accueil

Bienvenue sur mon blog !!! Son but : Marchons ensemble ! et avançons sans ampoules vers la Terre Promise

Association

L'association PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM ("Paix" en Français, grec, arabe et hébreu translittérés) :

En quoi consiste-t-elle ?
Créée le 21 Avril 2011, cette association a pour but de promouvoir des actions concrètes de rapprochement entre les peuples, dans le cadre de la paix dans le monde et du dialogue inter-religieux.
Pour 2011, l'action principale consiste en "première mi-temps" à rallier à pied Bois-Guillaume à Jérusalem ... puis en "seconde mi-temps" à déposer dans une fente du mur des Lamentations tous vos messages de paix ... puis en "troisième mi-temps" de partager ensemble tous ces moments de rencontres sur la route !


Comment y adhérer ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre contribution [sans déduction d'impôt possible], à titre d'entreprise-sponsor ou de particulier-bienfaiteur, en envoyant un chèque libellé à l'ordre de l'Association PAIX-EIRHNH-SALAM-SHALOM et du montant que vous souhaitez à l'adresse suivante: chez Monsieur Benoît MOULIN, 344 Chemin de Clères, 76230 BOIS-GUILLAUME.
Cette contribution servira pour aider les personnes qui voudront bien accueillir sur le chemin ...


Le Blog et l'Anti-Blog :
Chaque jour (ou presque !!!) sur ces pages, vous retrouverez :
- Le blog du pèlerin,
- L'anti-blog du co-pilote, Amédée BOURAIN ainsi que la pensée de celles et ceux qui m'ont accueilli pour un soir !!!

Pour vous aider à ajouter votre commentaire :

Pour ajouter votre commentaire : Voici comment vous pouvez saisir vos commentaires sur le Blog :

- Cliquez sur 'commentaires' en rouge au bas de chaque message puis saisissez votre texte dans la case 'Enregistrer un commentaire'.
- Si vous souhaitez laisser votre prénom et/ou votre nom, sélectionner 'NOM/URL' dans la case 'sélectionner le profil' puis vous cliquez sur 'continuer'. Sinon, vous pouvez choisir de rester 'Anonyme'.

- Vous cliquez ensuite sur 'publier un commentaire'. Il vous sera demandé la confirmation de celui-ci en recopiant dans la case blanche les caractères affichés. Cliquer à nouveau sur 'publier un commentaire' pour terminer.

Pour envoyer un email (courriel), cliquez simplement ici =>


Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM

Le Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM
afin d'illustrer l'évènement de notre Ben - Vos commentaires dans le message du 10 Novembre - Message à Tahar !

Voici le 'Logo de PAIX - EIRHNH - SALAM - SHALOM '

Les Colombes de la Paix !!!

mardi 14 juin 2011

Jour J + 38 : Journée d’évènement exceptionnel : MARCHE POUR LA PAIX : Torgiano / Brufa => Assisi (14 kms - Total = 1352 kms)

Pensée Spirituelle
"Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie"
(san Francesco di Assisi)

Péricope Biblique
"Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s’alarme point."
(Jn 14,27)


Une excroissance sur le chemin, mais volontaire et même voulue... Comment en effet évoquer la paix et ne pas penser à Assisi, à san Francesco, à cette ville magique dans ce cadre magnifique au pied du mont Subasio ? D’autant plus que la proximité d’avec Torgiano et Brufa, dans le cadre du jumelage avec Europe-Echanges, ne peut que faciliter les choses et même donner des idées. Il y déjà de nombreux chemins pour la Paix tracés et empruntés vers Assisi, mais aujourd’hui, nous en parcourons un. Assez court (mais vive la qualité au détriment de la quantité, non ?) à plus d’une trentaine de personnes, contactées par tous les moyens par Sylvie avec le support de la belle affiche réalisée en trois coups de cuiller à pot (tu parles !) par Barbara, et tout sera concocté avec la gentillesse discrète de l’intendance assurée par Massimo. C’est cela l’efficacité toute gratuite de la famille Ticchioni-Beal. Il y a à peine besoin de suggérer, tout est réalisé aux petits oignons !

A l’appel donc, plus d’une trentaine de personnes « de sept ans (presque l’âge d’Andrea, à qui j'ai donné le superbe tee-shirt créé spécialement pour la pérégrination par Bribri et Laulau) à soixante-dix-sept ans (presque l’âge de Maria-Novella) » au départ de Torgiano et surtout de Brufa, pour parcourir parmi les vignes, les oliviers, les sculptures contemporaines, les quelques gouttes et surtout le soleil du soir, ces quelques kilomètres sur le bitume mais aussi par les petits chemins. Tous connaissent 'Assise' toute proche, la plupart ne l’ont pas encore rejointe « a piedi », mais c’est souvent le cas. Tout le monde ne se connaît pas au départ, mais les liens se tissent … Quelques crampes pour les inhabitués, mais cela passera … Bien sûr, tout le monde est de la partie, les présents comme les absents qui auraient voulu eux-aussi être là – mais on le refera, non ? (une pensée chaleureuse à Christine et Pierre, et toute leur famille) –, et la chaleur dans les cœurs fait que finalement on oublie qu’il y a quand même pas mal de pas ! et c’est l’arrivée au pied de la ville de la paix, le chemin récent de briques dédicacées offertes par des particuliers de l’Italie et du monde entier (on en trouve même une offerte par Padre Pio, bizarre, non ? et une offerte par François d’Assise !) … Et voilà la basilique, son espace vert orné de buissons en forme de « PAX » Que cela a finalement passé très vite !!! trop vite même ! alors pour finir en beauté, un repas convivial dans un restaurant sympa juste au pied de la ville, illuminée à souhait (et que d’aucuns diront que c’est aussi beau que … la tour Eiffel !!!). Pour conclure cette magnifique journée à la fois toute simple et toute complète : « Torgiano, è Torgiano ; Brufa, è Brufa ; Assisi, è Assisi ; Pace, è Pace !


Jour J + 38 : Amédée


J’ai eu le droit de venir ! j’ai même eu le droit de sortir du sac ! j’ai même eu le droit de manger à table au restaurant ! merci Francesco, viva la Pace … et les soir, au restau, on a bien échangés, et peut-être qu’un marcheur / une marcheuse du jour va se décider à poursuivre l’expérience et accompagner Ben jusqu’à Gerusalemme ? (je prends les inscriptions pour lui). En tous cas, moi je dis : Grazie à tutti, vous qui nous avez accompagné durant cette fantastique journée (peut-être avez-vous aussi apprécié que nous vous ayons accompagné !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accompagner le temps d'une marche :

  Les Marcheurs pour la Paix - Assisi

Ils sont venus de Torgiano, de Brufa, ils ont tous leurs occupations, leurs activités, ils se connaissent ou pas, en tout cas, ils se sont libérés pour cette expérience de marche, d’échange, de vie et de paix) … et ils ont même l’air prêts à refaire la démarche : bravo, brava, bravi, brave !

