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Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

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afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

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Les Colombes de la Paix !!!

samedi 13 août 2011

Jour J + 98 : Radovish => Strumica (34 kms - Total = 3137 kms)

Pensée Spirituelle
"Quand nous partons en quête de ce monde, nous méritons les cadeaux qu’il nous offre en temps et lieu ; mais quand nous partons en quête du Céleste, c’est nous-mêmes que nous trouvons, et la vie qui est en nous est ce qui crée les étoiles"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"Heureux ceux qui ont une âme de pauvre en ce monde, car le Royaume des Cieux est à eux"
(Mt 5, 9)

 
UN SEUL MONDE ? D’AUTRES MONDES ? UN MONDE DE MONDES ! Jordan, il est sympa vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! très prévenant hier soir, c’est lui qui vient spécialement ce matin dès sept heures me préparer mon petit-déjeuner (omelette aux poivrons, ouah !). Vers onze heures il me rejoint sur la route pour me signaler que comme le monastère envisagé exige une étape trop importante, son frère et lui m’ont « réservé » une place à Strumica, et même ce soir il m’enverra un mail pour me demander si j’ai bien trouvé ce logement et comment je vais : que demander de plus ? Alors, c’est vrai que cela fait du bien d’avoir à ses côtés, DANS UN MONDE DE PLUS EN PLUS DIFFERENT DU NÔTRE HABITUEL une personne attentionnée, qui permette d’avoir quelques repères … car déjà sur la route ce n’est guère facile aujourd’hui (tiens, ce ne sont plus que des pavés, ici, on se croirait sur Paris – Roubaix !), avec la chaleur qui reprend de plus belle et les véhicules qui roulent vite au point de faire vibrer en une caisse de résonnance ces … pavés (un excellent cas de Travaux Pratiques d’étude physique du champ acoustique !) ce qui fait que je vibre à chaque pas … De plus, pas un troquet dans cette région, donc pas d’arrêt-ravitaillement ! enfin, puisque l’étape s’en trouve raccourcie grâce à Jordan et à son frère, je prends mon mal en patience. On m’a bien dit que Strumica est une belle ville, c’est vrai pour le micro hyper-centre : très « touristique » ! quant au reste, alors que je gagne mon gîte tout trouvé de ce soir et situé dans l’enceinte de l’église « des quinze martyrs de Tiberiopolis », il me faut passer par des quartiers plus pauvres, dont celui des Turcs-Roms : UN AUTRE MONDE. Peut-être plus pauvre et plus humble que notre monde occidental ambiant, mais surtout grouillant de vie différente : à observer d’un œil neutre donc ! Voilà l’église, je dois être accueilli par le Père Dimitri, qui n’est pas là et c’est Sofia (comme la capitale, lui dis-je), la seule avec qui je peux communiquer en anglais parmi une fourmilière de femmes qui préparent la cuisine, qui m’installe, m’offre à boire et à manger, et avec qui je peux échanger. La question est : « où suis-je ? ». Ce n’est pas un monastère, ni un presbytère, c’est un autre monde situé au cœur d’un autre monde dans un autre monde … En réalité, c’est une sorte de centre d’accueil de jeunes travailleurs … orthodoxes, faut-il le préciser ! Pour préciser les lieux : située en plein quartier turco-rom, cette église des quinze martyrs de Tiberiopolis qui date de 1973 ne présente en réalité guère d’intérêt en elle-même. Son site fait cependant l’objet de fouilles archéologiques (qui ont permis de mettre au jour plusieurs couches de constructions datées du IVe au Xe siècle), en raison de la présence d’une basilique plus ancienne où aurait été enterré un groupe de quinze martyrs chrétiens qui, à l’époque de l’empereur byzantin Julien l’Apostat (361-363), avaient refusé d’abjurer leur foi, ce pourquoi ils avaient été suppliciés. Et je passe l’après-midi dans ce havre de paix, sous les tonnelles d’actinadia (kiwis) à foison, au bord de la pelouse parcourue par divers animaux dont des paons. Un p’tit coin d’paradis ? une arche de Noé au milieu d’un faubourg populeux ? Certainement les deux à la fois … puis visite des lieux, l’église, assez moderne, les fouilles archéologiques des anciennes constructions, des aménagements assez kitsch avec montagnes en rochers et statues diverses, le magasin de cierges et de bondieuseries : à voir ! … Et tandis que les femmes s’affairent sans relâche à faire la tambouille pour un régiment, le père Dimitri arrive. Un vrai pope, plus tout jeune, je lui suis présenté mais il ne parle que sa langue natale, alors les échanges ne sont pas intenses (mais Sofia joue bien son rôle) … L’heure du dîner, des plateaux repas à la table des jeunes travailleurs qui affluent en grand nombre, un peu de discussion avec ceux qui parlent anglais : encore UN TOUT AUTRE MONDE. A observer une fois encore d’un œil neutre donc ! … Pas d’office ici ce soir, alors je pense faire une petite balade en ville, dans l’hyper centre, pour « voir du beau monde », et je dois commencer par traverser le quartier Rom, monde très particulier de vie intense et d’animation assez surprenante … Et c’est là que je ne peux plus dire sans me vanter que j’ai un certain sens de l’orientation. Je me dirige au feeling dans la bonne direction, qui ne dois pas être la bonne car je ne trouve pas le but … Retour donc au gîte, en m’égarant encore dans la ville inconnue : ah, cet AUTRE MONDE quand on n’a pas les repères classiques habituels … Bon j’y arrive (sinon je pourrais peut-être tourner encore, et même en demandant, ce n’est guère aisé), mais je retrouve bien le « microcosme rassurant » où je vais passer une nuit à entendre les discussions des travailleurs presque (pour certains du moins) en repos hebdomadaire, témoins de NOTRE MONDE !

Jour J + 98 : Amédée


Moi j’ai bien aimé le territoire autour de l’église des quinze martyrs : des animaux, des fruits suspendus qu’Eve aurait bien cueillis, et cette espèce de montagne à mon échelle, toute en cailloux, avec des églises en plâtre et ces animaux en plastique prêts à boire dans un bassin – vide – du plus beau bleu qui soit. C’est peut-être pas du goût de tous, mais moi ça me plait, alors laissez-vous ma liberté d’escalader une montagne à l’échelle de MON MONDE, non mais, bande de grands … et puis, elle est gentille Sofia, et puis, même si ces Roms et ces travailleurs sont D’UN MONDE « un peu différents » (de quoi, d’ailleurs, de nous ? et nous ? et NOTRE MONDE ?), même si on n’a pas beaucoup échangé avec le pope, on peut lui dire, à lui, pour son petit coin d’paradis ouvert aussi aux pérégrins : merci, Père Dimitri !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Père Dimitri  de  Strumica

Je m’attendais à « tomber » dans un monastère … et me voilà dans un foyer de jeunes travailleurs, pourquoi pas … car ici, les gens sont facilement déracinés, et ce gîte est à leur mesure (et espérons-le, à leur attente). A moi donc d’adopter les règles et le fonctionnement. Le Père Dimitri, il écoute mon histoire et mon projet traduits par Sofia, cela l’interpelle, faut dire que cela doit faire original comme type de déplacement et comme sujet, dans cette ville où tout se mêle : peuples, races et religions … mais il me souhaite quand même bien-sûr bonne chance et pleine réussite, via Sofia :

"Promouvoir la Paix, vaste projet ! difficile ? utopique ? en tout cas, bonne chance vers Jérusalem. Nous vous accompagnons déjà par la pensée, et si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas, on a l’habitude dans ce pays où tout est mélangé … " (Père Dimitri)

vendredi 12 août 2011

Jour J + 97 : Shtip => Radovish (39 kms - Total = 3103 kms)

