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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

mercredi 21 septembre 2011

Jour J + 137 : Journée de repos à Göreme (Total = 4532 kms)

 Pensée Spirituelle
"Dieu ne demande rien d’extraordinaire aux hommes. Seulement d’avoir confiance en cette petite part d’eux-mêmes, qui est Lui. Seulement de prendre un peu de hauteur. Après, il se charge du reste."
(Jean ANOUILH)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et ne foule pas la terre avec orgueil. Tu ne sauras jamais fendre la terre et tu ne pourras jamais atteindre la hauteur des montagnes !"
(Sourate 17 [Le Voyage nocturne], Verset 37)










Vous connaissez pas la derni’air, sur t’air, toute est une aff’air de hauteur : t’as pas l’air ? quel drôle d’air tu prends ? t’aurais pas la tête en l’air ? C’est pas le moment de prendre tes grands airs ! Ben oui les copines et les copains de la t’air enti’air. Aujourd’hui, faut me laisser tranquille, je ne suis pas valétudin’air mais c’est ma journée de congés ! La derni’air n’était pas si vieille que cela, à Ankara, mais là, il y a tellement de choses à voir, à parcourir et à f’air que déjà au lever du soleil je pointe mon nez à l’air, à l’extérieur de la cheminée de fées, je prends un vrai bol d’air et je lève ma tête en l’air, et je vois de mes yeux (qui ne sont ni v’air ni de v’air) … Des trucs quelque peu en forme de sph’air, remplis d’air, et qui font un drôle de bruit, dans l’air matinal. Eh oui, Göreme, c’est le paradis sur terre et dans l’air des … Montgolf’aires ! Au petit matin, ce ne sont pas moins de cinquante montgolfières (quand le plein de touristes qui veulent s’envoyer en l’air (oh !)) qui s’envolent au petit matin, quand l’air est idéal, et qui se dirigent au gré des vents et de l’air … C’est tout simplement merveilleux, et même si je choisis de ne pas le f’air (c’est ruineux, de l’ordre de 100 à 150 Euros l’heure de vol, des véritables tortionn’air du billet v’air les organisateurs), le spectacle depuis la terrasse de Laetitia et Yüksel est extraordin’air ! Ces espèces de machines qui s’élèvent lentement au bruit du déclenchement des tuy’air, qui rasent les réverb’air et les cheminées de fées et disparaissent derri’air les falaises pour réapparaître peu après en un ballet, ce n’est pas une histoire de sorci’air mais bien des habitantes des lieux, les fées, et réellement, c’est à tomber assis sur le derri’air !!! Allez, j’arrête, sinon je vais me f’air remarquer et me payer un zéro pointé à cette dictée épistol’air de M’air-imée. Voilà à quoi est consacrée la premi’air heure de la matinée … Suivront la visite de la propriété (je pourrais même dire le tour du propriéta’air), écl’air-ée par derri’air au soleil du matin, puis une ballade à pied de plus de quatre heures (oui, je sais, c’était une journée de repos, mais fallait vraiment la f’air !) vers la vallée rose, la vallée rouge, la vallée des pigeons … Que des petits sentiers à découvrir les vieilles églises et les monast’air (déjà séparés, lol !) des hommes et des femmes, le tout datant des premiers temps de notre air chrétienne ! Et puis bien sûr, une bonne pause aux terrasses des cafés (sympathiques mais pas autant que dans les petits villages, ici, le chaï n’arrive pas aussi vite !) de Göreme et z’yeuter l’artisanat local, pas si moche que cela … Mais comment voulez-vous encore une fois qu’un pérégrin se trimbale avec son tapis ou sa poterie préférée … Alors la seule solution, c’est la discussion avec les touristes et les autochtones, un passage à l’hôtel d’Ilknur où notre magicienne des bons conseils est encore en train de sévir auprès de ses locat’air préf’air-és, et me voilà reparti à cuver mon raki dans le jardin extraordin’air de Laetitia et Yülker, à échanger avec Tim, notre ge’air-maniste du moment … Et le coucher du soleil se profile, l’air se temp’air, il est temps de lever ensemble notre v’air avec nos hôtes, non pas à un annivers’air, mais tout simplement à notre amitié ! La morale de cette histoire, c’est que le pèlerin, s’il arpente à l’horizontale (ou presque, pas toujours !) les chemins, il doit aussi et surtout profiter du grand air en levant son nez en l’air et non en lisant son brévi’air et sans donner des grands airs avec les gens qu’il rencontre ! Et là, même s’il a un drôle d’air, il pourra démontrer que sur cette t’air, ce n’est pas la peine de monter sur un dromad’air pour prendre de la hauteur et pour montrer qu’on peut entrer dans une nouvelle ‘air, celle de la rencontre de ses p’air et de la paix, et toc ! Ca vous en bouche une mol’air, il fallait bien le f’air, comme au tennis j’ai lancé la balle de ce petit jeu de vocabul’air, et j’attends avec impatience … votre rev’air, grâce à vos comment’air !


 Information spéciale :

Notre Ben a ENCORE posé un RTT sans en avoir demandé l'autorisation à la DRH.
Même si ce qu'il vit, c'est extraordin'air, il y a un formul'air à demander.
Un courrier pour absence irréguli'air va lui être envoyé. Non mais !!!!!!!
Signé : Bribri, la DRH

Mon Ben, il en n'a pas l'air, mais dans son comment'air,
il en a même oublié un annivers'air
Signé : Laulau, son p'ti' fr'air

Jour J + 137 : Amédée


J’y comprends rien à cette histoire : Ben, il faudrait vraiment le faire rapatrier, parce que là, il a l’air (non , cherchez pas, là c’est bien écrit) de péter les plombs … Il a peut-être trop cherché à rouler les ‘air, ou bien c’est l’effet des fées, on n’aurait pas dû respirer l’air de leurs cheminées, cette nuit ! Bon, pas grave, dans la cav’air-ne (ça y est, je m’y mets) d’Ali-Yülkner baba, je trouve des tas de petites fioles et je vais lui préparer de quoi lui f’air reprendre le droit chemin … Dès demain matin … Mais en attendant, ce soir, on discute bien avec notre petit-Tim, bien sympa, et qui nous apprend des tas de choses sur la jeunesse et sa motivation de parcourir le monde, non pas en bus ou en train, mais en levant en l’air son pouce v’air la t’air étrang’air et même carrément enti’air : merci Tim !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Tim  de  Göreme

Tim, il est donc allemand, étudiant en études internationales, il prend le temps des vacances pour parcourir la Turquie, dormant là où il peut, se déplaçant le plus souvent en stop … Il a un copain qui est déjà passé par ici, alors il arrive tout droit vers la cheminée de la fée Laetitia et de son coréligion’air (qui n’a rien d’un légionn’air) Yülkn’air (celle-là, il fallait vraiment la f’air !) … et il s’intègre bien aux anciens Amédée et Ben, d’abord dans la ballade de l’après-midi, ensuite aux terrasses des limon’air, et enfin chez nos propriét’air. Mon parcours, il l’intéresse, il aimerait bien le f’air, mais il faut bien qu’il retourne, non pas à l’école prim’air mais vers la ch’air universit’air ! :

"Meeting you was a very good and pleasant experience ! you are making the world a richer place, because it’s not money that counts, but experiences. Spending time with you in beautiful Göreme was a great chance for me. God protects French for ever !" (Tim)
(Te rencontrer a été une expérience très bonne et plaisante ! tu es en train de faire au monde une place plus riche, parce que ce n’est pas l’argent qui compte, mais les expériences. Passer du temps dans cette belle ville de Göreme a constitué pour moi une grande chance. Que Dieu protège le français pour toujours !)

