arrive !

 je marchais notamment avec Papa, la décision est prise, je poursuis mon périple,
et je marcherai aussi pour Pascal, avec vous …

 et pour illustrer tout cela, rien de mieux que des photos de fruits et légumes du jardin de Florian et de sa famille,
 celle de la terre, celles de notre terre, celles de notre vie ...

 alors, merci d’avance pour vos informations,

 merci pour vos messages,

 par le blog ou par un email !!!

Ø osez ! ×

Jour J + 79 (Lundi 25/07) => Jour J + 87 (Mardi 02/08) : Amédée


Enfin, j’ai pu sortir du sac à dos. « On » m’avait consigné dedans pendant une semaine, j’ai bien compris pourquoi, mais je n’allais pas m’échapper, tout de même ! J’ai alors eu plaisir à retourner gambader dans le jardin potager et fruitier de Florian et de sa famille. Un nouveau copain, un épouvantail, qui ne fait peur à personne, pas même à un nain de jardin ! Et tout cela avec tous les hôtes de Florian. Un vrai lieu de paix et de joie, cette guest-house, qui ne demande qu’à marcher : merci Florian !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Florian  de  Shkodër

Ce soir au retour en Albanie, sur la table, toujours des mets préparés à partir du jardin familial, accompagnés de truites des Alpes albanaises. Un peu toujours pareil, mais vraiment succulent, le tout arrosé du vin de la propriété ! Et autour de la table, plein de monde : une famille Anglaise, Julie et Andy et leurs ados Joe et Rachel, venus de Cambridge pour parcourir en bus et en taxi toute cette région balkanique – ils adorent la montagne – et Meike, allemande et albanaise d’adoption qui a ouvert une guest-house dans le sud balnéaire du pays et qui rédige un guide touristique de l’Albanie pour les touristes indépendants. Avec Florian, vaste tablée, discussions en anglais très sympathiques, et la famille nous rejoint pour la photo souvenir : on est bien chez vous !.

"Benoît est l’un des meilleurs hôtes que j’ai jamais rencontré dans ma vie. Il est vraiment généreux et serviable. Je souhaite à Benoît tout le succès dans son périple autour du monde. Mercy, merci beaucoup et j’espère vous revoir à nouveau" (Florian)

dimanche 24 juillet 2011

Jour J + 78 : Bar (Monténégro) => Shkodër (Albanie) (42 kms - Total = 2710 kms)

 Information spéciale :



 Au revoir le Monténégro, Bonjour l'Albanie 

Pensée Spirituelle
"Chaque homme a en lui le potentiel pour réaliser la Vérité au travers de sa propre volonté"
(Aung San Suu KYI)
 
Péricope Biblique
"Chacun de nous a reçu sa grâce, et c'est le Christ qui a fixé à chacun sa mesure"
(Eph 4, 7)