Pensée Spirituelle
"Toute pensée s'effectue à l'aide de signes. Un signe est une triade : un « représentamen » (signe matériel) dénote un « objet » (un objet de pensée) grâce à un « interprétant » (une représentation mentale de la relation entre le « représentamen » et l' « objet »). Le « représentamen » est premier (une pure possibilité de signifier), l' « objet » est second (ce qui existe et dont on parle), mais ce processus s'effectue en vertu d'un « interprétant » (un troisième qui dynamise la relation de signification). L' « interprétant » est aussi un signe susceptible d'être à nouveau interprété, ainsi indéfiniment"
(Charles Sanders PEIRCE)

Péricope Biblique
"Le signe de ta présence et de l’achèvement du système de choses ? [...] Jésus leur dit : […] Vous allez entendre parler de guerres […] Car Nation se lèvera contre Nation et Royaume contre Royaume, et il y aura des disettes et des tremblements dans un lieu après l’autre […] Et beaucoup de faux prophètes se lèveront et en égareront beaucoup. Et parce que le mépris de la Loi se multipliera, l’amour du grand nombre se refroidira […] Mais cette Bonne Nouvelle du Royaume sera prêchée par des signes dans toute la terre habitée, en témoignage pour toutes les nations"
(Mt 24, 3 ; 14)

  

A-t-on besoin de panneaux indicateurs quand on cherche à aller quelque part ? Ou bien faut-il par moments se laisser porter ? Encore une journée surprenante. Hier, rien à dire vraiment sur des rencontres profondes, aujourd’hui, cela n’arrête pas … tout est inattendu, à commencer par ces panneaux de signalisation où rien n’est indiqué. Il faut donc faire confiance à ce qui va arriver, se « laisser porter » sans indications, en faisant confiance aux signes ! A la sortie de Shtip, un vieux couple dans une carriole tirée par un cheval m’offre une demie-pastèque. C’est pas lourd à transporter, ça ! et c’est facile à manger ! Rencontre d’une vingtaine de minutes, on essaye même le langage inconnu des signes, le seul possible à mettre en commun … A la pause de 11 heures, je fais halte dans la seule épicerie-bar de campagne à Lacavica sur ce trajet de 39 kilomères. Equipement très rudimentaire, ne parlons pas des toilettes qui valent le détour … de très loin !!!. Bien sûr je suis l’objet des regards, et je vais passer commande à l’épicerie, où je suis happé par Fizus, qui est venu acheter une bouteille et qui voit tout de suite que je suis français … et le français, Fizus, il le comprend et le pratique. Directeur d’un établissement de l’Etat macédonnien, il a même été coucher à Clermont-Ferrand une semaine. Allez, on prend des photos de lui, de moi et de la tenancière, je dois lui envoyer … De nouveau discussion, cette fois on se comprend, pas besoin du langage des signes … Et pas besoin qu’il me véhicule … Quelques kilomètres plus loin, une famille me fait signe, et me propose un repas typique local (tiens, des tomates, des concombres, du fromage et de la pastèque, il y avait longtemps …). Ah, j’oubliais : du café macédonien et du raki de la maison, ça va me faire aller vite … Car il faut que je file … malgré encore plusieurs « ralentissements » sur la route, et j’atteins Radovish et l’hôtel de luxe Panorama … Mais cela est encore une autre histoire, relatée ci-dessous ! comme quoi les journées ne se ressemblent pas, mais j’aurais dû prendre une année complète pour profiter pleinement des gens (à moins que ce soient eux qui veulent profiter de moi) !. Ca y est, je comprends pourquoi les panneaux n’ont pas de texte par ici, il suffit de mettre un pas devant l’autre et de recommencer, dans cette campagne riante : la nature et les humains feront le reste ! on devrait faire pareil en Europe occidentale, non ?

Jour J + 97 : Amédée


Dans la journée, nous avons longé à un carrefour tout près la prison de Shtip, une petite sculpture en forme d’église orthodoxe. Très jolie … et du coup, ça y est, souvenez-vous, j’avais trouvé un trou dans un tronc d’arbre qui m’allait très bien provisoirement pour que je sois sanctifié « Béage ». Eh bien c’est fait, me voilà béatifié : « Agios Amedeos ». Je vais pouvoir prier pour vous, et les hommes vont même pouvoir peindre des icônes à mon effigie, que les pèlerins du monde entier pourront vénérer et embrasser ! Pour tout cela, moi aussi je vais prier pour Jordan, pour que son hôtel marche du feu de Dieu ! Allez, t’es génial, toi le boss-manager inattendu d’un hôtel inattendu dans un lieu inattendu pour des pèlerins inattendus alors qu’il y a tellement de touristes et d’hommes d’affaires attendus : merci Jordan !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Jordan  de  Radovish

Dans la série des rencontres inattendues d’aujourd’hui, plébiscite est donné à Jordan … Je quitte la route principale, pour rentrer dans la banlieue de Radovish. Sur une hauteur, un bel immeuble vu de loin avec l’enseigne « Hôtel » en langue macédonienne … Tiens je me dis, un trop bel hôtel pour moi ! et je vais voir de plus près et m’aperçois que la dite-enseigne est abimée, que l’entrée du restaurant de l’hôtel est condamnée, et qu’il n’y a pas grand monde … Je rentre dans le hall qui aurait besoin d’être rajeuni … Et je suis accueilli par quelqu’un qui me propose de m’assoir sur les canapés rouges pour me reposer … Et il m’offre de l’eau gazeuse. Et nous discutons, j’ai tout mon temps, me dit-il … Il me propose ensuite une chambre : 10 Euros, dans un si bel hôtel, pas mal, non … Il me prévient que tout n’est pas en état. En effet, la chambre, plutôt suite de luxe en son temps est elle aussi délabrée, tout comme la salle de bains, pas d’eau, mais cela devrait revenir ce soir (PS : pas revenu le lendemain matin au départ, l’eau a été coupée car la facture n’a pas été payée) … Et je suis chouchouté par Jordan mais aussi par les serveurs du restaurant-pizzeria en plein air et par le personnel, il est vrai peu nombreux … La cuisine est dans un état déplorable, la vaisselle d’hier traîne sale. Vous avez deviné, ce fut en son temps (jusqu’en 1991) un bel hôtel communiste, vitrine du régime, est depuis sous-entretenu et sous-utilisé, par défaut chronique de clientèle … Ce n’est pas l’abandon, il y a environ un mariage chaque semaine (la grande salle peut contenir 600 personnes), le restaurant-pizzeria attire la jeunesse branchée les soirs, et la piste de danse-boîte de nuit en plein air fait de même … Mais concernant l’hôtel, pas de touristes, quelques (trop peu d’) hommes d’affaires non regardants (mais la plupart vont ailleurs). Quelle perspective pour cet hôtel qui a été superbe, qui a été racheté par le beau-frère de Jordan en mettant ce dernier directeur … Et la question devient : qui est prêt à mettre des fonds pour le rénover ?. Alors évidemment cela soucie Jordan qui touche un salaire de misère (300 Euros, plus n’est pas possible …) après avoir travaillé pour les firmes de transport et de navires partout dans le monde, et qui a pensé pouvoir relever ce challenge, en même temps que la ville de Radovish est de plus en plus sinistrée ! La solution, nul ne sait … Bon, dans cet hôtel, je suis donc le seul à dormir, hormis des employés, et Jordan ne me fait même pas payer ! faut dire que Jordan, il est adorable, c’est la bonté-même, il se plie en quatre pour moi, en même temps il veille à ce que tout soit prêt pour la fête du mariage qui est en train de se préparer pour demain soir … Cela le sera forcément, des femmes des environs viendront faire la vaisselle, un cuisinier va débarquer, mais d’eau, y-en-aura-t-il ? Jordan de quoi le soucier, mais il est « trop » pour moi. Très sensible à mon projet, il me présente même son frère (toute la famille habite Radovish) médecin à Strumica, qui va me trouver un lieu de gîte pour demain soir ! Alors Jordan, je te décerne le titre de « Béage-soucieux », au point que tu me demande de prier pour ton hôtel à Jérusalem …