"La pace, avrà il tuo viso, la pace, avrà la tua immagine, la pace sarà tu, sarà io, sarà noi, e la pace sarà ciascuno di noi" (dans les discours le soir à la cena)
 (La paix, elle aura ton visage, la paix, elle aura ton image, la paix sera toi, sera moi, sera nous, et la paix sera chacun de nous)

lundi 13 juin 2011

Jour J + 37 : Journée de transport pour "mission" (Viarmes - Beauvais - Bergamo - Milano - Firenze - Perugia - Brufa) (Total = Toujours 1338 kms)

Pensée Spirituelle
"La fraternité veut dire qu'un sentiment de solidarité doit relier les hommes : de petits gestes ou de petits mots échangés"
(Raymond, détenu à Ensisheim)

Péricope Biblique
"Au lieu de penser chacun à son intérêt, que chacun se préoccupe des autres"
(Phi 2, 4)



Il est des jours où l’on doit franchir la porte, fut-ce-t-elle de l’aventure ou de la routine, de la culture ou de l’habitude, en tout cas, ce qu’il ne faut pas laisser tomber, c’est bien l’amitié. On a peut-être moins de choses à raconter, mais évidemment, quand on fait un détour, il faut d’abord bien le rattraper, ce détour. Et ensuite pourquoi ne pas en envisager un autre détour. Tiens, la compagnie aérienne a drôlement progressé d’un coup, le trajet Beauvais – Bergamo n’a été qu’une formalité, suivi de la navette jusqu’à la gare de Milano, suivi du train « TGV italien » jusqu’à Firenze, suivi du train régional jusqu’à Perugia … A ce niveau, vous devez bien vous demander pourquoi un tel trajet : notre bonne vieille terre a quand-même encore des endroits symboliques de grande valeur, alors quand on évoque la paix … mais vous comprendrez mieux demain !!! Là à Perugia, accueil « mieux que le tapis rouge » par Sylvie et Maoro (que sono ? …) … et je retrouve à quelques encablures cette belle petite bourgade de Brufa. Il n’est pas tard, dîner en famille pour poursuivre les liens amicaux entamés depuis quinze ans déjà) puis « devo dormire », car finalement ce qui fatigue … c’est quand on ne marche pas !"

Jour J + 37 : Amédée


Là, je comprends pas. On a déjà pas mal de kilomètres à faire, non ? Alors, sans me le dire auparavant, quand on est revenu à Milano, Ben il a encore repris son bâton de pèlerin. Mais pour reprendre des moyens de transport à vous faire perdre haleine … Est-ce pour aller chercher le soleil un peu plus bas en Italie ? Est-ce qu’il craque et qu’il a soudain l’idée d’aller au Club Med ? Il paraît que l’on en saura plus demain. Bon, ce qui me rassure, c’est que Bribri, la correspondante DRH, elle semble être au courant (même si elle attend toujours les bordereaux de congés à signer !). Et puis, tant pis, je ne suis que copilote … En tout cas, les voyages, ça forme la jeunesse, et moi, j’aime bien voir du pays (même si je dois être pestiféré puisque Ben il me sort même pas du sac). En tout cas j’en profite à fond, bien reposé, car vous savez pas pourquoi, c’est que cette nuit, on a bien dormi Ben et moi (faut dire qu’on a dormi dans la chambre d’amis, dans le lit-même où Bribri a été conçue. C’est-y pas beau, ça ? Bon d’accord, ça n’a pas grand intérêt, mais faut bien fayoter un peu auprès de la DRH, non ???. Et puis à l’arrivée à Perugia, Ben, il m’a présenté à Sylvie (elle est italienne ?), puis à Maoro et Maria-Oliva , à Federica et Alessandro, et j’ai même eu le droit au sourire de Tomaso, le petit nouveau. Ils ont l’air sympas tous ces nouveaux hôtes, ils nous reçoivent comme si on était avec Carla Bruni et Ben, ils ont l’air de bien le connaître ! Le dîner est impérial, la chambre est princière, l’ambiance est royale. Quel chance, ce soir, il ne devrait pas y avoir de loup dans la bergerie : alors qu’est-ce qu’on leur dit : merci Maria-Oliva et Maoro !!

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Maria-Oliva et Maoro de Brufa

Maria-Oliva et Maoro, c’est de la "vieille et réelle amitié". Faut dire qu’on se connaît depuis quinze ans maintenant dans le cadre du jumelage entre Europe Echanges (association de jumelage de communes de Rouen-Nord, dont Bois-Guillaume) et des communes étrangères, dont Torgiano, donc dont Brufa. On s’est déjà reçu de nombreuses fois, et maintenant, cela devient un rite d’être logés les uns chez les autres. On est carrément en famille !!! Alors à la moindre occasion (et sans vendre la mèche, attendez un peu pour avoir une des raisons), çela aurait été dommage de ne pas y faire un p’tit tour, non ? Donc chez Maria-Oliva et Maoro, on y a sa chambre ! alors comme Federica et Massimo ont permis à la famille de s’agrandir avec l’arrivée de Tomaso, comme Alessandro, il est vachement sympa, c’est un plaisir de redécouvrir l’Ombrie !

"Abbiamo trascozo con te delle belle giornate specialmente la comminata Brufa – Assisi insieme con tutti amici : PAX et BONUM (PACE e BENE), il motto de san Francesco ti accompagni nel tuo viaggio verso Gerusalemme. Grazie, Mauro, Maria-Oliva, Alessandro, Federica, Massimo, Letizia e Tomaso" (Maria-Oliva et Muro)
(Nous avons passé avec toi de belles journées, spécialement lors de la marche de Brufa à Assise, ensemble avec tous les amis : PAIX et BONHEUR, les mots de saint François t’accompagnent dans ton voyage vers Jérusalem , Merci, Mauro, Maria-Oliva, Alessandro, Federica, Massimo, Letizia et Tomaso)

dimanche 12 juin 2011

Jour J + 36 : Journée de Congé Exceptionnel pour évènement familial !

Pensée Spirituelle
"Il y a quelque chose de pire dans la vie que de n’avoir pas réussi, c’est de ne pas avoir essayé"
(Franklin Delano ROOSEVELT)

Péricope Biblique
"Car tout effort vers le bien produit des fruits admirables. La vraie connaissance est une racine qui ne dépérit jamais"
(Sag 3, 15)


Un aller-retour de 24h30 dans la Normandie qui m’a donné le jour, c’est bien court ! mais quand il s’agit de fêter la majorité du prince Edouard (pas Edward, on n’est pas à Windsor), c’est drôlement sympa et émouvant, ce midi chez Dom, avec ce rassemblement pour fêter l’évènement !!! Eh oui, Edouard, il va avoir la chance de passer son bac (dont la philo jeudi, ouah, le blog va-t-il l’aider ?), il va travailler cet été, il va passer son permis, il va avoir une carte d’étudiant.
Ed’, tu vas avoir tous les moyens pour essayer, et tu vas avoir tous les moyens pour réussir, lol !
Bravo mon grand! …

Jour J + 36 : Amédée


Alors là, l’avion, ça décoiffe ! j’aurai bien été faire un tour dehors, mais Ben, il en a marre de me recoller le bonnet … Milan – Paris, ça se fait vite, juste le temps d’avoir une démonstration de gilets de sauvetage (bon, on va pas encore râler après Ryanair, mais le stiouart’e, il m’a dit que de gilet, y’en avait pas à ma taille, alors si l’avion tombe, en combien de morceaux je vais me retrouver, moi (et là, Anne-Marie, elle va vraiment pas être contente, elle non plus : je suis vraiment un naincompris dans une société naintolérante, moi). Bon, on a atterri, on est rentrés sur Rouen, grâce à Laulau, on a à peine vu la présidente de l’Association qui n’était pas en tenue pour nous recevoir… mais le midi, alors là, ça a été génial : j’ai fait la connaissance de famille de Ben et surtout de la Ben’descendance : Louise, Samuel et Honorine, ils sont trop avec moi (j’ai failli rester avec eux ce soir et ne pas repartir), et avec Nicolas aussi, on a bien joué. Puis le soir, on a découvert une autre maison, plus proche de l’aéroport, on a bien mangé et on a bien parlé de moi, ils même tous essayé de me remplir le bidon à coup de coton, de papier mâché, de mousse …
C’est-y pas sympa, ça ? alors qu’est-ce qu’on leur dit : merci Anne-Marie et Georges !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :


  Anne-Marie et Georges   de  Viarmes

Anne-Marie et Georges, on va surtout pas trop les critiquer, d’abord parce qu’ils sont trop vachement sympas, ensuite parce qu’ils nous trop bien reçu le soir malgré notre arrivée à l’heure trop tardivement « Moulin », ensuite parce qu’on a trop bien mangé et trop bien bu (y’avait pas de trop petit Jésus), et surtout parce qu’ils sont trop les parents de Bribri, notre trop trésorière et trop correspondante DRH (qui j’espère trop va bien vouloir me signer cette journée de congé trop exceptionnel pour évènement familial) ; alors, oui, ils ont été « trop » !