Voilà comment des journées commencent bien … et ne se terminent pas comment on l’aurait imaginé … Très bien dormi chez Billa et sa famille, au bord de l’oued … Pas d’eau, la vie est un long fleuve tranquille ! un soleil de plomb dès le matin, départ programmé pour sept heures, pas de bruit pour ne pas réveiller mes hôtes, on est Dimanche, même ici, tout de même ! Mais Billa est déjà en train d’arroser ses plantations, elle me propose un café très caféiné, difficile de lui faire comprendre que son plat d’hier après-midi de pommes de terre coupées en gros morceaux mises dans la bouche, auxquelles on ajoute dans la-dite même bouche un peu de liquide blanchâtre fait de lait caillé dans lequel ont mariné des poivrons-paprikas (cela doit être en vente dans toutes les bonnes épiceries idoines !), en disant « Vada – vada ! », ça a beau être succulent, mais pas à ma portée au petit-déjeuner ! Je suis sur la bonne route, pas la peine de retraverser la zone « balnéaire crasseuse » de Bar, ni la ville assez stalinienne. Directement sur la petite route, difficile à imaginer qu’elle constitue un des seuls passages entre le Monténégro et l’Albanie … Des gorges peu profondes, pas mal de circulation en ce Dimanche, des fermes coquettes mais assez pauvres, des cafés où il y a beaucoup plus de sièges que de convives, et toujours des Mercedes mêlées à des voitures antiques … Et plus on avance, plus cela ralentit, pour tomber à un bouchon complet à plus de cinq kilomètres de la frontière. Que j’ai de la chance d’être à pied, que je suis heureux de pouvoir comprendre à ceux qui attendent et qui veulent me véhiculer que je vais plus vite qu’eux : c’est la joie d’être pérégrin ! Bon l’inconvénient aussi dans ce genre de non-circulation, c’est que c’est de plus en plus sale sur les bords de la route. On a beau voir depuis le début des panneaux « le Monténégro est propre », voilà que tout tombe à l’eau, c’est tellement plus simple de transformer le bas-côté en une couche luisante multicolore, est-ce de l’art ? Et voilà la frontière, aucun débit, je n’attends que dix minutes, déshabillé virtuellement des pieds à la tête, entre la photo blanchâtre sans barbe et sans lunettes du passeport et … le résultat sur le bonhomme au bout de presque trois mois de marche ! Et le verdict tombe : c’est bon, on peut y aller ! plus que quelques kilomètres pour la journée, la route semble meilleure, les maisons sont coquettes mais alternent avec des édifices en béton inachevés et des masures d’un autre millénaire … Et déjà quelques nids de poule, ça conduit nettement moins vite. Tiens, un vieux château fort sur une hauteur, Shkodër s’annonce. Seconde ville d’un pays qui ne vient que de s’ouvrir au monde après un demi-siècle d’enfermement total, le monde environnemental change ! mais comment trouver cette « guest-house » dénichée sur Internet, à quelques kilomètres au nord de la ville ? Vous me direz : en demandant ! c’est vrai, mais l’albanais est une langue atypique, une des plus vieilles du monde … Alors je demande, et on me renseigne : un coup devant, un coup derrière, un coup à gauche, un coup à droite … Et l’on revient au point de départ, devant le théâtre à l’occidentale, par deux fois … Puis arrive, sans que je ne le demande, un bon samaritain en scooter, un albanais pure souche qui a vécu quelque temps à Londres jusqu’à ce qu’il se fasse expulser manu-militari, il connaît ce village, il y a habité, on approche, mais dans ce pays sans panneaux indicateurs (ou sans panneaux réalistes), la seule solution est d’appeler mon hôte, Florian, qui vient me chercher avec deux vélos : le sien … et celui que je dois enfourcher.

Et c’est là que je découvre le message de Laurent, mon frère, m’annonçant le départ de Pascal, mon autre frère, pour toujours ….

Ainsi, c’est la première fois que je fais du vélo sans freins et quasiment sans selle, avec qui plus est mon sac sur le dos. Et quand je dis que c’est de la route, c’est du tout terrain ! mais on y a arrive, chez Florian et toute sa famille, dans une « propriété » où les maisons familiales sont juxtaposées dans un décor végétal luxuriant : accueil extrêmement sympathique, voilà enfin la découverte d’une famille : verre de l’amitié, discussions de l’amitié, je vais être bien …
Mais je suis bien obligé d’annoncer ce qui est arrivé dans la famille, donc on me prête un vélo, et je retourne en ville à la recherche d’un cyber café : l’information circule, je dois dès demain trouver un avion pour regagner la France …
Retour à la guest-house, dîner de produits du jardin et des élevages (c’est une véritable vie en autarcie), soirée sympathique, mes hôtes font tout ce qu’il faut pour me présenter leur amitié naissante, merci !