"Le 12 Août 2011, j’ai rencontré Benoît, ami très sympathique qui marche à pied depuis la France jusqu’à Jérusalem. J’espère bien que tu vas atteindre Jérusalem pour prier pour nous tous ici à l’hôtel Panorama. Je te souhaite bonne chance" (Jordan)

jeudi 11 août 2011

Jour J + 96 : Veles => Shtip (38 kms - Total = 3064 kms)

Pensée Spirituelle
"Quand nous apprenons à nous taire, à écouter ce que la vie veut nous enseigner, nous découvrons que non seulement un plan est déjà en place – un curriculum céleste conçu pour nous inculquer les secrets inépuisables de son pouvoir et de sa paix – mais aussi que l’univers lui-même est l’institution où a lieu notre formation supérieure"
(Guy FINLEY)


Péricope Biblique
"la Parole (de Dieu) est tout près de toi, dans le silence"
(Dt 30, 14)




Hier, je vous ai inondé de paroles sur l’amitié, alors aujourd’hui, ça va être plus court, parlons de … silence. Celui sur la route très peu empruntée (en dehors de - réellement – 23 propositions de prise en charge [Yves, j’ai essayé de tester ta proposition récente mise sur le blog, mais … bof !]). Celui de la montagne où l’on entend juste le bruissement des feuilles (mais il y a des moments où il n’y a pas de vent). Celui de la ville aux heures chaudes quand la sieste est de rigueur (même pour les chats qui du coup ne miaulent pas). Celui de l’église orthodoxe du lieu où il n’ y a pas un pope pour me trouver quelques mètres carrés pour dormir (à se demander si un pope ne fait pas beaucoup la sieste). Celui de la maison-hôtel où j’échoue finalement (comme seul client, alors pas de porte qui claque ou de télé-réalité). Celui de mes logeurs (aussi incompréhensibles que si c’étaient des martiens et aussi souriants que des portes de prisons). Celui du musée archéologique des lieux (où je suis seul et où la gardienne me suit à cinquante centimètres pour éteindre la lumière de la pièce dès que je la quitte – la pièce, pas la gardienne … –). Celui de la colline avec son château en ruines surplombant la ville, où seuls les lapins créent de l’animation (mais ça cause pas beaucoup des lapins). Celui de la rivière qui traverse la ville (mais la rivière, elle est à sec). Celui de la galerie de peinture, fermée pour travaux (peut-être justement … de peinture) !. Finalement, la journée d’un pèlerin, c’est un peu une journée de chartreux … Ce qui fait du bien, d’un certain sens, on n’a pas besoin de dire qui on est, où l’on va , et pourquoi … Mais cela n’a qu’un temps, la vie reprend son cours dans la soirée, bien avant la tombée de la nuit, car ici, les musulmans sont minoritaires, et quand on sait pas quoi faire, bien, on va à une terrasse de café attendre les autres qui peuvent eux aussi venir à la même terrasse de café ! Et là, c’est le bruit, la musique, les zinzins … et Vladimir … Alors, on retourne à la chambre, les logeurs ne se dérident pas, la télé (allumée pour la première fois depuis trois mois) est inintéressante, alors … on s’endort avec le bruit des oiseaux nocturnes … Jusqu’à ce que le chien du voisin se mette à aboyer, des heures durant la nuit. Voilà, vous l’avez compris, la journée-type d’un pérégrin qui n’est pas complètement sourd – aux choses du monde – et qui, comme tout français moyen, n’est jamais content (* même pas vrai) (ndlr : Je confrme - Laulau). Du silence, trop de silence ? Du vacarme, trop de vacarme ? Vive la théorie du juste milieu, si l’on veut être un peu Béage !!!

Jour J + 96 : Amédée


Ca y est, depuis le temps que je voisinais avec une paire de chaussures neuves dans le sac à dos de Ben, elles en sont sorties. Youpi, du coup, plus de place ! Ben les a portées aujourd’hui, j’ai l’impression que le navire tangue moins (mais c’est pas la peine de vous moquer de moi et de me dire que la Macédoine elle n’a pas de mer qui la borde !!!). Pourvu que cela dure … alors je les ai essayées ce soir, ces chaussures, elles me vont bien … pour dormir, mais … c’est pas des chaussures pour mes pieds (dites, Monsieur le fabricant et Monsieur le vendeur « dix fois longs » ou quelque chose comme ça, vous pourriez m’en fabriquer des spéciales, pour mes pieds : 4, 2 cm vérifié, merci d’avance) … Par contre, le revers de la médaille, la mauvaise nouvelle, c’est que Ben il garde encore un peu ses anciennes chaussures, au cas où comme il dit … Alors il m’a dit qu’il allait les mettre à côté de moi dans le sac à dos. J’ai rien contre, mais… bonjour l’odeur ! cela ressemble à certaines poubelles de rues par ici (sans aucun racisme de ma part, mais quand même) … Allez, je deviens moi aussi, un peu, beaucoup Béage. On a passé une bonne journée, on a passé une bonne soirée, l’ « hôtel » il est pas mal, mais vraiment, la soirée avec ce rigolo pince sans rire de grand ado qui cherche sans chercher du boulot et qui trouve sans effort plutôt les terrasses de café, ça, ça valait son jus, pour un peu, il viendrait bien avec nous (surtout avec moi, car la marche, c’est pas trop son truc).
Allez, pour ton humour, merci Vladimir !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Vladimir  de  Shtip

Shtip est une petite ville, avec un peu d’animation, mais pas grand-chose à y faire pour un pérégrin … Rien, vraiment rien à attendre de mes logeurs, côté accueil, à cause de la langue – et aussi de leur aspect quelque peu renfrogné, je dois dire – alors … je me prends un Schweppes lemon (ma nouvelle drogue quotidienne) (ndlr : Il serait temps !!!! Après avoir goutté à toutes les boissons locales, plus ou moins à consommer avec modération - Laulau) à la terrasse du « Plazza café » où se retrouve toute la jeunesse du lieu, branchée ou débranchée … Et voilà que débarquent et s’asseyent à la table voisine Vladimir, avec sa belle casquette, et deux potes. Il m’a repéré, je ne dois pas être trop couleur locale … Alors Vladimir, tout naturellement, se tourne vers moi, d’où je viens ? ce que je fais ? pourquoi ? pour quoi ? comment ? pi tout pi tout ! et tout cela évidemment dans un anglais amateur que nous échangeons ; les autres partent, et je propose à Vladimir d’aller manger une pizza, il en semble ravi ; là, il m’explique ses soucis de travail, rien à faire malgré l’Université en Histoire-Géographie, pas de place à Shtip qu’il ne veut pas quitter … Alors à 36 ans, il est seul (et il cherche l’âme sœur, mesdames et mesdemoiselles, qu’on se le dise …), sans argent, chez Papa et Maman, à six dans un deux pièces … il aimerait voyager, voir du monde, mais ici, c’est un trou, qu’il ne veut pas quitter … peut-être qu’un jour, avec la paix revenue, comme il dit, la Macédoine va reprendre le chemin de la prospérité et qu’il pourra avoir beaucoup d’argent … en continuant à fréquenter les terrasses de café !  Dure jeunesse, à la fois marquée par les années de conflits et de tensions, mais aussi par les tentations faciles, comment s’en sortir, sans trop de motivation ? Ce qui semble intéresser Vladimir à propos de la paix, c’est qu’on lui laisse.
Sacré beau programme, non ?