"Merci d’avoir fait un détour sur ton chemin. Nous avons été enchantés de te recevoir et d’avoir passés une bonne soirée en ta compagnie. Nous te souhaitons une bonne route jusqu’à la Terre Promise"
 [NB : PRENDS BIEN SOIN D’AMEDEE !] (Anne-Marie et Georges)

samedi 11 juin 2011

Jour J + 35 : Trecate => Milano (42 kms - Total = 1338 kms)

Pensée Spirituelle
"Choisissez l’idéal le plus élevé et donnez votre vie pour cela"
(Swami VIVEKANANDA)
Péricope Biblique
"Heureux celui que sa conscience ne condamne pas et qui n’a pas renoncé à son idéal ! "
(Si 14, 2)


L’idéal, aujourd’hui, il est tout simple : Arriver à temps à Milan pour prendre le moyen de communication le plus élevé : l’avion, pour rejoindre le temps d’un très court Week-End la Normandie qui m’a vu le jour (vous saurez bientôt pourquoi) ! Alors, départ rapide, pas trop de conversation avec les gens de l’hôtel, le curé ne pourra être remercié que par courrier, il est parti à l’ordination … Comme d’hab, des bottes de sept lieues sont nécessaires sous le soleil voilé, et comme d’hab, les entrées de ville sont très moches, Milan au moins aussi concernée que d’autres villes. Bon, on trouve facilement la gare centrale, chef d’œuvre de pièce montée architecturale, massive et dégoulinante de l’avant-guerre : le sac à dos à la consigne, à nous deux, Milano : le Duomo, le Castello, les rues piétonnes, les expos de sculptures et de photos … Tiens, tiens, une expo de photos d’Israël dans la rue piétonne bien fréquentée. Y’a même la photo du mur des lamentations, on s’y croirait déjà (mais on y est « presque » déjà !, espèces de rabat-joie que vous êtes tous !). Le départ de la navette pour l’aéroport de Bergame est tout proche, une heure de trajet, voilà l’aérogare, bon, il n’y a plus qu’à attendre le départ … Seulement voilà, on ne partira pas ce soir ! car une seule file d’attente pour deux embarquements dans deux avions à deux heures différentes, sans qui plus est une quelconque annonce de la fin de l’embarquement, cela fait que, comme d’autres … je reste sur le carreau. On s’en aperçoit très vite mais c’est trop tard, qu’elle dit mademoiselle Ryanair ! Allez, on positive : demain matin à 6h30, autre vol pour Beauvais ! de plus, il y a de la place, de quoi se plaint le Ben !!!) cette petite bagatelle me coûte (ainsi qu’à une bonne tripotée d’autres) quand même un billet à trois chiffres en euros (merci aux donateurs pour l’association !), et l’on ne peut qu’être charmés par la proposition de l’aérogare de nous autoriser à dormir (enfin à végéter) à même le sol, en nous déplaçant à la vitesse de gastéropodes qui risquent d’être avalés par les robots de nettoyage du sol !!! C’est un peu la cour des miracles, c’est comme sur la photo l’entassement et la chute de la race humaine, pas plus veinarde que la race équine ! allez, on vous laisse, il faut retourner du côté du comptoir d’embarquement de … Ryanair, car ils nettoient par ailleurs ! on ne renonce pas à notre idéal le plus élevé, et on ne pas va pas renoncer au projet, tout de même !!!

Jour J + 35 : Amédée


Moi, je dis, c’est bien les aéroports, dedans, ça bouge tout le temps, il y a des grands et des petits, des gras et des maigres, des jeunes et des vieux ! J’ai rencontré plein de monde ! bon, j’aurais bien aimé prendre l’avion dès ce soir, Ben il était un peu chaud après Mademoiselle Ryanair (elle doit chanter le Blues, depuis), mais il n’était pas le seul, ça a été une vraie chorale, avec paroles, musiques et gestes, un bel Opéra ! Après on a essayé de dormir, Ben il a pas voulu que je m’éloigne (« tu vas te faire encore écraser », qu’il a dit) ; il a dit aussi que ça lui rappelait l’histoire du volcan, à New York, le printemps d’avant … C’est chouette, finalement, les fantaisies que nous offrent les compagnies aériennes (d’ailleurs, si quelqu’un me demandait ce que je voudrai faire quand je serai grand, je répondrai : hôtesse de l’air – ou, comme il dit, Ben : stiouart’e –) ; et puis, on a pu aller quand même aux toilettes, ce qui est très intéressant car j’ai pu découvrir grâce aux miroirs, que je ne suis pas seul, mais qu’on est plein d’Amédées, il n’y a pas que les Schtroumpfs qui vivent en colloc. Alors moi je dis, pour cette nuit, celle de la plus grande découverte de ma vie, certainement la plus animée, celle où il y a eu la même ambiance que dans une boîte de nuit, celle où j’ai vu plein de Duquesnoy’s et de Groseille’s, celle donc où je me suis rendu compte que la vie est bien un long fleuve vol  tranquille, donc je dis : « Merci, Mademoiselle Ryanair » !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Ryanair

La seule constatation est que cette nuit, c’est l’aéroport de Bergamo (zone des départs, puis zone des arrivées, zone des toilettes et zone des caddies, en fonction des horaires de travail de la shampooineuse de surface) qui m’a accueilli et que l’aéroport, à part les quelques annonces, il a pas été très causant. Alors on ne vous a pas mis sa photo !!! Par contre avec Mademoiselle Ryanair, grâce à sa bonne volonté, à son esprit de communication, de chaleur et de geste commercial, ça, on a bien développé le thème de la paix et du dialogue interreligieux !!! Grâce à elle, dans une courte nuit blanche (mais blanche quand même), à même le sol, on a bien pu échanger et faire connaissance : mais non, soyez pas jaloux, allez, dormez bien, bande de petits veinards qui ne vous rendez pas compte que vous faites de beaux rêves, vous !

" (le message de paix est censuré)"

vendredi 10 juin 2011

Jour J + 34 : Vercelli => Trecate (39 kms - Total = 1296 kms)

Pensée Spirituelle
"L’impatience nous empêche de saisir les caractéristiques essentielles des situations "
(Idries SHAH)"

Péricope Biblique
"Celui qui est impatient agit comme un imbécile"
(Pb 14, 17)



Vous l’aviez déjà compris, quand on n’a pas le pot, enfin, quand on a le Pô, cela nous poursuit ! encore une journée à vous donner le riz en envie ou en horreur à toutes les sauces : risotto, paëlla (bon, c’est pas d’ici), sushi (ça non plus), riz au lait, on est vraiment dans la région – capitale européenne du riz. Certains disent que c’est monotone, voire moche … Pas d’accord, cela fait partie de la Création, transformée par l’homme, et c’est une réussite, car c’est beau, et c’est certainement plus salubre qu’avant (bien que les moustiques soient toujours là, et je ne suis pas le plus touché ! en tout cas, je ne suis pas coulé !). En plus il y a des hérons et des cigognes aux cris angoissants seuls à crever le silence (bon, ce ne sont pas des oiseaux hitchcockiens …), mais quel plaisir. Le seul hic, pas de villages, ou des villages qui semblent abandonnés, on retrouve un peu l’Espagne de Nord-Ouest … Belle journée donc chaude et lourde, sans une goutte de pluie, ça c’est sympa ! Ce soir, comme on est encore loin de Milan, on va tenter … la Paroisse. Arrivée à Trecate un peu tard (17h50, vous me direz, il fait encore jour !), mais le curé est déjà en adoration du saint-Sacrement dans l’église (et 18h00 dans l’Italie toute entière, c’est sacro-saint, il y a messe). Alors un petit bout de rosaire, puis la messe, et je me présente au curé : jeune (enfin assez …), Don Fabrizio me réserve un accueil sympa : pas assez confortable pour vous, le presbytère, me dit-il, donc je vous réserve une chambre à l’Albergho (moderne de son nom !), mais si vous voulez, je vous invite à dîner ! Bien sûr je saute sur l’occasion. Accueil sympa à l’Alberghe, je vais être logé aux frais de la paroisse (le presbytère était loin d’être miteux !) et c’est padre Fabrizzio en personne qui vient manger à l’hôtel : soirée trop courte, il me transmet des tonnes de prières et de paroissien(ne)s, heureusement que ça pèse à la fois pas lourd dans le sac et lourd de conséquences et d’espérances ! : dîner simple comme il se doit, mais bonne chaleur humaine !!