mardi 20 septembre 2011

Jour J + 136 : Altınkaya => Aksaray (nuit à Göreme) (38 kms - Total = 4532 kms)

Pensée Spirituelle
"N’est-il pas nécessaire de contempler un jardin magnifique sans avoir à croire en plus que les fées l’habitent ?."
(Douglas ADAMS)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ensuite, Nous fîmes héritiers du Livre ceux que Nous avons choisis parmi Nos serviteurs. Il en est parmi eux […] qui, avec la permission de Dieu devancent [tous les autres] par les bonnes actions, telle est la grâce infinie. Dans les jardins d'Eden ils entreront, parés de bracelets en or ainsi que de perles. Et là, leurs vêtements sont de soie. Et ils diront : « Louange à Dieu qui a écarté de nous l'affliction. Notre Seigneur est certes Pardonneur et Reconnaissant. C'est Lui qui nous a installés, par Sa grâce, dans la Demeure de la stabilité, où nulle fatigue, nulle lassitude ne nous touchent »."
(Sourate 35 [Le Créateur], Versets 32 - 35)
 
 
Petite distance pour aujourd’hui. Si hier soir, j’avais pris un minibus local pour rejoindre Göreme, le cœur de la Cappadoce, je dois donc ce matin refaire le trajet en sens inverse … Evidemment Ilknur est toujours dans son hôtel à Göreme, parfaite pour accueillir les clients, mais je la reverrai. Nous avons même un projet original ! et c’est le même chauffeur de bus qui me ramène, il ne comprend pas très bien, surtout quand je lui explique que je fais « tout à pied » ! C’est reparti, je sens que l’étape du jour va être rapide, je suis un peu dans ma bulle, approchant à grands pas de la zone des cheminées de fées qui se profile à l’horizon, quoique bien cachées dans leur cocon. L’allure s’en ressentira, vais-je pulvériser le record horaire (ce qui n’a aucune importance ni aucun intérêt !), je dois être comme un cheval qui sent l’écurie. Peut-être ne vous ai-je pas parlé hier du lac Tuz Gölü, superbe immense étendue d’eau naturelle au cœur de l’Anatolie et qui regorge de volatiles, genre flamants roses. Ah, c’est autre chose que le parc de Clères ! Seulement voilà, il faudrait que je prenne le temps de poser pour les observer à foison et peut-être même remplir la carte mémoire de mon appareil photo, seulement voilà, le comble : je n’ai pas le temps !!! Alors le long du lac, puis dans la steppe si caractéristique ici, je cours presque, de toute façon « pas de village => donc pas de café => donc pas de sourires et pas de chaï » … Et finalement l’arrivée de mon étape du jour, qui n’est pas Göreme, est déjà en vue. Je ne comprends pas, je viens tout juste de partir. C’était donc tout près !!! mais pourquoi Aksaray ? car voilà, autre ruse de sioux, ce ne sont pas mes pas qui me mèneront dans le cœur de la Cappadoce, mais … une voiture, eh oui, et sans stop en plus, qui s’arrête sur le trottoir à Aksaray et qui me propose de m’emmener à Göreme. Et en plus il parle – un peu – anglais – le Mustafa. Quand je lui demande comment il sait que je cherchais à aller à cet endroit, il me répond que tout le monde y va … En effet, pour moi aussi, cela représente un petit détour, ce n’est pas tout-à-fait sur ma route, je ne vais quand-même pas faire cent bornes aller-et-retour pour vos beaux yeux ! Et là, à Göreme (au moins vous retiendrez le nom de cette petite ville), Mustafa, il m’inviterait bien à dormir, ou à boire ou à deviser, mais il doit poursuivre sa route (sinon, on y serait encore !). Mais pas d’importance, je sais où me rendre ! je suis en effet invité par Laetitia, via Couchsurfing ! les panneaux qui indiquent sa direction sont évocateurs. Une cheminée blanche sur fond rouge le tout encadré en noir, avec le texte (en anglais) qui explique tout : « un endroit cosy : deux dortoirs en hôtellerie dans une vraie cheminée de fée pouvant accueillir jusqu’à 7 personnes, ou bien un campement sur le site d’un vieux monastère : un jardin organique plein de paix et regardant le village parfait pour les rêveurs d’un jour, et une cuisine maison conviviale à la demande ; de l’art, des antiquités, diverses activités et plus encore pour les gens curieux, venir nous rendre visite OU BIEN restez !!! contactez Yüksel ! ». Vous pensez bien qu’avec une telle proposition, j’accoure ! et dès l’approche, cela semble pour le moins original, et … ça l’est !!! mais une question, qui est Yüksel ? ça, je vais le découvrir très vite … car l’hôte des lieux ne passe pas inaperçu, par son look, pas sa prestance, par son charisme et … par les lieux qu’il a patiemment bonifiés. Au départ, c’était un jardin familial, tout simplement, au pied de la falaise, avec une cheminée de fée déjà creusée et tout un ensemble de bâtiments (dont une superbe chapelle) troglodytes occupés en leur temps par des moines … et par les pigeons ! Maintenant le jardin a encore plus poussé, fleurs, légumes et fruits se mêlent, la sieste et la méditation sont prévues avec force hamacs et tonnelles, d’immenses bâtiments en pierre de taille ont été rajoutés et accueilleront probablement un jour des amoureux des lieux étranges et insolites qui viendront pour un temps poser leurs valises, mais pour l’instant tout n’est pas encore « tout-à-fait » fini, et l’ensemble est squatté par une véritable caverne d’Ali Baba, avec une collection incroyable de coffres, de jarres et d’amphores, d’outils agricoles ou ménagers, de meubles et d’objets divers bref, tout le passé de la Cappadoce est dans ces lieux, attendant tel un trésor de guerre considérable… qu’on en fasse quelque chose. Mais notre hôte il aime, semble-t-il, prendre son temps. Il savoure les lieux, creusant encore plus la roche claire, sculptant aussi la pierre un peu partout, agrandissant pièce par pièce, bref, on y est « bien », sans même avoir envie de retourner visiter la petite ville à deux pas … Pourquoi ? ben aussi parce que l’hôtesse des lieux, bien contente semble-t-il de voir un français, elle en profite pour mettre les petits plats dans les grands, à la mode écolo-babacool, et ça discute, et ça rend de petits services … Et ce sera une soirée extra, au coin du feu, particulièrement cosmopolite car j’y retrouve deux jeunes coréennes qui sont venues ici préparer un plat typique coréen à base de chou et de piment et qui va remplir le temps de macérer, une amphore de plus de dix litres (et en plus, elles reviendront de leur pays pour le goûter, ce plat) … mais aussi Tim, jeune allemand étudiant les sciences politiques internationales à Vienne et qui arpente pendant trois mois la Turquie, dormant souvent dans les bas-côtés des routes, avançant à son rythme. Voilà, une fois de plus tout est lié, le décor, les costumes, les acteurs, le tout regroupé en un lieu inoubliable que je vous inviterais bien à découvrir mais en même temps n’en faites pas trop de publicité, il ne devrait pas être « bouffé par le tourisme de masse » ! En attendant, alors que le feu de camp s’est éteint depuis longtemps, que la digestion des produits du jardin est on ne peut plus facile et que les discussions omni-thématiques ont fait le tour de la terre, moi, je rejoins l’antre de ma cheminée de fée, vaste chambre tout confort, pour une nuit consacrée, si je le voulais, à faire des vœux en contemplant les étoiles filantes … Mais ce sera plutôt le sommeil du juste qui va primer, en attendant demain matin au lever du jour la contemplation d’autres volatiles bien étranges mais vraiment spectaculaires !