"J’aurais bien aimé vous avoir chez moi, mais nous nous sommes rencontrés trop tardivement. Mais je passe une très bonne soirée avec vous et j’aurais plaisir à vous suivre jusqu’au bout, sur votre blog. Allez à Jérusalem, pour la paix, et pour nous !" (Vladimir)

mercredi 10 août 2011

Jour J + 95 : Skopje => Veles (46 kms - Total = 3026 kms)

 Information spéciale :

Vous l’avez vu venir depuis quelques jours déjà, mais peut-être que je ne vais pas assez vite. Faudrait quand-même pas pousser trop vite le Papoune !!! Bon, ça y est, la barre des 3000 kms vient d’être franchie. A vrai dire, question planning, de par le retour malheureusement précipité pour Pascal, on a un peu de plomb dans l’aile, mais peut-être qu’il y aura une bonne surprise côté kilométrage, qui sait ? la DRH en sa personne de Béage-Brigitte ne me fait pas trop de remarques (faut dire que je ne pense pas abuser des fiches de RTT …). Allez, braves gens, demain sera un autre jour, on est – une fois encore façon de parler pilotage organisationnel de projet, pour faire plaisir à Guy le gardien de parking de Twingo que je salue, ainsi que sa Sophie – juste dans le prévisionnel. Eh oui, mille bornes par mois, c’est pas mal, mais c’est ce qui était prévu et … c’est ce qu’il faut. Bon, nous, on est bien heureux (et c’est vrai qu’on est heureux sur le chemin, alors on se contente de peu) de fêter les trois -mille bornes, et ce de la manière dont cela était prévu.
 
 Rappelez-vous :
  • C’était le 3 Juin dernier, pour fêter le premier « mille » en France, on avait acheté une pochette de la Française des Jeux, qui s’appelle … « 1000 bornes ». Sur les sept jeux au grattage, on n’en avait gagné qu’un : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 2000 kms,
  • Alors on a donc racheté le 6 Juillet dernier en Croatie une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Croatienne des jeux … et c’est bizarre, une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité d’une enveloppe gratuite, pour les 3000 kms,
  • Alors on a donc racheté ce matin en Macédoine une pochette de sept jeux, cette fois-ci de la Macédonienne des jeux … et c’est bizarre, une fois encore on n’a gagné qu’une fois au grattage : la possibilité de rejouer là où on sera dans quelques semaines : affaire à suivre donc !
 Mais il y a un autre évènement ce jour … car tout le monde parle d’Amédée, qui m’aide à marcher, peu de monde me parle de mon bâton de pérégrin, qui m’aide plus à marcher, mais … personne ne me parle de
mes chaussures de marche,
 qui elles, m’aident encore plus à marcher ! Eh bien, ça y est, après 3000 bornes de bons services, ma première paire, non out mais quand même un peu « déformée » va aller au rencart, remplacée par la seconde, portée dans le sac depuis la mi-Juin !.
Pas mal, non comme durée de vie (de quoi satisfaire le fournisseur non officiel portant le nom d’une compétition sportive composée de dix épreuves différentes, cela vous dit quelque chose ?).
Et voilà, nous en sommes à environ la moitié du chemin de Jérusalem …
 


Pensée Spirituelle
"Nous suivons tous des chemins différents dans la vie, mais, peu importe où nous allons, nous apportons partout une petite parcelle de l’autre. C’est cela, l’amitié"
(Tim Mac GRAW)
 
Péricope Coranique
"Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l'amitié, alors qu'ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. Ils expulsent le Messager et vous-mêmes parce que vous croyez en Allah, votre Seigneur. Si vous êtes sortis pour lutter dans Mon chemin et pour rechercher Mon agrément, leur témoignerez-vous secrètement de l'amitié, alors que Je connais parfaitement ce que vous cachez et ce que vous divulguez ? Et quiconque d'entre vous le fait s'égare de la droiture du sentier"
(Sourate 60, Verset 1)


Sur un blog, il n’y a pas toujours grand-chose à raconter, quand on commence, et puis ensuite, cela vient tout seul, des choses intéressantes pour le rédacteur, peut-être plus ou moins pour le lecteur – cher lecteur ! – ou la lectrice – chère lectrice ! –, soyez indulgents, car vive l’amitié ! … Ce matin le ciel est bien couvert. Pas étonnant, l’atmosphère était tellement poussiéreuse hier, un four … Et cela va tourner à la pluie, pas violente ni durable, mais tellement inhabituelle ! Cela ne m’empêche pas de parcourir la bonne distance qui me sépare de Veles, sans aucun romantisme dans un premier temps puisque la seule route est du type « voie rapide ». Pas le choix, cela a au moins l’avantage de ne pas avoir à se poser de question ! La pluie cesse très vite, une petite route dans un paysage assez vallonné et encaissé le long d’une rivière, puis la belle campagne macédonienne. Et voilà Veles. A la recherche d’un hôtel, conseillé hier soir, je retrouve Matthew, avec qui j’ai dîné et passé la soirée d’hier, déjà assez arrosée pour certains (et ce n’est pas que de l’eau de pluie !). Accueil tout aussi sympa, le reste de l’après-midi se passe à visiter la ville, de plus petite taille mais comme à Skopje, moderne d’un côté, plus vieille de l’autre, très chaleureuse et langoureuse … Un pot – le premier de la journée, précisé-je – à la terrasse d’un café branché, retour à l’hôtel pour des échanges multi-âges (je suis vraiment le papy !), et dîner avec Matthew l’australien, Mikkel le danois et Nejka la slovène devenue italienne d’adoption. Vous imaginez les échanges sur nos différents projets, nos rencontres, nos impressions sur les pays visités, la vie en général … chacun(e) s’exprime, c’est très sympa … Bien-sûr, comme très (trop) souvent dans ce genre de rencontres, cela fume beaucoup (c’en est même incroyable, pour des gens qui parcourent le monde au grand air), et cela boit … beaucoup, il faut faire avec. Et devinez comment nous terminons le repas ? on fait des jeux (du genre : on compte à tour de rôle en évitant de prononcer les chiffres multiples de 7 ou les nombres qui contiennent un 7, dans ce cas, on dit à la place « bottle », puis cela continue en tournant dans l’autre sens … évidemment, celui / celle qui se trompe doit avaler tout ou partie de son verre), à coup de bière puis de raki : très drôle et éclats de rire garantis : retour à l’hôtel, certains repartent faire la tournée des bars (moi c’est pas tout ça, j’ai de la route à faire demain) … D’ailleurs cela se constatera au lever et au petit-déjeuner, les noctambules n’émergeront – n’est-ce pas, Matthew à qui je ne dirai au revoir que par courrier … en français ! – qu’à des heures de grasse-matinée de pérégrins. En tout cas, une journée à découvrir d’autres visages naturels de la Macédoine, une après-midi riche de culture et d’atmosphère de plus en plus moyen-orientale, une soirée des plus joyeuses …
à consommer avec modération !