Jour J + 34 : Amédée


Moi, les moustiques c’est pas mon truc, alors je suis bien content quand on est arrivés à Trecate. La partie religieuse, Ben, il m’a quand même bien préparé aujourd’hui, en me faisant approcher et rencontrer une belle dame (la Vierge Marie qu’elle s’appelle), qui se reposait dans une maison toute blanche et toute fleurie sur le bord du chemin. Bon, à l’arrivée, les paroissiens à la messe, ils chantent bien (mais pourquoi toujours répéter les mêmes prières lors du rosaire ? faudra que je demande à Ben), l’accueil à l’Alberghe moderne, elle a été sympa, et surtout, le curé, il a bien rigolé quand Ben il m’a sorti de mon sac pour me montrer. Je suis une mascotte célèbre, même pour le clergé ! et puis le curé il connaît pas le film qui a plagié mes aventures (vous savez, cette Amélie Cheval ou quelque chose comme cela, d’ailleurs, il faudra au retour que je songe à lui faire un procès à celle-là et à son nain qu’est moche comme tout !), alors rien que pour cela (ce qui n’est pas négligeable, je deviens une vedette internationale), moi je dis : Grazie mille, Don Fabrizio … !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

  Don Fabrizio   de  Trecate

Quand on le voit en adoration devant le Saint-Sacrement, Don Fabrizio, on sent déjà que c’est un saint homme. Et quand je me présente dans la sacristie à la fin de la messe, il dit tout de suite oui, sans réserves … Ce n’est pas pour lui une question d’Euros à débourser pour ma nuit à l’Albergho, c’est surtout, me dit-il, un principe de respect du pèlerin : et ça, c’est beau. Pourtant, je me serais bien contenté d’un p’tit coin d’paradis (pas d’parapluie, il n’a pas plu aujourd’hui) dans la casa del padre, mais c’est comme cela qu’il accueille … à la Cena. Il me parle surtout de son souci : la transmission et même de la relève des prêtres, et il est enchanté par les quatre ordinations sacerdotales qui auront lieu demain matin dans la cathédrale de la ville voisine. D’autant plus qu’un des enfants de la paroisse deviendra prêtre demain matin … Encore une fois ce n’est pas une question de quantité mais de qualité dans l’échange, tous les ingrédients ont été présents ce soir !

"La mia casa non è degna per un pellegrino che fa un tale sforzo per la pace, vi trasmetto la mia benedizione, portate con voi la preghiera di tutti i miei parrocchiani" (Don Fabrizio)(Ma maison n’est pas digne pour un pèlerin qui fait un tel effort pour la paix, je vous transmets ma bénédiction, emmenez avec vous la prière de tous mes paroissiens)

jeudi 9 juin 2011

Jour J + 33 : Chivasso => Vercelli (53 kms - Total = 1257 kms)

Pensée Spirituelle
"Il faut savoir cultiver son jardin "
(François Marie Arouet, dit Voltaire)"

Péricope Biblique
"Il se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer et une foule très nombreuse s'assemble auprès de lui, si bien qu'il monte dans une barque et s'y assied, en mer. Et toute la foule était à terre, près de la mer. Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles et il leur disait dans son enseignement : "Écoutez !, Voici que le semeur est sorti pour semer. Et il advint, comme il semait, qu'une partie du grain est tombée au bord du chemin, et les oiseaux sont venus et ont tout mangé. Une autre est tombée sur le terrain rocheux où elle n'avait pas beaucoup de terre, et aussitôt elle a levé, parce qu'elle n'avait pas de profondeur de terre. Et lorsque le soleil s'est levé, elle a été brûlée et, faute de racine, s'est desséchée. Une autre est tombée dans les épines, et les épines ont monté et l'ont étouffée, et elle n'a pas donné de fruit. D'autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit en montant et en se développant, et ils ont produit l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent. " Et il disait: "Entende, qui a des oreilles pour entendre!" Quand il fut à l'écart, ceux de son entourage avec les Douze l'interrogeaient sur les paraboles. Et il leur disait: "A vous le mystère du Royaume de Dieu a été donné, mais à ceux-là qui sont dehors tout arrive en paraboles, afin qu' ils aient beau regarder et ils ne voient pas, qu'ils aient beau entendre et ils ne comprennent pas, de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné. Et il leur dit : "Vous ne saisissez pas cette parabole ? Et comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? Le semeur, c'est la Parole qu'il sème. Ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée, sont ceux qui ne l'ont pas plus tôt entendue que Satan arrive et enlève la Parole semée en eux. Et de même ceux qui sont semés sur les endroits rocheux, sont ceux qui, quand ils ont entendu la Parole, l'accueillent aussitôt avec joie, mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes et sont les hommes d'un moment. Survienne ensuite une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt ils succombent. Et il y en a d'autres qui sont semés dans les épines : ce sont ceux qui ont entendu la Parole, mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et les autres convoitises les pénètrent et étouffent la Parole, qui demeure sans fruit. Et il y a ceux qui ont été semés dans la bonne terre. Ceux-là écoutent la Parole, l'accueillent et portent du fruit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent."
(Mc 4, 1-20)



Petite prose culturelle pour une fois, et même géographique à propos de la culture … Avec de petites pointes religieuses, il ne faut pas s’en priver vu l’uniformité totale de ce paysage du jour, auquel nous ne sommes pas habitués, nous les européens. En effet se trouve ici la vaste zone des rizières de la plaine du Pô : des champs inondés à perte de vue dans lesquels se reflète le bleu du ciel assorti du gris des paysages. En cette époque encore printanière, la couleur est vert tendre, les pousses ne dépassant pas quelques centimètres (il paraît qu’en été, il faille songer à l’aspect du blé en herbe, puis avec la chaleur estivale, les grains se forment et le temps de la récolte vient). Atmosphère brumeuse, chaude et humide aujourd’hui, c’est mieux que le brouillard perpétuel de l’hiver même si comme tous les après-midis depuis que j’ai quitté les Alpes, des orages violents éclatent dans un voile assez suffoquant … Que pourrait-on signaler qui pourrait rompre la monotonie de cette mer verte ? peut-être ces « Cascine », fermes-villages en briques édifiées par … les moines cisterciens, dès le début du XIIe siècle, inspirées des villas romaines. Et ils en ont fait la zone de riziculuture la plus importante d’Europe ! Ainsi, jusque dans les années 1960, chaque ferme était agencée comme un village et vivait en autarcie, avec son église, son cimetière, ses habitations pour les propriétaires et celles pour les ouvriers. Depuis bien sûr, l’Europe est passée par là avec sa politique agricole commune qui a entraîné une mécanisation à outrance particulière (ah, c’est curieux, dans les rizières, les tracteurs n’ont pas de pneus mais d’étranges grosses roues dentées !). Mais ces fermes restent plus ou moins entretenues, la plupart des cimetières surélevés sont à l’état d’abandon, alors que dans les canaux (dont l’énorme canal Cavour – qui irrigue toute la région –, lequel a complètement ré-agencé la région au XIXe siècle) l’eau coule étrangement à flot alors que le pays est plat, plat, plat (Brel n’aurait-il pas eu des origines piémontaises ou lombardiennes ?). Seuls quelques sites sont bien restaurés, notamment pour le tourisme ! Finalement, on se croirait dans le delta du Mékong, non loin de Saigon … donc le système d’irrigation très complexe a été inventé par les moines cisterciens. Et évidemment, à la Renaissance, Leonardo da Vinci a perfectionné le système (mais il n’y a pas d’exclusivité : les Touaregs ont eux-aussi mis en place les mêmes systèmes avec des peignes en pierre, dans leurs oasis sahariennes !). Mais que dire de cette journée, du point de vue marche ? quasiment que de lignes droites le long des routes plus ou moins fréquentées, une brume constante où tout suinte, un seul repère : une centrale nucléaire surgie de nulle part mais omni-présente ! arrivé à Vercelli, une place est réservé dans le couvent Billiemme, vestige du passé franciscain. Les moines sont partis, mais restent les bâtiments conventuels envahis par un entassement de produits alimentaires, vestimentaires et mobiliaires destinés aux plus démunis. On se croirait à Emmaüs-sur-Pô !!! quelques pèlerins, une pèlerine française en route sur Rome et assez paumée, deux cyclistes italiens aimables comme des colonnes romaines, et … une petite communauté dont on se demande ce qu’ils font et de quoi ils vivent. C’est cela la surprise de l’accueil ! passage par la ville pour se donner l’impression de faire du tourisme, retour au couvent alors que l’orage éclate, dîner frugal de « restes » (mais ce doivent toujours être des restes), et finalement, bonne nuit après cette étape où tout a été insolite : vive l’Italie profonde !!!