Jour J + 136 : Amédée


On se demande vraiment comment il se fait que l’on arrive à rencontrer des gens aussi originaux et aussi extraordinaires ! Car depuis que je suis parti depuis « du côté de chez vous » (comme dit la pub), on aura tout vu, tout rencontré ! et là, on fait 4500 kms pour rencontrer … une française bien implantée ici, on va chez le coiffeur régulièrement et on tombe sur un turc à la coupe originale, on s’attend à arpenter la sécheresse du désert et on tombe sur un jardin luxuriant digne de l’Eden des premiers temps (c’est-y donc Adam et Eve que nous rencontrons ici ?), on apprécie la sévérité sereine et dépouillée des paysages, et finalement, quand on pénètre en ces lieux creusés par les aïeuls locaux on découvre plus qu’un musée : le trésor de la vie cappadocienne ! Finalement, on est un peu dans une bande dessinée, vous savez celle des petits hommes bleus qui occupent des maisons-champignons. Ca, c’est à ma taille !!! Moi, ça me schtroumpfe, ça m’époustoufle, je ne sais plus où donner de la tête, je cours après les pigeons, je joue avec les chiens qui se crêpent le chignon avec le chat, j’accompagne Ben pour escalader la falaise et visiter les anciens nichoirs à pigeons (ils savaient bien faire quelque chose de la fiente, eux !), je me cache dans les pièces de la cheminée de fée (sans cheminée !), je rigole bien avec les habitants des lieux. Je suis donc toujours béage … Juste une remarque, Monsieur Yüksel, vous avez dans votre jardin des cheminées de fées à ma taille, merci, mais pourquoi vous ne me sculpteriez pas un compagnon … ou une compagne ? On resterait bien ici, on va le faire une journée et une nuit de plus ! Et puis l’appel du sud se fera à nouveau sentir, mais on reviendra, promis juré, voir ce que cela devient, ce Capharnaüm si joli ! Alors, merci Laetitia et Yüksel

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Laeticia et Yüksel  de  Göreme

Vous vous doutez bien qu’en des lieux aussi originaux, on ne pouvait découvrir, dans le bon sens du terme, que des hôtes … originaux ! Yüksel, il est bien turc, il est bien cappadocien, il est bien göréméen. Il a vécu toujours ici, avec sa famille qui est toujours alentours, il a sévi dans les affaires du côté du Danemark semble-t-il un temps, et puis il est revenu ici, a repris cette propriété familiale, a ajouté des constructions, a ramené ses collections d’antiquités, a creusé la roche pour les entreposer en vue aussi d’autres projets … Et il vit ici, à son rythme, sans voiture ni ordinateur, à peaufiner son jardin secret, qu’il fait découvrir à qui se lance pour y pénétrer … Et là aussi se trouve Laetitia, française d’origine mais qui a vécu aussi du côté de Montréal, qui a arpenté la Turquie il y a quelques années en accompagnant un peintre naturaliste à la recherche d’idées plein les yeux, et qui a posé ses – quelques – affaires ici … Et depuis, accueil d’une nuit , d’un mois ou d’une vie, tout semble possible, on peut aider en mettant la main à la pâte pour nettoyer, trier, bâtir, embellir, … Vous serez accueillis à bras ouverts, vraiment à deux pas du centre de la petite ville à la fois touristique et bien sympathique de Göreme. La recette miracle de cette alchimie ? Panoramix, notre druide gaulois ne vous donnerait certainement pas la recette de sa célèbre potion magique – qui aiderait à creuser encore plus vite dans la roche et à ramener d’autres cheminées de fées dans le jardin de Yüksel – mais il vous dirait certainement qu’ici, tout provient probablement de la combinaison d’un milieu enchanteur, du labeur de tant de générations passées, et de l’incroyable charisme des occupants des lieux ! Demain sera donc aussi ici, après-demain sera … après-demain ! :

"« Qui n’est pas misanthrope à quarante ans n’a jamais aimé les hommes ! » a dit CHAMFORT  … Il faut croire que Benoît est resté jeune ... Une belle rencontre pétillante, merci ! Roule ta bille jusqu’à bon port, bonhomme et au plaisir … Inshallah … De partager une autre bulle, une autre fois … Tu connais l’adresse, maintenant !" (Laetitia et Yüksel)

lundi 19 septembre 2011

Jour J + 135 : Şereflikoçhisar => Altınkaya (Nuit à Göreme) (45 kms - Total = 4494 kms)

Pensée Spirituelle
"Dans cent ans, dans mille ans, le monde subsistera encore en son entier. Ce sera le même théâtre et les mêmes décorations, ce ne seront plus les mêmes acteurs."
(Jean de LA BRUYERE)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Votre Dieu est en vérité unique, le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui existe entre eux et Seigneur des Levants. Nous avons décoré le ciel le plus proche d'un décor : les étoiles, afin de le protéger contre tout diable rebelle."
(Sourate 37 [Les rangées], Versets 4 – 7)


Un vrai décor de théâtre ! Les anciens – dont je fais partie – se rappelleront sans doute de l’émission hebdomadaire sur notre petit écran français, il y a quelques années, j’ai nommé : « au théâtre ce soir », les décors étaient de Roger Hart et les costumes de Donald Kardwell. Depuis, l’émission – qui ne devenait certainement plus aussi intéressante pour l’audimat – n’existe plus, mais le théâtre est toujours là, j’ai nommé … Le théâtre du monde ! Et l’arrivée en Cappadoce en constitue un des décors les plus intemporels, les plus inconditionnels. Le voilà, ce décor que je découvre pas à pas : la rencontre de trois volcans, il y a des millions d’années, leurs joyeuses réjouissances à cracher à qui mieux-mieux des cendres recouvrant tel un tapis blanc neigeux, toute la contrée, une rivète qui passe par là et montre le bout de son nez en rongeant peu à peu la croûte terrestre, … Le résultat : un décor à vous couper le souffle, laissant une image telle que le relatent les contes de fées … Et pour quelle raison, ces contes de fées ? eh bien parce qu’ici, les acteurs, ou plutôt les actrices, ne sont pas moins que les fées elles-mêmes, qui ont leurs « cheminées », aidées peut-être comme dans une ruche par les ouvrières chargées de parfaire l’érosion ! Vous avez le décor, vous avez les acteurs en costume féérique (celui tissé en soie, laquelle a été véhiculée par les chameaux et transportée de caravansérail en caravansérail (espacés de 30 kilomètres, la distance quotidienne possible pour un chameau. Je suis donc un « super chameau » !!!) sur cette fameuse route de la soie – qui comme par hasard passe par ici … Ne vous manquent plus à découvrir que les spectateurs : les habitants du lieux, qui ont creusé patiemment dans ces cheminées naturelles leurs refuges, leurs maisons, et même leurs églises toujours présentes, datant de la période où la chrétienté était omniprésente par ici, merveilleuses œuvres troglodytes … Et pour parfaire cette pièce de théâtre, le chef éclairagiste des temps modernes, monsieur Kilowattheure vous concocte un aspect visuel unique en son genre en vous demandant comment il se fait que vous n’êtes pas venu plus tôt ! Bon, telle vous apparaît Göreme, lors de la première approche à la nuit tombante ! Venez-y, c’est tout près de chez vous … Ah, j’allais oublier de vous parler de la danseuse étoile de cette comédie musicale animée au son des muezzins. Et bien, c’est Ilknur, la vedette ! bon, vous comprendrez pourquoi je ne vous parle pas de ce que j’ai vu et ressenti tout au long de cette journée. Tous ces kilomètres, ce n’était qu’une entrée en matière apéritive de cette grande soirée. Nous ne sommes pas à l’opéra de Manaus au cœur de l’Amazonie, bien mieux, nous sommes au théâtre en plein air de Göreme, au plein cœur de la Cappadoce, elle-même au plein cœur de la Turquie, sous les étoiles, qui, comme le dit le Livre sacré, nous protègent contre tout diable rebelle. Mesdames et messieurs, applaudissez, le spectacle de cette magnifique pièce de théâtre (récompensé comme il se doit en tant que … patrimoine mondial de l’humanité par L’UNESCO – il y a avait longtemps que je ne vous avais pas fait cette allusion, non ? – va commencer ! …