Jour J + 78 : Amédée


Evidemment, moi, j’aurais préféré jouer avec les play-mobils des enfants de la maisonnée dans d’autres circonstances, mais ce soir Ben il est un peu tout chose, on le comprend … Allez, notez que la photo est sans trucage, je suis petit par rapport à certains, peut-être, mais je suis grand par rapport à d’autres, non ? En tout cas, dans la maison de Florian et de sa famille, on est bien, on a de la chance finalement d’être ici, en notre premier soir en Albanie, non ? Allez, pour cet accueil et pour ta gentillesse, merci Florian – l’albanais !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Florian  de  Shkodër

Florian, c’est la gentillesse-même … Pour lui, difficile de trouver un boulot porteur en Albanie, dans ce pays isolé de tous et de tout, qui s’est ouvert il y a très peu après la chute du mur de Berlin. Pas bête, ce créneau de guest-house aux accents locaux pour les touristes qui osent franchir la frontière enfin ouverte. Une maison sans luxe mais accueillante au milieu d’un paradis végétal, des repas assurés de recettes du lieu aux denrées en provenance exclusive du lieu, une famille entière aux petits soins, des sœurs discrètes mais efficaces, un père qui a travaillé dans les fermes collectives de l’époque maintenant maudite et qui ne sait jamais s’arrêter, une mère avec qui je ne communique que par sourires, mais quels sourires, des oncles, tantes, cousins, cousines, amis qui débarquent de droite de gauche, et surtout Florian, un ami dès le premier moment, prêt à tout pour que tout se passe au mieux. C'est peut-être cela l’Albanie, mais en tout cas, c’est cela la guest-house de Florian et de sa famille :

"Nous vous présentons toute notre sympathie, à vous et votre famille ; si nous pouvions vous aider … que la paix soit entre nous !" (Florian et toute sa famille)

samedi 23 juillet 2011

Jour J + 77 : Sveti Stefan => Bar (33 kms - Total = 2668 kms)

Pensée Spirituelle
"Partager un repas avec quelqu’un est un acte intime qui ne devrait pas être pris à la légère"
(M. F. K. FISHER)
 
Péricope Biblique
"Et Jésus, ayant appelé à lui ses disciples, dit : « Je suis ému de compassion envers la foule, car voici trois jours déjà qu'ils demeurent auprès de moi, et ils n'ont rien à manger. Et je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur qu'ils ne défaillent en chemin ». Et ses disciples lui disent : « D'où aurions-nous dans le désert assez de pains pour rassasier une si grande foule ? ». Et Jésus leur dit : « Combien avez-vous de pains ? » Et ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons ». Et il commanda aux foules de s'asseoir sur la terre. Et ayant pris les sept pains et les poissons, il rendit grâces et les rompit et les donna à ses disciples, et les disciples à la foule. Et ils mangèrent tous et furent rassasiés ; et ils ramassèrent, des morceaux qui étaient de reste, sept corbeilles pleines. Or ceux qui avaient mangé étaient quatre mille hommes, outre les femmes et les enfants"
(Mt 15, 32 - 38)