Jour J + 33 : Amédée


Bon, c’est vrai que la journée fut bizarre, j’ai cru un instant que Ben avait envoyé le sac à dos sans me le dire au Viet-Nam ! mais quelle belle couleur que ce vert printanier. Pour un peu on jouerait bien au water-golf !!! (pour info, attention à l’interro surprise au prochain cours sur la culture du riz !). A part cela, comme d’hab, Ben il aime pas trop les fins d’étapes (ce serait tellement mieux, une étape sans début pour avoir à s’échauffer et sans fin pour ne pas traîner la patte), il faut dire que l’entrée (3 kms) dans Vercelli était interminable, pour appendre à l’Office du Tourisme … que le couvent se trouvait à la sortie de la ville bon, trois kilomètres de rab … et dans le couvent, malgré la caverne d’Ali Baba dans les couloirs, il n’y avait pas Internet, alors Ben le roi du Béage est retourné en ville … pour ne pas trouver de point d’accès (juste l’orageeeeeeeeeeee !!!) Allez, finalement, Internet ça ne sert à rien, j’arrête pas de lui dire (sauf l’anti-blog parce que c’est moi dessus, lol !). Et pendant que Ben il courrait dans la ville, j’ai pu jouer avec le loup et l’agneau du cher Fratre Eugeno, qui sont devant le couvent … Bon ils sont pas méchants, mais pas bien dynamiques non plus, à croire qu’ils ne seraient que du bronze ? Au fait, ce soir, le repas c’était rigolo, on a tous mangé à même les tuperware, c’est une bonne idée de réception ! Rien que pour cela, on peut dire aux « responsables » du lieu, merci Angela et Alberto !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :


  Alberto   de  Vercelli

Il sera difficile de vous parler de nos hospitaleri, tellement ils ont été peu communicatifs … mais ils ont été sympas, préparant le dîner gastronomique, s’agitant de ci-de là, ou fumant et regardant la télévision (ah la télé italienne, un goût inimitable !). En tout cas, ils s’entendent bien, à croire que leur communauté existe depuis un certain temps, alors vive l’amitié !

« Buono viaggio e strada che Dio ti accompagna » (Alberto)
"Bon voyage et chemin, que Dieu t’accompagne"

mercredi 8 juin 2011

Jour J + 32 : Torino => Chivasso (31 kms - Total = 1204 kms)

Pensée Spirituelle
"Ce sont nos souhaits et nos désirs qui troublent les eaux que, dans notre cœur, nous souhaiterions calmes. Cette contradiction de notre conscience ne se résout que par la volonté de Dieu"
(Guy FINLEY)"

Péricope Biblique
"O rumeur des hordes immenses, rumeur comme la rumeur des mers, grondement des nations qui grondent comme grondent les grandes eaux. Il les menace, aussitôt elles fuient bien loin, chassées comme la bale sur les montagnes par le vent, comme un tourbillon par l’orage. Au soir, c’est l’épouvante ; avant le matin, ils ne sont plus. Tel est le partage de nos pillards, le sort de nos spoliateurs : c’est le raz-de-marée des peuples"
(LS 17, 12-14)"


Comment des journées qui commencent très bien se terminent différemment. Pluie au réveil, petit déjeuner pantagruélique (merci le district du Rotary de Torino !), et le soleil pointe son nez. A nous deux, non pas Paris, comme chez Balzac, mais Torino, que je découvre d’une toute autre façon, maintenant que les rues sont sèches et que la vie matinale est aussi intense. Quel luxe sous les arcades, c’en est presque oppressant, tous ces magasins étalant leurs joyaux avec plein de zéros sur les étiquettes, ça nous fait tourner les yeux, alors que depuis un mois je me ballade avec la même tenue « plus cool », dirons-nous … Je rencontre Sylvie et Anaée, deux pérégrines belges qui vont sur le chemin vers Rome, avec des étapes de 12 km par jour (on ne s’attend pas, nous disons-nous), et ce sera une journée chaude, moite, car tout le temps le Pô et ses canaux déviants d’irrigation seront de la partie, avec un débit incroyable (y-aurait-il eu un déluge ?) : on est dans une ambiance quasi-tropicale, avec des plantes grimpantes partout, et surtout … des rizières ! on se croirait presque par endroits en Extrême-Orient !!! je suis presque aussi trempé que s’il pleuvait … ça, c’est pas malin de le dire, car s’il fait beau la plupart du temps de cette petite étape, l’orage monte, monte, monte et éclate. Trempé qu’il est alors réellement sur les derniers kilomètres, le Ben qui reste malgré tout bien Béage … Bon, on le sait déjà, le logement sera encore plus critique ce soir : Eric le bon samaritain à distance a pris les devants et n’a pas pu joindre le club local du Rotary (« false numero » …) et s’est fait raccrocher au nez par le curé du lieu (on le bouffera pas, celui-là, lol !) : alors, tel une serpillère, têtu et même plus « bourrin » qu’Amédée (il va m’en vouloir, lui !), je sonne quand même au presbytère, la bonne du curé et son homme m’ouvrent quand même mais ne peuvent ( ?!, « vous comprenez, le Padre, c’est un saint-homme, mais il est tellement vieux … ») rien faire, alors je gagne l’Office du Tourisme où la petite jeune fait au mieux pour me dépanner : et bien voilà, cela devait arriver depuis un mois + maintenant : il n’y aura pas d’accueil ce soir : ce sera chez Stella, un hôtel « pas de luxe », mais plutôt avec du passage (si vous voyez ce à quoi je ne pense pas …) donc … une belle dépense ! Vivement que l’on arrive dans des pays plus accueillants … Et la vie reprend ses droits dans un café puis une pizzeria bien dynamiques : cette journée fut finalement merveilleuse, chaude et humide en tous points !!!