Jour J + 135 : Amédée


Et si finalement ce n’était pas une pièce de théâtre qui se jouait mais un spectacle de cirque. On a aussi tous les ingrédients, les fées qui jouent le rôle d’écuyères sur des chevaux pur-sang qui galopent sur les chemins à travers les vallées, les clowns qui sont bien-sûr … les touristes, de toutes les nationalités, bariolés dans leurs couleurs et aussi discrets dans leurs propos que des « congés payés » en voyage organisés … Et même le « Monsieur Loyal » en personne, à savoir … moi, Amédée, qui assure le déroulement et la présentation de ce sacré spectacle pour lequel, à la nuit tombée, on a remplacé le feu des projecteurs par les douces lumières clignotantes des étoiles. Voilà, je le serai pour vous, ce « Monsieur Loyal », alors, Mesdames et Messieurs, applaudissez, le spectacle n’est pas prêt de se terminer, les fées et leurs habitats vont vous enchanter ! et j’appelle dès maintenant le « clou du spectacle » en vous la recommandant tout particulièrement ! Merci, Ilknur !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ilknur  de  Göreme 

Rajoutons un peu de magie au spectacle de ce soir : Ilknur. J’en entends parler depuis longtemps, bien avant mon entrée en Turquie, et même j’ai échangé de nombreux mail avec ce personnage, que je sais déjà curieux et plein de bonne humeur, comme me l’ont décrit Eva et Ilker qui m’ont hébergé il y a quelques temps sur Istanbul. L’amitié est très forte entre eux ... Alors, lors de mon arrivée sur Göreme, je me rends directement à l’hôtel où Ilknur travaille. Et effectivement ce « personnage » me surprend dès le départ ! je ne sais pourquoi, est-ce parce que l’anglais ne distingue pas vraiment le masculin du féminin, la personne qui m’appelle du haut de la terrasse de l’hôtel me surprend … Elle me reconnaît facilement, j’avais reçu un mail me demandant d’amener du pain pour manger ensemble … Et le pain que je tiens à la main me rend facilement reconnaissable … Une femme m’interpelle, je me dis que c’est l’amie d’Ilknur … Mais non, c’est Ilknur elle-même, véritable magicienne des lieux, alors que je croyais que c’était … un homme ! Pas grave, je ne tombe pas de haut, après tout, l’amitié n’a pas de sexe ! mais tout le reste de la découverte d’Ilknur sera de même : ingénieur dans le textile, elle a arrêté ce métier au vu des contraintes hiérarchiques et horaires, alors elle est partie sur un paquebot géant apprendre l’anglais en faisant divers petits boulots, puis elle a filé apprendre l’espagnol en Colombie, s’occupant avec d’autres petits boulots … Et la voilà cette saison tenant les rênes de l’annexe d’un hôtel réputé de Göreme, cité touristique au possible … La fin de la saison approchant, Ilknur va « rendre son tablier » sous un mois. Quelle destination ensuite ? Ilknur songe à … Madagascar, pourquoi pas ? En tout cas, ce que l’on retient d’Ilknur, c’est déjà plus que son sourire omniprésent et ravageur, c’est son rire entraînant, sa gentillesse au service des clients et des gens rencontrés çà et là sans aucune barrière que ce soit, ce sont ses merveilleuses salades diététiques, c’est son humanité. Ca, Eva et Ilker, vous m’avez bien piégé sans le savoir sur la féminité d’Ilknur, mais par contre sur le fait qu’elle ne pouvait pas passer inaperçue durant mon trajet, là vous aviez à mille pour cent raison. Quelle personnalité ! quelle femme ! quelle amitié ! et c’est bien là que l’adage « les amis de mes amis sont mes amis ! » se vérifie dans contestation aucune ! :

"Dear Benoît, thank you for this visit and thank you for the brave and pretty good heart that you have to be the example for the others as a crazy and non-standard, marginal life. I can see that you have still your child alive even very alive inside of you. And I hope it will never stop … and may be somewhere else in the world our souls make us meet again and we will talk about our times here in Göreme ! VERY NICE TO MEET YOU !" (Ilknur)
(Cher benoît, merci pour ta visite et merci pour le bon cœur courageux et plein de beauté que tu as, montrant aux autres l’exemple d’une vie folle et non standard, marginale. Je peux constater que tu as encore la vivacité de ta jeunesse, toujours vivante, très vivante au plus profond de toi. Et j’espère que cela ne s’arrêtera jamais ... et peut-être que quelque part dans le monde nos âmes nous feront nous rencontrer à nouveau et que nous pourrons reparler des bons moments passées ensemble à Göreme ! CE FUT SUPER DE TE RENCONTRER !)

dimanche 18 septembre 2011

Jour J + 134 : Şekerköy => Şereflikoçhisar (47 kms - Total = 4449 kms)

Pensée Spirituelle
"Les peines d’un départ sont pour celui qui reste. Tout rappelle à ses yeux le bien qu’il a perdu."
(Lucien-Emile ARNAULT)
 
Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et Je suis Grand Pardonneur à celui qui se repent, croit, fait bonne œuvre, puis se met sur le bon chemin : « pourquoi Moïse as-tu pris le départ et t'es-tu hâté de quitter ton peuple ? ». « Ils ont aussi pris le départ, ils sont là sur mes traces », dit Moïse ; « j’ai pris le départ et je me suis hâté vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait."
(Sourate 20 [Ta-Ha], Versets 82 – 84)
 