Temps hyper couvert aujourd’hui, va-t-il pleuvoir, ne pas pleuvoir ? Allez, on est sûr, on ne fait pas de pari. Il ne va pas pleuvoir ! la route côtière est comme à son habitude super encombrée, pas grand-chose à en dire, si ce n’est un bouchon dans le sens de ma marche durant plus de 10 kilomètres, jusqu’à une petite ville où se tient un marché …. suivi d’un bouchon dans le sens opposé face à moi durant plus de 12 kilomètres. Mais que fait la police ? » (eh bien elle était justement là, pour faciliter la circulation au niveau du marché, pas de commentaires, SVP). Dans ces cas-là, vous ne pouvez pas savoir le bien que cela fait d’aller si vite, quand on est piéton ! y’en a même qui m’ont proposé de me prendre en stop, mais … ce sont des limaces !!! Allez, voilà cette belle ville de Bar. Qu’en dire à part que c’est l’homonyme d’un poisson ? Eh bien deux parties : Une première partie, « balnéaire », avec des tas de maisons avec chambres à louer, de boui-bouis, d’odeurs bizarres et d’anarchie estivale = aucun souvenir impérissable. Et de l’autre, une ville stalinienne avec de larges rues et des immeubles anachroniques = que la soirée va être bonne ! Je fais donc le tour de la première partie, le fait que je sois seul et que je ne reste qu’une nuit n’intéresse personne (ou alors, 40 Euros dans une chambre sans porte, ou bien 10 Euros sur le palier extérieur d’une maison en construction … Alors je m’éloigne un peu, et, l’habit et l’équipement laissant comprendre certainement facilement le type de bonhomme, une femme rentrant de la plage avec ses enfants m’aborde et me propose de m’héberger. Je précise bien les paramètres, elle est d’accord : on va voir. Chemins de terre parmi les citronniers, parkings défoncés, je commence à me méfier ? eh non, je dois rester plus Béage, ce n’est qu’un raccourci pour nous rendre à sa grosse maison sympa et pas encore finie, avec une belle chambre pas chère. On ne dira rien sur le plan d’occupation des sols ici, c’est « comme-tu-veux ! » … et je m’entends dire par sa fille qui parle bien anglais (cela aide …) : de quoi avez-vous besoin ? Repos, et m’apprêtant à aller visiter la belle ville sortie de nulle part, Billa, en femme de maison très accueillante, me fait comprendre qu’elle m’a préparé à manger. Comment refuser ? Allez, je vous donne la recette de cuisine : vous faites cuire des énormes pommes de terre que vous pelez ensuite et que vous coupez en gros morceaux, vous en mettez un morceau dans votre bouche, et vous puisez avec votre cuiller un peu de liquide blanchâtre fait de lait caillé dans lequel ont mariné des poivrons-paprikas (cela doit être en vente dans toutes les bonnes épiceries idoines !). Et vous recommencez à chaque fois, en disant « Vada – vada ! » eh bien, c’est … succulent ! ça cale un pèlerin qui ensuite, va tenter de se traîner en ville à la recherche d’un café Internet et de quelques monuments (non trouvés) … Mais à la terrasse d’un café, des jeunes m’abordent et me demandent qui je suis et ce que je fais … Alors je leur demande ce qu’ils font : pas grand-chose est la consistance de la réponse, on est Samedi (mais les autres jours ?). Retour à la maison au bord de la rivière (à sec), des amis sont là, on me propose cette fois-ci des poivrons farcis à l’ail et du Raki, pitié, mon crâne ! Allez, quelque discussion dans un mélange qui doit bien se rapprocher de l’espéranto, la nuit ne portera pas conseil, il faut digérer cet accueil et ces bombances !

Jour J + 77 : Amédée


On a eu de la chance une fois de plus, à peine deux gouttes, même pas de quoi avoir à déclencher les essuie-glaces – c’est vrai qu’on n’en a pas – A la pause, j’ai quand même trouvé refuge dans le tronc d’un vieil olivier laissé là, super spacieux et plein de compagnie. C’est ça l’avantage de ne pas faire partie du monde des grands, on peut passer partout ! et puis ensuite l’accueil inattendu, les patates au beurre rance, les poivrons, le Raki, je sens que demain je vais me faire porter faible et que je vais faire la sieste dans le sac, pour une fois : allez, merci Billa !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Billa  de  Bar

Billa, je ne sais pas à quoi elle occupe ses journées. Bon d’accord, on est samedi, elle revient de la plage avec ses enfants, puis chez elle il y a plein de gens qui viennent, qui parlent, mangent et boivent. On se croirait dans le monde de l’Est ! elle a l’air d’avoir dans sa maison plein de chambres, dont pour des extérieurs, mais c’est tellement paumé que faut connaître. Mais quel accueil, elle a envie de parler. Et c’est là qu’une langue commune n’est pas obligatoire, on fait des merveilles avec des gestes et un peu d’imagination. Elle a le sens de l’accueil, Billa, et un talent culinaire à figurer dans le Gault et Millaud du coin. Et en plus cela se digère bien ! on reviendra, c’est promis, Billa ! :