Jour J + 32 : Amédée


Ben, il a l’art de mélanger les lettres et les mots : la journée est bien belle, au bord du Pô et ses canaux, pour un peu, je ferai bien du canoë, j’irai plus vite que lui ! bon c’est vrai que quand il m’a sorti du sac, Ben, « j’ai cru qu’il était lui-même tombé dans le pot / le Pô … c’est pas de pot pour lui d’avoir tant d’eau sur sa peau » : à relire plus vite, les po-tes et les po-tesses ! mais une fois que l’orage est passé, une fois que Ben a été sec, une fois qu’on a pu faire un tour en ville et montrer le bout de notre nez au fameux curé pendant la messe (on est presque mieux à l’hôtel, finalement), et bien, puisque Ben il a trouvé une solution, et que la solution, elle est loin d’être déplaisante, alors qu’est-ce-qu’on lui dit à Stella, la tenancière de l’hôtel : Grazie mille !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Stella   de  Chivasso

Stella tient son hôtel homonyme depuis de nombreuses années … Bien-sûr, elle n’aurait pas les moyens de posséder un hôtel de plus grand standing, me dit-elle, mais au moins les rencontres, dans leur simplicité, sont vraies … De nombreux pèlerins, dont le budget n’est pas extensible et / ou dont le but à l’étape n’est pas d’avoir nécessairement une baignoire à jacuzzi, viennent chez Stella. C’est l’endroit bon marché dont le rapport qualité / prix est des meilleurs ! et de plus les autochtones viennent aussi au bar, alors le soir, c’est bruyant, enfin, c’est couleur locale ! alors le matin, Stella, en me servant mon thé, me dit :

«Verso Roma, ciò arriva, verso Compostelle anche, verso Gerusalemme mai, buono viaggio, e pregatevi per noi laggiù!» (Stella)
"Vers Rome, ça arrive, vers Compostelle aussi, vers Jérusalem jamais, bon voyage, et priez-vous pour nous là-bas !"

mardi 7 juin 2011

Jour J + 31 : Susa => Torino (54 kms - Total = 1173 kms)

Pensée Spirituelle
"Le véritable test de notre niveau de compréhension c’est notre façon de réagir aux circonstances de la vie dont la justification nous échappe"
(Guy FINLEY)

Péricope Biblique
"Cela te servira de signe, Ezéchias : on mangera cette année du grain tombé, et l’an prochain du grain de jachère, mais le troisième an, semez et moissonnez, plantez des vignes et mangez de leur fruit. Le reste survivant de la maison de Juda produira de nouvelles racines en bas et des fruits en haut. Car de Jérusalem sortira un reste et des rescapés, du mont Sion. L’amour jaloux de Yahvé Sabaoth fera cela"
(Is 37, 30-32)



Il est des jours où l’on va de surprise en surprise … certaines bonnes, d’autres moins, tout est une question de qualité (et non de quantité) et d’appréciation personnelle, ce qui est complètement relatif. Ce matin, il pleut, et quand je dis il pleut, c’est le reste du déluge de Noé. Mais une cape de pluie, une protection du sac, et les quilles à l’air pour ne pas être gêné, cela ne fait pas de mal ! Heureusement que je peux admirer en partant les deux cloîtres du couvent San Francesco, cela met du soleil au cœur et du cœur à l’ouvrage. Non, la journée sera "étonnante"; cadeau de Fratello Angello. Une petite croix franciscaine en forme de Tau pour mettre dans le mur des Lamentations (ou gardez-là, me dit-il … deviendrait-il lui aussi possessif ? Non, c’est en souvenir, me dit-il, de notre bonne rencontre). En tous cas, la chaîne autour du cou commence à s’alourdir avec tous les présents-signes des gens rencontrés. Ce ne sont pas des clés (quoi que), je ne suis pas Saint Pierre, mais sont-ce les clés d’un certain paradis ? Rien à dire sur la marche, il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille que je suis, chanté-je durant quelques heures, ne me rendant plus compte ni de la pluie, ni des camions, ni des mochetés industrielles. Arrivé dans cette grande ville de Turin, attendant des instructions du secrétaire du District du Rotary qu’Eric a contacté, je dépose mon sac à la gare pour me changer et découvrir quelques aspects de cette ville royale. Bon, coup de téléphone, pas de solution pour m’héberger dans une famille rotarienne, mais ils m’offrent … Une nuit dans un hôtel de grand standing !!! Là quelques considérations : d’une part, même avec une instance internationalement reconnue, c’est dur d’être pérégrin (ils ont été prévenus assez tardivement, il est vrai), mais quel luxe (in-utile ?), et surtout quel contraste avec les bergeries et caravane précédentes. Quand on pèlerine (sous la pluie, sic !), on découvre tout ce qu’il faut pour faire un monde … Donc pas de famille encore ce soir, mais la découverte d’une ville surprenante et pleine de monuments à la gloire de la cour de Savoie et de la royauté italienne (capitale quand même pendant trois siècles, avant Firenze puis Roma). De plus, on est en pleines fêtes du 150ème anniversaire de l’unité italienne, alors ! une ville à voir et à revoir, loin des clichés de l’Italie du Sud ! c’est un peu comme les églises ici, sobres et assez brutes de l’extérieur, mais à l’intérieur un décor souvent baroque doré au possible, un cœur gros comme cela ! Finalement, après une marche arrosée, c’est l’accalmie, avec une soirée chaleureuse, grâce aux conseils du réceptionniste de l’hôtel qui cherche à savoir tous les détails de mon périple : « sono favoloso, io che sono cattolico (c’est fabuleux, moi qui suis catholique …! »

Jour J + 31 : Amédée


Bon, la pluie, c’est pas mal, ça fait arroser la terre, comme il dit Ben, ça donne le sourire aux agriculteurs, mais même avec une protection autour du sac à dos, ça donne le rhube au dain d’jardin … Alors, quand on arrive à l’hôtel, j’en profite pour sortir et me gaver du luxe (il aurait pas pu réserver dans ce genre d’hébergement tous les soirs, Ben ?) … Y’a même une salle de conférence genre « luxe et volupté », mais même en me gonflant de haut, je n’arrive pas à attirer mes congénères pour leur parler de mon « fabuleux voyage » (va falloir que je prenne contact avec le nain d’Amélie, pour qu’il m’explique comment il a réussi à en faire un film, lui, parce que moi) ; en tout cas, Torino, on y reviendra, j’ai déjà trouvé un guide, merci Emilio !


 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

(A VENIR)
 Emilio   de  Torino

Emilio, il est réceptionniste depuis une trentaine d’années dans cet hôtel aménagé dans un ancien palais familial (qui y a toujours ses quartiers). Son métier lui plait beaucoup, il rencontre plein de gens, il aime visiblement discutailler, dont en français qui est pour lui 'la plus belle des langues', de Ronsard à Le Clézio (mon cher). Mais alors là (vous allez voir que vous allez faire des progrès en italien, vous), il tombe de haut (n’exagérons pas, on n’est au second étage).

« Madre di Dio, un pellegrino che va a piedi a Gerusalemme è unico nella mia vita: pensate a me laggiù, grazie » (Emilio)
[Mère de Dieu, un pèlerin qui va à pied à Jérusalem, c’est unique dans ma vie : pensez à moi là-bas, merci]

lundi 6 juin 2011

Jour J + 30 : Mont Genèvre (France) => Susa (Italie) (48 kms - Total = 1119 kms)

 Information spéciale :

Encore deux évènements à fêter (ça n’arrête pas, et ce sera fêté à coup de grappa, lol !) :
  • D’abord, cela fait (déjà) un mois que nous sommes partis, Amédée et moi ! et vous pouvez avoir l’impression que l’on va vite, on est juste … dans les prévisions (pour l’instant !). Ca c’est déjà une raison pour faire la fête.
Et ensuite, Guillaume a dix-sept ans aujourd’hui ! et ça faut pas l’oublier non plus, d’abord parce que Guigui c’est mon filleul, ensuite parce que je suis son parrain (ah bon ?), ensuite parce que c’est le fils de Laulau (mon tout petit frère (NDLR : Au figuré, pas au propre !!!!) et surtout le web master du blog), mais surtout … parce qu’il est aussi le fils de BriBri, à la fois trésorière de l’association et –surtout- correspondante DRH (ET SI J’OUBLIE, ELLE NE VA PLUS VOULOIR ME LES SIGNER, MES FICHES D’ABSENCE R.T.T – Déjà que la dernière fois !!!!)