Et voilà, une fois de plus, c’est le départ du matin … Comme tous les jours bien-sûr, mais ce matin, je quitte – définitivement ? au moins pour cette pérégrination – Ankara … Tansu aussi, mais les amitiés qui se tissent ne s’effilochent pas si facilement ! Oui, car il faut bien maintenant retrouver le rythme des logements inattendus, après l’effort (mais est-ce un effort ?) … Alors le départ, chaque jour, est-ce facile ? ou difficile à vivre ? Pas de réponse une fois de plus, mais la vie en elle-même n’est-elle pas faite de départs continuels, chaque matin, chaque évènement n’en sont-ils pas l’occasion ? la cause ? ou … la chance ? Encore une sacrée route aujourd’hui, me voilà à taper du caillou, mais les chaussures tiennent le coup ! Où cela va-t’il me mener ce soir ? à un endroit surprenant, certainement … Que de questions aujourd’hui, que de questions ce matin, déjà dans le bus qui me mène d’Ankara à Sekerköy … Mais finalement, ce sont ces questions qui me permettent de profiter de la chance … de ces nouveaux départs. Ce n’est pas un voyage organisé que je fais, rien n’est prévu d’avance, ni le trajet, ni les arrêts-pipi, ni les repas soi-disant « chez l’habitant, ni les démonstrations pré-programmées et assurées de bakchich de tissage de tapis-turcs dans des arrière-boutiques des magasins qui apparaissent de plus en plus souvent (signe que la Cappadoce approche !). C’est encore moins le scénario selon lequel un soit-disant voyageur reste une semaine dans un hôtel les-pieds-dans-l’eau, ponctuée par les repas et les apéros ! Non, c’est la découverte et l’apprentissage de l’inconnu à chaque moment, quelle chance finalement, même si les remises en question ne manquent pas … Ainsi, c’est pourquoi j’ai décidé de ne pas continuer ces allers-et-venues du soir via un transport en commun pour retourner chez Tansu, même si son domicile s’éloigne peu à peu, puis via le même moyen de locomotion mécanique en sens inverse le lendemain matin … Ce serait « si simple » ! mais peut-être vais-je le reprendre lorsque je serai proche de Göreme, la prochaine ville au cœur de la Cappadoce, où je vais sûrement trouver un point de chute. Je ferai alors de même, mais vers un autre visage à découvrir ! car il faut respecter le plus souvent possible ces surprises, cet inattendu ! Ainsi, aujourd’hui, j’ai encore fait le plein de rencontres, informelles, le long de la route (plus d’une trentaine de véhicules s’arrêtant pour prendre en stop un pèlerin qui ne le fait pas, ce stop. Ou bien les terrasses des cafés, avec la question habituelle. Ou bien les paysans du coin qui proposent une bouteille d’eau neuve et un peu de fromage) … A l’arrivée, dans l’après-midi, l’étape du jour sera assurée par Mohamed, en toute simplicité, dans la pièce des invités de sa petite maison … Moment de chaleur malgré le barrage des langues, simplicité du regard, respect du silence (pas très causant, l’ami turc), absence de trace de cette rencontre (il ne souhaite pas de photo), rencontre éphémère donc … me voilà donc prêt demain matin pour un … nouveau départ !

Jour J + 134 : Amédée


Aujourd’hui Dimanche, je ne sais pas si c’est la fête à ma tante, qui balaye ses planches avec sa robe blanche … Moi en tout cas, je le respecte ce Dimanche, alors je vais pas vous parler longtemps ... Pour vous, je ne sais pas, mais pour moi, le temps fort de la journée, cela a donc été … notre départ de chez Tansu ! depuis le balcon, un dernier petit chaï avant la route … Aujourd’hui aussi que des départs, et des arrivées, des départs … et des arrivées. Mais je vous avouerai qu’il était temps que nous partions de chez Tansu, certains vous diront que j’ai pris de l’embonpoint, avec toute la bonne nourriture partagée ! Alors, on va se mettre au régime, dès maintenant, et ce sera aussi alimentairement … un grand départ. Mais on ne t’en veut pas pour ces bourrelets (pour moi, peut-être pas pour Ben), on en a bien profité, alors on te dit : merci Tansu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Tansu  d'  Ankara 

Tansu, vous savez tout de lui, alors on va le laisser finir de s’exprimer. Il avait commencé il y a trois jours, souvenez-vous, c’était le 15 Septembre … Mais il a tant de choses à dire, alors on avait coupé la poire en deux ! ... :

" … Something about you and me (WE !). It was a great experience to spend a few days together. I will never forget Turkish nights with raki and Turkish “classical” music, and French nights with good wine and delicious onion soup (soupe à l’oignon). Being in front of a garden full of trees and only with the “voice of night”, the quiet times, may be thinking, may be talking … There are so valuable memories. I hope we will be together again … One more thing. Another version of the soup (from “Dost book”) : Soupe à l’oignon : 500 gr. Sliced onion ; 7 garlic ; 75 gr. Butter ; 50 gr. smoked bacon * ; 200 ml white wine ; 1,5 lt water with chicken tablet. Tansu - Cordon blue tells you : “bonne appetite !" (Tansu)
(… Quelque chose au sujet de toi et moi (NOUS !). Ce fut une super expérience de passer quelques jours ensemble. Je n’oublierai jamais nos nuits turques, avec le raki et la musique "classique" turque, ni nos nuits françaises avec du bon vin et cette délicieuse soupe à l’oignon. Être face à ce jardin rempli d’arbres avec seulement "le bruit de la nuit", les instants calmes, parfois à songer, parfois à parler … il y a tant de mémoires inoubliables. J’espère bien que nous nous reverrons bientôt … Une chose encore : une autre version de la soupe (depuis le « Dost – nom de la maison d’édition pour laquelle Tansu travaille – livre ») : Soupe à l’oignon: 500 gr. d’oignons coupés en tranches ; 7 gousses d’ail ; 75 gr. de beurre ; 50 gr. de bacon fumé * ; 200 ml de vin blanc ; 1,5 l. d’eau avec une tablette de bouillon au poulet : Tansu - Cordon bleu vous dit : “bonne appetite !)

(PS : * Commentaire de Benoît : Géniale l’idée du bacon fumé dans un livre de cuisine édité dans un pays où l’Islam est si présent. Mais on fait comment pour en trouver ? et on la sert à qui alors, cette soupe ?)

samedi 17 septembre 2011

Jour J + 133 : Akörençarşak => Şekerköy (33 kms - Total = 4402 kms)

Pensée Spirituelle
"Le bon sens et la nature jouent beaucoup à rendre plus facile le pèlerinage de la vie"
(William SOMMERSET-MAUGHAM)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Et quand Nous indiquâmes pour Abraham le lieu de la Maison (La Kaaba) [en lui disant] : « Ne M'associe rien ; et purifie Ma Maison pour ceux qui tournent autour, pour qui s'y tiennent debout et pour ceux qui s'y inclinent et se prosternent ». Et fais aux gens une annonce pour le Hajj. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné, pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom de Dieu aux jours fixés."(Sourate 22 [Le Pèlerinage], Versets 26 – 28a)