Jour J + 95 : Amédée


Moi, aux soirées festives et arrosées, on ne m’invite pas toujours. Pourquoi ? Je ne suis pas sortable ? On ne me donne pas mon âge ? Pas grave du tout, j’apprécie une fois de plus la compagnie de mes compagnons … Enfin, je dirais, de ceux qui sont à ma taille, en plastique ou en terre, en métal ou en fourrure ! Et cela donne un rassemblement génial que vous ne pouvez pas comprendre, vous les grands ! Et au moins, on ne joue pas à des jeux idiots, nous ! Du coup, je profite de l’ambiance hyper sympa de la cour de l’hôtel, et cela ne m’empêche pas de bien rigoler mais en les respectant, ça c’est « sacré », en entendant l’apprentissage du français par certains, qui font des sacrés efforts et se débrouillent sacrément bien, dans une sacrée bonne ambiance grâce à leur sacrée bonne humeur à déplacer une sacrée montagne : parmi eux, bravo, et merci sacré Matthew

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Matthew  de  Veles

Matthew, c’est le sacré routard typique. Il a mis plein d’argent de côté, il a acheté deux maisons, maintenant (et pour combien de temps, il a tellement de projets), il passe son temps à faire le tour du monde, ce qui a commencé déjà depuis deux ans ! il a parcouru tous les continents, plein de pays, il a été barman dans une station de sports d’hiver de France (sans prononcer à l’époque un seul mot de français, vous imaginez ce que cela donne, me dit-il quand on lui demande un Kir-mûre … mais il y est toujours arrivé), et le voilà à Skopje et ses environs depuis deux semaines déjà … Bon, lui non plus ne voyage pas à pied, heureusement parce qu’avec les tonnes de bouquins qu’il ballade, c’est un vrai bibliothécaire ! … Mais ces bouquins, ils les exploite, ainsi, avec ses dictionnaires et manuels, le Français, il s’y est mis tout seul depuis cinq mois, et il se débrouille maintenant vachement bien, au point de me demander de le corriger sur des mots ou des conjugaisons compliquées et inusitées : un exemple à suivre, non ? D’autant plus qu’il est curieux de tout !c’est un peu comme Piotr le polonais d’hier soir ou Mikkel le danois de ce soir, danois qui lui ne voyage cette année que quelques semaines à la rencontre de potes dans les Balkans mais qui me raconte un précédent voyage dans le Transsibérien jusqu’à Pékin, entrecoupé d’un circuit de yourte en yourte en Mongolie à la rencontre des populations locales qui accueillent dans la plus grande simplicité … Simplement par souci d’hospitalité et qui ne demandent rien en échange (pourvu que cela ne change pas, nous disons-nous), ou Nejka, jeune slovène faisant des études de peinture à Venise et qui cherche à se cultiver çà et là. Tout un « monde de curieux du monde », pas encore abordé depuis le début de mon périple, une expérience de plus à la rencontre de l’autre pour un monde plus connu, plus abordable et … plus chaleureux ! Alors bien-sûr, cela a des revers : il arrive que l’on remette à demain ce que l’on peut faire le jour même, ou bien à la semaine prochaine ce que l’on peut faire cette semaine, il arrive que l’on vive comme on veut, il arrive que l’on ne fasse que les efforts nécessaires (vive le stop, le bus et le train, mais tout le monde n’est pas fada-marcheur-Béage, non ?). Il arrive que l’on cause beaucoup, il arrive que l’on s’alimente comme on le peut (ou comme on le veut), il arrive aussi que l’on boive – peut-être ?! – plus voire beaucoup plus que de raison … mais c’est ainsi … d’ailleurs d’autres présentent les mêmes caractéristiques sans lever leurs yeux du petit écran, non ? … Bon alors évidement, pour prendre un exemple au hasard comme dirait l’autre, pour Matthew, les lendemains peuvent être difficiles, et la photo-souvenir traditionnelle peut ne pas être à la hauteur de la personne, quand elle ne parvient pas à se réveiller ! mais c’est pas grave, parce que Matthew, il poursuit son tour du monde, on le verra probablement débarquer à Rouen, en Novembre, à la recherche d’un job (non rémunéré, précise-t-il !) et de peut-être d’autres rencontres et nourritures spirituelles, culturelles ou tout simplement … terrestres !

"Vous aurez la pensée de Matthew … quand il se sera bien réveillé; !!!!!!" (Matthew)

mardi 9 août 2011

Jour J + 94 : Han I Elezit (Kosovo) => Skopje (Macédoine) (27 kms - Total = 2980 kms)

 Information spéciale :


 Au revoir le Kosovo, Bonjour la Macédoine 

Pensée Spirituelle
"Le fruit du Silence est la Prière,
Le fruit de la Prière est la Foi,
Le fruit de la Foi est l’Amour,
Le fruit de l’Amour est le Service,
Le Fruit du Service est la Paix :
God bless you"
(Mère Thérésa)


Péricope Biblique
"Mieux vaut un morceau de pain sec, avec la paix, Qu'une maison pleine de viandes, avec des querelles"
(Pb 17, 1)




Me voilà donc alourdi de près d’un kilo de pâtisseries de Ramadan. Pas prévu, mais cela fera des heureux … La frontière est à moins d’un kilomètre, elle se passe sortie et entrée on ne peut plus rapidement, avec de larges sourires. Il n’y a plus qu’à … entrer en Macédoine ! Une route très tranquille pour quitter la montagne et gagner la plaine, jusqu’aux alentours de Skopje, paysage habituel de chantiers, d’usines et d‘entrepots, poussière et décibels, la routine malheureusement de toutes les banlieues … Mais ce sera une petite étape de marche aujourd’hui, car peut-être un peu de tourisme l’après-midi … L’entrée dans la ville, de plus en plus style bazar oriental, pas net mais aucune agressivité, peut-être même un peu moins d’attention au marcheur. Faut dire que Skopje est bien arpentée par les touristes de tous âges, et, on le verra, par les jeunes en quête de nouvelles sensations au milieu de nouveaux paysages !
Difficile de se repérer, je cherche la gare de trains, car ce soir ce sera une auberge de jeunesse cosmopolite au milieu des maisons typiques qui auraient bien besoin d’être retapées, à deux pas du centre-ville ! Je demande, difficile de se faire comprendre, je me fais accompagner, et ça y est, voilà le Shanti hôtel et son accueil chaleureux !
Bon la suite des rencontres vous la découvrirez sous peu. Une bonne sieste, et la visite de la ville au pas de charge, la ville d’Alexandre le Grand (récupéré à toutes les sauces ici), la ville de mère Térésa (elle est bien née ici, même si l’Albanie-pays se la revendique. Mais elle était de famille de souche albanaise, alors !!!), honorée par un musée-église curieusement conçu mais heureusement réussi (photo), le bazar, les nouveaux bâtiments qui poussent partout dans un style pharaonique baroque, mais aussi … les terrasses de café bien agréables. Ca fait du bien, un peu de détente pour les voyageurs, non ?