Alors on s’est réveillés à minuit, et on a dit :


Pensée Spirituelle
"Une Montagne en mal d’enfant, jetait une clameur si haute, que chacun, au bruit accourant, crut qu’elle accoucherait sans faute d’une cité plus grosse que Paris : elle accoucha d’une Souris. Quand je songe à cette fable, dont le récit est menteur et le sens est véritable, je me figure un auteur qui dit : « je chanterai la guerre que firent les Titans au maître du tonnerre ». C’est promettre beaucoup. Mais qu’en sort-il souvent ? du vent"
(Jean de la Fontaine)

Péricope Biblique
"Or YHWH descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et YHWH dit :
« Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises. Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres ».
Et YHWH les dispersa de là sur toute la terre et ils cessèrent de bâtir la ville et la tour. Aussi la nomma-t’on Babel …"
(Gn 11, 5 ; 9a)



Comme quoi toute entreprise humaine peut avoir ses limites … et comme quoi cela peut me porter chance ! en effet, le village italien de Clavière est isolé du reste de son pays (et seulement relié à la France depuis plusieurs jours … parce qu’un éboulis a bouché la seule route d’accès. Je connais bien Clavières, pour y être rentré en Italie hier … puis ressorti en France. Allez, jamais deux (allers) sans trois. J’y retourne, force quelque peu le barrage d’interdiction aux véhicules roulants (ce que je n’y suis pas – pas encore –), et me voilà tout seul sur cette route de montagne en lacets, chantant à tue-tête dans les tunnels déserts. Comme quoi la technique humaine a ses limites et la nature reprend ses droits ! et quand j’arrive à l’éboulis, il y a bien un caillou, certes gros, mais pas plus de 2 mètres, et en plus en dehors de la zone de circulation. Déjà une semaine de blocage de route, bonjour la bureaucratie (non non, ne nous enviez pas trop, amici italiani !). Ferrat a chanté que la montagne était belle, elle l’est toujours particulièrement côté italien … et cela continue toute la journée, presque pas un arrêt, presque pas de véhicules (quelle bonne idée ont-ils de prendre les autostarade) et cela jusqu’à Susa. Rien n’est encore prévu pour la nuitée, mais le monastère franciscain presque entièrement reconverti en hôtellerie me tend les bras, dans la lignée pacifique d’Assisi ! en tant que pelegrino, j’ai droit à une entrée gratuite (mais faut pas pousser, je laisse une obole, merci aux donateurs de l’association …) pour les nécessiteux locaux. Dîner sympathique avec des professeurs des écoles et leurs élèves italianisants d’un collège en zone prioritaire de Nice, un coup de grappa (le voilà donc), et une bonne nuit m’attend dans le silence franciscain, repensant à Dame Nature et son locataire humain...

Jour J + 30 : Amédée


Comme il aime un peu le sport Ben (vous êtes sûrs ???), et qu’il franchit les éboulis, moi, je me suis mis aussi au sport. Dans les vallées encaissées, j’ai fait du pont de cordes. Et j’ai même pas eu peur, ni vertige, ni malaise. Je vais revenir tout autre de ma pérégrination. Bien content aussi que Ben parvienne à suivre vaille que vaille mon rythme d’enfer … Et ce soir chez les – quelques – franciscains, on aura bien mangé, on aura bien bu, merci petit Jésus ! Allez, on fait la paix, merci Saint-François, a pronto à Assisi !

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :


 Fratello Angelo   de  Susa

Les franciscains de Susa, qui ne sont plus qu’une poignée, ont été présents dès le début de la création de l’ordre, vers 1210. Fidèles à Saint-François, et donc à Assisi, ils me réservent un accueil très chaleureux ! Vous allez à Assisi, me disent-ils, priez pour nous et notre pauvre existence humaine, me disent-ils. C’est le renversement de la vapeur, non ? La création de l’association les laisse pantois, la pérégrination vers Jérusalem pour la Paix et le dialogue interreligieux aussi. Quoi de plus normal que de les aider dans leur démarche d’aide aux plus démunis... En tout cas, eux, plus ils font vœu de pauvreté, plus ils sont rayonnants !.

« Pregate per noi ad Assisi ed a Gerusalemme, che le nostre preghiere vi accompagnano, seminate la Pace a ciascuno dei vostri passi, grazie per avere degnato venire tra noi e noi onorare della vostra presenza » (Fratello Angelo).
[Priez pour nous à Assisi et à Jérusalem, que nos prières vous accompagnent, semez la Paix à chacun de vos pas, merci d’avoir daigné venir parmi nous et nous honorer de votre présence]

dimanche 5 juin 2011

Jour J + 29 : Briançon (France) => Clavière (Italie) => Mont Genèvre (France) (19 kms - Total = 1071 kms)


 Information spéciale :


 Au revoir la France, Ciao l’Italie ! [ou presque !]


Pensée Spirituelle
"Rien de durable ne se construit dans la facilité"
(Frère Roger de Taizé)

Péricope Biblique
"Jésus, rempli de l’esprit-Saint, revint des bords du Jourdain et fut conduit par l’Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable"
(Lc 4, 1ab)



Au réveil, pas très tôt (comme partout, on est Dimanche !). J’hésite, sera-ce Moulin à vent ou Moulin à eau aujourd’hui ? … Vu ce qu’on entend avec les volets fermés et l’humidité ambiante, le doute n’est pas permis ! alors pas de raison de se presser, on retourne dans le sac de couchage. Départ vers 10 heures alors que cela se calme et qu’il va faire beau. Remontée de la route à pic vers la Citadelle haute, puis, pour une fois, ce ne sera pas la route nationale avec ses épingles à cheveux, mais le GR, le fameux GR 65 de Santiago qui passe aussi par ici (et ainsi, ce sera comme si j’aurai emprunté un petit bout du Chemin de Rome. Logique, puisque tous les chemins y mènent !!!). Le chemin est sympa, quittant les remparts, prenant un pont construit sous Louis XIV, et grimpant allègrement à flanc de montagne. Pas une grande distance, mais une forte dénivelée, heureusement bien balisée, et voilà que la pluie retombe, redoublant. Ce n’est plus de la caillasse mais de la gadoue, du brouillard à la place des vues étendues. Dommage ! Et c’est bien trempé que j’arrive à Mont Genèvre qui paraît-il est une station de ski, mais en cette saison intermédiaire, c’est une vraie ville morte : pas un truc d’ouvert. Un passage par l’église où je découvre qu’il y a un curé. Je l’appelle, et malgré sa grande gentillesse, il ne peut me recevoir (il a déjà 6 personnes, pas de chance). Alors il me conseille de poursuivre jusqu’à Clavière, qui –sauf moi – chacun sait est en Italie. Il y a un curé, il y a un presbytère, y-aura-t-il un « pieu ? Passage alors du pseudo poste frontière français (pas âme qui vive), idem côté italien, mais où ai-je passé cette frontière ? Et voilà Clavière, un peu plus esthétique (genre vieux village), mais tout aussi désert... Passage par un café ouvert mais vide, et je poireaute quatre heures sur la place de l’église et en son sein, car le curé n’est pas là. Je fais le pari qu’il sera là ce soir, car il y a semble-t-il messe à 18 heures : aïe aïe aïe, que je suis trempé. Eh bien le pari est gagné, le curé est bien là pour dire sa messe, (mais il était aussi là cet après-midi, mais n’a pas daigné donner signe de vie depuis chez lui; Ca promet). Heureusement, Denis, un jeune retraité français, vient se garer, et comprenant la situation (le vieux prêtre italien, Don Angelo, n’a pas envie d’être dérangé), me propose tout de go de passer la soirée et la nuit chez lui. C’est à Mont Genèvre, C’est en France. Alors on y retourne, après la messe (3 personnes !) : du coup, un aller-retour France-Italie, 1 frontière à 1, personne ne gagne, mais une super soirée improvisée avec douche, repas copieux, discussions diverses et … « un bon pieu » après cette journée où décidément rien ne fut très facile (mais le sourire est là) !

Jour J + 29 : Amédée


Ben, il en a un peu bavé aujourd’hui. Non pas qu’il ait pas réussi à monter le GR, mais parce que c’était pas un temps à sortir les nains de jardin dehors. D’autant plus qu’il paraît qu’il y a plein de loups ici. Alors ça aurait été trop triste si vous aviez pleuré à "la disparition d’Amédée" (allez, dites oui !!!), croqué par un méchant (il paraît que par certains côtés je ressemble à un petit chaperon rouge. (il a pris de l’hallucinogène, Ben – ça rime – ?)... Alors pour être sympa avec lui, j’ai décidé, devant l’église de Clavières, de m’entraîner à porter le sac à dos. Ben, il a été impressionné, et il a même dit que peut-être bientôt, on pourrait se relayer et lui il se mettrait dans le sac à dos et que je le porterai. Ben là, j’en ai les chevilles qui enflent sacrément ! Bon, ce soir, moi qui voulais découvrir l’Italie, ce fut court. On y retournera demain, promis juré, en allant peut-être un peu plus loin. Et ce soir, très sympa, on a été gâtés : merci Denis !.

 Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Denis   de  Montgenèvre

Denis a tout de suite proposé de nous ramener à Montgenèvre, de nous héberger et de nous nourrir. Ancien avocat, jeune retraité, il est vachement doué pour préparer en moins de deux un "repas pèlerin". Papa de neuf enfants (dont une décédée tragiquement avec son fils dans un incendie domestique, (que la vie ne fait pas de cadeaux parfois)). Il voit peu ses enfants et petits-enfants, ce qui est douloureux !!! Mais Denis a un cœur gros comme cela, ne supportant pas l’injustice ni les tiraillements religieux, alors il a créé un blog « juridique et culturel » où il exprime les pitoyables anomalies du fonctionnement du monde actuel, en ajoutant bien-sûr ses « coups de gueule.
A parcourir sans modération : [http://denismerlin.blogspot.com]
Du coup, nous échangeons sur nos blogs, le hasard et la surprise de la rencontre faisant bien les choses !

"Un éboulement providentiel a permis notre rencontre. Que votre pèlerinage porte des fruits de Paix, comme il est dit en Ps 85, 11-14 : "La Miséricorde et la Vérité se sont rencontrées, la Justice et la Paix se sont données le baiser. La Vérité est sortie de la terre, et la Justice nous a regardés du haut du ciel. Car le Seigneur répandra sa bénédiction, et notre terre portera son fruit. La justice marchera devant Lui, et Il la suivra dans le chemin" [trad. Louis-Isaac LEMAISTRE de SACY, 1613-1684]" (Denis)

samedi 4 juin 2011

Jour J + 28 : Mont Dauphin => Briançon (35 kms - Total = 1055 kms)

Pensée Spirituelle
"Mon Dieu, que la montagne est belle, comment peut-on s’imaginer, en voyant un vol d’hirondelles, que l’automne vient d’arriver … " (Jean FERRAT)

Péricope Biblique
"Sur la montagne, Yahvé dit à Moïse : c’est, Yahvé, ton Dieu qui t’as fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de la servitude … »" (Ex 20, 1-2)



Il est temps de les franchir, ces Alpes ! le matin, pas si mal dormi que cela (comme quoi le confort, c’est une notion toute relative !), pas de nouvelles de Monsieur Giraud, alors je pars un peu comme un voleur … je le retrouve un peu plus loin, à la station essence : les montons sont bien partis en « petite transhumance », un petit salut rapide, dommage, on aurait pu échanger … et c’est la grand route nationale, sur le bas-côté, heureusement pas trop de circulation en ce samedi sans camions mais avec sa ribambelle hebdomadaire de cyclistes. Passage par L’Argentière, petite ville un peu sinistrée depuis la fermeture des industries, échange à la terrasse du café avec une jeune autochtone qui ferait bien tout pour venir marcher avec moi (mais elle s’engage de la même façon avec deux autres personnes pour des projets tout autres !!!). La route est large et facile, un petit rafraîchissement en chemin chez Ginette, serai-je le seul client de sa journée ?  et voilà déjà Briançon qui se profile au loin, n’usurpant pas sa renommée, de « balcon au soleil ». Le logement va devenir une fois de plus problématique : deux curés ont reçu un message d’Eric, mais silence radio ! alors comme je ne trouve pas de solution, je vais à l’église Sainte Catherine en ce samedi après-midi où bien-sûr le secrétariat paroissial est fermé, et je me décide à appeler un numéro de téléphone figurant sur une affichette à l’entrée de l’église Sainte-Catherine. La raison, c’est que Jean-Yves est le responsable local du Secours Catholique ; alors je me suis dit que qui ne tente rien n’a rien !  au téléphone, Diane et Jean-Yves me disent qu’ils n’ont pas la possibilité de me recevoir, mais que comme il y a une messe ce soir à 18h30, l’officiant trouvera bien une solution… Je rencontre le diacre à la Collégiale, qui est du même avis et je retrouve tout ce monde à la messe, dite par le prêtre d’origine libanaise du lieu (le curé étant en déplacement, dommage, il était tout à fait prêt à me loger au presbytère) … mais le prêtre, qui a certainement voulu déléguer implicitement au diacre, ne lance pas d’annonce au micro à la fin de la messe. Du coup, le diacre me propose de dormir dans la salle de l’aumônerie toute proche, et Diane et Jean-Yves de venir prendre une douche et de "casser la croûte" (tout simple, qu’ils disent) chez eux.
Sympa, la crasse de ces deux jours va enfin s’évacuer … C’est cela, la solidarité, non ?

Jour J + 28 : Amédée


Briançon, ses remparts de Vauban, son climat paraît-il chaud, chaud, chaud (quand il ne pleut pas), tellement chaud qu’au sortir de la Collégiale où Ben a dragué – afin de trouver un logement les p’tites dames qui faisaient des bouquets, qu’il dit –, on se rend dans un café avec wifi (un jour de retard dans le blog, ça va encore hurler dans les chaumières !), et là, alors que Ben sirote son demi, moi je me prends un bain d’agrumes : super bon pour la peau ! et puis après tout s’enchaîne. La messe (je n’ai même pas le droit de sortir du sac à dos, les nains sont comme du temps de Jérusalem considérés comme des "gentils" !!!), puis, pour combler le tout, Ben m’oublie (le coquin, je suis sûr que c’est volontaire de sa part) dans le sac, alors qu’il va chez des gens paraît-il très sympas. Mais cela c’est pas de leur faute, alors, je leur dit, pour la douche de Ben (cela devenait irrespirable) : Merci Diane et Jean-Yves ! .


Ils / Elles m'ont fait l'immense plaisir de m'accueillir le temps d'une nuitée :

 Diane et Jean Yves de Briançon

Diane et Jean-Yves, ils n’avaient pas eux non-plus nécessairement le projet d’accueillir quelqu’un ce soir … mais c’est inné chez eux le sens de l’accueil, et d’ailleurs, évangélistes, chrétiens, …., ce n’est pas la première fois. Un repas chaleureux, avec de la ciboulette du jardin et des nouilles comme féculents pour le pèlerin, la discussion autour de leur famille (leur gendre musulman venant d’Isneauville , habitant avec sa famille à Pissy-Poville, le monde est petit !), de leur grande implication au sein du Secours Catholique en lien avec d’autres associations caritatives locales et régionales, de la difficulté de se trouver plutôt catalogués comme « trop dans l’action » par des clercs (dont les « celluloïds » comme ils disent), mais aussi de leur plantation de chanvre (enregistrée par la police, bien-sûr), afin de démontrer les bienfaits de cette plante dans la construction, l’habillement, … car ils sont positivement écolos, Diane et Jean-Yves, à commencer par leur poêle à récupération de plus d’une demie-tonne qui trône majestueusement au milieu du salon ! Mais plus encore, ce qui prime ce soir encore une fois de plus, c’est la simplicité de l’accueil, impromptu et chaleureux !

"Après quelques incertitudes sur un hébergement à Briançon, Benoît, grâce à quelques cathos de bonne volonté a trouvé gîte à la Paroisse et couvert chez nous en toute simplicité et bien des échanges. Bonne route à toi jusqu’à Jérusalem et peut-être un jour en Normandie !" (Diane et Jean-Yves).

Le site de notre Sponsor : Les Enfants d'Agathe Courtois

____________ Allez soutenir notre Sponsor sur son site 'les Enfants d'Agathe Courtois' et lire ses articles sur son Blog. (Liens en bas de la Page). N'hésitez pas à transmettre l'adresse de son site autour de vous : http://bijoux.les-enfants-d-agathe-courtois.fr/