Dites donc, vous pourriez m’apporter vos lumières, les amis : Est-ce bien un pèlerinage que je fais ? et les chrétiens, est-ce bien un pèlerinage qu’ils font en allant vers Santiago de Compostella ? et les musulmans, est-ce bien un pèlerinage qu’ils font en se rendant à Mecqua ? Ou bien n’est-ce qu’une pérégrination ? D’ailleurs, la vie toute entière n’est-elle en elle-même pas une pérégrination, et vers quoi ? Voilà donc les quelques questions que j’ai pu me poser aujourd’hui … Et je pensais, enfin arrivé à l’étape (en réalité, la nuitée est toujours à Ankara, chez Tansu !) trouver des éléments de réponse dans le Coran … Eh bien nenni ! Si pour vous, mesdames, il y a bien (rappelez-vous hier !) une Sourate qui vous est consacrée et plein de péricopes, eh bien, pour le pèlerinage, lui qui fait pourtant partie des « cinq piliers », d’accord aussi une sourate lui est consacrée, mais sans le dit-mot dedans ! Alors ce n’est pas de ce côté-là que je saurais, où que j’aurais quelque élément de réponse sur ce que je fais depuis plus de quatre mois et demie. Dommage ! mais j’ai trouvé un élément de réponse, via une autre piste de rencontre, en cheminant sur mon chemin : Emmanuel ! Emmanuel, vous ne le connaissez pas, mais, fruit du hasard, j’ai eu connaissance de lui par le web ! car Emmanuel, il est français, il est parti de chez lui, en France, comme moi … Il avance à pied, comme moi … Il a un bâton de pèlerin, comme moi … Il est passé par Medugorje, comme moi … Et il va jusqu’à Jérusalem (et même peut-être jusqu’aux pyramides, si Dieu le veut, Inch’Allah), comme moi … bon, les seules différences, c’est qu’Emmanuel, il n’a que 35 ans … Et cela fait déjà deux ans (bon anniversaire !) aujourd’hui qu’il est parti ! Mais à part cela, dans nos interrogations, nous nous posons les mêmes questions : Sommes-nous routards ? pérégrins ? pèlerins ? Et le faisons-nous pour nous-mêmes, personnellement ? ou pour nous, le « club fermé des marcheurs au long cours » ? ou pour d’autres, dont vous ? D’ailleurs, à quoi ça sert finalement, de marcher pareillement, tous les jours ? Faut-il être aussi « crazy » ? là, Emmanuel et moi, nous avouons que … nous séchons ! Vous avez des réponses, vous ? Bien-sûr pour moi, il y a d’une part cette idée quelque peu farfelue du dialogue entre les religions et d’autre part ce concept peut-être quasi-utopique de « la paix » … Mais, ce dont nous avons discuté en nous retrouvant, lui avec sa « benzine » qu’est le chaï et moi ma « benzine » qu’est la bière, c’est que le plus merveilleux, c’est … la rencontre du genre humain ! et ceci qu’elle soit selon une relation de proximité ou à distance, comme de vous à moi comme de moi à vous ! Alors finalement, c’est-y bien ce que je vous dis depuis le début, braves pèlerins de l’immobile, nous voyageons ensemble,
vous et moi, moi et vous !
Bon pas grand-chose à vous dire de cette journée, retour pas trop tard sur Ankara car le kilométrage fut du genre pour les feignasses. Alors en revenant en la capitale, une petite visite des quartiers du jardin botanique, et encore une bonne soirée (la dernière, chez Tansu) pour évoquer … les noisettes !

Jour J + 133 : Amédée


Oui parce que finalement, à force de faire des allers-et-retours entre un départ et une arrivée d’étape et un autre point de dodo, si ça devient compliqué à suivre pour le commun des mortels, pour moi c’est pratique : je retrouve mes pénates, mon lit, mes habitudes et … mes économies … A propos d’économies, ce soir, Tansu, il a sorti un grand sac de noisettes, issu de sa production familiale … Ce qu’il ne savait pas, c’est que si je n’ai pas franchement la tête d’un écureuil, Ben-le-Béage, il les connaît bien, lui, les noisettes, et il le connaît bien, lui, l’écureuil, tout Caisse d’Epargne qu’il est !!! Alors, on n’a pas été dépaysé, Ben il en a même pris pour les replanter en Normandie, peut-être même qu’ainsi va sortir de terre une nouvelle succursale, sait-on jamais ? Moi, en tout cas, j’ai pu jouer tranquillement avec ces quasi-billes sur le tapis du salon pendant que les garçons, ils devisaient à voix ténue sur le fameux balcon. Pas de Juliette en vue – il y a longtemps qu’on a quitté Verona – mais ils ont encore refait le monde. Faudra pas s’étonner si la terre tourne dans l’autre sens un de ces jours … Bon, notre logeur, il est de repos, alors la soirée s’éternise, faut espérer qu’il va se montrer raisonnable … Et alors on pourra dire une fois encore à notre copain rencontré aujourd'hui : merci Emmanuel !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Emmanuel  de  Şekerköy 

Emmanuel, avec sa belle frimousse d’ange, il nous a subjugué. Ne pas mettre en pratique ses études scientifiques, préférer ramasser des fruits comme saisonnier, partir si longtemps, s’arrêter en Bosnie quelques mois pour tester le « catho » en servant les pauvres », rester au même point un an en Bulgarie en heureuse compagnie, repartir pour s’arrêter ensuite dès que l’occasion se présente de rencontrer du monde, se donner le projet à long terme d’aller voir si les pyramides n’ont pas changé de place ou n’ont pas été volées, se faire avoir par la Syrie et ne pas pouvoir y entrer par manque de visa qui va l’obliger peut-être à un plan B consistant à passer par Chypre, et toujours remettre sans souci au lendemain ce qu’il aurait pu faire hier ! Tout cela, c’est bien de la sérénité et de l’aventure moderne, non ? Alors peut-être que les anciens du Moyen-Âge ne s’y retrouveraient pas dans ce pèlerinage new-look, en tout cas si c’est une croisade, ce n’est pas pour reconquérir la Terre Promise volée par des infidèles, c’est bien pour renouer le contact dans un « nouveau monde » peut-être trop médiatique et bien zappeur. Et pour tout cela, Emmanuel, il va falloir que nous restions en contact. Bon moi, il y a aura longtemps que j’aurai repris le turbin quand tu seras encore à boire ton chaï sur les routes du Moyen-Orient, alors ce sera à mon tour de rêver de tes aventures. Continue bien et je te souhaite une belle vie, Manu, Masalama ! ...