Jour J + 94 : Amédée


Sympas, les nouveaux copains de Ben … Ils ont eux-aussi l’air d’être des Béages, dans leurs pérégrinations respectives … Je sens que la Macédoine, ça va me plaire, un petit pays à ma dimension, un pays riant à mon image ! Tiens, ça commence dès notre entrée dans le pays. Après le Kosovo et sa sévérité, tout est coloré ici, à commencer sur le bord de la route par … les panneaux indicateurs : rouges et jaunes, aux tons du drapeau du pays et de mes habits, quelle délicatesse ! Eh puis, il est bien indiqué de faire attention aux vélos, il est bien indiqué de faire attention aux voitures à cheval, alors, on va leur proposer aussi de mettre des panneaux pour faire attention à nous, piétons pérégrins, mais aussi – et ça, avec Ben, on a déjà une maquette à leur proposer, cherchez moi bien – pour faire attention aux nains, qu’ils soient de jardin, des champs ou des routes ! C’est ça, l’attention aux gens qui voyagent … Bon, c’est pas tout cela, on arrive en ville, à l’auberge, on sort nos gâteaux du ramadan qui ne resteront pas longtemps dans leur carton Shell, puis on repart en ville … prendre un pot avec nos nouveaux potes d’un soir, avant de se séparer pour de nouvelles aventures. Et on a drôlement pu échanger, une fois de plus en toutes les langues possibles, malgré nos écarts d’âge. Et notamment pour cela, merci Piotr

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Piotr  de  Skopje

Tout de suite, en arrivant à l’auberge de jeunesse de Skopje, le « Shanti Hôtel », on sent la gentillesse et la facilité de rentrer en contact entre tous, aubergistes comme hôtes ! Ce n’est pas l’aspect luxueux des environs, plutôt « couleur locale », ni des lieux eux-mêmes, mais plutôt un aspect campagne assez baba-cool qui n’est pas pour déplaire les itinérants que nous sommes … Je dis bien « nous », car c’est probablement la première fois, depuis Le Puy-en-Velay, que je retrouve des gens de passage, ici à la recherche de tourisme simple et non de marche pérégrinatrice ! Autour de la table, dans le patio, le contact est donc tout de suite noué, sans tenir compte des différences d’âge (je suis carrément le papy des lieux), des pays d’origine ou des motivations. Parmi eux, Piotr, jeune étudiant polonais, ayant fini son droit et se lançant dans les langues, principalement d’Amérique latine … Mais Piotr apprend aussi tout seul le français depuis 9 mois, et il est drôlement doué ! La gentillesse même, nous sympathisons immédiatement … Evidemment, nous dînerons ensemble dans une auberge locale, évidemment nous échangerons une bière avec d’autres, autochtones (tel Samir, cameraman de Skopje dans des films documentaires, ou son copain danseur moderne international), dans le vieux bazar rénové de Skopje) … Cela fait du bien de rencontrer des gens à la recherche d’autres horizons qui, même s’ils n’utilisent pas le même moyen de transport (Piotr repartira dès le lendemain matin en Serbie, en stop, pour un concert de musique locale), sont épris de découvrir le monde, sans rester les deux pieds dans le même sabot confortable à souhait. Et avec Piotr, tous les sujets sont passés, sur nos périples respectifs, leur but, le thème de l’Europe, celui de la paix, celui de la fraternité. Profond, même en vacances, tout cela. Finalement, j’ose, on est un peu comme mère Thérésa, on voit du pays !

"J’ai rencontré Benoît à Skopje, au milieu de son chemin vers Jérusalem. C’est amusant, cette façon pour les chemins des voyageurs de se croiser. Je ne fais pas un aussi gros projet que Benoît. Simplement un mois depuis la côte Ouest turque jusqu’en Pologne, et sans marcher – je n’ai pas une telle patience – simplement de l’auto-stop. Le fait de rencontrer les gens sur le chemin est beaucoup plus intéressant que de prendre le bus. C’est aussi plus un challenge ! c’est pourquoi je le recommande à tout le monde, c’est comme cela, je le pense, que l’expérience du voyage apporte le plus !" (Piotr)

lundi 8 août 2011

Jour J + 93 : Brezonica => Han I Elezit (39 kms - Total = 2953 kms)

Pensée Spirituelle
"L'apôtre d'Allah a dit : 'Allah ne sera pas miséricordieux envers ceux qui ne sont pas miséricordieux envers l'humanité'"
(Abdullah bin Jarir)
 
Péricope Coranique *
"Ô croyants ! Nous vous avons prescrit le jeûne" […]
 "Donc, quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne !"
(Sourate 2, Verset 183-1 + Sourate 2, Verset 182)


* nouveauté sur le blog, on est en recherche de dialogue interreligieux, non !!



Au matin, toujours pas de remonte-pente en vue. Drôle de station de sports d’hiver, sans promeneurs l’été … Pas grave, il est temps de partir, de poursuivre la traversée de ces montagnes si vertes et calmes. N’oublions pas de mentionner que le moteur de la machine humaine va parfaitement fonctionner aujourd’hui, puisque le petit-déjeuner de Ghergiu – qui ne semble pas musulman, en tout cas qui ne pratique pas le Ramadan – a été conséquent : une omelette de six œufs de la ferme voisine, un demi-litre de lait de la même provenance, et les éternels concombres, tomates et paprikas. Ah, comme disait Ronsard (qui n’était pas musulman) : Quand reverrais-je mon petit Liré et les petits déjeuners français ? … Bon, c’est pas tout ça, la route est sinueuse, la vallée s’élargit, revoilà les bottes de paille en forme de bouteilles d’Orangina, les mosquées brillant sous le soleil et surgissant de nul part tels des champignons après la rosée du matin, les voitures à cheval et toujours … les coucous des gens (dont les traits commencent à se tirer pour cause de Ramadan) qui me dépassent et s’étonnent de voir « ce fameux sac à dos bleu sur pattes » (expression entendue ce midi à la pause, à une terrasse de café !). Tout va bien, un petit bout de route nationale pour atteindre Kaçanik, où j’ai pu détecter des hôtels sur Internet … seulement voilà, l’étape qui devait être courte ne l’est pas, puisque tous les hôtels sont fermés à Kaçanic, ville sinistre au possible, pour cause de Ramadan … Alors, c’est pas compliqué, je me dois de me rapprocher de la frontière de la Macédoine, ce qui ne fait pas mon affaire, j’en ai plein les pattes … Allez, faut être un peu courageux (y’a qu’à voir en ce moment ces pauvres musulmans), non ? Et puis l’étape de demain n’en sera que plus courte ! me voilà donc Han I Elezit, petite ville (entre 2000 et 10000 habitants selon Internet, c’est précis, non ?) juste avant la frontière … Un village poussiéreux, sinistre, entouré de cimenteries, quelques mosquées, un ou deux bars ouverts mais aux terrasses vides, pour cause, vous l’avez deviné, de … Ramadan … Un hôtel avec une « chambre » à cinq euros, un verre dans un café mais fermeture à 18 heures pour se préparer – deux heures à l’avance – à la « rupture du jeûne » … Pas grand-chose à faire, surtout qu’il fait une chaleur « exceptionnelle » dit-on ici ; la question du soir sera donc : où pourrais-je manger quelque chose ? eh bien la réponse est facile : au restaurant de la station Shell : Evident, non ? c’est le seul endroit où règne une micro-animation ce soir, tous les gens sont rentrés chez eux pour … le repas du soir de Ramadan … et les serveurs semblent endormis, ça traine, ça lambine, ça s’éternise ! mais je mange très bien – Un vrai repas de soir de Ramadan – et rentre dans ma chambrée à peine digne de Conforama à neuf heures, pour m’endormir … sans entendre l’appel à la prière par le muezzin … Mais dites-donc, de quoi vous ai-je parlé aujourd’hui, l’avez-vous remarqué ? eh bien … d’une simple journée presque ordinaire de … Ramadan ; une semaine de passée, plus que trois, et cela se fait ici dans la plus grande gentillesse ! Allez, musulmans du monde entier, je vous souhaite … un bon Ramadan !