"Dommage qu’on ne puisse pas échanger plus, mais dobro, dobro, dobro (merci, merci, merci) pour votre passage, bon voyage jusqu’à Jérusalem, moi qui ne suis jamais sortie de mon pays, cela me fait tout drôle … priez pour nous en chemin" (Billa – traduit par sa fille)

vendredi 22 juillet 2011

Jour J + 76 : Kotor => Sveti Stefan (33 kms - Total = 2635 kms)

Pensée Spirituelle
"Une des bonnes raisons que nous avons de vouloir simplifier notre vie est que l’intrépidité est le fruit de l’innocence, voire de l’impatience"
(Guy FINLEY)
 
Péricope Biblique
"Jésus leur dit encore cette parabole : « un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des fruits et n’en trouva pas. Il dit alors au vigneron : « Voici trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier et je n’en trouve pas, coupe-le, pourquoi donc épuise-t-il le sol ? » Mais le vigneron de lui répondre : « Maître ? laisse-le cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que j’y mette du fumier. Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir … sinon tu le couperas »"
(Lc 13, 6 – 9)



Vous connaissez le jeu des proverbes : faut-il « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » ? ou bien vous voulez jouer au jeu « quitte ou double » ? Dans les deux cas, ce peut être pour un bénéfice financier … ou bien pour un attrait vivifiant ! car si l’étape d’hier était merveilleuse, au bord du fjord de Kotor, dans le calme et la belle lumière, par contre, aujourd’hui, c’est route épuisante, camions et voitures, pollution, bruit et danger … à se demander si on ne va pas tout arrêter … ou bien monter dans le premier bus pour aller voir plus loin si cela n’est quand même pas un peu mieux … et puis, il ne faut pas regretter le trajet, de toute façon, quand on chemine, les belles pierres, les cités touristiques, même les plus belles, on ne s’y retrouve pas vraiment. C’est la route qui est notre lot quotidien, quel que soit son état ! donc pas un mot sur le trajet, ah, si quand même, pour quitter la ville de Kotor enchâssée dans les montagnes en prenant la direction plein Ouest vers la mer, une bonne surprise : pas de route en épingle à cheveux, mais un tunnel, datant d’avant-avant-guerre (mais laquelle ???) de plus de trois kilomètres de long – et ça ne va pas vite à pied – la bonne odeur du gasoil brûlé, dans le brouhaha des turbines, croyez-moi, ça encrasse un bonhomme ! alors pour se décrasser, en se rapprochant de la mer, rien de tel que le vent du large, car il souffle fort aujourd’hui, justement de face ! et c’est là que l’on découvre les plages aux multiples parasols colorés, le « Saint-Tropez local » comme ils disent ici ! Pas vraiment le genre d’endroit non plus pour un pérégrin, me direz-vous, mais il faut « bien » y passer, et puis du moment que l’on évite la ville principale, Budva … Et là, en poursuivant encore en bordure de mer, voilà après un parc forestier ouvert au public et abritant des villas d’un autre âge mais somptueuses, la petite ville de Sveti Stefan. Facile à reconnaître, ce qui semble être la vieille ville est construit sur un îlot rattaché à la terre ferme par une langue de terre. Ca a l’air sympa, ça valait le coup de doubler la mise sans quitter la partie du voyage, non ? Premier objectif en arrivant, trouver une chambre chez l’habitant … tout semble complet en ce lieu résidentiel balnéaire, mais au restaurant local, Richard, le patron me fait asseoir avec une grande chope d’eau, et il téléphone à une vieille dame habitant à deux pas et qui veut bien m’héberger : sympa le Richard de rendre ce service ! bien-sûr, il me glisse : venez dîner ici ce soir, il y a la spécialité du coin ! Bon, la maison de la dame est grande et vide, elle ne parle que sa langue natale, pas grand-chose à échanger donc … Il n’est déjà pas très tôt, direction la plage, amusante avec ses parasols en bambous qui devraient plaire à Amédée : l’eau est divine, l’ambiance n’est pas surpeuplée ! et puis, finalement j’ai du temps car il était inutile d’envisager de visiter la « vieille ville sur son rocher », c’est en fait un hôtel privé et gardé : accès interdit ! Quant à leur plage elle-aussi privée, on peut y accéder, au prix de 50 Euros par personne. La question est : qu’est-ce qu’un pérégrin comme moi irait y faire ? Regrettant profondément cette usurpation du patrimoine par une poignée d'énergumènes financièrement nantis plus ou moins culturellement nantis, il me semble alors préférable de retourner chez Richard, qui sourit en me voyant (lui-aussi aurait dû parier : viendra ou viendra pas). Il m’offre une bière, me propose sa spécialité du soir qui est l’agneau grillé à la broche, vraiment succulent, arrosé de Raki de la maison : aïe ! Mais Richard y tient, alors autant lui faire plaisir ! Il est alors temps de retourner sur la plage pour faire trempette et méditer sur le « vaut mieux tenter l’ "auras" et ne pas se contenter du "tiens", quand on est pérégrin ». Sur cette vision féérique de l’eau, la terre, l’air se joignant pour contempler le feu disparaissant derrière l’horizon, la boucle de la journée est bouclée !