 A LIRE ABSOLUMENT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
C'est pas tous les jours Dimanche, c'est pas tous les jours qu'on rencontre un semblable, francais en terre étrangere et de surcroît en train de marcher vers la même direction, la dite-Jérusalem ! Nous nous sommes croisés donc avec Benoit à la terasse d'un café super-chic d'Ankara. Cela faisait deux jours que j'accumulais la malchance en ce qui concerne l'hospitalite à Ankara ... il faut d'abord préciser que je serais du genre "pèlerin" de la vieille école, j'avance presque sans dépenser d'argent et je confie ma destinée à ce que d'aucuns appellent la bonne étoile, qui dans mon cas brille vraiment très fort je dois l'avouer, dormir sous les ponts, dans les bergeries ou dans des maisons de passage, au bon vouloir de l'hospitalité des contrées traversées est mon sésame, la rencontre de l'autre, mon chapelet et l'abandon à la Providence mon ivresse quotidienne. Deux ans jour pour jour apres mon départ des Hautes-Alpes je rencontre un Normand en Turquie ! Drole de hasard ma foi ... nous devisons gaiement, tous content de parler un peu francais, d'échanger les expériences de route, et être pieton ici aujourd'hui peut paraître tout bonnement comme sorti d'un film de science-fiction, tant les turcs sont accrocs à leur sacro-sainte voiture et sont vraiment surpris voire incrédules quelquefois lorsque, le plus calmement du monde et pour la ènieme fois, nous leur répétons les mêmes réponses aux questions qui fusent à tout contact humain : oui, tout a pied, pas moyen de monter dans ta voiture ; si si, il y a du travail en France mais là,tu vois, je suis en train de me rendre en Israël a pied, on peut pas faire deux choses à la fois ; non ça va merci, j'ai pas mal au pieds, oui je reveux bien un thé, merci beaucoup ... et je me rend compte au fil de la conversation que, si les moyens diffèrent, l'esprit est le même, et c'est peut-etre ça qui est en fait le pèlerinage, pour répondre à la question de Benoît. Comme Benoît, j'ai nomadisé un peu aussi en Aubrac sur les chemins Jacquaires et j'ai rencontré bon nombre de jeunes gens avec ce même esprit de partage, rencontre, abandon ( plus ou moins ) à ce qui arrive, par là j'entends passer un cap et, un matin, ne plus se torturer l'esprit de ne pas savoir où et quoi manger, ou / et en compagnie de qui dormir, quelle route emprunter, où se laver, etc ... C'est peut-être ce que la marche au long cours, ou le pèlerinage, au sens étymologique du terme, procure à qui sait regarder et chercher la Joie où elle se trouve, c'est-à-dire sous nos pieds, c'est peut-être pour cela d'ailleurs que l'on marche, pour pouvoir voir ce qu'il y avait sous les semelles un pas auparavant ? Dans ce que Benoît me raconte et dans l'élan qu'il apporte à ses petites anecdotes de rencontres, la binouze aidant de plus en plus, je retrouve ce que j'ai découvert avec le temps de ce vagabondage en Europe de l'Est puis ici où c'est encore plus visible : la confiance créée par la certitude qu'il va y avoir, peut-être au detour de ce virage, une rencontre fabuleuse avec, au choix, une même dame assise sur ses jarrets au Montenegro qui partage en deux pain et patates pour t'en offrir alors que tu commencais à vraiment avoir l'estomac dans les talons; ou bien un jeune gars en Albanie en train de charger du foin sur son petit âne, et qui au bout de cinq minutes t'invite en Italien à regarder la finale du mondial de foute (!); ou encore des policiers en Turquie qui se font une joie d'avoir un misafir, te pressent de dormir sous les pommiers et t'offrent un delicieux dîner, aussi frugal soit-il ( tout cela est tiré de mon expérience personnelle, bien évidemment ) ... ainsi malgré le dépaysement procuré par le pèlerinage, la soif de grands espaces, le vent sur les crêtes, le désir de se perdre loin et ailleurs, d'être dépouillé de tout, étranger, esseulé, affamé des fois aussi évidemment, ce qui resterait dans les souvenirs serait principalement LES RENCONTRES et la quête de l'homme il me semble. J'ai été et je vais encore être, je le sais malheureusement, profondément attristé de voir combien l'homme est limité, matérialiste (combien de fois, avant MÊME de me demander mon prénom, on me demande si j'ai de l'argent ! triste miroir télévisé du luxe occidental ...), jaloux, coupé de ses racines d'avec la Nature et absolument occupé à satisfaire les trois uniques besoins modernes de l'animal-homme, j'ai nommé : manger, se reproduire et se connecter à Facebook. Mais j'ai aussi rencontré le revers de la médaille, des êtres fantastiques qui peupleront mon paysage interieur pour le restant de mes jours, comme se desaltérer à une source inespérée après de longues heures à peiner à marcher sous un soleil de plomb, la gorge desséchée de sel ... c'est l'incompréhension et le mépris qui assèchent, le partage et l'intimité automatique qui remplissent de félicité et de lumiere. Et ca existe, c'est le cadeau que (seuls ?) les pèlerins peuvent avoir la chance de recevoir sur le chemin qui les séparent d'eux-mêmes, toujours encore plus proche à mesure que le chemin se déroule sous leurs pas brûleé par la poussière des frontières ...
Benoît m'avait demandé un petit texte pour illustrer son propos et me revoilà dans mes envolées ! Juste alors la place de dire bonne chance : Benoit, mon cochon, toi tu l'as, ce foutu visa avec le drapeau de la Syrie, moi j'espère encore que le peuple syrien va faire dégager le potentat El-Assad, ouvrir ses frontières et vivre en paix entre frères d'ici mon approchée des frontières au Sud, l'espoir fait vivre comme on dit ... (Manu)

vendredi 16 septembre 2011

Jour J + 132 : Yağlıpınar => Akörençarşak (44 kms - Total = 4369 kms)


 De moi … à vous ! et pourquoi pas de vous … à moi ! :

Chers tous, vous semblez friands des aventures et du fabuleux destin d’Amédée qui, je vous le dis tout-de-go, n’est pas aussi bourrin que cela (c’est un vrai cœur d’ange !). Laulau vous dirait que le taux de fréquentation du blog est bon, moi je vous dirai que les commentaires que vous m’envoyez ces temps-ci me vont droit au cœur (enfin pas pour moi – qui vais avoir les chevilles qui enflent, à force de tant de sympathie –, mais pour mon projet, que dis-je notre projet, à vous comme à moi …) et m’encouragent – si nécessaire il en était – pour poursuivre le chemin qui m’est chaque jour auto-tracé et qui devrait me mener en un point précis, peut-être celui de la rencontre devant la tente abrahamique ( et celle-là, vous y aurez droit) … merci à vous ! il y en a parmi vous sur lesquels je mets un visage, il y en a d’autres (salut Olivier !), dont j’ai hâte de voir à quoi ils peuvent bien ressembler (eh oui !) … mais si j’ai un vœu à faire, c’est bien notamment celui exprimé par tous mes nouveaux amis-hôtes d’un temps (et savez-vous qu’il sont déjà 125 à ce jour !) :

- celles et ceux qui m’accueillent chaque jour sur le bord de ce chemin et qui me – et vous – prouvent que l’hospitalité devrait être un gêne inscrit non seulement dans les us et coutumes de nos différentes sociétés, mais aussi carrément dans l’ADN de tout le genre humain,

- et celles et ceux qui réclament (certains à corps et à cris) non pas – seulement – mon récit
mais aussi vos réactions à vous tous, depuis l’hexagone :
et ce vœu, c’est « tout simplement » que vous ne soyez pas seulement CONSOMMATEURS mais aussi ACTEURS de ce petit périple vers la Paix

Alors ne soyez pas timides, faites comme Annabelle (merci à toi, j’espère que cela n’était pas trop douloureux de te lancer, lol !).
Prenez un tout petit de temps, ne restez pas dans l’ombre et manifestez-vous, !!!Prenez votre plus beau clavier, écrivez n’importe quoi, ce qui vous passe par la tête, votre réaction, vous nous ferez plaisir, à eux, à Amédée et à moi !
 car rappelle-toi, fidèle lecteur, « la paix, elle aura TON VISAGE, la paix, elle TON IMAGE, la paix sera toi, sera moi, sera nous, et  LA PAIX SERA CHACUN DE NOUS  ! », alors le message est-il passé ?

Enfin, à propos de la paix, rappelez-vous ce petit objet qu’on nomme « clé USB »
Il ne pèse que 12 grammes(on a vérifié !) mais il a toute son importance. Il sera sous une quarantaine de jours, après la traversée du désert, déposé entre deux pierres de la Ville Sainte,
pensez-dès maintenant et transmettez-moi dès que possible votre message sur la paix !

Pensée Spirituelle
"L’avenir de l’homme est la femme – elle est sa couleur et son âme – elle est sa rumeur et son bruit – et sans elle, lui n’est qu’un blasphème."
(Louis ARAGON)

"Le bon sens et la nature jouent beaucoup à rendre plus facile le pèlerinage de la vie."
(William SOMMERSET-MAUGHAM)

Péricope Coranique
"Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Dieu au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Dieu vous observe parfaitement."
(Sourate 4 [Les femmes], Verset 1)



 