Jour J + 93 : Amédée


Moi le Ramadan, j’y comprends rien … Chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il peut, mais si bon, si on mange pas, on peut pas grandir, non ? D’ailleurs, c’est pas juste moi, j’ai pas fait le Ramadan, alors j’aurais dû grandir, non ? Que c’est compliqué la nature humaine, naine ou géante … Bon c’est pas tout cela, il paraît que dans l’hexagone, vous avez un été un peu pourri, bien fait pour vous, vous auriez dû nous accompagner, et vous auriez pu porter un pote à moi, ç’aurait été charitable, non … Parce que nous, il fait de plus en plus chaud, 40°C à 18h00 sur la terrasse déserte du bar local. Heureusement j’ai trouvé un ventilateur qui nous a bien rafraîchi. Un peu de confort, en cette période de Ramadan, ça fait pas de mal, non ?

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Lika  de  Han I Elezit

Eh bien aujourd’hui, ça a failli être le bide, du point de vue personne rencontrée … pas de contacts, j’aurais pu mettre une photo noire … ou bien mettre la station Shell, seul endroit où j’ai eu un peu de contact (l’hôtelier est bien sympa, mais il ne parle que le kosovien, alors, évidemment ça a limité nos échanges). Donc cette station Shell, verrue neuve dans ce village poussiéreux … Mais tout cela c’était sans compter sur le petit déjeuner de Mardi (donc demain), pris … à la station Shell, toujours pour cause de … Ramadan. Eh bien, là c’est Lika qui m’apporte un immense plaisir … D’abord une tasse de thé et un jus d’orange frais (qu’il m’offrira, quelle générosité !) … et voilà que la conversation démarre, sur fond d’anglais, de gestes et de carte de l’Europe, et tous les clients rappliquent, jeûnant ou non … en fonction de leur pratique du Ramadan ! Je dois vous livrer la cerise sur le gâteau : Lika appelle son fils sur son portable, lequel débarque avec des gâteaux-maison de Ramadan, au moins un kilo, pour moi, rien que pour moi ! Je dois en manger devant tout le monde pour remercier, mais … c’est plein de miel et de sucre … D’abord, vous l’avez deviné, c’est pas bon pour la santé, mais en plus, ça fait beaucoup … Alors Lika me confectionne dans une boîte Shell (qui contenait ?) un paquet, et cela servira pour là où j’atterrirai ce soir … et Lika ajoute qu’il est nul en informatique, mais que ses enfants sont passionnés d’Internet – et que lui ne les prive pas pour cause de … Ramadan –. Alors comme la famille aime bien la France (il a un frère à Paris et le rejoindrait bien mais ça coûte cher et puis, il faut un visa pour tout Kosovien (ce qui ne doit pas être évident). Il se contente donc de son job, chanceux qu’il sait être dans un pays bien sinistré sur ce plan-là aussi) et ils me suivront sur mon blog, …

Heureux de vous rencontrer, heureux de vous servir, votre voyage est inhabituel, mais s’il peut apporter un peu de Paix … La Paix, nous n’en avons pas toujours eu ici … elle semble venue maintenant, encore fragile, il faudrait que nous fassions de la publicité sur vous !" (Lika)

dimanche 7 août 2011

Jour J + 92 : Prizren => Brezovica (39 kms - Total = 2914 kms)

 Information spéciale :

Alors qu’est achevé – déjà – le troisième mois de marche, à peu près la moitié du périple, plein de souvenirs extraordinaires, de vie faite de petits évènements et de rencontres, mais aussi de distance par rapport à vous tous, je dois vous remercier, fidèles lecteurs du blog et plus encore fidèles rédacteurs de messages,  pour votre fidélité . C’est bien grâce à vous que la Cité sera atteinte !.
Les délais sont respectés, les muscles sont solides, la nourriture est supportée,
pourvu qu’ça dure !!!
Mais avant, je me dois de ne pas passer sous silence deux évènements fabuleux qui se sont passés durant mon retour éclair sur le sol français !
 
Florian a eu vingt-cinq ans le 26 Juillet
 


et Honorine a eu deux ans le 31 Juillet


Bravo à tous deux, et longue vie, portez-vous bien !


Pensée Spirituelle
"La beauté ne réside pas dans ses « détails » infinis et ineffables, mais dans son aptitude à calmer l’esprit et à remplir le cœur d’une tranquille reconnaissance"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"Ton coeur s'est élevé pour ta beauté"
(Ez 28, 17a)


Je dois décevoir Stefan, je n’assisterai pas à l’office orthodoxe de 11 heures, un peu tard pour parcourir la distance du jour … Et je pars comme une petite souris aux aurores pour ne pas réveiller mes hôtes. Petit-déjeuner sans concombres et sans paprika à une terrasse de café sur la place piétonne (pas foule, que voulez-vous, les musulmans ont pris leur repas d’avant jeûne il y a moins de deux heures) … Et c’est le départ. Une petite route escarpée dans les gorges qui longe la frontière avec la Macédoine, à moins de cinq kilomètres de là … Du coup, les stigmates de la guerre et des forces de l’ONU sont omniprésentes. Fils barbelés, barrières, panneaux, interdiction de photographier … mais par rapport à la traversée par Edouard et Mathilde il y quelques années : plus de risques de mines et plus de maisons ravagées. La vallée s’élargit, le soleil tape, la route grimpe, plein de restaurants décorés de façon plus ou moins heureuse. Puis … la nature. Pas mal de voitures, je suis accosté une bonne vingtaine de fois pour me véhiculer, mais je tiens le coup, lol ! Arrêt à un bar pour une bonne discussion avec Ahmed, en plein jeûne, qui comprend que je doive manger et boire (quelle tolérance !). Pour lui, ce qui compte, c’est que le cœur soit en paix … Puis poursuite de la montée. Arrêt-déjeuner à un col à 1850 mètres (serait-ce une future station de sports d’hiver ? Malgré un plan d’occupation des sols assez anarchique …) et c’est la redescente dans une vallée riante. On se croirait en Forêt Verte, les reliefs en plus. Brezovica n’est vraiment pas loin, parmi les meules de paille. Surprise, pas une remontée mécanique, ou alors elles sont cachées drôlement bien, de même pour les magasins. Pas grave, moi qui avais prévu de faire des emplettes locales pour mes loulous, on attendra le pays d’après, et je me dore la pilule sur la terrasse couverte kitsch de Ghergiu, en entendant pour la cinquantième fois les mêmes chansons kosovardes en boucle … Finalement, quelle beauté à l’état pur en cette journée dominicale, en plein contact avec la nature, avec les témoignages sereins et reconnaissants des différentes personnes croisées, quelle que soit leur religion !!!

Jour J + 92 : Amédée


Moi je suis prêt à rendre service, vous le savez bien … Alors quand je vois ces vieux véhicules qui peinent à monter la côte escarpée vers le col, je me propose de les aider en me plaçant à la place des clignotants … comme cela, un coup je montre mes coups de soleil, un coup je les cache. Je suis le champion du signal de détresse … Et ben il n’a pas à me porter (vous croyez qu’il m’en dira merci ?). Ce qui est génial, dans cette traversée des montagnes, c’est que je vais pouvoir faire de la luge d’été à Brezonica … Enfin c’est ce que je crois … mais à l’hôtel de Ghergiu, on est bien accueillis, on passe une bonne soirée sur sa terrasse colorée et rigolote, alors, merci Ghergiu.