Jour J + 76 : Amédée


Forcément, la route principale de ce pays, elle sert à la circulation ! Moi ce que je préfère, c’est les p’tites villes hors des grands chemin, j’suis d’la campagne, moi … Alors Sveti Stefan, c’est génial, sa plage avec ses équipements ! Ben, il a trouvé que sur la page publique, 30 Euros c’était un peu cher pour la location d’un parasol-bambou et deux transats, mais quand on y est retourné ce soir après le dîner, on a pu en profiter à l’œil ! hein. Vous avez votre île-hôtel privée, vous avez votre plage pour gens friqués, mais nous, on arrive bien nous-aussi à bien en profiter ! Mais ce que je comprends pas en me voyant sur la photo, c’est pourquoi cette banquette est si géante ? ils ne pourraient pas en faire de la taille des nains ?

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Richard  de  Sveti Stefan

Richard, il a probablement flairé le bon pigeon qui viendrait peut-être manger son mouton le soir, il a parié et il a gagné ! Et Ben, il s’est dit tout aussi probablement que la spécialité du coin elle devrait être bonne, il a parié et il a lui-aussi gagné ! C’est ça la vie, un pari, peut-être pas toujours pascalien mais dans le cas présent benoîtien !!! Car Richard, c’est un phénomène ! faut dire, il a roulé sa bosse un peu partout, il a travaillé dans des hôtels-restaurants en France (il parle merveilleusement le français avec des expression à la Neuilly-Versailles), il a plein de petits jeunes pour faire le service dans son restaurant, alors il est intarissable pour quelqu’un qui débarque avec un sac à dos bleu ! Difficile même d’arriver à manger, il veut tout savoir sur le trajet, le but … Il ne me laisse finalement que peu la paix mais sur la Paix, ça, il a plein d’idées ! :

"Dobro ! merci d’être venu demander une chambre, nous étions complets, mais une amie vous a dépanné. Et vous avez pu goûter notre mouton grillé, le meilleur du Monténégro ! bonne route, puisque tel est votre choix, à pied jusqu’à Jérusalem. Bonne paix, emporter un peu de la paix de ce lieu que vous semblez apprécier" (Richard)

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