En voilà un sujet scabreux peut-être, mais intéressant : la femme ! et ce surtout en Turquie, et ce surtout en terre d’Islam ! Car aujourd’hui, je pourrais bien-sûr vous évoquer Yaglipinar, Ahiboz, Karagedik, Makhmati, Bezirhane, Karacaören, Akörençarsak,... Vous diriez que le Ben il a un peu trop profité du soleil et que sa casquette, il devrait la porter jour et nuit … Ou bien les plus joueurs d’entre vous diraient que ces noms-là, ce doivent être des noms propres et que c’est bien dommage, parce que sinon ils les retiendraient et seraient sûrs de gagner au Scrabble, avec des lettres pareilles … Moi je vous dirai simplement et même s’il fait beau et chaud, non, je ne souffrirai pas de déshydratation, car partout maintenant – notamment dans ces villages qui ont de tels noms à coucher dehors –, au cœur de cette Anatolie profonde dont on ne sait pas vraiment sur quel continent elle est située : l’Europe ? l’Asie ? pourquoi pas l’Atlantide, tant qu’on y est …, Partout l’accueil est le même ! non, l’Anatolie c’est un continent en elle-même … capitale le plus petit village du coin, citoyen d’honneur le plus simple habitant des lieux … qui parfois n’est même pas monté une seule fois dans un bus local pour gagner la ville la plus proche … mais qui sait d’emblée que le seul fait de sourire est déjà la première règle de politesse et dépense ainsi moins de calories que de faire la moue … Ët ce simple être humain, l’hôte moyen pourrait-on dire, sait aussi que le chaï est la boisson-énergico-refuge du pèlerin mais aussi celle de la politesse, de l’accueil et de la vie …

Alors, je viens au fait … je vous dirai qu’aujourd’hui, j’ai rencontré « la », enfin, tout ce qui donne le « la », comme dans un orchestre : « la » route, « la » montagne, « la » rivière, « la » sérénité, « la » gentillesse, « la » joie, « la » vie quoi … Mais aussi, « la » gente féminine, celle qui a droit d’existence, celle qui a droit de femme et celle qui ici a droit de cité, en Turquie, tout simplement … Grâce au « grand-père de la Patrie » : Atatürk ! car finalement ici en Turquie, en dehors des villes, si d’habitude on voit surtout l’homme, par quatre fois aujourd’hui sur la route, cela a été à chaque fois une femme qui a fait le premier pas pour accueillir, restaurer et abreuver le pérégrin quelque peu aquatique : Extra, non ? Alors, cet empressement gratuit, cela vient de quoi ? Tout de go, je dirai : « la femme » est bien présente dans le Coran ! statistiquement, 26 sourates (sur 114) la citent au moins une fois, dont la sourate 4, justement dénommée « les femmes », où le mot est employé 26 fois ! D’accord (et vous aurez raison), cela nous fait une belle jambe (de femme ?) et vous direz que le Ben, décidément, il a rien d’autre à faire … Mais cela a toute son importance ! Ainsi, par un mélange religioso-politique particulièrement original ici, la femme, pilier de la vie domestique, est devenue en Turquie un acteur-clé dans la vie, dont dans la vie politique (et ce … bien avant qu’en d’autres pays – ainsi le droit de vote donné dès la Création de la République turque, quelques 20 ans avant son homologue française). De même, le nombre de jeunes étudiantes de la langue anglaise dans les universités écrase complètement le nombre des étudiants … Aujourd’hui sera donc, décret promulgué par Ben le béage :
la … journée de la femme.
Pour enfoncer le clou, de retour au bercail, Tansu évoque pour moi les quatre femmes-piliers de sa famille : Ayse, sa grand-mère, octogénaire, si généreuse avec les autres en même temps que si discrète et si sévère avec elle-même, Hatun,sa mère, cordon ombilical familial, Aysenur, sa sœur, étudiante en linguistique sur Ankara  ... et pour compléter le "tableau de famille" et élargir la transmission de relais, Kübra, sa cousine ! : justement les quatre femmes en photo, trois générations successives mais non discontinues d’une société bien évidemment pas encore trop matriarcale mais où « la » sève des arbres généalogiques est bien un nom féminin ! Rendons-donc leur hommage, elles sont en Turquie un exemple à dupliquer de-ci de-là ! et Tansu, il n’a pas fini, il me présente aussi trois de ses amies les plus chères (à moins que ce ne soit moi qu’il présente à elles !) Déjà hier après-midi, Beren, sa girl-friend, lors de la visite du mausolée d’Atatürk et d’une ballade dans les quartiers Ouest de la ville, hier soir, Cagla, son amie d’enfance (de la même ville natale des bords de la mer Noire), et ce soir Pelin, d’Izmir, mais qui a fait avec lui ses études d’anglais … Trois jeunes turques bien dans leur peau, bien dans leur pays et bien dans leur vie moderne … Une vraie Trinité à nouveau. Bref, voilà sept femmes bien « turques », n’en manque qu’une (la Vierge Marie, ayant fini ses jours terrestres et morte paraît-il pas très loin d’ici) pour atteindre le "huit", le chiffre de la perfection ! Alors voilà, pour fêter la journée de la femme, quoi de mieux (contrairement au constat, me dira Pelin – qui partagera notre repas – selon lequel la plupart des hommes turcs ne pénètrent jamais dans la cuisine …), quoi de mieux donc que de préparer par moi-même le repas. Et c’est sur la demande de Tansu (qui voudrait bien savoir quel goût cela pourrait bien avoir) que je leur prépare une … soupe à l’oignon ! pas de grincements de dents mais pas mal de pleurs (devinez pourquoi …) … Mais cela semble pas mal plaire, surtout arrosé d’une bonne bouteille locale ! et c’est sur le balcon, sous le regard bienveillant (encore des femmes, décidément) de Dame-la-lune et de Demoiselles-les-étoiles que nous refaisons le monde … sans mondanités !
Mesdames et Mesdemoiselles,
les Messieurs vous souhaitent une bonne nuit !

Jour J + 132 : Amédée


Hier, moi j’étais déjà dans la cuisine à presser des oranges … Aujourd’hui, je laisse Ben et Tansu pleurer dans leur coin … Moi, j’ai plutôt Rendez-Vous avec des copines, encore trois de plus, des statues comme moi, un peu plus grandes mais un peu plus pâles, rencontrées hier pas loin de chez Atatürk. Elles vont peut-être m’aider à grandir, à charge de revanche pour moi de les colorer un peu (et pourtant elles passent leur temps à faire bronzette au soleil), elles le méritent, non ? Allez, à qui on pourrait bien dire merci ? aux six nominées du jour, mais aussi –et surtout – à leur impresario. Merci Tansu !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Cagla, Beren et Pelin  d'  Ankara 

Ben voilà ! la Trinité : Cagla, Beren et Pelin, des prénoms que je n’aurais même pas pu inventer, des prénoms bien d’ici, trois jeunes turques qui n’ont connu que la modernité en route de leur pays et pas toutes les phases de servitude et de conflits, qui vont contribuer à poursuivre la Turquie en route d’aujourd’hui et la Turquie à la pointe de demain. Vous avez du pain sur la planche, mesdemoiselles : vos aïeules le faisaient elles-mêmes de leurs propres mains, ce pain base de la nourriture d’ici … Vous, vous allez certainement plutôt les mettre dans le pétrin, vos mains, pour montrer au monde entier, occidental comme arabe, que vous êtes vous-aussi actrices de la paix et du dialogue !.

"I think it was a great chance for me to meet you ; because I had a really great time by speaking interesting things, specially your travel story. Also I really can say that I haven’t even eaten such a wonderful onion soup ! Thank you very much for your friendship and your kindness. I hope to see you in Izmir ! Au revoir !" (Pelin)
(Je pense que cela a été une grande chance pour moi de te rencontrer ; parce que j'ai réellement vécu un grand moment en parlant avec toi de choses intéressantes, notamment l’histoire de ton voyage. De plus je peux vraiment dire que je n'ai jamais mangé une si merveilleuse soupe à l'oignon ! Merci beaucoup pour ton amitié et ta bonté. J'espère bien te voir à Izmir! Au revoir!)

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