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Ghergiu  de  Brezonica

En arrivant dans cette « station de sports d’hiver », je ne m’attends quand même pas à trouver de la neige … mais au moins des hôtels … "ouverts". Eh bien le seul, c’est chez Ghergiu. Les autres, mastodontes ou micro-taudis, sont fermés. Pas la saison (et la montagne en été ?) ou pas les fonds … En tout cas, chez lui, je suis … seul, d’où par sa gentillesse la possibilité de partager la table commune, et même de ne pas payer la chambre (mais il aura son billet sur ma table de nuit demain matin, normal, non ?). Bon on discute un peu comme on peut, en allemand mélangé à plein de geste, mais à renforts de photos et de cartes routières, il n’en revient pas. Moi qui voulais qu’il m’accompagne, c’est raté ! En tout cas, la vie de Ghergiu elle a pas été marrante : plusieurs fois expulsé, des enfants perdus pendant les guerres, sa famille bringuebalante, sa femme (ou fille ou ?) qui est là et qui ne cause pas, ce ne doit pas être rigolo tous les jours, dans ce village-station fantomatique :

"Nous sommes heureux de vous accueillir dans notre modeste hôtel. Vous êtes ici chez vous, partagez notre table ! Nous vous souhaitons la réussite de votre projet, et de belles rencontres en chemin" (Ghergiu)

samedi 6 août 2011

Jour J + 91 : Kukës (Albanie) => Prizren (Kosovo) (44 kms - Total = 2875 kms)

 Information spéciale :


 Au revoir l'Albanie, Bonjour le Kosovo 

Pensée Spirituelle
"La force que Dieu nous accorde est à la mesure exacte de notre conscience de sa Vie. Sa vision en pleine gloire"
(Guy FINLEY)


Péricope Biblique
"C'est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen!"
(Rm 11, 36)




Ce qu’il y a de bien quand on construit une autoroute par ici, on ne s’occupe pas de l’ancienne route, qui apparaît et disparaît ça et là. Les archéologues dans quelques millénaires se feront des cheveux blancs ! Alors seule solution piétonne pour gagner la frontière, prendre cette autoroute albanaise … qui n’en est pas une. Les ouvrages d’art ne sont pas finis, le revêtement est provisoire, il n’y a ni aménagement de sorties et d’entrées … mais pas d’accident ! L’avantage, même s’il y a du monde, c’est que cela ne roule vraiment pas vite … tout comme le franchissement de la frontière pour les véhicules. Mais je ne suis qu’un animal à deux pattes, alors, pied de nez !!! Et voilà donc ce tout nouveau pays, le Kosovo, pas encore complètement en paix avec ses voisins du Nord et anciens colons, les Serbes, ayant encore besoin des forces protectrices de l’ONU, pas encore sûrs de leur drapeau mais déjà eux-aussi à l’Euro (comme quoi …). Ca construit de partout, plutôt de qualité, ça veut aller de l’avant, ce n’est plus risqué, les touristes et les hommes d’affaire affluent. Du coup, les prix s’envolent. De la frontière à Prizren, seconde ville du pays, ce n’est qu’un immense boulevard industriel (enfin, plus artisanal), consacré aux voitures (signe extérieur de richesse) ici et l’on roule où l’on veut, les rond-points à l’anglaise tiennent plutôt de la piste de karting … Mais à Prizren, c’est bien l’ambiance d’une ville du Moyen-Orient avec ses mosquées, ses petites maisons, ses échoppes directement sur le trottoir, où l’on trouve de tout, depuis les bouches d’égout jusqu’aux robes de mariée … Car comme on me le dit à une terrasse de café, le kosovien n’est pas du genre à donner l’impression d’être un assisté (quoi que …), et veut montrer au monde qui il est. Quelques monuments en cours de restauration, mais pas d’étoiles au guide Michelin à mon avis … J’ai le temps, je parcours la ville avant de trouver mon lieu de gîte, et tombe sur l’église orthodoxe, toute fraichement repeinte … Je demande à la visiter, c’est compliqué, car les risques d’attentat ne sont pas minimes, surtout en cette période de ramadan … Mais la police-woman qui garde le monument contacte les forces de l’ONU, qui contactent un jeune homme qui veut bien m’ouvrir les lieux. C’est Stefan, le prêtre du lieu … Du coup, l’on discute. Du coup, il me propose de m’héberger dans sa modeste maison, il a peu de temps à me consacrer, mais le dîner et le coucher sont assurés. Lol ! Le reste de la soirée sera consacré à visiter deux mosquées (rafraîchies elles-aussi de près, par des dons privés) et l’enceinte catholique (l’église et le bâtiment des sœurs et du prêtre, mais là, pas grand-chose de chaleureux …). Finalement, cette ville de Prizren qui semblait peu reluisante et bruyante est bien sympathique. Et quel plaisir musical d’entendre les muezzins des diverses mosquées entonner presque en cœur l’appel à la prière … suivi par l’affluence sur la place piétonne de tous à l’heure de la rupture du jeûne … Sécurité retrouvée, mais sécurité encore légère, cohabitation plus qu’entraide des religions, le Kosovo de demain est en train de naître !

Jour J + 91 : Amédée


Depuis la fenêtre de la chambre au pied de la cathédrale orthodoxe de Prizren, j’ai des copains : plein de pigeons et de tourterelles … Ils chantent bien, presque au rythme des muezzins, mais Ben il veut pas que je les rejoigne dans leur cage. Il me dit qu’il a peur que j’attrape des tâches grisâtres sur mon costume, faudra que quelqu’un m’explique … Bon, ce soir ça a été sympa, on a bien discuté avec Stefan et sa jeune femme, elle au moins elle a bien ri de savoir que j’étais du voyage ! merci à vous les tourterelles et les pigeons, merci Stefan !

Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 La Cathédrale  de  Prizren

Voilà toute l’histoire : Stefan et sa jeune femme, ils ne sont là que depuis sept mois … Faut dire qu’avant, c’est comme si la cathédrale n’existait pas. Elle avait été saccagée et incendiée en 2004, lors de l’attaque serbe contre le Kosovo … Le temps de retrouver l’accalmie, le temps de trouver les fonds (vraisemblablement privés, et venant … de Serbie !), le bâtiment a été reconstruit en 2009 … L’iconostase a brûlé, la chute de la coupole a entrainé la disparition du Christ pantocrator, du coup les murs sont blancs, l’intérieur est vide, mais … la cathédrale est bien là. Donc voilà Stephan, jeune homme bien en chair, curé d’une cathédrale Saint-Georges (il s’étonne que je n’ai pas le réflexe en rentrant dans le bâtiment d’embrasser l’icône du saint terrassant le dragon …), pour une paroisse orthodoxe qui ne compte que … vingt-cinq membres, dont seulement dix pratiquants … Va falloir chercher des fonds pour acheter le mobilier.
Stefan reste prudent (il ne souhaite pas que je le prenne en photo, des craintes ?), mais il semble optimiste dans ses relations avec les autres religions, dont les musulmans, représentant la quasi-totalité de la population … La suite, il faudra voir quand les forces de l’ONU seront parties. Quelle paix pour un nouveau pays qui a voulu sans pouvoir épargner la coulée du sang se séparer de la domination serbe ? En tout cas, Stefan me charge, en m’offrant un bracelet orthodoxe, de le représenter en un lieu mythique de Jérusalem …

"Bienvenue dans la cathédrale orthodoxe de Prizren, dont je suis le prêtre. Vous êtes invités à la messe de demain, nous ne serons pas nombreux mais ce sera une démarche d’œcuménisme et de paix … comme votre beau voyage ! Priez pour nous et notre communauté au Saint-Sépulcre [à Jérusalem], et brûlez un cierge !" (Stefan)

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